Y aurait-il quelqu’un nous empêchant d’être soi?

Le choc des ancêtres

« Oser être soi pour soi »… un merveilleux défi dont la réussite nous remplit d’une grande joie et d’une paix indescriptible! Et pourtant comme le chemin paraît long et sinueux pour atteindre ce but primé. Nous suons, nous pleurons, nous questionnons, nous fonçons, nous grinçons des dents, nous frappons des murs… encore et encore.

Nous avons parfois l’impression de marcher dans les bottes d’un autre, de tourner en rond, d’errer à côté de nos pompes, de porter un fardeau qui n’est pas le nôtre, de satisfaire tout le monde sauf nous-mêmes… autrement dit de ne pas vivre notre vie, de ne pas être soi. Pourquoi?

Avec le temps, je vois se dessiner à l’horizon une compréhension de plus en plus clair de ce qui nous retient en arrière et nous empêche de nous réaliser. Cette compréhension, je la tire de l’étude du transgénérationnel. En un mot, voilà ce qui en est : les chocs, traumatismes, trahisons, exclusions, deuils non réglés, etc.., de nos ancêtres, ce sont les descendants qui doivent les assumer et les régler.

De toute éternité, c’est le clan qui a assuré la survie. Que l’on pense aux gazelles, outardes, saumons, bisons, chevreuils et j’en passe, on les retrouve en groupe pour se protéger. Un mouton égaré, que son berger ne rentre pas à la bergerie le soir venu, fera immanquablement un bon souper pour un coyote, un loup ou un renard. Pour la partie instinctive et animale de notre cerveau humain, être abandonné et se retrouver seul équivaut à la mort.

Donc… pour faire partie de ce premier clan fondamental qu’est notre famille, nous nous soumettons inconsciemment à ses lois, règles, silences, secrets, ordres, etc. Qui de nous n’a pas entendu, chez lui ou ailleurs : « les hommes pensent qu’à ça… », « on est né pour un petit pain », « il n’y en aura pas de facile », « les artistes, ça ne mène pas une vie », « toutes les femmes sont des… », « l’argent ne fait pas le bonheur » et ainsi de suite… toutes des phrases auxquelles l’enfant se soumet sans s’en rendre compte. Et il n’y a pas que ces phrases…, car de nombreux événements marquent l’inconscient familial et nous « ligotent », car nous restons loyaux à nos ancêtres, leurs souffrances et leurs chocs.

Pour être soi, il faut prendre conscience des événements dramatiques et marquants du clan, en comprendre l’implication, s’en libérer tout en honorant cette famille qui nous a donné la vie. Se positionner en victime et en vouloir éternellement à nos parents, grands-parents, etc… pour les gestes qu’ils ont pu poser, les paroles qu’ils ont prononcées, leur absence, leur alcoolisme, leurs jugements, leurs manques…, c’est refuser de prendre responsabilité de sa vie pour enfin devenir Soi.

Au fil du temps, j’ai œuvré comme thérapeute avec diverses approches… et depuis que j’ai appris à animer les Constellations Familiales (CF), je trouve que ma vie et celle d’ami(e)s et patient(e)s s’est de beaucoup améliorée. J’ai vu, ressenti et agi sur mes vieux « programmes », sur ces valises que je portais par amour pour mon clan, afin d’y être loyal… et maintenant, je me réalise, je suis davantage moi-même et j’ai fait la paix avec ma famille.

« Qu’est-ce qu’une CF? C’est tout simplement votre arbre généalogique représenté dans l’espace, grandeur nature, à l’aide de « figurants ». La personne qui fait une constellation choisit au hasard parmi les personnes présentes celles qui vont représenter les personnages de son arbre, morts ou vivants mélangés. Elle place ensuite ces « figurants » dans l’espace, là où son instinct le lui dicte. Et nous avons là, telle une crèche vivante, une représentation vivante d’un arbre généalogique : une constellation, une sorte de pièce de théâtre montrant dans l’espace les liens familiaux pour les travailler in situ, à chaud. » (Éric Laudière « La constellation familiale est un JE »)

La CF permet de non seulement comprendre, mais surtout de voir et ressentir de qui nous portons une valise qui nous empêche d’être soi-même et de nous réaliser dans notre couple, notre profession, notre vie. Donc « merci papa, merci maman, pour la vie que vous m’avez donnée; maintenant je vous laisse vos fardeaux et je puise dans vos richesses afin d’oser être moi et de marcher sur mon chemin »!

C’est une approche puissante que je vous souhaite de venir expérimenter un jour.

Au plaisir de partager avec vous ma passion!

Ces passions du mental qui nous détruisent

Nous savons tous que dans les mondes spirito-matériels et spécialement dans notre monde physique, deux forces contraires s’affrontent continuellement, la force positive et la force négative. Notre mental est le terrain de la guerre entre ces deux forces. La force négative essaie de nous contrôler et de contrôler notre vie intérieure et extérieure, en se servant de ses armes de destruction, les cinq grandes passions. On sait que le rôle de la force négative est de maintenir l’âme, c’est-à-dire nous, le plus longtemps possible dans un état de conscience limité et centré sur l’extérieur. Cette force sait très bien que lorsque nous nous concentrons sur l’extérieur, nous ne pouvons pas évoluer spirituellement et nous apprenons très peu de nos expériences.

Les cinq passions du mental qui nous empêchent d’évoluer et qui nous détruisent intérieurement sont :

L’orgueil (vanité) : c’est la passion la plus difficile à faire disparaître de notre vie. La vanité nous empêche de voir la vérité, d’admettre nos fautes et nos faiblesses. Elle nous rend très sensible à la critique et nous fait souligner les fautes des autres. La vanité nous fait vivre dans une image que nous projetons et nous empêche d’être nous-mêmes. Nous donnons beaucoup d’importance à ce que les autres pensent de nous, ce qui fait que le mensonge et l’hypocrisie deviennent nos compagnons de vie, car nous avons donné notre pouvoir aux autres.

