Choisir le bonheur

Le bonheur, c’est savoir ce que l’on veut et le vouloir passionnément. F. Marceau

Les gens heureux sont des gens actifs. Ils ont des projets, des buts, des idéaux. Ils ont une vision de ce qu’ils veulent accomplir et consacrent du temps à réaliser concrètement cette vision aussi humble et quotidienne qu’elle soit.

Combien de personnes âgées avons-nous vu lutter contre la mort parce qu’elles avaient tel projet à finir ou parce qu’elles ne voulaient pas mourir avant d’avoir vu leur futur petit-enfant, une telle se marier, etc. Non seulement nos projets nous tiennent en vie, mais ils sont liés de façon très proche à notre bonheur. C’est pourquoi il est important de se créer des buts personnels, professionnels, sociaux et spirituels.

Je me souviens d’un emploi de jeunesse. Nous enveloppions des paquets pour la distribution. Un emploi assez ennuyeux et répétitif en soi. Nous étions jumelés par équipe de deux. L’autre équipe accomplissait son travail d’un air blasé en se traînant les pieds et trouvait la vie « plate ». Moi et mon associé cherchions des moyens d’aller plus vite, de faire le moins de mouvements inutiles possible en plaçant les choses différemment, en changeant une séquence, en répartissant les mouvements autrement. Nous nous minutions et nous criions victoire chaque fois que nous améliorions notre temps. Nous étions stimulés, heureux, rieurs et en éveil. Nous avons réussi à doubler notre production, ce qui était en soi peu important puisque nous étions payés à l’heure, mais je n’ai jamais oublié l’excitation d’affronter un défi avec un cœur léger et un engagement total.

Il est important de se fixer des buts, d’avoir une vision de ce qu’on veut être, faire et avoir. Il est aussi important de mettre cette vision en action, de la maintenir réelle et présente par des petits gestes. La différence entre une vision et une illusion, c’est l’action. Les grands rêves qui ne sont pas accompagnés d’actions dans la même direction ne sont que des histoires que l’on se raconte pour passer le temps. C’est Mireille et Fernand Dansereau qui me donnèrent un jour ce conseil : « Fais chaque jour quelque chose pour ton amour ». Si par exemple, tu désires aller en Italie, apprends un mot d’italien ou, lis un article sur le sujet ou, mets quelques sous de côté spécialement pour le voyage. Ce n’est pas obligé d’être beaucoup, ce qui est important, c’est que cette action va maintenir ton rêve vivant et lui donner une réalité qui l’amènera à s’accomplir. En bougeant vers ton objectif, tu rends ton objectif important.

Les gens heureux sont en action. Ils savent qu’ils font une différence, si petite soit-elle. Chacun de nos gestes, chacune de nos pensées ont des conséquences sur nous-même et sur les autres.

J’aime beaucoup cette histoire du petit garçon qui remettait à l’eau les étoiles de mer échouées par la marée. Un plus vieux lui dit : « À quoi ça sert? Il y en a des milliers comme celle-là et ton geste ne compte pas ». Le petit réfléchit un peu et continue doucement son travail en disant : « Pour celle-là, ça compte ».

Ce que nous faisons et ce que nous pensons est important. Parfois le contenu ne l’est pas, mais l’esprit avec lequel nous le faisons est super important. Gandhi disait : « Ce que nous faisons n’est pas important, mais il est important que nous le fassions ». Chaque geste, chaque pensée d’amour a un effet transformateur.

Durant la tempête de verglas, en panne d’électricité, je décide donc d’aller déjeuner chez Burger King. Il y a foule, tout le monde étant dans la même situation, et le serveur est débordé. Quand il me sert, il a l’air exténué, mais radieux. Je lui dis : « Vous devez être fatigué avec tout ce monde! ». Il me répond avec un grand sourire : « Non, en servant à manger à ceux qui n’ont pas d’électricité, j’ai l’impression de faire ma part et d’aider. Je n’ai jamais autant aimé travailler ».

Ce sentiment de participer à une cause qui nous dépasse et nous transcende augmente notre énergie et notre plaisir à faire quoi que ce soit. Tous nous désirons et aimons sentir que nous aidons, que nous sommes utiles. Quand nous perdons notre connexion à cette vision, notre tâche se fait plus lourde et perd tout son sens. Nous devenons des robots accomplissant des gestes obligés, répétitifs et banals. Nous perdons notre sens.

Trois maçons posent de briques. Lorsqu’on leur demande ce qu’ils font, le premier dit : « Vous voyez bien, je mets une brique puis du mortier, une brique puis du mortier, une brique puis du mortier ». Le second dit : « Je gagne de l’argent pour nous nourrir moi, ma femme et mes enfants ». Le troisième dit : « Je participe à construire une belle maison dans laquelle des gens seront bien et en sécurité ». Lorsque je demande aux participants lequel des trois est le plus heureux d’après eux, je n’ai jamais entendu personne répondre : « le premier ».

Beaucoup d’entre nous s’empêchent d’agir parce qu’ils ont peur. Peur de se tromper, peur de ne pas savoir, d’échouer, d’être jugé. Le fait même d’avoir une vision de soi en train de réussir quelque chose nous donne de l’énergie pour passer à travers nos peurs et dépasser nos limites. Nos rêves, nos passions nous donnent des ailes et le courage de passer à travers les obstacles. Il s’agit de centrer son attention, de focusser non pas sur les obstacles, mais sur une vision très claire de ce que l’on veut accomplir. Nourrir sa vision avec des gestes, mais aussi avec des images, des écrits, des visualisations qui l’énergisent et la précisent. Il n’y a pas de réalisation sans cette vision, sans action et sans acceptation des risques inhérents à toute entreprise.

Une autre condition pour que notre vision nous apporte du bonheur est de se battre « pour » et non se battre « contre ». Lorsque je me bats contre quelque chose, par exemple « contre la violence », je vis souvent de la frustration, de la colère et des défaites parce que la violence continue malgré mes efforts et je deviens moi-même agressive face à ceux qui sont violents. Mais si je me bats « pour », chaque petit progrès est une victoire. Par exemple, si je me bats pour la tolérance, pour l’aide aux victimes de violence, pour la compassion et le changement de la société, chaque geste que je fais me rapproche de mon idéal, me donne la joie et un sentiment de victoire, Il est donc important de bien clarifier et de bien cibler ses visions.

Soyez visionnaire (oui, oui, vous, pas un autre), soyez créateur, permettez-vous de faire ce qui vous plaît, consacrez-vous à des causes qui vous tiennent à cœur, voyez-vous comme un être en cheminement perpétuel et vous serez en bonne voie sur le chemin du bonheur.

Je vous soumets donc mes petits conseils pour développer la troisième condition du bonheur : avoir une vision réaliste.

  1. Ayez des buts, des projets sur le plan de l’être, du faire, de l’avoir.
  2. Bougez physiquement et psychologiquement pour atteindre ces objectifs.
  3. « Faites chaque jour quelque chose pour votre amour ». Cultivez vos rêves en agissant pour les réaliser.
  4. Prenez des risques, mettez-vous au défi, dépassez vos peurs, expérimentez, apprenez sans cesse.
  5. Prenez conscience que vous travaillez à un idéal qui vous dépasse et vous transcende.
  6. Osez faire ce qui vous plaît et prenez du temps pour réaliser vos rêves.
  7. Soyez créateur dans tous les domaines. Ne vous laissez pas dévorer par la routine.
  8. Ayez des « passions », nourrissez-les et osez agir face à ces passions (recherchez votre passion et non votre pension).
  9. Faites-vous confiance et passez à l’action.
  10. Battez-vous pour ce que vous voulez réaliser et non contre ceux qui n’adhèrent pas à votre idéal.

