L’enfant lumière emprisonné

Voici l’histoire fabuleuse d’un enfant et… ne soyez pas surpris si vous avez le sentiment d’être en terrain connu, car vous en connaissez peut-être un vous aussi!

Un jour naquit un enfant qui portait en lui une telle énergie d’amour que son regard étincelant appelait chez celui qui le croisait un désir irrésistible de le prendre dans ses bras. Bien qu’il n’était encore qu’un nourrisson, l’être qui habitait ce petit corps dégageait un magnétisme très grand, porteur de fréquences d’amour et de bienveillance.

Notre jeune bambin a vécu les premières années de sa vie partagé entre deux relations marquantes : d’un côté, une maman qui lui prodiguait avec amour soins et attentions et de l’autre, un père qui lui procurait certes un environnement de vie, mais qui aussi lui imposait d’une manière assez grossière un cadre autoritaire à travers lequel il percevait surtout des exigences et des reproches.

Heureusement, il pouvait toujours compter sur quelques personnes très chères de son entourage avec qui il lui était possible de partager son vécu et de discuter des défis qui se présentaient sur sa route. Un beau jour, alors qu’il exprimait à une amie de confiance comment il vivait dernièrement des vagues récurrentes de découragement, celle-ci sentit l’opportunité et lui proposa spontanément de l’accompagner à créer une représentation symbolique de ce qui l’habitait à ce moment précis de sa vie, afin d’y voir plus clair.

Ayant accepté cette proposition sans hésiter, il fut profondément ému lorsqu’après quelques minutes à peine, il voyait clairement devant lui ce scénario qui lui polluait la vie depuis si longtemps. Ce doute qui avait pris racine à son insu durant l’enfance et s’était renforcé par la suite, était la source maintenant démasquée du venin dont les injections récurrentes venaient si souvent, et sans prévenir, blesser son estime de lui-même.

Dans les instants qui ont suivi cette prise de conscience merveilleuse, une grande peine vint le surprendre en remontant jusqu’à ses yeux. Il fit alors le choix de l’accueillir et ce simple geste d’amour envers lui-même a permis à cette touchante tristesse si bien enfouie de s’exprimer enfin. C’est ainsi qu’il laissa ses larmes réparatrices couler à leur propre rythme, accompagnées par celles de son amie émue de partager un tel moment d’intimité.

Dans les heures qui ont suivi, une importante fatigue lui réclamait d’accorder à son corps un moment de repos qui permettrait à celui-ci de faire le rééquilibrage rendu possible par une telle prise de conscience. Cet éveil de conscience avait par ailleurs suscité en lui un espoir nouveau envers la VIE, cette VIE qui ne semblait demander qu’à poursuivre son œuvre majestueuse.

Après quelques minutes d’un sommeil survenu presque aussi vite que l’éclair, il s’est remis tout doucement en activité pour constater qu’une énergie renouvelée l’habitait. Une énergie d’une qualité à laquelle il n’avait plus eu accès depuis… si longtemps! On pouvait d’ailleurs déjà entendre dans le son de sa voix ce regain d’énergie nouvelle.

Que ressort-il de cette histoire? Eh bien, j’ai cette conviction profonde qu’il est important, peu importe notre âge et notre expérience de vie, de faire le choix de continuer à cultiver une attitude de curiosité et d’ouverture envers la VIE que nous portons tous à notre arrivée dans ce monde, attitude qui nous permet de poursuivre nos nombreux apprentissages, d’accroître notre sagesse intérieure et surtout peut-être, de devenir le meilleur être humain que nous puissions être. Ce faisant, nous devenons source d’inspiration pour les êtres qui croisent notre chemin de VIE.

Ce choix appartient à chacun et… nul ne peut le faire à votre place!

Je souhaite que vous choisissiez, vous aussi, de voyager vers le meilleur de vous-même. Namasté

Comment gérer le stress au quotidien

Malgré les différents aspects de la société qui ont évolué au fil du temps et qui allè­gent nos tâches quotidiennes, j’entends dans tous les pays où je me rends que le stress augmente constamment.

Il va sans dire que tout le monde vit un certain degré de stress qui est plus ou moins élevé dépendamment de la sensibilité de chacun et de sa capacité émotive et mentale à gérer son moment présent ainsi que ce qui en découle. Cela dit, l’Ère du Verseau apporte beaucoup de changements dans nos vies. Ce phénomène se produit tous les 2 160 ans. Il est l’une des principales raisons de l’augmentation du stress chez les humains au début de chaque ère. 

Il s’agit d’un privilège que de vivre le début d’une ère, car il est possible d’évoluer rapidement, mais il est très difficile pour les gens qui refusent de s’ouvrir à ce qui est nouveau.

En faisant l’exercice qui suit, vous pourrez vérifier si les situations stressantes de votre vie sont dues au fait que vous avez de la difficulté à accepter de nouveaux concepts, de nouvelles façons de penser et de vivre.

Prenez quelques instants pour lire les énoncés ci-dessous. Pensez à un exemple personnel en lien avec chaque énoncé et notez votre degré de stress entre 0 (aucun stress) et 10 (beaucoup de stress).

1-Je suis perfectionniste au point de dépasser mes limites pour atteindre un but.

2-Je crois que je suis responsable du bonheur des gens que j’aime.

3-J’ai si peu d’estime de moi que je me trouve nul, quoi que je fasse.