La colère : la colère engendre la rancune et la haine vient nous habiter et nous gruge intérieurement comme un cancer. La colère détruit la paix, réduit l’amour en cendres et monte les gens les uns contre les autres. Elle déforme notre jugement et nous amène à tomber dans les commérages, la calomnie, la moquerie, les jurons et le ressentiment. Rebazar Tarzs, un grand maître spirituel, a déclaré : « Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises colères et il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons de se mettre en colère ».

L’avarice : en nous concentrant sur l’accumulation de biens matériels, l’avarice nous enchaîne à tout ce qu’on peut posséder et fait descendre un voile sur les valeurs supérieures de l’existence. Nous devenons des esclaves du monde matériel et la peur de perdre quoi que ce soit nous amène à tricher, à mentir, à la corruption, la supercherie, etc.

La luxure : la luxure produit un appétit anormal pour les actes destructifs et dégradants de la vie. Cela peut être un désir brûlant pour les drogues, l’alcool, le tabac, la gloutonnerie et aussi le sexe anormal, La luxure nous fait redescendre au niveau animal et nous maintient dans cet état de conscience.

L’attachement : l’attachement est une aberration mentale, qui contrairement aux autres passions, s’insinue lentement dans la vie de ses victimes. Le but de l’attachement est de nous fixer sur les valeurs inférieures de l’existence, y compris celles de notre environnement, de nos associations et de nos relations avec autrui. L’attachement excessif à une personne, un bien ou à une position installe en nous la peur de perdre, l’anxiété, la jalousie et nous cause de très grandes douleurs, pouvant aller jusqu’au suicide et au meurtre en cas de perte. L’attachement fausse la vérité et nos évaluations.

Ces cinq passions, lorsqu’elles ne sont pas contrôlées, nous détruisent physiquement, émotionnellement, mentalement et spirituellement. La majorité de nos souffrances y sont rattachées.

La meilleure façon de s’en débarrasser, est de nous concentrer sur leurs opposés, les cinq grandes vertus de l’âme. Elles sont l‘humilité, le contentement, le non-attachement, le discernement et la tolérance (patience).

Pour bien pratiquer ces vertus, on doit comprendre et accepter que nous sommes responsables de ce qui nous arrive et sortir de l’état de victime de la vie et des autres.

Bonne évolution!

La vie avec un grand V

La passion, c’est ce qui nous garde en Vie, avec un grand V.

La meilleure façon de détecter si une personne est passionnée ou pas, c’est de regarder l’étincelle dans ses yeux. Il n’y a pas de meilleur moyen pour savoir exactement à qui vous avez affaire. Les gens endormis (dans leur existence, entendons-nous bien) ont les yeux fades, sans vie. Ils sont aigris, désabusés, sans rêves ni buts. Le feu en eux semble mort, l’âme éteinte, et comme les yeux en sont le reflet, il n’est pas nécessaire d’être clairvoyant pour le voir. Regardez les grands passionnés de ce monde. Ils ont les yeux grands ouverts. On dirait même que parfois leurs yeux veulent sortir de leur orbite tant ils sont à l’affût de tout, comme s’ils ne désiraient rien manquer, comme s’ils scrutaient la moindre occasion d’apprendre et de s’émerveiller. Leurs yeux ne semblent jamais assez grands pour capter toute la vie qui se déroule devant eux. À votre tour maintenant. Allez vous regarder dans la glace. Où en êtes-vous? Oui! Oui! Je suis sérieux cette fois, allez-y tout de suite. Ne vous forcez surtout pas, restez naturels et scrutez votre regard sans émettre de jugement. Vos yeux sont-ils à demi clos? Si oui, ouvrez-les au maximum et constatez la différence. Ils deviendront rieurs, interrogatifs, vivants. Le seul fait de les ouvrir tout grands aura pour effet qu’ils porteront et capteront à la fois plus de vie. Puis, efforcez-vous de garder ce regard vif et passionné tout le reste de la journée et, sans jeu de mots trop facile, vous « verrez » la vie d’une tout autre façon. Et avec ce regard, je vous garantis que vous ne laisserez personne indifférent. Certaines personnes vous éviteront, tandis que d’autres seront attirées par vous comme un aimant.

