Réflexions sur cette époque de turbulence

Notre époque est de toute évidence le théâtre d’immenses changements de conscience. Depuis le côté intérieur, des stimulations spirituelles sont induites ayant pour effet de bouleverser nos esprits, nos émotions et nos corps. Ce qui se produit en nous se produit également dans le monde entier tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Ces stimulations de la conscience s’apparentent à l’eau déversée sur un jardin qui permet aux bonnes comme aux mauvaises herbes de croître. Or, nous assistons autant à des déploiements de pure bonté du genre humain qu’à des atrocités les plus infâmes. De nouveaux paradigmes s’entrechoquent à d’anciennes certitudes. Des idéologies s’anéantissent pour l’émergence de nouvelles.

Le pire comme le meilleur émerge de partout, dans nos sociétés, comme dans le monde entier. Même notre planète nous transmet le meilleur et le pire d’elle-même. Autant elle nous fait goûter à ses printemps prolongés, qu’à ses cataclysmes les plus effroyables. Les cotes de la bourse nous séduisent un jour pour s’enfoncer dans l’abîme le lendemain. Nous sommes témoins de l’avidité infinie de l’homme et de sa fascination pour l’horreur, mais en même temps jamais l’humanité n’a connu autant de sages et d’êtres réalisés. Que nous réservent ces temps de chaos? Allons-nous profiter de ces bouleversements pour croître en conscience ou nous placer la tête dans le sable?

Je crois que nous avons tous une formidable occasion de tourner notre regard sur ce qui importe vraiment dans nos vies. De réaffirmer notre désir de donner un sens plus profond à notre existence et de nous engager à atteindre une plus haute maturité. Chaque épreuve qu’une personne traverse au cours de sa carrière terrestre a un but spirituel. Une qualité à développer, une force à déployer ou un talent à servir. Nous sommes collectivement éprouvés pour susciter l’éveil de nos cœurs et de nos esprits à quelque chose de plus grand. À une vision et une compréhension plus sage de la raison de notre passage sur terre. La Nature ne punit jamais. Elle cherche à entraîner dans son expansion les vies qui la composent vers un plus large dessein.

Reprendre son pouvoir

Supposons que le monde soit responsable de ma paix inté­rieure… le bonheur ou le malheur dépendrait alors de celui-ci. En pareil cas, je serais dans un état de frayeur et d’impuissance sans répit, puisque tout change, tout le temps.

Reconnaître que ses pensées sont la seule cause de son état d’esprit est essentiel pour reprendre son pouvoir. Cause et effet ne peuvent être séparés ni différents. Contrôler les effets de ses pensées d’opposition, c’est manifester la volonté d’être victime et responsabiliser le monde pour son manque de paix. Ce système de pensée au cœur de tous les conflits alimente culpabilité et peur et fait tourner la roue du temps. Le bon usage du temps consiste à reconnaître l’amour, son héritage naturel, en acceptant d’abandonner ses résistances.

Chacun d’entre nous symbolise un infime fragment de la dualité de l’esprit dont le monde reflète la complexité. Les opposés ne seront jamais compatibles. Tenter de réconcilier l’amour et la peur est impossible  : en présence de l’un, l’autre disparaît. Toutefois, seul l’amour est réel. Je n’ai pas souvenir du début de la dualité de l’esprit, mais j’ai cons­cience des pensées d’opposition.

J’ai dit que tu n’avais que deux émotions, l’amour et la peur.* La perception de la souffrance, quelle que soit son apparence, reflète des pensées empreintes de peur projetées hors de l’esprit. La projection fait la perception.* De la même façon que personne n’est conscient que l’esprit projette ses rêves la nuit, nul n’est conscient qu’il observe ses projections, durant le jour.

Dans l’univers spatio-temporel, « le rêve », la souffrance est perceptible à cause des pensées qui la sous-tendent. Chacun est libre de garder les pensées qu’il choisit de croire, mais l’expérience démontre qu’une pensée aimante donne paix et joie. En revanche, une pensée sans amour crée un mal-être au-dedans reflété au-dehors. Reprendre son pouvoir consiste donc à abandonner les pensées qui s’opposent à sa paix d’esprit.

