Dessiner pour se transformer : Le désir de créer

Le besoin de créer est un besoin fondamental de la personne. Que ce soit par les arts (peinture, écriture, musique, etc.), le travail ou même la cuisine, l’humain a le constant besoin de créer et de s’exprimer. Ce besoin existe depuis l’aube de l’humanité. Il suffit de penser à nos lointains ancêtres du Neandertal et leurs dessins sur les murs des grottes préhistoriques pour nous en convaincre.
(Clément Boily, Extrait du texte Le besoin de créer)

« Je ne suis même pas capable de faire une ligne droite! » Voilà une phrase que j’entends très souvent de la part de personnes ayant le profond désir de s’adonner à une activité artis­tique mais n’osant jamais. Ce seul commentaire dénote un préjugé très courant envers la création artistique. Il présuppose d’abord qu’il devrait être facile de faire ainsi une ligne droite. Ce qui est évidemment faux. Personne, même les plus grands artistes, ne peuvent faire une vraie ligne droite, à moins d’utiliser une règle.

En réalité, ce commentaire est rarement la vraie raison qui empêche les gens de pratiquer quelque chose qu’ils désirent. Il exprime en fait l’attitude avec laquelle la personne aborde le dessin ou la peinture. Cette expression signifie en fait « je ne veux pas dessiner si je ne peux pas obtenir le résultat que je veux ». L’attention est totalement portée sur le résultat et non sur le plaisir tout simple de dessiner. On veut que le résultat ait une utilité, qu’il y ait une raison au moins esthétique. On laisse ainsi dans l’ombre toute la partie « plaisir de faire », le processus même de création.

Pour illustrer ce point, pensez à une autre activité que vous pratiquez régulièrement pour le plaisir. Par exemple, vous aimez peut-être le jogging ou la natation ou toute autre activité similaire. Pensez à ce qui vous fait plaisir dans la pratique de cette activité. Comment conciliez-vous, par exemple, le fait d’aimer faire du jogging alors que vous êtes incapable de faire le marathon de New York? La raison en est très simple, vous mettez peu d’emphase sur le résultat et beaucoup plus sur le plaisir de « simplement courir ». Vous n’essayez pas de vous comparer à Bruni Surin. Vous vous comparez à vous-même. Vous portez attention à l’effet bénéfique que l’activité a sur vous et non à un résultat extérieur.

Si vous abordez la création artistique­ avec le même esprit, en mettant de l’importance sur le processus (le plaisir de créer) et non sur le résultat, vous verrez une profonde différence. Une certaine détente dans la cré­a­­tion­ va s’installer pour faire place au plaisir simple de créer. Et le meilleur résultat sera à l’intérieur de vous: vous aurez permis l’expression « sacrée et libre » de votre créativité.

Ce commentaire du début exprime aussi autre chose. Il cache la per­ception que la personne a d’elle-même : elle considère qu’elle n’a pas de talent artistique. Pour elle, le fait de ne pas savoir faire une ligne droite illustre bien son manque de talent. Voilà ici un autre préjugé important concernant la création artistique. On confond toujours créativité et habileté. Le fait d’être plus ou moins habile en dessin ne veut pas dire qu’on n’a pas de créativité. Et qui plus est, c’est souvent l’opposé. J’ai souvent constaté qu’avoir de la facilité à dessiner vient limiter la créativité en ce sens qu’on a tendance à simplement « reproduire » ce que l’on voit. Il sera très difficile d’aller au- delà et de laisser exprimer sa créativité plus librement. C’est cette libération de la forme, que les premiers artistes de l’art moderne ont eu le courage d’entreprendre. Et de la même façon, ça nous demande un certain courage pour oser créer en ne se souciant pas de l’exactitude des formes dessinées.

J’ai illustré ici quelques exemples de blocages qui peuvent inhiber vos élans de création. Il y en a bien d’autres. En voici quelques-uns dont certains trouveront sûrement un écho en vous :

Les croyances erronées 

  • pour dessiner il faut avoir du « talent »,
  • quand je dessine, je dois nécessairement produire quelque chose de « beau »,
  • ce n’est pas utile,
  • je n’ai pas le temps, c’est une perte de temps,
  • je n’ai aucune créativité.