Les passionnés s’attirent entre eux

Nous attirons tout ce qui tend à nous prouver que ce que l’on croit est vrai, surtout ce que l’on croit de soi… C’est la fameuse loi des affinités. Laissez-moi vous raconter à ce sujet une anecdote intéressante que j’ai vécue à Liège en Belgique, alors que je devais aller faire réparer de toute urgence un micro sans fil dont j’avais besoin le soir même pour une conférence. J’entrai donc dans un magasin d’électronique et demandai à voir au plus vite le préposé aux réparations. Ce dernier se présenta à moi, l’air particulièrement taquin. Comme, en plus, il me semblait plutôt jeune et inexpérimenté, je me mis à douter de sa compétence et hésitai à lui confier ce genre de travail. J’insistai toutefois pour qu’il fasse très attention, étant donné que mon micro était de grande valeur et que je ne voulais pas qu’il le brise davantage. Le plus sérieusement du monde, il me répondit d’une voix grave que j’avais bien raison d’être craintif, car il n’avait pas beaucoup d’expérience dans le domaine des micros sans fil et ratait habituellement son coup une fois sur deux, mais qu’il allait quand même essayer – et il appuya sur ce mot…  Je figeai sur place un instant, puis, voyant qu’il voulait tout simplement se moquer de mon attitude rébarbative, j’éclatai de rire et nous nous mîmes aussitôt à nous taquiner comme des gamins, oubliant presque la raison de ma venue dans cet endroit. Pendant ce temps, des gens s’étaient attroupés derrière nous. Par politesse, je leur offris de passer devant moi, car je n’étais pas si pressé que ça. Mais non, répondirent-ils, c’est tellement bon de vous entendre rire tous les deux. Ça nous manque dans ce temps gris qu’il fait dehors! Nous passâmes alors de longues minutes à déconner tous ensemble, moi, le réparateur et les gens tout autour qui s’amusaient de mon accent québécois qu’ils essayaient tant bien que mal d’imiter. Mais nous n’étions pas seuls. Je remarquai que d’autres personnes à l’air plutôt sérieux semblaient nous ignorer et évitaient notre attroupement de joyeux lurons, préférant même faire un long détour pour ne pas entrer dans notre bulle de joie et ressortir tout aussi rapidement par la porte de derrière. Il me parut évident que nous les dérangions par notre joie de vivre trop exubérante, est-ce possible? Eh oui, certaines personnes ne peuvent même plus supporter la joie, embourbées qu’elles sont dans la gangue de leur négativité. C’est difficile à croire, mais c’est malheureusement la réalité. Quelques heures plus tard, je revins reprendre mon micro bel et bien réparé et je remarquai que le jeune préposé en question avait les yeux toujours aussi brillants. Tout ça pour dire qu’il nous appartient à nous-mêmes de choisir notre clan, celui des endormis ou celui des passionnés de la vie, deux clans qui, comme vous pouvez le constater, on souvent bien du mal à se côtoyer.

Célébrer avec son clan!

Novembre s’est installé… les fêtes sont à nos portes… les arbres se sont complètement dépouillés… et pourtant la vie est là, toujours aussi vibrante, simplement enfouie au plus profond.

Parlant des fêtes, je ne sais pas si vous êtes de ceux et celles qui trouvent lourdes ces retrouvailles, ces longues soirées avec grand-mère, oncles, belle-mère, cousins, sœurs, neveux et co., certains que l’on ne reverra possiblement pas avant l’année prochaine?!?!?!

Des vieilles blagues ressortent, ainsi que d’illustres histoires. On rit. On prend un coup. On se chicane. Des froids persistent, d’autres se créent ou se dénouent. Mais, disons-le franchement, ces veillées ne nous laissent jamais insensibles. Pourquoi?

Alors qu’on dirait parfois que les arbres, une fois le mois d’octobre passé, croupissent sans vie : ternes, gelés, incolores… la réalité est pourtant toute autre. Une vie sommeille au plus profond des racines, prête à ressurgir dès les premiers rayons de chaleur. Il en est de même dans nos familles, nos clans, ces réservoirs de mémoires, d’histoires et d’événements, certains joyeux, d’autres très pénibles.

Notre famille, c’est nos racines. Peu importe qui en furent les membres : heureux ou tristes, pauvres ou prospères, malades ou en santé, réussissant professionnellement ou procrastinant toute leur vie, ils ont réussi à la perfection une chose… transmettre la vie… puisque nous sommes là.

Ceci dit, nous sommes arrivés dans le monde, issus de personnes parfaitement imparfaites, souvent chargés de fardeaux et de drames non résolus. Il est enrichissant de découvrir les histoires d’enfants morts jeunes, de femmes mortes en couches, de suicides, d’incestes, de morts à la guerre, d’immigration, d’adoption, de violence, d’alcoolisme, etc. Toutes ces histoires traînent dans notre arbre généalogique et, sans que nous nous en rendions compte, affectent notre qualité de vie, voire nous empêchent de nous réaliser comme nous le souhaiterions.

Je n’ai pas encore répondu à la question d’avant, à savoir pourquoi les réunions familiales viennent tant nous toucher. J’y arrive. Du fait que nous soyons issus de ces personnes, il résonne encore en nous des drames non résolus, voire des événements difficiles qui se soient passés entre nous. Passer une soirée en leur présence ne peut que réactiver ces souvenirs ou ces mémoires.

Avez-vous déjà senti ou pris conscience que, malgré que vous vous soyez dit que vous ne ressembleriez jamais à papa (ou maman), vous aviez eu le malheur de reproduire leurs attitudes ou destins?!. Vous souriez… moi aussi. Et ce qui pèse sur nos boutons, lors des fêtes de famille, demeure le miroir que nous nous offrons l’un à l’autre.

Mais pourquoi reproduisons-nous ce que nous détestons pourtant? Simplement parce que notre survie dépend du clan. Je m’explique. Lorsque vous êtes une gazelle ou un gnou, par mégarde isolé de votre troupeau, et qu’arrivent des lionnes ou des hyènes, vous devenez leur proie facile et trouvez la mort. Une partie du cerveau humain, appelé reptilien, sait très bien qu’être isolé du clan signifie mourir. Vous me suivez??? Étant donné que l’espèce humaine est la plus dépendante de ses parents, et ce, pour la plus longue période de vie, se retrouver hors de son clan égale la mort. C’est ainsi qu’inconsciemment nous adoptons des attitudes, caractères, visions, opinions, comportements familiaux, rôles… nous permettant d’appartenir à notre famille. Avez-vous déjà eu l’impression que quelque chose vous collait à la peau, que vous ne marchiez pas dans vos bottines, que malgré tout le travail sur soi accompli, une incompréhension et un questionnement persistaient et que vous n’arriviez pas à atteindre vos buts (former un couple, vous placer professionnellement, avoir de l’argent, prendre votre place dans la vie…)??? Dans mon bureau privé, j’entends régulièrement ces phrases.

Mon intérêt, comme thérapeute, a toujours été d’aller à la cause des maladies, souffrances, patterns et échecs répétitifs. Au fil des ans, j’ai découvert diverses approches intéressantes, mais celle qui a porté de puissants fruits, rapidement, concerne le travail sur le transgénérationnel… il s’agit des CONSTELLATIONS FAMILIALES.

