Destination soi-même

« Punition divine ou fatalité sociologique, la solitude, quand elle est imposée, devient une terrible épreuve. […] Mais quand elle est désirée, la solitude perd son aspect funeste et prend une étrange douceur. Elle libère du désordre des passions et favorise tout à la fois le retour sur soi, l’expérience méditative, la quête du bonheur et de la plénitude ». Jean-Louis Hue

Depuis plusieurs années déjà existe ce concept de tourisme spirituel ou de ressourcement psychique. Qu’il s’agisse de marcher les lieux de pèlerinage, de vivre une quête de vision dans un désert, de faire une retraite, c’est un besoin profond de trouver des réponses aux questions ou problèmes qui nous tenaillent, d’être meilleur, plus heureux et bien orienté dans la vie qui s’exprime ainsi et cherche une voie pour s’accomplir. Les éléments qu’on retrouve toujours présents dans ces situations sont la solitude et sa sœur jumelle le silence. Ils peuvent être plus ou moins prononcés selon l’expérience choisie.

Dans un ermitage, un lieu paisible où on s’isole sans parler, la solitude et le silence sont à leur maximum. Imaginez qu’il n’y a ni téléviseur ni ordinateur; vous n’avez pas le téléphone pour impulsivement communiquer avec quelqu’un; il n’y a pas de tâches à accomplir qui ne vous accaparent ni de loisirs pour vous distraire; personne ne vous sollicite pour quoi que ce soit. Le temps et l’espace semblent se mettre à votre entière disposition. Que se passe-t-il? C’est comme si peu à peu, on se déplie, on se déploie. On s’impose peu à peu à soi-même, on se découvre comme une terre largement inconnue. On s’entend penser, on se ressent corps et émotions. Beauté et laideur, petitesse et grandeur, on peut toucher à sa propre vérité. Passé, présent et avenir. Sentiment d’unicité et de présence au monde.

Récemment une femme me dit : « J’ai voyagé beaucoup dans ma vie, j’ai vu les endroits les plus splendides et réputés du monde et pourtant c’est pendant mon ermitage de quelques jours, pas loin de chez moi, que j’ai connu les moments les plus intenses, les plus captivants ». Je lui ai alors fait remarquer qu’elle se faisait un grand compliment puisqu’elle venait de passer ce temps en sa propre compagnie et que c’était donc une façon de reconnaître l’intérêt qu’elle représentait à ses propres yeux! Elle était étonnée de mon commentaire et ravie d’en prendre la mesure. Épatée de s’apprivoiser à elle-même et d’en voir les bienfaits. Apprendre à se fréquenter et s’aimer soi-même c’est se disposer à mieux communiquer avec les autres et les aimer. Le bien qu’on se fait ainsi à soi, on le rend ensuite à toute la société par la qualité d’être qu’on développe.

Il y a deux grandes formes de ressourcement, de régénération. L’une consiste à se mettre en présence de nouveautés qui viennent de l’extérieur de soi. L’autre, celle que nous venons d’explorer, consiste à s’exposer aux inédits qui habitent notre intérieur. La première est bien connue et très pratiquée. La deuxième est encore trop méconnue quand on songe aux bénéfices irremplaçables qu’elle procure. Tourisme extrême que le voyage intérieur? Mais non, osez au moins pour une fois, vous en êtes capable!

Les possibilités infinies de l’être humain

Un grand potentiel vous habite tous. La réalisation de vos aspirations est possible. Et oui, il s’agit de syntoniser le poste correspondant à vos objectifs. Le téléviseur offre plusieurs chaînes diffusant simultanément différentes informations. D’un simple clic sur la télécommande, vous pouvez changer de station et vous alimenter de toutes autres choses. Il ne reste plus qu’à déterminer la direction souhaitée et vous brancher sur la fréquence correspondante.

De plus, votre vie est à l’image de la perception que vous en avez. Le regard porté sur elle en déterminera son contenu. Si vous focalisez sur le manque, vous restez fixés sur cette station. Pourquoi ne pas se centrer sur l’abondance? Regardez de façon objective autour de vous. Y a-t-il une grande quantité de choses magnifiques? Aimez votre existence pour ce qu’elle est et remerciez-la pour cela. La gratitude ouvre la porte à de grandes possibilités. Elle vous plongera dans la joie de vivre, partie intégrante de l’être que vous êtes.

À l’intérieur de vous résident les ressources nécessaires à l’atteinte de vos objectifs, même ceux qui semblent inaccessibles. Les seules limites existantes sont celles imposées par soi, car vous irez aussi loin que vous croyez pouvoir aller. En effet, c’est possible sauf si vous pensez le contraire. Votre réalité est le fruit de votre création. Pinceaux à la main, vous pouvez peindre les détails de la route souhaitée.

L’être que vous êtes réellement au fond de vous est merveilleux, confiant et sait comment attirer vers vous le nécessaire pour assouvir votre soif de bonheur. Présent en votre cœur, il connaît votre voie et saura vous conduire vers vos rêves, vos passions et vos forces inconnus à ce jour. Une rencontre avec lui s’impose. Installez-vous dans un endroit calme et écoutez votre for intérieur, porteur d’informations et source de joie. Laissez tomber les barrières érigées par votre personnalité afin qu’il se dévoile. Ainsi, de nouvelles portes s’ouvrent pour permettre à votre potentiel et vos ressources d’être exploités.

Suite à l’une ou plusieurs de ces rencontres avec soi, je vous propose un exercice très simple que j’ai d’ailleurs expérimenté. Il s’agit de mettre sur papier les détails de la vie de vos rêves. Puisqu’il n’y a pas de limite, tracez le portrait des projets auxquels vous aspirez qu’ils soient réalisables ou non pour vous. Imaginez-vous accomplir ce que vous souhaitez et décrivez les détails de vos réalisations dans un cahier. Lorsque j’ai expérimenté cet exercice, les objectifs que je décrivais, prononcer des conférences, écrire des livres, participer à des entrevues à la télévision et à la radio, étaient pour moi irréalisables et vraiment exagérés. Quelques années plus tard, alors que j’avais oublié le contenu de mon carnet, à ma grande surprise, j’ai constaté en relisant mes notes, que toutes mes aspirations décrites s’étaient concrétisées. Et aujourd’hui, elles continuent toujours d’évoluer. De plus, ces expériences ont placé des nouvelles personnes sur mon chemin qui m’ont ouvert la porte sur différentes avenues auxquelles je n’avais pas songé. C’est très impressionnant.

