La peur de décevoir

La peur de décevoir est une consé­quence de la peur du rejet. Pour éviter d’être rejetée, la personne marquée par une blessure d’abandon et une blessure d’infériorité se donnera comme objectif d’être parfaite. Seule la perfection, croit-elle, lui permettra d’échapper à la souffrance du rejet et du jugement. Le problème résulte du fait que ses critères de perfection vien­nent de l’extérieur. Cette personne dépend donc du regard que les autres posent sur elle. Par conséquent, elle est hantée par l’idéal qu’elle conçoit d’elle-même pour ne pas décevoir. Cet objectif idéal mobilise une énergie considérable parce qu’il va souvent à l’encontre de la nature réelle de la personne. Il l’empêche donc d’être elle même. En fait, la personne qui a peur de décevoir, comme celle qui a peur du rejet, ne s’accepte pas telle qu’elle est et dépense toute son énergie à atteindre l’idéal de perfection qu’elle s’est fixé en fonction des introjections parentales et de son entourage. N’ayant pas suffisamment confiance en elle-même, elle est convaincue qu’elle ne mérite pas l’amour parce qu’elle n’en vaut pas la peine. C’est l’enfant à qui l’on a demandé la perfection et qui n’était pas accueilli et reconnu pour ce qu’il était. Cet enfant continue, à l’âge adulte, à s’imposer des exigences démesurées. Ce qui importe alors pour lui, c’est d’être ce qu’il faut être et de faire ce qu’il faut faire pour être à la hauteur. Son sentiment de n’être jamais assez compétent, assez intelligent, assez aimable l’empêche de s’estimer et de se donner de l’importance. Aussi existe-t-il par ce qu’il fait beaucoup plus que par ce qu’il est.

Comme nous vivons dans une société de l’avoir et du savoir, dans un monde où la fonction est plus importante que la personne, il est bien évident que ceux qui craignent de décevoir parce qu’ils manquent de confiance en eux-mêmes tenteront de faire le plus possible pour être à la hauteur. J’ai été moi-même une mère exigeante avec mes deux aînés. Je me préoccupais bien sûr de leur vécu et de leurs besoins, mais j’avais projeté sur eux mon idéal de perfection. Je vivais à l’époque dans une petite ville où presque tout le monde se connaissait et où se trouvaient ma famille, mes élèves, mes amis et mes collègues de travail. Je ne voulais pas décevoir tous ces gens qui m’entouraient et j’exigeais alors beaucoup de moi-même et de mes enfants. Je voulais qu’ils réussissent bien à l’école et qu’ils donnent toujours le meilleur d’eux-mêmes. Quand, en 1982, j’ai quitté ma ville natale pour aller poursuivre mes études de doctorat à Paris avec mon conjoint et nos quatre enfants, âgés alors de 13, 10, 7 et 3 ans, quelque chose a basculé dans mes valeurs. Je me retrouvais dans une grande ville où je ne connaissais qu’une personne. Nous vivions dans un appar­tement de trois pièces, avec des meubles prêtés. Pour réaliser ce projet et le prolonger pendant trois années consécutives, nous n’avions que les moyens de nous payer l’essentiel : le loyer, la nourriture, les études et les visites culturelles.

C’est là, sur cette terre de mes ancêtres, que j’ai intégré ce qu’est la liberté d’être soi-même. Je ne possédais à peu près rien, j’étais étudiante à temps plein. J’ai donc dû apprendre, petit à petit, à trouver ma valeur en moi-même. Ce que je faisais et ce que j’avais ne revêtaient plus la même importance; ce qui comptait surtout, c’était ce que j’étais. En prenant conscience de mes forces et de mon potentiel, j’ai appris là-bas­ à m’accepter et à m’apprécier davantage. J’ai aussi appris, par ce qu’a déclenché cette nouvelle situation, à ne plus viser la perfection pour éviter de décevoir. Au lieu d’agir pour plaire, j’ai appris à agir pour me plaire. Je ne peux pas prétendre que cette peur de décevoir ne m’habite plus. Elle émerge encore en moi.
La différence toutefois, c’est qu’elle a moins d’emprise sur moi. Je ne la laisse plus autant diriger mes actions par rapport à ce qu’il faudrait être ou faire pour plaire. Je l’accueille et je m’en sers pour orienter ma vie dans le sens de mes besoins et de mes valeurs profondes. Quelque chose a également changé dans mon appro­che avec les enfants. J’accorde beaucoup plus d’importance à l’expérience vécue qu’à la performance et à la réussite extérieure. Cela me rend plus accueillante et plus humaine. Mes valeurs ont changé. Peu importe ce qu’ils font de leur vie, la seule chose qui compte pour moi, c’est qu’ils soient heureux. Je me rends compte chaque jour de ce changement dans ma relation avec eux.

La confiance que nous développons en nous mêmes et, par conséquent, dans les autres nous permet de transformer la peur de décevoir en moyen de propulsion. Dans une relation d’aide authentique, le travail sur soi permet de retrouver cette confiance. Sans elle, la personne qui a peur de décevoir bloquera sa créativité et tâchera de satisfaire des exigences aliénantes qui ne corres­pondent pas à sa vérité intérieure. Par peur de décevoir et de ne pas être parfaite, elle écoutera les autres plutôt que de s’écouter. Elle se niera. Dans la relation, elle ne se donnera pas d’espace intérieur et vivra donc de perpétuelles frustrations. Il n’y a pas de communication authentique sans engagement profond et vrai des deux interlocuteurs. Si nous n’écoutons pas notre peur de décevoir, nous risquons de nous perdre dans le monde des autres plutôt que de favoriser la relation avec nous-mêmes et avec ceux que nous aimons.

