Enlacer un arbre, une expérience à vivre…

« Je m’appelle Tristan, je suis un chêne de 90 ans. Alors qu’elle était en vacances en pleine nature sur le bord d’un lac, Carole et moi avons fait connaissance. Nous étions le 20 mars 2013, et il neigeait encore à ce temps-là de l’année. Peu de temps auparavant, elle avait lu combien nous les arbres avons de la puissance et de l’énergie à transmettre. Elle se cherchait donc un arbre. Elle m’a vu, m’a choisi, s’est collée contre moi, m’a entouré de ses bras et m’a dit : Bonjour Tristan. Ce jour-là, elle a capté mes vibrations et les a transformées en paroles. Je suis devenu son confident et son conseiller pour l’écriture du manuscrit qu’elle rédigeait. »

Voilà, c’est fait, vous connaissez maintenant l’existence de Tristan. Chaque fois que je retourne à ce chalet, je le regarde, je lui dis bonjour Tristan, je m’avance et je l’enlace.

La nature a tellement à nous offrir et à nous apprendre. Communiquer avec les arbres peut sembler ésoté­rique, mais c’est quelque chose de tout à fait naturel et que nous avons peut-être oublié. Lorsqu’on s’approche de ces êtres de la nature, on peut sentir leur énergie vivante, une sorte d’onde qui entre en contact avec notre propre énergie. L’arbre est un être sacré qui mérite d’être salué.

« Saluer un arbre est une manière de se présenter à lui, de lui témoigner votre respect et de lui demander l’autorisation d’entrer en contact avec lui. Avant de vous approcher, vérifiez bien qu’il accepte votre présence! Pour cela, mettez-vous à une certaine distance de lui, de façon à respecter son champ énergétique. Essayez de ressentir cette déli­mitation, en vous aidant par exemple de vos mains. Il est possible de ressentir une densité d’air différente à ce niveau-là. Une fois cette zone déterminée, saluez cet arbre! Vous vous sentirez ensuite comme appelé vers lui, ou bien juste accepté. » (Joëlle Chautems, Guide des arbres extraordinaires de Suisse romande)

La sylvothérapie ou « tree hugging »,­ consiste à être en contact avec les arbres afin d’en retirer un bien-être psycho-physique grâce à la puissance de l’énergie transmise. Parce qu’ils se nourrissent des radiations de la terre et des radiations cosmiques, les arbres sont un canal d’énergie vitale énorme. De nombreux auteurs ont écrit sur le sujet : Marie-Emilia Vannier, Patrice Bouchardon, Maja Kooitstra, Joëlle Chautems, pour n’en nommer que quelques-uns.

À la rencontre des arbres
A priori, une fois en forêt ou sur une terre, il importe de se mettre dans un état de calme intérieur et de ralentir le flot incessant de vos pensées. Laissez-vous conduire naturellement vers un arbre en le choisissant selon votre ressenti et en fonction de la santé qu’il dégage. Il est recommandé d’éviter un arbre mort ou malade. Asseyez-vous à environ trois mètres de l’arbre et créez un lien de cœur avec lui par la pensée. Puis, avancez-vous lentement vers lui avec respect.

Ressentir l’énergie d’un arbre
Se positionner face à l’arbre. De préférence face au nord, donc le sud dans le dos. Poser les deux mains de chaque côté de l’arbre, sans exercer de pression, en restant détendu dans tout votre corps. Fermer les yeux et respirer lentement par le nez, puis expirer lentement.

Recharger son énergie vitale auprès d’un arbre
Se placer dos contre l’arbre (de préférence face au nord, donc le sud dans le dos et, si possible, se déchausser) en gardant les jambes légèrement écartées. Il est bien de coller l’arrière de la tête à l’arbre. Laisser l’arbre vous recharger. Un plus : Poser une main au niveau du bas du dos, paume contre l’arbre, et l’autre main au niveau du plexus solaire. Pas plus de 10 minutes.

« Ne partez jamais sans remercier l’arbre pour tout ce qu’il vous a apporté. Quand on rend visite à un arbre, c’est comme aller boire un thé chez un ami : on sonne, on attend qu’on nous ouvre la porte, on respecte son lieu, on partage, on ne fait pas que prendre mais on donne aussi de soi, et quand on repart on le salue, on le remercie pour son accueil et on lui dit au revoir. » Joëlle Chautems

Moi, Tristan, je vous le demande : Avez-vous déjà enlacé un arbre? Moi Carole, je vous dis ceci : Lorsque vous enlacerez un arbre, appuyez-vous cœur contre l’écorce, car c’est par le cœur que vous serez touchés. Le cœur, par où arrive l’émotion, par où s’évacue la peine. Le cœur, par où la vie prend tout son sens.

Créer un meilleur chez-soi extérieur certes en côtoyant les arbres, mais également un meilleur chez-soi intérieur par l’énergie captée.
Namasté.

