Ce que la vie m’a appris

Je devrais plutôt tenter de dire ce que les rencontres, les séparations, les découvertes, les éblouissements comme les désespérances m’ont appris dans le sens de me découvrir, de me construire, d’influencer le déroulement de mon existence.

J’ai ainsi appris que la vie n’est faite que de rencontres et de séparations et qu’il nous appartient de les vivre en acceptant de nous responsabiliser face à chacune.

J’ai appris encore qu’il y a toujours une part d’imprévisible dans le déroulement des jours et donc qu’il m’appartenait de savoir accueillir les cadeaux inouïs ou les blessures qui peuvent surgir dans l’immensité d’un jour.

J’ai appris bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l’instant, à ne pas rester enfermé dans mon passé ou me laisser envahir par des projections sur un futur trop chimérique.

J’ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la Vie d’être présente en moi et autour de moi, à l’honorer chaque fois que cela m’est possible, à la respecter en toute occasion, à la dynamiser avec mes ressources et mes limites.

J’ai appris difficilement à m’aimer, non d’un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation était grande) mais d’un amour de bienveillance, de respect et de tolérance.

J’ai appris avec beaucoup de tâtonnements à me respecter en osant dire non quand je suis confronté à des demandes qui ne correspondent pas à mes possibles ou à ma sensibilité.

J’ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d’un oiseau, comme dans le geste d’un enfant pour tenter de capter le vol d’un papillon ou encore dans le sourire d’un vieillard qui croise mon chemin.

J’ai appris patiemment que nul ne sait à l’avance la durée de vie d’un amour et que toute relation amoureuse est une relation à risques. Des risques que j’ai pris.

J’ai appris douloureusement que je n’avais pas assez pris de temps pour regarder mes enfants quand ils étaient enfants, que j’aurais dû savoir jouer et rire avec eux, plus souvent et surtout chaque fois qu’ils me sollicitaient, que je n’avais pas su toujours les entendre et les accueillir dans leurs attentes profondes et surtout que j’avais trop souvent confondu mon amour pour eux avec quelques-unes de mes peurs tant je voulais le meilleur pour eux, tant je désirais les protéger des risques (que j’imaginais) de la vie.

J’ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s’accélérait en vieillissant et qu’il était important non pas d’ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années.

J’ai appris malgré moi que je savais beaucoup de choses avec ma tête et peu de choses avec mon cœur.

J’ai appris que je pouvais oser demander si je prenais le risque de la réponse de l’autre aussi frustrante ou décevante qu’elle puisse être, que je pouvais recevoir sans me sentir obligé de rendre, que je pouvais donner sans envahir l’autre et refuser sans le blesser.

J’ai appris sans même le vouloir, que j’avais des besoins et qu’il ne fallait pas les confondre avec des désirs.

J’ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre tout l’inutile dont je me suis encombré pendant des années.

J’ai appris joyeusement à planter des arbres, c’est le cadeau le plus vivant que je peux faire jusqu’à ma mort à cette planète merveilleuse qui a accueilli mes ancêtres et surtout mes géniteurs.

J’ai appris doucement à recevoir le silence et à méditer quelques minutes chaque jour pour laisser aux vibrations de l’univers la possibilité de me rejoindre et de m’apprivoiser encore un peu. Oui, j’ai appris beaucoup et pourtant je cherche encore l’essentiel.

Osez vivre dans la Loi du temps!

De tous les temps, nous sommes en temps, disait la Chamane à une dame nommée Simonne, venue la consulter.

Vous venez de me raconter les tourments de votre vie de couple et j’observe que vous énoncez le temps passé comme si vous aviez oublié d’avancer dans le temps. Vous semblez si enchaînée à ces jours de bonheur perdus selon vous sans pourtant, jamais exprimer les joies de votre vie actuelles avec votre conjoint

La médecine que je vous propose demande de comprendre et d’appliquer la Loi du temps. Loi veut dire : ordre et harmonie. Si vous contemplez le cosmos, c’est exactement ce que vous observez. Les astres avancent dans l’espace-temps sans jamais reculer d’un iota. Le contraire manifesterait un chaos ce qui provoquerait une rupture des cycles d’évolution. Tous les astres suivent la direction, le mouvement de l’instant présent. Ce sont nos grands maîtres, ceux qui nous enseignent le Loi du temps. Le temps est en réalité une grande pensée créatrice dans laquelle nous évoluons en avançant dans l’espace-temps. Si l’homme déroge à ce mouvement, il crée inévitablement le chaos dans sa vie. Lorsque vous reculez dans le temps pour revivre des instants passés, vous venez de quitter l’instant présent. Cela provoque des émotions illusoires de tristesse, de colère, de regret, de remords, de culpabilité, d’incertitude, etc.