4-J’ai sans cesse besoin de l’attention des autres pour me sentir aimé, ce qui me pousse à faire des pirouettes.

5-J’imagine facilement des scénarios de malheur, de malchance, d’échec qui pourraient survenir dans ma vie ou celle de mes proches.

6-Je vis de l’insécurité financière.

7-J’ai peur de me retrouver seul.

8-Je fais tout pour être à la hauteur des attentes des autres.

9-Je manque de temps ou j’ai peur d’en manquer.

10-La maladie me fait peur (pour moi ou les autres).

Pour connaître le degré actuel de votre stress, additionnez les 10 réponses. Plus votre résultat est élevé, plus vous laissez votre ego vous diriger. Vous l’écoutez au lieu d’écouter votre cœur et de vous donner le droit d’être humain. Quand vos actions ne vous apportent pas les résultats que vous voulez, c’est toujours parce que vous avez écouté votre ego. Si vous croyez que la seule manière de le faire taire est de l’ignorer ou de le chasser, c’est malheureusement le contraire qui se produit : il devient encore plus fort.

L’ego a besoin d’être accepté. Même s’il croit que les moyens qu’il tente d’imposer sont meilleurs que ceux que votre cœur vous dicte, il est primordial que vous reconnaissiez ses bonnes intentions. Il lui est impossible de connaître vos vrais besoins, car tout ce qu’il connaît sont des jugements de valeur, de bien ou de mal.

L’acceptation véritable produit sur nous le même effet que celui du soleil sur ce qui vit. Lorsque nous sommes dans notre cœur, qui est le symbole de notre lumière intérieure, nous sommes dans l’acceptation. Sans soleil, sans acceptation, sans lumière, sans énergie, tout finit par mourir peu à peu.

Mais avant de pouvoir vous accepter, vous devez prendre conscience du pouvoir de votre ego et de ce qui vous stresse. Prenez un certain recul et observez-vous comme si vous regardiez un film, sans vous juger. Acceptez le fait que parfois vous vous inquiétez, êtes trop exigeant envers vous-même ou dramatisez.

Il est temps de vous ouvrir à cette possibilité : acceptez-vous tel que vous êtes à chaque moment. 

Ne vous attardez pas à ce que vous ne voulez pas être (par exemple, stressé ou énervé), mais plutôt à ce que vous voulez être (par exemple, calme et centré). Gardez à l’esprit que ce que vous vivez n’est ni bien ni mal. Même si vous préférez demeurer calme et serein, cela vous est impossible en ce moment. Maintenant, pensez à trouver un autre moyen que celui que vous avez utilisé afin d’y arriver.

Avec l’acceptation, c’est-à-dire l’amour de soi, tout se transforme. En vous acceptant tel que vous êtes à chaque moment, vous vous rendrez compte peu à peu des merveilleux changements qui se manifestent en vous.

Vieillir sans rétrécir, est-ce possible?

Les divers stress de notre vie marquent notre corps en cau­sant, entre autres, un rétrécis­sement qui risque d’affecter mobilité, vitalité et perception de soi.

Vieillir a des conséquences sur la flexibilité, la motricité globale, la coordination, la force, l’équilibre, l’endurance et la dynamique vitale. 

Vous connaissez le proverbe anglais use it or loose it? Il signifie que moins on bouge, plus on perd notre mobilité. Il est donc important d’en prendre conscience et d’accueillir les transitions et les transformations inévitables avec compassion.

Une réalité hétérogène
Évidemment, nous ne vieillissons pas tous de la même manière. Le vieillissement dépend de notre hérédité et de nos habitudes de vie. Il dépend également de chaque individu, tant dans la perception de soi que dans la façon d’intérioriser les stéréotypes que véhicule la société à propos du corps vieillissant ou d’y résister.

Nous avons chacun une histoire de vie et des expériences très variées du mouvement, ce qui fait que les transformations se font à des rythmes différents chez chacun. En outre, la perception des changements corporels varie selon notre vision personnelle et la vision sociétale du vieillissement.

Deux visions opposées du vieillissement
La vision déterministe  repose sur des valeurs âgistes, c’est à dire sur des stéréotypes négatifs à propos de l’âge. Cette vision porte un regard négatif sur le vieillissement, se concentre sur les pertes avec une perception de cette étape de la vie comme une maladie incurable. 

Cette vision est très puissante dans l’inconscient collectif. Le discours normatif qu’elle engendre repose sur les valeurs du no pain no gain. Autrement dit, pour réussir, il faut se dépasser sans cesse et pousser sur soi pour avancer. Sans nier le plaisir de relever des défis, ce dépassement exige des forces qui ne sont plus au rendez-vous avec la même intensité. Elle colore la façon dont le corps est perçu et peut affecter le regard que nous portons sur nous-mêmes et avoir des conséquences sur l’estime de soi. 

Le rétrécissement de soi peut devenir synonyme de perte, d’échec, de honte et d’exclusion sociale. La vision normative d’un corps parfait, qui doit rester jeune et en santé, influence la perception de soi, nous maintient dans une image extérieure à soi pour laquelle il faut faire de nombreux efforts pour s’y conformer. Beaucoup d’énergie est ainsi mobilisée à maintenir l’apparence de la jeunesse. Et c’est toute une industrie qui influence cette vision et qui en profite. Cette dernière nuit, bien évidemment, à l’accueil de cette transition vers la maturité et de notre processus de transformation personnelle.