Choisir le bonheur

La question la plus urgente et la plus persistante dans la vie est : « Qu’est-ce que vous faites pour les autres? ». Martin Luther King

Hier matin, à la piscine, je regardais un père qui avait amené ses trois petites filles se baigner. Elles avaient entre deux et six ans et le père avait fort à faire. Il accordait son attention surtout à la plus jeune. La plus vieille exécutait des plongeons et pirouettes en criant à chaque fois : « Papa! Papa! Regarde-moi! Regarde-moi! ». Mais le père levait à peine les yeux et sans dire un mot continuait à jouer avec la plus jeune. J’avais envie de lui dire : « Parle-lui! Parle-lui! Dis-lui que tu es là et qu’elle est importante, elle aussi. ».

Et, je me suis mise à réfléchir à ce besoin d’amour, de contact, d’attention, d’écoute que nous avons tous. Une grande partie de notre bonheur dans la vie vient de la qualité de nos relations avec les gens et nous-même.

Le contact est un des besoins les plus fondamentaux de l’être humain sur le plan psychologique. C’est l’équivalent de respirer sur le plan physique. Sans contact, nous dépérissons. Sydney Jourard dans son livre La transparence de soi montre comment il y a une corrélation directe entre notre quantité et notre qualité de contact et notre santé autant physique que mentale. Et que même le contact avec un animal peut contribuer à améliorer notre santé.

Privés de contacts aimants, les enfants se laissent parfois mourir (le syndrome d’hospitalisme de Spitz) et une recherche à l’hôpital Sainte-Justine a démontré que les enfants qui recevaient plus d’attention de leurs parents guérissaient plus vite avec moins de complications. De la même façon, les bébés prématurés que l’on touche prennent du poids rapidement et ont une meilleure chance de survie.

Une recherche sur le bénévolat montrait que cet acte d’amour pour les autres était aussi efficace pour la santé du cœur que l’exercice physique régulier. Aimer et être aimé est une des sources du bonheur, c’est aussi une source de vie et de santé.

C’est devenu une banalité de dire qu’il faut s’aimer soi-même pour être capable d’aimer les autres. En réalité, les deux démarches sont parallèles. Plus je m’aime et plus j’ai d’amour et de plaisir à rencontrer les autres et, plus je donne aux autres, mieux je suis avec moi-même. L’amour guérit celui qui le donne autant que celui qui le reçoit.

Quoi que nous en pensions, aucun de nous n’est isolé. Chacune de nos actions, chacune de nos pensées, chacune de nos émotions a une répercussion sur nos vibrations énergétiques et donc sur l’environnement dans lequel vivent les personnes qui nous entourent.

Petite, j’ai appris la notion de « corps mystique ». Nous faisons tous partie d’un même corps et dans ce sens, si une partie souffre, toutes les parties sont affectées. Mais cette notion me semblait bien abstraite.

Plus âgée, en tant que psychologue, j’ai pu constater l’importance que nos actions et nos paroles ont sur les autres. Combien de fois j’ai entendu des gens dont la vie a été transformée parce qu’ils se sont fait dire : « Tu es stupide! » ou au contraire « J’ai confiance en toi! ».

J’aime bien la blague du mari à qui sa femme dit qu’il ne s’exprime pas assez et qui répond : « C’est la faute des indiens! » et à sa femme interloquée, il réplique : « Mon arrière-arrière-arrière (etc.) grand-mère a été tuée par les indiens et mon arrière-arrière-arrière (etc.) grand-père s’est remarié avec une femme qui ne parlait pas et donc mon arrière-arrière-grand-père n’a pas appris à s’exprimer et n’a pas pu le montrer à mon arrière-grand-père et ainsi de suite jusqu’à moi.

Même si cette blague veut illustrer jusqu’à quel point nous blâmons les autres de nos insuffisances, elle contient aussi une part de vérité. Nous sommes participants et héritiers de l’interaction d’une multitude de gens et de contacts et événements dont leur vie a été faite. Chacun de nos gestes a un impact.

Plus tard, en travaillant au niveau de la guérison énergétique, j’ai découvert que cette connexion était encore plus forte que je pensais. Chacune de mes pensées et de mes émotions fait que j’émets une vibration et cette vibration va influencer ceux qui entreront à son contact. Ma colère, comme une onde sonore qui fait exploser un verre de cristal, va aller réveiller la colère de l’autre. Mon amour, lui, va aller le guérir au plus profond de lui-même. Des recherches ont montré que si une localité a un certain pourcentage de gens qui méditent, le taux de criminalité baisse. La vision d’un film de Mère Thérèsa a un impact positif sur l’état mental et physique des spectateurs. Je suis maintenant extrêmement consciente de l’impact que même mes pensées ont sur les autres. Il n’y a pas de séparation. Un médecin américain, Larry Dossey, a effectué une recherche sur l’impact des groupes de prières sur des malades hospitalisés pour une intervention chirurgicale. Ses conclusions ont été tellement probantes qu’un collègue écrivait : « S’il existait un médicament aussi efficace que cette énergie d’amour, les gens feraient la queue à la pharmacie pour en acheter ».

Nos pensées affectent les autres et les influencent. Nous sommes tous dans la même soupe et si elle est trop salée, nous en sommes tous affectés.

C’est pourquoi le premier cadeau d’amour que nous pouvons faire à l’humanité, c’et de nous aimer et de nous guérir nous-même. Être heureux est la chose la moins égoïste que nous puissions accomplir dans notre vie.

D’abord parce que nous ne sommes plus un fardeau pour les autres, ensuite parce que nous leur donnons l’exemple et l’espoir qu’il est possible d’être heureux, et enfin parce que nous influençons tous ceux qui nous entourent et les aidons à faire de même sans même avoir à dire un mot.

M’aimer, c’est être à l’écoute de moi-même, de mes émotions, de mes désirs. M’aimer, c’est me respecter et respecter mes besoins. M’aimer, c’est m’accepter comme je suis maintenant et me traiter avec compassion et tendresse. M’aimer, c’est me pardonner mes erreurs, mon insuffisance, mon ignorance, mon imperfection, mon humanité. Aimer les autres, c’est leur accorder exactement les mêmes droits, le même respect et la même attention.

S’aimer et se guérir, c’et donc aimer et aider à guérir les autres et aimer les autres, c’est s’aimer. Tout le monde veut se sentir aimé. Le secret, c’est de s’aimer sans compter. Votre cœur sera alors rempli d’amour, votre propre amour. Quand les autres seront fâchés, accueillez leur colère et continuez à émaner de l’amour. De l’amour pour vous-même en ne vous blâmant pas ou en vous pardonnant vos erreurs et de l’amour pour l’autre en acceptant qu’il exprime maladroitement ou pas sa frustration et ses besoins. Accepter les autres comme ils sont et là où ils sont actuellement vous donnera la paix. Ce qui ne veut pas dire de vous écraser et de faire ce qu’ils veulent, mais de ne pas vous laisser envahir par la colère vous-même. La colère est un acide qui brûle le vase qui la contient. La haine est un poison pire que le cancer. Et je ne parle même pas du point de vue du bonheur, de votre bonheur. Vous, vous serez plus heureux si vous êtes dans une attitude d’amour, d’acceptation et de pardon face à vous-même et face aux autres.

Je me souviens d’une dame qui avait insulté ma mère en public et ma mère me dit alors : « Pauvre elle, elle ne doit pas filer très bien aujourd’hui ». Ma mère voyait toujours la souffrance sous la méchanceté et ne se mettait pas en colère ni ne se blessait elle-même, mais éprouvait seulement de la compassion.

