Les aromates, du jardin à la cuisine

Les aromates et les épices sont utilisés en cuisine depuis au moins 5 000 ans! Ils sont mentionnés dans les textes chinois et dans les papyrus égyptiens depuis le troisième millénaire avant notre ère. Les épices originaires des pays orientaux sont arrivées au début du Xe siècle en Europe et ont rapidement donné lieu à un commerce florissant. Ces commerces ont donné leurs noms aux épiceries.

Valeurs nutritives
Les fines herbes sont plutôt riches en fibres. Les épices sont plus riches en matières grasses que les herbes. Les fines herbes sont particulièrement riches en minéraux, dont le fer que l’on retrouve plus particulièrement dans le persil. Ces plantes odorantes dont la poudre de Chili, la ciboulette, le cerfeuil, le curcuma, l’oseille, le paprika et les zestes d’agrumes contiennent passablement de nutriments, surtout les vitamines A, C et E. Pour la plupart des fines herbes, une cuisson trop prolongée est néfaste ainsi qu’une trop forte ébullition à découvert. Mieux vaut les rajouter en fin de cuisson. Tandis que les épices préfèrent être sautées à l’huile en début de cuisson.

Agents de conservation
Les aromates et épices sont des conservateurs naturels d’aliments. Cette propriété leur vient de leur remarquable pouvoir antioxydant.

Donc, ils empêchent le rancissement et la perte de vitamines causés par l’oxygène. Le clou de girofle, le curcuma, le poivre, le gingembre, la noix de muscade, le romarin et la sauge sont parmi les antioxydants les plus efficaces. L’action antioxydante des épices est accrue lorsqu’elles sont mélangées à l’huile chaude, ce qui justifie dans la cuisine exotique l’habitude de faire revenir les épices dans l’huile.

Antiseptiques
Elles ont la propriété d’empêcher le développement des bactéries pathogènes. L’ail est reconnu depuis la plus haute antiquité pour ses propriétés antiseptiques, notamment contre les staphylocoques et les salmonelles. La cannelle est reconnue pour empêcher le développement des moisissures, par exemple dans la compote de pommes. Le clou de girofle, la moutarde et la marjolaine ont un effet inhibiteur sur certaines bactéries, elles ont tout probablement un effet bénéfique sur la flore intestinale, en favorisant les bactéries lactiques au détriment des bactéries néfastes de l’intestin.

Stimulants de la digestion
La production de salive et l’activité de l’amylase sont considérablement stimulées par les épices. Dans certains cas, l’amylase peut être multiplié par 20 fois sa production. Et l’on sait que la première digestion s’effectue dans la bouche afin de débuter la digestion de l’amidon en sucres simples. Cette stimulation de l’amylase est surtout produite en l’occurrence du gingembre, du cari, de la moutarde et du piment. Les épices sont généralement déconseillées en cas d’ulcères d’estomac. Mais nous avons découvert que plusieurs épices stimulent la sécrétion de mucus par la muqueuse intestinale et ce mucus a probablement un effet protecteur contre les agents pouvant irriter les parois stomacales.

Dans les climats chauds, la population consomme une quantité modérée d’épices fortes (chili, cayenne…), afin de stimuler les fonctions digestives, ayant un effet bénéfique sur la digestion. Car les propriétés antiseptiques auraient un effet inhibiteur sur la prolifération des bactéries nocives des aliments dans les pays chauds. Cela ralentirait l’altération des aliments, et ainsi prolongerait la durée des aliments n’ayant aucune réfrigération. Dans les climats froids, comme au Québec, leur usage demeure plutôt exceptionnel, quelques fois par semaine en hiver. Nous recommandons de les consommer plus régulièrement en été.

Fines herbes ou aromates
Les fines herbes sont constituées habituellement de feuilles (persil, cerfeuil, estragon, origan…) ou de graines (céleri, carvi, fenouil, aneth, fenugrec) ou de fleurs (bourrache, capucine, lys d’un jour, passerose, pensée, violette…). L’on retrouve deux familles dont les labiées ou labiacées qui doivent leur nom à la forme de lèvres qu’adoptent les pétales en se réunissant pour former deux lobes. L’on retrouve dans cette famille l’origan, la sauge, le romarin, la menthe, la marjolaine, la mélisse et la sarriette. Il existe une seconde famille, les ombellifères qui ont des fleurs en ombelles dont l’aneth, le fenouil, le persil, la coriandre, le carvi, l’anis et le cumin.