Les attentes

  • je veux que le résultat soit certaine façon, je suis déçu si ce n’est pas le cas,
  • j’ai peur de ne pas « réussir » ce que je veux entreprendre,
  • je voudrais faire comme les artistes professionnels, je me compare.

Les critiques et les jugements

  • je ne suis pas bon,
  • ce que je fais n’est pas beau,
  • je suis incapable de faire ceci ou cela,
  • etc.

Chacune de ces affirmations (ou négations) mériterait d’être scrutée et approfondie pour en découvrir les peurs cachées, les croyances incon­­s­cientes, les jugements sous- jacents, etc. Dites-vous simplement que derrière toute « excuse » justifiant votre non action envers votre désir de création, se cachent des raisons plus profondes et souvent incons­cientes qui elles briment votre liberté d’expression.

Vous constaterez ici que, juste l’idée de s’adonner au dessin ou à la peinture déclenche déjà des réactions, des jugements, des peurs. Imaginez maintenant ce que le fait de passer à l’action pourrait alors provoquer.

C’est justement là le miracle de l’expression par les arts : une transformation personnelle. Une fois passée la peur du départ, l’activité de création devient un merveilleux instrument d’expression, de découverte et de transformation de soi.

La force du printemps…

Le printemps donne naissance, l’été fait croître, l’automne récolte et l’hiver conserve.Huang Di Nei Jing

Le printemps, nous l’attendons tous et toutes depuis de longues semaines. Nous sentons le besoin de marcher sur la terre ferme, de capter les premiers rayons enivrants du soleil, de voir la neige fondre, d’apercevoir l’herbe écrasée et trempée, mais tellement annonciatrice de toute la vie qui sommeille sous la terre et de tout ce frétillement d’énergie et d’éclosion à venir.

Je frémis de bonheur à la pensée d’entendre le chant des oiseaux et le vrombissement de l’oiseau-mouche, de ressentir la force de vie des bourgeons, de me laisser enivrer par le vent doucement tiède, de plonger mes pieds dans un ruisseau glacial, de croquer dans du gingembre sauvage, de me délecter de sirop d’érable et, le summum du bonheur, de humer mes doigts que je viens tout juste de frotter sur des jeunes pousses de sapin. Je ne peux passer sous silence toutes les fleurs et plantes médicinales qu’il est bon de cueillir et d’admirer. Mais attention! Certaines sont en voie d’extinction, et nous nous devons d’en stopper la cueillette; je pense notamment à l’ail des bois et au sabot de la Vierge, fleur d’une perfection inouïe et d’un réconfort absolu, seulement à l’admirer et à m’envelopper de son aura bienfaisante.

Et puis, chaque printemps, j’en profite pour faire le grand ménage… pas seulement de l’intérieur de ma demeure. J’aime aussi décrasser ma vie; il y a toujours des recoins qu’on a consciemment négligés. Le printemps vient forcer le passage de l’inertie à l’action! La force du printemps. Cette force se traduit dans nos actions, dans nos projets et dans nos élans. À ce propos, il y a 29 ans, j’ai écrit un roman, roman qui a été publié au printemps 2013 et dont l’histoire se déroule au printemps. Pour continuer sur le thème du printemps, mon roman Les désordres du cœur se trouve maintenant, à mon grand bonheur, sur les tablettes de la librairie Archambault, à Gatineau, et j’en suis très fière.

À l’aube de mes 59 ans, je peux dire que le printemps est une saison où je renais, je me renouvelle, je change d’âge, une saison où mon goût du changement est à son plus fort!

En cette saison particulièrement euphorique, soyons d’attaque pour nettoyer et aérer notre demeure, épurer notre organisme, revivifier notre corps, décrasser certains aspects de notre vie, renaître et grandir. Célébrons la vie et le renouveau. Ça sent la terre, ça sent le bois, ça sent la vie, ça sent la créativité! Vivez le printemps avec vos cinq sens!