Et les peines d’amour, les rejets, les pertes, les deuils? J’aime beaucoup cette phrase de Marie-Noël : « Le remède d’aimer, c’est d’aimer plus encore ». La mort de ma fille m’a déchiré le cœur. Et en le déchirant, elle l’a ouvert. Ouvert pour savoir que tous les enfants sont mes enfants et qu’au-delà de mon enfant, je peux aimer toutes les nouvelles personnes que la vie met sur mon chemin.

Voici donc ma petite liste de conseils pour vous aider à développer la deuxième condition du bonheur :

Amour et service :

L’amour guérit celui qui le donne autant que celui qui le reçoit.

  1. Prenez le temps de vous connaître, de vous aimer et de vous exprimer.
  2. Reconnaissez vos forces et acceptez vos faiblesses avec compassion.
  3. Intéressez-vous sincèrement aux autres, aimez et laissez-vous aimer.
  4. Prenez le temps de reconnaître vos besoins et d’y répondre.
  5. Prenez le temps de guérir vos vieilles blessures.
  6. Dans la mesure de vos forces et de vos possibilités, répandez l’amour et la bonté autour de vous.
  7. Prenez le temps de faire des contacts vrais et profonds avec les autres et avec vous-même.
  8. Admirez ce qu’il y a de beau en vous et dans les autres et faites des compliments.
  9. Nourrissez un désir sincère d’aider et de faire évoluer les autres autour de vous.
  10. Exprimez-vous et écoutez les autres.

Choisir le bonheur

Je ne m’ennuie jamais parce que je suis toujours en train d’explorer des choses qui me fascinent. Clarence Birdseye

Une des caractéristiques des gens heureux, c’est leur capacité d’émerveillement, de gratitude, de curiosité face à la vie. Les gens heureux sont des gens qui s’émerveillent! Les gens heureux ont appris à goûter chaque moment, à apprécier l’odeur d’une fleur, la saveur d’une bonne soupe chaude, le rire d’un enfant et la beauté d’un coucher de soleil. Ils ont appris à goûter les choses simples de la vie, à s’en émerveiller et prennent souvent plaisir à partager cette joie avec les autres. Ils sont pleins de gratitude pour tout ce qui leur arrive et prennent le temps de remercier.

Une histoire bouddhiste qui m’a toujours fascinée est la suivante : Un jeune moine était poursuivi par un tigre. Il court, il court, et arrive au bord d’un précipice. Il aperçoit une vigne qui s’accroche à la falaise et décide de sauver sa vie en descendant le long de cet arbuste. Arrivé à mi-chemin, il regarde en bas et voit un lion qui l’attend pour le dévorer. Il s’arrête, reprend son souffle et aperçoit une fraise des champs qui pousse sur le flanc de la falaise. Il la prend, la regarde, la sent et finalement la déguste avec lenteur en se disant : « C’est la meilleure fraise que j’ai goûté de ma vie ». Souvent, nous sommes pris entre tigre et lion, entre un passé difficile et un futur incertain. La capacité de profiter de chaque joie que nous apporte le moment présent s’avère alors une habileté capitale pour continuer à être heureux et à profiter de la vie.

Pour développer cette attitude de bonheur, il est important de lâcher prise sur le passé, de le guérir. Il est important aussi de se préparer au futur avec confiance et sérénité, confiance en soi et en l’univers. Comme disait avec humour un de mes amis : « Le pire n’est pas toujours certain ». Profiter du moment présent peut nous aider à atteindre sérénité et confiance.

Une cliente atteinte d’un cancer terminal me confiait : « Je regrette de mourir, mais grâce à ce cancer, je peux aussi dire que j’ai vécu les deux plus belles années de ma vie. Lorsque j’ai su que la mort m’attendait, j’ai fait la paix avec mon passé parce que j’ai réalisé le peu d’importance de ces querelles de famille, je n’ai jamais pris autant de risques, je n’ai jamais trouvé le ciel si bleu, je n’ai jamais vécu avec autant d’intensité et autant apprécié chaque chose que je vois ». Pourquoi attendre? Ne sommes-nous pas tous des êtres de passage?

Les gens heureux ont, plus que les autres, développé l’aptitude à voir le beau, le positif dans les événements et dans les gens. Ma petite fille de deux ans, riant de bonheur, me déclare : « Oh Maman! C’est une belle journée : les poubelles vont passer et il reste une pâtisserie d’hier dans le frigidaire ». (Regarder fonctionner les camions qui ramassent les ordures constituait une fascination permanente pour elle) À son image, les gens heureux se permettent un regard neuf, un regard d’enfant sur le monde. Ils admirent la belle feuille d’automne tombée sur la vitre de leur automobile ou l’amour d’un père qui fait traverser la rue à son enfant en le tenant par la main. Ils s’intéressent à tout ce qui les entoure, ils sont curieux de tout. Ils veulent apprendre, voir, connaître, comprendre, goûter. Cette attitude d’émerveillement, de curiosité les amène à développer des intérêts, des passions, des connaissances qui, à leur tour, leur permettent de trouver des choses intéressantes partout où ils vont.

Les gens heureux savent que chacune de nos phrases a un impact. Les mots sont des transporteurs d’énergie. Ils augmentent notre force et celle des autres, ils touchent et affectent nos cœurs, nos corps et nos âmes. Ils utilisent donc la parole pour signaler les forces et la beauté de ce qui les entoure. Ils prennent le temps d’exprimer leur excitation, leur émerveillement, leur gratitude et leur curiosité.

Ils ne disent pas : « Comment peut-il penser comme cela? Ça n’a pas de sens! ». Ils disent : « Tiens, c’est intéressant, il pense différemment de moi, comment en est-il arrivé à ce point de vue? ».

Ils manifestent de l’ouverture face à tout ce qui se passe autour d’eux et prennent le temps de s’arrêter et d’apprécier, de savourer. Ils remercient non pas par politesse, mais parce qu’ils apprécient vraiment tout ce que la vie et les gens leur apportent. Et cette gratitude a comme premier effet non pas de combler les autres, mais bien de les combler eux-mêmes de joie. Ils choisissent de focusser sur ce qu’ils ont au lieu de focusser sur ce qu’ils n’ont pas.

Et même face aux gens qui critiquent, il est possible de s’émerveiller, d’apprécier leur capacité à voir sans cesse ce qui pourrait être amélioré. Et d’ailleurs, rien de les transforme plus qu’un grand sourire devant leur critique et un joyeux (et sincère) : « Merci beaucoup de ton commentaire, je vais en profiter pour m’améliorer » ou le cas échéant : « Merci de porter autant d’attention à ce que je fais ». Même si je dois avouer que de temps en temps je préfère éviter ces gens qui voient toujours le ver dans la pomme.

Cette attitude d’émerveillement, je dirais d’enfance, nous amène aussi à être capable de jouer, de nous amuser, de rire, parfois même au cœur des choses les plus difficiles. Les gens sont toujours attirés par les gens qui rient. Ils sentent instinctivement que cela leur fait du bien. Une des pionnières du travail sur le rire disait : « Ce n’est pas parce que je suis heureuse que je ris, c’est parce que je ris que je suis heureuse ». Cette phrase illustre bien cette attitude où l’on choisit de rire, d’être positif, de s’émerveiller et ce choix nous mène au bonheur. Par exemple : dans une tempête de neige, la circulation est super lente, je suis en retard et un peu de mauvaise humeur. Je choisis d’admirer la beauté des flocons de neige qui tombent, de rire en repensant à un souvenir heureux et tout d’un coup, je suis de bonne humeur.

