La maison-miroir ou le Feng shui à l’Occidentale

Toutes les civilisations ont eu leurs heures de gloire autant que leurs moments de décadence. Certaines ont été patriarcales et d’autres matriarcales. Depuis la nuit des temps, l’humanité est passée d’un extrême à l’autre, évoluant comme dans une danse : un petit pas en avant, un petit pas en arrière et un autre côté…

Le Feng Shui, tel que nous le connaissons dans notre société occidentale, est un art de la Chine ancienne qui signifie « vent et eau » et qui date d’environ 2 500 ans.

Utilisé à son origine dans les cimetières pour la disposition des tombes, il s’est étendu par la suite aux demeures des vivants, abordant la maison sous l’angle de l’énergie vitale.

Cette notion d’énergie vitale est importante quand on sait que la qualité de l’énergie qui circule dans une maison peut affecter notre bien-être en tant qu’habitant. Mais encore faut-il adapter cette discipline à l’être humain de notre époque et surtout à notre mode de vie et de pensée occidentale.

C’est ce que propose la « maison-miroir » ou le Feng shui à l’Occidentale qui est un prolongement et une réactualisation du Feng Shui traditionnel.

Son principe de base consiste à harmoniser la circulation de l’énergie dans une maison (ou un bureau) et à équilibrer les polarités (Yin/Yang ou Féminin/Masculin). Son originalité vient du fait qu’il considère notre maison comme étant un moyen de mieux se connaître et ainsi mieux comprendre comment y harmoniser l’énergie et la polarité. En effet, s’ouvrir à l’image-miroir que nous renvoie notre maison permet d’établir une relation consciente avec celle-ci. Elle invite à se questionner pour découvrir pourquoi nous vivons dans telle type de maison plutôt qu’une autre. (Le concept de la maison-miroir été créé par Luc Antoine, architecte et auteur du livre La maison-miroir ou le Feng Shui à l’Occidentale paru aux éditions De Mortagne.)

Pour mieux comprendre ce principe, nous nous baserons sur la polarité et prendrons comme exemple le cas d’une maison « ouverte » et d’une maison « fermée ».

Une maison « ouverte » pourra être caractérisée par les éléments suivants : maison à 1 niveau, grandes fenêtres, absence de clôture entourant le terrain, pas ou peu de séparation entre les pièces, pas d’entrée, salon donnant directement sur la rue, etc.

En positif, ce type de maison renverra à ses occupants des qualités d’ouverture, d’écoute et d’accueil envers les autres. En négatif, ils pourront avoir tendance à se disperser et avoir des problèmes de concentration.

Une maison « fermée » pourra être caractérisée par les éléments suivants : maison à plusieurs niveaux, petites fenêtres, clôture importante entourant la maison, présence d’une entrée, pièces séparées les unes des autres, etc.

En positif, ce type de maison reflètera à ses occupants des qualités de concentration et une capacité à ne pas se laisser influencer facilement et à délimiter leur propre espace. En négatif, ils pourront avoir tendance à se refermer sur eux-mêmes et à rejeter les autres.

Comme on peut le voir dans cet exemple, la maison renverra une image qui sera le reflet de l’état intérieur de ses occupants.

En apprenant ainsi à communiquer avec sa maison et à décoder les messages qu’elle nous envoie (au travers de sa forme, mais aussi de ses « incidents » tels que : fissures, inondations, humidité, problèmes de ventilation, égouts bouchés, coupure de courant, etc.), nous pourrons alors ressentir quelle qualité nous devons développer pour rééquilibrer notre énergie et celle de la maison.

Il ne restera plus alors qu’à passer à l’action en toute conscience en faisant les transformations souhaitées (peinture, réaménagement de l’espace, agrandissements, etc.).

Dans notre exemple de la maison « ouverte », il pourra s’agir simplement de déplacer quelques meubles pour canaliser l’énergie, repeindre telle pièce d’une couleur chaude, éventuellement créer un espace pour symboliser l’entrée. Dans le cas de la maison « fermée », il suffira d’améliorer l’éclairage de l’entrée ou de la repeindre d’une couleur claire pour qu’elle soit plus accueillante.

Aucune maison n’est parfaite et pour qui s’intéresse à ses messages, elle devient alors un terrain de jeu riche en prises de conscience. Seul notre désir de nous améliorer et de comprendre l’image-miroir qu’elle nous renvoie fera naître en nous une créativité insoupçonnée. Celle-ci nous permettra alors de transformer notre maison en un lieu vivant qui nous ressemble en profondeur.

Trouver sa vie dans les mots de nos morts

Quand j’ai commencé ma réflexion autour des mots et de leur place dans ma vie, je me suis mise à penser à des phrases, des proverbes. J’ai revu ma grand-mère me répéter « pierre qui roule n’amasse pas mousse ». On aurait dit qu’elle avait un proverbe pour tout et ces phrases lui donnait le pouvoir absolu d’avoir toujours raison. Souvent, je n’étais pas d’accord avec ces phrases, je vivais même de la colère. Certaines étaient absurdes comme « tu comprends vite, mais il faut t’expliquer longtemps » ou celles en créole, particulièrement reliées au drame de l’esclavage « chien marréi cé pour batte » (qui signifie « le chien est attaché pour se faire battre »). Ma mère, elle, répétait souvent qu’elle avait hâte qu’on s’en aille et qu’on lui « lâche les baskets ». Mon père lui, m’avait dit à plusieurs reprises, « je n’ai jamais eu la fibre paternelle, je ne risque pas d’avoir la fibre grand-paternelle ».

Des phrases comme ça, ça laisse des traces sur ceux et celles qui les reçoivent. Et bien sûr, j’ai longtemps cru qu’il était impossible de voyager et de gagner de l’argent en même temps. Voyage ou argent, il fallait choisir.

Puis j’ai détesté l’impact de certaines de ces formules sur ma perception de ma propre vie. Je me sentais coincée entre la loyauté à ma famille et mon besoin de me libérer du poids de ces mots qui pesaient lourdement sur mon présent.

Toute ma vie, j’avais cherché des réponses. On aurait dit que j’étais née avec un point d’interrogation dans la tête. Ce qui est finalement plutôt vrai, ma naissance reste pour moi un mystère, mais je suis là, désirée ou pas, je suis vivante, merci maman de m’avoir transmis la vie.