En éveillant sa conscience, ses relations se transforment de champs de bataille en classes de pardon. Auparavant, je défendais mes réactions égotiques projetées sur autrui, mais perçues faussement comme des attaques provenant de l’extérieur. Dorénavant, j’observe mes réactions sans y donner suite. Elles s’apaisent doucement. Voici le changement qu’apporte la perception vraie : ce qui était projeté au-dehors est vu au-dedans, et là le pardon le laisse disparaître.*

C’est la voie de la responsabilisation donnant paix et liberté. C’est simple, mais pas facile en raison de l’orgueil. Reconnaître ses projections, c’est admettre ses erreurs de jugement. Cet aveu demande humilité.

Les miracles m’ont démontré que le pardon rétablit ma paix intérieure, sans effort. Le véritable effort consiste à l’accepter, car le pardon menace l’ego qui ne peut survivre sans jugement. Mais plus je suis témoin de miracles, plus ma cons­cience s’éveille. À présent, le monde n’est plus le centre de mon intérêt. C’est ma paix d’esprit qui détient la première place. Tout en vaquant à mes activités quotidiennes, mon attention reste tournée vers l’intérieur observant les réactions de l’ego, sans jugement. C’est mon véritable pouvoir.

Quand la voix du jugement se tait, inévitablement, la paix se fait sentir révélant ma réalité spirituelle inaltérable. C’est ma sécurité absolue. Sans défense, l’amour du Soi inspire ma conscience pour mon plus grand bien et celui de tous. L’amour est la voie dans laquelle je marche avec gratitude.*

De tout cœur merci pour toute l’aide reçue.

*Extraits de Un cours en miracles

Voie directe de libération

Comme la paix est de l’esprit, toute réconciliation ne peut survenir qu’à ce niveau. Malgré les multiples conflits apparents, chacun d’entre eux représente une seule cause. Quelle que soit l’apparence, un conflit symbolise avant toute chose une idée d’opposition.

L’Esprit est Amour. Toute expression de non-amour, sous n’importe quelle forme, reflète une résistance au Divin Amour, car le souhait fondamental de l’ego est de remplacer Dieu. Toute trace de culpabilité, indépendamment des apparences, dépend de ce désir oublié, profondément enfoui dans l’inconscient.

À cause de l’oubli, chacun ressent la culpabilité et la peur, ignorant leur origine. Au sein des familles, le jeu de culpabilisation entre en scène dès la tendre enfance, car la culpabilité demande punition. Pour se défendre contre la peur d’être puni, chacun cherche à responsabiliser quelqu’un d’autre à sa place. Ce système de pensée, projeté dans ses relations, renforce la culpabilité et la peur du futur. De toute évidence, ce mécanisme de défense ne peut qu’envenimer les relations, multipliant les conflits incessamment.

Mais quand l’amour du Soi inspire l’Esprit à la suite d’une prière, personne n’est jugée ni exclue, car les corps sont neutres, dans le sens où les corps suivent l’esprit juste [amour] ou l’esprit faux [peur] qui les dirige. Le corps est un mécanisme d’apprentissage pour l’esprit qui se croit séparé de ses projections.

Juger quelqu’un, c’est projeter sur un corps les effets de la culpabilité inconsciente : peur, anxiété, insécurité, dépression, doute, etc. La projection de la culpabilité ne la fait pas disparaître, mais la renforce et renforce l’ego qui dépend de cette défense puisque l’ego ne peut survivre sans jugement. Culpabilité et jugement ne peuvent exister l’un sans l’autre. Comme la culpabilité est le fondement de la race humaine, impulsivement, chaque individu juge quelqu’un ou quelque chose.

À l’inverse, le Soi ne juge jamais les conséquences de pensées qui rejettent Son amour, sachant que tout ce qui n’est pas aimant est un appel à l’aide et à la guérison. Or, la solution à toute forme de conflit est le non-jugement. Le véritable pardon est non-jugement. Quand la conscience s’abstient de juger, elle est spontanément inspirée par l’amour du Soi. Il n’y a pas d’autre option, car le Divin Esprit est Amour.

Le vrai et le faux ne peuvent coexister en même temps. C’est l’un ou l’autre. S’opposer à la réalité ne peut la changer, mais fait paraître réelles des erreurs de pensée (oppositions). Par exemple, toute forme de souffrance symbolise une résistance à l’amour de soi. Le monde n’est pas cause de souffrances, mais le reflet extérieur des résistances de l’esprit faux de l’ego. Les idées ne quittent pas leur source. Tout survient dans l’esprit. Tout se dissout en lui.

