L’archéologie de l’esprit : de l’excavation… à la mise en relation!

Je vous ai proposé, pour votre cocooning d’hiver, de devenir un archéologue de l’esprit et d’entamer un processus d’excavation de vos structures identitaires, profondément ancrées dans votre subconscient. Cet exercice avait pour but de diriger la lumière de votre conscience sur les croyances profondes sur lesquelles s’appuient les murs de votre demeure existentielle, les valeurs fondamentales servant d’assise à l’expression de votre être. Le moment est maintenant venu de passer à l’étape suivante, soit celle de décider, en pleine conscience, quelles sont les valeurs (héritées de votre entourage familial et social) que vous voulez préserver ou laisser aller, redéfinir ou actualiser.

Les valeurs sont de puissants outils qui peuvent être au service autant de votre emprisonnement que de votre libération. Il est donc indispensable, dans votre inventaire des valeurs, d’être lucide en ce qui concerne ce que ces valeurs représentent lorsqu’elles sont poussées jusqu’à leur expression ultime. Prenons un scénario hypothétique : si je consi­dère la gentillesse comme une valeur très importante, cela implique que, dans mes interactions avec les autres, je dois être conciliante, même lorsque je suis entourée de gens qui abusent de ma gentillesse. Cela vous semble-t-il une valeur positive qui me permet d’agir librement et de me respecter moi-même? Ou est-ce plutôt une valeur qui m’emprisonne dans un rôle de sacrifice dans lequel mon souci de l’autre passe avant ma propre paix d’esprit et mon propre bien-être?

Se poser ce genre de questions est au cœur du processus de tri, et les réponses vous amèneront inévita­blement à constater l’importance indéniable de définir vous-même vos valeurs, ainsi que leurs contours et leurs limites. Il se peut que vous alliez jusqu’à carrément créer de nouvelles valeurs qui seront plus conformes à votre vision de vous-même, des valeurs correspondant davantage à votre être intérieur et vous fournissant des contours pleins d’amour pour favoriser l’expression authentique de votre soi! Ce travail intérieur, qu’il s’agisse d’une restructuration de vos valeurs existantes ou de l’instauration de valeurs nouvelles (probablement un mélange des deux) permet de faire ensuite LE plus grand ménage du printemps qui soit : la révision complète des rôles que vous jouez et des exigences qui s’y rattachent.

Les valeurs représentent QUI VOUS ÊTES À L’INTÉRIEUR de vous-même, tandis que les rôles ainsi que les exigences à respecter pour jouer ces rôles représentent COMMENT VOUS INTERAGISSEZ AVEC L’EXTÉRIEUR. Les valeurs renseignent sur la façon dont ces rôles sont définis, et la majorité des rôles que nous jouons et des responsabilités que nous accep­tons d’assumer quand nous jouons ces rôles nous ont été impo­sés. Tout comme les valeurs dont nous avons hérité de nos ancêtres et de nos sociétés, la plupart de nos rôles et des exigences qui en découlent nous ont été inculqués. Il va donc de pair avec le recensement des valeurs de prendre le temps de réfléchir aux implications des divers rôles que nous jouons et de nous poser des questions telles que :

• Ce rôle m’appartient-il vraiment ou m’a-t-il été inculqué?
• Apporte-t-il un soutien bénéfique à ma vie et à mes objectifs?
• Ce rôle est-il en harmonie ou en conflit avec mes autres rôles?
• Comment puis-je définir moi-même ce rôle et les exigences qui s’y ratta­chent afin que celui-ci cadre avec mes valeurs?

Vos réponses à ces quelques questions vous convaincront du fait qu’un grand ménage du printemps s’impose afin « d’alléger » votre identité.

Se définir soi-même pour être l’artisan de sa vie et établir des limites personnelles pour être bien ancré en soi-même dans ses inter­actions sociales, n’est-ce pas là l’essence même de la santé globale?

Ose iMAGIner… Renaître à l’Amour

L’humanité se réveille tout dou­cement d’un très long sommeil, d’un sommeil tellement profond qu’elle en avait oublié jusqu’à sa propre existence.

Aujourd’hui, nous avons le privi­lège­ de prendre part au plus grand changement de conscience de tous les temps. Tout comme le printemps participe à la renaissance grandiose de la nature, nous assistons finalement à l’éveil de l’humanité – à notre éveil – une âme à la fois.