Les désordres du cœur, Carole Verdon

Texte de l’image:

À l’approche de son trentième anniversaire, Marie prend peu à peu conscience que sa vie ne la satisfait plus. Mère de trois enfants, épouse d’un homme plus âgé qu’elle qui travaille beaucoup et s’absente fréquemment, elle s’interroge sur le sens de son existence.

À Cape Cod, face à la mer, où elle a décidé de se ressourcer, une rencontre inattendue lui donne des clés pour répondre à ses questionnements. Mais saura-t-elle trouver le chemin qui lui convient sans faire souffrir ceux qu’elle aime?

Je ne pouvais pas m’arrêter, je voulais continuer ce beau voyage en compagnie de ces personnages attachants. C’est un roman qui enchante par sa fluidité, son rythme, son écriture vivante, touchante, je dirais même sautillante. C’est un « page turner » !!!

Roseline Guindon

En vente chez Archambault
SUCCURSALE DE GATINEAU

L’artiste peintre et le toucher…

Étant une artiste en arts visuels, je croyais que le sens le plus important pour moi était la vue! Devant la feuille blanche, pour cet article, je me suis mise à réfléchir et à me questionner. Et si je perdais la vue, est-ce que je continuerais à peindre? Et bien, je crois que oui, car en réfléchissant à mon processus créatif et au plaisir que j’ai à peindre, je me suis aperçu que le toucher occupait une très grande place.

Lorsque je veux savoir si ma peinture est assez sèche pour pouvoir ajouter une autre couleur sans que celle-ci ne se mélange aux autres ou, au contraire, lorsque je veux m’assurer que la peinture est encore assez humide pour réussir mes dégradés, alors qu’est-ce que je fais? Je touche! Le toucher, très souvent, me donne des informations pratiques et m’aide à faire des choix appropriés pour réussir les effets voulus, mais bien sûr, sans la vue, le résultat ne serait pas le même. Et quand je choisis un support, quel est mon premier réflexe? Et bien, c’est encore de toucher! Je frotte la surface de la toile pour voir si la texture du canevas me convient, je tâtonne les papiers pour voir s’ils sont de la bonne épaisseur, assez lisses ou trop rugueux… De plus, lorsque je peins, le toucher fait partie de mon processus créatif, de ma façon de peindre; la preuve, c’est qu’il n’y a pas une seule fois que j’ai terminé un tableau les mains propres. On pourrait penser que c’est par maladresse, mais non, c’est plus fort que moi, je finis toujours par me mettre les mains dans la peinture.

Depuis que je suis toute petite, j’aime me salir les mains, j’aime le contact direct avec la matière. J’aime faire glisser mes doigts dans la peinture, lisser celle-ci, l’étendre, l’estomper… Je trouve cela fascinant de voir les mélanges de couleurs se créer sur la toile; c’est comme si j’avais des mains de magicienne! Et aussi, le fait de ne pas être toujours obligée d’utiliser un outil pour peindre me donne une grande sen­sation de liberté et je me sens plus créative. Voici d’autres petits gestes, impliquant le toucher, que je fais tout spontanément lorsque je peins : j’égratigne, je gratte la peinture encore humide avec mes ongles afin de créer des textures, des lignes, laisser des traces et faire apparaître les couleurs qui se cachent en dessous. J’aime voir la surface qui se transforme sous mes doigts. Et puis, même lorsque je travaille avec du papier, j’utilise aussi le toucher, car j’aime le déchirer, le froisser, ensuite le coller et le lisser sur la toile directement avec mes mains. Cela vous semblera peut-être étrange, mais c’est comme si j’avais la sensation d’être plus habile et en contrôle lorsque je touche directement la matière. Alors, moi qui ai toujours pensé que j’étais plutôt du « type visuel », je viens de réaliser que je suis probablement plus kinesthésique que je ne le pensais. Finalement, cette petite réflexion au sujet du toucher m’a donné l’idée d’élaborer un nouvel atelier en peinture pour les adultes : « Peindre avec les mains ». Après tout, qui a dit que la peinture « aux doigts » était réservée aux enfants?