En suivant la voie du pardon (non-jugement), là où la haine est perçue, l’amour apparaît, reflétant son changement d’esprit. C’est le miracle. Changer d’esprit signifie le mettre à la disposition de la véritable Autorité. Le pardon corrige les fausses perceptions, projections de l’ego, laissant entrevoir l’impeccable amour de Soi uni au Créateur.

Observer les réactions de l’ego sans jugement incite la conscience à abandonner ses résistances. La façon est simple. Au lieu de donner suite aux défenses de l’ego, on peut prendre du recul. Dans ce renoncement à l’attaque, l’esprit uni à l’amour du Soi reste en paix, indépendamment des événements. C’est la voie directe de libération, sans intermédiaire.

De tout cœur, merci pour l’Aide reçue. Namasté.

La quête de la vérité

La quête de la vérité n’est que l’honnête recherche de tout ce qui interfère avec la vérité. La vérité est. Elle ne peut être ni perdue ni cherchée ni trouvée. Elle est là où que tu sois, étant au-dedans de toi (T.307)*.

N’ayant rien à défendre, la vérité reste en paix. Or, les défenses pour la paix sur terre n’ont jamais cessé. Les conflits au sein des familles, entre amis, collègues, voisins ou nations démontrent indéniablement que dans toutes les sphères de la société, la vérité est contestée.

Toute forme de conflit, indépendamment des circonstances, symbolise­ une résistance à aimer. Et rien d’autre.­ L’Esprit est amour. Ses pensées sont également aimantes pour tous, sans exception. Mais quand son amour est nié, inévitablement, la peur prend sa place. Tout comme un enfant qui perd de vue ses parents dans une foule : c’est la panique. Métaphoriquement, nous sommes cet enfant perdu dans un monde impitoyable. Mais rien n’est à juger, car le mélodrame humain symbolise un cauchemar duquel chacun s’éveillera avec l’aide de l’amour au dedans.

En explorant l’histoire de l’humanité, l’évidence saute aux yeux : c’est la peur qui dirige la conscience humaine. Quelles que soient les croyances, les cultures, les races, les couleurs des hommes et des femmes, tous ont peur de quelque chose.

Depuis le début de l’aventure humaine, pour contrer la peur, des défenses ont été inventées. Et les pensées de peur continuent de se manifester sous de multiples formes. Par exemple, quand la cause d’un symptôme de maladie est contrôlée en laboratoire, un autre apparaît sous une autre forme. Maintenir l’attention sur les effets de la peur la renforce. Il est inutile de s’enfer­mer à clé, de contrôler son corps ou celui des autres, de renforcer les lois pour maintenir l’ordre si la peur est présente dans l’esprit. Elle se manifestera encore et sous d’autres formes.

L’objectif de sa naissance n’est pas de faire des besoins d’un corps temporel sa réalité sans les négliger pour autant. L’esprit est sa réalité intemporelle. Le but est d’éveiller sa conscience en regardant tous les blocages (culpabilité, peur, jugement, jalousie, haine, angoisse, inquiétude, doute, orgueil, etc.) qui empêchent de ressentir l’amour, son héritage divin. Se défaire des effets de sa résistance à la vérité constitue sa principale fonction. Tout le reste suit sans effort.

Le divin amour inspire la conscience humaine à pardonner les effets du non-amour puisque les souffrances voilent la vérité inchangée en chacun. En s’abstenant de juger, d’attaquer, de défendre ou de sauver l’ego mis de côté, la conscience, unie à la véri­té, est libre de s’éveiller en douceur.

Le pardon corrige dans le présent les fausses perceptions liées au passé. C’est le miracle. La correction de la perception survient quand la cons­cience choisit de pardonner les réactions de l’esprit faux de l’ego. Mais la patience est de mise, car le processus prend du temps en raison de la mémoire stockée dans l’inconscient. L’inconscient est comme l’iceberg; sa plus grande surface reste cachée. La vérité ne peut être qu’expérimentée. Elle ne peut être décrite ni expliquée (T.161)*.

Rien ne manque sur la voie qui mène à la vérité. Rien ne manque sur la voie qui s’en éloigne. Mais leurs résultats sont en tous points opposés.

