Donner et recevoir, des gestes pleins de sens

Durant le temps des Fêtes, nous donnons et recevons de nombreux cadeaux. Ces échanges de cadeaux témoignent de notre profond besoin humain d’aimer et d’être aimé. Mais comme nos vies filent à vive allure, il est facile de se laisser prendre au jeu de la consommation à outrance. Bien que nous cherchions à nous connecter à l’essentiel, nous finissons par acheter des objets souvent insignifiants que nous donnons avec maladresse. Alors comment retrouver le sens profond de donner et de recevoir?

La plupart d’entre nous sommes devenus des spécialistes dans l’art de donner. Arrêtons-nous un instant pour nous demander : comment est-ce que je donne et depuis quel espace à l’intérieur de moi? Lorsque c’est l’égo qui donne, il fait de son mieux, mais dans le but inconscient de se plaire à lui-même. Il ne peut faire autrement, le pauvre, que de se complaire dans l’image qu’il se fait de l’autre. L’objet donné reflétera alors cette projection et aura peu de chance d’être bien reçu.

Si nous prenions le temps de retrouver une profonde connexion à soi, elle nous mènera vers l’autre. C’est dans l’espace tendre de notre cœur que nous commençons à percevoir l’autre tel qu’il est. De là viendront l’intuition et l’inspiration pour le petit-quelque-chose qui fera énormément plaisir. Il est vrai que les objets peuvent être de vrais messagers d’amour. Les enfants le savent… jusqu’à ce que la société de consommation le leur fasse oublier. Lorsque de surcroît, l’objet est fabri­qué de nos mains, il contient nos deux biens les plus précieux : notre temps et notre attention. C’est ainsi qu’il se remplit d’amour. Ou alors, nous pouvons donner un objet sentimental qui nous appartient et observer ce qui se passe dans l’invisible lors de ce partage d’une part intime de notre être.

Pour plusieurs, recevoir s’avère un acte plus difficile que donner. Or, il importe tout autant pour rétablir l’équilibre de la fonction affective. Notre éducation nous conditionne plus à agir qu’à recevoir, au yang qu’au yin. Souvent, nous sommes même mal à l’aise de recevoir, n’est-ce pas? Il en est ainsi parce que nous portons dans notre inconscient collectif un sentiment commun d’insuffisance. Comme si nous ne le méritions pas. Pourtant, nous sommes tous et chacun infiniment digne d’aimer et d’être aimé. Il nous suffit de retrouver ce doux geste d’ouvrir les bras pour accueillir les innombrables présents du moment.

Quand un enfant nous donne un dessin, c’est simple, tout notre être s’ouvre spontanément. Nous sommes touchés par la pureté de la délicate intention du geste. C’est un moment de grâce dans l’ordinaire du quotidien. C’est en passant par le cœur que donner et recevoir deviennent des gestes plein de sens et remplis d’amour. Donner et rece­voir à partir du cœur, c’est entrer ins­tantanément dans le mouvement de la vie. Et on en vient à ne plus savoir qui donne et qui reçoit, n’est-ce pas merveilleux? Il s’agit d’une seule et même danse. Alors ne doutons plus un seul instant de notre dignité à recevoir et à donner de l’amour, car ce mouvement aimable et aimant est notre nature profonde.

Rappelons-nous que sur le chemin du retour à l’essentiel, le plus grand des présents est notre présence. C’est si simple et si peu dispen­dieux que nous en oublions la valeur. Le don de notre présence pleine et inconditionnelle participe à la grande danse de la vie qui ne demande qu’à être célébrée. Lorsque nous osons notre présence unique et lumineuse, nous sommes un présent inestimable offert au monde entier. Il y a de quoi s’emballer, non?

Oser l’aventure du cœur

En cet instant magique de la vie, dans le ventre d’une femme, un second cœur se met à battre. Une nouvelle vie commence, et tout l’organisme dépend dorénavant de la fidélité sans faille des battements de ce cœur. Ce formidable muscle qu’est le cœur pompe deux gallons de sang à la minute et bat 100 000 fois par jour. Le cœur rythme la vie; cela, nous le savons. Mais serions-nous en train d’oublier que le cœur possède une autre clé essentielle? Celle de notre capacité de vivre heureux.

En effet, les découvertes montrent que le cœur est un organe extrêmement intelligent et sensible, capable d’interagir de façon continue avec son environnement. Contrairement à la croyance populaire, les battements du cœur sont en fait totalement imprévisibles, instables et irréguliers. En réponse aux constants stimuli provenant tant de l’intérieur que de l’extérieur de l’organisme, le rythme cardiaque peut varier entre 40 et 180 battements à la minute et changer en l’espace d’un millième de seconde. Le cœur est vivant au sens pur du terme, c’est à dire qu’il est en perpétuel déséquilibre et que son rythme fluctue sans cesse, réagissant ainsi à une multitude de stimuli. Une pure merveille! Tant d’intelligence le rend assurément digne de porter le nouveau titre de cerveau!

Pourtant, ce n’est pas la place que nous lui accordons à l’heure actu­elle dans nos façons de faire et de vivre en société. C’est plutôt le néocortex que l’on privilégie dans nos écoles, nos institutions et nos régimes politiques. Qu’est-il arrivé à notre cœur humain? Qu’avons-nous perdu en nous civilisant? Quel est le sens de cette existence dont la route commence par le miracle d’un battement de cœur? Vient un jour où l’on ne peut plus résister à l’appel du cœur. On se met alors à le suivre, à l’écouter, car lui seul connaît le chemin de l’abandon au mystère de la vie. Nous connaissons tous cette expérience du bonheur tout simple que procure notre relation au monde lorsque celle-ci part du cœur.