En parlant de votre conjoint, vous dites ceci : avant, il était si gentil; avant, il faisait attention à moi; avant, il était plus joyeux, plus amoureux, plus agréable. Cela démontre que vous vivez dans l’espoir que le passé reviendra. Donc, vous ne pouvez aucunement vivre à deux endroits à la fois, c’est-à-dire dans le passé et le présent au même moment. Vous avez choisi de vivre dans le passé en projetant celui-ci dans votre futur. « Il redeviendra comme avant ». C’est ce que vous pensez.

Chère dame, vous dérogez à la Loi du temps et le mauvais esprit qui vous ronge n’est autre que vous-même, car vous êtes perdue dans l’espace-temps. L’homme est la seule espèce animale disposée à défier la Loi cosmique. Lorsque la connaissance attire son attention, il acquiert enfin la sagesse de suivre le mouvement de la vie. Il ose vivre au lieu de survivre dans la mort du passé!

Osez vivre votre instant présent pleinement et vous trouverez la paix et la joie.

Pour cela, vous devez vous souvenir de la Loi de l’espace et du temps qui demande d’appliquer ceci :

« Laissez chaque chose, chaque évènement, chaque pensée là où ils furent créés, séparés les uns des autres dans le temps et avancez dans l’espace-temps ».

Cela vous demandera de porter une attention particulière à vos formes pensées, car ce sont celles-ci qui sont la cause première de cette dérogation à la Loi du temps. À l’instant où vous observez que vos pensées se projettent en arrière de vous, dans votre passé, arrêtez immédiatement en vous disant ceci : « Avance, avance dans le temps Simonne ». Vous remarquerez que toute forme de nostalgie, de ressentiment, de colère et les fantômes de la peur disparaîtront à l’instant même. Votre esprit se tournera vers la lumière instantanément. Osez faire l’effort de maintenir votre attention au présent.

Je viens de vous transmettre la médecine des ancêtres. Dans les nations amérindiennes et aborigènes, notre mode d’éducation est basé sur l’observation plus que les mots. Des années durant, ma grand-mère m’apprit à observer la nature. En guise de réponse lorsque je lui posais une question, elle m’invitait à observer ce qui attirait mon attention. Par exemple, elle me disait souvent, regarde en toi, observe d’où vient ta colère, ton mécontentement, ta tristesse ou ta peur. Chaque fois que j’osais suivre sa sagesse, je me rendais bien compte que je nourrissais le mauvais esprit dans mes pensées. Elle me regardait avec ce sourire radieux et me disait tendrement : « Tu as encore perdu le nord ». Cette expression peut vous paraître anodine, mais, en réalité, elle enseigne le détachement. La porte du nord dans la roue de médecine est pour nous l’enseignement de croissance spirituelle le plus puissant. Cette direction ou porte représente la mort, le détachement et la sagesse. En se détachant consciemment des pensées rattachées au passé, nous pouvons ainsi avancer vers la porte de l’est qui est le renouveau, la naissance d’un nouveau cycle, la création d’une vie nouvelle, etc.

Si je reviens à vos soucis, ceux que vous craignez le plus, c’est-à-dire la dissolution de votre couple. Je crois que vous pouvez faire un grand pas en avant si vous osez regarder, observer vos formes pensées. Remarquez que le pouvoir d’observation provient de votre esprit.

Car si vous pouvez observer vos pensées, qui observe?

Nous sommes l’ESPRIT (Spirit) habitant un corps animal. Pourtant, nous perdons souvent le nord et croyons que nous sommes les pensées qui circulent dans notre cerveau. Finalement, la situation conflictuelle qui sévit dans votre couple reflète vos propres rivalités intérieures. Commencez par remettre de l’ordre et de l’harmonie en vous sans rien demander à votre conjoint. En appliquant la Loi du temps, vous serez présente lorsqu’il vous sourira. Vous remarquerez les petites attentions qu’il a à votre égard et certainement que vous verrez encore plus ses qualités et deviendrez indifférente à ses défauts. Ma grand-mère me répétait sans cesse de rechercher la beauté, de l’observer en tout temps et elle ajoutait : « Le mauvais esprit mourra de ton indifférence ».