Le retour au Féminin Sacré

…pour participer à l’émergence d’un monde nouveau!

En tant que femme, être dans son Féminin Sacré, c’est cultiver ses qualités féminines, son essence propre. Le faites-vous? Être dans son Féminin Sacré, c’est aimer son corps sans l’approbation des regards extérieurs. Le faites-vous? Être dans son Féminin Sacré, c’est faire rayonner sa beauté intérieure. Le faites-vous? Être dans son Fémi­nin Sacré, c’est écouter ses besoins et ses désirs et y répondre avec amour envers soi. Le faites-vous?

J’entends le tam-tam du tambour sacré amérindien… et vous? Un son sourd… profond, remuant. Que vient-il remuer en vous? Écoutez encore. Est-ce le tambour sacré que vous entendez ou votre féminin sacré qui veut s’exprimer? Maintenant, voyez-vous le cercle de femmes dans lequel vous êtes invitée à entrer pour y honorer ce féminin sacré en vous?

Qu’est-ce que le Féminin Sacré?
Le Féminin Sacré, c’est la recon­naissance de toutes les qualités féminines : la beauté, l’harmonie, la sensibilité, la sensualité, la grâce, la douceur, la finesse, l’empathie, l’accueil, l’éveil de la terre mère… Et surtout, c’est l’énergie créatrice. Les femmes sont les gardiennes du Féminin Sacré.

Le Féminin Sacré, c’est une expression de la créativité, une danse avec les cycles de la vie, de la lune et de la terre. Le pouvoir au féminin, c’est apprendre à se connaître, prendre le temps de s’arrêter et d’observer ce qu’on ressent. Le Féminin Sacré permet à chaque être humain de retrouver tout le potentiel de son pouvoir créateur. Cette énergie unificatrice et créatrice qui nous connecte profondément à notre sensibilité, à la liberté d’exprimer nos rêves les plus fous et de faire confiance à nos intuitions.

Le Féminin Sacré laissé pour compte
Il y a quelques décennies, les femmes ont laissé de côté certains aspects du féminin pour se tailler une place dans la société. Dans un passé encore plus lointain, on considérait la femme comme l’incarnation dans la matière de la grande déesse. Elle représentait le pouvoir créateur de la déesse mère en plus de pouvoir communiquer avec l’invisible et le sacré. La femme antique était donc chamane, guérisseuse, magicienne et prêtresse.

Dans cette perspective historique, nous sommes maintenant prêts à concilier ces pôles afin d’unir ces deux facettes de notre être, le féminin et le masculin. C’est par la réunion de ces deux principes en soi-même que l’on pourra retrouver la paix dans le monde.

Depuis longtemps, l’énergie féminine a été bafouée, reniée et non respectée. Il est temps de nous affranchir du système patriarcal, tant religieux que social ou politique. La femme doit retrouver sa dignité et reprendre sa place. Une façon d’y parvenir, c’est en guérissant le Féminin blessé que nous portons dans notre ventre et en nous libérant des tensions et des charges émotionnelles qui limitent l’expression de notre féminité.

Une invitation
Et si c’était le Féminin Sacré qui allait ramener dans notre société l’équilibre, la paix, la guérison et l’harmonie de notre humanité? Unissons-nous dans le cercle du Féminin Sacré afin de faire briller ce qu’il y a de plus précieux : l’émergence de la femme libre, la gardienne du Féminin Sacré.

À celles qui ressentent l’appel du Féminin Sacré, venez célébrer et honorer votre féminité dans toute sa grandeur, sa beauté et sa puissance dans le cadre d’un atelier significatif. Laissez-le émerger et s’exprimer!

Le clown et le sacré

La méthode Pochinko
Le nez rouge représente notre relation à Dieu, et le chapeau, notre protection. Voilà ce que Sue Morrison explique à son cours « Clown Through Mask ». La méthode a été créée par Richard Pochinko dans les années 80, à Toronto. Il voulait réinventer la formation d’acteurs pour donner plus de vérité au théâtre canadien. Il développa sa pédagogie en utilisant l’univers du clown. Chacun des étu­diants fabriquera six masques qui le représenteront. Ces masques seront associés à six directions : nord, sud, est, ouest, en dessous et au-dessus. L’idée est que, si nous pouvions nous regarder dans toutes les directions, nous ririons du ridicule de nos problèmes.

Le sens du sacré dans la méthode
Pochinko inclura des masques dans ses cours, comme les gens des Premières Nations les utilisent lors de cérémonies rituelles. Ils permettront d’accéder à un espace reliant le réel et l’au-delà, le conscient et l’inconscient, la terre et le ciel. Pour ce faire, les étudiants devront se libérer de leur intellect et de leur ego pour dévoiler leur histoire, le masque facilitant l’entrée dans leur propre mythologie. Ils porteront leur masque lors de plusieurs rituels; ils développeront en ce faisant leur mythologie. Un espace intérieur se créera, donnant accès aux archétypes nous reliant à l’univers. Une grande humilité et gratitude s’ensuivront.

Les bienfaits de cette méthode
Ce cours nous invite au plaisir de jouer. On joue à « Jean dit », à la tague et ainsi de suite. On redevient enfant en riant et en se déplaçant spontanément. La préparation du corps est essentielle; de la perception des différentes partie du corps au sang qui circule, du souffle qui nous habite à la visualisation des couleurs, nous nous habitons, mieux centrés, plus disponibles. Divers exercices nous rendent plus conscients de notre ressenti, de nos pensées. Dans « Present Yourself », un à un, debout devant le groupe, nous nous regardons chacun dans les yeux, en silence : une expérience d’une rare intensité. Rien à faire, simplement être témoin de nos émotions, de celles des autres et partager. C’est une occasion de se montrer tel que nous sommes, sans artifice, une expérience libératrice.

