Le plan de carrière fait diminuer l’anxiété au travail

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir plus fatigué qu’à l’habitude, de manquer de concentration ou même de vivre de l’insomnie en pensant à votre travail? Saviez-vous qu’il s’agit là de symptômes d’anxiété? En gestion de carrière, le manque de planification contribue à engendrer de l’anxiété en raison de la confusion par rapport aux décisions à prendre, des doutes qui planent sur votre avenir et de la confiance en vous qui n’est plus toujours au rendez-vous. Ces questionnements, souvent créés par des sentiments de peur, d’inquiétude ou de crainte que vous nourrissiez face à l’avenir, font malheureusement de plus en plus partie du quotidien des professionnels aux horaires trop bien remplis…

Indécision par rapport aux choix de carrière
Tout d’abord, au moment de choisir leur cours, à la fin de leur secondaire, les jeunes se trouvent face à plus de 500 domaines d’emplois possi­bles. Les universités ne cessent de multiplier le nombre de programmes qu’elles offrent, et les entreprises cherchent à se montrer créatives en imaginant de nouveaux titres professionnels et mettent en place des stratégies captivantes pour recruter les meilleurs candidats sur le marché du travail. En tant que professionnel, vous êtes sollicité de toutes parts et, si vous n’y portez pas attention, votre boussole peut facilement perdre le nord…

Par exemple, dans son article du journal Les Affaires du 10 février dernier, Julien Brault laissait entendre qu’il n’y avait pas d’avenir en informatique et que « savoir programmer ne sert à rien ». D’autres études (p. ex., France Stratégie) prédisent que les métiers du futur seront en lien avec le service aux personnes (aide-soignant, enseignant, aide à domicile). Qu’en pensez-vous?

Est-ce une raison pour modifier vos choix de départ? Je ne compte plus le nombre de personnes qui m’ont raconté que, après avoir consulté un conseiller en orientation, elles se sont vu remettre une liste de métiers­ sans pouvoir obtenir le soutien nécessaire pour prendre LEUR décision et établir un plan stratégique. Elles se sont retrouvées éparpillées, bloquées, incapables d’avancer… Plus anxieuses qu’au départ, elles se sont rendu compte que le plus vite elles prendraient LEUR décision, le mieux cela vaudrait pour elles.

On s’entend donc pour dire que, lorsque vient le temps de faire une planification de carrière, le défi n’est pas le manque d’information! Au contraire, il y en a tellement que c’est le principal piège qui fait naître la confusion. Ces informations provenant de l’externe détournent l’attention de ce qui est vraiment important : vous, vos passions, vos talents, vos intérêts et, surtout, votre volonté!

Avoir un plan fait diminuer les doutes
Ce tourbillon d’informations peut être calmé par la prise de décisions à court, moyen et long terme qu’impose l’élaboration d’un plan de carrière ou d’une stratégie de gestion de carrière. Bien que personne ne possède de boule de cristal, le fait de cibler un domaine et de cerner les champs d’expertise qui vous intéressent aidera à établir vos priorités, à classer l’information et à prendre vos décisions par rapport aux choix que vous aurez à faire dans votre quotidien (formation, perspectives d’emploi, réseautage, etc.).

Pensez-y, tout le monde a un destin, mais encore trop peu de personnes prennent la décision de le suivre, par peur de déplaire, de décevoir ou, pire encore, par crainte du « qu’en-dira-t-on ». Et si la solution était de vous offrir un moment de réflexion pour évaluer vos options? Et si ça ne consistait qu’à vous arrêter pour faire des choix et honorer qui vous êtes?

Et, si tel était le cas, quel serait le meilleur moment pour vous de commencer?

Compostelle : rentrer chez soi

L’idée de faire Compostelle me trottait dans la tête depuis plusieurs années. Un projet de retraite, me disais-je!