Osez être vous-même au lieu d’être les « pensées du passé ». Vous constaterez alors que le véritable amour existe seulement à l’instant présent. Que la Joie est le reflet parfait de l’instant présent. Osez être joyeuse, c’est tellement plus vivant que le passé. Osez vivre Simonne, osez demeurer dans la bonne direction, celle qui est ici & maintenant et vous découvrirez que vous n’êtes pas ce que vous pensez être… Puisse le Grand Esprit illuminer vos pensées de joie!

Lettre d’amour à l’été

Belle saison tant chérie,

Nous t’écrivons ces quelques mots pour rendre hommage à ton éblouissante beauté que tu déploies avec une créativité infinie. Nous n’allons pas te le cacher : depuis longtemps, nous nous habillons le cœur pour ta venue et attendons le retour de ta lumière dans le quotidien de nos vies. Te voilà enfin, étirant la longueur des jours et éclaboussant le ciel d’une chaleur remplie de tendresse. Alors comment pouvons-nous nous rapprocher de toi afin d’entrer, nous aussi, dans ta danse si magnifique?

MARCHER. L’été, nous pouvons enfin marcher légèrement vêtus et laisser la douceur de l’air caresser notre peau. Lorsque la température extérieur se rapproche de celle de notre corps, une sensation émouvante de faire partie de notre environnement nous enveloppe. Les pores de notre peau s’ouvrent pour laisser entrer toutes les notes de la symphonie de l’été. Pendant qu’on marche, le mental se tait momentanément avec révérence et laisse place au ressenti du corps en mouvement. Osons aussi aller pieds nus… dans l’herbe fraîche, dans le sable fin, sur les roches et la terre humide. Marchons de tout notre être, embrassant affectueusement la terre avec la plante de nos pieds. Chaque pas n’est-il pas une occasion de laisser sur la planète notre empreinte de joie et de paix? Chacun de nos pas devient une offrande d’amour à la terre et nous rappelle immédiatement notre appartenance à cette nature vibrante.

OUBLIER. Et si, pour un moment d’éternité, nous arrivions à oublier le nom des choses? Car en apprenant les mots, peu à peu, nous avons commencé à nous méprendre, à penser que l’arbre est simplement un mot : arbre, alors que ce qui s’élève majestueusement, avec des bras qui embrassent le ciel et d’autres bras qui embrassent la terre, est un pur mystère. Le mot est utile, bien sûr, mais il n’est pas la chose. Le mot fleur ne nous dit rien de la délicate danse de l’ouverture de ses pétales ni de l’enivrement de son parfum unique. Il devient donc urgent de lever le voile sur des concepts que crée le mental qui est sans cesse occupé à étiqueter, à évaluer et à comparer. Sortir de notre tête nous permet de percevoir directement à partir d’un espace au-delà des mots. Lorsque le cœur regarde le monde, il touche immédiatement le tissu vivant de l’existence.

SE DÉTENDRE. Lorsque que tombe le voile des concepts fabriqués par le mental, un état de profonde détente nous gagne… une sensation paisible d’être ici dans le maintenant. Ce lâcher-prise est une grâce toujours accessible. Ce maintenant de l’instant présent est extrêmement important, car il est tout ce que nous avons et tout ce qui est réel. Lorsqu’on accorde peu d’importance à nos pensées, celles-ci nous abandonnent; elles s’éloignent et finissent pas se taire; nous plongeons malgré nous dans l’expérience de vivre. À prime abord, cela semble trop simple et presque insignifiant. C’est que la beauté de l’été est timide et a besoin de notre attention pour commencer à se dévoiler. Soyons bien attentif à nos perceptions sensorielles : le vent qui frémit dans les arbres et joue dans nos cheveux, la pureté du gazouillis des oiseaux et la sensation émouvante d’être en vie à chaque respiration. Soudain, il n’y a que la vie qui reconnaît la vie. Alors que se ferme le fossé qui nous sépare de notre expérience, nous nous retrouvons dans une profonde intimité avec l’instant. De là, notre relation avec notre expérience ne peut que se remplir d’amour. Cueillir le présent d’un seul instant est un pur miracle.