Et, bien sûr, il y a un autre aspect du toucher qui est important lorsqu’on est artiste, car bien souvent le but de créer est de tenter d’entrer en contact avec les autres, de toucher leur imaginaire et leur sensibilité. C’est un peu la même chose lorsque je donne mes ateliers; je tente de toucher le cœur de mes participants en leur transmettant ma passion pour la peinture. J’ose espérer que j’y arrive quelquefois…

Je ne crois pas que je pourrais peindre sans le toucher. J’ai réalisé que ce sens est aussi important pour moi que la vue. Je termine sur cette parole de sagesse de Confucius, qui me « touche » profondément : « Faites les gestes, et les sentiments entreront dans le cœur. »

L’été, ses désirs et ses petits plaisirs

Tout le monde croyait que l’Été avait perdu la tête, car soudainement, sans aucun avertissement, il était devenu sans réserve et sans pudeur. C’est la faute du Printemps. C’est lui qui s’était montré le bout du nez trop tard. Les gens en avaient assez de ce froid interminable. Ce n’est pas étonnant qu’une fois que la chaleur est arrivée, la majorité d’entre eux se soient empressés d’enlever quelques épaisseurs pour exposer un peu de peau.

L’été a fait perdre la décence à plusieurs aussi. Il y a ceux qui enjambent leur cheval de métal et se laissent chatouiller par la vibration du moteur et ceux qui préfèrent les randonnées en vélos ou en patins à roues alignées, qui accueillent la fraîcheur et se laissent envahir par les odeurs de la nature en pleine reproduction. Les voisins et les amis, comme bien d’autres, se réjouissent à l’idée de mettre les doigts dans la terre pour préparer le jardin et les plates-bandes dans le but de recevoir des semences. Non, rien ni personne n’était à l’abri de la sensualité du printemps. Si le printemps était humain, il serait le Miley Cyrus des saisons : provocateur, instigateur, stimulant, renversant, bref, un sex-symbol! Choquant? Non, pas vraiment.

L’arrivée de l’été a réveillé les parties qui étaient engourdies par le gel de tous les êtres vivants : les plantes, les animaux et les humains. Les garçons ont mis leurs jeux vidéo de côté pour accorder une très grande importance à la musculation parce qu’ils savent que, si leurs bras sont durs comme le roc et que leur ventre a l’air d’une tablette Caramilk, ils se feront remarquer par les filles à la plage. Les filles se sont mises à des régimes et à des programmes d’entraînement afin de bien paraître en maillot devant les garçons.

Pourquoi ne pas tirer leçon des adolescents et se donner la permission d’oser, d’aller un peu plus loin, de devenir voyeur et exhibitionniste? Et si on se donnait le droit de s’amuser, de lâcher prise sur « ce que le monde va dire »? Et si nous étions libres d’exprimer notre créativité au travers de tous nos sens? Et si un univers de fantasmes pouvait devenir réalité d’un simple accord? Est-ce que ça ouvrirait un monde de possibilités? Il y a tellement de nuances aux probabilités de s’accorder le droit d’être totalement déraisonnable. Juste le fait d’y penser est excitant!

Malheureusement, nous associons trop souvent plaisir avec souffrance. Nous accordons trop d’importance à cette peur primaire qui nous hypnotise et qui crée des barrières entre nous et le bonheur. Pourquoi voulons-nous tant éviter les extravagances qu’offre la vie? La créativité, ça passe par la sensualité. Alors, jetez vos vieilles pantoufles dans le poêle à bois! Il est temps de retrouver votre spontanéité de jeunesse et de savourer pleinement chaque instant! Sortez vos froufrous et vos flaflas. Il est temps d’évoquer des sensations intenses, remplies de désirs et de romance. C’est le moment parfait pour s’extérioriser, se faire voir et s’offrir des petits plaisirs!

C’est l’été! Aimez-vous!

Fusionnez vos corps physiques avec vos corps émotionnels et spirituels. Faites l’amour avec l’amour. Mettez vos vieilles croyances de perversité derrière vous et permettez-vous de développer le plaisir de vos sens, d’apprendre à vous fusionner l’un dans l’autre et de vivre des sensations intenses et amoureuses. Permettez-vous de jouir d’une sensualité extravagante.