Le clown en nous, le langage du cœur
Le nez rouge est rond. Il est complet. Il contient toute la vie, naissance et mort. Le clown relâche et transforme. Contrairement à l’acteur qui apprend son texte et interprète son rôle, le clown ne sait pas ce qu’il va exprimer. Dans la spontanéité du moment, il se surprendra. Quand le corps est bien préparé, vibrant, détendu, un espace se crée intérieurement, et le cœur s’ouvre. Les clowns sont ensuite invités à choisir des vêtements dans la boîte de costumes. La créativité du clown dans le choix des costumes et des accessoires étonne toujours. Il peut utiliser une sacoche comme chapeau, mettre une cravate à ses pieds, tout est permis. Pendant son improvisation, tous les participants bénéficieront de cette ouverture du cœur, ce partage direct d’émotions créant une connexion rafraîchissante, un relâchement pour lui et pour les autres et une liberté.

Les clowns professionnels, les clowns thérapeutiques et les clowns sociaux interviennent pour amener dans notre société stressée un brin de tendresse, de plaisir, de vérité, exposant vulnérabilité et ouverture du cœur pour rappeler à tous notre humanité. Si vous désirez explorer certains aspects de cet univers dans un contexte de développement personnel, j’offre des cours dans l’Outaouais pour faire partager ce monde merveilleux.
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1Veronica Coburn and Sue Morrison, Clown Through Mask, Bell & Bain Ltd, Glasgow, 2013

Chanter : un outil sacré pour se sentir vivant

Je suis née en Abitibi (1963) et, à l’âge de 23 ans, je suis venue m’établir en France, où je vis depuis. Le chant fait partie intégrante de mon essence et il a été présent tout au long de ma vie sous différentes formes (chants spontanés, chorale, auteure-compositrice-interprète, autoproductrice de deux albums, animations de soirées, accompagnatrice en chant, cours, stages). Au fil de mon expérience, je me suis rendu compte que beaucoup d’entre nous portaient de grandes blessures liées à la voix chantée. J’ai aussi pu constater à quel point un travail de libération de la voix est un réel chemin de réconciliation, de guérison, de résilience qui permet de rétablir une connexion profonde à soi et aux autres et de libérer l’expression, l’émotion, la créati­vité… En prenant ainsi la mesure de l’importance du chant comme outil d’épanouissement existentiel, j’ai eu envie d’écrire un livre  qui soit une source d’inspiration, un encoura­gement, un soutien pour nous aider à restaurer notre pleine capacité naturelle à chanter dans la joie, la liberté et le lien.

Les bienfaits de chanter
L’acte de chanter est composé de deux pôles : la Connexion (la reliance), qui représente la face Yin cachée, et l’Expression, qui représente la face Yang révélée. Chanter est donc une écoute et une expression profonde de soi. Chanter libère la voix, libère la joie, libère l’être. Chanter est un acte créateur  qui nous met en contact avec notre plaisir, avec notre liberté et qui nous permet de nous sentir vivants : nous créons des sons, des vibrations, de la résonance, du bien-être, des sensations, des émotions, de l’expression, de la célébration, du lien, du sens.

C’est pourquoi je parle de Chant Existentiel, c’est-à-dire un chant, ou une qualité de relation avec son chant au-delà de toute performance, qui a une portée d’épanouissement existentielle, c’est-à-dire qui nourrit un sentiment d’exister et une sen­sation d’être intensément vivant : je ressens, je me relie, je m’exprime, je crée, je me déploie, je partage, je me transforme, je célèbre en chantant!

Et tout ce qui nous permet de nous connecter au vivant, d’exprimer le vivant, de devenir plus vivant, est sacré.

En résumé, chanter permet de :

  • entrer en contact avec le sentiment d’exister et de se sentir vivant;
  • exprimer son identité, sa créativité, ses émotions, sa puissance, sa tendresse;
  • se sentir en lien : avec soi, les autres, le grand Tout;
  • développer le sentiment de confiance en soi et de sa valeur;
  • vivre un sentiment de bien-être, de détente, de paix;
  • vivre un sentiment d’ouverture, de libération, de liberté;
  • augmenter sa qualité d’écoute et de présence;
  • ressentir du plaisir et de la joie;
  • stimuler sa vitalité;
  • respirer, se sentir vibrer;
  • savourer le partage, la communion, la célébration, la transcendance;
  • se transformer, guérir…

Pourquoi chantons-nous si peu?
Alors que chanter peut nous nourrir de tant de bienfaits, nous pouvons nous demander : Pourquoi chantons-nous si peu? Pourquoi l’expression chantée est-elle si emprisonnée? Parce que nous n’avons pas été bercés et nourris de chants, parce que nous n’avons pas été encouragés à explorer et à expérimenter librement et créativement avec notre voix chantée, parce que, par des propos rabaissants, nous avons été décou­ragés, réprimés, coupés, handi­capés de notre voix et de notre expression chantante.