L’aube d’un jour nouveau pointe à l’horizon. Notre cœur s’ouvre enfin à l’Amour, nous offrant ainsi la capacité de nous reconnaître. Nous renaissons à l’Être que nous sommes réellement, à l’Amour que nous sommes, car en réalité, nous avons été conçus par l’Amour, dans l’Amour!

Grâce à cette renaissance, nous nous souvenons que nous sommes le plus grand miracle du monde. Nous nous souvenons que nous avons le pouvoir de choisir. Nous nous souvenons que nous avons le pouvoir de créer notre monde comme nous le désirons. Nous nous souvenons enfin que tous les pouvoirs de l’Univers résident à l’intérieur de nous et se résument en un seul mot : l’Amour!

Comment est-ce possible, me demanderez-vous? Souvenez-vous d’un moment où vous étiez rempli d’Amour, où la joie inondait votre cœur. Rappelez-vous ce moment où vous vous sentiez tellement puissant et rempli d’une telle confiance en vous et en vos capacités que vous aviez l’impression que vous pouviez conquérir le monde! Vous vous souvenez de cet instant, n’est-ce pas?

Bien sûr que vous vous en souvenez! C’était un moment magique! Comment l’oublier?

Sachez qu’à cet instant précis, vous étiez réellement vous. Vous expérimentiez votre véritable nature dans toute sa puissance. Vous êtes Amour; nous sommes Amour! Le reconnaître nous permet de manifester beaucoup plus souvent l’Être que nous sommes réellement.

L’Amour nous rend puissants, car l’Amour est ce qu’il y a de plus puissant dans tout l’Univers! L’Amour est cette force plus grande que notre petit­ moi qui nous pousse à dépas­ser nos limites pour atteindre nos rêves. L’Amour nous apporte un sentiment de légèreté, car l’Amour élimine toutes les émotions sombres et lourdes qui nous alourdissent. L’Amour nous donne des ailes, nous soulève et nous transporte là où nous choisissons d’aller. L’Amour nous guérit. L’Amour donne naissance à la foi, et de là, il n’y a plus rien que l’Amour ne puisse faire!

Nous sommes Amour; alors, il n’y a aucune limite à ce que nous pouvons accomplir! Individuellement, nous pouvons réaliser des miracles, car nous sommes nous-mêmes un mira­cle. Maintenant, pouvez-vous imagi­ner l’ampleur de tout ce que nous pouvons accomplir ensemble?

Pouvez-vous imaginer un monde où nous évoluons dans l’Amour; où chacune de nos décisions est basée sur l’Amour; où le plus grand bien de tous est au cœur même de chacune de nos pensées, de nos paroles et de nos actions; un monde d’Amour, tout simplement?

Ce monde peut sembler utopique à certains, mais je sais que nous pouvons le créer si nous le choisissons consciemment. Nous avons le pouvoir de choisir; alors, choi­sissons l’Amour. Choisissons de manifester notre nature véritable, ici et maintenant.

Choisir l’Amour se fait délibérément, dans le moment présent. Surveillons nos pensées, nos paroles et nos actions. Privilégions celles qui génè­rent la joie, l’enthousiasme, le bonheur et la légèreté. Choisissons d’agir avec bienveillance. Cultivons la pati­ence, la tolérance et la compassion. Favorisons toujours l’Amour et la bonté en toutes circonstances.

Souvenons-nous que nous avons tous une incidence sur le monde. Nous avons le pouvoir d’influencer, voire même de transformer le monde dans lequel nous vivons. Alors, semons l’Amour, la paix et la joie en nous et tout autour de nous. Nous verrons ensuite notre monde se métamorphoser sous nos yeux ébahis.

Renaître à l’Amour signifie reconnaître, ressentir et rayonner l’Amour en nous. Plus nous serons nombreux à choisir consciemment l’Amour, plus le monde s’illuminera.

Alors, nous renaîtrons à l’Amour.

De parent à leader… une question de perspective

Quand je travaille avec des équipes, je me surprends souvent à faire des parallèles entre gérer une équipe et élever une famille. J’ai donc pensé que je pourrais partager avec vous quelques stratégies qui font souvent partie de mes enseignements en milieu de travail et qui s’appliquent si bien à la maison. Alors chers parents, êtes-vous des leaders? Je réponds que OUI, définitivement!