L’Été est loin d’avoir perdu la tête. Il s’est tout simplement laissé aller. Il veut que vous fassiez comme lui. Laissez tomber les « qu’est-ce que les gens vont dire? » et écoutez votre cœur. Réalisez vos plus profonds désirs et gâtez-vous.

Non, l’Été n’a certainement pas perdu la tête; bien au contraire, il a retrouvé toute sa tête et son chapeau aussi… ce sont ses petites culottes qu’il a perdues.

Mon corps, ta maison!

Mon corps, ta maison! C’est dans mon ventre que je t’ai tricoté, lentement, une maille à la fois. Tu prends vie, tu grandis et on s’apprivoise doucement. C’est incroyable de penser que je construis un petit être, ici, en moi, et que bientôt tu existeras, bien réel, dans mes bras. En attendant notre rencontre, nous apprenons à nous connaître dans ces mondes parallèles.

C’est avec ces pensées que j’ai voulu immortaliser ta maison, mon corps, temporaire. Cet abri de convenance qui n’existera qu’un instant. Une œuvre en soi, signe de vie, signe d’amour, signe d’héritage. Quelques semaines avant ta naissance, j’ai moulé mon ventre. Regarde, c’est toi qui es là! Colles-y ton oreille, tu entendras peut-être ton cœur battre! Comme ma grand-mère a porté ma mère et comme ma mère m’a portée. Une poupée russe infinie, source de vie. Inspirant, n’est-ce pas?

Inspira Production, c’est le prolongement de cette passion pour l’Individu, la Communication et les Arts. Depuis près de 25 ans, je fais de l’art avec toutes sortes de matériaux et j’explore la créativité sous tous ses angles. Réalisation vidéo, décors en trois dimensions, œuvres publi­citaires, ateliers de création, papier mâché, peinture sur toiles, plâtre, etc. L’art, pour moi, c’est comme de l’oxygène!

Chaque moulage est une belle rencontre avec une maman en devenir. Elle entre dans mon atelier, un peu gênée de se mettre nue, mais ça ne dure qu’une fraction de seconde. Parfois le papa participe. On discute de grossesse, de couple, des noms potentiels, d’éducation, des joies et des peurs d’être parent, ou de sommeil! L’application du plâtre prend une vingtaine de minutes et c’est toujours un bon moment que nous passons à échanger. Après quelques jours de séchage, je me sens privilégiée de me retrouver seule à peindre le moule. Je pense à ce petit être humain caché dans ce moule, à sa famille, et puis je laisse aller ma créativité. C’est toujours un instant magique!

Inspira Production vous permet de laisser votre trace dans le temps. C’est l’empreinte d’un moment unique, la maternité! C’est un cadeau que vous laisserez à votre enfant sous forme d’une œuvre d’art symbolique et personnelle. Que ce soit un moule uni ou avec un dessin représentant des valeurs, des symboles ou des passions, il vous représente.

L’an dernier, j’organisais une exposition de moules en plâtre à l’occasion de la fête des Mères. C’est à ce moment que nous avons appris que ma mère souffrait d’un cancer incurable. Six mois plus tard, elle nous quittait. Dure réalité de la vie! Mais elle m’aura donné en héritage l’amour, la détermination, le courage, l’empathie, mais surtout un ardent désir de croquer dans la vie et de savourer l’instant présent!

mon corps, ta maison

Un cadeau non planifié

La créativité pour moi est libératrice. C’est cette faculté qui nous pousse à faire quelque chose qui dépasse notre capacité. C’est créer un espace où il n’y en a pas. La créativité est un don de manifestation, une urgence de manifester au-delà des confinements de la personnalité qui nous est communiquée par la Force de Vie.

Cette pulsion nous ouvre à une dimension plus profonde et nous permet d’élargir notre champ de possibilités. C’est un peu de cette façon que je procède quand j’accompagne les gens et les invite à s’ouvrir à d’autres solutions, à d’autres façons de voir, d’agir, de penser que celles dans lesquelles ils se sont confinés, par choix, obligation ou croyance.

