Les découvertes de Louise

Bonjour à tous!

C’est encore tout imbibée d’émerveillement, suite à la découverte d’un lieu magique ici même dans la région que je prends plaisir à vous faire connaître cet emplacement.

Pour bien vous évoquer l’atmosphère… une impression de bout du monde, le sentiment de découvrir la pureté des premiers âges, car on y retrouve une colonie, un peuple, qui émerge de l’eau, rassemblé à cet endroit comme pour s’y purifier ou faire des incantations sacrées au coucher/lever de soleil. Cette réalisation est l’œuvre de John Félice Ceprano. Le soir de ma première visite, c’est sous un ciel balayé par les nuances du coucher de soleil qui passaient du rose/orange au violet, miroitant sur l’eau d’un bleu turquoise, que je vis la silhouette de ces personnages évanescents.

Un véritable coup de cœur qui ne s’effacera jamais de ma mémoire. Et pour couronner le tout, des effets sonores venaient se rajouter à ce paysage d’une majestueuse beauté! Des voiliers d’outardes me passaient au-dessus de la tête et cela en si grand nombre que j’entendais le vrombissement de l’air qui se déplaçait aux battements de leurs ailes. Elles allaient se poser sur l’eau pour y passer la nuit, alors que les canards volaient en traversant leur trajectoire. Un véritable sanctuaire! Quel magnifique spectacle!

À l’horizon se découpait le profil d’une civilisation illuminée, nous rappelant qu’il existe des îlots de sérénité à deux pas de nos jungles de béton. En plus de vous décrire mon impression du lieu, je jugeais important de connaître la source motivatrice qui a donné naissance à cet endroit, réalisé de toutes pièces par cet artiste/sculpteur. Nous nous sommes donc rencontrés sur les lieux mêmes. Son inspiration première fut de rendre hommage aux peuples autochtones ainsi que de faire une révérence à Mère Nature pour son abondance et sa générosité. Il m’a aussi expliqué la symbolique de cette mise en scène minérale qu’il aimerait un jour interpréter dans une œuvre cinématographique.

Il s’agit donc de trois jardins aquatiques zen. Le premier sur la gauche représente les peuples autochtones, celui du centre, la découverte des Amériques par Christophe Colomb et la période de colonisation et, en arrière-plan la réalisation de la civilisation nord-américaine.

Les pierres sont cueillies sur place, les assemblages sont fusionnés avec une colle époxy. On croirait facilement que le tout s’est formé naturellement avec le temps et l’érosion.

Ai-je piqué votre curiosité? Si oui, pour vous y rendre, vous n’avez qu’à prendre la Promenade des Outaouais Ouest, ensuite la sortie « Remmic Rapids ». Je me devais de vous faire connaître ce lieu de ressourcement. Nous sommes réellement privilégiés d’habiter une région qui nous offre en si grand nombre de tels endroits.

Malsaine, la compétition?

Nous connaissons tous l’expression « La survie du plus fort ». Mais Darwin se serait-il trompé? Les évidences commencent à monter dans ce sens. En tant qu’homme et contemporain de la révolution industrielle, Charles Darwin était prédisposé à percevoir la compétition comme la seule avenue vers la survie. Il en était de même pour les industriels, les financiers et les entrepreneurs britanniques de son époque. Ceux-ci ont profité de sa théorie de l’évolution pour justifier leur exploitation agressive des populations et des ressources de la Terre.

Les premiers peuples de la terre avaient une saine relation avec Gaïa, la Mère Nature. Elle représentait l’ordre naturel des choses. Les religions païennes enseignaient un respect profond pour la Nature et les hommes savaient qu’ils faisaient partie d’elle, ils comprenaient que leur survie dépendait de leur collaboration avec elle.

L’homme se croyait supérieur

Les philosophes de la Grèce antique furent parmi les premiers à promouvoir une perspective opposée. Selon eux, l’homme ne faisait pas partie intégrante de la nature. Il lui était supérieur. Ce fut le début d’un long processus de séparation entre l’homme et la nature. Quelques siècles plus tard, le philosophe français Descartes poursuivit cette même pensée en décrivant la Nature comme une machine qui pouvait être comprise et dominée par les humains.