Se connaître et se reconnaître
Tout comme un leader qui mène une équipe au succès, je crois que pour guider nos enfants efficacement, il est bon d’apprendre à bien se connaître : qui nous sommes vraiment, à quoi réagissons-nous, de quoi avons-nous besoin pour être en paix, quelles sont nos limites à respecter et que nous oublions peut-être parfois? Pour aider à se connaître un peu mieux chaque jour, transformez-vous en « inspecteur » qui va à la recherche d’indices : il regarde, observe sans juger, constate. Par exemple, où va votre pensée quand le professeur vous dit que votre enfant pourrait faire mieux en mathématiques? Observez sur quoi se concentre votre pensée, toujours sans vous juger, juste observer ce qui est. Ensuite si vous croyez que cette pensée n’est pas aidante, vous pourrez l’ajuster, peut-être en incluant dans votre focus toutes les matières où votre enfant réussit bien. Un autre exemple : quand vous réagissez avec frustration, observez ce qui a mené à cet état.  Est-ce une limite non respectée? Est-ce une peur non avouée? Faites cette expérience : placez-vous en mode observation pour les sept prochains jours, et voyez ce que vous apprendrez sur vous-même.

Pendant cet exercice d’observation, notez aussi vos réussites si petites soient-elles. Il serait injuste de ne noter que ce qui ne fonctionne pas; il est important d’équilibrer en notant ce qui va bien, ce qu’on fait de spécial.  Et n’oubliez pas de vous célébrer!

Accueillir et accepter
Accepter ce que nous avons reçu (les ressources) et travailler avec pour atteindre ses objectifs. C’est la phrase que je véhicule dans mes formations de leadership dans le milieu des affaires. Moi j’ai longtemps été une spécialiste de la résistance. À chaque fois qu’un professeur ou un professionnel de la santé me donnait de l’information, je devais toujours faire ma propre recherche, donner ma propre opinion pour prouver qu’ils ne comprenaient pas tout… le déni, la résistance. Avec les années, j’ai appris à mieux accueillir la réalité comme elle se présentait et à accepter ce qu’elle m’offrait, que ce soit à travers mes enfants ou dans d’autres sphères de ma vie. Je peux vous confirmer que ma vie est plus facile maintenant.

Je me souviendrai toujours d’un certain matin à l’aéroport avec ma fille de 20 ans qui refusait d’embarquer dans l’avion car elle faisait une crise d’angoisse. Comme nous étions à l’étranger et que nous revenions à la maison, il n’était pas question d’annuler le voyage. Ce jour-là j’étais vraiment inspirée et j’ai accueilli la situation telle qu’elle était en demandant à ma fille ce qu’elle se sentait capable de faire pour retourner chez nous. Elle a suggéré l’autobus (20 heures de route). Je n’ai pas résisté; je l’ai accompagnée à la recherche d’un horaire pour finalement qu’elle réalise que c’était trop compliqué et qu’elle embarquerait dans l’avion. Ça n’a pas été un vol facile pour elle, mais en accueillant sa peur et la possibilité de retourner en autobus, je créais une ouverture à solutionner plutôt qu’à contrôler. Ça été beaucoup plus facile. Quand vous accueillez la réalité, ça permet de vous mettre en mode « résolution » et d’avancer. Vous relèverez vos défis avec beaucoup moins de perte d’énergie et de bien meilleures idées.

« Faire » confiance
J’utilise l’expression « faire confiance » par rapport à « avoir confiance » parce que le verbe faire implique une décision alors que le verbe avoir implique quelque chose qui est là de façon naturelle. Vous pouvez choisir à qui vous faites confiance dans la vie en général; mais quand ça vient à nos enfants, nous nous retrouvons souvent dans nos peurs et nous oublions d’accorder notre confiance à l’enfant, à nous-mêmes, et au processus d’évolution. Ma mère disait toujours : « Francine, fais confiance à la vie ». Ce que j’en ai compris, c’est que malgré les défis que la vie nous présente, à travers nos enfants ou nos autres relations, nous pouvons faire confiance que nous serons en mesure de les relever avec force et courage. Et cette décision nous permet très souvent de transformer un scénario futur « épeurant » en scénario de possibilités. Ceux qui ont vécu des épreuves le disent toujours : « Dans cette situation, j’ai tellement appris et ça a changé ma vie…; c’était finalement un cadeau de la vie ». J’ai entendu cette phrase dernièrement d’une amie qui a survécu à un cancer du sein et qui, aujourd’hui s’en trouve transformée. Alors faites le choix de faire confiance.