Oui, comment pouvons-nous avoir envie de chanter si nous avons grandi dans un environnement familial ou social dans lequel personne ne chantait, dans lequel nous n’avons pas goûté le plaisir et les bienfaits de chanter? Comment pouvons-nous avoir envie de chanter si nous avons peu d’occasions de chanter, libérés de la pression de performance, pour le seul plaisir de chanter? Comment pouvons-nous avoir envie de chanter si le chant a été mis à l’extérieur de nous : d’un côté, les chanteurs sur scène, qui nous divertissent, et de l’autre côté, le public qui regarde et écoute? Comment pouvons-nous avoir envie de chanter si nous n’en avons jamais goûté le plaisir, si nous en avons perdu le goût à cause de commentaires négatifs à propos de notre voix, si nous avons peur de nous sentir vulnérables et de « ne pas savoir faire »? Comment pouvons-nous avoir envie de chanter si nous avons le cœur triste et que nous ne savons pas que chanter peut nous apporter un baume de réconfort et de joie au cœur? Comment pouvons-nous avoir envie de chanter si nous avons cessé de célébrer la Vie?

Dans de telles conditions de non-enchantement et de désenchantement, nous nous pensons incapables de chanter, ou nous avons peur de le faire, car chanter est une source d’angoisse, de souffrance, voire de traumatisme, ou nous y sommes indifférents parce que nous ne voyons pas ce que chanter peut nous apporter. Nous avons donc appris, pour la plupart très tôt, à taire le son de nos voix et de nos chants, et beaucoup de voix en voie d’épanouissement ont ainsi été cassées, handicapées ou rendues muettes.

Nous pouvons nous ré-en-chanter!
La capacité de chanter est en chacun de nous. Si nous pouvons parler, nous pouvons chanter.

Même si nous n’avons plus chanté depuis notre enfance, que nous pensions chanter faux ou ne pas être capables de chanter, nous pouvons faire refleurir notre capacité et notre joie naturelle de chanter et redécouvrir cet endroit en nous qui sait chanter et le remettre en mouvement. À cet endroit, il existe un chant profond, connecté à l’instinct. C’est le Chant de la Vie en nous.

Nous pouvons renouer avec notre instinct de chanter en simpli­fiant notre rapport avec le chant, en vivant moins d’enjeu et plus de jeu, en improvisant, en laissant jaillir de l’instant présent des chants spontanés, libres, intuitifs et en créant des espaces de soutien bienveillant et d’encouragement pour explorer notre voix et notre chant en toute sécurité et liberté…

Soyons des « résilients » du chant. Que chanter rime avec joie, liberté, créativité, reliance, partage et célébration de la Vie! Depuis la nuit des temps, les communautés se sont rassemblées autour d’un feu pour chanter et célébrer ce qui nous unit : la Vie! Mettons nos cœurs en voix, mettons nos cœurs en joie et réintroduisons le chant dans nos vies, nos maisons, nos villages, nos entreprises, nos prisons, nos hôpitaux, nos rues! Par nos Cercles de chant, contribuons au grand Cercle de la paix et au ré-enchantement du monde.

Mon invitation…
Mettez plus de chant dans votre vie et plus de vie dans votre chant.
Vous pouvez commencer dès maintenant, avec cet exercice qui invite à chanter un chant d’intimité pour soi-même : www.youtube.com/watch?v=SRLyuJDh-Oo (ou voir l’exercice sur la page d’accueil de mon site).
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1Au Cœur du Chant : une voie pour nourrir son chemin existentiel, Éditions Le Souffle d’Or, mai 2015; distribué au Québec par Prologue.
2Cependant, c’est le processus créatif en lui-même, et pas nécessairement le résultat créé, qui nous fait nous sentir vivants.

La Biodanza, pour être pleinement soi et vivant

« Je me suis intéressé à créer un système pour stimuler la joie de vivre, pour améliorer l’intégration entre l’esprit et le corps et pour renforcer le lien entre les personnes », Rolando Toro Araneda, créateur de la Biodanza.

Quand j’ai entendu ce nouveau mot, quelque chose en moi a vibré avec intensité, tel un urgent appel à vivre pleinement.

Des mois s’écoulent avant qu’enfin je participe à une soirée de cette mystérieuse Biodanza. J’ai immédia­tement la sensation de me retrouver chez moi, le genre de chez-moi que je cherche depuis longtemps. J’y suis accueillie avec une affection sincère par des gens que je ne connais pas. Il y a dans l’air un profond sentiment d’humanité ; chacun peut être simplement lui-même, en toute liberté. Puis, on se met à danser! Les musiques sont tellement belles que les participants ne peuvent pas s’empêcher de sourire face à une telle joie de vivre! J’ai l’impression de renaître…

Qu’est-ce que la Biodanza?
Son nom vient de Bios qui signifie vie, et de danza, qui signifie mouvement plein de sens. L’union de ces deux mots forme un mot au sens poétique de « danse de la vie ». aux autres approches de développement humain, la Biodanza ne s’intéresse pas à nos problèmes, à nos blessures ni à nos maladies. Au contraire, ce système révolutionnaire vient stimuler la partie saine et lumi­neuse de notre être et nous brancher intensément sur cette pulsion de vie qui nous est naturelle. Il améliore la santé et revitalise la joie de vivre, tout en réduisant stress et anxiété. La Biodanza nous permet de devenir pleinement ce que nous sommes tout en nous reliant de plus en plus intimement à la vie en enrichissant la qualité de nos relations et en nous montrant le chemin de la connexion à soi et à l’autre.

Rolando Toro Araneda a créé un système précis, une véritable pédagogie de l’art de vivre, fondé sur la vivencia. Ce concept et outil fondamental de la Biodanza désigne un état particulier de présence à soi, une sensation intense et émouvante d’être vivant dans l’instant. Au gré des vivencias, une alchimie s’opère, nous permettant de dissoudre nos conditionnements et de laisser de côté nos inhibitions mentales. Nous pouvons alors toucher au sacré de la vie.