Mes recherches généalogiques ont pour un temps étanché ma soif de comprendre. Très vite, mes explorations ont plafonné. Puis, la psychogénéalogie m’a alors permis de prolonger mes recherches et permis de faire des liens.

Peu à peu, je prenais conscience des loyautés invisibles et des transmissions dans mon arbre, le fameux génosociogramme faisait son travail. Mais à chaque palier de ma « quête », je me heurtais toujours immanquablement à un mur. Ma documentation s’épaississait, mais ma soif était toujours là comme une addiction impossible à satisfaire. Pourquoi? Les mots.

Les mots agissent comme des fantômes et parfois même comme des vampires. Les générations nous précédant les véhiculent et nous nous retrouvons hantés par la sensation que notre vie ne nous appartient pas. J’étais encore passée à un nouveau mur, sans m’en rendre compte. Comment dépasser les traces de ces mots sur ma vie et comment prendre enfin entièrement possession de ma vie?

C’est à ce moment précis que j’ai découvert la métagénéalogie de Alexandro Jodorowsky et Marianne Costo. Un de ces livres qu’on dévore, nourriture très riche, qui nourrit comme un triple cheese burger, mais santé, avec de la viande bio et de la farine sans gluten! Une réponse claire et des outils, de vrais outils, solides. On accède enfin à un niveau de conscience plus puissant. Et avec ce niveau, on reprend le pouvoir. Le pouvoir de résoudre enfin sa propre équation, l’équation de sa vie à travers celle de son arbre. Mon esprit de mathématicienne était aux anges et l’art n’était pas en reste puisque toute la partie esthétique et artistique de cette résolution passait par une créativité sans limites. Merveilleux. Une discipline qui réunit les deux, la créativité et la science.

Plongée dans la méta, j’en avais presqu’oublié la peinture! J’étais tombée dans les nœuds, les triades, les centres et surtout j’avais fait quantité de liens avec le tarot. Épées, coupes, bâtons et deniers prenaient un sens complètement nouveau et en plus, cela m’aidait à comprendre cette insatisfaction constante qui m’avait toujours poussée à aller de question en question, sans jamais trouver de réponse satisfaisante. La science ne suffisait donc pas, il fallait aussi de l’art.

Alors, si vous commencez par faire l’inventaire des mots, phrases et proverbes qui vous viennent de votre famille, parents, grands-parents et arrière-grands-parents, puis si vous essayez de comprendre le pourquoi de leurs mots, vous allez commencer à encore mieux comprendre vos véritables peurs à vous, vos obstacles et vos murs. C’est en comprenant les peurs et frustrations qui se cachent derrière les mots de votre famille, que vous allez commencer à les comprendre en tant que personnes distinctes de vous. Et en les comprenant, vous allez commencer à comprendre votre vie et à reconnaître les morceaux qui sont à vous et les morceaux qui ne sont pas à vous.

Qui sait, dans le processus, vous allez peut-être réussir à aimer vraiment ceux et celles qui les ont véhiculés. Certes, ils ont marqué votre vie peut-être très négativement, mais en acceptant de les comprendre, vous allez trouver le pouvoir de pardonner. Ce pardon donné librement contribuera à la guérison de votre arbre et aidera sensiblement vos descendants à s’épanouir loin de ces mots.

Alors, vive les mots, ils sont vos premiers indicateurs, vos premiers phares, plus ils sont douloureux, plus profonde est la connaissance cachée derrière.

Et dans la connaissance… il y a l’énergie, l’énergie vitale.

Les livres de la vie

« Ça sert à quoi, une vie? Quelle est notre raison d’être? Pourquoi sommes-nous sur terre? C’est une importante question à laquelle il vaut la peine de répondre! Bien des experts s’affairent à nous donner toutes sortes de raisons sans pourtant nous satisfaire complètement… Mais malgré le fait qu’ils soient tous bien impressionnants, tous ces livres importants, ce qui m’importe le plus, ce sont plutôt les divers livres de la vie que chacun de nous contient en lui. » Pour ceux et celles qui n’étaient pas à notre antenne à la parution du dernier Cheminement, ce sont les mots par lesquels j’introduisais la thématique de cette chronique.

« Les livres de la vie » vous invite, vous, lecteurs et lectrices, à participer à un concours bien spécial : résumer en quelques mots (de 500 à 1 500, pour être plus précis) le sens de votre vie individuelle. En plus de lancer cette invitation à vous tous, j’ai aussi invité quelques amis en particulier à contribuer leur version : « Leur livre de la vie ». J’attends leurs réponses et j’espère que nous verrons bientôt ce que ça donnera!

Entre-temps, je vais commencer par partager avec vous le sens de ma vie à moi… Permettez-moi de débuter par souligner que j’ai toujours été préoccupé par cette fameuse question : elle sert à quoi ma vie? En ce qui me concerne, ma vie à moi, elle a servi (et continue de servir) à souligner le fait que – malgré les apparences – nous habitons tous plusieurs dimensions à la fois. C’est d’ailleurs le thème d’un livre que je m’affaire présentement à terminer. Il s’intitule « Kundalini Karma ». Son sous-titre : les aventures érotiques d’un mystique bien ordinaire…

Hé oui, j’ai bien dit des aventures érotiques… Si vous vous demandez qu’est-ce que l’érotisme peut bien avoir à faire avec la spiritualité, je dois m’empresser de préciser que, pour moi, la vie, l’érotisme, les dimensions parallèles et la spiritualité, c’est la même chose.

Voilà donc l’essence de mon « évangile » à moi : nous sommes sur terre pour jouir de la vie terrestre. Et l’expérience de cette vie terrestre, on en aborde la découverte au moyen de notre premier plexus : celui que les textes védiques appellent la racine, c’est-à-dire notre sexe. Ce n’est pas par hasard non plus que la psychanalyse appelle l’éros la pulsion de vie.