Je rends grâce pour toute l’aide reçue.

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*Les passages en italiques sont des extraits du livre Un cours en miracles.

Perspective de collaboration

Cette édition printanière est toute spéciale, non seulement parce que nous sommes tous enchantés que le printemps soit enfin à nos portes, mais aussi parce que Cheminement partage cette édition régionale de l’Outaouais avec de nombreux nouveaux lecteurs dans les régions de Montréal et de Québec. Cette initiative a pour but d’étendre la dynamique régionale d’échanges favorisant l’éveil de la conscience humaine et la santé globale qui existe en Outaouais depuis plus de vingt ans. L’objectif est de relancer ou d’introduire de nouvelles éditions régionales qui favoriseraient cette dynamique ailleurs au Québec, notamment à Montréal et à Québec, en s’appuyant sur le modèle et sur le succès de la revue Cheminement en Outaouais.

La revue Cheminement s’est associée à l’Expo Manger Santé et Vivre Vert cette année en devenant un de ses partenaires médias. C’est à ces événements rassembleurs que nous avons choisi de mettre à la disposition du public plusieurs milliers d’exemplaires de cette édition printanière. Nous espérons que vous serez nombreux à prendre plaisir à découvrir les collaborateurs à cette édition.

Je profite de l’occasion pour féliciter madame Renée Frappier, présidente et fondatrice de L’Expo Manger Santé et Vivre Vert de Montréal et de Québec, qui en est à sa 21e année consacrée à regrouper plus de trois cents entreprises du Québec et d’ailleurs qui feront une fois de plus découvrir au grand public des produits et aliments du terroir parmi les plus récents, et pour la plupart biologiques, qu’il sera également possible de déguster sur place. Ce « happening » gastronomique annuel donne l’occasion de faire la découverte de produits locaux contribuant à une saine alimentation, de suppléments naturels de toutes sortes et de produits écologiques pour la maison. L’Expo vaut le déplacement; assurez-vous d’apporter au moins un de vos sacs écologiques pour transporter vos achats. Bravo à vous, Madame Frappier, ainsi qu’à toute votre équipe!

En ce qui a trait à la perspective de nouvelles collaborations ailleurs au Québec pour accroître le rayonnement de la revue Cheminement, le souhait a germé, le produit  est mûr et l’invitation a maintenant été lancée.

À vous de nous dire si l’aventure vous intéresse!

Bonne lecture et bon printemps à tous.

On continue…

Une époque de changement. Il y en a toujours eu, sauf que jamais le rythme de ces changements n’a été aussi rapide. Nous sommes dans une ère d’adaptation sans précédent qui a des conséquences bien concrètes sur nos vies personnelles et spirituelles et très certainement sur l’écologie de la planète. Des ajustements sont, pour la plupart des gens, de plus en plus nécessaires et exigeants. Le rythme effréné est devenu la réalité avec laquelle nous devons composer. Accepter de vivre avec ce qui est là et devant nous, avec engagement et espoir, est la voie à suivre. Parce qu’au fond, nous sommes tous connectés et sur le même bateau. Et comme je ne cesse de dire à mes collègues, à mes collaborateurs et à mes bénévoles, chacun dévoué à travailler avec l’intention de contribuer au meilleur. On continue…

C’est vrai qu’on se doit de continuer en quête du meilleur, sauf qu’il semble y avoir également ce besoin de prendre du temps; prendre du temps pour s’arrêter et vérifier sa boussole intérieure. Ce contact essentiel et spirituel qui donne un sens à notre vie. Étant personnellement déjà assez sensible à mon environnement et aux énergies qui m’entourent, tout en étant aussi un peu trop perfectionniste, j’ai ce besoin constant de prendre du temps pour me connecter au plus grand que moi et au sens profond de ma place dans le ici et maintenant. Ce que le monde extérieur nous reflète, c’est que tout bouge trop vite. Les gens sont désespérément à la recherche d’un nouveau sens et d’une nouvelle direction.

Cette édition de la revue Cheminement marque la fin de sa 20e année de publication au service du mieux être et de l’éveil de la conscience. En septembre prochain débutera la 21e année… Wow! Quelle aventure et quel privilège d’avoir été inspiré à mettre sur pied ce projet!