Cher été, merci de tes caresses qui parlent de l’amour de la vie pour la vie. Merci pour ta beauté qui reflète notre propre beauté. Merci de nous rappeler le chemin du retour vers le cœur de notre être, là où nous sommes pure présence. Merci de nous ré-enchanter. Comme nous t’aimons! Et c’est signé : les humains et humaines, frères et sœurs des oiseaux, des arbres et des ruisseaux.

Vibrer de tout son être

Vibrer, n’est-ce pas être touché? Se faire vibrer, c’est un pouvoir qui nous est donné, le pouvoir de reconnaître ce qui nous convient en tant qu’être « non conditionné » afin d’agir en fonction de notre réa­lité intérieure. Par exemple, s’il vous prend une envie d’exprimer quelque chose et que vous vous sentez jugé, une interférence ternira votre expression. Et les gens sentiront votre combat intérieur, ce qui rendra votre personne moins agréable.

La transparence et l’intégrité sont des états fondamentaux qui font vibrer votre être sans le bloquer. Pour vibrer, il faut donc apprendre à sortir du conditionnement. Un truc pour y parvenir est de vous assurer que vous parlez à partir de l’énergie du cœur. Votre cœur traduira immédiatement votre degré de transparence; il ne pourra pas réprimer vos divers sentiments d’oppression.

Cette oppression vient de l’accumulation des mémoires de l’âme, en tant que bande enregis­t­reuse de toutes vos expériences passées, bonnes ou mauvaises. Ces mémoires contiennent les valeurs du bien et du mal que vous avez imprimées. Votre âme « ressent » le bien et « ressent » le mal : elle est conditionnée par les deux. C’est pour cette raison que nous éprouvons souvent le besoin d’exprimer notre sentiment d’oppression en faisant vibrer notre âme, comme pour balayer les mémoires qui interfèrent avec notre moi pur, non conditionné.

Nous pouvons nous connecter à notre vibration sur deux plans : les sens et les perceptions extrasensorielles.

Les sens « interférence » de l’âme
Lorsque nous faisons vibrer notre âme sur le plan des sens, c’est la part de nous qui a besoin de danser, de chanter, de peindre, de se mouvoir pour ressentir son corps et le libérer du sentiment de confinement souvent lié à nos schémas familiaux. Tous les sens sont investis dans l’expression de l’âme. Nous éprouvons parfois des désirs inexplicables qui, lorsque nous osons les exprimer, nous libèrent de l’oppression. Faire vibrer notre âme est une étape intermédiaire à la liberté.

La vibration source
Sur le plan extrasensoriel, c’est notre propre esprit qui vibre. Il est notre source libre. Évidemment, tant que nos jugements, nos peurs et nos doutes interfèrent, le conditionnement bloque la fluidité de notre esprit. Pour faire vibrer notre être, il faut abandonner notre passé et être à l’écoute de l’instant présent.

Il faut plusieurs années pour atteindre un tel degré de liberté, mais dans chacune de nos vies, nous sommes à même d’identifier certains moments de grâce. Ces moments nous confirment que nous avons tous bel et bien l’aptitude innée de faire vibrer notre être sur le plan de l’esprit.

Par exemple, lorsque vous parlez à quelqu’un d’un sujet très intime et que vous vous révélez spontanément à l’autre, vous pouvez tous les deux être traversés d’un frisson. C’est la vibration de votre esprit qui s’exprime et qui vous confirme que vous avez débloqué une interférence et que vous êtes connecté à la source.

Pourquoi faire vibrer l’esprit?
Pour devenir authentique, renouveler votre énergie vitale, vous autoguérir, faire éclater toute oppression issue des valeurs « mortes » du passé, créer l’harmonie à chaque instant. Bref, pour devenir et rester un être libre.

Pour y parvenir, écoutez d’abord votre cœur, conscientisez les pensées qui restreignent votre capacité à le faire vibrer (fausses responsabilités, jugements et comparaisons). Puis observez vos réactions face aux autres, constatez à quel point vous tombez (facilement) dans le conditionnement bien-mal. Enfin, osez commencer à exprimer ce qui résonne pour vrai dans votre cœur.

À l’instar du violoniste, vous apprendrez à maîtriser votre son (émotion), à jouer les bonnes notes (intégrité) pour faire vibrer votre violon (être).