Même s’il est très difficile de décrire ce travail ici en quelques lignes (je vous encourage à aller sur Google et taper « constellations familiales »), je vous dirais qu’il s’agit de « mettre en scène » une partie de nos ancêtres, à l’aide des participants, afin de voir ressurgir des liens qui nous unissent à certains d’entre eux, des loyautés inconscientes qui nous empêchent de nous réaliser et bloquent nos vies. Les Constellations Familiales permettent de mettre à jour des loyautés invisibles pour nous en libérer afin de nous accomplir dans nos vies.

C’est un travail puissant, très libérateur, que tous devraient connaître puisque nous traînons des fardeaux qui ne nous appartiennent pas étant, depuis la nuit des temps, issus de familles!

Au plaisir de partager avec vous ma passion… et joyeuses fêtes de famille!

Jouer à ne plus être comme les autres… quel défi de taille!

Sur mon premier CD musical, Renaître par la passion de vivre, on retrouve, entre autres une chanson intitulée Comme les autres. Cette chanson aux paroles plus que réalistes en ces temps de changement se veut un hymne vibrant à l’acceptation de soi sous toutes ses formes, un appel à la transparence, et cela, partout où nous sommes au sein de notre communauté. En effet, vous admettrez que cela prend beaucoup de courage aujourd’hui pour oser se regarder de l’intérieur, avec ses propres yeux, au lieu de le faire à partir du regard teinté des jugements d’autrui. Dans un monde idéal, ce serait chose facile, mais dans celui où sommes plongés actuellement, ce n’est pas une sinécure, je l’admets. Mais ce monde idéal, il ne doit pas rester que dans notre tête et nourrir nos fantasmes spirituels, on doit le créer ici et maintenant, en osant être soi et faire les choses à notre manière…

 Il n’y a qu’une personne qui puisse savoir exactement qui nous sommes. Devinez qui? SOI! Certains ont développé avec les années un tel manque de confiance en eux et en leurs capacités qu’il leur suffit parfois d’entendre un seul commentaire négatif à leur égard pour qu’ils se remettent totalement en question. Aussi longtemps qu’un milligramme de doute subsistera en nous, nous ne pourrons profiter pleinement de notre force divine infinie. C’est pourquoi des gens très sages dans leur tête peuvent discourir autour d’eux de vibrants messages d’amour et de liberté, mais vivre leur existence sans appliquer ce qu’ils prêchent. Ils sont dans le doute – on enseigne ce qu’on a besoin d’apprendre. Et si, pour une fois dans notre vie, nous nous mettions à faire les choses comme on a envie de les faire, pas comme les autres voudraient qu’on les fasse, quel paradis on se créerait à chaque instant!

La plupart des gens vivent dans l’ombre d’eux-mêmes. Et à force de faire semblant d’être une autre personne que soi, juste pour plaire et nous faire aimer par notre entourage, pour faire bonne impression sur notre patron, pour nous montrer dignes de notre salaire ou de la personne avec qui nous vivons, nous créons un personnage fictif, parfait et conforme à la norme, et nous nous identifions faussement à lui. Le passionné de vie abandonne derrière lui ce personnage imaginaire qu’il a inventé de toutes pièces dans le passé. Il cesse à tout jamais d’être le reflet d’un idéal qu’il poursuivait vainement. Il devient alors authentique et se met à se renouveler constamment. Si vous lui demandez d’exprimer ses émotions, il le fera sans pudeur. Il vous déballera tout d’un bloc ses aspirations, ses désirs et ses rêves les plus fous qu’il n’a pas encore réalisés, mais qu’il compte bien accomplir d’ici peu. Il n’appuiera plus ses dires sur ses performances du passé, sur ses titres, sur ses avoirs, sur son argent, mais bien sur lui-même en tant que personne humaine en quête d’identification à son être divin.

Mais laissons parler la chanson et tout ce qu’elle a à dire sur nous…

« Comme les autres »

J’ai tant cherché à renier qui j’étais, que j’ai fini par me croire
J’ai tant joué à faire semblant que j’étais un autre
Qu’avec les années, je me suis pris pour cet autre

J’aimais comme les autres, je travaillais comme les autres
Je baisais comme les autres, toujours, toujours comme les autres

Coupé de mes racines, coupé de mon vrai moi
Mon arbre s’identifiait à ses branches
Je dénigrais ce qu’était ma vraie nature
Me contentant de m’enivrer du savoir d’autrui
Je gaspillais toutes mes énergies à réprimer mes passions cachées
Je perdais toutes mes forces, ma santé je détruisais
À dépenser ce que je ne possédais même pas

J’aimais comme les autres, je travaillais comme les autres
Je baisais comme les autres, toujours, toujours comme les autres

Puis le vent de la sagesse est passé, emportant avec lui tous mes masques
Mettant au jour cette moitié de ma vie, qu’enfin j’ai osé regarder en face
Et j’ai cessé de lutter contre moi, j’ai cessé de bloquer ce flot de sève
Qui montait naturellement en moi, et je me suis mis à m’aimer comme je suis

Je n’aime plus comme les autres, je ne travaille plus comme les autres
Je ne baise plus comme les autres, non plus jamais comme les autres

Peu à peu, la terre avait recouvert mes racines
En les perdant de vue, je les ai vite oubliées
Mais aujourd’hui, le vent du renouveau me les fait redécouvrir une à une
Je dis adieu à ma sécurité, et j’ose prendre de très grands risques
Sans craindre que ma direction ne soit fausse
Désormais mon bateau filera au gré des flots
Je file au gré des flots…

Le couple comme unique – Le couple comme union

Voir ce qui manque à notre âme dans le regard de l’amoureux qui nous tient dans ses bras est comme un baume au cœur de la solitude.  Trouver celui ou celle qui colle parfaitement à la partie manquante de nous-même est toujours un cadeau merveilleux que la vie offre à tous sans exception.

