C’est « M.O.I. » qui compte

En tant que facilitatrice, on me demande d’animer des rencontres d’équipes pour faire de la planification stratégique. Un plan stratégique permet à une organisation de confirmer sa raison d’être, d’établir une orientation future (sa vision), et de déterminer les valeurs qui sous-tendent les relations d’affaires avec les clients externes et entre les employés à l’interne.

Pour développer un plan stratégique efficace et compréhensif, il faut suspendre les activités pour un jour ou deux. Ce temps d’arrêt nous permet de réfléchir et prendre du recul pour évaluer ce qui fonctionne bien et fonctionne moins bien afin de rajuster le tir.

On pourrait dire qu’un plan stratégique est comme une carte routière pour une organisation. Chaque année, on révise notre plan stratégique pour s’assurer qu’on est sur la bonne voie. C’est une occasion de célébrer nos succès et d’apprendre de nos échecs.

Plus j’y pense, plus je suis convaincue que prendre le temps d’élaborer un plan stratégique pour soi pourrait être un excellent outil pour donner un sens et une direction à sa vie. Je vous propose une approche que j’ai appelée (avec un petit clin d’œil) le « M.O.I. ».

L’approche M.O.I. va beaucoup plus loin que les résolutions éphémères du Jour de l’an et les souhaits teintés de regrets que l’on fait autour de notre anniversaire de naissance du genre « J’aurais donc dû faire ceci ou cela quand j’en ai eu la chance » ou encore du type « Cette année, je me promets de finalement apprendre l’espagnol (de cuisiner, de danser la salsa, de tenir mon chéquier à jour, etc.) ».

Je vous invite donc à élaborer votre propre plan stratégique M.O.I. en trois étapes :

  1. M pour mission de vie

Une mission de vie définit qui vous êtes et pourquoi vous êtes ici. Votre mission sert de boussole pour vous orienter dans la vie.

Vous avez trouvé votre raison d’être si :

• Vous avez hâte de vous mettre au boulot tous les jours

• Vous vous sentez énergisé (la plupart du temps)

• Vous êtes fier quand vous décrivez ce que vous faites (au travail ou dans vos loisirs)

• Vous croyez que votre contribution est appréciée et valorisée

• Vous vous sentez optimiste quant à votre avenir

Quoi? : Si vous aviez à choisir trois mots d’action pour décrire ce qui vous anime et ce qui vous rend enthousiaste quels seraient-ils? Pour moi, les mots enseigner, inspirer et motiver décrivent bien ce qui donne un sens à ma vie.

Pourquoi? : Quelles sont les raisons qui vous incitent à faire ce que vous faites? Ce que les gens me disent le plus souvent, c’est qu’ils veulent faire une différence. Chacun d’entre nous souhaite avoir un impact positif sur le monde.

Quelle sorte de différence voulez-vous faire? : Quel legs voulez-vous laisser à votre famille, vos amis, vos collègues et votre communauté?

Ce qui donne un sens à ma vie, c’est d’aider les gens à cheminer dans leur épanouissement personnel afin de réaliser leur plein potentiel. Je me donne comme mission de rehausser l’estime de soi de chaque personne qui se trouve sur ma route.

  • O pour orientation future

Après avoir défini votre raison d’être, donnez-vous la permission d’imaginer votre avenir dans toutes ses possibilités resplendissantes. Si vous mettiez en valeur toutes vos belles qualités et vos talents uniques, qu’est-ce qui devient réalisable alors? Allez-y, rêvez en couleurs. Donnez-vous une destination future à la hauteur de votre plein potentiel.

Vous allez rire, mais une partie naïve de moi (celle qui croit encore au Père Noël!) voudrait être la Oprah Winfrey de ma communauté, de mon coin de pays peut-être. Je veux être celle qui invite les gens à raconter leur histoire, à se révéler aux autres (et à eux-mêmes) et ainsi célébrer la nature humaine : sa force, sa résilience et sa compassion. Nous avons tous une histoire à raconter. Notre histoire peut être source d’inspiration et de motivation pour d’autres. En apprenant quelque chose, on a quelque chose à enseigner. En enseignant quelque chose, on apprend aussi des apprenants.

  • I pour intention

L’intention, c’est une façon puissante de canaliser son énergie. Créez une intention ferme de réaliser votre vision. Répétez-vous que tout est possible quand on y croit avec tout son être. Cherchez consciemment les occasions de faire un pas de plus vers l’actualisation de vos rêves.