Tout cela pour préciser que lorsque je parle d’érotisme, je parle de spiritualité vécue à tous les niveaux de notre existence. Ce vécu, il s’exprime par la voie d’une énergie vitale qu’on appelle : esprit, âme, élan vital, etc. Moi, je préfère le terme Kundalini parce qu’il nous permet de contourner bien des idées préconçues d’origine chrétienne. J’aime aussi le terme Kundalini parce qu’il a des connotations sexuelles qui affirment que notre énergie vitale est… vitale. C’est-à-dire qu’elle s’exprime à tous les niveaux de notre être, qu’elle peut nous pogner par les tripes et nous faire sentir sa présence lors de toutes sortes de contacts. Même des contacts viscéraux et apparemment « non spirituels » tels des échanges érotiques anonymes et passagers. En d’autres mots, notre énergie kundalini est toujours là, toujours présente, toujours prête à surgir, toujours vitale.

Dans mon cas, ma vie à moi a été, pendant bien des années, une bataille quasi constante entre mes pulsions vitales (ma kundalini) et ce que je croyais être ma spiritualité. Comme tout bon petit catholique, j’avais accepté le grand mensonge : que le sexe et la spiritualité étaient deux pulsions opposées, qu’il fallait résister à l’un pour accéder à l’autre.

Heureusement pour moi, il fut un moment où cette charade pseudo-spirituelle a enfin été mise en évidence… Ma libération a commencé en 1969 lorsque j’ai découvert « la métaphysique ». (Les enseignements particuliers auxquels je fais ici allusion étaient offerts par un organisme qui s’appelait la Société bartonienne de métaphysique. Cette société fut très importante pour moi, car elle domina mon existence jusqu’à sa disparition en 1984.)

Peu importe les détails, toujours est-il que mon évolution spirituelle fut soudainement accélérée par la découverte de ce groupe de métaphysiciens. Quel plaisir de découvrir un groupe de « maniaques » qui, comme moi, s’étaient sentis isolés dans leur cheminement spirituel… Quel soulagement d’apprendre que nous n’étions pas seuls à combattre nos fantômes! Nous étions en fait toute une génération à remettre en question les préceptes d’un catholicisme archaïque, d’un christianisme périmé, d’une spiritualité erronée.

C’est au sein de cette métaphysique dite bartonnienne que je commençai à explorer le monde des phénomènes psychiques. Je découvris, entre autres l’importance des rêves spirituels, du visionnement d’auras et de la projection astrale. On y mentionnait aussi le yoga et l’énergie kundalini.

Vu mon cheminement particulier, l’approche kundalini me plut dès le départ. Enfin une spiritualité émancipée, une spiritualité qui expliquait que l’énergie vitale se manifeste sous plusieurs formes en commençant par l’érotisme et la sexualité. Allais-je enfin pouvoir réconcilier mes deux pôles opposés? Ma réponse à cette époque? Oui et non.

Oui, j’allais enfin pouvoir commencer à réconcilier mes pôles opposés… parce que la kundalini présentait l’énergie dans un contexte inclusif : on admettait la présence d’une énergie universelle qui, en soit, n’est ni « bonne » ou « mauvaise », elle existe.

Mais malheureusement, cette introduction au kundalini allait aussi me désappointer parce qu’elle était enseignée par des individus qui, comme moi, étaient encore sous le joug d’un christianisme erroné. Nos enseignements étaient inclusifs, mais notre comportement affirmait le contraire. Consciemment, on acceptait toute énergie comme étant neutre, mais émotivement on continuait de penser que nos besoins physiques étaient inférieurs et moins spirituels.

Heureusement, cette situation allait changer de façon dramatique en 1973. Nous allions vivre une série d’événements uniques qui allaient complètement transformer notre vécu et radicalement changer notre perspective. Ces événements furent si dramatiques qu’ils continuent d’influencer ma vie à moi, et ce, même 30 ans plus tard. J’ai aussi découvert depuis que plusieurs autres individus (et même des organisations) ont vécu une transformation semblable durant ces mêmes années.

C’est de ces événements bizarres que j’ai l’intention de vous parler lors de notre prochaine chronique. Je parlerai aussi du fait que le cheminement amorcé à cette époque fut accéléré de façon considérable pour moi lors de deux autres événements psychiques majeurs. Un de ces événements eut lieu en 1981 à la tombe de Tutanhkamen, l’autre est survenu lors d’un massage érotique en 1995. Tous deux m’ont offert des preuves irréfutables que l’énergie kundalini existe et qu’elle est puissante, transformatrice et… merveilleuse.

Au plaisir de communiquer de nouveau avec vous lors du prochain Cheminement. Entre-temps, n’oubliez pas de nous écrire et de partager avec nous votre cheminement, votre livre de la vie.

Au plaisir de vous lire!

Choisir le bonheur

Plus doux que tous les sons est le son de ta voix Oh! toi que j’aime.

Les vibrations sonores nous entourent, nous enveloppent, nous affectent au plus profond de notre être. Le son guérit, apaise, stimule et nous ne pouvons échapper à son influence.  Nous pensons parfois qu’il est extérieur à nous, mais chacune de nos cellules est affectée et transformée par les sons et leur fréquence vibratoire. Par mimétisme, notre cerveau se met au diapason des fréquences qu’il enregistre et il vibre en conséquence.

Parmi tous les sons de l’univers, celui qui nous est sans doute le plus familier est celui de la parole humaine. Il nous accompagne de notre naissance à notre mort et nous est tellement nécessaire qu’en son absence, nous nous surprenons parfois à « parler tout seul » ou bien, nous allumons la télévision « pour avoir de la compagnie ».

Dans une recherche sur l’influence de la voix d’une mère enceinte sur son fœtus, on relatait les résultats suivants : lorsque la mère parlait à son futur enfant avec amour lui disant son désir de le voir naître, le cœur du fœtus s’accélérait, son énergie vitale augmentait. Lorsque la mère disait à son enfant qu’il n’arrivait pas au bon moment et qu’elle ne le désirait pas, le cœur du fœtus ralentissait et ses signes vitaux diminuaient. Les sons d’amour sèment la vie. Les sons de haine détruisent l’énergie vitale.

Je suis persuadée que cette influence des paroles d’amour continue durant toute notre vie. Des compliments, un mot gentil ou tendre, nous donnent de l’énergie et le goût de vivre grâce à la haute fréquence de leur vibration. Des propos délibérément méchants, des commentaires négatifs diminuent notre énergie vitale par la basse fréquence de leur vibration.

