Guérir du mal à l’âme

Mal de vivre… Mal d’aimer… Mal du siècle… Ce ne sont décidément pas les maux qui manquent, non plus que les mots pour le dire! La vie nous semble peut-être ingrate par moment, si ce n’est que nous sommes, bon gré mal gré, les seuls et uniques artisans tant de notre malheur que de notre bonheur. Comme le dit si bien Rousseau : « Insensés qui vous plaignez sans cesse de la nature, apprenez que tous vos maux vous viennent de vous ». Il est sans doute aisé – et souvent commode, ou à tout le moins tentant – d’en attribuer la cause à des facteurs externes, mais le fait est que nous sommes responsables à part entière de nos pensées, de nos paroles et de nos actes, de même que de leurs conséquences et des états d’âme qui en résultent.

Pour nous affranchir des dualités qui sous-tendent nos hauts et nos bas, nous devons tout d’abord comprendre qu’elles ne sont dues qu’à une conception matérielle de l’existence, ce que Victor Hugo avait lui-même bien compris : « Le mal, c’est la matière. ». Ayant de longue date oublié notre identité spirituelle, nous nous identifions en effet à notre corps comme si nous existions que par lui.

Pour guérir définitivement des maux du corps, du cœur et de l’esprit, il n’est d’autre avenue que de guérir du mal à l’âme. Négligée, notre identité spirituelle demeure en effet impuissante à guider l’intelligence, elle-même censée guider le mental et les sens de manière à harmoniser notre existence sur tous les plans. Il suffit pourtant d’apprendre à la connaître et de développer la conscience de son rapport à l’Absolu pour retrouver le vrai sens de la vie et percevoir sous un tout autre jour les incontournables joies et peines qui jalonnent notre quotidien.

Le bien-être et la paix intérieure sont au rendez-vous à chaque détour de notre existence, pour peu qu’on accepte de leur donner droit de préséance. Mais encore faut-il apprendre à cesser de pourchasser des chimères, tout en s’allouant le temps et l’espace nécessaires pour changer de paradigme. Car, ce n’est pas en courant sans relâche après la sécurité, le confort, la richesse ou la gloire qu’on trouvera la sérénité. Seule la connaissance de l’âme et de l’Absolu peut nous donner de percer les mystères qui hantent notre esprit depuis le début des temps. Alors pourrons-nous voir la fameuse lumière au bout du tunnel.

Astrologie, au-delà des apparences

L’astrologie, discipline millénaire, est une grille de lecture du ciel, de nativité et d’instants. Le ciel d’un moment, qu’il s’agisse d’un thème de nativité ou d’un événement, reflète les configurations du ciel dans un instant précis. Il est établi selon la date, l’heure précise et les coordonnées terrestres : latitudes et longitudes du lieu.

Une carte de nativité établit les rythmes du natif, ses potentiels, ses périodes d’expansion, d’introspection, de crises et les étapes dans sa trajectoire professionnelle, comme personnelle. Un ciel de nativité repose sur des rythmes de durées variables, dont certains sont très éloignés des repères créés par l’homme : les calendriers. En effet, l’élection d’une carte du ciel enregistre des configurations astrologiques disposant d’une validité bien au-delà d’une année civile. Ainsi, au cours de la vie, des contextes astrologiques durables sensibilisent la personne à des expériences. En raison de leur persistance et de leur caractère, ces expériences, plus ou moins rapidement conscientisées, participent à l’évolution de l’être.

À l’instar du thème de nativité identifiant les phases d’évolution, l’astrologie mondiale cerne les rythmes à échelle collective. Les configurations mondiales reflètent les périodes d’essor ou de ralentissement économique et social, de crises, de stagnation, de renouveau ou de prises de conscience collectives. Les configurations astrologiques mondiales, avec leurs différents rythmes, entrent en résonance avec les cartes de nativité. Le thème astrologique de naissance évolue alors dans ce grand tout.

Le temps d’une vie
La pratique de l’astrologie requiert patience et assiduité pour son assimilation. En moyenne, une quinzaine d’années sont nécessaires pour comprendre la complexité du mécanisme et la subtilité des aspects astrologiques.

Aucun don n’est requis pour acquérir des connaissances en ce domaine. L’astrologie et la voyance sont deux pratiques distinctes, la première s’étudiant et la seconde résultant d’un don. Cependant, la lecture astrologique permet de cerner des périodes et peut se révéler complémentaire à la voyance.

À travers le monde, différents courants et écoles astrologiques composent l’astrologie à laquelle l’étudiant adhère selon sa pensée et sa philosophie. Le temps d’une vie, on n’aborde qu’une parcelle de l’immensité de l’astrologie. La course de certains astres et cycles astrolo­giques autour du Zodiaque est si lente qu’une personne ne peut les voir en intégralité de son vivant.