Une séance de Biodanza est une joyeuse célébration de la vie! Elle se déroule comme un voyage au cœur de soi dans la sécurité d’un groupe, en suivant le fil d’une thématique. Le mental se tait avec révérence devant le plaisir de notre corps, lequel retrouve son mouvement naturel. Le professeur-facilitateur propose des dynamiques de mouvement sur musique que chacun réalise suivant son ressenti.

Par la danse, la musique et les situa­tions de rencontre dans le groupe, la Biodanza permet de stimuler cinq grandes potentialités humaines : vitalité, affectivité, créativité, sexualité et transcendance.

Grâce à ses effets psychologiques, bio­logiques et physiologiques, la Biodanza est reconnue pour avoir un effet puissant sur la santé, le bien-être et la communication.

Pratiquer la Biodanza, c’est prendre la chance de tomber amoureux de la vie! Venez vivre cette expérience accessible à tous! Nul besoin de savoir danser!

Au début des années 1960, le psychologue et anthropologue chilien Rolando Toro Araneda (1924-2010) travaillait dans un hôpital universitaire lorsqu’il a la formidable intuition de faire danser les patients souffrant de troubles psychiatriques. Il était loin de se douter que de cette simple expérience naîtrait la Biodanza, une pratique qui allait se répandre de par le monde et rendre les gens plus heureux de vivre.

L’approche socio-dynamique d’intégration par l’art (SDIA)

Quand l’art vient en aide aux personnes autistes
Vous connaissez l’approche socio-dynamique d’intégration par l’art­ (SDIA)? Il s’agit d’un mode d’intervention auprès des personnes autistes sur les plans de la communication, des interactions sociales ainsi que des activités et intérêts.

Tour d’horizon d’une approche élaborée par Mohamed Ghoul, intervenant psychosocial et résident de Rouyn-Noranda
Monsieur Ghoul a imaginé une approche qui repose sur les bases suivantes : promouvoir le développement de la créativité et les talents artistiques des personnes ayant des limitations et des besoins particuliers, tels que l’autisme. Et promouvoir l’intégration de ces artistes à la collectivité artistique québécoise en plus de reconnaître à sa juste valeur leur apport à la vie culturelle.

« Le développement des habiletés sociales, l’intégration de processus de résolution de conflits et les aider à découvrir leur réseau d’aide fait aussi partie de l’intervention, explique M. Ghoul. Il est aussi question d’aider l’individu à développer une meilleure estime de soi et à reconnaître son unicité. »

Il ajoute que l’estime de soi est défi­nie comme étant l’évaluation positive de soi-même. Celle-ci est basée sur la conscience de sa propre valeur et de son statut d’acteur social.

« De plus, c’est une chose d’avoir des qualités, des habiletés, des aptitudes et un savoir-faire, mais il s’agit avant tout de les connaître et d’en avoir conscience. » Il note que l’approche aide tout autant à gérer des situations de crise, de stress et d’anxiété qu’à faire diminuer les symptômes des troubles anxieux.

Objectifs spécifiques
Concrètement, la méthode SDIA permet d’aller encore plus loin :

• Intégrer les participants dans un milieu normalisant, tout en favorisant le développement à l’intérieur de ce milieu;
• Favoriser le développement au niveau de la communication, de la socialisation et de l’intégration, et ce, par un médium artistique qui joue le rôle d’outil de lien et de développement dans un contexte d’activités socioculturelles;
• Développer un sentiment d’appartenance en offrant un moyen alternatif de s’intégrer dans sa communauté;
• Développer de manière considé­rable l’estime de soi et la confiance­ en soi, et ce, par la réalisation d’œuvres artistiques créées par les participants;
• Donner à la clientèle cible une identité sociale au sein de sa communauté (musicien, créateur artistique, groupe de musique).

Former des intervenants
L’approche SDIA fournit aux intervenants l’opportunité de prendre des risques. Cette approche est basée sur la capacité de tout être humain à créer avec la possibilité d’observer, de comprendre, d’étudier et d’apprendre.

« Il est ici question que l’intervenant se considère comme un élément faisant partie d’un tout qui l’en­toure, avance M. Ghoul. Tous les individus sont influencés, et surtout influençables, selon les modes de com­munication et les sens qui sont en alerte. »

L’approche SDIA repose sur le concept de l’intégration personnelle et sociale dans une perspective socio-dynamique de l’intervention. L’intégration personnelle et sociale de tout individu à sa communauté est essentielle à son développement selon sa propre évolution.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec considère que l’intégration sociale est une priorité pour les personnes présentant des incapacités ou des déficits. L’intégration sociale est une opération par laquelle un individu ou un groupe d’individus s’incorpore à une collectivité, à un milieu.

De plus, le Ministère a bonifié sa politique de soutien De l’intégration sociale à la participation sociale (2001) en spécifiant que la participation sociale implique un échange réciproque entre l’individu et la collectivité; elle met en cause, d’une part, la responsabilité collective de permettre à tous de participer activement à la vie en société et, d’autre part, la responsabilité individuelle d’agir en citoyen responsable.

Enfin, une approche comme la SDIA mérite d’être connue davantage. Qu’une personne autiste soit au cœur d’une telle démarche artistique nous permet d’apprécier la beauté de l’esprit autistique.