Les sons nous affectent, que nous soyons émetteur ou récepteur de ces sons.  Souvenez-vous que l’amour guérit celui qui le donne autant que celui qui le reçoit. Il est donc important de fleurir notre vie de sons doux et harmonieux, de mots de joie, d’amour et d’appréciation. Et souvenez-vous que vous êtes la personne que vous entendez le plus souvent.

Un vieux proverbe dit que la parole est d’argent, mais que le silence est d’or. Nous avons besoin de silence, pour entendre notre propre voix intérieure, et il est certain que le silence est précieux, mais parler nous est nécessaire aussi, vitalement nécessaire.

Si on regarde la racine du mot expression, on voit qu’il est fait de deux mots : ex qui veut dire fini, terminé et pression qui veut dire poids, pesée. S’exprimer, c’est laisser sortir la pression.  Le choix alternatif est la répression qui consiste à contenir à l’intérieur ce qui bouillonne en nous. Et la répression conduit directement à la dépression. Exprimer qui nous sommes est un besoin vital. La parole nous a été donnée pour exprimer, exprimer nos émotions, exprimer nos pensées, exprimer nos désirs, exprimer notre amour, siffler, chanter, pleurer, rire, crier et manifester l’entièreté de notre registre émotionnel. Tous ces sons manifestent qui nous sommes et participent à notre bonheur, à notre vitalité, à notre goût de vivre. Même les ermites parlent sans cesse à Dieu pour exprimer tout leur amour.

Lorsque vous vous sentez stressé ou déprimé, chantez, chantez à pleins poumons et vous verrez que cette activité vous laissera bien mieux dans votre peau. Si vous chantez mal, souvenez-vous que « si seuls les meilleurs des oiseaux chantaient, les bois seraient bien silencieux ». Il y a de la place pour le chant de chaque oiseau dans la nature. Le vôtre aussi y a sa place!

Une autre source de bien-être est de pouvoir parler à cœur ouvert à quelqu’un qui nous écoute, ou, d’écouter sans jugement quelqu’un qui nous parle de ce qu’il est vraiment. Je me souviens d’un client dont l’épouse était morte depuis quelques mois. Il s’était montré courageux, n’avait pas pleuré, s’était mis à la tâche de prendre soin des enfants, de la maison, etc. Et, après tous ces efforts, il s’est retrouvé dans mon bureau en « burn-out ». Je lui ai simplement dit, avec compassion : « Comme vous devez être triste! ». Et il s’est mis à pleurer, pleurer, comme une fontaine. Lorsqu’il est parti, il m’a dit : « J’ai l’impression de peser trente livres de moins ». Cette composante de l’être humain, la tristesse, elle aussi, a besoin de s’exprimer, elle a besoin d’un son. Certaines cultures engagent des « pleureuses » lors des décès parce qu’elles reconnaissent l’importance d’exprimer verbalement toute la gamme des émotions.

Parler, rire, pleurer, crier. Que de tabous face à toutes ces activités sonores : « Il ne faut pas parler trop fort », « les hommes ne pleurent pas », « les enfants sont faits pour être vus et non entendus », « ça ne se fait pas de crier », « il ne faut pas déranger les autres ». Sans doute est-ce pour cela que la dépression est si répandue. Il faut vite oublier toutes ces interdictions. Vivre à plein, vivre heureux, c’est parler, chanter, rire, crier, pleurer. S’exprimer et non se réprimer. C’est s’entourer de sons joyeux, harmonieux, vivants. Les nôtres et ceux des autres. Le bonheur, c’est de participer à la musique de la vie. Le bonheur, c’est écouter l’harmonie dans l’univers et l’apprécier. Le bonheur, c’est de faire entendre sa voix de participant dans cette symphonie extraordinaire.

Petits conseils

  • Parlez pour vous dire ce que vous voyez de beau autour de vous.
  • Parlez pour dire aux gens ce que vous aimez d’eux.
  • Chantez quand vous êtes stressés. Chantez quand vous n’êtes pas stressés. Chantez quand vous êtes tristes. Chantez quand vous êtes heureux. En bref, chantez.
  • Riez. Riez du fond du cœur. Riez souvent. Riez beaucoup. Ne riez pas des gens, mais riez avec les gens.
  • Pleurez quand vous en avez besoin et n’ayez pas peur de pleurer fort.
  • Parlez fort quand vous en avez envie et que c’est approprié.
  • Faites du bruit, exprimez-vous, prenez votre place.
  • Partagez vos soucis avec des gens qui sont prêts à vous écouter et à vous comprendre.
  • Ne blâmez pas les autres ou les événements, ne répandez pas de commérages. Ces sons négatifs écorchent vos oreilles autant que celles des autres sans produire de résultats.
  • Répandez les mots d’amour, d’encouragement, de joie, d’espoir, c’est musique aux oreilles humaines, ça donne de l’énergie et c’est beaucoup plus efficace que de blâmer ou de critiquer.

Découvrir ce qui donne une âme à sa maison

En pénétrant dans une maison (le terme maison englobe ici tout lieu de vie ou de travail), on peut parfois arriver à ressentir l’énergie qu’elle dégage. On peut même y ressentir la vie. Cette notion d’énergie vitale est importante quand on sait que la qualité de l’énergie qui circule dans une maison peut affecter notre bien-être en tant qu’habitant.

Cette notion d’énergie, appelée Feng Shui (mot qui signifie « vent et eau ») n’est d’ailleurs pas récente puisque les Chinois l’utilisait déjà il y a 2 500 ans dans les cimetières pour la disposition des tombes. Ce n’est que plus tard qu’il s’est étendu aux demeures des vivants, abordant la maison sous l’angle de l’énergie vitale.

L’énergie vitale! Car il s’agit bien ici de vie! Ne serait-ce pas cette vie qui confère à la maison sa propre couleur, son ambiance, son essence, son âme!

Mais comment rendre une maison vivante?

Habiter une maison, c’est avant tout considérer son lieu de vie (ou de travail) comme un « être vivant » avec qui l’on va entamer une relation à plus ou moins longue échéance. Comme on ne rencontre pas quelqu’un par hasard, on n’habite pas une maison par hasard. Dans cette optique, il peut être intéressant de se demander pourquoi l’on vit dans tel type de maison plutôt qu’un autre et de considérer notre maison comme une image-miroir de nous-mêmes.