La discipline repose sur les bases issues du savoir des anciens astrologues, puis s’enrichit des expériences apportées au fil des générations. Nul doute que le savoir astrologique actuel, dispensé par les astrologues contemporains, sera affiné par les futures générations.

Au-delà des apparences
La pratique de l’astrologie propose un voyage au cœur de l’être. Lire un ciel fait vaciller les idées préconçues, car la lecture astrologique va au-delà des apparences. Elle met en exergue l’origine des attitudes et des réactions.

L’astrologie identifie les mécanismes intérieurs et les sensibilités de l’être humain. Les configurations retranscrivent ses rythmes, ses aptitudes, ses élans, son adhésion à un mode de vie, ainsi que ses points de force et de vulnérabilité.

Sa pratique invite la personne à se voir sous un nouvel angle et à poser un autre regard sur les autres. L’astrologie est une expérience éveillant la tolérance. Découvrir sa carte de nativité et celles de ses proches est une plongée dans les coulisses émotionnelles.

En raison de sa capacité à identifier les périodes, l’astrologie offre une perspective telle une vue en hauteur des situations. Elle permet de relativiser les épisodes délicats de l’existence qui sont à l’origine de changements positifs.

Accueillir l’astrologie
Encore décriée dans notre société, dans le folklore populaire, elle incarne l’image d’une pratique basée sur la superstition ou les croyances. Des idées reçues et entretenues par les générations et un manque d’information sur les capacités de l’outil astrologique nourrissent une image erronée. Réduite à l’horoscope, sa dimension reste encore méconnue du grand public.

L’astrologie est reçue différemment selon les zones du globe comme en témoigne sa reconnaissance en tant que science en Inde en 2011. Souhaitons que le xxe siècle continue d’accueillir convenablement cet outil intelligent.

Former les futurs citoyens

« Si tous les enfants du monde faisaient de la philosophie dès le primaire, on changerait le monde en une génération! »

Voilà ce que pense Frédéric Lenoir, philosophe, sociologue, auteur d’une quarantaine d’ouvrages et cofondateur de la Fondation SEVE, en France.

Selon lui, développer des ateliers philosophiques et de pratique de l’attention, c’est contribuer à mieux préparer les enfants et les jeunes à devenir des êtres conscients, actifs et respectueux du vivant. Enseigner aux enfants, dès leur plus jeune âge, à raisonner par et pour eux-mêmes, à gérer leurs émotions et à faire preuve d’empathie et d’ouverture leur permettrait donc d’être de meilleurs citoyens adultes.

Saviez-vous qu’au Québec, cela fait plus de 30 ans que l’on mène diverses expériences philosophiques avec les enfants? Le philosophe Lenoir s’est d’ailleurs inspiré du programme d’enseignement de Michel Sasseville, directeur du programme de la philosophie pour les enfants à la Faculté de philosopie de l’Université Laval, lors de la création de sa Fondation SEVE qui vise à former des animateurs d’ateliers philosophiques pour les enfants.

Puisque nous sommes des êtres pensants et conscients que nous pensons, pourquoi ne pas aborder cette importante dimension de notre expérience à l’école? Le traitement de l’environnement, l’éducation à la citoyenneté, la prévention de la violence, la prévention de la radicalisation… tout cela est évidemment important, mais à la base de ces initiatives se trouve une expérience d’autant plus importante : celle de penser.

En amenant les enfants à réfléchir, à dialoguer, à développer leurs arguments et à s’opposer de façon non violente, Lenoir et d’autres adeptes de la philosophie pour enfants espèrent que « nos » enfants en tireront des leçons pour être mieux outillés dans leur vie de citoyens adultes. L’actualité récente liée aux attentats et à la montée du radicalisme montre à quel point développer à la fois l’esprit critique et le vivre ensemble constituent un enjeu pour nos sociétés.

L’un des axes fondamentaux de la philosophie pour les enfants est de les aider à construire leur pensée, à savoir accueillir leurs émotions, à acquérir un esprit critique, à respecter l’autre dans sa différence, à faire preuve d’empathie afin de devenir des citoyens confiants, actifs et responsables.

Nous souhaitons sensibiliser la population aux bienfaits de la pratique de la philosophie et de la pratique de l’attention auprès des enfants et de multiplier les occasions données aux enfants de l’exercer.

Offrir à un enfant l’occasion de participer à un atelier de philosophie, c’est lui donner la parole afin qu’il puisse exprimer ce qu’il pense sur divers sujets. C’est l’inciter à prendre conscience de ce qu’il pense et l’aider à réfléchir sur les moyens qu’il prend pour soutenir ses pensées afin qu’elles deviennent de plus en plus critiques, créatives et attentives.