Soyez alerte. Des portes vont s’ouvrir le long de votre chemin. D’abord, il faut reconnaître la porte qui se présente à vous, puis avoir le courage d’y entrer avec conviction.

C’est M.O.I. qui compte. Mettez-vous bien au centre de votre vie. Ce n’est pas d’être égoïste. Au contraire, si vous réalisez votre plein potentiel, plusieurs en bénéficieront et vous aurez fait une différence autour de vous.

Devenir leader de sa carrière

Pour moi, le leadership n’est rien d’autre qu’une mission que l’on se donne et qui tient compte de nos convictions profondes. L’article qui suit est donc une occasion de vous raconter ma façon d’exercer du leadership dans la gestion de ma carrière plutôt que de vous fournir une liste de 12 astuces pour le faire, comme j’en ai l’habitude.

Pour le présent article seulement, j’écrirai au « je » et vous dévoilerai une partie de mon histoire avec mon cœur parce que l’ambition d’être leader ne vient d’aucun autre espace. C’est avec cette voix que je vous parlerai de la manière dont j’ai fait preuve de leadership dans ma carrière.

Tout a commencé en 2003. J’étais à la croisée des chemins et insatisfaite. Je me sentais prisonnière d’un emploi à la fonction publique fédérale dont la sécurité m’étouffait comme une prison dorée. J’étais incapable de concevoir ce que je pouvais faire d’autre de ma vie. J’ai alors suivi un cours pour découvrir ma mission de vie. Ce fut un long cheminement où j’ai fait le point sur ma carrière et le bilan de qui j’étais à ce moment précis de ma vie. J’ai précisé qui j’étais et j’ai démystifié ce que j’aimais. J’y ai aussi découvert ma mission de vie : ensoleiller la vie des gens et les aider à prendre conscience de leur potentiel intérieur.

Cette mission de vie me représentait vraiment bien. Je la trouvais inspirante. Elle me faisait vibrer. J’y pensais chaque jour. Mais malgré cette mission remplie de possibilités, je continuais de ressentir un vide intérieur. Chaque fois que je m’arrêtais pour y penser, je devenais inquiète. Je craignais pour mon futur. Je n’avais aucune idée du COMMENT j’allais réaliser cette mission.

C’est à ce moment que j’ai reçu le mandat d’un organisme communautaire pour développer son plan stratégique. Mon rôle consistait à animer un groupe d’une trentaine d’employés pour qu’ils fixent les objectifs de l’organisme pour les cinq prochaines années. J’ai reçu 1 000 $ pour la journée. Plus de 25 personnes se sont mobilisées, cette journée là, pour y arriver. Le nombre de ressources investies dans le développement du plan stratégique m’a impressionnée.

J’ai alors pris conscience que les organisations investissaient temps et argent dans la planification stratégique de leurs activités, mais que ce n’était pas le cas pour moi ni pour la majorité des travailleurs et employés. C’est à ce moment que j’ai choisi d’ajouter une phase d’exploration à la réflexion que j’avais commencée. Une phase qui m’amenait à explorer le marché du travail et mes besoins de professionnelle. En changeant la question « qu’est ce que je veux FAIRE? » par « qu’est ce que je veux ÊTRE? », tout est devenu clair. Une vision s’est présentée à moi, et je n’avais plus qu’à tracer le chemin pour la concrétiser.

Ce jour-là, j’ai choisi d’ÊTRE ma meilleure alliée en commençant par ensoleiller ma vie avant celle des autres. De cette manière, j’allais DEVENIR une ressource inépuisable que les gens consulteraient pour obtenir l’aide nécessaire à l’atteinte de leurs objectifs.

Cette première expérience a donné naissance au programme de Planification de carrière. De ce programme, deux autres types de programmes ont découlé. J’ai aussi développé deux programmes distincts pour la recherche d’emploi et trois programmes de coaching. Je rédige régulièrement une chronique dans mon journal de quartier L’Écho de Cantley et la revue Cheminement. Cet article est le 65e que j’écris, et j’ai plus de 1 000 abonnés à mes infolettres.

Pour moi, être leader de ma carrière, c’est honorer qui JE SUIS dans les choix que je fais tous les jours, y compris ceux liés à ma carrière.