La vision développementale, quant à elle, repose sur des valeurs oppo­sées : quel que soit notre âge, nous pouvons toujours apprendre à changer, développer de nouvelles habitudes, diminuer les effets du rétrécissement et parfois le rendre réversible pour continuer à mordre dans la vie.

Vieillir est un processus qui commence dès la naissance. Notre façon de vivre et notre façon de penser ont créé des habitudes et influencent notre façon d’être au monde. Certaines seront utiles, d’autres vont être à l’origine de limitations. Et c’est normal! 

Les recherches en neurosciences ont démontré que notre cerveau est plastique, c’est à dire capable de réorganiser ses connexions en fonction de notre expérience. Ce qu’on a appris et ce qui nous a limité peut se désapprendre au profit de nouveaux apprentissages libérateurs, lesquels engendrent une nouvelle façon de bouger. Toute nouvelle expérience créatrice va créer des nouvelles connexions neuronales et enrichir notre mobilité avec un gain dans l’estime de soi et le sentiment de liberté. 

C’est une invitation à développer une conscience de notre corps, à diversifier nos expériences, à apprendre d’elles et à continuer à avancer dans la vie avec courage et curiosité malgré la fragilisation et un ralentissement physique.

Vieillir sans rétrécir aux possibilités infinies jusqu’à un âge avancé, qu’en pensez-vous?

Les enfants et l’hypnose ou l’hypnose familiale

Les enfants sont particulièrement réceptifs à l’hypnose. Cela fait en sorte que le travail thérapeutique avec eux se fait habituellement très bien. S’ils sont prédisposés à l’hypnose thérapeutique, ils le sont tout autant à une autre forme d’hypnose que tous utilisent sans même en être conscients, soit l’hypnose familiale. 

Mais, qu’est-ce donc que l’hypnose familiale? Tout d’abord, définissons l’hypnose. Antoine Bioy nous rappelle que chacun a pu faire l’expérience d’un roman dont la
lecture consciencieuse permet de nous évader, ou celle d’une suspension hors du temps à force de contempler le mouvement des vagues, etc. En bref, chacun a pu faire l’expérience d’un état de conscience modifiée (différent donc de l’état de veille habituel). L’état hypnotique est précisément ce moment de cons­cience où les choses sont perçues autrement. Il surenchérit en disant que l’hypnose permet, par un jeu attentionnel impliquant l’imaginaire des personnes, de revisi­ter la réalité et la façon dont elles la perçoivent. Ainsi, l’hypnose est un état de conscience modifié, différent de l’état de veille et du sommeil.

Plusieurs études en psychologie font état de l’impossibilité, chez les enfants de moins de 7 ou 8 ans, de distinguer la réalité de l’imaginaire. Solène Bourque (2010) nous rappelle que l’enfant de 3 à 6 ans se construit un univers où se mêlent réalité et imaginaire, et où se côtoient des personnages de toutes sortes, créés à partir de ses expériences réelles, ses rêves et ses désirs. C’est l’âge de la « pensée magique » où une prome­nade au parc peut se transformer en expédition dans une jungle peuplée d’animaux terrifiants. 

L’enfant voue une grande admiration aux adultes qui l’entourent et il les perçoit souvent comme des héros. Il aimerait leur ressembler, veut les imiter et faire les mêmes activités qu’eux. Avec ses amis, il joue « au papa et à la maman ». Il joue « à la vraie vie » et on perçoit souvent une similitude entre ses attitudes de jeux, et celles de ses parents dans la réalité. L’enfant console, réconforte ou réprimande souvent ses poupées et toutous de la même façon que ses propres parents le font avec lui. En fait, l’enfant admire et modélise ses parents. Il cherche à reproduire ce que disent et font les adultes significatifs autour de lui, et principalement ses parents.

Nous comprenons aisément que l’enfant accepte ce que ses parents disent. Il en va de même pour les paroles que les enfants entendent sur eux-mêmes. Pour l’enfant, si c’est papa ou maman qui le dit, alors c’est vrai. Un enfant qui a un tempé­rament plus actif et qui entend sa mère raconter à une amie comment il est tannant accepte cette idée et cela vient, en quelque sorte, forger l’identité de l’enfant.

Berger (2000) et Adams (1996) stipulent que l’identité est un processus dynamique, car elle consiste à la fois en l’identité que l’individu se crée et en l’identité que les autres lui attribuent. La conscience de soi des jeunes enfants se structure petit à petit dans leurs relations avec les autres, mais aussi selon les réactions des personnes de leur entourage. Leur connaissance de soi se transforme ainsi peu à peu en sentiment d’identité à partir duquel ils vont se reconnaître et développer leur estime de soi.

C’est ainsi que ce que disent les parents à propos de leur enfant contribue à construire l’identité même de ce dernier. L’enfant qui entend sa mère ou son père dire qu’il est tannant accepte cette idée. Imaginez maintenant le scénario suivant : le père raconte à un ami le comportement de l’enfant en disant qu’il est tannant et termine son discours en disant à l’enfant : « C’est vrai, n’est-ce pas que tu es tannant! ». Non seulement l’enfant entend qu’il est tannant, mais en plus, il doit le corroborer. Alors, cette perception du parent se transforme en réalité pour l’enfant. Lorsque je parle « d’hypnose familiale », je parle de ce phénomène suggestif envers une personne réceptive en raison de son état de conscience modifié. Il est très important de distinguer le comportement de l’identité de l’enfant. Dire à un enfant que le geste posé est inadéquat est très différent de lui dire que « lui » est inadéquat. L’incidence sur la construction de son identité et de son estime de soi est également très différente.