Le phénomène miroir part du principe qu’on ne peut être « touché » que par quelque chose qu’on porte en soi, et que toutes les personnes que nous rencontrons ~ et situations que nous vivons ~ ne sont pas le fruit du hasard.

Qu’elles soient agréables ou désagréables, elles nous reflètent, comme un miroir, les bonnes et les moins bonnes parties de nous-mêmes (pour en savoir plus sur le phénomène miroir, voir le livre de Pierre Lassalle « Astrologie et relations humaines » aux éd. de Mortagne).

En ce qui concerne la maison, c’est la même chose. Notre maison est porteuse de « qualités » et de « défauts » dont nous sommes également porteurs intérieurement.

Aussi, pour rendre une maison vivante, il faut que la relation habitant/maison soit vivante, c’est-à-dire qu’on accepte de s’ouvrir à l’image-miroir qu’elle nous renvoie de nous-mêmes.

Pour cela, on peut regarder comment l’énergie y circule. Est-elle trop rapide ou trop lente? Au niveau de la polarité, notre maison est-elle plutôt ouverte ou plutôt fermée? Une maison « ouverte » pourra être caractérisée par les éléments suivants : maison à un niveau, grandes fenêtres, absence de clôture entourant le terrain, pas ou peu de séparation entre les pièces de vie, pas d’entrée, salon donnant directement sur la rue, etc. Une maison « fermée » pourra être caractérisée par les éléments suivants : maison à plusieurs niveaux, petites fenêtres, clôture importante entourant la maison, présence d’une entrée, pièces de vie séparées les unes des autres, etc. Comment les pièces s’organisent-elles les unes par rapport aux autres? Y a-t-il une entrée? Est-elle petite et sombre ou grande et lumineuse? La cuisine est-elle plutôt à aire ouverte donnant sur le salon ou indépendante et fermée? Etc.

Ainsi, après avoir énuméré les « qualités » et « défauts » de notre maison, nous pourrons essayer de voir en quoi nous portons ces mêmes qualités et défauts. Dans notre exemple de maison « ouverte », cela pourra renvoyer en positif aux occupants des qualités d’ouverture et d’accueil. En négatif, ils pourront avoir tendance à se disperser ou à se laisser envahir par les autres n’osant pas leur imposer certaines limites.

Dans le cas d’une maison « fermée », l’image positive du lieu pourra renvoyer aux occupants par exemple des qualités de concentration et une capacité à délimiter leur propre espace. En négatif, ils pourront avoir tendance à se refermer sur eux-mêmes et à rejeter les autres.

C’est en faisant cet effort de se découvrir grâce à l’image-miroir que nous renvoie notre maison qu’il se crée alors un lien privilégié avec elle. Connaissant nos points forts et nos points faibles, nous pourrons alors entamer en toute conscience des transformations dans notre maison en fonction de nos transformations intérieures. Ainsi, en décidant de transformer tel défaut ou de développer telle qualité, nous saurons comment transformer notre maison de façon harmonieuse puisque cette transformation fera écho à notre être intérieur.

Et c’est de cette conscience entre l’âme de la maison et l’individualité de l’habitant que naîtra une relation vivante et que notre maison deviendra vivante. Et de cette relation intime, naîtra l’harmonie.

Thierry Seurre

Thierry Seurre est technologue professionnel en architecture et consultant en Feng Shui à l’Occidentale.

Courriel : tseu@delasagesse.qc.ca

www.delasagesse.qc.ca/fengshui.htm Pour toute information, vous pouvez le joindre au 450 670-3573

Développer la conscience du corps que l’on est

Dans nos sociétés modernes, nous baignons dans une culture où l’image a pris le dessus sur tout. Notre regard est tourné davantage vers l’extérieur des choses et de nous-mêmes.

Nous sommes tous piégés par le jeu des apparences, par le « look » qui accordent une si grande importance au « corps-objet » qui est dressé au détriment de l’intelligence du « corps sensible », du CORPS QUE L’ON EST. Peut-être parce que ce dernier est la face cachée de notre réalité, comme celle de la lune qui tourne le dos à la terre. C’est vrai que les yeux sont fortement impliqués dans le développement moteur; placés sur le devant du corps, ils sont constamment sollicités. Nous avons appris (pour les voyants) à nous fier à eux. Ils prennent le dessus sur les autres sens et plus particulièrement sur ce sixième sens qui est la proprioception : ce sens qui renseigne notre cerveau sur la position de chaque partie du corps dans l’espace.

C’est ainsi que – sans nous en rendre compte, nous nous sommes éloignés de notre ressenti et de notre sensibilité musculaire. La bonne nouvelle, c’est que, quels que soit, notre âge et notre condition physique, nous avons le pouvoir de rétablir le contact avec cette face cachée de notre corps qui se trouve en dessous de notre peau. Il suffit d’inviter notre regard et tous les autres sens à se tourner vers l’intérieur : à toucher, ressentir, écouter et à vivre autrement notre corps.

Cela est possible grâce à des mouvements lents, faciles à exécuter et qui respectent les capacités et le rythme de chaque personne. Il s’agit d’un voyage corporel qui invite à l’exploration et à la découverte de la manière dont le corps s’est organisé autour de nos secrets émotionnels.

Les participants réalisent, entre autres que toutes les émotions refoulées depuis le jour de notre naissance, ont laissé des traces sous formes de tensions dans certaines parties de notre corps. Prisonnier de ces tensions, les émotions ont contribué à le déformer, à l’éloigner de son axe. L’énergie vitale circulant moins bien, c’est ainsi que certains maux physiques tels la migraine, les maux de dos, de la nuque, les problèmes de digestion, l’insomnie et bien d’autres encore se sont manifestés.

Très souvent, pour y remédier, on aura recours aux médicaments de toutes sortes et pour retrouver la forme, on soumettra notre pauvre corps à des exercices mécaniques pour en muscler certaines parties.

Ainsi, la circulation sanguine et le système cardiovasculaire seront stimulés au détriment des muscles profonds du corps. S’acharner sur les muscles superficiels raccourcit les muscles qui se trouvent derrière, dans notre dos, ceux de la chaîne musculaire postérieure* (CMP).