Il ne s’agit pas de nier les problèmes, mais bien de vivre avec, en gardant sa joie intérieure. Un sage chinois disait : « Pour atteindre une véritable paix de l’esprit, nous devons reconnaître nos fautes et nos erreurs. Nous devons entendre toutes les bombes qui font tic-tac dans nos armoires intérieures et jouir de notre Éden malgré tout. Ce n’est pas l’absence de problème, mais bien comment on vit les problèmes qui est la clé ».

Comme toute autre habileté, cette attitude d’émerveillement est une discipline, une discipline qui demande de faire des choix avec constance et courage. Chaque choix est un pas sur le chemin du bonheur.

En résumé, je voudrais vous donner les dix conseils suivants pour vous aider à pratiquer cette attitude d’émerveillement :

  • Regardez le beau, le positif et parlez-en.
  • Permettez-vous un regard neuf sur le monde.
  • Utilisez l’humour pour dédramatiser.
  • Intéressez-vous à ce qui vous entoure, soyez curieux de tout.
  • Continuez sans cesse d’apprendre.
  • Considérez tout ce qui vous arrive comme une occasion d’apprentissage, de croissance.
  • Osez être vous-même et suivre vos fantaisies.
  • N’arrêtez jamais de jouer, de vous amuser, de rire.
  • Prenez le temps de vous rappeler vos souvenirs heureux.
  • Prenez le temps de savourer les joies de la vie, de vivre à fond le moment présent.

Choisir le bonheur

La vie est mouvement. L’absence de mouvement, c’est la mort.

Pour être heureux, il est important de se sentir en mouvement et d’être en mouvement.

Mouvement physique d’abord. À tous mes clients dépressifs, je donne la recommandation suivante : aller marcher dans la nature à tous les jours, ne serait-ce qu’un quart d’heure à la fois. Chaque fois que nous marchons, notre système produit des endorphines. Les endorphines sont un euphorisant naturel, elles nous mettent de bonne humeur. Des recherches récentes ont démontré qu’une heure de marche était l’équivalent d’une Prozac (pilule antidépressive).

Se mettre en marche physiquement aide aussi à se mettre en marche psychologiquement. Si le mouvement physique aide à notre bonheur, le mouvement psychologique y aide encore plus. La créativité nous rend heureux, nous fait sentir vivant. L’origine du mot créativité (creare vitæ : créer de la vie) le dit. La créativité, c’est le contraire de la rigidité, de l’absence de mouvement. La flexibilité, c’est la capacité de s’adapter aux événements, d’être souple et cette flexibilité nous aide beaucoup plus à être heureux que le fait de tenir rigidement à nos idées. Je me souviens d’une cliente, une dame de soixante ans, malheureuse parce que sa fille unique venait de divorcer, ce qui était contre ses principes. Elle ne parlait plus à sa fille, ni par le fait même, à son unique petite-fille qu’elle aimait beaucoup. J’essayais de la persuader qu’elle avait le droit de tenir à ses opinions, mais qu’elle devait aussi permettre aux autres de vivre de façon différente. Combien souvent nous refusons d’être souple et d’accepter les autres tels qu’ils sont. Je disais à cette dame : « Vous avez le choix entre avoir raison et être heureuse. Lequel est le plus important? ».

Le mouvement psychologique est parallèle au mouvement physique. Lorsque nous sommes rigides dans notre pensée, nous devenons souvent rigides dans notre corps et lorsque nous maintenons la souplesse de notre corps, il nous est plus facile d’avoir l’esprit ouvert.

Sur le plan psychologique, bouger, c’est devenir actif pour obtenir ce que je veux. Si je me sens seul, je peux devenir une victime passive et me dire que personne ne me téléphone, que personne ne m’aime, que personne ne s’occupe de moi. Je peux aussi devenir pro-active pour atteindre mon but, prendre le téléphone et appeler quelqu’un ou me joindre à un groupe de bénévolat pour aider quelqu’un d’autre qui est seul avec son problème. L’activité psychologique est, elle aussi, une grande source de bonheur. Dès que j’entreprends une action pour résoudre un problème, je me sens plus calme et j’ai moins tendance à me voir dépassé par le problème. La formule magique « De combien de façons puis-je…? » a bien souvent aidé mes étudiants et mes clients à se mettre en mouvement. Il y a bien vingt ans, nous avions décidé, mon conjoint, mes enfants et moi, de partir visiter Walt Disney l’hiver suivant. Un ami de mon fils, alors âgé de 12 ans, qui avait entendu parler du projet me dit : « J’aimerais bien y aller! ». Je lui réponds : « Écoute, je veux bien t’amener, mais ça va te coûter sept cents dollars ». Le petit garçon, plein d’espoir, partit consulter sa maman. Il faisait partie d’une famille monoparentale pas très riche. Le lendemain, il revint me voir découragé : «Ma mère fait dire que l’argent ça ne pousse pas dans les arbres! ». Je lui réponds : « Ta mère a raison, Toi, est-ce que tu as envie de venir? Oui, alors pose-toi la question : De combien de façons puis-je ramasser l’argent pour aller faire ce voyage? »

Nous nous sommes assis, mon fils, son ami et moi et nous avons fait un brain-storming, une liste de plus de cent façons dont ils pourraient ramasser de l’argent dans la prochaine année. Cadeaux de Noël, cadeaux de fête, gazon, récolte de bouteilles, vente de cartes créées par eux sur l’ordinateur, toute la parenté alertée, aucun effort ne fut négligé. Et c’est un petit garçon tout heureux et fier de lui-même muni de son argent que sa maman est venue reconduire à l’aéroport. Ce petit garçon est maintenant ingénieur et quand il a voulu aller à l’université, il s’est tout simplement demandé : « De combien de façons puis-je trouver de l’argent pour faire les études que je veux? ».

Bouger, c’est cesser d’être victime de son environnement, de son éducation, de ses habitudes, c’est se mettre en marche pour créer son bonheur. Et, comme je le répète si souvent, le bonheur n’est pas au bout du chemin, le bonheur, c’est aussi d’être en cheminement. Bouger sur le plan physique, bouger, être en action sur le plan psychologique, bouger aussi sur le plan spirituel. Bouger sur le plan spirituel, c’est savoir que je suis sur la terre en apprentissage. En apprentissage pour devenir une personne plus aimante, plus compatissante, plus sereine, plus joyeuse.

Sur le plan spirituel, ce n’est plus la vitesse du mouvement qui compte, c’est la direction, le sens. L’action sans réflexion sur la direction où vous voulez aller est perte de temps. Prenez le temps d’être conscient. Même sur le plan physique, si on veut aller trop vite, on se blesse et on prend du retard sur son entraînement. Il ne s’agit pas d’aller vite, mais d’aller dans la bonne direction. La direction de l’amour et de la paix. Le mouvement spirituel est une quête de sens, non pas le sens que la vie pourrait voir, mais le sens que nous voulons donner à notre vie, l’accomplissement que nous voulons atteindre, la joie et le bonheur que nous pouvons créer pour nous et pour les autres.

Pour être pleinement satisfaisant, le mouvement doit avoir tout son sens, tout son sens d’accomplissement et de réalisation de soi. Sur tous les plans, la stagnation, l’immobilisme est une source de maladies et de problèmes, le mouvement est une source de joie, de bien-être, de santé et de bonheur.