Vous pouvez aussi réaliser vos rêves. Il faut toutefois prendre la décision de s’engager sur cette voie et d’entreprendre le parcours de la route désirée. Les vieux vêtements portés au moment où vous ressentiez la peur d’aller de l’avant ne conviennent plus. Il est maintenant temps de vous procurer une nouvelle tenue à votre image. Vous êtes responsables de votre vie et avez le pouvoir de la prendre en main. Or, chacun de vos pas guidés par la certitude d’être sur la bonne voie vous conduira vers les résultats recherchés. Bien souvent, lorsque vous êtes à la poursuite du bonheur, vous avez oublié qu’il est à vos côtés. Maintenant, à vous de suivre votre propre itinéraire. Êtes-vous prêts?

Simplifiez votre vie en l’orientant autour de ce qui vous vient naturellement!

Tout ce qui se produit dans votre vie reflète une partie de ce qui se passe à l’intérieur de vous. Conséquemment, si vous désirez une existence plus simple, plus inspirante, plus satisfaisante et qui emprunte la route de l’excellence, vous l’orienterez à partir de qui vous êtes vraiment.

Mais, comment connaître l’être véritable qui vous habite? Vos forces, celles qui vous invitent naturellement à agir d’une façon plutôt qu’une autre, vos talents et vos points forts relèvent de votre véritable identité. Les rêves que vous chérissez peuvent s’avérer une excellente piste pour honorer l’être authentique qui se loge en vous. Les valeurs qui vous dirigent, c’est-à-dire ces choses vers lesquelles vous êtes naturellement attiré, que vous avez envie de faire sans effort et qui ne sont pas motivées par un but représentent également une partie de votre individualité.

Pour mieux illustrer la vie de quelqu’un qui maximise une de ses forces, prenons l’exemple de Tiger Woods. Son point fort? Son swing au golf. Avec l’aide de son coach, il l’a perfectionné et jugez des résultats par vous-même : il expérimente une vie d’excellence à faire ce qu’il aime vraiment. Quant à sa faiblesse, les trappes de sable, il l’a corrigée de façon à ce qu’elle ne nuise pas à sa force. Pas plus!

Plusieurs gens qui cheminent dans la conscience se piègent souvent : quand ils découvrent leurs faiblesses, ils ont tendance à investir toute leur énergie à vouloir les gérer pour devenir meilleurs. Cette pratique, bien qu’elle amène à vivre plus de conséquences agréables, ne les acheminera pas vers une vie d’excellence, qui, elle, ne sera possible qu’en maximisant vos points forts, mais jamais en rectifiant vos faiblesses. De plus, l’épuration de vos faiblesses ne vous conduira pas non plus vers vos points forts.

Si vous orientez votre vie autour de ce que vous pouvez exercer régulièrement avec plaisir et succès, vos faiblesses n’auront plus la même emprise sur vous. Imaginez ceci : au lieu d’essayer de vous changer, vous devenez l’être en connexion avec sa nature profonde. Vous construisez votre vie à partir de ce qui vous passionne. Plus besoin de faire des pirouettes pour plaire aux autres à votre détriment, plus de cours à prendre pour vous améliorer dans un domaine qui ne vous stimule même pas! Vous n’accomplissez que ce qui résonne avec vous, ce qui vous fait vibrer, et lorsque votre concentration se dirige sur ce qui fonctionne pour vous, imaginez le peu d’emprise que vous laissez à vos faiblesses. N’est-ce pas merveilleux?

Se perfectionner dans le but de diminuer une faiblesse ne produit vraiment pas le même résultat que celui de s’améliorer afin de développer une force. Prenons l’exemple d’une voiture de course et d’un camion-remorque à la ligne de départ d’une course. Le camion-remorque atteindra assurément la ligne d’arrivée, mais malgré toutes les modifications qu’on peut lui apporter, il ne pourra jamais le faire à la même vitesse que la voiture puisque sa force ne réside pas dans la vitesse, mais plutôt dans le remorquage. Il ne perd pas sa valeur parce qu’il ne se montre pas aussi rapide que la voiture : il ne se trouve tout simplement pas dans le bon domaine. C’est la même chose pour nous, les humains. Combien de gens, par exemple, œuvrent dans des postes de gestion alors que leur force se situe plus à faire ce qui est demandé!

Orienter votre vie autour de vos forces représente un processus d’amour pour vous. Découvrir qui vous êtes véritablement vous permettra de vous épanouir. Vous arrêterez de forcer les choses et d’investir votre temps et votre énergie dans des activités qui ne vous servent plus. Loin d’être égoïste, vous deviendrez respectueux de qui vous êtes naturellement.

Il est possible pour vous tous d’orienter votre vie autour de qui vous êtes vraiment. La première étape consiste à noter ce qui est naturel pour vous et qui vous apporte régulièrement du plaisir et du succès. Vos indices de réponses se trouveront probablement dans vos talents, vos forces, vos valeurs et vos rêves. Rappelez-vous des compliments qu’on vous a déjà faits et demandez à vos proches les forces qu’ils perçoivent de vous. Par la suite, posez des actions, créez un projet orienté autour de vos réponses afin d’honorer cette partie de vous.

Vous voulez simplifier votre vie? Commencez à l’orienter autour de ce qui est naturel pour vous!

Vivre vivante

La même scène s’impose à moi à chaque fois : avril 2006, il est environ 21 h, je suis seule dans ma chambre. J’ai 28 ans et je joue avec une poupée. Ma poupée. Celle qui n’existait pas une heure auparavant et qui danse, bien vivante et réelle sous mes yeux surpris et émerveillés. Dans cet objet, j’aperçois ma propre image; un objet dit inanimé et qui pourtant est en vie. Je ressens alors en moi une petite étincelle en éveil, un pouvoir oublié depuis longtemps qui se réveille, peut-être.