Selon l’Association Québécoise de Philosophie pour Enfants, plusieurs recherches indiquent que les ateliers de philosophie offerts aux enfants, que ce soit à l’école primaire ou secondaire, sont des outils puissants qui préparent les élèves à la vie en développant leur estime, leur pensée critique et leur pensée créative. On doit toutefois constater que, même si cela fait plus de 30 ans qu’on s’intéresse à la question, la philosophie auprès des enfants demeure une pratique trop marginale au Québec.

« Tout ce qu’un enfant apprend, découvre petit, le marque pour toute sa vie. Et ce qui aide le plus à grandir en conscience, c’est la philosophie, car elle permet de réfléchir, de ne pas être pris par ses aprioris [sic], ses croyances, ses préjugés et elle nous apprend à discuter. »

Frédéric Lenoir

La simplicité volontaire, un art de vivre!

Si l’on doit à Richard B. Gregg, un américain disciple de Gandhi, l’expression « simplicité volontaire », on doit à Duane Elgin et à son livre The value of Voluntary Simpli­city, publié en 1936, la popularité qu’a connue cette expression au début des années 80, et à Serge Mongeau la paternité de ce courant au Québec, également dans les années 80.

Qu’est-ce que la simplicité volontaire?
Selon le Réseau québécois pour la simplicité volontaire, cette philosophie de vie privilégie l’être plutôt que l’avoir, le « assez » plutôt que « le plus », les relations humaines plutôt que les biens matériels, le temps libéré plutôt que le compte en banque, le partage plutôt que l’accaparement, la communauté plutôt que l’individualisme, la participation citoyenne active plutôt que la consommation marchande passive. La simplicité volontaire est aussi un courant social important, qui tente de répondre à des problèmes de société de plus en plus pressants (course folle de la vie moderne, endettement excessif, insatisfaction malgré une consommation débridée, épuisement professionnel, gaspillage, épuisement des ressources naturelles, etc.)

Pourquoi se joindre à un groupe de simplicité volontaire dans sa localité?
Les raisons sont nombreuses et résultent souvent d’intentions diverses, dépendamment des gens, de leur vécu ou de leur réflexion sur la vie. Par contre, la motivation première est souvent issue d’un intérêt particulier, comme l’environnement, ou elle découle de la spiritualité ou de la constatation que la société de consommation actuelle est un non-sens. Par contre, chaque membre finit le plus souvent par s’intéresser aux motivations des autres parce que ces objectifs sont complémentaires. S’entourer de gens qui ont des valeurs semblables aux nôtres devient une source de réconfort, puisque ces valeurs ne sont pas nécessairement prônées par l’ensemble des personnes faisant partie de notre milieu.

Mon expérience
J’ai été longtemps en quête du bonheur par l’acquisition de biens matériels, de sensations fortes et de plaisirs rapides, mais en restant toujours profondément insatisfaite et insatiable. Suite à de nombreuses lectures et de nombreux questionnements, j’ai réalisé que cette voie ne m’entraînait que vers des bonheurs éphémères et non durables. Ces réflexions m’ont donc amenée à modifier mon style de vie et celui de ma famille. La méditation me permet maintenant d’apaiser mon esprit et de cultiver ma spiritualité afin de développer une paix intérieure constante.

Mes études en naturopathie me conduisent en outre vers une alimentation et un style de vie plus sains tout en me permettant de comprendre les effets nocifs d’une mauvaise alimentation sur ma santé physique et mentale et en me faisant prendre conscience des impacts environnementaux de la surconsommation de viande, de produits industrialisés, de pesticides, etc. De plus, à tous les niveaux, je priorise maintenant les produits biologiques, écologiques et recyclés, et j’évite, dans la mesure du possible, les magasins à grande surface, visitant de préférence les commerces locaux. Enfin, pour réduire l’impact de la publicité omniprésente dans notre société de consommation, je limite intentionnellement mes heures d’écoute de la télévision et je privilégie les documentaires et les reportages éducatifs.

Amorcer une réflexion
Habituellement, dès que l’on amorce un processus de réflexion sur notre raison d’être en tant qu’être humain et sur notre impact sur la terre que nous habitons, la conscience s’ouvre indéniablement! Évidemment, ce qui s’ensuit peut amener à revoir complètement nos priorités et à apporter de nombreux rajustements à nos styles de vie. Il faut alors nous armer de patience, de tolérance et de gratitude afin d’arrimer sereinement et graduellement notre façon de penser à notre façon de vivre.

Lectures suggérées
Nous, de la simplicité volontaire, Diane Gariépy
L’ABC de la simplicité volontaire, Dominique Boisvert
La simplicité volontaire, plus que jamais…, Serge Mongeau