Petits conseils :

  • Marchez dans la nature, ne serait-ce que cinq minutes par jour.
  • Bougez autant que votre santé vous le permet.
  • Contemplez le mouvement de la vie : les feuilles qui bougent au vent, les oiseaux, les vagues, sentez que vous aussi vous participez à ce mouvement.
  • Acceptez la phase où vous en êtes maintenant dans le cycle de la vie et le genre d’action qui correspond à cette phase.
  • Prenez le temps de donner un sens, une direction à votre action, elle en deviendra plus joyeuse, vous aurez un but.
  • Lorsque vous vous sentez immobilisés, ouvrez les options en vous demandant « De combien de façons puis-je…? » plutôt que de rester paralysés par les obstacles. Là où une porte se ferme parfois s’ouvre une fenêtre.
  • Et souvenez-vous : une porte qu’on ouvre souvent ne rouille pas.

Choisir le bonheur

Plus doux que tous les sons est le son de ta voix Oh! toi que j’aime.

Les vibrations sonores nous entourent, nous enveloppent, nous affectent au plus profond de notre être. Le son guérit, apaise, stimule et nous ne pouvons échapper à son influence.  Nous pensons parfois qu’il est extérieur à nous, mais chacune de nos cellules est affectée et transformée par les sons et leur fréquence vibratoire. Par mimétisme, notre cerveau se met au diapason des fréquences qu’il enregistre et il vibre en conséquence.

Parmi tous les sons de l’univers, celui qui nous est sans doute le plus familier est celui de la parole humaine. Il nous accompagne de notre naissance à notre mort et nous est tellement nécessaire qu’en son absence, nous nous surprenons parfois à « parler tout seul » ou bien, nous allumons la télévision « pour avoir de la compagnie ».

Dans une recherche sur l’influence de la voix d’une mère enceinte sur son fœtus, on relatait les résultats suivants : lorsque la mère parlait à son futur enfant avec amour lui disant son désir de le voir naître, le cœur du fœtus s’accélérait, son énergie vitale augmentait. Lorsque la mère disait à son enfant qu’il n’arrivait pas au bon moment et qu’elle ne le désirait pas, le cœur du fœtus ralentissait et ses signes vitaux diminuaient. Les sons d’amour sèment la vie. Les sons de haine détruisent l’énergie vitale.

Je suis persuadée que cette influence des paroles d’amour continue durant toute notre vie. Des compliments, un mot gentil ou tendre, nous donnent de l’énergie et le goût de vivre grâce à la haute fréquence de leur vibration. Des propos délibérément méchants, des commentaires négatifs diminuent notre énergie vitale par la basse fréquence de leur vibration.

Les sons nous affectent, que nous soyons émetteur ou récepteur de ces sons.  Souvenez-vous que l’amour guérit celui qui le donne autant que celui qui le reçoit. Il est donc important de fleurir notre vie de sons doux et harmonieux, de mots de joie, d’amour et d’appréciation. Et souvenez-vous que vous êtes la personne que vous entendez le plus souvent.

Un vieux proverbe dit que la parole est d’argent, mais que le silence est d’or. Nous avons besoin de silence, pour entendre notre propre voix intérieure, et il est certain que le silence est précieux, mais parler nous est nécessaire aussi, vitalement nécessaire.

Si on regarde la racine du mot expression, on voit qu’il est fait de deux mots : ex qui veut dire fini, terminé et pression qui veut dire poids, pesée. S’exprimer, c’est laisser sortir la pression.  Le choix alternatif est la répression qui consiste à contenir à l’intérieur ce qui bouillonne en nous. Et la répression conduit directement à la dépression. Exprimer qui nous sommes est un besoin vital. La parole nous a été donnée pour exprimer, exprimer nos émotions, exprimer nos pensées, exprimer nos désirs, exprimer notre amour, siffler, chanter, pleurer, rire, crier et manifester l’entièreté de notre registre émotionnel. Tous ces sons manifestent qui nous sommes et participent à notre bonheur, à notre vitalité, à notre goût de vivre. Même les ermites parlent sans cesse à Dieu pour exprimer tout leur amour.

Lorsque vous vous sentez stressé ou déprimé, chantez, chantez à pleins poumons et vous verrez que cette activité vous laissera bien mieux dans votre peau. Si vous chantez mal, souvenez-vous que « si seuls les meilleurs des oiseaux chantaient, les bois seraient bien silencieux ». Il y a de la place pour le chant de chaque oiseau dans la nature. Le vôtre aussi y a sa place!

Une autre source de bien-être est de pouvoir parler à cœur ouvert à quelqu’un qui nous écoute, ou, d’écouter sans jugement quelqu’un qui nous parle de ce qu’il est vraiment. Je me souviens d’un client dont l’épouse était morte depuis quelques mois. Il s’était montré courageux, n’avait pas pleuré, s’était mis à la tâche de prendre soin des enfants, de la maison, etc. Et, après tous ces efforts, il s’est retrouvé dans mon bureau en « burn-out ». Je lui ai simplement dit, avec compassion : « Comme vous devez être triste! ». Et il s’est mis à pleurer, pleurer, comme une fontaine. Lorsqu’il est parti, il m’a dit : « J’ai l’impression de peser trente livres de moins ». Cette composante de l’être humain, la tristesse, elle aussi, a besoin de s’exprimer, elle a besoin d’un son. Certaines cultures engagent des « pleureuses » lors des décès parce qu’elles reconnaissent l’importance d’exprimer verbalement toute la gamme des émotions.

Parler, rire, pleurer, crier. Que de tabous face à toutes ces activités sonores : « Il ne faut pas parler trop fort », « les hommes ne pleurent pas », « les enfants sont faits pour être vus et non entendus », « ça ne se fait pas de crier », « il ne faut pas déranger les autres ». Sans doute est-ce pour cela que la dépression est si répandue. Il faut vite oublier toutes ces interdictions. Vivre à plein, vivre heureux, c’est parler, chanter, rire, crier, pleurer. S’exprimer et non se réprimer. C’est s’entourer de sons joyeux, harmonieux, vivants. Les nôtres et ceux des autres. Le bonheur, c’est de participer à la musique de la vie. Le bonheur, c’est écouter l’harmonie dans l’univers et l’apprécier. Le bonheur, c’est de faire entendre sa voix de participant dans cette symphonie extraordinaire.

Petits conseils

  • Parlez pour vous dire ce que vous voyez de beau autour de vous.
  • Parlez pour dire aux gens ce que vous aimez d’eux.
  • Chantez quand vous êtes stressés. Chantez quand vous n’êtes pas stressés. Chantez quand vous êtes tristes. Chantez quand vous êtes heureux. En bref, chantez.
  • Riez. Riez du fond du cœur. Riez souvent. Riez beaucoup. Ne riez pas des gens, mais riez avec les gens.
  • Pleurez quand vous en avez besoin et n’ayez pas peur de pleurer fort.
  • Parlez fort quand vous en avez envie et que c’est approprié.
  • Faites du bruit, exprimez-vous, prenez votre place.
  • Partagez vos soucis avec des gens qui sont prêts à vous écouter et à vous comprendre.
  • Ne blâmez pas les autres ou les événements, ne répandez pas de commérages. Ces sons négatifs écorchent vos oreilles autant que celles des autres sans produire de résultats.
  • Répandez les mots d’amour, d’encouragement, de joie, d’espoir, c’est musique aux oreilles humaines, ça donne de l’énergie et c’est beaucoup plus efficace que de blâmer ou de critiquer.

Journal d’une psy

Pôvre petite moi! Je me suis réveillée ce matin avec la maladie de Tacos. (c’t’à cause de). C’est comme le rhume, tout le monde attrape le Tacos de temps en temps. Des fois, c’est à cause de la température, ou de mes parents, ou du manque d’argent, bref de toutes les excuses que j’ai pour justifier ma peur de vivre.