Le défi commence dès lors que le couple formé s’oublie dans une illusoire plénitude qui oblige chaque partenaire à ne devenir que la moitié de ce qu’il est réellement.  La fusion est le processus initial de toute rencontre dès l’instant où le spermatozoïde et l’ovule mélangent dans la joie leurs histoires génétiques.  Tendre roucoulement de la vie à deux, sensation vibrante du corps qui s’expanse sous le regard étincelant de la vie recréée.  Prodigue de l’amour qui rend le gris des édifices presque tolérable, la pluie devient une amie qui incite à la paresse au lit, le vent devient charmant en ébouriffant les amants et tout ce qui ne peut être dit se lit mieux dans le sourire des yeux.  Quel prodige d’être amoureux, comme des enfants, ivres du sein de leur mère, ivres de contact et de fous rires.

Quel vertige de devenir l’amour et eux quand la folie s’étiole et que les mots, les corps, les idées s’éloignent, enfermant chaque moitié redevenue seule dans le vide du manque.  Séparation vitale, nécessaire car la fusion ne peut être qu’éphémère.  Au commencement de la vie, les cellules toutes identiques se séparent un jour pour devenir ce qu’elles doivent être.  Comme l’enfant quitte la mère, mari et femme doivent se transformer pour redevenir aimants.  L’amoureux ne peut continuer « à être l’objet du désir de l’autre », car il s’oublie et se noie dans des attentes insensées.  Cette légendaire mais tout à fait physiologique crise de couple survient toujours au bon moment même si elle ressemble à une tempête de mauvais sentiments.  À l’instar des adolescents, certains couples deviennent boutonneux, grincheux, claquant la porte parce qu’ils ne savent plus dire « je t’aime ».

La vie se partage alors en parallèle, chacun sur sa rive tentant de se redéfinir sans dépendance à l’autre, pour être à nouveau un individu entier.  Pour certains, la rive est symbolique, se creusant sous le même toit dans des silences et des évitements qui guérissent grâce au temps.  C’est dans cette période douloureuse que l’on constate que le sentiment amoureux ne se commande pas, qu’il peut disparaître tout simplement même sans colère sans haine et que l’on ne sait plus comment faire pour retrouver le contact.  Mieux vaut alors laisser l’espace faire son œuvre, faire chambre à part, maison ou même vacances à part!  Au terme de cette absence de communication, le couple sait s’il se retrouve sur la même rive ou si la séparation réelle est seule solution d’amour.  Tout cela sera plus facile si chacun accepte d’ouvrir les yeux de son cœur plutôt que de blâmer l’aveuglement de l’autre, au risque de laisser un amoureux adolescent aux prises avec ses tourments qui cherchera à nouveau la moitié idéale dans le jardin des passions.

La roue tournera encore, même pour ceux qui sont restés ensemble, prêts à s’engager de nouveau dans un contrat de mariage qui devient sacré pour permettre d’accéder au véritable couple uni où un plus un égale trois.  C’est une petite histoire d’amour que chacun veut écrire avec un grand A, puisque « amour » en langage des oiseaux donne « a privatif de la mort » (G. Athias).  Voilà pourquoi l’amour permet de guérir.

Le chemin du cœur amoureux n’est pas une ligne aussi droite.  Il y a plein de sentiers buissonniers, de petits détours secrets, de grandes clairières rassurantes et de sous-bois oppressants.  Tout comme nous aspirons à retrouver l’unité en nous, nous cherchons dans ce paysage l’amour unique, celui qui laisse sa marque dans les sillons du cœur, celui qui aspire au partage et à l’échange pour un brin d’éternité.

N’être qu’une moitié ne peut pas nous combler.  Rester séparé risque de nous faire ressembler à « certains couples (qui) font penser à deux fous dont chacun serait persuadé d’être l’infirmier de l’autre » C. Bobin

Être deux réunis est un bien beau défi qui se vit dans l’aventure d’une communication vivante et durable avec l’être aimé et aimant.

Beauté désespérée ou désirée?

Être désirable, être désirée… réveiller Éros, mais sans trop faire de bruit, car il peut être dangereux d’être belle et attirante!  Les lois biologiques animales, les principes freudiens ou les histoires anciennes qui sommeillent dans le cœur et dans le sexe des femmes, font d’elles des beautés désespérées.  Comment ouvrir en douceur les ailes du désir?

Elle est belle, attirante, envoûtante et presque dangereuse.  Tous les yeux de l’assistance descendent sur ses longues jambes de Barbie, remontent à sa taille de guêpe après avoir fait une pause sur ses fesses parfaites.  Ses longs cheveux de jais encadrent ses lèvres rouges qui rappellent la turgescence du sexe d’une femme qui veut faire l’amour.  Elle a maquillé ses yeux d’un noir désir pour que l’éclat de sa pupille s’accroche à un cœur de passage.  Elle laisse l’empreinte enivrante d’un parfum obsédant que chacun pourra ramener dans sa mémoire et ranger dans sa boîte de fantasmes.  Une beauté désespérée vient de traverser la salle.

Séduire veut dire « conduire à soi »

Une beauté désespérée couche ses envies interdites sur des aventures impossibles dans le désespoir inconscient de mourir.  La femme séductrice a envie de dire« oui » avec son corps, mais son inconscient bardé d’interdits lui faire dire « non ».  Pour résoudre ce double message, elle invente la femme fatale.  Celle dont la force du désir poussé à l’extrême conduit au refus.