Sur ce, chers parents, je vous invite à jouer à l’inspecteur et à observer vos bons coups autant que vos questionnements; sachez vous célébrer! Vous serez ainsi plus fort et mieux équipé pour accueillir ce que la vie met dans votre assiette à chaque jour. Il n’y a de solution magique pour personne, seulement des solutions réalistes. Et finalement, faites-vous confiance; vous êtes le bon parent pour votre enfant!

L’université sans diplôme

Après avoir œuvré pendant 30 ans sur le marché du travail, à mon premier emploi professionnel en formation il y a 15 ans, je me suis heurtée à une cohorte de jeunes étudiants universitaires fraîchement embauchés qui se voyaient offrir — avant même la fin de l’été — des possibilités alléchantes de promotions et de postes sans que je puisse même concurrencer avec eux parce que je n’avais pas de diplôme universitaire.

La souffrance et la déception ressenties en les voyant passer devant moi malgré l’expérience acquise étaient si grandes que cela m’a poussée à passer à l’action. Je ne savais trop comment jusqu’au jour où une consultante en gestion de carrière, que j’avais engagée, s’est arrêtée à mon bureau pour me demander comment j’allais. « Pas très bien » lui dis-je, lui partageant mon sentiment d’impuissance par rapport à la situation. « Mais qu’est-ce que ça te prendrait pour enlever cet obstacle? » « L’Université je pense, mais je ne veux pas me retrouver sur les bancs d’école pendant des années à mon âge. » Du coup elle me dit : « Je connais une personne à l’Université qui peut t’aider. Va la rencontrer, c’est une bonne personne. » Je me suis dit, « on ne sait jamais, au point où j’en suis pourquoi ne pas explorer. »

Je prends rendez-vous. Je ne connais rien de son secteur de responsabilité. Elle commence par répondre à mes questions puis soudainement j’ai l’impression d’être en entrevue :

« Qu’avez-vous étudié depuis que vous avez quitté le collège? Quelle sorte de travail faites-vous? Quelle est votre conception de l’Éducation des adultes? »

Satisfaite de mes réponses, elle me dit : « Je pense que l’Université serait prête à vous accueillir dans des études de deuxième cycle. Nous profiterions de votre expérience et vous du milieu universitaire. » Je bredouille, hum… « Des études de deuxième cycle? Mais qu’est-ce que c’est exactement? Est-ce que ça prend un baccalauréat pour y être admis? » « Oui, madame. » « Mais je n’ai pas de baccalauréat! » « Qu’à cela ne tienne, dit-elle, l’Université serait prête à vous admettre sur la base des expériences professionnelles et des études acquises dans le domaine de l’Éducation des adultes depuis que vous avez laissé le collège. » Je n’en crois pas mes oreilles. Cette personne est en train de m’ouvrir toutes grandes les portes de l’Université.

Je me souviens encore du sentiment d’exaltation qui m’habitait ce soir-là en traversant le jardin de l’Université, à la belle étoile, en me disant : « Qu’est-ce qui vient de se passer? Je suis venue ici en exploration et me voilà admise à des études de deuxième cycle. Ce n’est pas croyable! » La tactique de la consultante avait fonctionné. « Va juste la rencontrer », m’avait-elle dit. En me rendant le choix simple et accessible, elle avait démystifié l’Université et la résistance était tombée.

J’ai terminé avec succès mes études de deuxième cycle, puis j’ai poursuivi à la Maîtrise que j’ai complétée à 60 ans! De quoi rendre mon père fier.

L’idée qu’on se « bâtit » soi-même, sans l’aide des autres, est une illusion. Elle nous empêche d’apprécier la façon dont la Vie nous soutient à chaque instant et de reconnaître que nous sommes aimés, même si ce n’est pas toujours de la façon dont on le souhaiterait, ni par la personne que l’on voudrait.

Sans l’intervention habile et attentionnée de cette consultante pour me guider et m’apprivoiser et l’ouverture d’esprit et la reconnaissance de la responsable à l’Université, j’aurais continué d’agir en fonction de mes limites, blâmant les autres pour mon infortune sans jamais réaliser l’éventail de possibilités qui s’offrent une fois que l’on prend charge. Einstein disait : « Il n’y a vraiment que deux manières de vivre sa vie, comme si rien n’est un miracle ou comme si tout est un miracle. »

J’ai choisi la deuxième. Et vous?