La mort : changement de décor sur l’éternel chemin de la vie

La mort nous interpelle et nous bouleverse. Plusieurs questions nous assaillent, et diverses émotions nous envahissent quand nous voyons mourir nos proches ou quand nous envisageons notre propre mort. Mais quelle que soit notre réaction, la mort est inévitable. Aussi bien l’apprivoiser.

C’est ce qu’ont fait Socrate, Platon, Épicure, Cicéron, Plotin, Montaigne et plusieurs autres philosophes qui en sont venus à penser que philosopher, c’est apprendre à mourir. Le sens de la mort découle de celui que l’on donne à la vie. Si nous pensons que l’existence humaine trouve son accomplissement ultime dans l’expérience sensorielle ou la performance intellectuelle, la destruction du corps marque évidemment la fin de tout et suscite un effroi bien légitime. À l’opposé, si nous pensons que l’univers répond à une finalité spirituelle et que l’âme est immortelle, la peur de la mort s’estompe. Elle apparaît alors comme une transition vers une autre forme de vie, un simple changement de décor sur l’éternel chemin de la vie.

Deux penseurs québécois, décédés au tournant des années 2000, ont exprimé par écrit les sentiments que leur inspirait la venue prochaine de leur propre mort. « On n’est pas athée par courage. J’admets que la mort paraît souvent plus facile à apprivoiser pour ceux qui croient profondément à une survie de la personne ou de l’âme […]. Pour l’athée, la mort sera une fin absolue et sans appel. Une petite fin du monde. »

Laurent-Michel Vacher, l’auteur de ce témoignage est décédé en 2005. Ses dernières réflexions donnent l’impression que ses convictions athéistes avaient faibli. « Vivre jusqu’à la fin le moins mal possible, goûter la joie de l’instant présent […], communier avec l’énigme de l’univers, se percevoir comme partie prenante du grand tout qui nous porte et nous emporte. »1

L’autre penseur québécois dont les propos sur la mort donnent à réfléchir est Doris Lussier, le célèbre « Père Gédéon » : « Il me semble impensable que la vie, une fois commencée, se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière, et que l’âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clartés, de si riches espérances et de si douces affections. »

Je soumets la profondeur de ces témoignages à la réflexion du lecteur. Que l’on soit athée ou croyant, on ne peut pas esquiver la méditation sur la mort.

1 Laurent-Michel Vacher, Une petite fin du monde, Carnet devant la mort, Montréal, Liber, 2005.

La voie du Tao :  une quête du mode être 

Être vivant revient à sentir et à penser. Y a-t-il quelque chose de plus? Être soi, juste soi, juste être au sommet de l’être.

La voie du Tao tente de vous conduire­ vers la forme la plus pure de votre Être, au-delà de la pensée et du ressenti. Elle vous incite à toucher ce lieu vierge intérieur où se trouve un inébranlable contentement. Seulement, pour y accéder, il faut utiliser le mode « être » plutôt qu’« avoir » et retourner vers la cons­cience intérieure en passant par une acceptation totale de qui vous êtes.

La conscience intérieure évolue toujours et elle se meut vers une qualité de présence qui vous dit où vous devez mener votre quête — pas à l’extérieur, dans le monde, mais en vous-mêmes. Se tourner vers l’intérieur ne se fait pas d’un seul coup… Il peut falloir des milliers de jours, de vies ou un seul instant pour savoir qui vous êtes essentiellement, mais chaque regard conscient, bien qu’il vous semble minuscule, a un effet cumulatif et participe à dépouiller tous les aspects irréels de vous-mêmes afin que vous puissiez vous remplir totalement du potentiel réel de votre essence.

Étant épouillés, sortis de l’image de qui vous croyiez être, vous vous détournez de la notion du « je » personnel et vous devenez simplement la conscience, un regard sans visage sur le monde; il ne reste que votre essence, précieusement mystérieuse et invisible, qui vous unifie à tout. Et, bien que vous continuiez d’avoir des pensées, des sentiments et des sensations, ce nouveau regard change tout, car il vient du fait de considérer la vie comme elle est déjà, émergeant­ du point immobile inté­rieur. Enfin, vous vous émerveillez de voir la conscience pure s’épanouir dans son infinie diversité.

Cultiver le mode être, c’est : Sortir de votre tête et habiter votre corps afin d’apprendre à expérimenter directement le monde, débarrassés du perpétuel commentaire de la pensée.