Cette poupée, ces poupées, car d’autres naîtront les soirs suivants, deviennent mes bouées et l’espoir qui me poussera à me relever. Oui, je me sens faible, éteinte, morte-vivante. Je me suis peu à peu enlisée dans une situation où je m’éloigne de plus en plus de moi, et de mes rêves profonds. J’ai, à mon insu, doucement mis de côté mes passions et certaines de mes valeurs pour essayer de construire une vie de couple et de famille qui sera superbe demain. Tout à coup, cette poupée me rappelle que je transporte la vie, et que la vie veut être en vie. Maintenant. Petit à petit, une force s’installe en moi. Lorsque tout semble chavirer autour de moi, je reviens vers mon nouveau navire, la couture, et je crée. Ces créations nourrissent mon âme et me chuchotent qu’il y a d’autres possibles. L’idée de ces possibles encore nébuleux, m’amène peu à peu à dire non à ce qui est et oui à autre chose.

Puis, l’idée de créer ma propre entreprise émerge. Quelques mois plus tard, je pars vers l’inconnu les mains pratiquement vides avec simplement cet élan vers une autre moi.

… Et je mets sur pied ma petite entreprise. Je surprends mon entourage en réussissant à obtenir de l’aide financière pour le démarrage de ce projet marginal. C’est la naissance officielle de Papoum, papoum…

Quelques semaines après ce tournant, je participe à la foire artisanale de Noël de mon village. Mon étal est plus petit que les autres et occupe peu d’espace. Je me sens très intimidée. J’ai l’étrange impression d’être une petite fille qui veut montrer ses beaux dessins. Et, surprise, je vends presque tout!

Imparfaites, croches, inégales, mes poupées semblent toucher les gens. J’en déduis que ce nouvel élan de vie, cette petite pousse qui perce, s’est faufilé dans mes poupées, tel un petit cœur en chacune. Cette découverte donne encore plus de sens à mon projet. Je ressens, par l’entremise de mes poupées, une connexion avec les gens. Et surtout je suis heureuse de donner un peu de qui je suis réellement au-delà de tous mes rôles.

Quelques années après ce certain soir d’avril 2006, je me sens totalement, complètement vivante. Bizarrement, je me retourne et je vois deux personnes : l’ancienne moi et la nouvelle moi. Et, Papoum, papoum… (les petits cœurs qui battent) continue à faire partie de ma vie.

Ce dialogue avec une de mes créations a donc de façon inattendue, éclairé une partie de moi qui était dans l’ombre : ce pouvoir créateur, capable de créer des objets, mais aussi une autre vie. Cela m’aura poussée à faire de grandes remises en question sur mes croyances. Par exemple, est-ce que la vie que j’étiquetais comme idéale l’était réellement? Étaient-ils vraiment rentables, ces sacrifices de certaines parties de moi, déboursés pour acheter ce futur dit reluisant? La création de ces petits êtres, m’a amenée à me définir davantage, et, surtout, m’a permis d’amorcer l’expression de ma propre voix.

Voilà comment, créer une poupée a su transformer ma vie.

Aujourd’hui, je souhaite que mes poupées apportent chaleur, tendresse et réconfort, et aussi, qu’elles inspirent doucement les gens, qu’elles leur chuchotent à l’oreille : oui, c’est tout à fait possible et réalisable de vivre vivant!

Faites ce que vous aimez ou changez!

J’avais 7 ou 8 ans. J’accompagnais ma mère partout lors de ses courses. Ma mère est authentique et franche. De la vieille école, elle est diplomate aussi. Mais elle n’a pas la langue dans sa poche. À quelques reprises, j’ai voulu disparaître d’à ses côtés, tellement j’étais gêné. Bien qu’aujourd’hui, je fais comme elle.

Une fois entre autres, après avoir été sèchement servie par la caissière au supermarché, ma mère lui avait dit avant de quitter : « Vous savez madame, si vous n’aimez pas votre travail, vous devriez changer ». Non pas méchamment ou sur un ton condescendant. Mais avec fermeté et conviction. Je ne peux qu’imaginer l’effet sur la dame. Comme un verre d’eau bien froide lancé au visage d’une employée qui « dormait » un peu à son poste. C’est fou tout ce qu’on se permet quand on aime plus ou moins son travail. On se dit « c’est pas grave, ce n’est que temporaire… » ou « quand je ferai un emploi que j’aime, là je serai à mon meilleur! ».

L’équation est relativement simple pourtant. Si vous aimez ce que vous faites comme boulot, une symbiose s’installe. Vous transpirez le bien-être et la passion. Conséquemment, vous êtes libre et à l’aise, d’être vous-même. Sans efforts. Ça devient un « cercle vertueux ».

Tandis que si vous prenez le premier emploi qui vous est offert, vous vous placez dans une situation perdante dès le départ. Comme dans une relation amoureuse, on doit prendre son temps pour trouver « notre match parfait ». Et faire le moins de compromis possible. D’un côté comme de l’autre. Parce que je tiens tout aussi responsable les patrons, d’engager trop rapidement, un peu n’importe qui, par paresse professionnelle. Ils pensent sauver du temps, alors qu’il leur en coûtera beaucoup plus en roulement de mains d’œuvre.

« C’est bien beau en théorie » me direz-vous, « mais en pratique, je dois travailler pour gagner ma vie. Maintenant! » Et je vous dis : « Absolument! Travaillez, maintenant! À vous trouver l’emploi de rêve. ».

Je vous mets au défi d’écrire sur une feuille de papier ce que vous feriez pour le reste de votre vie, si je vous mettais 10 millions dans votre compte de banque. L’argent n’étant plus un facteur, que feriez-vous pour passer le temps? La grande majorité des gens me répondent : « je voyagerais ». D’accord. Mais après avoir fait le tour du monde 2 ou 3 fois, vous feriez quoi de votre temps? Ou si vous croyez vraiment que le « voyage » et les « cultures étrangères » vous passionnent à ce point, avez-vous comptez le nombre d’emplois qui s’y rattachent?