Les semis
Les semis sont cultivés dans des caissettes. Le terreau de germination est composé de 30 % de compost mûr, 60 % de vermiculite et de 10 % de sable horticole. Pour le repiquage, vous utiliserez un terreau de croissance composé de 50 % de compost mûr, 40 % de vermiculite et de 10 % de sable horticole. Avec ces terreaux, vous n’aurez pas à fertiliser. Les semences sont recouvertes de trois fois leur épaisseur de terreau. On recouvre les caissettes de papier journal ou de couvercles de plastique pour le temps de germination qui peut aller de 5 jours pour le basilic jusqu’à trois semaines pour le persil.

Annuelles, bisannuelles et vivaces
Les plantes annuelles se cultivent généralement en plein soleil entre les rangs de légumes (tomates et basilic). La camomille et la bourrache se ressèment par elles-mêmes, car leurs milliers de semences sont déversées sur la terre afin de refleurir l’année suivante. Il est recommandé d’acheter des semences biologiques, non traitées et non hybrides. Les semis pourront être partis à partir du mois de mars au mois de mai. Vous pourrez acheter vos semis au marché biologique ou dans des serres biologiques et les planter après les derniers gels. Attention au basilic, le plus fragile au gel parmi les fines herbes. Les plantes bisannuelles peuvent aussi se cultiver en plein jardin, car dans leur seconde année, elles produisent plus de graines que de feuilles. Vous retrouverez votre persil fort agréable lorsque l’hiver aura recouvert la terre de son manteau blanc, vous pourrez toujours cueillir votre persil frais et froid et ce sera la première herbe à être consommée au printemps. Les plantes vivaces se sentiront mieux servies si on les sème dans un endroit semi-ombragé, parmi leurs proches, les pierres et les fleurs.

Prenez en soin et désherbez-les afin qu’elles puissent respirer et embaumer votre jardin. Ces semis peuvent être semés au mois de février.

Dans la cuisine
Afin de mieux profiter des herbes fraîches, les couper finement, car plus la surface exposée à l’air est grande, plus la saveur, l’arôme sera stimulé. L’outil idéal est le ciseau ou le hachoir à deux lames en forme de berceau. Les fines herbes séchées auront meilleur goût si vous les écrasez dans vos mains avant de les utiliser. Les ajouter en fin de cuisson afin de sauvegarder leurs propriétés. Les épices pourront être chauffées à l’huile au début de la cuisson.

Récolte et déshydratation
La récolte se fait toujours le matin après que la rosée est sèche. L’utilisation des plantes fraîches en salade ou en tisane est totalement différente du monde des herbes séchées. Découvrez le basilic, la bourrache et le thym frais, quel délice gastronomique!! La déshydratation se fait simplement en suspendant les bouquets de fines herbes « tête en bas » dans un endroit aéré et sombre. Vous pouvez sécher vos herbes dans des séchoirs électriques ou au four à 100oF.

Des essences aromatiques pour aider la digestion

Qui n’a pas dans sa cuisine quelques fines herbes ou épices telles que le basilic, l’origan, le girofle, la cardamome ou la cannelle pour aromatiser ses plats? Depuis la nuit des temps, on ajoute des aromates à nos plats, et peut-être avons-nous oublié qu’elles ne servent pas seulement à donner de la saveur, mais aussi à nous procurer de merveilleux bienfaits.

En aromathérapie, nous avons à notre disposition des concentrés de ces arômes bienfaisants : les huiles essentielles souvent fort utiles en cas de troubles digestifs.

Voici neuf huiles essentielles à retenir pour leurs propriétés digestives : 

  • Basilic exotique (Ocimum basilicum)
  • Cardamome (Elettaria cardamomum)
  • Citron (Citrus limon)
  • Estragon (Artemisia dracunculus)
  • Fenouil doux (Foeniculum vulgare var. dulce)
  • Mandarine rouge (Citrus reticulata)
  • Menthe poivrée (Mentha piperita)
  • Orange douce (Citrus sinensis)
  • Thé du Labrador (Ledum groenlandicum)

On pourra soit utiliser ces essences diluées dans une huile de massage­ végétale dans les zones de l’estomac,­ du foie et des intestins et y appliquer de la chaleur, soit prendre 1 à 2 gouttes d’essences pures sur la langue en salivant bien ou diluées dans un peu de miel ou d’huile d’olive, idéalement après les repas.

*Certaines précautions doivent être observées : si vous avez des doutes quant à ces précautions ou si vous ne voyez pas d’amélioration, consultez un thérapeute qualifié.