Il est vrai qu’ouvrir son cœur, c’est prendre un risque. Mais on a plus à perdre en le maintenant fermé qu’en osant l’ouvrir, car la contraction du cœur nous ferme à la vie et empêche son mouvement. Pour l’ouvrir, il faut reconnaître et accueillir cette fermeture. Dès cet instant, l’intérieur se détend tout doucement. Le cœur peut alors commencer à se dévoiler lentement et à oser sa vulnérabilité. Parfois, il suffit de simplement prendre conscience de nos mécanismes de défense pour que tombent les barrières qui ont jadis servi à nous protéger, mais qui nous coupent maintenant de la danse de la vie.

Lorsque, dans l’intimité, nous osons tenir tendrement nos peurs dans la douceur de notre cœur, celles-ci trouvent aisément la libération. Ouvrir son cœur, c’est aussi la route du pardon à soi. C’est faire le choix audacieux de l’amour à chaque instant.

La vie s’anime dans un cœur ouvert. On peut bien sûr éprouver du chagrin, mais pas le genre de douleur que cause la résistance. Un cœur ouvert permet de vivre en intimité avec la vie et aime tout ce qui existe. Le regard du cœur fait des miracles partout, car il permet de retrouver la connexion à soi, à l’autre et au monde. Il nous ramène ainsi à la maison, dans la profondeur de notre vraie nature d’Être d’amour et de joie. Quand le cœur s’ouvre, s’ouvrent aussi des ailes de liberté insoupçonnée. C’est grâce à la cons­cience dans notre cœur que nous retrouvons notre pleine humanité. Écoutons, dans le silence de notre poitrine, les battements de notre cœur qui réclame une grande révolution de la tendresse.

La Biodanza, pour être pleinement soi et vivant

« Je me suis intéressé à créer un système pour stimuler la joie de vivre, pour améliorer l’intégration entre l’esprit et le corps et pour renforcer le lien entre les personnes », Rolando Toro Araneda, créateur de la Biodanza.

Quand j’ai entendu ce nouveau mot, quelque chose en moi a vibré avec intensité, tel un urgent appel à vivre pleinement.

Des mois s’écoulent avant qu’enfin je participe à une soirée de cette mystérieuse Biodanza. J’ai immédia­tement la sensation de me retrouver chez moi, le genre de chez-moi que je cherche depuis longtemps. J’y suis accueillie avec une affection sincère par des gens que je ne connais pas. Il y a dans l’air un profond sentiment d’humanité ; chacun peut être simplement lui-même, en toute liberté. Puis, on se met à danser! Les musiques sont tellement belles que les participants ne peuvent pas s’empêcher de sourire face à une telle joie de vivre! J’ai l’impression de renaître…

Qu’est-ce que la Biodanza?
Son nom vient de Bios qui signifie vie, et de danza, qui signifie mouvement plein de sens. L’union de ces deux mots forme un mot au sens poétique de « danse de la vie ». aux autres approches de développement humain, la Biodanza ne s’intéresse pas à nos problèmes, à nos blessures ni à nos maladies. Au contraire, ce système révolutionnaire vient stimuler la partie saine et lumi­neuse de notre être et nous brancher intensément sur cette pulsion de vie qui nous est naturelle. Il améliore la santé et revitalise la joie de vivre, tout en réduisant stress et anxiété. La Biodanza nous permet de devenir pleinement ce que nous sommes tout en nous reliant de plus en plus intimement à la vie en enrichissant la qualité de nos relations et en nous montrant le chemin de la connexion à soi et à l’autre.

Rolando Toro Araneda a créé un système précis, une véritable pédagogie de l’art de vivre, fondé sur la vivencia. Ce concept et outil fondamental de la Biodanza désigne un état particulier de présence à soi, une sensation intense et émouvante d’être vivant dans l’instant. Au gré des vivencias, une alchimie s’opère, nous permettant de dissoudre nos conditionnements et de laisser de côté nos inhibitions mentales. Nous pouvons alors toucher au sacré de la vie.

Une séance de Biodanza est une joyeuse célébration de la vie! Elle se déroule comme un voyage au cœur de soi dans la sécurité d’un groupe, en suivant le fil d’une thématique. Le mental se tait avec révérence devant le plaisir de notre corps, lequel retrouve son mouvement naturel. Le professeur-facilitateur propose des dynamiques de mouvement sur musique que chacun réalise suivant son ressenti.

Par la danse, la musique et les situa­tions de rencontre dans le groupe, la Biodanza permet de stimuler cinq grandes potentialités humaines : vitalité, affectivité, créativité, sexualité et transcendance.

Grâce à ses effets psychologiques, bio­logiques et physiologiques, la Biodanza est reconnue pour avoir un effet puissant sur la santé, le bien-être et la communication.

Pratiquer la Biodanza, c’est prendre la chance de tomber amoureux de la vie! Venez vivre cette expérience accessible à tous! Nul besoin de savoir danser!

Au début des années 1960, le psychologue et anthropologue chilien Rolando Toro Araneda (1924-2010) travaillait dans un hôpital universitaire lorsqu’il a la formidable intuition de faire danser les patients souffrant de troubles psychiatriques. Il était loin de se douter que de cette simple expérience naîtrait la Biodanza, une pratique qui allait se répandre de par le monde et rendre les gens plus heureux de vivre.