Ce matin de Tacos, c’était mon âge. Je suis vieille. Je n’ai plus la forme, je n’ai plus autant d’énergie, ma santé n’est plus ce qu’elle était. La peur, je vous dis, la peur de ne pas réussir, la peur de ne pas plaire, la peur qui paralyse et donne mal au ventre.

Je ne connais qu’une seule solution à la peur : agir, bouger, foncer. Se dire : « J’ai peur, je ne suis peut-être pas capable, mais je le fais quand même ».

Alors j’ai commencé à me parler, à me dire dans ma tête, ce que je dis à mes clients : « Ça ne sert à rien de blâmer les autres ou les circonstances. Tu as l’âge que tu as et tu feras ce que tu feras, c’est tout, ce n’est pas une excuse pour paralyser. La paralysie, c’est la mort. Vivre, c’est avancer, c’est bouger ».

C’est sûr, ce n’est pas facile, il y a des cailloux, mais j’ai le choix : tapisser toute la planète ou me mettre les souliers, en d’autres mots devenir un peu plus résistante aux cailloux.

En fait, tout le monde vit des peurs, des difficultés, des deuils, des pertes. Certains ne s’en sortent pas, ce sont des victimes, d’autres s’en sortent, ce sont des gagnants. Ils gagnent à la loterie du bonheur.

Quelle est la grande différence entre les gagnants et les perdants? Non! Non! Pas ce qui leur arrive, ni ce que les autres leur font, ni la chance. La différence, c’est que les gagnants décident de passer à l’action pendant que les victimes s’immobilisent et se plaignent les Tacos quoi.

Il existe une prière célèbre qui dit : « Mon Dieu, donnez-moi le courage de changer ce que je peux changer, la sérénité d’accepter ce que je ne peux pas changer et la sagesse de faire la différence! ».

Une de mes amies philosophe m’a dit un jour : « Moi, je connais la différence. Ce que je peux changer, c’est… moi. Ce que je ne peux changer, c’est… les autres ».

Si je me sens seule et que le téléphone reste muet, je peux penser que personne ne m’aime ou je peux prendre le téléphone pour parler à des gens que j’aime ou m’intéresser à des activités pour découvrir ce que moi j’aime.

Oui, c’est bien beau, mais quoi faire, comment faire, où aller pour vaincre cette paralysie? N’importe où, l’important, c’est de faire le premier pas, le plus difficile. Mao Tse Toung dit : « La route de mille milles commence par un pas ». Alors, je fais le premier pas. Comme dit un célèbre Hobbit : « une fois qu’on a fait un pas sur le chemin, on ne sait pas où cela va nous entraîner ». Après le premier coin de rue, une autre rue va s’ouvrir, puis une autre et de découverte en découverte, la vie m’attend. Eh oui! Même à mon âge, on peut encore avoir envie de créer sa vie, de se créer. Il s’agit de se mettre en mouvement. Le premier pas est le plus difficile. Allons, allons, vas-y, tu peux avoir peur, tu peux avoir toutes les excuses, tous les Tacos de la terre, ce n’est pas grave, fais-le quand même.

Est-ce que je m’illusionne au point de penser que l’action va régler tous mes problèmes? Mais non, bien sûr, je serai encore vieille, je vivrai encore des deuils, j’aurai encore peur, je serais encore malade, mais… C’est un gros mais, un mais qui annule tout le reste. Je ne me sentirai plus impuissante et victime. Juste un petit pas, c’est être vivant et en train de marcher doucement vers son rêve. Et même si ce rythme n’est pas rapide, rapide, du moment que je suis dans la bonne direction (celle de mon rêve), tout est parfait.

Voilà de bien longs discours ma petite vieille! Alors, c’est quoi ton premier pas, ton premier pas à toi, dans la direction de ton rêve, à ta vitesse à toi? Dis, c’est quoi ton premier pas, Tacos ou pas Tacos, ton premier pas pour retrouver ta joie de vivre?

Moi, mon premier pas, c’était de recommencer à écrire. Et j’espère que cet article sera suivi par beaucoup d’autres, et, pourquoi pas peut-être par un livre, depuis le temps que j’en parle.

Et souviens-toi : « La différence entre une vision et une illusion, c’est l’action ».

Journal d’une psy

Une petite sandale rouge tremble doucement dans ma main. Et, je reprends le chemin des souvenirs… Ma fille Anne-Isabelle avait presque trois ans. Ce matin-là, nous partions magasiner pour lui acheter des souliers. Elle courait et sautait autour de moi, pleine de vie et de joie. Au magasin, elle voit une paire de petites sandales d’un beau rouge vif. Des souliers de fantaisie…

À cette époque, j’étais une femme sérieuse, raisonnable et prévoyante. J’avais l’intention d’acheter des bottines brunes lacées. Des bottines hautes qui tiennent bien le pied et protègent la cheville. Vous ne le croirez pas, mais, à l’époque, c’est ce que tous les enfants portaient et les souliers de fantaisie étaient rares, cher et réputés mauvais pour la posture. Je croyais être une bonne mère en persuadant ma fille d’acheter des bottines brunes lacées. « C’est mieux pour ta santé. Tu verras quand tu seras grande, tu me remercieras d’avoir pris soin de ta posture et de tes pieds. Sois raisonnable! » Durant toute mon enfance ma mère m’avait répété : « Sois raisonnable, pense au futur ».  Mais ma petite fille pleine de vie de me répondre : « Non maman, je veux les avoir tout de suite. Je veux pas être contente quand je vais être grande. Je veux ces souliers rouges là maintenant. »

Ça ne m’étonnait pas d’elle. Elle voulait toujours vivre intensément comme s’il n’y avait pas de lendemain. Un jour, je lui avais offert le choix entre deux friandises. Elle m’avait regardée comme si j’étais une simple d’esprit et m’avait répondu : « Mais voyons donc maman, tu sais bien que je veux tout dans la vie ». Pas un simple « je veux les deux », non!, un définitif « je veux tout ». Finalement, nous avons acheté les deux paires, tout en prévenant ma fille que les rouges seraient des « souliers du dimanche ».

Anne-Isabelle a mis ses sandales rouges et nous sommes parties rejoindre son père au chalet. Sur le chemin, un terrible accident est arrivé. Je me suis retrouvée à l’hôpital pour de longs mois et de multiples opérations et ma fille à la morgue. Je ne l’ai jamais revue.

Deux mois plus tard, quelqu’un m’a rapporté une des sandales rouges retrouvée dans le champ près du lieu de l’accident. Et, j’ai regardé ce soulier en pensant : OH mon Dieu!, moi qui voulais tant qu’elle soit raisonnable et pense à son futur. Elle n’a pas eu de futur! Il me faut apprendre à vivre dans le moment présent… maintenant. Vivre dans le moment présent, c’est une attitude qu’elle maîtrisait totalement. Ma voisine qui avait pourtant huit enfants à elle et aurait dû être blasée me disait : « Quand Anne-Isabelle passe, j’arrête et je la regarde. Cette enfant-là, elle ne marche pas, elle danse. On dirait toujours qu’elle danse de joie. »

J’avais oublié de danser. J’étais tellement préoccupée par le futur, par les choses à faire, par les décisions à prendre petites et grandes, par la bonne éducation de mes enfants, par mon travail, par mon conjoint que j’oubliais de m’arrêter. De m’arrêter pour doucement jouir de la vie et pour être tout simplement. Et aujourd’hui, je fais du ménage et je retrouve ce petit soulier. Je crois que j’oublie encore de vivre le moment présent et de danser. Le petit soulier rouge refait surface pour me rappeler l’essentiel. Régulièrement, je repars dans mes peurs : la peur de manquer, la peur de ne pas être correcte, la peur de ne pas être aimée si je ne fais pas ceci ou cela ou si je ne suis pas comme ceci ou cela. J’oublie qu’il n’y a que deux choix : la peur ou l’amour. L’amour de la vie, la pleine absorption dans le moment présent, le choix de vivre pleinement maintenant sans regrets et sans exigences. (des préférences, bien sûr, mais pas des exigences). Ce qui ne veut pas dire que je ne pense pas au futur ou au passé, j’y pense différemment tout simplement. En m’appliquant à vivre chaque instant, chaque personne, chaque expérience en lui donnant son plein potentiel de vie maintenant. Je cherche moins à contrôler et plus à accepter moi, les autres et les événements. Moins de bottines brunes lacées et plus de souliers rouges.