Comment développer une belle estime de soi

Si la vie de tous les jours vous paraît un terrain de jeu fabuleux où vous vous épanouissez pleinement, c’est que vous maîtrisez certaines règles de base qui reflètent une solide estime de vous-même.

Mais peut-être vous arrive-t-il d’avoir la sensation de ne pas être là où vous aimeriez être? De vous entendre dire souvent oui au lieu de dire non? De vous sentir envahi ou manipulé? Inquiet ou impuissant? Ou en quête de perfection? Si vous vous reconnaissez dans ce genre de situations, c’est que votre estime de vous-même a besoin d’être consolidée.

Dans cet article, je vous propose de rafraîchir ou d’approfondir vos connaissances sur le grand sujet qu’est l’estime de soi. De plus, en intégrant quelques stratégies adaptées à votre réalité, j’ose parier que vous allez accueillir plus facilement votre quotidien et ainsi vous sentir bien ou mieux dans votre peau.

Tout d’abord, sachez que plusieurs psychologues et philosophes ont enrichi l’histoire de l’estime de soi.  Si pour certains l’estime de soi se base sur des réussites concrètes,­ pour d’autres c’est plutôt l’accep­tation inconditionnelle de soi avec ses qualités et ses faiblesses qui vont permettre à la personne de se sentir heureuse. Pour d’autres encore, c’est le développement de son plein potentiel ou la libre expression de ses émotions qui font que l’individu a accès au bonheur.

Jean Monbourquette et l’estime de soi
De ma perception de coach, je trouve capital la distinction que souligne Jean Monbourquette (1933-2011), sur les deux courants de pensée suivants : l’estime de soi pour sa personne et l’estime de soi pour ses compétences.

Le premier courant,  l’estime de soi pour sa personne,  priorise l’acceptation de ses besoins, de ses émotions, de ses facultés, de ses qualités, de ses erreurs et un amour bienveillant vis-à-vis de soi.

Le deuxième courant, l’estime de soi pour ses compétences, prio­rise la confiance dans ses facultés d’apprentissage et l’appréciation de ses réussites aussi petites soient-elles ainsi que l’évaluation de ses progrès personnels.

C’est incontestable que les deux courants sont à valoriser et à développer. Il s’agit simplement de savoir que « l’agir » suit « l’être » et que c’est d’abord en s’acceptant inconditionnellement soi-même avec ses limites actuelles (estime de sa personne) que l’on va pouvoir définir des objectifs réalistes et revalorisants (estime pour ses compétences).

L’estime de soi pour sa personne
Pour reconnaître l’estime de soi pour sa personne, posez-vous les questions suivantes : Est-ce que je suis en train de me comparer, d’être en compétition avec un monde extérieur au mien? Est-ce que j’entretiens des commentaires négatifs à mon sujet (mon appa­rence corporelle, mes qualités, mes défauts, mes erreurs, mes échecs, mes émotions)?

Si tel est le cas, sachez que vous aurez en tout temps quelqu’un de mieux ou de moins bien en face de vous, donc l’occasion de vous sentir amer ou orgueilleux. Au lieu d’entretenir un discours intérieur qui vous rabaisse, il importe d’adopter la conviction que vous êtes un être unique, incomparable et très important, de vous traiter avec respect. Il s’agit également de vous rappe­ler que vous possédez une dignité personnelle et que vous êtes digne d’appréciation (amour-propre). Il importe de vous sentir fier de vous. C’est ainsi que vous pourrez humblement et naturellement « aimer votre prochain comme vous-même » et établir des liens harmonieux avec votre entourage.

Donc, ce qui est important de savoir, c’est qu’il est possible de développer l’estime de soi pour sa personne.

Parmi moult stratégies, la méditation en est une qui vous permet d’observer vos pensées et vos sentiments sans les juger, accueillir toutes les facettes de votre être sans censure, chercher à être en harmonie avec toutes les parties de votre être. Dans cet état d’observation de vous-même, vous pouvez progressivement ressentir de la compassion pour les parties mal aimées de votre être et ainsi les intégrer avec douceur. En reconnaissant avec humilité vos forces et vos faiblesses, développez une solide estime de vous-même et devenez de plus en plus habile pour vous affirmer, pour prendre vos décisions, pour être en relation saine avec les autres en ayant confiance en vous-même.

La cohérence cardiaque est également une belle façon de prendre du recul face aux situations plus difficiles de la vie et des relations. En effet, la personne qui respire d’une façon consciente, à rythme bien précis, se trouve dans un état physio­logique tout à fait neutre à l’abri du jugement des autres et de son propre jugement puisque son focus est uniquement dans la respiration. Cet état de grand calme permet de commencer la journée de façon centrée et de pouvoir faire facilement face aux défis de la vie quotidienne.

J’attire votre attention sur le fait que pour obtenir et maintenir un résultat à la hauteur de vos attentes, vous allez devoir introduire une nouvelle­ routine dans votre vie. Pour la cohérence cardiaque il suffit d’une quinzaine de minutes par jour tous les jours. En mettant pour quelques instants « sur pause » le monde extérieur, vous obtiendrez le recul nécessaire pour prendre vos décisions, pour savoir où vous en êtes. Pour la méditation, cela dépend de la formule choisie. Certains vont favoriser une méditation guidée qui peut durer plus d’une heure et d’autres vont privilégier une routine plus courte donc plus facile à introduire quotidiennement. Ce qui importe, c’est de dédier régulièrement du temps à l’observation de son être.