Voici un exemple de ce que j’entends par créativité profonde :
J’approchais de la fin de ma maîtrise après quatre années d’intense travail de rédaction et de recherche et on m’avait dit qu’il était important que je me donne, ainsi qu’à mon conjoint, un cadeau à la hauteur des sacrifices et des efforts que nous avions investis dans ce projet. J’avais la conviction profonde que c’était la chose à faire. Drainée par le travail professionnel, les longues heures de travail de rédaction de thèse et les responsabilités familiales, je ne me sentais ni l’énergie ni la force d’entreprendre les démarches pour trouver un cadeau à la hauteur, sans compter la dépense financière que cela générerait. De surcroît, je n’avais aucune idée qui me venait en tête. Je savais également que mon conjoint dont la patience et le support étaient demeurés sans failles tout au long du projet devait participer au choix de la récompense.

Je me suis dit : « Je crois que c’est une bonne suggestion, mais je n’ai ni l’énergie, ni le temps pour organiser un événement d’une telle intensité. Alors je me suis fait la réflexion : « Si c’est la bonne chose à faire, je m’en remets à la Vie pour me montrer le chemin ».

Deux semaines plus tard, je m’installe sur une terrasse près de la rue Bank pour le lunch. Deux femmes s’approchent et me demandent si elles peuvent s’installer à ma table. “Mais bien sûr”, leur dis-je. Pendant qu’elles bavardent, je continue discrètement et nonchalamment à manger mon sandwich, perdue dans mes pensées. Une des femmes, pleine d’enthousiasme, commence à raconter à son amie combien elle est heureuse du voyage qu’elle vient de faire. « Partout où je me tournais, c’était WOW, lui dit-elle, regarde mes photos. À Sedona nous avons pu louer le 1er étage d’un condo à proximité des rochers rouges et peux-tu croire que le propriétaire parle français! L’endroit était merveilleux, et tout ça pour un prix beaucoup moindre que l’hôtel et nous avions accès à toutes les facilités en bicyclette ». Mes antennes se lèvent et je sors de ma rêverie!  Je me surprends à lui dire : « Madame, pourriez-vous me laisser voir vos photos? » « Bien sûr » qu’elle me répond. Les photos sont remplies de fleurs exotiques de l’Arizona, dont les formes et couleurs sont plus belles les unes que les autres. Je me suis dit qu’une place où tout est WOW ça doit être vraiment beau. « Madame, me donneriez-vous les coordonnées du propriétaire qui vous a loué le condo? » Sans hésiter, elle me griffonne l’information sur un bout de papier. Et me voilà partie!

De retour à la maison je réfléchis à la possibilité de me rendre à Sedona. Le Grand Canyon est un des endroits au monde que j’ai toujours voulu visiter et je sais que mon mari photographe adore l’escalade, la randonnée en nature et les expéditions.  Il y a bien des chances qu’il soit enchanté par l’idée. Je vois son visage s’éclairer dès que je lui mentionne le Grand Canyon.

Un appel à Sedona me confirme que le condo est disponible aux dates où nous aimerions nous rendre. Une agence de voyages tout près du bureau m’offre aussi d’excellents billets à un tarif très raisonnable. La Vie vient de répondre à mon appel! Le Grand Canyon c’est quelque chose de grandiose, assurément à la hauteur des efforts mis dans le projet de maîtrise et la vie me l’apporte sur un plateau d’argent.

Pour compléter le tout, j’avais fait la connaissance dans les mois précédents, à un séminaire international à Minneapolis, d’un homme qui habitait Phoenix et qui y travaillait comme guide touristique. Il m’avait donné sa carte en me disant « Donnez-moi un coup de fil si jamais vous passez par là, ça me fera plaisir de vous faire visiter l’endroit. » Et bien, qui croyez-vous était à l’aéroport à notre arrivée à Phoenix avec sa van touristique, prêt à nous faire visiter Phoenix, pour la seule journée où nous y étions avant notre départ pour Sedona?