La Gymnastique Émotionnelle permet, entre autres, de découvrir cette force extraordinaire située à l’arrière de notre corps. Si les muscles de cette chaîne sont raccourcis, trop hypertoniques, certaines déformations dans le corps s’imposeront : la bosse de bison, le double menton, les épaules enroulées vers l’avant, le ventre flasque, la culotte de cheval, les jambes en X ou en parenthèse, les pieds qui se déforment pour ne nommer que ceux-là. Je suis pour le sport, l’exercice en général, mais je pense qu’il est préférable de s’y adonner sans se faire violence, sans pousser le corps au maximum pensant que si ça fait mal, c’est bon signe, car nous obtiendrons de bons résultats.

Je vous propose immédiatement un petit exercice qui vous permettra de réaliser comment vous habiter votre corps :

  • Mettez-vous à plat dos sur un tapis ou sur une couverture.
  • Fléchissez vos jambes, placez vos pieds à la largeur des os de vos fesses, les ischions.

Portez maintenant votre attention sur vos pieds. Pouvez-vous sentir vos orteils, vos plantes de pieds et vos talons? Comment sont-ils? Crispés? Détendus? Peut-être qu’il y a un pied davantage en contact avec le sol. Ne changez rien. Vous explorez seulement.

  • Soulevez les orteils de votre pied droit et écartez les orteils.
  • Essayez de déposer un orteil après l’autre sur le sol sans forcer. Il est possible que ce soit difficile et que vous déposiez tous vos orteils. Vous faites seulement ce que vous pouvez et un jour – lorsque la souplesse dans les muscles de votre chaîne musculaire postérieure s’exprimera, vous y arriverez aisément.
  • Faites quelques fois ce travail du côté droit (trois à quatre fois).
  • Avant d’entreprendre le pied gauche, prenez le temps de ressentir les sensations qui s’expriment dans votre pied droit.

Vous pouvez aussi allonger vos jambes afin de vérifier si ce petit mouvement a agi sur d’autres parties de votre corps.

  • Ensuite, faites vivre l’exercice à l’autre pied. Comparez – sans jugement – si un côté de votre corps a plus de souplesse que l’autre.

Avez-vous eu de la difficulté à vous connecter à vos pieds? Ils sont si éloignés du cerveau et nous avons tendance à les négliger, voire même à les violenter. Nos pieds sont pourtant nos racines. Ils ont intérêt à bien se poser sur le sol, afin d’apporter un maximum de confiance à l’ensemble de notre corps.

Ces exercices sont une invitation à mieux se connaître et à libérer le corps des crispations inutiles et des mémoires émotionnelles encombrantes.

Ainsi, non seulement votre corps retrouvera-t-il aisément l’harmonie des formes mais encore, il vous communiquera un sentiment de plénitude de se sentir – pour la première fois peut-être – aimé et respecté. Il vous le rendra en vitalité dans tous les domaines de votre vie.

Se choisir plutôt qu’endurer

Le désir de changer quelque chose dans sa vie émane souvent d’une situation qui nous amène à vivre un malaise tellement intense qu’il nous devient impossible d’y rester. Les « moins » finissent par l’emporter sur les « plus ». Par contre, certaines situations comportent presqu’autant d’avantages que de désavantages. Les choses ne sont pas aussi claires, le malaise n’est pas nécessairement accompagné d’un désir urgent de changement, mais génère une insatisfaction assez importante. C’est dans ces sphères que notre volonté nous manque souvent quand nous visons le changement.

La roche dans le soulier

Avez-vous déjà eu une petite roche dans votre soulier? Elle ne vous faisait pas assez mal pour l’enlever, mais juste assez mal pour vous rappeler sa présence. Votre raison vous dirait d’arrêter votre marche, d’enlever votre chaussure et d’enlever la roche. Vous vous évertuiez à l’oublier, à penser à autre chose, mettre moins de poids sur ce pied, secouer votre pied pour la loger à un endroit où vous ne la sentiriez plus (solution temporaire car la roche éventuellement reviendrait là où elle se ferait sentir). Nous avons tous fait ça. Vous voyez où je veux en venir?

Ça fait mal mais pas tout à fait assez

Notre vie est souvent un soulier plein de roche. Certaines sont là depuis tellement longtemps qu’on ne les sent plus. D’autres se font sentir à travers les événements et relations qui composent notre vie. Lorsque la douleur est intense, nous sommes forcés de nous arrêter et faire quelque chose avec la « roche » peu importe la forme qu’elle prend. Mais les autres petites roches pas encore assez douloureuses elles? Vous savez les choses dans notre vie qui auraient besoin d’être transformées, mais qui ne nous dérangent pas encore assez? Celles qu’on endure?

Ma vie, un marathon?

Une bonne façon de savoir où nous avons certains blocages et où notre vie gagnerait à être améliorée est de s’arrêter et regarder quelles sont les situations que nous « endurons » en ce moment. Quand l’endurance s’étend dans le temps, notre vie prend des allures de marathon. Cela use et gruge notre énergie vitale. S’arrêter, regarder ce qui fait mal et lâcher prise sur des façons de fonctionner néfastes pour nous semblerait une chose normale et logique. Pourtant, c’est souvent la dernière chose que la plupart d’entre nous faisons. Nous sommes persuadés qu’endurer constitue une solution efficace. En fait, c’est une solution temporaire que nous avons mis en place souvent parce que nous croyons ne pas avoir d’autres moyens pour nous en sortir. Endurer une situation est en général insatisfaisant et nous éloigne de notre joie de vivre et notre créativité. Arrêter d’endurer veut dire se choisir, décider de répondre à ses besoins et aller vers une vie plus satisfaisante.

5 étapes pour mieux se choisir

1- Faites une liste écrite honnête des choses que vous endurez en ce moment : dans vos relations, au travail, financièrement, dans votre santé. Prendre conscience est la première étape.

2- Endurer une situation signifie souvent que nous passons outre certains de nos besoins importants. Comment pourriez-vous vous réengager face à vous-mêmes et votre bonheur? Tout part de vous. Sans à tout prix changer l’extérieur, votre attitude intérieure peut faire toute la différence entre endurer une situation et la choisir.