Pour en savoir plus
Visionnez les résultats d’une recherche sur cette approche menée par le professeur André Gagnon, de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Le film l’Autiste au Tambour d’Yves Langlois : une odyssée improbable de quatre artistes autistes Québécois en tournée à Paris. Visionnez le film sur le site web ICI.tou.tv http://ici.tou.tv/l-autiste-au-tambour

Des ateliers sont donnés à Montréal, Rouyn-Noranda, Sainte-Thérèse et Gatineau. Pour de plus amples renseignements, écrivez à l’adresse mohamedghoul@hotmail.com

Dessiner pour se transformer : Le désir de créer

Le besoin de créer est un besoin fondamental de la personne. Que ce soit par les arts (peinture, écriture, musique, etc.), le travail ou même la cuisine, l’humain a le constant besoin de créer et de s’exprimer. Ce besoin existe depuis l’aube de l’humanité. Il suffit de penser à nos lointains ancêtres du Neandertal et leurs dessins sur les murs des grottes préhistoriques pour nous en convaincre.
(Clément Boily, Extrait du texte Le besoin de créer)

« Je ne suis même pas capable de faire une ligne droite! » Voilà une phrase que j’entends très souvent de la part de personnes ayant le profond désir de s’adonner à une activité artis­tique mais n’osant jamais. Ce seul commentaire dénote un préjugé très courant envers la création artistique. Il présuppose d’abord qu’il devrait être facile de faire ainsi une ligne droite. Ce qui est évidemment faux. Personne, même les plus grands artistes, ne peuvent faire une vraie ligne droite, à moins d’utiliser une règle.

En réalité, ce commentaire est rarement la vraie raison qui empêche les gens de pratiquer quelque chose qu’ils désirent. Il exprime en fait l’attitude avec laquelle la personne aborde le dessin ou la peinture. Cette expression signifie en fait « je ne veux pas dessiner si je ne peux pas obtenir le résultat que je veux ». L’attention est totalement portée sur le résultat et non sur le plaisir tout simple de dessiner. On veut que le résultat ait une utilité, qu’il y ait une raison au moins esthétique. On laisse ainsi dans l’ombre toute la partie « plaisir de faire », le processus même de création.

Pour illustrer ce point, pensez à une autre activité que vous pratiquez régulièrement pour le plaisir. Par exemple, vous aimez peut-être le jogging ou la natation ou toute autre activité similaire. Pensez à ce qui vous fait plaisir dans la pratique de cette activité. Comment conciliez-vous, par exemple, le fait d’aimer faire du jogging alors que vous êtes incapable de faire le marathon de New York? La raison en est très simple, vous mettez peu d’emphase sur le résultat et beaucoup plus sur le plaisir de « simplement courir ». Vous n’essayez pas de vous comparer à Bruni Surin. Vous vous comparez à vous-même. Vous portez attention à l’effet bénéfique que l’activité a sur vous et non à un résultat extérieur.

Si vous abordez la création artistique­ avec le même esprit, en mettant de l’importance sur le processus (le plaisir de créer) et non sur le résultat, vous verrez une profonde différence. Une certaine détente dans la cré­a­­tion­ va s’installer pour faire place au plaisir simple de créer. Et le meilleur résultat sera à l’intérieur de vous: vous aurez permis l’expression « sacrée et libre » de votre créativité.

Ce commentaire du début exprime aussi autre chose. Il cache la per­ception que la personne a d’elle-même : elle considère qu’elle n’a pas de talent artistique. Pour elle, le fait de ne pas savoir faire une ligne droite illustre bien son manque de talent. Voilà ici un autre préjugé important concernant la création artistique. On confond toujours créativité et habileté. Le fait d’être plus ou moins habile en dessin ne veut pas dire qu’on n’a pas de créativité. Et qui plus est, c’est souvent l’opposé. J’ai souvent constaté qu’avoir de la facilité à dessiner vient limiter la créativité en ce sens qu’on a tendance à simplement « reproduire » ce que l’on voit. Il sera très difficile d’aller au- delà et de laisser exprimer sa créativité plus librement. C’est cette libération de la forme, que les premiers artistes de l’art moderne ont eu le courage d’entreprendre. Et de la même façon, ça nous demande un certain courage pour oser créer en ne se souciant pas de l’exactitude des formes dessinées.

J’ai illustré ici quelques exemples de blocages qui peuvent inhiber vos élans de création. Il y en a bien d’autres. En voici quelques-uns dont certains trouveront sûrement un écho en vous :

Les croyances erronées 

  • pour dessiner il faut avoir du « talent »,
  • quand je dessine, je dois nécessairement produire quelque chose de « beau »,
  • ce n’est pas utile,
  • je n’ai pas le temps, c’est une perte de temps,
  • je n’ai aucune créativité.

Les attentes

  • je veux que le résultat soit certaine façon, je suis déçu si ce n’est pas le cas,
  • j’ai peur de ne pas « réussir » ce que je veux entreprendre,
  • je voudrais faire comme les artistes professionnels, je me compare.

Les critiques et les jugements

  • je ne suis pas bon,
  • ce que je fais n’est pas beau,
  • je suis incapable de faire ceci ou cela,
  • etc.

Chacune de ces affirmations (ou négations) mériterait d’être scrutée et approfondie pour en découvrir les peurs cachées, les croyances incon­­s­cientes, les jugements sous- jacents, etc. Dites-vous simplement que derrière toute « excuse » justifiant votre non action envers votre désir de création, se cachent des raisons plus profondes et souvent incons­cientes qui elles briment votre liberté d’expression.

Vous constaterez ici que, juste l’idée de s’adonner au dessin ou à la peinture déclenche déjà des réactions, des jugements, des peurs. Imaginez maintenant ce que le fait de passer à l’action pourrait alors provoquer.

C’est justement là le miracle de l’expression par les arts : une transformation personnelle. Une fois passée la peur du départ, l’activité de création devient un merveilleux instrument d’expression, de découverte et de transformation de soi.