Agent de voyage, travailleur dans le monde hôtelier, équipier sur un bateau de croisière, sans parler de toute l’industrie touristique? Non seulement ça, mais du fait que vous aimiez le voyage à ce point, imaginez tous les « pays » où vous pouvez « prospecter » un emploi! Je vous jure qu’il existe non seulement une profession ou un métier dans le domaine qui vous passionne, mais que des dizaines d’opportunités existent au sein d’entreprises florissantes.

« La plupart des gens qui échouent dans leurs accomplissements n’échouent pas par manque de capacité, mais par manque d’engagement. » – Zig Ziglar

Je passe des dizaines, voire des centaines d’entrevues chaque année. La plupart de ces rencontres doivent débuter par une entrevue téléphonique. Les candidats qui veulent travailler chez nous doivent me téléphoner via un numéro particulier que j’affiche. Je tiens à leur parler personnellement en premier. La plupart, j’imagine, ne se doutent pas de parler au président de l’entreprise du premier coup. Ce qui me fait dire au passage d’être prêt à toute éventualité quand vous entamez le processus de recherche d’emploi.

Quoi qu’il en soit, mes premières paroles sont habituellement : « je suis en réunion en ce moment, pourriez-vous me rappeler dans une trentaine de minutes SVP? ». Ce à quoi 100 % des gens répondent : « certainement ». Mais aussi incroyable que ça puisse paraître, moins de 20 % le font. Moins d’une personne sur 5 me rappelle. Et sur les 5 seulement 2 ou 3 le font dans les délais demandés. Certains me rappellent le lendemain, etc.

Pourquoi je dis être en réunion même quand je suis libre? Parce que je teste les candidats dès le départ et me sauve un temps fou. Je peux voir si le ou la candidate peut suivre une instruction simple et claire. Je peux voir s’il veut vraiment l’emploi, ou si le simple fait de se faire rabrouer une première fois le décourage.

Les gens ont des rêves, mais trop se comptent perdants d’avance. La plupart n’osent pas s’écouter et aller au bout de leurs passions. Et ceux qui osent, abandonnent trop rapidement. Croyez-moi quand je vous dis qu’il y a des dizaines et des centaines d’opportunités pour quelqu’un comme vous et moi qui ose. Qui ose écouter sa passion et qui ose rêver grand. Bernard Lachance a osé. Il a osé rêver devenir chanteur et performer dans les plus grandes salles du monde. Même s’il devait vendre ses billets, lui-même, un à la fois. Et il a rêvé se faire inviter à l’émission d’Oprah. Ce qu’il a accompli aussi.

Vous, qu’est-ce qui vous fait rêver?

« Outre notre amour, notre travail est un des plus précieux dons sacrés que nous pouvons donner. Quand vous aimez votre travail, vous aimez votre vie. Aimez ce que vous faites ou changez! » – Anthony Robbins

Bon courage et n’attendez plus pour passer à l’action. Bâtissez la vie dont vous rêvez dès maintenant. Une action à la fois.

Choisir le bonheur

Je ne m’ennuie jamais parce que je suis toujours en train d’explorer des choses qui me fascinent. Clarence Birdseye

Une des caractéristiques des gens heureux, c’est leur capacité d’émerveillement, de gratitude, de curiosité face à la vie. Les gens heureux sont des gens qui s’émerveillent! Les gens heureux ont appris à goûter chaque moment, à apprécier l’odeur d’une fleur, la saveur d’une bonne soupe chaude, le rire d’un enfant et la beauté d’un coucher de soleil. Ils ont appris à goûter les choses simples de la vie, à s’en émerveiller et prennent souvent plaisir à partager cette joie avec les autres. Ils sont pleins de gratitude pour tout ce qui leur arrive et prennent le temps de remercier.

Une histoire bouddhiste qui m’a toujours fascinée est la suivante : Un jeune moine était poursuivi par un tigre. Il court, il court, et arrive au bord d’un précipice. Il aperçoit une vigne qui s’accroche à la falaise et décide de sauver sa vie en descendant le long de cet arbuste. Arrivé à mi-chemin, il regarde en bas et voit un lion qui l’attend pour le dévorer. Il s’arrête, reprend son souffle et aperçoit une fraise des champs qui pousse sur le flanc de la falaise. Il la prend, la regarde, la sent et finalement la déguste avec lenteur en se disant : « C’est la meilleure fraise que j’ai goûté de ma vie ». Souvent, nous sommes pris entre tigre et lion, entre un passé difficile et un futur incertain. La capacité de profiter de chaque joie que nous apporte le moment présent s’avère alors une habileté capitale pour continuer à être heureux et à profiter de la vie.

Pour développer cette attitude de bonheur, il est important de lâcher prise sur le passé, de le guérir. Il est important aussi de se préparer au futur avec confiance et sérénité, confiance en soi et en l’univers. Comme disait avec humour un de mes amis : « Le pire n’est pas toujours certain ». Profiter du moment présent peut nous aider à atteindre sérénité et confiance.

Une cliente atteinte d’un cancer terminal me confiait : « Je regrette de mourir, mais grâce à ce cancer, je peux aussi dire que j’ai vécu les deux plus belles années de ma vie. Lorsque j’ai su que la mort m’attendait, j’ai fait la paix avec mon passé parce que j’ai réalisé le peu d’importance de ces querelles de famille, je n’ai jamais pris autant de risques, je n’ai jamais trouvé le ciel si bleu, je n’ai jamais vécu avec autant d’intensité et autant apprécié chaque chose que je vois ». Pourquoi attendre? Ne sommes-nous pas tous des êtres de passage?

Les gens heureux ont, plus que les autres, développé l’aptitude à voir le beau, le positif dans les événements et dans les gens. Ma petite fille de deux ans, riant de bonheur, me déclare : « Oh Maman! C’est une belle journée : les poubelles vont passer et il reste une pâtisserie d’hier dans le frigidaire ». (Regarder fonctionner les camions qui ramassent les ordures constituait une fascination permanente pour elle) À son image, les gens heureux se permettent un regard neuf, un regard d’enfant sur le monde. Ils admirent la belle feuille d’automne tombée sur la vitre de leur automobile ou l’amour d’un père qui fait traverser la rue à son enfant en le tenant par la main. Ils s’intéressent à tout ce qui les entoure, ils sont curieux de tout. Ils veulent apprendre, voir, connaître, comprendre, goûter. Cette attitude d’émerveillement, de curiosité les amène à développer des intérêts, des passions, des connaissances qui, à leur tour, leur permettent de trouver des choses intéressantes partout où ils vont.