Puis, un évènement inattendu vint chavirer ma vie, jusque-là assez tranquille, et l’urgence de rompre avec mon train-train quotidien se fit sentir. L’idée de marcher Compostelle refait surface. Je décide donc d’entreprendre des démarches pour actualiser mon projet.

Ma première démarche est d’assister à des réunions d’information données par l’Association du Québec à Compostelle – outaouais@duquebecacompotelle.org. Quelques rencontres, et ma décision de partir était prise. Mon deuxième pas est de me choisir une date de départ. On était en septembre – je décidai de partir à la fin mai. Je marchais déjà régulièrement, mais à partir de ce moment, je me fis un devoir de marcher une heure ou deux chaque jour. Au prin­temps, je commençai à marcher avec un sac à dos en y ajoutant graduellement du poids. Le dernier mois, je m’étais procuré une bonne chaussure de marche et je marchais avec un sac à dos pesant près de 10 kilos, le poids suggéré. Je devais choisir avec parcimonie les items (vêtements, articles de toilette, sac de couchage, souliers, etc.) dont j’aurais besoin. Je partais de St-Jean Pied de Port, en France, avec la ferme intention de me rendre à St-Jacques de Compostelle en quarante jours. Je m’étais procuré un petit guide indiquant tous les endroits, avec kilométrage et divers coûts, où l’on peut s’arrêter pour manger, dormir, visiter, etc. L’étude attentive de ce guide me donnait la certitude d’atteindre mes objectifs.

J’avais décidé de partir seule malgré les personnes qui tentaient de m’en dissuader. J’avais rencontré une dame un peu plus jeune que moi – j’avais alors 64 ans – qui avait fait le Chemin seule, en toute quiétude. Je partis donc seule; je ne l’ai jamais regretté!

Quel beau défi! Les premières journées ont peut-être été, mentalement plus que physiquement, difficiles – la peur de l’inconnu me han­tait un peu; puis, après quelques jours, la peur s’estompa, et la paix s’installa doucement en moi. Je faisais aussi de belles rencontres, et des échanges riches en décou­laient. Bon nombre de pèlerins font le Chemin pour repenser leur vie. Les confidences ne sont pas rares, et l’écoute doit être présente. Comme je suis plutôt de tempérament introverti, certaines confidences faisaient monter en moi des émotions réprimées que je me devais de regarder en face!

Il y eut bien quelques impondéra­bles : le froid du matin les premières semaines, la chaleur qui s’installa et la pluie par moments. À cela s’ajoutaient : la marche, les sentiers, la traversée des villes et villages, la nourriture, les refuges pour coucher. Mais quelle satisfaction le soir arrivé!

Tout au long du chemin, des choix s’imposent, comme dans la vie, d’ailleurs! Prendre un recul pour me redécouvrir, réfléchir avant d’entreprendre une nouvelle étape de ma vie, même si cela devait réveiller des émotions enfouies, n’a pas été facile. Le chemin de la tête au cœur est le plus long! Mais quel beau cadeau je me suis fait! Bien sûr, différentes façons s’offrent à nous pour faire ce travail, mais pour moi, Compostelle fut mon étincelle!

Oui, il y eut des embûches tout au long du chemin. Certains sentiers sont tortueux, rocailleux, monta­gneux, mais il y a aussi des paysages à vous couper le souffle pour faire oublier un peu les obstacles. Le silence et la contemplation – tellement réparateurs – font partie intégrante de ce voyage! Le corps et l’âme en tirent de nombreux bienfaits… Malgré toutes les difficultés rencontrées, la force et la paix qui s’installent en soi et les belles rencontres que l’on fait nous réconfortent amplement pour continuer à avancer vers notre but.

Quant à moi, cette aventure m’a beaucoup fait grandir et m’a préparée à entamer ma retraite avec bonheur.

Pour terminer, j’ajouterais que des « Compostelles », il en existe plusieurs – pas toujours sur les Chemins! À chacun et chacune de trouver le sien! L’important, c’est d’être en accord avec ses choix et de se respecter dans tous les tournants où nous mèneront les pas choisis.