La force du printemps…

Le printemps donne naissance, l’été fait croître, l’automne récolte et l’hiver conserve.Huang Di Nei Jing

Le printemps, nous l’attendons tous et toutes depuis de longues semaines. Nous sentons le besoin de marcher sur la terre ferme, de capter les premiers rayons enivrants du soleil, de voir la neige fondre, d’apercevoir l’herbe écrasée et trempée, mais tellement annonciatrice de toute la vie qui sommeille sous la terre et de tout ce frétillement d’énergie et d’éclosion à venir.

Je frémis de bonheur à la pensée d’entendre le chant des oiseaux et le vrombissement de l’oiseau-mouche, de ressentir la force de vie des bourgeons, de me laisser enivrer par le vent doucement tiède, de plonger mes pieds dans un ruisseau glacial, de croquer dans du gingembre sauvage, de me délecter de sirop d’érable et, le summum du bonheur, de humer mes doigts que je viens tout juste de frotter sur des jeunes pousses de sapin. Je ne peux passer sous silence toutes les fleurs et plantes médicinales qu’il est bon de cueillir et d’admirer. Mais attention! Certaines sont en voie d’extinction, et nous nous devons d’en stopper la cueillette; je pense notamment à l’ail des bois et au sabot de la Vierge, fleur d’une perfection inouïe et d’un réconfort absolu, seulement à l’admirer et à m’envelopper de son aura bienfaisante.

Et puis, chaque printemps, j’en profite pour faire le grand ménage… pas seulement de l’intérieur de ma demeure. J’aime aussi décrasser ma vie; il y a toujours des recoins qu’on a consciemment négligés. Le printemps vient forcer le passage de l’inertie à l’action! La force du printemps. Cette force se traduit dans nos actions, dans nos projets et dans nos élans. À ce propos, il y a 29 ans, j’ai écrit un roman, roman qui a été publié au printemps 2013 et dont l’histoire se déroule au printemps. Pour continuer sur le thème du printemps, mon roman Les désordres du cœur se trouve maintenant, à mon grand bonheur, sur les tablettes de la librairie Archambault, à Gatineau, et j’en suis très fière.

À l’aube de mes 59 ans, je peux dire que le printemps est une saison où je renais, je me renouvelle, je change d’âge, une saison où mon goût du changement est à son plus fort!

En cette saison particulièrement euphorique, soyons d’attaque pour nettoyer et aérer notre demeure, épurer notre organisme, revivifier notre corps, décrasser certains aspects de notre vie, renaître et grandir. Célébrons la vie et le renouveau. Ça sent la terre, ça sent le bois, ça sent la vie, ça sent la créativité! Vivez le printemps avec vos cinq sens!

Les désordres du cœur, Carole Verdon

Texte de l’image:

À l’approche de son trentième anniversaire, Marie prend peu à peu conscience que sa vie ne la satisfait plus. Mère de trois enfants, épouse d’un homme plus âgé qu’elle qui travaille beaucoup et s’absente fréquemment, elle s’interroge sur le sens de son existence.

À Cape Cod, face à la mer, où elle a décidé de se ressourcer, une rencontre inattendue lui donne des clés pour répondre à ses questionnements. Mais saura-t-elle trouver le chemin qui lui convient sans faire souffrir ceux qu’elle aime?

Je ne pouvais pas m’arrêter, je voulais continuer ce beau voyage en compagnie de ces personnages attachants. C’est un roman qui enchante par sa fluidité, son rythme, son écriture vivante, touchante, je dirais même sautillante. C’est un « page turner » !!!

Roseline Guindon

En vente chez Archambault
SUCCURSALE DE GATINEAU

L’artiste peintre et le toucher…

Étant une artiste en arts visuels, je croyais que le sens le plus important pour moi était la vue! Devant la feuille blanche, pour cet article, je me suis mise à réfléchir et à me questionner. Et si je perdais la vue, est-ce que je continuerais à peindre? Et bien, je crois que oui, car en réfléchissant à mon processus créatif et au plaisir que j’ai à peindre, je me suis aperçu que le toucher occupait une très grande place.

Lorsque je veux savoir si ma peinture est assez sèche pour pouvoir ajouter une autre couleur sans que celle-ci ne se mélange aux autres ou, au contraire, lorsque je veux m’assurer que la peinture est encore assez humide pour réussir mes dégradés, alors qu’est-ce que je fais? Je touche! Le toucher, très souvent, me donne des informations pratiques et m’aide à faire des choix appropriés pour réussir les effets voulus, mais bien sûr, sans la vue, le résultat ne serait pas le même. Et quand je choisis un support, quel est mon premier réflexe? Et bien, c’est encore de toucher! Je frotte la surface de la toile pour voir si la texture du canevas me convient, je tâtonne les papiers pour voir s’ils sont de la bonne épaisseur, assez lisses ou trop rugueux… De plus, lorsque je peins, le toucher fait partie de mon processus créatif, de ma façon de peindre; la preuve, c’est qu’il n’y a pas une seule fois que j’ai terminé un tableau les mains propres. On pourrait penser que c’est par maladresse, mais non, c’est plus fort que moi, je finis toujours par me mettre les mains dans la peinture.