L’estime de soi pour ses compétences
Stratégiquement, la première chose à faire et non des moindre pour l’estime de soi pour ses compéten­ces, c’est d’accepter votre niveau de compétence actuel sans le comparer aux autres. Le point de départ est une juste évaluation de vos aptitu­des. Ce qui devient fondamental, c’est de chercher le dépassement … face à vous-même. Voici le genre de questions à vous poser pour savoir où vous en êtes de votre estime envers vos compétences : – Quelle vision ai-je vis-à-vis de mes projets? Quel est mon comportement face à un obstacle? Quel risque suis-je prêt à prendre? Comment j’imagine réussir?

La personne ayant une juste estime de ses compétences se fait confiance et n’est pas hantée par la perspective de faire des erreurs car elle sait très bien que si elle en commet, elle est tout à fait capable de les réparer. Elle compare ses réalisations à celles de son passé et non pas à celles des autres. Elle sait que le succès engendre le succès et c’est pourquoi elle met son attention sur ses réussites antérieures et y trouve réconfort et encouragement.

En ayant des objectifs réalistes, à terme, mesurables, pertinents et spécifiques (RAMPS) vous augmen­terez considérablement votre estime en vos compétences tout simplement parce qu’avec des projets à votre mesure, vous allez sans aucun doute atteindre les résultats espérés. C’est comme pour une recette culinaire : en mettant les bons ingrédients ensemble, en faisant chauffer le tout à la bonne température pendant la bonne durée, vous êtes certain d’obtenir le résultat souhaité.

En conclusion, pour bien fonctionner dans la société, il est  primordial de connaître ses besoins (affirmation de soi) et de bien les exprimer (confiance en soi). En interaction avec les autres, que ce soit dans le milieu familial, social ou profession­nel, lorsqu’une personne est au clair avec elle-même, il lui devient­ facile d’adresser une demande ou de mettre des limites. Comme elle se respecte, cela lui est naturel d’écouter et d’entendre les besoins, les demandes et les limites des autres et de rechercher sincèrement une solution gagnant-gagnant.

En changeant son regard sur soi, en modifiant son dialogue intérieur, tout le monde a la capacité de s’aimer et de se sentir utile aux autres et ainsi d’être un exemple de bonne estime de soi.

Lectures recommandées :
De l’estime de soi à l’estime du Soi de Jean Monbourquette
Cohérence cardiaque 365, Dr David O’Hare
Le courage d’être soi, Jacques Salomé
La PNL pour les nuls, Romilla Ready et Kate Burton
Imparfaits, libres et heureux, Christophe André
Où tu vas, tu es, Jon Kabat-Zinn

Le plaisir de donner

Maintenant que le temps des Fêtes est à nos portes, les retrouvailles en famille et entre amis se multiplient. Les gens se regroupent et célèbrent une période de l’année propice au cocooning, au partage et au don. Les enfants des uns se mélangent aux enfants des autres, leurs cris et leurs rires se répercutent dans toute la maison pendant que les parents discutent calmement auprès du feu. Dans cette douce cacophonie, alors que la visite reste pour la nuit et qu’on trouve de l’espace pour tout le monde dans la maison, on réalise que le plaisir de se retrouver et de donner est au cœur de ces rencontres. Pourtant, que signifie réellement le don, et quels plaisirs pouvons-nous en retirer?

Donner… les bienfaits pour les autres et pour soi
Dans l’histoire de l’humanité, le concept de don est assez ancien. Il se retrouve dans plusieurs traditions religieuses et humanistes, par exemple par le biais de la charité et de l’obligation morale d’aider son prochain. Le don, qui se traduit par un principe spirituel, pousse les gens à partager avec les autres ce qu’ils aimeraient eux-mêmes recevoir. Donner est un acte qui nous ouvre à l’autre, sans compter que le don et le partage sont des façons de « reconnecter » avec ceux qu’on aime.

Donner fait du bien : c’est la conclusion de nombreuses études scientifiques. Et non seulement donner fait du bien, mais il a des bienfaits tant pour les autres que pour soi. D’abord, donner fait ressentir des émotions positives supérieures aux émotions vécues lorsqu’on dépense pour des biens personnels. Donner fait aimer sa vie et augmente de façon durable le sentiment de bien-être, tout en procurant une sensation générale d’apaisement. On sait également que donner renforce l’estime de soi, fait diminuer le stress et les risques d’accidents cardio-vasculaires, sans compter que, pour certains, donner les aide à se sentir plus riches. D’ailleurs, peu d’activités humaines simples ont autant d’impact sur le sentiment de bonheur.

Que donner?
Les individus tirent de la satisfaction personnelle dans l’acte de donner, et pendant le temps des Fêtes, plusieurs tentent de trouver le cadeau parfait pour ceux qu’ils aiment. Ce désir de faire plaisir va même les pousser à effectuer le petit détour qui leur permettra de mettre la main sur la trouvaille du siècle. D’autres, par contre, s’inquiètent de ne pas savoir quoi offrir, tandis que certains s’attristent de ne pas avoir les moyens d’acheter un petit quelque chose. Pourtant, donner ne se résume pas aux cadeaux offerts et aux achats de biens matériels. Donner et le plaisir de donner s’inscrivent plutôt dans une rencontre qui nous pousse à aller vers l’autre, et cela, sans qu’il ne soit nécessaire de débourser un sou!