Il en fut de même pour Charles Darwin qui expliqua l’évolution naturelle comme un champ de bataille compétitif où seulement les espèces les plus fortes survivaient aux dépens des autres. Cette théorie trouva oreille attentive auprès de l’élite capitaliste, manufacturiers et banquiers se sentant justifiés dans la création de leurs systèmes, puisque Mère Nature semblait combler de succès les plus forts et les plus audacieux.

Une obsession masculine

Cette vision masculine d’un monde basé sur la compétition continue toujours à distordre notre compréhension de la nature. « La survivance du plus fort » continue d’être utilisée comme justification pour perpétuer les inégalités économiques et expliquer l’agression entre les individus, les entreprises et les nations. Incapables de percevoir la vision du tout, nous continuons de ne voir que les séparations entre les espèces et entre nous tous. Nous sommes incapables de voir les connexions entre les différentes formes de vie; de même que nous échouons à développer des systèmes viables pour vivre harmonieusement entre nous.

L’inverse est vrai

Et pourtant tout dans la nature confirme que l’inverse est vrai. Il existe entre tous les organismes vivants des niveaux de coopération et d’interaction très sophistiqués. En fait, la biologie moderne démontre que la compétition n’est qu’une étape dans l’évolution de certaines espèces. Même les espèces qui nous apparaissent compétitives savent rediriger leur agression de façon à garantir la survivance du plus grand nombre.

Il importe de noter que les espèces qui ne parviennent pas à dépasser l’étape de la compétition ont tendance à disparaître.

Encore une fois, la nature suggère la mère. Elle jongle avec les ressources pour assurer le bien-être de chacun des membres de la famille. Elle s’affaire constamment à résoudre les différends afin que la survie soit un projet coopératif. Ayant mis l’évolution en mouvement, elle continue d’y investir en fournissant la conscience créative; chaque cellule, chaque planète, chaque galaxie, chaque système planétaire utilise les mêmes processus de croissance.

Une spirale de croissance

Plutôt que de rester figé sur la compétition et l’agression comme le sont les hommes, la nature a créé un cycle de vie harmonieux dans lequel tous les types de comportements ont leur place. Ce cycle prend la forme d’une spirale qui se répète en séquence et qui inclut chacune des étapes suivantes : unité, individuation, compétition, conflit, négociation, résolution, coopération, nouveau niveau d’unité, et ainsi de suite.

Évidemment, notre civilisation est encore obsédée par la compétition. C’est pourquoi nous concevons nos sociétés comme des machines agressives dans lesquelles chaque groupe et chaque individu doit se battre pour sa survie et sa suprématie. Notre histoire entière regorge de guerres interminables durant lesquelles nous nous entretuons parce que nous ne savons pas comment coopérer. On a même fait la guerre froide simplement pour décider quel système avait le meilleur modèle social! Il en va de même pour nos inventions. N’étant pas autocréatives, nos technologies deviennent vite périmées parce qu’elles sont incapables de changer et d’évoluer.

La coopération est la fondation

Encore une fois, la nature s’y prend tout autrement. Elle s’adapte et se réorganise, modifiant constamment ses diverses formes de vie de façon à leur permettre de mieux survivre. En fait, en regardant de plus près les systèmes naturels, il devient clair que la coopération est la fondation nécessaire au succès et à la survie. Il est vrai que plusieurs espèces passent à travers une phase hostile de compétition. Mais ce n’est qu’une étape dans leur évolution. Normalement, cette étape correspond à l’adolescence de l’espèce en question. Quand elles atteignent la maturité, la plupart des espèces apprennent à régler leurs conflits et à négocier des schémas de vie coopératifs pour leur bénéfice mutuel. C’est une leçon importante que l’humanité se doit d’apprendre.