  1. Voir les pensées comme des formes mentales qui vont et viennent dans l’esprit comme les nuages dans le ciel. L’idée que vous êtes sans valeur, indignes d’amour et bons à rien peut enfin être vue pour ce qu’elle est – une idée – et pas comme la vérité, ce qui va la rendre plus facile à rejeter.
  2. Commencer à vivre ici et maintenant, dans l’instant présent, avec une qualité de présence égale. Quand vous cessez de vous appesantir sur le passé et de vous projeter dans l’avenir, vous restez branchés sur l’essentiel.
  3. Éviter la cascade d’événements mentaux qui vous tirent vers le bas. En développant votre conscience, vous deve­nez capables de reconnaître très vite les moments où vous risquez de glisser vers une humeur sombre ou un état anxieux et vous apprenez à ne pas vous laisser entraîner.
  4. Cesser de vouloir changer la vie, mais laisser les choses être et expérimenter. 
  5. Débrancher le pilote automatique qui est dans votre tête. Une meilleure conscience de vous-mêmes, par vos sens, vos émotions et vos pensées, permet de déplacer le pôle d’attention interne vers un lieu supérieur de conscience habituellement négligé car non perçu. 
  6. Expérimenter cet arrière-fond de conscience silencieuse et immobile, le champ de force créateur qui vous habite, c’est expérimenter la joie stable qui demeure. Cette expérience permet d’être en lien avec ce qui est,­ de sortir de la quête de l’objet perdu, du désir et de l’attachement. Il consiste alors en une découverte de la liberté complète « d’être soi-même » en ce monde.

La voie du Tao tente de vous conduire vers la forme la plus pure de votre Être.

Pour lire le texte intégral, aller sur www.lavoiedutao.com

Mon corps, ta maison!

Mon corps, ta maison! C’est dans mon ventre que je t’ai tricoté, lentement, une maille à la fois. Tu prends vie, tu grandis et on s’apprivoise doucement. C’est incroyable de penser que je construis un petit être, ici, en moi, et que bientôt tu existeras, bien réel, dans mes bras. En attendant notre rencontre, nous apprenons à nous connaître dans ces mondes parallèles.

C’est avec ces pensées que j’ai voulu immortaliser ta maison, mon corps, temporaire. Cet abri de convenance qui n’existera qu’un instant. Une œuvre en soi, signe de vie, signe d’amour, signe d’héritage. Quelques semaines avant ta naissance, j’ai moulé mon ventre. Regarde, c’est toi qui es là! Colles-y ton oreille, tu entendras peut-être ton cœur battre! Comme ma grand-mère a porté ma mère et comme ma mère m’a portée. Une poupée russe infinie, source de vie. Inspirant, n’est-ce pas?

Inspira Production, c’est le prolongement de cette passion pour l’Individu, la Communication et les Arts. Depuis près de 25 ans, je fais de l’art avec toutes sortes de matériaux et j’explore la créativité sous tous ses angles. Réalisation vidéo, décors en trois dimensions, œuvres publi­citaires, ateliers de création, papier mâché, peinture sur toiles, plâtre, etc. L’art, pour moi, c’est comme de l’oxygène!

Chaque moulage est une belle rencontre avec une maman en devenir. Elle entre dans mon atelier, un peu gênée de se mettre nue, mais ça ne dure qu’une fraction de seconde. Parfois le papa participe. On discute de grossesse, de couple, des noms potentiels, d’éducation, des joies et des peurs d’être parent, ou de sommeil! L’application du plâtre prend une vingtaine de minutes et c’est toujours un bon moment que nous passons à échanger. Après quelques jours de séchage, je me sens privilégiée de me retrouver seule à peindre le moule. Je pense à ce petit être humain caché dans ce moule, à sa famille, et puis je laisse aller ma créativité. C’est toujours un instant magique!

Inspira Production vous permet de laisser votre trace dans le temps. C’est l’empreinte d’un moment unique, la maternité! C’est un cadeau que vous laisserez à votre enfant sous forme d’une œuvre d’art symbolique et personnelle. Que ce soit un moule uni ou avec un dessin représentant des valeurs, des symboles ou des passions, il vous représente.