Le partage de la joie de l’autre est l’un des trésors de la vie. Voir un sourire se dessiner sur le visage de l’autre dans le simple fait de vivre ensemble un moment de bonheur surpasse, de fait, tous les biens matériels. Ainsi, donner de son temps et de sa présence reste de loin le plus beau des cadeaux. Rendre visite à nos parents, jouer à l’extérieur avec les enfants, partager un repas entre amis, offrir un massage à l’être aimé, aller marcher en pleine nature avec un voisin, fabriquer de ses propres mains un foulard pour notre collègue, apporter une soupe à des nouveaux parents fatigués, les idées ne manquent pas lorsque vient le temps de donner.

Dans le tourbillon que peut rapidement devenir le temps des Fêtes, gardons à l’esprit que l’acte de donner va bien au-delà de l’achat de cadeaux. Être présents aux autres, les envelopper de notre amour et savoir les écouter restent la meilleure façon de toucher leur cœur et de leur dire que nous sommes là.

La foi, une puissante alliée

Même si vous l’ignorez, la foi est nécessaire dans la vie. Elle joue un rôle plus important qu’on serait porté à le croire du fait qu’elle se manifeste dans l’action, qu’elle soit positive ou négative. Dans les deux cas, il s’agit bien de la foi.

Presque toutes les lois scientifiques sont basées sur la foi, mais une foi rationnelle. Par exemple, vous faites autant confiance à votre comptable qu’à votre avocat, à votre médecin qu’à votre banquier. En vérité, vous ne feriez rien si vous n’aviez pas foi. C’est la base de la vie. Le jeune enfant a d’abord la foi en ses parents avant d’atteindre, plus tard, un âge où il pourra choisir par lui-même. Le trait caractéristique des gens qui ont la foi est qu’ils s’en remettent à l’invisible auquel ils se sentent tous liés. Une part de leur croyance ne se voit pas, mais existe assurément. Ainsi, on peut, au quotidien, entrer en relation avec cet aspect invisible au moyen de la méditation mystique.

Deux identités en vous
Il existe, en chacun de vous, deux identités. La première est l’identité temporaire provenant des conditionnements de la société, une identité qui a habituellement une estime de soi limitée. La seconde est l’identité du vrai moi. C’est l’étincelle qui fait qu’on est en vie. Elle fait partie d’une réalité infinie qui existe en toutes choses et qui est l’Ultime ou la Véritable Identité de votre propre identité.

Vous devez vous rappeler que vous n’êtes pas seul pour agir. Souvent, les gens se freinent parce qu’ils se sentent seuls ou parce qu’ils ont l’impression de ne pas avoir l’inspiration nécessaire pour concrétiser leurs idées. Pourtant, au moment voulu, l’Esprit Supérieur ou Intelligence Cosmique vous guidera en vous donnant les moyens nécessaires pour aller de l’avant. Au moment de concrétiser l’idée, sachez que ce n’est pas vous qui le faites, mais bien votre Intelligence Supérieure qui agit à travers vous. C’est la foi qui vous pousse à passer à l’action.

Voici un conseil : visualisez que, par l’intermédiaire de votre Esprit Supérieur ou Intelligence Cosmique, vous possédez votre idée de départ et que vous êtes déjà en train de la vivre comme un fait accompli.

Chaque jour, dites-vous : « Le succès et le bonheur sont des idées réalisées dans ma vie. » C’est votre Intelligence Supérieure qui a fait le travail.

Votre intellect personnel (ou esprit conscient) devrait se comporter comme un observateur qui loue la sagesse qui s’exprime par le biais de votre Esprit Supérieur. Gardez cela en tête lorsque vous rencontrerez quelqu’un. Puis, continuez à y penser en sa présence. Le fait de pouvoir conserver une attitude positive dans la vie crée un état d’esprit conscient qui aide votre Intelligence Supérieure à vous activer. C’est ce que je souhaite à tous.

Une approche multidimensionnelle de la santé pour un mieux-être

Souvent la réponse à la question « Qu’est-ce que la santé? » est simplement « ne pas être malade ». Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la santé consiste en « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

Comment y arriver?
Abraham Maslow (1943) a énuméré les besoins suivants : survie, sécurité, amour et appartenance, estime de soi, accomplissement de soi et transcendance. Nous savons aujourd’hui que le non-respect d’un de ces besoins conduit à un problème de santé.

Jerrold Greenberg (1985) présente les « dimensions de la santé » : physique, émotionnelle, intellectuelle, sociale et spirituelle. Il est le premier à présenter la dimension spirituelle laquelle correspond au besoin de transcendance chez Maslow.

Harvey et Robineault (1996) ajoutent deux nouvelles dimensions externes à la personne : économique et environnementale.

Un modèle intégré permet de mieux comprendre cette vision globale de la santé où mieux être et qualité de vie résultent d’un équilibre dynamique entre ces différentes dimensions dont voici une brève description :

Santé physique
Intégrité et bon fonctionnement de l’organisme humain : équilibre métabolique, échanges de chaleur, réactions biochimiques, mécanisme respiratoire, circulation sanguine, conduction nerveuse, etc.

L’alimentation, l’activité physique et le sommeil contribuent à une bonne santé physique.