Contrôler, c’est un travail de peur, loin de la générosité de la vie. Accepter, c’est un travail d’amour, c’est un travail d’accueil. Moi, les autres, les événements ne sont pas tels que je les préférerais, et c’est très bien ainsi. Je peux accepter la différence entre la vraie vie et mes plans soigneusement bâtis. Lorsque j’accepte et que j’accueille, c’est plus agréable bien que pas toujours facile. Je sais, je sais, ce n’est pas facile, mais ça génère plus de paix et de joie intérieure. Ma belle Monique, la vie est courte, sors ta vaisselle du dimanche! N’oublie pas de danser, car c’est dimanche à chaque jour!

Journal d’une psy

Mon ami Pierre-Marie vient de me raconter ce qui lui est arrivé durant ses vacances et cela m’a fait beaucoup réfléchir.

Ce printemps, Pierre-Marie qui est un jeune professeur d’université avait décidé d’aller faire du kayak de rivière avec un ami dans le Fjord du Saguenay. Pierre-Marie est en forme, mais ce n’est pas un athlète; son ami par contre était un sportif aguerri et en grande forme physique. La journée s’annonçait belle et nos deux jeunes héros sont partis tout fiers d’eux-mêmes et… sans veste de sauvetage. Ils avaient l’intention de rester près de la rive et tous deux étaient d’excellents nageurs. Mais, comme vous l’avez déjà deviné, ils se sont fait prendre par les vagues et… ils ont chaviré.

Ils se sont courageusement mis à nager dans l’eau glacée du printemps. Pierre-Marie m’a dit qu’il a immédiatement vu le visage de sa femme et de ses deux jeunes enfants. Il s’est dit : « Il faut que je tienne le coup, ils ont besoin de moi. Il faut absolument que je me rende au bord ». Son ami s’est mis à paniquer et à crier : « L’eau est trop froide, on n’y arrivera jamais. On va mourir, on va mourir ». Au début, Pierre-Marie a essayé de lui répondre : « Ben voyons donc, tu es en forme, n’abandonne pas si vite. La rive n’est pas si loin. Tu es capable ». Mais son ami n’entendait rien, totalement absorbé par la peur et par les images négatives qui lui remplissaient le cerveau. Puis Pierre-Marie s’est aperçu que, plus il écoutait son ami, plus il perdait ses forces, son énergie et son goût de se battre. À son grand regret, il a décidé de ne plus l’écouter ou tenter de le convaincre. Il lui a dit : « Moi, je choisis d’essayer » et il est parti vers le bord. Il y est parvenu. Il a perdu dix livres en une demi-heure et a souffert d’hypothermie, mais il s’en est sorti. Quand les secours sont arrivés, son ami était mort. Et pourtant, il était en bien meilleure forme physique que Pierre-Marie.

Cette histoire m’a amenée à penser au pouvoir de nos choix. Je crois qu’à chaque instant nous avons le choix : nous centrer sur ce qui donne un sens à notre vie ou focusser sur nos peurs et, littéralement, nous empêcher de vivre une vie riche et pleine.

Tous nos choix ne sont pas aussi dramatiques que dans l’histoire de Pierre-Marie. Ils se passent de façon quotidienne, ordinaire. Ils sont le résultat de là où nous portons notre attention à chaque instant. Nous avons à choisir entre des pensées de peur et des pensées d’amour. Toutes les peurs : peur du rejet, peur de ne pas être aimé, peur de manquer, peur de perdre, peur de vieillir, peur de la mort, peur d’être humilié, peur de l’abandon, etc. Et toutes ces minuscules petites pensées s’accumulent et créent un focus dans notre cerveau, une orientation qui nous guidera lorsque nous aurons des choix plus difficiles à faire.

Les pensées que nous cultivons à chaque jour, les images que nous nous créons, les phrases que nous nous répétons déterminent notre façon d’interpréter la réalité et d’y réagir. Notre cerveau prend l’habitude de fréquenter certains chemins, d’interpréter la réalité d’une certaine façon, de cultiver certains types de réaction et ces habitudes deviennent nous.

Je me souviens d’avoir eu à « garder » une petite fille de deux ans dont je n’aimais pas beaucoup la mère (l’ex de mon conjoint) dont les filles ne pouvaient le visiter qu’à condition d’amener leur petite sœur (fille d’un autre conjoint). Je ne pouvais m’empêcher de penser que l’ex de mon conjoint abusait de moi en me faisant garder son bébé de façon régulière. Mon conjoint voulait tellement voir ses filles qu’il était prêt à tout accepter. J’étais révoltée et j’en avais parlé à ma mère qui m’avait répondu : « Cesse de penser au fait que c’est l’enfant de Mme X et que tu le fais contre ton gré et focusse sur le fait que c’est un bébé qui a besoin de ton amour et qui t’aimeras en retour ». Maman avait raison. J’ai eu beaucoup de plaisir avec Sandrine et l’amour que nous nous sommes porté m’a nourri pendant tout le temps où j’ai eu à m’occuper d’elle.

Comme le démontre l’histoire de Pierre-Marie, notre cerveau est puissant, les pensées dont on le nourrit sont importantes et ont des conséquences sur notre santé psychologiques et physique.

J’ai vu une cliente dont une amie avait oublié la fête. Elle a vu ce fait comme une preuve de la non–importance que son amie lui accordait. Elle était si fâchée qu’elle n’en a pas dormi de la nuit en ressassant sa colère, colère dont l’amie ignore tout et qui ne change pas grand-chose à la situation.

Comme j’aime à le répéter : « la colère est un acide qui brûle le vase qui la contient » (auteur inconnu). Prenons garde aux pensées qui nourrissent notre cerveau. Les pensées de peur de colère et de désespoir nous détruisent, nous volent notre énergie et nous rendent difficile l’atteinte de nos objectifs.

Mais me direz-vous, il y a des choses contre lesquelles il faut se révolter, pour lesquelles il faut se fâcher. En effet, la colère est un signal que quelqu’un porte atteinte à un de nos besoins et c’est un signal que l’on doit respecter. Cependant, prenons bien garde de ne pas nous battre contre, mais de nous battre pour. Si je me bats pour, chaque petite victoire me nourrit de son énergie. Si je me bats contre, je suis perpétuellement dans un état de colère, de malaise. Une cliente était venue me voir, révoltée parce qu’elle n’avait pas obtenu la promotion à laquelle elle croyait avoir droit. Son patron favorisait les hommes dans son service. Je l’ai convaincue de se battre pour elle-même au lieu de se battre contre son patron. Elle a travaillé sur sa confiance en soi, sur son sentiment de compétence, et finalement a fait application dans un service connexe où elle est rapidement montée en grade avec sa nouvelle attitude. Et, deux ans plus tard, elle s’est retrouvée le patron de son ancien patron!