Les gens heureux savent que chacune de nos phrases a un impact. Les mots sont des transporteurs d’énergie. Ils augmentent notre force et celle des autres, ils touchent et affectent nos cœurs, nos corps et nos âmes. Ils utilisent donc la parole pour signaler les forces et la beauté de ce qui les entoure. Ils prennent le temps d’exprimer leur excitation, leur émerveillement, leur gratitude et leur curiosité.

Ils ne disent pas : « Comment peut-il penser comme cela? Ça n’a pas de sens! ». Ils disent : « Tiens, c’est intéressant, il pense différemment de moi, comment en est-il arrivé à ce point de vue? ».

Ils manifestent de l’ouverture face à tout ce qui se passe autour d’eux et prennent le temps de s’arrêter et d’apprécier, de savourer. Ils remercient non pas par politesse, mais parce qu’ils apprécient vraiment tout ce que la vie et les gens leur apportent. Et cette gratitude a comme premier effet non pas de combler les autres, mais bien de les combler eux-mêmes de joie. Ils choisissent de focusser sur ce qu’ils ont au lieu de focusser sur ce qu’ils n’ont pas.

Et même face aux gens qui critiquent, il est possible de s’émerveiller, d’apprécier leur capacité à voir sans cesse ce qui pourrait être amélioré. Et d’ailleurs, rien de les transforme plus qu’un grand sourire devant leur critique et un joyeux (et sincère) : « Merci beaucoup de ton commentaire, je vais en profiter pour m’améliorer » ou le cas échéant : « Merci de porter autant d’attention à ce que je fais ». Même si je dois avouer que de temps en temps je préfère éviter ces gens qui voient toujours le ver dans la pomme.

Cette attitude d’émerveillement, je dirais d’enfance, nous amène aussi à être capable de jouer, de nous amuser, de rire, parfois même au cœur des choses les plus difficiles. Les gens sont toujours attirés par les gens qui rient. Ils sentent instinctivement que cela leur fait du bien. Une des pionnières du travail sur le rire disait : « Ce n’est pas parce que je suis heureuse que je ris, c’est parce que je ris que je suis heureuse ». Cette phrase illustre bien cette attitude où l’on choisit de rire, d’être positif, de s’émerveiller et ce choix nous mène au bonheur. Par exemple : dans une tempête de neige, la circulation est super lente, je suis en retard et un peu de mauvaise humeur. Je choisis d’admirer la beauté des flocons de neige qui tombent, de rire en repensant à un souvenir heureux et tout d’un coup, je suis de bonne humeur.

Il ne s’agit pas de nier les problèmes, mais bien de vivre avec, en gardant sa joie intérieure. Un sage chinois disait : « Pour atteindre une véritable paix de l’esprit, nous devons reconnaître nos fautes et nos erreurs. Nous devons entendre toutes les bombes qui font tic-tac dans nos armoires intérieures et jouir de notre Éden malgré tout. Ce n’est pas l’absence de problème, mais bien comment on vit les problèmes qui est la clé ».

Comme toute autre habileté, cette attitude d’émerveillement est une discipline, une discipline qui demande de faire des choix avec constance et courage. Chaque choix est un pas sur le chemin du bonheur.

En résumé, je voudrais vous donner les dix conseils suivants pour vous aider à pratiquer cette attitude d’émerveillement :

  • Regardez le beau, le positif et parlez-en.
  • Permettez-vous un regard neuf sur le monde.
  • Utilisez l’humour pour dédramatiser.
  • Intéressez-vous à ce qui vous entoure, soyez curieux de tout.
  • Continuez sans cesse d’apprendre.
  • Considérez tout ce qui vous arrive comme une occasion d’apprentissage, de croissance.
  • Osez être vous-même et suivre vos fantaisies.
  • N’arrêtez jamais de jouer, de vous amuser, de rire.
  • Prenez le temps de vous rappeler vos souvenirs heureux.
  • Prenez le temps de savourer les joies de la vie, de vivre à fond le moment présent.

L’amour de soi

Le connaissez-vous? Il est difficile du jour au lendemain de changer la façon de s’estimer pensez-vous! Vous avez raison! En pensant de cette manière, ce n’est pas pour bientôt cette transformation. Je vous rappelle que ce sont vos pensées qui ont tous les pouvoirs.

C’est seulement quand l’amour de soi prime que la lumière des sentiments illumine une décision.

L’amour de soi donne des ailes, du courage et la force de passer par les pires stratégies que l’autre utilisera pour vous garder sous son emprise ou encore vous faire du mal. Parfois le chantage sera son arme de défense, l’argent est l’ennemi numéro un d’une séparation. La guerre est déclarée et c’est celui qui s’aimera par-dessus tout qui en sortira grandi.

Il laissera l’autre en dépit de ses menaces pour se faire une nouvelle vie. En commençant par vous aimer, vous réaliserez comme c’est merveilleux de vivre dans la paix de son cœur, dans un environnement tranquille et de pouvoir se surpasser même si parfois les situations sont assez pénibles. Le bonheur a un prix, celui de la paix intérieure et aussi extérieure. Comment voulez-vous vivre heureux entouré de vibrations négatives de toutes sortes?

Je vous en parle en connaissance de cause, car je suis passé aussi par cette expérience. Je suis un grand passionné dans la vie. Tout ce que j’entreprends commence avec la passion. N’est-ce pas la première énergie qui émane au début d’une relation? Ho! Combien j’en ai souffert de ce manque d’amour. Je donnais à sens unique.