La terre Gaïenne a déjà développé un réseau coopératif extrêmement complexe de dépendances mutuelles. Elle a aussi évolué d’innombrables schémas capables de résoudre nos intérêts conflictuels. Il ne nous reste plus qu’à en devenir conscients. C’est une leçon que nos biologistes commencent enfin à comprendre. Mais elle n’a pas encore été saisie par nos diverses autres disciplines. C’est pourquoi nos psychologues et nos sociologues ont souvent tendance à soutenir qu’il n’y aura pas de fin à la cupidité économique ni aux guerres politiques. La nature a beaucoup à nous apprendre dans ces domaines. La véritable coopération économique et politique pourrait tout changer.

Quatre milliards d’années

En nous mettant à l’écoute du tissu naturel de coopération, nous découvrirons que la pollution et la pauvreté ne font pas partie du futur d’une espèce en évolution. Pour survivre, nous devons réévaluer notre rôle en tant que partie intégrante de la Nature, et non séparé d’elle. Mère Nature s’est occupée elle-même de nourrir et de prendre soin de toutes les espèces qui l’habite. Elle le fait depuis au moins quatre milliards d’années. Nous serions sages de lui porter attention. Naturellement, plus tôt que plus tard!

L’erreur est urbaine

  • La ville a retardé notre contrat à cause des grenouilles! annonça François.
  • Ah! Vous aussi? interrogea Denis.
  • Oui, nous aussi. Ça cause des problèmes dans notre budget! ajouta Jean-Marc.
  • De quoi parlez-vous au juste? demandai-je.
  • La ville a déboursé des milliards de dollars pour bâtir un complexe, mais un groupe d’écolos s’oppose au projet parce qu’ils veulent protéger l’étang m’expliqua la femme de Denis.
  • Je les comprends! Ces pauvres grenouilles sont en voie d’extinction!
  • On s’en fout des grenouilles! fulmina André me fixant d’un air furieux.

Je venais de semer le pandémonium avec mon commentaire. J’étais soudainement devenue une de ces folles qui criaient panique parce qu’on tuait des populations de grenouilles pour bâtir des immeubles de béton. Malheureusement pour moi, il n’y avait pas d’issue de secours. J’étais enfermée dans un véhicule avec des entrepreneurs de la construction en destination de la coupe Grey. Cette soirée s’annonçait longue…

Je me suis mise à penser à toutes les fois où je m’étais rendue à cet endroit précis avec mon fils. Je n’étais pas la seule! Plusieurs familles s’y rendaient et apportaient du pain pour nourrir les canards et les outardes. Avec un peu de chance, nous apercevions un héron, ce majestueux oiseau qui semblait régner sur tout l’étang. Ce que j’aimais le plus, c’était de voir mon garçon attraper les grenouilles et me les montrer fièrement comme s’il venait de gagner la fameuse coupe… Grey. Ces temps-là tiraient à leur fin… et comme l’argent gagne souvent dans ces combats, les écolos, moi incluse, ont dû encaisser une autre perte pour mère nature.

J’ai beau vouloir oublier cette destruction de la nature, cela m’est impossible. L’an dernier en me rendant au lac chez ma mère, par exemple, j’ai dû passer au travers quelques kilomètres de construction. Des acres de terrain avaient été dynamitées et des milliers d’arbres abattus pour faire place à une nouvelle voie rapide. Mon fils, inquiet, avait tenté de me consoler tellement mes sanglots m’étouffaient. Cette fois-là, j’avais garé la voiture tellement mes larmes m’aveuglaient.

J’entends encore la voix furieuse d’André : « On s’en fout des grenouilles! ». Et bien, pas moi! On se plaint que les gens sont malades, qu’il y a des virus de toutes sortes, qu’il y a un trou dans la couche d’ozone, qu’il y a trop de pollution, que les gens sont obèses, etc. Puis, on dépense des fortunes pour nous dire que nous devons nous remettre en forme, prendre des vitamines, manger santé, aller chez le docteur, le dentiste et l’oculiste régulièrement, etc. Pourtant, les arbres sont source d’oxygène, de nourriture, d’abris, de protection et d’énergie en plus de réduire la pollution!

Quand mettrons-nous fin à toutes ces fabriques de boucane et de béton? Où irons-nous chercher notre énergie lorsque l’urbanisme aura envahi la campagne? Veuillez m’excuser. Je dois aller faire un câlin à un arbre et donner un bisou à une grenouille.