Santé psychologique
Activités intellectuelles et émotionnelles, domaine de la raison, de l’émotion et de l’imagination. Nos pensées et nos émotions ont une incidence directe sur notre santé physique et psychologique.

C’est aussi le domaine de l’estime de soi. La gestion du stress et les pensées posi-tives contribuent à la santé psychologique.

Santé sociale
La connaissance de soi mène à la connaissance des autres. C’est le domaine de l’organisation sociale, des communications, de l’histoire humaine, du travail et des loisirs.

L’estime de soi et une bonne harmonie avec soi-même conduit à une meilleure entente avec autrui.

Santé spirituelle
Notre nature intérieure, nos valeurs et notre éthique. C’est le domaine de l’introspection, de la pensée et de la réflexion profonde sur le sens de la vie.

La santé spirituelle est essentielle pour trouver le sens de l’unité avec soi-même, les autres, l’environnement et l’Intelligence qui ordonne l’univers, quel que soit le nom qu’on lui donne.

Santé économique
Les besoins essentiels que sont la nourriture, le vêtement et le logement démontrent que l’aspect économique est directement lié à la santé et au bien-être. La santé économique est liée aux autres dimensions de la santé et y exerce une influence directe.

Notre capacité physique au travail, le stress, les relations humaines se retrouvent au cœur même de l’activité économique qui est un lieu d’échange et de partage.

Santé environnementale
L’environnement physique et humain. La nature dans laquelle nous évoluons réagit au moyen de mécanismes de rétroaction. L’activité humaine participe à cette interaction dans une influence réciproque.

La santé nécessite un ajustement de nos habitudes de vie. Respecter les lois naturelles, les principes fondamentaux de la santé et les différentes dimensions est le seul moyen de maintenir un état de bien-être et une bonne qualité de vie.

Selon les sages et les philosophes, nous faisons partie de l’ensemble de l’univers et sommes responsables de nous-mêmes et de notre environnement. En comprenant cette notion, nous agirons de façon à ce que notre santé, notre qualité de vie, notre longévité et notre survie en soient améliorées. Nous apprécierons ainsi davantage la vie qui s’exprime en nous et à travers nous.

TDAH et jeux électroniques

On me demande souvent, à titre de clinicien intervenant auprès d’enfants qui doivent vivre avec le TDAH, si les jeux électroniques ont un impact sur le développement du cerveau de l’enfant. Je me suis donc penché sur cette question en faisant une recension d’écrits récents sur ce sujet afin de mettre en lumière les résultats des recherches et de répondre à la question. Ce qui suit est une synthèse des résultats probants disponibles.

Tout d’abord, il est important de savoir que le développement de l’enfant se fait en suivant une progression : de la tête vers les pieds et du tronc vers les doigts. La partie du corps qui doit se développer en premier est le cerveau. Le développement du cerveau permet aux autres fonctions du corps, et à notre esprit, de se développer.

C’est par la maturation de notre système nerveux que nous pouvons graduellement acquérir toutes nos fonctions motrices. C’est également par ce même processus que nos facultés psychiques et psychologiques peuvent se développer. Cette évolution se fait donc de façon progressive, à mesure que notre système nerveux se développe. L’individu apprends d’abord à effectuer des tâches simples avant de pouvoir réaliser des tâches plus complexes.

Les auteurs se penchent sur des périodes de développement dites sensibles. Une période sensible est une période durant laquelle une personne est tout particulièrement disposée à assimiler certaines expériences ou à effectuer certaines tâches. Les auteurs s’entendent sur l’importance de respecter la progression naturelle du développement de l’individu. Mais, que se passe-t-il lorsque cette progression n’est pas respectée? L’introduction d’une tâche plus complexe que ce à quoi un individu est prêt à faire face peut-elle perturber le développement « normal » de cet individu? La réponse est unanime : oui.

Selon Posner et Raichle (1997), l’attention est considérée comme un comportement d’orientation de l’état mental qui désigne l’habileté à favoriser un processus spécifique en ignorant les autres. Selon ces auteurs, la fonction d’alerte consiste en la suppression du bruit de fond neuronal afin d’être prêt à agir. Le tout fonctionne en réseau. Cette fonction attentionnelle permet de maintenir un état de vigilance se caractérisant par le fait que la détection d’un événement important est facilitée, même sans recherche active. L’exemple fourni par Guay et Laporte (2010) pour illustrer le fonctionnement de l’état de vigilance est celui du maître-nageur qui surveille une baignade; ce dernier se trouve dans un état de vigilance : il est prêt à détecter un nageur en difficulté, mais il ne cherche pas un nageur en particulier.

L’état d’alerte, l’orientation-inhibition et le contrôle exécutif fonctionnent de façon interreliée. C’est ce qui explique l’incapacité des individus à se concentrer tout en maintenant un état de vigilance. Pour le cerveau humain, c’est soit l’un, soit l’autre. Nous devons réduire notre vigilance afin de pouvoir nous concentrer sur une tâche. L’inverse est tout aussi vrai : nous devons renoncer à nous concentrer sur une tâche afin d’être en mesure de maintenir un état de vigilance.

Ridha Joober, médecin à l’Institut Douglas de Montréal, a démontré que les jeux vidéo ont un impact sur l’apparition d’un TDAH chez l’enfant. Les travaux de Marie-Claude Guay, à l’Université du Québec à Montréal, et de Pierre Laporte, à l’Université Laval, viennent appuyer cette conclusion.