C’est seulement quand j’ai réalisé que je m’étais oublié pendant toutes ces années, que j’avais oublié l’amour de moi au profit de l’autre que ma vie a basculé. Quelle surprise! Du jour au lendemain sans guerre d’intérêt, sans méchanceté, j’ai repris ce qui m’appartenais onze ans passés : l’amour de MOI. Vous savez pourquoi je l’ai fait? C’est pour la personne la plus importante, celle avec qui je vivrai toute ma vie. MOI.

C’est seulement à compter de ce jour que j’ai commencé à savourer le véritable bonheur de vivre, d’aimer. Prendre mes propres décisions, accepter seulement ce qui me convient, faire ce qui me plaît et ça en tout temps. Je ne fais jamais de compromis avec moi-même.

En amour, les histoires négatives sont de loin des drames que nous aimerions éviter, mais en général chacun a la sienne. Nous rêvons tous d’un amour parfait dont la magie perdure à tout jamais et comme une mauvaise surprise, on se rend compte de l’évidence. L’autre ne nous aime plus ou c’est nous qui avons perdu avec le temps ce grand sentiment que nous avions entretenu pendant des années.

Mille et une raisons peuvent être en cause. La passion des débuts s’est transformée avec le temps en d’autres sentiments, car l’autre a laissé sa personnalité, exprimé son caractère. Ses défauts se sont imposés à votre personnalité et vous avez dû apprivoiser la situation, ajuster vos conditions de vie pour ce nouvel amour. Peu importe ces défauts, les négociations sont possibles en amour en autant que cela ne ruine pas l’amour de soi.

S’il existait un baromètre pour évaluer les sentiments de chacun, ce serait merveilleux. On pourrait dire qu’à l’adolescence on aime à 100 %, c’est l’âge où le sentiment de l’amour est à son plus fort. En vieillissant, ce n’est pas qu’on aime moins, mais on aime différemment.

Je vous propose de faire cet exercice qui certainement changera votre vision à votre égard. Prenez plusieurs jours à le faire et faites-le en toute honnêteté envers vous-même.

Prenez une feuille vierge recto/verso. D’un côté, inscrivez vos qualités et de l’autre vos défauts. Quand je dis qualités, cela implique bien les traits de la personnalité et non les éléments physiques que vous aimez ou détestez de votre personne. Comme votre sourire, vos yeux, votre corps, etc., ceci n’étant que des atouts à votre personne.

Le même exercice peut se faire à l’égard d’un partenaire de vie quand on pense à mettre fin à une relation de couple et que notre jugement est troublé par ses comportements étranges ou des changements de sa personnalité qui nuisent à notre évolution. Attention, l’amour nous porte parfois à inscrire beaucoup de qualités, mais un désaccord avec le moi profond ressenti à répétition révèle souvent un pardon trop facilement accordé par amour.

« Le bonheur est en nous, c’est à nous de le concrétiser. »

Les livres de la vie

La poursuite du bonheur

Ça sert à quoi, une vie? Quelle est notre raison d’être? Pourquoi sommes-nous sur terre? Bien des philosophes et des experts de toute sorte ont essayé de répondre à ces questions sans pourtant nous satisfaire. Cette chronique vous propose d’explorer ces questions essentielles en vous offrant diverses expériences transformatrices racontées par divers individus qui se sont tous posé cette question : Elle sert à quoi ma vie?

Merci au lecteur Gilles Caron d’avoir répondu à l’appel lors de la dernière chronique.

Je pourrais parler de bonheur, mais le bonheur, c’est pour les autres. D’ailleurs, il existe seulement aussi longtemps qu’on ne le connaît pas à plein temps.

Je pourrais parler de passion, mais je me contenterai de dire que le bonheur n’existe pas sans elle. Je pourrais aussi ajouter que si vous ne connaissez ni ne vivez vos passions, vous avez tout un défi en avant de vous.

Je pourrais parler d‘objectifs de vie, mais je me limiterai à oser vous dire que si vous ne vivez pas vos passions, vos objectifs ne valent pas grand-chose…

Alors, fermez vos yeux… mais non… parce que vous ne pourrez pas continuer à lire… mais vous savez ce que je veux dire… Simplement imaginez que votre vie est simplement le cheminement de la réalisation de vos rêves et de vos passions et que le reste n’a qu’une importance secondaire. Imaginez les moments de bonheur qui feraient partie de votre existence…

Mais évidemment, on dira que les passions, c’est pour les autres parce que vous devez gagner votre pain, vous occuper des enfants, vous occuper de vos souffrances et des gens qui souffrent autour de vous. Mais se pourrait-il que ceci ne soit que de belles excuses pour éviter le bonheur…

Parce que le bonheur, ça fait peur! Ça demande des efforts! Ça demande de prendre le temps de comprendre ce qu’on aime et de trouver comment faire sa vie de ça! Alors, c’est pour les autres, pour les chanceux qui ont le temps, eux!

Mais vous vous demandez peut-être qu’est-ce que tout ça a à voir avec « Les livres de la vie ». Je me risque à répondre que je ne connais personne dont le livre de la vie n’est pas une quête de bonheur. Par contre, il semble que peu de gens aient le courage de vraiment entreprendre la merveilleuse aventure sur le sentier qui y mène.

Parce que l’inconnu fait peur, parce que les risques semblent énormes. Imaginez que votre cheminement vous amène à remettre en question votre travail, certaines de vos habitudes, certains de vos amis… C’est insécurisant! Imaginez qu’ensuite, votre travail soit une aventure de plaisir et de croissance chaque jour, que vos habitudes néfastes soient disparues, que votre vie soit devenue l’exaltation du moment présent et de la gratitude envers l’univers qui vous entoure. Pensez-vous vraiment que c’est pour les autres? Pensez-vous vraiment que notre présence sur cette terre soit pour autre chose que d’aller au bout de soi-même?

Un petit secret. Il y a une espèce de magie à tendre vers nos rêves et nos passions. Plus on lâche prise, plus on se laisse couler dans ce que nous sommes vraiment, plus la vie elle-même se met de notre côté et nous aide. Et nos grandes peurs s’évanouissent et la vie prend soin d’elle-même.

D’ailleurs connaissez-vous des personnes qui ont bâti des fortunes sans au préalable être passionnées et avoir un rêve? Il y a cette espèce de bonus qui fait que la santé financière accompagne celui (ou celle) qui poursuit la grande aventure de ses passions.