Au bras de Marilyn, séduire se conjugue avec suicide, car comme dans la forêt, une femelle qui émet tant de signes colorés et odorants serait une proie facile.  Elle ne survivrait pas longtemps aux regards des prédateurs et serait la risée de toutes ses copines qui, prudentes, regardent les mâles roucouler ou parader dans leurs belles voitures.  À eux de prendre des risques pour séduire.  Dans la forêt humaine, Marilyn n’a pas réussi à réconcilier Aphrodite et Freud.  Les pulsions charnelles de la Déesse olympienne n’ont pas convaincu les démons de l’inconscient.

Le spectre de la mort rôde

La femme séductrice est suicidaire : elle se jette dans le cœur de l’autre pour y mourir de ne pas avoir le droit de vivres ses envies.  Si elle croit qu’elle n’a pas été désirée par ses parents, elle respecte toute sa vie ce programme de ne pas être désirable.  Pour elle, c’est le non-désir qui rime avec la vie.  Aussi, chaque fois qu’elle manifeste une envie, le spectre de la mort rôde autour d’elle et vient tuer ses phéromones.  Être indésirable est la seule solution de survie.

Parfois, elle prend une assurance-vie qu’elle appelle « mari » qui lui permet de sortir tous ses atouts de séduction sans prendre le risque d’être mangée.  Elle peut alors essaimer son désir pour le plus grand plaisir de son homme qui roucoule d’avoir si belle femme.  D’autres, que le besoin d’amour immense a jeté sur les trottoirs de l’indécence ont une « assurance-survie » qu’on appelle « maquereau ».  Elles meurent à petit feu, d’être exposées ainsi comme des proies dans la jungle du cœur des hommes.

Est-il donc si dangereux d’être désirable?

Quand la psychologie expliqua à la petite fille qu’il était normal qu’elle ait du désir pour son père, il aurait fallu rappeler à celui-ci la nécessité de gérer ce désir incestueux.  Le cours 101 sur Œdipe aurait dû être obligatoire.  Lorsqu’elle arrive à l’adolescence, avec l’espoir encore vivant de croire que son père sera l’homme de sa vie, la jeune fille confond désir et impossible.  Car le père effrayé par les formes séduisantes de la puberté, arrête tout à coup les câlins et compliments doux.  Certaines s’enlaidiront comme peau d’âne pour ne pas risque de séduire.  D’autres à l’inverse se maquilleront à outrance et se feront traitées de putain par un père jaloux, incapable de lui tendre la main.

Elle aimerait tellement comprendre qu’il est sain d’être désirable et qu’il appartient à l’autre, de gérer ses pulsions.  Tous les hommes ne sont pas « heureux comme Ulysse » qui ose entendre le chant des sirènes et transcender cet appel charnel.  Les sociétés où l’homme craint son désir, pour des raisons religieuses ou culturelles, enferment la beauté des femmes dans les voiles de l’ignorance, croyant que le désir est une étincelle que l’on étouffe avec la haine et le mépris.

Le désir d’une femme est une luciole

Le désir d’une femme est une luciole qui produit elle-même sa propre lumière.

Filet doré entre son cœur et son sexe, il engendre une pluie d’étoiles filantes dans son esprit et permet à Dieu de pénétrer son âme.  C’est d’ailleurs ce qui la rend séduisante et éternelle.  La beauté vient de l’intérieur et laisse le désir s’échapper dans l’éclat d’une pupille, dans l’érection d’un mamelon ou dans la chaleur humide d’un vagin.  La valse des hormones du désir fait tourner la tête de chaque cellule qui, dans un doux soupir, sourit de pouvoir ainsi s’abandonner sans danger.

La femme qui a reconnu sa peur d’être désirable, peut en conscience la dépasser pour laisser émerger sa sexualité sacrée.  Elle fait la paix avec peau d’âne, avec Marilyn et Aphrodite.  Elle a de la compassion pour ce vieil Œdipe et pardonne même à Abraham son manque de courage.  Quand le feu de la rancœur s’éteint dans son corps, il cesse de brûler les phéromones de ses désirs.  Des volutes sensuelles imprègnent ses ailes de femme divine et le vent qui se fait complice inonde son aura de mille délices.

En se promenant au bras de Sarah, une des trois matriarches de la bible, on sent les regards suivre en silence cette femme d’une grande beauté.  Abraham son époux en est tout gêné, surtout lorsqu’ils quittent le village et voyagent dans des contrées où des étrangers pourraient le jalouser.  Alors, Abraham présente sa femme comme sa sœur, pour la protéger dit-il.  En fait, avoir une femme désirable peut le mettre en danger.  Car on pourrait le tuer pour la lui ravir.  Par contre, si quelqu’un touche à sa « sœur », il pourra toujours jouer l’offusqué et l’accuser.  On inventa le mensonge pour sauver le mari.  Un mensonge doué de raison pour excuser la couardise d’une passion.

Dire oui à la vie… même si…

Ah non, il n’est pas question d’avoir un chien, et encore moins deux chiens, à la maison!!!

C’est la réponse sans appel que je donnais à mon chum, suite à sa demande d’apporter avec lui ses deux chiens, lorsqu’il a aménagé chez moi avec son garçon. Bien qu’il fut déçu de ma fermeture complète sur ce sujet, il trouva donc une famille qui voulut bien accueillir ses chiens.

Plusieurs années passèrent ainsi, bien que mon conjoint glissait parfois dans la conversation que ce serait plaisant de partager nos activités quotidiennes avec un chien…

Un certain soir de février 2007, j’ouvre le téléviseur et l’émission « César, l’homme qui parle aux chiens » est diffusée à ce moment-là. J’écoute attentivement la philosophie de César et je reconnais la passion de mon chum pour les chiens. Je réalise à ce moment que j’empêche mon chum de vivre de beaux moments suite à ma fermeture à la nouveauté. Comme je suis en formation à l’extérieur, je l’appelle au téléphone, je lui dis que c’est ok, on pourra avoir un chien si ce dernier peut vivre à l’extérieur et non dans la maison.