Depuis que je suis toute petite, j’aime me salir les mains, j’aime le contact direct avec la matière. J’aime faire glisser mes doigts dans la peinture, lisser celle-ci, l’étendre, l’estomper… Je trouve cela fascinant de voir les mélanges de couleurs se créer sur la toile; c’est comme si j’avais des mains de magicienne! Et aussi, le fait de ne pas être toujours obligée d’utiliser un outil pour peindre me donne une grande sen­sation de liberté et je me sens plus créative. Voici d’autres petits gestes, impliquant le toucher, que je fais tout spontanément lorsque je peins : j’égratigne, je gratte la peinture encore humide avec mes ongles afin de créer des textures, des lignes, laisser des traces et faire apparaître les couleurs qui se cachent en dessous. J’aime voir la surface qui se transforme sous mes doigts. Et puis, même lorsque je travaille avec du papier, j’utilise aussi le toucher, car j’aime le déchirer, le froisser, ensuite le coller et le lisser sur la toile directement avec mes mains. Cela vous semblera peut-être étrange, mais c’est comme si j’avais la sensation d’être plus habile et en contrôle lorsque je touche directement la matière. Alors, moi qui ai toujours pensé que j’étais plutôt du « type visuel », je viens de réaliser que je suis probablement plus kinesthésique que je ne le pensais. Finalement, cette petite réflexion au sujet du toucher m’a donné l’idée d’élaborer un nouvel atelier en peinture pour les adultes : « Peindre avec les mains ». Après tout, qui a dit que la peinture « aux doigts » était réservée aux enfants?

Et, bien sûr, il y a un autre aspect du toucher qui est important lorsqu’on est artiste, car bien souvent le but de créer est de tenter d’entrer en contact avec les autres, de toucher leur imaginaire et leur sensibilité. C’est un peu la même chose lorsque je donne mes ateliers; je tente de toucher le cœur de mes participants en leur transmettant ma passion pour la peinture. J’ose espérer que j’y arrive quelquefois…

Je ne crois pas que je pourrais peindre sans le toucher. J’ai réalisé que ce sens est aussi important pour moi que la vue. Je termine sur cette parole de sagesse de Confucius, qui me « touche » profondément : « Faites les gestes, et les sentiments entreront dans le cœur. »

L’été, ses désirs et ses petits plaisirs

Tout le monde croyait que l’Été avait perdu la tête, car soudainement, sans aucun avertissement, il était devenu sans réserve et sans pudeur. C’est la faute du Printemps. C’est lui qui s’était montré le bout du nez trop tard. Les gens en avaient assez de ce froid interminable. Ce n’est pas étonnant qu’une fois que la chaleur est arrivée, la majorité d’entre eux se soient empressés d’enlever quelques épaisseurs pour exposer un peu de peau.

L’été a fait perdre la décence à plusieurs aussi. Il y a ceux qui enjambent leur cheval de métal et se laissent chatouiller par la vibration du moteur et ceux qui préfèrent les randonnées en vélos ou en patins à roues alignées, qui accueillent la fraîcheur et se laissent envahir par les odeurs de la nature en pleine reproduction. Les voisins et les amis, comme bien d’autres, se réjouissent à l’idée de mettre les doigts dans la terre pour préparer le jardin et les plates-bandes dans le but de recevoir des semences. Non, rien ni personne n’était à l’abri de la sensualité du printemps. Si le printemps était humain, il serait le Miley Cyrus des saisons : provocateur, instigateur, stimulant, renversant, bref, un sex-symbol! Choquant? Non, pas vraiment.

L’arrivée de l’été a réveillé les parties qui étaient engourdies par le gel de tous les êtres vivants : les plantes, les animaux et les humains. Les garçons ont mis leurs jeux vidéo de côté pour accorder une très grande importance à la musculation parce qu’ils savent que, si leurs bras sont durs comme le roc et que leur ventre a l’air d’une tablette Caramilk, ils se feront remarquer par les filles à la plage. Les filles se sont mises à des régimes et à des programmes d’entraînement afin de bien paraître en maillot devant les garçons.

Pourquoi ne pas tirer leçon des adolescents et se donner la permission d’oser, d’aller un peu plus loin, de devenir voyeur et exhibitionniste? Et si on se donnait le droit de s’amuser, de lâcher prise sur « ce que le monde va dire »? Et si nous étions libres d’exprimer notre créativité au travers de tous nos sens? Et si un univers de fantasmes pouvait devenir réalité d’un simple accord? Est-ce que ça ouvrirait un monde de possibilités? Il y a tellement de nuances aux probabilités de s’accorder le droit d’être totalement déraisonnable. Juste le fait d’y penser est excitant!

Malheureusement, nous associons trop souvent plaisir avec souffrance. Nous accordons trop d’importance à cette peur primaire qui nous hypnotise et qui crée des barrières entre nous et le bonheur. Pourquoi voulons-nous tant éviter les extravagances qu’offre la vie? La créativité, ça passe par la sensualité. Alors, jetez vos vieilles pantoufles dans le poêle à bois! Il est temps de retrouver votre spontanéité de jeunesse et de savourer pleinement chaque instant! Sortez vos froufrous et vos flaflas. Il est temps d’évoquer des sensations intenses, remplies de désirs et de romance. C’est le moment parfait pour s’extérioriser, se faire voir et s’offrir des petits plaisirs!

C’est l’été! Aimez-vous!

Fusionnez vos corps physiques avec vos corps émotionnels et spirituels. Faites l’amour avec l’amour. Mettez vos vieilles croyances de perversité derrière vous et permettez-vous de développer le plaisir de vos sens, d’apprendre à vous fusionner l’un dans l’autre et de vivre des sensations intenses et amoureuses. Permettez-vous de jouir d’une sensualité extravagante.

L’Été est loin d’avoir perdu la tête. Il s’est tout simplement laissé aller. Il veut que vous fassiez comme lui. Laissez tomber les « qu’est-ce que les gens vont dire? » et écoutez votre cœur. Réalisez vos plus profonds désirs et gâtez-vous.

Non, l’Été n’a certainement pas perdu la tête; bien au contraire, il a retrouvé toute sa tête et son chapeau aussi… ce sont ses petites culottes qu’il a perdues.