Pendant un jeu vidéo, l’écran envoie une multitude de stimuli captés par le cerveau. L’enfant qui joue à un jeu vidéo n’est pas concentré, il est vigilant. Il se doit de l’être s’il veut exceller au jeu. Dans ce contexte, le cerveau de l’enfant apprend à différencier assez bien les stimuli multiples. Si un enfant est exposé très tôt dans son développement (souvent dès l’âge de quatre ou cinq ans) à ces « multi-stimuli », il apprendra à conjuguer avec les multi-stimuli avant d’avoir fait un bon apprentissage des stimuli simples, ou « mono-stimuli ». Même si la plasticité du cerveau est encore bien présente à cet âge, la maîtrise des multi-stimuli ferait en sorte que l’enfant aura beaucoup plus de difficulté à se concentrer sur un seul stimulus par la suite.

L’importance de respecter la progression dans le développement des habiletés et des capacités cognitives et développementales des enfants paraît évidente. Les jeux vidéo viennent perturber la progression normale du cheminement de l’enfant. Par la suite, l’impact se fait principalement sentir en classe parce que le système scolaire actuel exige de l’enfant qu’il reste assis sur sa chaise et, surtout, qu’il se concentre sur la leçon du moment. L’enfant qui excelle dans la gestion de stimuli multiples éprouve d’importantes difficultés à bien réussir dans le contexte scolaire.

Cet enfant sera perçu comme perturbateur. S’enclenchera ainsi un cercle vicieux dans lequel l’enfant fera l’objet de reproches, de marginalisation, de rejet, et ainsi de suite, de la part non seulement de ses pairs, mais aussi de ses enseignantes et de membres de sa famille, ce qui donnera souvent lieu à une diminution de son estime de soi (si tant soit qu’elle ait été bonne au départ!). L’enfant intériorisera ces reproches et se définira en fonction de ceux-ci. Il finira par se définir comme étant « tannant », « pas bon », « idiot », etc.

Des pensées en santé

Nous sommes tous semblables, humains et humaines : nous avons dans la tête un poste de radio qui nous envahit du matin au soir de pensées non sollicitées. On dit que la plupart des gens reçoivent 50 000 pensées par jour. De surcroît, une étude démontre que 98 % de ces pensées ont déjà été diffusées et que 80 % s’avèrent négatives. Quelle confusion cela crée dans notre pauvre tête! On sait bien que ces pensées insidieuses peuvent miner l’estime de soi et biaiser notre façon de percevoir l’autre et le monde. Comme personne n’a encore trouvé le bouton magique pour éteindre ce constant bavardage intérieur, regardons ce que nous pouvons faire pour retrouver la capacité de penser sainement.

Cette métaphore de radio nous rappelle qu’heureusement, nous ne sommes pas nos pensées et qu’avec un peu de patience, nous avons au moins le pouvoir de baisser le volume ou de changer la fréquence. Veillons d’abord à ne pas nourrir notre imaginaire de négativité en faisons attention aux lectures et aux images auxquelles nous nous exposons : livres, articles, média sociaux, journaux, publicités, films, musiques, vidéos, etc. Nous devenons facilement ce que nous consommons. De même, les conversations qui jugent, critiquent et disqualifient nous restent dans la tête et nous éloignent de notre humanité bienveillante, alors qu’il y a tant de lectures et de musiques pour élever notre humeur et réveiller notre joie de vivre.

Une pensée est un nuage qui passe dans le ciel de notre conscience. Si on ne lui accorde pas d’attention, elle passera son chemin sans nous perturber. Mais certaines pensées souvent récurrentes viennent se coller à notre identité. Elles arrivent à adhérer parce qu’elles correspondent à une façon conditionnée de penser le monde que nous avons empruntée à un moment de notre vie afin de survivre et d’assurer notre sécurité.

Que se passe-t-il ensuite? La pensée négative va se joindre à une sensation corporelle pour créer une émotion. Comme le suggère l’étymologie du mot, une émotion est une énergie en mouvement. On peut tout de même admirer ce réseau cohérent du « ressenti » de notre corps qui est là pour nous informer de nos besoins et nous guider dans nos décisions. Ainsi, la sensation de bien-être et de plaisir est simplement le corps qui dit oui, alors que l’inverse est signe que la pensée nous éloigne de notre vérité. Notre mal-être intérieur pro­vient souvent du fait que nous croyons à des pensées qui sont fausses. On peut ainsi commencer à douter des affirmations qui se répètent dans notre tête, à jouer à en démasquer la fausseté et à examiner avec intérêt la conclusion sur la réalité qui les a fait naître.

Tout cela devient de plus en plus facile avec la pratique de la méditation au quotidien. Lorsqu’on médite,­ l’immobilité du corps invite l’im­mobilité du mental. C’est comme prendre un bain de douce présence dans cet espace lumineux de silence qui est ce que nous sommes avant que l’on pense. Des pensées vont bien sûr nous emporter loin du présent; alors, avec amour, on se ramène ici et maintenant. Peu à peu, les pensées vont perdre leur capacité de nous éloigner de nous-mêmes. Peu à peu, le mental hyperactif, reconnaissant ses limites, va commencer à se taire et s’incliner devant la présence silencieuse et sacrée de notre Être. Et alors, nous retrouverons notre légèreté et notre réelle capacité de réfléchir en nous servant de notre magnifique faculté de penser.