Pendant quelques semaines, nous feuilletons différents livres sur les races canines pour savoir quel chien s’adapte bien à notre climat. Je suis confiante, je pense que comme j’ai dit oui à mon chum, ça va être comme avec les enfants, il va oublier sa demande d’avoir un chien pour passer à d’autres choses. Ben non, la même semaine, nous apprenons qu’un couple se sépare et comme ils ne peuvent pas garder leur chien, il nous demande si nous voulons l’adopter. Mon chum saute de joie, accepte immédiatement, c’est une femelle labrador, le 1er choix de mon chum…

Le 21 mars 2007, nous accueillons donc cette chienne nommée Kina. Consciencieusement, je m’applique à l’ignorer complètement. Je n’aime pas ça, point à la ligne. Un chien, ça pue dans l’auto quand on se rend au chalet, ça pleure quand je mange, ça bave, ça jappe à tout moment, c’est dépendant et bon voilà, j’aime mieux les chats…

La semaine suivante, nous sommes en route pour le chalet accompagné de la neige qui tombe doucement sur le pare-brise de l’auto. En arrivant au chalet, je verse le fond de ma tasse de café sur la neige. Kina, le chien, s’empresse d’aller lécher le café sur la neige. Aaaaahhhh… là je suis surprise, moi qui adore un bon café, le chien semble du même avis que moi. Bon ben, voilà, un point de gagné pour elle.

Quelques mois passent ainsi et j’ai peu conscience de cette chienne dans son enclos qui épie le moindre de mes gestes lorsque je sors à l’extérieur. Mais je continue ma stratégie, je la regarde peu ou pas du tout, je ne lui donne pas d’attention, sauf pour la corriger si besoin est.

Un soir, nous nous préparons, moi, mon chum, et ce chien, pour notre marche quotidienne. En attendant mon chum, qui a oublié la laisse à l’intérieur, ce chien qui était fou de joie à l’idée d’aller se promener, se calme, s’assoit face à moi et me fixe intensément. Je sens son regard intense, insistant. Pour la première fois, je tourne mon regard vers elle et je prends le temps de la regarder dans les yeux. À ma grande surprise, je n’y vois que de l’amour inconditionnel. Je suis très touchée, très émue. À cet instant, mon cœur vient de s’ouvrir pour cet animal. Je réalise tout ce que j’ai manqué en l’ignorant. J’avais dit oui avec ma tête, mais j’avais gardé mon cœur fermé à la nouveauté. J’avais permis à mon chum de retrouver ce plaisir de partager la vie avec un chien, mais j’étais restée fermée à ce changement. Si je ne m’étais pas permise d’acquiescer à cette opportunité, j’aurais manqué de beaux moments ainsi que de belles leçons transmises par ce chien. Je n’aurais jamais appris comment on peut aimer sans condition un animal tout en ayant, réciproquement, le respect.

La majorité des êtres humains appréhendent le changement, la nouveauté, l’inconnu. Nous maintenons, quitte que quitte, notre routine, nos habitudes de vie. Malheureusement, même si notre quotidien nous rassure, nous n’apprenons plus, nous n’évoluons plus. Et quand nous osons accepter, avec un cœur ouvert, ce que la vie nous présente, tel un nouvel emploi, un(e) nouveau(le) conjoint(e), une occasion d’affaire, une amitié naissante, etc., nous recevons tellement plus que ce à quoi nous nous attendions. Le mental tente de planifier l’avenir, mais la vie ou l’amour, nous réserve tellement de belles surprises et d’opportunités d’aimer encore plus.

Alors vous qui me lisez en ce moment, êtes-vous prêt(e)s à dire oui à la vie… même si…

Ces relations éclairées… qui nous allument

À la lumière de ce que nous faisons avec nos expériences, nous évoluons au fil des jours en devenant plus conscients. Réalisez-vous que nous sommes en changement constant et qu’entre chaque coucher et chaque lever de soleil, nous devenons des personnes différentes?

Chacun chemine à son propre rythme. Certains avancent à pas de tortue tandis que d’autres courent comme des lièvres. Une chose est sûre, c’est que tous arriveront un jour au même point. C’est pourquoi, si nous appartenons à la catégorie des « petits rapides » qui n’ont pas de temps à perdre, il n’est pas rare de constater que certains de nos proches au rythme plus lent deviennent pour nous de lourds fardeaux à porter ou se transforment tôt ou tard en boulets aux pieds nous empêchant de nous envoler. Dans le fond de notre cœur, on sait pertinemment qu’on devrait s’en détacher pour accélérer notre course, mais on n’ose pas le faire de peur de causer de la peine. Alors, on s’oublie et on abdique nos aspirations profondes. On devient infidèle envers soi, ce qui est peut-être la pire infidélité, car on ne peut alors accuser personne d’autre. La passion de vivre est très difficile à maintenir élevée quand on se sent constamment tiré vers le bas, et c’est pourtant ce que l’on permet à certaines personnes de faire à notre égard. C’est pourquoi, dans ce monde où l’évolution est probablement à son plus fort depuis des siècles, nos relations changent tant au fil des ans, et cela, qu’on le veuille ou non.