Pour favoriser la digestion, il est également suggéré de manger lentement, de bien mastiquer, des aliments sains dans une ambiance calme et en pleine conscience que vous êtes en train de vous nourrir. Évitez de manger devant la télé, l’ordinateur ou un autre stimulant qui pourrait vous déconcentrer.

Par ailleurs, il est important de considérer l’être dans sa globa­lité, dans son aspect physique, émotionnel, psychologique et énergétique. Chaque jour, notre corps physique digère les aliments que nous mangeons. Chaque jour également, nous digérons, sur les plans émotionnel et psychologique, des situations, des idées, des émotions, des stress, etc. Tout est relié. L’expression populaire « celle-là, je ne la digère pas!Thé du Labrador (Ledum groenlandicum)» illustre bien comment la digestion peut être affectée lors d’une situation difficile ou contraignante.

Bonne digestion!

Voici le texte de l’encadré ci-dessus

Ce qui m’inspire

Prendre le temps de savourer avec tous vos sens en mangeant lentement, consciemment, une bouchée à la fois, car la digestion commence avant même d’avaler! Faire l’expérience de manger les premières bouchées les yeux fermés afin d’être en pleine présence et connecté à votre corps en train de se nourrir. Vous aurez peut-être des prises de conscience, car votre corps sait.

Conseil pratique 

Miellat digestif

Orange douce ou citron : 10 gouttes

Menthe poivrée : 10 gouttes

Basilic exotique : 15 gouttes

Cannelle de Chine : 5 gouttes

Combinez ces huiles essentielles dans 50 ml de miel et prenez environ ½ cuillère à thé du miellat dans une tasse d’eau chaude. Dégustez au besoin.

Saviez-vous que

On peut utiliser les huiles essentielles dans nos vinaigrettes? De 1 à 2 gouttes suffisent, car ces huiles sont très concentrées. On pense aux huiles essentielles de citron, d’orange, de pamplemousse, de basilic exotique, d’anis étoilée ou de cannelle dans les salades de fruits ou les salades vertes.

Elle l’a dit…

« Et si vous preniez soin de votre ventre? Car c’est bien du ventre que tout part : l’énergie, la vitalité, la vie même. » – Danièle Festy, dans son livre Tout vient du ventre (ou presque)

Pour en connaître davantage

Vous trouverez plus d’information sur les propriétés des huiles essentielles digestives sur le site https://www.doctissimo.fr/sante/aromatherapie/proprietes-des-huiles-essentielles/huiles-essentielles-digestives.

Comment conserver notre récolte automnale?

L’arrivée de l’automne signe un temps de renouveau. Ainsi débute la récolte, et on garnit notre garde-manger. Reconnectons avec de charmants moments que nous offre la nature.

À l’automne, nos jardins regorgent tellement de fines herbes, du basilic au persil, de l’origan à la livèche, qu’on ne sait plus comment les apprêter avant le gel. Des feuilles du céleri et de la bette à carde rouge, orange et jaune débordant des plates-bandes aux fleurs et feuilles des capucines au goût de raifort : elles ne demandent qu’à être conservées.

Mais, comment faire? Soupes, pesto, salades, taboulé ont tous été cuisinés, le jardin est encore fourni et le gel arrivera sous peu…

N’oublions pas le chou frisé, surnom­mé kale, le roi des supers aliments avec ses propriétés nutritives impressionnantes : 9 % de calcium, 216 % de vitamine A, 134 % de vitamine C et 684 % de vitamine K de l’apport quotidien recommandé. C’est ce qui se trouve dans une tasse de chou frisé cru! Sans oublier cette molécule parti­culière, appe­lée Indole-3-carbinol, qui aide à combattre les cellules cancéreuses. Quelle bonne alliée en ces temps modernes!

Et si on n’a pas de jardin? Rendez-­vous à votre marché préféré : le marché du Vieux Hull, de l’Outaouais, de la Petite-Nation, de Wakefield, d’Old Chelsea ou encore le marché By, à Ottawa. L’abondance regorge dans ces marchés où la fraîcheur des produits locaux est à son meilleur.

Alors, vous vous demandez comment transformer cette abondance? Salez, tout simplement!

Trois méthodes simples :

déshydratez ces bonnes herbes et fleurs comestibles avec du sel de mer et transformez-les en sel aux plantes.

préparez des herbes salées fraîches avec vos carottes, betteraves et oignons et assaisonnez vos soupes et vos légumes au four durant l’année.

préparez des huiles aromatisées au basilic thaï ou au basilic génois. Quel délice!

Que la récolte de l’automne vous comble d’énergie et d’amour pour la Terre mère! Contemplez la beauté de votre jardin et soyez reconnaissant de son abondance.
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