Le hic, c’est qu’il n’y a pas de recette magique que l’on peut simplement suivre. On peut s’inspirer de l’expérience des grands, et on devrait le faire. Mais nous devons trouver notre propre voie, notre propre cheminement, et c’est ce qui rend l’aventure si extraordinaire.

Enfin, pourquoi se casser la tête avec toutes ces histoires? Je suis bien dans ma petite vie. Tiens, je vais allumer la télé et oublier tout ça! Ou peut-être que dirais-tu de prendre un crayon, un papier et faire la liste de ce que tu aimes, tes rêves, tes projets…?

Est-ce que tu continues avec moi? D’abord, as-tu fait ta liste?… Je savais!

Notre vie est la construction de notre biographie. Il n’est pas important qu’on la publie. Il est surtout important qu’elle serve au mieux-être de ceux qui nous entourent. C’est là que l’on retrouve la magie : c’est en donnant que l’on reçoit et que le bonheur s’en mêle. En d’autres mots, c’est par la générosité que l’on connaît le succès et la prospérité, et que le bonheur s’en mêle.

Mais attention, ça ne commence pas là! Ça commence par avoir le courage de bien cerner tes rêves et de décider de les poursuivre! Je le sais – je me répète! Mais ce n’est qu’en se mettant à la poursuite de nos rêves que l’on devient authentique, que ça prend un sens, que nos objectifs réels prennent forme, et que le bonheur s’en mêle! Et ça ne commence pas là non plus! Ça commence par le courage de décider simplement de cesser de vivre sa vie à s’occuper de choses qui ne correspondent pas à ce que nous sommes. Et la joie et la libération qui accompagnent ce geste font partie des plus beaux moments de la vie. Et c’est à partir de là que l’on peut encore mieux identifier nos passions et nos rêves. Mais ça fait peur, c’est comme lâcher prise sur l’inutile – AYOYE!

Bon, assez de paroles sages! Le modèle qui guide mon livre de vie est, comme un bon marin, de faire le point, chaque jour, avec toutes les coordonnées disponibles, pour m’assurer de bien garder le cap, même au travers des tempêtes. À partir des objectifs fixés ou de la liste mentionnée plus haut – (celle que tu n’as pas encore complétée!!!) – réserve-toi un moment chaque jour pour prendre conscience de ton état d’être – évalue comment bien tu as rencontré tes objectifs d’hier – absorbe les leçons apprises – précise ta vision de vie – définis tes objectifs pour le prochain jour – sois reconnaissant envers les êtres et les événements – établis un objectif de santé. En accomplissant cette démarche chaque jour, tu tiendras toujours le cap et progressera très rapidement vers la réalisation de tes rêves. Et le bonheur va s’en mêler!

Mais ce sont 100 000 mots qui seraient nécessaires pour bien exprimer le fond de cette approche. En attendant, quel est ton rêve le plus profond qui pourrait devenir le centre de ta vie – tout de suite? Tu vas pas allumer la télé!

Guérir autrement

Depuis quelques années, la passion de la psychothérapie s’est emparée de moi.  Récemment, je découvrais le théâtre authentique, développé par Sarah Serievic.  Selon elle, les maladies ont souvent comme origine la dégradation de la joie.  Le théâtre authentique (un dérivé de l’art-thérapie) est une approche originale et même plaisante pour guérir les blessures subies durant l’enfance et, par conséquent, nous aider à retrouver notre joie intérieure.  Après avoir lu son livre Passage à l’acte de vie, j’ai eu l’irrésistible désir de lui téléphoner (en France).  Voici un extrait de mon entrevue avec elle.

Le théâtre thérapeutique de Sarah Serievic

Jouer la comédie peut-il être thérapeutique?  Oui, répond Sarah Serievic, comédienne et thérapeute, en prenant conscience que tous les personnages, tous les sentiments universels sont en nous.  Découverte d’un travail initiatique.

GP : Comment êtes-vous venue au théâtre puis au théâtre thérapeutique que vous appelez théâtre authentique?

SS : Très tôt dans mon enfance, j’ai eu à vivre des expériences difficiles liées à la violence et à la négation de ma personnalité.  Un jour, je me suis réveillée avec une paralysie faciale.  J’étais monstrueuse, la bouche de travers, l’œil droit nettement plus haut que l’autre, la joue complètement remontée vers le haut.  Ce visage-là était l’expression de tout ce que je n’avais pas exprimé qui s’était imprégné en moi, l’expression de ma propre violence refoulée que j’avais retournée contre moi-même.  Alors que j’avais été jugée irrécupérable par la médecine, la rage de vivre s’est imposée à moi et avec elle une force très puissante qui m’a poussée vers un premier défi : guérir, puis vers un second défi : être reconnue dans le désir que je portais depuis toujours en moi : parler les mots que je n’avais pas pu dire, et monter sur une scène pour être entendue.  Guérie physiquement, je me suis présentée au concours du Conservatoire de Paris, un peu en dilettante, sans vraiment y croire moi-même… j’ai été reçue première sur 800 candidats, et le soir même j’étais engagée pour jouer dans un théâtre parisien.

GP : Le théâtre vous a certes permis de vous ouvrir, mais comment vous a-t-il aidé à mieux vous connaître?

SS : Je parlais les mots des auteurs que j’interprétais, mais toujours pas les miens.  Finalement, plus j’étais sous la lumière des projecteurs, plus j’étais dans l’ombre de moi-même.  Je faisais du théâtre depuis dix ans et j’endossais de fausses identités derrière un vide, car toutes les émotions essentielles de ma vie étaient toujours consciencieusement refoulées.  Il m’a fallu dix ans d’analyse jungienne et de travail corporel pour ramener à la conscience ce qui m’empêchait d’exister : j’étais cachée derrière les personnages que j’incarnais.  La profession d’acteur est périlleuse pour ceux dont la structure personnelle est fragile.  Ce travail jungien a été très important et j’ai senti naître la lumière qui était en moi.  Non plus celle des projecteurs, mais bien la mienne!  Puis, j’ai rencontré et travaillé pendant quatre ans avec le professeur Anne Ancelin Schutzenberger sur le psychodrame.  J’ai appris à me mettre en scène moi-même et à travailler mes émotions par la parole, associées au mouvement du corps.  La boucle se bouclait avec un sens profond : j’allais à mon tour retourner le projecteur sur les autres pour leur renvoyer l’image de leur profondeur.  J’avais trouvé le sens de la vocation qui m’anime aujourd’hui.