Rendus à certains carrefours de nos vies, nous prenons des chemins différents…

Ces changements de cap, quoique très dérangeants, font partie du cours normal de la vie et c’est pourquoi on sera parfois porté – et c’est plus fort que nous – à délaisser la compagnie de gens qui ne nous allument plus, ce qui aura pour effet positif de nous faire découvrir d’autres perles qui, par leur brillance, nous aideront à nous alléger et à nous élever. Si on met un bout de bois mort dans une cheminée et qu’on le place tout près d’une bûche ardente, lequel à votre avis influencera l’autre? Le tison ardent s’éteindra-t-il au contact du bois mort ou est-ce plutôt ce dernier qui s’enflammera? Évidemment, le second. Par cet exemple, vous pouvez voir l’importance de s’efforcer de côtoyer des gens allumés afin qu’à leur seul contact et par l’intensité de leur présence, ils attisent notre propre feu. C’est d’ailleurs ce qui se produit à notre insu lorsqu’on rencontre une personne dégageant une grande sagesse. En entrant dans son champ énergétique, on se transforme sans même avoir à lui parler. Personnellement, lorsque de tels êtres sont placés sur ma route, je me fais un devoir et un plaisir d’aller me balader dans leur entourage. Peu importe ce qu’elles ont à dire, car c’est ce qu’elles « sont » qui me nourrit le plus, pas ce qu’elles ont à dire. Côtoyer du bois mort qui, par surcroît, ne veut même plus s’allumer, c’est prendre le risque de s’éteindre à son tour.

Cherchez plutôt dans votre entourage, dans votre famille, parmi vos proches, des bûches ardentes…

Il y en a beaucoup plus que vous ne le croyez, mais elles ne font pas de bruit. Puis, allez puiser auprès d’elles la lumière dont vous avez besoin pour revivifier votre feu intérieur.

Ne craignez surtout pas de leur enlever quoi que ce soit, car elles n’ont que ça à faire : rayonner, partager leur lumière, transmettre leur passion de vivre. Ensuite, faites de même avec les autres. Passez au suivant ce que vous avez reçu, devenez à votre tour des bûches ardentes disponibles pour allumer ceux qui auront besoin de votre étincelle…

André Harvey

Auteur de 17 livres dont le best-seller L’ultime pardon.

Il partage son temps entre les voyages, les conférences, l’écriture et la musique. Il a à son actif deux CDs de chansons à texte dont il est l’auteur, le compositeur et l’interprète. (Renaître par la passion de vivre et Les yeux du cœur.)

Il vient de faire paraître un nouveau livre disque intitulé : En route vers l’illimité.

Conférences et récital sur demande. Contactez-le pour un événement dans votre région.

www.andreharvey.info

Le dialogue du djembé

Je regarde les aiguilles de l’horloge… Dix-huit heures trente-cinq. Je suis sur scène, prêt à entamer le cours de percussions africaines à l’école Samajam. Autour de moi, un capharnaüm sonore retentit… Les quelque quatre-vingts étudiants positionnent leur djembé, et se mettent à frapper la peau, parfois avec grâce, parfois avec violence, mais toujours avec le désir ardent de produire un maximum de son possible. J’éprouve toujours un vif plaisir à scruter la scène qui s’offre devant moi. De la plate-forme surélevée, c’est quasi surréaliste de voir comment l’humain, dans un contexte précis, renoue avec la bête en lui.

Il faut cependant ramener cette « meute » à l’ordre afin de réussir à faire parler le djembé, et non pas laisser planer la cacophonie actuelle. Mais, les gens ont l’air d’être tellement dans leur élément, que je pourrais disparaître de la pièce pendant une heure complète, revenir et rien n’aurait changé… Phénomène fascinant où le temps n’a plus aucune importance.

Un des aspects les plus fascinants et les plus intéressants de la percussion africaine, c’est le sentiment d’appartenance à un groupe, à un clan. Bien sûr, le djembé tire ses racines de cette observation. Le rythme n’existe que parce que plusieurs djembéistes le créent. Chacun y va de sa contribution, chacun joue son propre accompagnement, et les notes s’imbriquent les unes dans les autres comme si elles ne formaient qu’un tout cohérent et vraiment mélodieux à l’oreille.

Par contre, cette simple mise en commun de capacités musicales va beaucoup plus loin. Le djembé apporte beaucoup plus que le simple fait de garnir notre existence avec des notes de musique. Outre le fait d’être extrêmement libérateur en faisant relâcher la tension intérieure (qui n’a jamais voulu frapper sur quelque chose pour se défouler), il permet de pouvoir entrer en contact avec son prochain, de reconnecter complètement avec la fameuse « bête sociale » qui sommeille en nous. C’est une courroie de rapprochement qui n’a pas son pareil, qui permet de vivre des activités sociales primordiales et de vivre des expériences de groupe inoubliables.

Le djembé permet de rencontrer des gens qui autrement seraient passés complètement inaperçus. Il fait tomber les masques sociaux. Le réseau social s’enrichit donc de personnes qui exercent des métiers différents, qui ont des pensées et des mentalités complètement différentes de soi-même, qui ont un train de vie qu’on n’oserait même pas imaginer. Mais, une passion, un intérêt et un désir commun nous habite tous, celui de renouer avec l’esprit de groupe, de clan. C’est un besoin fondamental de l’être humain. Et cela est rendu possible grâce au djembé.

Dix-huit heures trente-sept et cinquante secondes… cinquante-quatre… cinquante-sept… Dix-huit heures trente-huit. C’est à ce moment que je frappe à mon tour sur mon tambour, juché sur son support, les sons crevant les multiples bulles qui se sont formées durant le dernier quart d’heure. Les roulements, les tapes, les chauffés se succèdent de plus en plus vite, je laisse mes mains parler, puis, j’effectue l’appel classique des rythmes (pra-pi-pi-pi-pipi-papapa!) et… Plus rien… Malaise… Déstabilisation… Les peaux se taisent, les gens se tournent dans ma direction, et c’est ainsi que démarre une autre soirée de percussions inoubliable à l’école Samajam, où les bouches se ferment afin que les djembés puissent enfin se mettre à parler…

Incroyable et fascinant de voir qu’un simple morceau de tronc d’arbre recouvert d’une peau de chèvre peut avoir autant d’impact…