La sylvothérapie ou bain de forêt

La sylvothérapie ou bain de forêt, nommée Shinrin Yoku au Japon, est reconnue depuis 1982 par le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche du Japon qui a commencé à promouvoir les avantages physiologiques et psychologiques du Shinrin Yoku.

Shinrin signifie FORÊT, et Yoku signifie BAIN.

« Il s’agit d’une médecine préventive qui prescrit balades dans les bois, câlins d’arbres et goûter d’écorces. Le but : éveiller ses sens et reprendre contact avec son moi profond. » Source : lemonde.fr

Les nombreux livres et articles publiés au cours de la dernière année sur le bain de forêt ou la sylvothérapie me donnent espoir dans ma profession reliée au programme de Project NatureConnect.

La popularité de la sylvothérapie me rappelle celle du bouddhisme (Inde), du reiki (Japon) et du chamanisme (Sibérie) lorsqu’ils ont acquis une certaine renommée dans notre culture occidentale au cours des 20 dernières années. Toutes ces approches de guérison influencent grandement mon quotidien et ma profession.

Diplômée du programme de Project NatureConnect en 1994 et en tant que mentorée de son fondateur, Michael J. Cohen, j’ai pris conscience des bénéfices guérisseurs de la sylvothérapie.

Ma motivation à rédiger le présent article vient de ma crainte qu’un logiciel ou une application ou encore un guide certifié en sylvothérapie remplace l’élan d’aller dans la nature pour explorer vos 53 sens1.

Un article récent traitant du bain de forêt conclut que la pratique de l’exercice en plein air ne se compare pas au bain de forêt pour ce qui est des effets thérapeutiques. Toutefois, étant passionnée de plein air (vélo, ski, raquettes, patins, escalade, canot), je vous assure que j’ai pratiqué la sylvothérapie au cours de mes séances d’entraînement les plus intenses en m’imposant des arrêts conscients pour respirer et contempler la beauté, les couleurs, les odeurs, les textures et recevoir la sagesse de guérison que chaque paysage m’offrait.

Voici quelques conseils, si vous souhaitez expérimenter la sylvothérapie :

1) Avant de sortir dans la nature, prenez conscience de votre désir de décrocher. Surtout, laissez votre téléphone intelligent ou votre Fitbit à la maison.

2) Comme c’est le cas dans la pratique de la pleine conscience, vous deviendrez de plus en plus habile à ramener votre pensée à votre intention initiale de décrocher. Visualisez votre corps comme un instrument de musique que dame nature doit accorder une note à la fois.

3) Adoptez une perception chamanique du temps. Embrassez le temps circulaire. Oubliez votre montre et ne sous-estimez jamais la puissance de 10 minutes.

4) Partez seul ou restez silencieux si vous êtes accompagné. Cela va de soi si vous emmenez votre chien. Les animaux sont passés maîtres dans la sylvothérapie. Ils ont les sens très développés.

5) Ne cherchez pas à comprendre le sens de vos larmes ou d’une lourdeur dans la poitrine. Libérez-vous de vos fardeaux. Mère Nature = amour inconditionnel.

6) Rédigez un journal. Il deviendra votre fidèle allié pour la visualisation créative de bain de forêt. Votre corps, lorsque pleinement engagé dans la visualisation, ne différencie pas le réel de l’imaginaire.

En faisant une recherche dans Internet, vous verrez les nombreuses preuves scientifiques des bénéfices de la sylvothérapie. Cette même recherche vous conscientisera peut-être de la réalité que nous sommes des mammifères et habitons tous la même planète verte et bleue. Protégeons-la.
____________________
1. http://projectnatureconnect.org/

Filles d’Ishtar

J’entends ton appel, j’entends ta voix. Tu me parles du Ciel et d’un autre temps.

Tu murmures : « Je suis Ishtar, mère de tous les hommes, déesse millénaire, aux confins du monde. Je suis venue, j’ai vu, mais j’ai été vaincue. »

Je t’écoute, je t’écoute…

Tu es Cybèle et Isis, Mère Nature, fertile et porteuse de vie.