GP : Vous avez arrêté le théâtre et vous êtes alors devenue thérapeute.

SS : Je n’ai pas arrêté le théâtre, je l’ai prolongé en commuant mon parcours de vie : on m’a un jour proposé de travailler avec des enfants; je les aidais à enlever les masques et les faux-semblants.  Puis, le père d’un de ces enfants m’a demandé de penser au même travail avec… des conseillers financiers!  J’avais très peur, mais ce nouveau défi m’a vraiment motivée : j’ai accepté ce pari un peu fou.   Voilà plusieurs années que cela dure.

GP : Quel est précisément ce travail que vous proposez, surtout en entreprise ou en groupe et moins fréquemment avec des particuliers?

SS : Par l’éducation, notre milieu social ou à l’école, on nous impose très tôt des masques : dire bonjour à la dame, sourire à ceux qui nous déplaisent, cacher nos souffrances ou nos blessures, ne pas rire trop fort pour ne pas déranger, sourire pour la photo… mourir à notre dynamique intérieure.

Je propose de vivre le contraire.

Plus de masque, de costume, de rôle, et une parole libre dans un espace de liberté.  J’amène à retrouver l’enfant intérieur que nous portons tous en nous et qui, par jeu, dialogue avec papa, maman, l’autorité… pour lui dire tout ce qu’il a sur le cœur.  Quand une petite fille parle à sa poupée et dit : ça, c’est maman, elle vit un acte symbolique qui lui permet ensuite de passer à autre chose.  Ainsi, quand maman sera devant elle, la petite fille pourra dire son sentiment clairement, sans défouler ni refouler.  Mes stages proposent de retrouver l’état d’enfant, l’élan authentique, par la mise en scène de situations de frustration.  Ainsi, on peut démonter l’image, puis la reconstruire et la réinventer avec d’autres comportements, d’autres mots, d’autres gestes…ou, pourquoi pas, les mêmes, mais dans un ordre différent.  Il n’y a pas de lieu dans la vie qui propose cette démarche.

Cette distanciation permet à chacun de devenir l’avocat de lui-même, de prendre conscience de ses propres réponses, celles qu’il porte en lui, pour sa propre évolution.  Avec une situation bloquée, on peut aller jusqu’à la caricature, faire ressortir un détail qui entrave la communication, puis on peut l’extrapoler jusqu’au rire.  Dans ce cadre-là, la démesure est thérapeutique.

GP : Le théâtre authentique n’est-il pas un peu trop intellectuel?

SS : Non, durant une séance, nous nous adressons à la totalité de ce qui compose l’humain.  L’énergie remuée et dynamisée descend dans la conscience corporelle, le mouvement s’incarne dans toute la personne pour aller vers une fonction de réparation unificatrice.  On ne change pas le passé, mais on peut changer l’incidence qu’il a sur le présent, en passant par la répétition symbolique.  Au cours du processus de ce jeu, apparaît un sens sur ce qui semblait ne pas en avoir : « trouver une réponse nouvelle à une situation ancienne », résumait Moréno, l’instigateur du psychodrame.  De ce point de vue, le théâtre thérapeutique et encore plus le théâtre authentique est la forme suprême de théâtre, c’est un art tout autant qu’une science.  Par cette reconversion du passé, on donne du sens au présent qui, alors, devient sacré.  Pour moi, seul le présent est sacré.  Dans ce domaine, nous sommes tous les apprentis sur un chemin initiatique.  Personne n’est achevé, nous sommes tous perfectibles : j’y vois là la plus haute expression de la liberté humaine.

L’amour

L’amour a été écrit, chanté pour exprimer une émotion qui fait rêver
On a partagé, expérimenté à chacun sa façon l’expérience sacrée
Des bonheurs d’émotions troublantes dans l’espoir qu’ils perdurent
On a jubilé et cru en cet amour pour qu’il dure.

Un sentiment, une force, une mystérieuse énergie
Chimie vibratoire produisant des sensations
La cause d’une grande variété d’émotions
Espérant que l’amour, c’est pour la vie.

La vibration d’amour concrétise la magie du rêve
L’amour grave des empreintes énergétiques chez son penseur
Il imprime des souvenirs heureux, rare est le cœur qui en fait la grève
Une expérience malheureuse laisse parfois des traces de peurs.

L’amour est un idéal que nous envisageons
La réalité du présent qui est devenue une passion
Pour être aimé et attirer l’amour, il faut avant tout s’aimer
L’estime de soi est le reflet des personnes équilibrées.

Être aimé représente un retour de complicité
Aimer, c’est le don de soi, c’est aussi la fidélité
Être aimé, c’est une richesse inestimable
Aimer, c’est s’offrir un bonheur enviable.

L’amour de soi est un sujet presque tabou
On s’oublie pour l’autre, le sacrifice en est le prix
L’amour de soi est de passer en premier et avant tout
S’aimer, c’est immortaliser son énergie.

Arrêter de se juger, se critiquer, de s’analyser au profil des autres
Prendre sa place est celle qui vous revient de droit
Se faire plaisir et passer à l’action en sont la loi
Pourquoi s’oublier toujours pour les autres.

Toute une vie passée à aimer en s’oubliant
Où en êtes-vous maintenant
La bonté et la générosité en ont pris la place
Votre estime de soi a fondu comme un bloc de glace.

Maintenant n’est-il pas le moment de passer à l’action
Cette action que vous reportez depuis si longtemps
Vous apprécierez les grandes joies de cette décision
Comme le bonheur des premiers pas d’un enfant.

La personne la plus importante, c’est vous
Celle qui prime avant tout
Vous êtes à la fois l’amour et l’aimé
L’accepter, c’est de décider.