3-Allez chercher de l’aide. Sortir le problème de soi, changer sa perception d’impuissance et se connecter sur des ressources constitue des moyens efficaces.

4- Prenez conscience qu’il y a de nombreuses raisons parfois complexes au fait d’endurer une situation. De plus, il est possible que vous enduriez une situation, car vous ne savez pas exactement ce que vous voulez réellement dans la vie. Et que si vous le savez, vous ne savez pas comment l’obtenir, vous avez peur de ne pas y arriver et souvent la peur de l’inconnu vous paralyse.

5- Si pour le moment endurer une situation est plus fort que vous, ayez de la compassion envers vous-mêmes. Vous juger et vous critiquer ne font qu’aggraver les choses et augmenter votre paralysie.

Les oolongs, parfum des montagnes

C’est le matin, et la brume enveloppe toujours les versants boisés et abrupts de la montagne Ali Shan, à Taïwan. La route en lacets, étroite et surplombant des ravins vertigineux, nous fait grimper lentement à près de 2 000 mètres d’altitude. Plus l’ascension progresse, plus on aperçoit au loin, parmi la jungle de plus en plus éparse, quelques parcelles de théiers s’agrippant aux coteaux. Mais c’est l’enivrant parfum du oolong flottant dans l’air, avec ses arômes comme il n’en existe pas d’autres, qui nous guide assurément dans la bonne direction.

La famille des oolongs (ou wulongs) comprend plusieurs types de thés selon leur origine, leur variété botanique et leur méthode de fabrication. Quelques provinces de Chine ainsi que l’île de Taïwan se partagent à elles seules la quasi-totalité de la production de oolongs authentiques du monde entier. Offrant tantôt des arômes fleuris et végétaux, tantôt des notes boisées, fruitées ou encore caramélisées, ces thés semi-oxydés constituent toute la palette aromatique comprise entre les thés verts (thés non oxydés) et les thés noirs (thés complètement oxydés). Outre le taux d’oxydation oscillant généralement entre 10 % et 90 % selon les crus, s’ajoute parfois une cuisson plus ou moins intense qui en transforme alors les saveurs et les bienfaits. Ainsi, les possibilités de goût sont infinies.

L’air frais et pur des plus hautes montagnes où les conditions climatiques se prêtent à la production du thé offre les meilleurs crus de oolong. À plus de 1 000 mètres d’altitude, les plantations portant l’appellation gao shan cha (ou thé de haute montagne) sont un gage de qualité supplémentaire. C’est là que s’installent des artisans de thé passionnés. Les yeux brillants et le sourire aux lèvres, ils sont fiers de leurs créations.

À chaque saison, sur chaque versant, la météo parfois difficile des sommets pose son lot de défis et influence le goût du thé. Ainsi, dans une même région, chaque montagne donne au thé son goût caractéristique. Par exemple, à Taïwan, les thés produits sur Shan Lin Shi offrent souvent des notes d’ananas et de beurre de noix de coco, à Li Shan, de subtils arômes de pomme et de poire, à Cui Feng, des nuances parfumées de bois de rose et de chèvrefeuille. De quoi rivaliser en complexité avec les concepts de sommellerie et enthousiasmer l’amateur en quête de goûts uniques!

Outre les notions de terroir (sol, climat, exposition, etc.), ces influences s’expliqueraient aussi par certains facteurs environnementaux : les feuilles du théier possèdent cette capacité de s’imprégner des arômes environnants au jardin de thé où elles sont cultivées. Par exemple, en Chine, dans les montagnes jaunes (Huang Shan, Anhui), les orchidées sauvages confèrent au célèbre cru de thé vert Huang Shan Mao Feng des arômes floraux typiques pendant la saison de leur floraison. Au Yunnan, les arbres d’eucalyptus et camphriers des forêts donnent à certains thés Pu Er cultivés à proximité des notes médicinales rafraîchissantes. Il en est de même avec les oolongs des différentes régions de production. De plus, chaque montagne possède en quelque sorte sa propre énergie. Lorsque l’on visite ces lieux, on peut sentir la vitalité qui peut aussi influencer les thés qui y sont produits. Le Qi, l’énergie vitale, est très concentré dans les thés de qualité cultivés dans le respect de la nature. Certains endroits inspirent le calme pendant que d’autres sont plus sauvages et fougueux, ce qui est parfois ressenti, croyez-le ou non, lors de la dégustation du thé.

Si le thé en général se révèle souvent être un monde passionnant, les oolongs sont à eux seuls un véritable voyage. Je vous invite donc à vous envoler, grâce à leurs arômes et saveurs, vers les plus hauts sommets!

Danser sa vie

Saviez-vous que tous les humains sont des danseurs naturellement doués? Nous dansons depuis que nous existons! Toute la nature danse et, en dansant, la vie se célèbre et se reconnaît. Les feuilles des arbres ne peuvent s’empêcher d’onduler gracieusement avec le vent. Pourtant, notre société en se civilisant s’est sédentarisée à un point tel qu’elle s’est coupée du mouvement organique de la vie. Et si notre existence était une danse semblable à celle de l’oiseau qui vole et de la fleur qui s’ouvre? Danser fait sourire et rire toutes les cellules du corps, et nous retrouvons spontanément notre pure joie d’exister. Danser est un langage archaïque, inné en chacun de nous, qui rétablit d’emblée notre intimité avec tout le vivant.

En outre, la danse soigne sans même que nous soyons malade, puisqu’elle nous ramène à un bien-être physique et mental optimal. Depuis l’aube des temps, nos ancêtres utilisent la danse comme outil de guérison du corps et de l’âme. Elle permet à la personne dansante de se guérir en laissant le mouvement réveiller en elle l’intelligence magnifique de la vie. La pulsation de la musique nous ramène immédiatement à l’énergie vitale et à ses pulsions. La danse fait ressusciter d’emblée la mémoire corporelle des origines de notre nature : mémoires de joie, de paix, d’amour, d’appartenance. Elle contribue naturellement à éveiller la sensation intime d’être son corps et d’éprouver une profonde harmonie intérieure. Elle invite à une participation de l’être en entier. En dansant, on se sent tout de suite vivant, et la redécouverte de cet état ne cessera d’émouvoir.