Tu me dis : « Ma voix s’élève de mon tombeau. J’entends les tambours, au cœur du monde, qui m’appellent, me sortant de ma torpeur, et qui me font vibrer aux rythmes chantants des saisons nouvelles d’un monde qui ne me reconnaît plus, mais qui n’a pas vraiment changé. »

Tout comme toi, j’embrasse mes cycles. Je sais qu’il me faudra des cendre aux enfers, dérobée de ma couronne et de mes ornements, et mourir pour mieux renaître… lune après lune, année après année.

Tu es Hécate et Ceridwen, enchanteresse aux mille atouts.

Tu incantes : « Vous qui ignorez qui je suis goûterez de ma magie. Ma conscience est mon armure, et mon verbe est mon pouvoir. Femme je suis, femme aux connaissances immesurables, et mes filles connaîtront mon chant; asservies et soumises, jamais plus elles ne seront. »

Tout comme toi, je suis sage et ferme. J’apprends à reconnaître mes limites et à développer ma voix. Je sais que cette réalité est mienne et qu’elle mérite d’être reconnue par-delà des barrières érigées par les interdits et les tabous.

Tu es Minerve et Athéna, guerrière au front ceint, amazone souveraine, sans peur et sans maître. Tu es Lilith, sauvage et terrifiante.

Tu cries : « Entendez la férocité de mes sœurs, la voracité de leur cœur, la ténacité de leur ventre. Voyez leurs yeux brûlants, leurs mains couvertes de sang, leurs pieds enfouis dans la terre. Ma tribu est sans peur; elle réclame sa part du monde, et rien ne saura plus l’arrêter. »

Tout comme toi, j’ai de la rage. J’ai soif de vengeance. Mes dents serrées et mes poings fermés réclament justice pour mes sœurs et, surtout, justice pour moi-même. Je sais que ce monde est aussi le mien.

Tu es aussi Vénus et Aphrodite, à la fois déesse, amante, vierge et putain.

Tu chantes : « Viens à moi et partage mon sein. Ma danse est enivrante et déroutante. Ma chair est plaisir et canevas de tes désirs. Je suis celle qui te fera voir les étoiles en te faisant l’honneur, tout cela pour ta plus grande joie ou ton plus grand malheur. Seras-tu celui ou celle qui demandera mon cœur? »

Tout comme toi. j’apprivoise mon corps. Je dévoile ma douleur sensuelle et je me vois vulnérable. Je réclame mon apparence et ma jouissance. Je suis mienne avant tout et je m’ouvre librement à l’expérience de l’autre sans jugements, sans attentes.

Tu portes en toi tous ces visages et tous ces masques.

Tout comme toi, je suis multiple, je suis complète.

Tu murmures : « Je suis ta mère et ta sœur, toujours à tes côtés, toujours à ton écoute. Sens ma caresse, entends mon chant. »

Souviens-toi, souviens-toi…

Anonyme

Les filles d’Ishtar est un cercle de femmes regroupées autour de l’aspect spirituel et de la transcendance de la condition féminine. Cette communauté francophone est une invitation à partager un espace divin et sacré pour se permettre les unes les autres de reconnecter avec notre prêtresse/déesse intérieure et de retrouver notre voix, notre essence et notre vérité. Le blogue constitue une tribune ouverte et anonyme pour les femmes de tous horizons désirant s’exprimer et partager. Bienvenue à toutes, sans jugements, sans barrières.
http://fillesdishtar.blogspot.ca/
https://www.facebook.com/groups/fillesdishtar/

Marcher, c’est retrouver l’être essentiel

Merci au magazine Psychologies.com pour l’autorisation de publication.

Note aux lecteurs : En raison de la longueur du texte de départ et de contraintes d’espace, nous n’en avons reproduit qu’un extrait. Vous trouverez le texte complet à l’adresse suivante : www.psychologies.com en inscrivant le titre de l’article dans la case recherche.

Plus qu’une simple activité physique, la marche est avant tout un précieux outil pour éveiller ses sens et se reconnecter avec sa nature profonde. Pierre-Yves Brissiaud, psychothérapeute et auteur de Marche et Méditation (Éd. Jouvence, 2005), revient sur les bienfaits insoupçonnés de nos balades.