Sa réussite repose sur la collaboration de nombreuses personnes de cœur qui y ont participé au cours des années. Je les remercie tous d’avoir ajouté leur couleur à cette belle histoire qu’est le Cheminement. Je remercie les annonceurs qui appuient le travail et les bonnes intentions de la revue. Je veux aussi dire un énorme MERCI à certains de ces annonceurs qui ont été présents dans nos pages depuis tant d’années. Vous êtes l’essence même de ce projet qui a pour but un enrichissement collectif. Un grand merci aussi à vous chers lecteurs qui êtes de plus en plus nombreux à nous lire. Merci de votre intérêt à poursuivre votre cheminement avec nous sur ce bateau qui vogue vers le meilleur. Et on continue…

Je vous souhaite à toutes et à tous un bel été de plaisir à déguster chacun des mots de nos auteurs et annonceurs dans cette édition d’été.

La conscience de soi par le mouvement, un acte politique?

Après l’attentat dans la mosquée de Sainte-Foy, dans la région de Québec, j’étais sous le choc comme beaucoup d’autres personnes. Je me sentais en désé­quilibre. J’avais envie de pleurer. Je ressentais cette folie qui avait arraché des vies humaines par un geste déséquilibré. Le respect des différences est une valeur très importante dans ma vie et dans mon travail. Et la différence venait d’être piétinée.

Sans aucune hésitation, j’ai rejoint le rassemblement au métro Parc. Je repense avec émotion à ces quelques minutes de silence durant lesquelles la foule a prié ou médité et partagé un moment de chaleur et d’humanité dans cette période tourmentée.

Ces évènements dramatiques sont souvent des moments où je me demande comment être proactive face à l’horreur. Paradoxalement, je remarque que, lors d’un évènement tragique comme cet attentat, il y a un réveil de la conscience de l’autre, différent, un réveil de l’amour universel pour chaque être humain. Et cela me rassure.

Un jour, ma fille m’a posé une question que j’évoque dans un chapitre de mon livre : « Maman, que fais-tu pour changer le monde? ». Et je lui ai répondu que chacun doit trouver sa propre façon de s’engager dans le monde pour faire changer les choses. Moi, j’ai choisi de travailler à devenir une meilleure personne, plus consciente de moi-même, des autres et de l’environnement dans lequel je vis.

Je le fais par le mouvement. Je suis éducatrice somatique. Lorsque mes élèves arrivent dans ma salle de cours après une journée de travail, le corps tendu, ils se sentent en déséquilibre, éparpillés à cause des obligations de la vie quotidienne, épuisés parfois. Ils ont choisi de s’offrir une pause pour se reconnec­ter à eux-mêmes, ressentir leur état intérieur et prendre conscience de leur respiration, de leur façon de se tenir debout, puis de leurs tensions une fois qu’ils se sont allongés sur les tapis. Arrêter de courir! Prendre du temps pour soi, revenir à la source de ce qui est essentiel. Les soucis ne vont pas s’envoler par magie, mais ce qui change, c’est la façon de les appré­hender. Ce temps qu’on se donne est une opportunité de réduire les effets du stress chronique, de prendre le temps de souffler et de retrouver ses forces. Prendre conscience de soi par le mouvement pour retrouver la fluidité dans ses mouvements, mais aussi une fluidité dans ses pensées. Il suffit d’écouter ce que ces femmes et ces hommes disent à la fin d’un cours (je suis plus souple, plus centré, j’ai plus de carrure, je me sens plus solide) pour savoir que cette qualité de présence à soi, cette force intérieure réactivée, va rayonner dans leur quotidien.

J’ai la ferme conviction que l’éveil de la conscience de soi par le mou­vement rayonne sur notre entourage. Accepter l’autre commence par s’accepter soi-même. Accueillir l’autre nécessite de développer l’habileté de s’accueillir soi-même. Cela a été la source de ma motivation quand je me suis engagée à occuper durant six ans la présidence du Regroupement pour l’éducation somatique du Québec.

Conserver ou retrouver une fonctionnalité dans ses mouvements de la vie quotidienne, se donner le pouvoir d’avancer dans la vie sans rétrécir et de rester mobile le plus longtemps possible a aussi sa place dans la prise en charge de sa santé et de son bien-être. Retrouver la paix intérieure par le mouvement contribue à bâtir un monde meilleur; c’est un acte d’amour, mais aussi, à mon sens, une action politique.