L’an dernier, j’organisais une exposition de moules en plâtre à l’occasion de la fête des Mères. C’est à ce moment que nous avons appris que ma mère souffrait d’un cancer incurable. Six mois plus tard, elle nous quittait. Dure réalité de la vie! Mais elle m’aura donné en héritage l’amour, la détermination, le courage, l’empathie, mais surtout un ardent désir de croquer dans la vie et de savourer l’instant présent!

mon corps, ta maison

Le temps du thé, une fenêtre sur l’instant présent

Le thé est une boisson différente des autres infusions. Les feuilles du théier sont riches en huiles aromatiques, tanins, caféine et en autres éléments bienfaiteurs pour notre santé globale, mais il n’est pas seulement question de ces éléments dans les différentes traditions où le thé porte une dimension plus spirituelle. Pourquoi cette boisson a-t-elle accompagné l’homme depuis plus de 5 000 ans dans ses prières et ses réflexions, ses rituels, ses moments de force et de faiblesse? De sa liqueur aromatique émane quelque chose de sacré, quelque chose d’apaisant qui nous dispose au calme et à l’éveil tout à la fois. Dans toute la simplicité d’une tasse de thé se cache plus qu’on ne le croit.

Le simple fait de préparer et déguster le thé consciemment nous permet de nous centrer, d’avoir une vision claire, de nous retrouver tel que nous sommes ici et maintenant, de nous enraciner dans le présent. Ses principes stimulants dont la caféine sont balancés par ses composants protecteurs et apaisants tels que la L-théanine et le Gaba, tout ceci sans parler du Chi que contiennent ces feuilles et que l’on peut également ressentir dans de bons crus. Si on écoute bien, si on ressent plus qu’on ne pense, on percevra dans notre corps une sensation de verticalité et de quiétude après avoir dégusté quelques tasses de thé. Cette boisson, en plus d’avoir des arômes et saveurs agréables, devient alors un outil de présence.

Le moment de prendre le thé est un moment d’arrêt important dans le quotidien de plusieurs nations. Pour les amateurs, il est même vital d’en boire, il fait partie de ces moments précieux dont on ne peut se passer. Il peut être un moment de repos ou de ressourcement, d’introspection ou de partage, de silence ou de discussions. Sa liqueur colorée et parfumée prend alors le rôle d’ancrage lorsque consommée en solitaire et de facilitateur social lorsque consommée en groupe.

Parfois ritualisé, l’événement que nous appelons “cérémonie du thé” ou “temps du thé” est alors bien plus qu’un cérémonial autour d’une boisson. Il est l’expression de l’art de préparer et déguster le thé dans son aspect le plus précieux, le plus noble. Si les anciens sages taoïstes disait du thé qu’il était l’élixir de l’immortalité, c’est parce qu’il aurait la capacité de nous mettre en contact avec la nature, notre Nature véritable. Alors, le thé et celui qui le déguste ne deviennent qu’Un, dans toute la simplicité de l’Être plutôt que de l’agir. La notion taoïste du Wu Wei, du non-agir, prend alors tout son sens, à chaque gorgée.

Pour savourer pleinement l’expérience du thé, il faut commencer par le préparer avec toute notre attention. Commencez d’abord par ressentir la chaleur de l’eau qui frémit près de vous. Écoutez et regardez la beauté de la vapeur d’eau qui frise dans l’espace. En prenant les feuilles dans la paume de votre main ou à l’aide d’une cuillère, appréciez-en les odeurs, la forme et la couleur. Dans la théière chaude, elles dégageront un parfum fugace. Ne vous pressez en rien. Attendez avant de verser l’eau et humez ces arômes uniques. C’est un moment qu’on oublie trop souvent de savourer. Ensuite, vous pouvez verser l’eau doucement afin de faire tournoyer les feuilles dans la théière. Admirez leur danse au fur et à mesure que le vaisseau se remplit. C’est entre autres cette danse qui, comme par magie, inspire les feuilles à exhumer leur parfum dans l’eau. En posant délicatement le couvercle, souhaitez aux feuilles de thé de s’exprimer comme elles le désirent. Pendant leur infusion, prenez le temps de respirer, d’attendre sans attendre, d’être tout simplement. Écoutez bien, le thé vous parlera lorsqu’il sera prêt. Sans attente, sans empressement, versez le thé afin d’en apprécier toutes les saveurs et arômes.

Puis, lentement, savourez votre infusion. Buvez votre thé ou encore mieux… laissez-vous boire par lui.