En quoi la marche nous permet-elle de nous retrouver?
Pierre-Yves Brissiaud : Depuis toujours l’homme est en quête de sens. Sans sens, nous tombons dans l’absurde. Pourtant, la démarche mécaniste de nos vies nous a bien souvent mené à faire ce que nous avons à faire, sans chercher le véritable sens de nos actions. Marcher permet de s’installer dans une réflexion en créant un temps dans le temps, en créant une rupture, en entrant dans un autre rythme. Cette réflexion peut commencer par des questions simples : est-ce que je marche vite ou plutôt lentement? […]

Avant même d’être instigatrice de réflexion, la marche n’est-elle pas surtout un éveil des sens?
Pierre-Yves Brissiaud : Quand nous marchons, l’éveil de nos sens n’est pas forcément une finalité. Lors d’une balade, nous allons d’abord renouer avec la sensorialité. La marche va être le lieu d’échange entre notre environnement extérieur et intérieur, nous permettre de comprendre les interactions entre « le dedans » et « le dehors ». Le vert tendre d’une clairière peut m’apporter une grande sensation de tendresse, l’odeur de l’herbe peut réveiller des souvenirs et susciter une émotion profonde. Mais ce n’est là qu’une première étape. Car marcher va également nous permettre de mettre le corps en mouvement, de sortir de l’immobilisme et de réveiller l’être. C’est seulement alors que nous sommes à même d’écouter les sens pour méditer, de prendre conscience d’une profondeur supplémentaire de notre être, de nous éloigner des sentiments de surface. La méditation relève de cette intentionnalité posée entre moi et moi-même, c’est une autre recherche, une réflexion du sens ET de la spiritualité.

Est-ce la condition préalable à « la réconciliation profonde de notre nature avec Dame Nature » dont vous parlez dans votre ouvrage?
Pierre-Yves Brissiaud : Je pense qu’il faut revenir aux cultures ancestrales pour comprendre ce lien puissant entre la nature et nous. Selon la culture Tao, nous sommes le tout dans le tout, une partie de cet uni­vers. Identiquement, les Indiens d’Amérique ne concevaient pas de séparation entre Mère Nature et leur propre nature. Aujourd’hui encore, leur philosophie est omniprésente. […] Effectuée dans un lieu serein, la marche va nous permettre de renouer avec notre profondeur, notre environnement intérieur.

En quoi la marche est-elle, comme vous le décrivez, un acte « existentiel »?
Pierre-Yves Brissiaud : La marche nous met en relation avec l’essence même de l’existence, cette partie subtile de l’être dont le citadin est souvent coupé, du fait de son rythme de vie, de son environnement. Comme nous le mentionnions précédemment, marcher constitue l’acte de mettre l’être et la locomotion au ralenti, de créer une rupture de rythme pour mieux exprimer ce que nous sommes. […]

En quoi le chemin que nous empruntons en marchant symbolise-t-il notre cheminement intérieur?
Pierre-Yves Brissiaud : Il y a là une dou­ble problématique. La marche peut d’abord relever de la spiritualité : marcher d’un endroit à un autre, nous donner un but, c’est réveiller une partie de notre symbolique intérieure et nous permettre de cheminer avec elle. Mais nous pouvons aussi chercher à nous déplacer pour lâcher prise, marcher sans but pour nous « vider la tête ». C’est l’association de ces deux types de marche qui donne à la pratique tout l’intérêt et le plaisir que nous pouvons en tirer. La marche ne nous laisse jamais indemnes, elle a toujours un effet sur nous. […]

Au final, que peut nous apporter la marche, au quotidien?
Pierre-Yves Brissiaud : En nous reconnectant avec notre nature profonde, la marche va nous permettre de l’importer dans notre quotidien, de déplacer notre expérience de la profondeur dans une sphère habituellement plus légère. Après avoir marché, peut-être aurons-nous moins envie d’être influencés, la superficialité et l’apparence aurons moins d’importance, contrairement au partage et à la réflexion.