Quand l’humain danse, sa présence se remplit de vie. La danse nous embrasse facilement de plaisir. Lorsque nous consentons à sa méde­cine, la grande sagesse de la vie peut faire son travail. Si la liste des bienfaits s’avère trop exhaustive pour en faire étalage, on peut dire, entre autres, que la danse contribue à l’optimisation du fonctionnement de tous les systèmes. De plus, elle aide à récupérer des parties oubliées de soi et participe à l’intégration des trois centres de notre être dans leur globa­lité : nos pensées, nos émotions­ et notre instinct. Ainsi, ma danse de vie retisse la cohérence entre ce que je sens, ce que pense et ce que je fais.

Danser provoque la transformation de l’être. La partie saine et lumi­neuse de notre être libère alors, avec une étonnante créativité, les nœuds et cuirasses qui entravent le naturel du mouvement dansé de nos vies. Quelque chose à l’intérieur de nous comprend que nous ne sommes pas ce qui nous arrive et permet au passé emmagasiné de finalement nous traverser. Le corps miraculeux peut ainsi récupérer son talent naturel pour intégrer les expériences de vie et entrer en processus de guérison au moyen du mouvement.

Danser est depuis toujours une façon privilégiée de prier et de méditer qui nous permet d’accéder à des états modifiées de conscience. Depuis toujours, la danse nous permet d’exprimer une liberté qui nous transcende et de voyager au-delà des limites de l’ego. En dansant, nous retrouvons notre participation à une dimension qui nous dépasse en nous reliant à quelque chose de plus grand que soi.

En nous ramenant à la conscience primordiale de notre source, la danse réveille une connexion émouvante de vérité et d’amour… à soi, à l’autre et au monde. Ainsi, danser est un chemin d’incarnation et d’expansion de conscience. En dansant, nous faisons l’expérience immédiate de vivre dans l’instant. Peu à peu, notre mouvement se remplit de sens : celui de la vie vivante. Nous commençons à habiter les gestes du quotidien. En montant l’escalier en présence de la sensation d’être mon corps ici et maintenant, une sensation étrange me bouleverse : on dirait qu’il se passe quelque chose de sacré. C’est que la danseuse devient la danse! Au cœur de toute cette belle nature qui bat, tournoie, valse, virevolte… danse ta vie! Danse! Danse!

Vibrer de tout son être

Vibrer, n’est-ce pas être touché? Se faire vibrer, c’est un pouvoir qui nous est donné, le pouvoir de reconnaître ce qui nous convient en tant qu’être « non conditionné » afin d’agir en fonction de notre réa­lité intérieure. Par exemple, s’il vous prend une envie d’exprimer quelque chose et que vous vous sentez jugé, une interférence ternira votre expression. Et les gens sentiront votre combat intérieur, ce qui rendra votre personne moins agréable.

La transparence et l’intégrité sont des états fondamentaux qui font vibrer votre être sans le bloquer. Pour vibrer, il faut donc apprendre à sortir du conditionnement. Un truc pour y parvenir est de vous assurer que vous parlez à partir de l’énergie du cœur. Votre cœur traduira immédiatement votre degré de transparence; il ne pourra pas réprimer vos divers sentiments d’oppression.

Cette oppression vient de l’accumulation des mémoires de l’âme, en tant que bande enregis­t­reuse de toutes vos expériences passées, bonnes ou mauvaises. Ces mémoires contiennent les valeurs du bien et du mal que vous avez imprimées. Votre âme « ressent » le bien et « ressent » le mal : elle est conditionnée par les deux. C’est pour cette raison que nous éprouvons souvent le besoin d’exprimer notre sentiment d’oppression en faisant vibrer notre âme, comme pour balayer les mémoires qui interfèrent avec notre moi pur, non conditionné.

Nous pouvons nous connecter à notre vibration sur deux plans : les sens et les perceptions extrasensorielles.

Les sens « interférence » de l’âme
Lorsque nous faisons vibrer notre âme sur le plan des sens, c’est la part de nous qui a besoin de danser, de chanter, de peindre, de se mouvoir pour ressentir son corps et le libérer du sentiment de confinement souvent lié à nos schémas familiaux. Tous les sens sont investis dans l’expression de l’âme. Nous éprouvons parfois des désirs inexplicables qui, lorsque nous osons les exprimer, nous libèrent de l’oppression. Faire vibrer notre âme est une étape intermédiaire à la liberté.

La vibration source
Sur le plan extrasensoriel, c’est notre propre esprit qui vibre. Il est notre source libre. Évidemment, tant que nos jugements, nos peurs et nos doutes interfèrent, le conditionnement bloque la fluidité de notre esprit. Pour faire vibrer notre être, il faut abandonner notre passé et être à l’écoute de l’instant présent.

Il faut plusieurs années pour atteindre un tel degré de liberté, mais dans chacune de nos vies, nous sommes à même d’identifier certains moments de grâce. Ces moments nous confirment que nous avons tous bel et bien l’aptitude innée de faire vibrer notre être sur le plan de l’esprit.

Par exemple, lorsque vous parlez à quelqu’un d’un sujet très intime et que vous vous révélez spontanément à l’autre, vous pouvez tous les deux être traversés d’un frisson. C’est la vibration de votre esprit qui s’exprime et qui vous confirme que vous avez débloqué une interférence et que vous êtes connecté à la source.

Pourquoi faire vibrer l’esprit?
Pour devenir authentique, renouveler votre énergie vitale, vous autoguérir, faire éclater toute oppression issue des valeurs « mortes » du passé, créer l’harmonie à chaque instant. Bref, pour devenir et rester un être libre.

Pour y parvenir, écoutez d’abord votre cœur, conscientisez les pensées qui restreignent votre capacité à le faire vibrer (fausses responsabilités, jugements et comparaisons). Puis observez vos réactions face aux autres, constatez à quel point vous tombez (facilement) dans le conditionnement bien-mal. Enfin, osez commencer à exprimer ce qui résonne pour vrai dans votre cœur.

À l’instar du violoniste, vous apprendrez à maîtriser votre son (émotion), à jouer les bonnes notes (intégrité) pour faire vibrer votre violon (être).