On pense qu’on doit avoir tout planifié, avoir un plan clair et tous les éléments en main avant de passer à l’action. La réalité c’est que tout part de cette pulsion, de l’intention, d’une conviction profonde que c’est la bonne chose à faire en sachant que la Vie va nous supporter si c’est un désir valable qui contribue à notre avancement spirituel.

C’est ça travailler à partir de la créativité de l’Âme. La capacité de manifester est une des qualités fondamentales de l’Âme que nous sommes. L’Âme a la capacité de créer ses univers aussi petits ou aussi grands qu’elle le désire. Mais le mental qui essaie de la restreindre aux limites connues doit d’abord céder la place. C’est ça penser « en dehors de la boîte ».

Pour quelqu’un d’épuisé, ça ne pouvait être mieux. Je n’avais eu ni à chercher où nous irions en voyage, ni le lieu d’hébergement, le vol était venu facilement et à bon prix et nous avions même un comité d’accueil fortuit à notre arrivée prêt à nous faire voir l’essentiel de Phoenix avant de nous déposer à une auto louée en direction de Sedona, avec plein d’informations sur le Grand Canyon.

Voici comment j’ai appliqué les trois postulats qui sont à la base de l’approche Morita, une des deux facettes de la psychologie japonaise.

1.         Connais ton but : célébrer la fin de ma maîtrise, mes 60 ans et mes 15 ans de mariage en grand.
2.         Accepte ton émotion : je suis épuisée, sans aucune idée, sans énergie et serrée financièrement.
3.         Fais ce que dois : je reconnais l’importance de le faire et m’engage avec la Vie à célébrer l’événement même si je n’ai aucune idée comment le réaliser et reste à l’affût des indices et moyens que la Vie me donne pour réaliser cette intention. Puis je passe à l’action.

Et ce n’était qu’un pas vers une plus grande réalisation.

Ce que je vous propose pour 2014, c’est d’explorer les techniques innovatrices, non traditionnelles et profondément efficaces de la psychologie japonaise pour vous permettre de sortir des sentiers battus et vivre de grandes et belles réalisations.

Collaboration et partenariats vers le meilleur

La collaboration et les partenariats entre nous m’apparaissent essentiels si nous voulons évoluer harmonieusement vers une conscience plus élevée tout en rendant la santé globale encore plus accessible.

Mon vécu en tant qu’entrepreneur me donne conscience que nous sommes à une époque de transition dans nos rapports avec les autres où de nouvelles façons doivent être établies entre nous si nous voulons créer le meilleur pour nous-mêmes et pour nos communautés. Selon moi, les nouvelles pistes qui façonneront le meilleur de ce qui est à venir pour l’avenir de la planète prendront forme lorsque des êtres de cœur motivés par les mêmes objectifs d’intervention s’uniront pour créer et façonner des ponts nouveaux vers une société où peut-être devrons-nous explorer des nouvelles façons plus équilibrées de vivre ensemble le bien-être et l’épanouissement individuel dans nos communautés.

Je témoigne actuellement cette magie évolutive dans ma collaboration et mes partenariats avec l’autre. Une collaboration fondée sur une réciprocité réceptive qui veut permettre à ce qui n’est pas d’être perçu pour s’introduire tout doucement où l’idée, la vision, le mot, exprimé est bien au-delà d’une intelligence personnelle et individuelle. Cet état de conscience et de bénédiction qui fait place au génie d’une magie qui se manifeste au-delà des individus impliqués dans ce moment d’accueil. Nous devenons témoins de l’expression d’une vie nouvelle.

Cette clé m’apparaît essentielle surtout lorsque les individus impliqués sont activement liés par une aspiration commune à servir le bien collectif en collaboration avec les principes d’intégrité parmi les plus élevés comme fondement. Ces visions inspirées si nécessaire en ces moments de grande fragilité planétaire. En demeurant bien centré dans notre principe en action, notre rencontre avec l’autre peut introduire une créativité qui est bien au-delà de notre perception limitative individuelle. Et plus nous reproduirons consciemment ces moments, plus nous comprendrons notre petitesse tout en réalisant la grandeur du privilège que nous avons de coexister ici et maintenant.