Le toucher

Le « toucher ». À lui seul, ce mot est évocateur. Instantané.

Le Toucher… ment, il me connecte à mon monde intérieur, à mon rapport à autrui et à mon corps dans l’immensité de son besoin de contact physique, mais aussi dans son appréhension de ce même contact. Le toucher n’est jamais neutre. Il provoque souvent en nous une décharge émotionnelle puissante tout en nous donnant accès, inconsciemment, à une banque de données et d’informations dans laquelle sont stockés émotions, défenses, refoulements, plaisirs, souvenirs…; les traces indélébiles de notre histoire. Mais au-delà des souvenirs parfois souffrants liés au toucher, il est un besoin de l’être humain, de la naissance jusqu’en fin de vie.

Le toucher est partout. Nous palpons, manipulons, entrons en contact par le toucher avec les êtres vivants, les éléments et les objets. Le toucher est l’un de nos cinq sens indispensables à notre survie, un système d’alarme naturel qui nous permet d’estimer la dangerosité de l’environnement. Par le toucher, nous arrivons à déterminer la texture, la consistance et la température. Toucher est une nécessité capitale au même titre que se nourrir, respirer, boire, dormir. Et c’est par notre peau, grâce au toucher, que nous ressentons, aimons, détestons. L’être humain est un être de relation. Être touché est un besoin essentiel et existentiel pour le bien-être, la santé et la survie même. Le toucher est un besoin, pour soi et pour l’autre. Toucher et être touché. Offrir et recevoir des câlins, prendre une main, toucher une épaule sont autant de démonstrations qu’il fait bon recevoir et donner.

Lire sur le toucher et parler du toucher a fait naître en moi de nombreuses émotions. J’ai été confrontée à mon corps, à mon besoin de toucher et d’être touchée. J’ai découvert de façon encore plus significative mes résistances, mes blocages, avec comme conséquence un toucher parfois moins généreux dans l’intimité et mon accueil de l’autre souvent brimé à cause de mes blessures et de mes souffrances. Si derrière le mot « toucher » se cachent les mots émotion, ressenti, lâcher-prise, s’y cachent également les mots méfiance, ressentiment, retenue.

Pour chacun de nous, notre corps porte en lui des mémoires douces et douloureuses. Au fil de mes recherches, j’ai eu le grand bonheur de découvrir Christian Hiéronimus. Il a écrit plusieurs livres, notamment Le toucher, un art de la relation et La sensualité du toucher que je me suis procurés. On dit de lui qu’il est un poète du massage, un homme de cœur, de douceur et de tendresse et qu’il a les mots du chercheur spirituel. C’est aussi mon impression. Ses écrits sont un pur délice du début jusqu’à la fin. Lire ses livres, c’est se réconcilier avec la partie blessée de nous-mêmes, c’est comprendre les zones négligées de nos corps et vouloir s’offrir le toucher qui touche, sortir de l’anesthésie sensorielle pour apprendre ou réapprendre à percevoir avec nos mains, notre corps, notre peau tout entière.

Et puis la douleur physique, quand on est écorché vif, ça aussi fait partie du toucher, et c’est ce qui m’est arrivé le 6 septembre dernier, jour du mariage d’une de mes sœurs. Arrive le moment du lancer du bouquet de la mariée. Nous sommes quelques femmes derrière elle, enthousiastes et prêtes à emboîter le pas ou courir. Si vous avez vu le film Forrest Gump, vous vous rappelez sûrement de cette scène où Forrest se met à courir en entendant Jenny lui crier : « Run, Forrest, Run! » C’est ce que j’ai fait, j’ai couru. J’ai couru, j’ai trébuché et j’ai touché le sol brutalement. Dans ce cas-ci, je n’ai pas « touché du bois », j’ai plutôt été « piquée au vif » par l’asphalte rugueuse et granuleuse. Les plaies aux paumes des mains ont nécessité des bandages, réduisant ma poigne sur les objets, entraînant frustration. Oui, nul doute, la thématique du toucher se voulait présente.

Et puis, il m’aura fallu cette douleur pour me reconnecter à mon corps, car oui, il arrive que nous en soyons déconnectés, tout autant que lorsque nous touchons les objets; il arrive que nous soyons déconnectés et que notre toucher soit mécanique. En ce moment, vous tenez la revue entre vos mains; prenez conscience de la sensation de votre peau en contact avec le papier, de la température du papier et de sa texture. Est-ce agréable ou désagréable? Parce que je vous y ai invité, vous passez d’un mode mécanique à un mode conscient. Intéressant, n’est-ce pas? Une autre raison de dire que le toucher n’est jamais neutre.

Arrive le moment de vous souhaiter une lecture inspirante pour cette édition spéciale sur le toucher. Les auteurs-collaborateurs y ont mis leur touche personnelle et leur cœur. Puissiez-vous être touchés….