Comme le prouve l’histoire de Pierre-Marie, cultiver dans son cerveau des pensées de paix, de joie, d’amour est une attitude qui peut parfois nous sauver la vie. C’est aussi une attitude qui au jour le jour nous permet de mieux dormir, de mieux vivre et surtout d’être plus heureux.

L’approche globale du corps!

Cheminer dans la vie de… Marie Lise Labonté

Entrevue réalisée pour la revue Cheminement par Manon Duguay

En 1976, âgée de 25 ans et souffrant depuis quatre ans d’arthrite rhumatoïde incurable très douloureuse, elle a épuisé toutes les avenues de la médecine traditionnelle sans trouver le chemin de la guérison.

MLL : J’ai fait un cheminement pour comprendre pourquoi j’avais cette maladie.  Je comprenais intellectuellement, mais mon corps continuait d’être de plus en plus malade.  Je n’avais rien changé à ma vie.  J’attendais que le ciel fasse quelque chose pour moi.  Je disais aux médecins « Prenez mon corps » et aux psychologues « Prenez ma tête ».  J’étais en chaise roulante.  Je souffrais.  Je m’isolais.  J’avais une vie réduite au maximum.  Je ne pouvais plus faire l’amour.  À cause de mes hanches, je ne pouvais plus ouvrir les jambes.  À 25 ans, c’est difficile.  Ça été l’élément déclencheur.

Je suis descendue dans une forme de tunnel noir.  J’ai lu le livre de Thérèse Bertherat (NDLF : sur l’anti-gymnastique), mais je ne faisais rien.  J’ai essayé quelques-uns des petits mouvements suggérés avec des balles de tennis.  La maladie était toujours là, mais c’était mieux que mes antidouleurs.  C’est comme ça que j’ai commencé.

Puis j’ai pris la décision d’aller travailler avec elle à Paris.  C’était mon étoile, mon phare, dans la noirceur que je vivais.  Je n’avais pas d’argent.  J’ai tout vendu et quelqu’un m’a prêté des sous.  J’ai réussi à partir.  C’était une question de vie ou de mort.

MD : Vous avez ensuite découvert d’autres techniques dont le rolfing.

MLL : Oui, le Mézière.  Je travaillais sur moi.  Je suivais des cours.  J’écrivais mon journal.  Je n’avais pas encore faire la synthèse.  J’étais dans mon processus de guérison et je découvrais tous les éléments, dont la mémoire du corps, au fur et à mesure.  C’était assez surprenant.  Je savais que j’écrirais un livre.  C’était trop fort.

MD : Est-ce à ce moment-là que vous avez compris le pouvoir de l’intérieur relié aux mouvements du corps?

MLL : Oui.  Tout à fait.  J’avais une base en anatomie.  Je faisais les liens, Reich, les cuirasses.  Je rencontrais d’autres praticiens.  Je posais des questions.  J’ai commencé à bâtir ma propre compréhension toujours à travers l’expérience de mon corps.  C’est toute une époque, quand j’y repense.  Au bout d’un an, je suis revenue au Québec; j’ai commencé à donner des cours.  J’avais reçu beaucoup, il fallait que je redonne.

Et je poursuivais mes recherches.  Je suis allée étudier à New York pour devenir psychothérapeute.  J’ai fait une formation Rebirth.  J’ai aussi étudié avec le docteur Simonton.

MD : La visualisation est venue par lui?

MLL : Oui, j’en faisais déjà.  Mais avec lui, j’ai compris intellectuellement la technique que je vivais naturellement.  Il fallait que je donne une base psychologique à ma guérison pour pouvoir transmettre mes connaissances.  C’est là que j’ai bâti ma méthode et commencé à écrire mon livre.

« Mouvements d’anti-gymnastique » est l’approche du corps que j’avais donnée à ma méthode.  On travaillait aussi les croyances, l’esprit et l’on touchait une dimension de l’âme pour retrouver sa nature profonde.  J’aurais voulu appeler la méthode « Approche globale du corps » parce que le corps était la base.

MD : Et on est au début des années 80.

MLL : Exactement.  Je me souviens que mon éditeur, Québec Amérique, à l’époque, n’appréciait guère les mots du genre « âme ».  À la fin de mon livre, je disais que je m’étais réconciliée avec mon âme.  Il n’aimait pas ça.  Il me disait « Es-tu certaine de vouloir écrire ça?  Comment peux-tu parler de ton âme ».

En 1980, j’ai ouvert mon premier centre à Montréal.  J’ai commencé à avoir une clientèle de gens très malades.  En 1982, j’ai commencé à former des gens.  Je donnais aussi des conférences.  De plus en plus, il y avait un impact.

MD : En 1986, vous avez eu une expérience d’éveil qui a transformé votre vie.  Quelle était cette expérience?

MLL : Ça s’est passé au moment où je donnais une conférence sur l’autoguérison.  Maintenant, je pourrais dire que j’ai eu comme une descente de la grâce, une énergie qui m’a frappée.  J’avais l’impression que mon cerveau s’ouvrait comme une noix de coco et j’entendais à l’intérieur de moi une voix qui voulait dire autre chose sur la guérison que ce que je disais.  Et je savais que cette voix disait vrai.  C’était un effort surhumain de me refermer et poursuivre ma conférence.  Après, je sentais que je n’étais plus seule.  Qu’il y avait quelque chose de beaucoup plus vaste qui m’habitait.  Ça n’a pas été facile à vivre.

La période de recherche pour comprendre ce qui se passait a duré deux ans.  J’ai cessé de donner des conférences.  Mes nuits étaient habitées.  J’y recevais des informations sur la formation que je donne maintenant au niveau de la visualisation et j’écrivais le matin.  J’ai compris que je vivais un phénomène incroyable.

MD : Vous avez intégré les mondes parallèles de la psychologie, avec votre méthode et celui du chanelling.  Qu’avez-vous appris sur l’intégration de ces énergies contradictoires?

MLL : C’est difficile de vivre comme ça sans vivre l’inflation.  L’inflation, c’est de se prendre pour l’entité.  Plusieurs perdent le fil, car la personnalité s’approprie la réalité.  En 2000, je suis retournée à mon travail de psychothérapeute, un peu abandonné pour me consacrer à l’enseignement de la guérison spirituelle angélique.  J’ai senti le besoin de faire moins de channeling.  Mon corps et mon cœur commençaient à être fatigués.  J’avais besoin de reprendre mon œuvre au niveau de la méthode de libération de cuirasses, de la MLC®.

MD : Les livres que vous avez écrits depuis l’an 2000 ont un ton différent, moins psy et plus émotions.  Avez-vous été influencée par la canalisation des anges dans vos nouveaux écrits, tel votre dernier livre « Parlez-moi d’amour vrai »?

MLL : Oui.  Certainement.  Je suis habitée et l’énergie passe quand même à travers mes vibrations, mes cellules, mon inconscient.  J’ai été inspirée dans mon œuvre, à partir de cette expérience.  Je perçois une plus grande union intérieure entre les univers très vastes d’amour inconditionnel que j’ai côtoyés jusqu’à l’intégration avec le point de vue psychologique et dans toute mon approche.

MD : Vous aviez la chance d’avoir des outils de psychothérapie et un esprit rationnel pour synthétiser le tout.

MLL : Un esprit analytique aussi.  Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est toute la vision de Carl Jung qui, lui, a été profondément inspiré par ‘âme, la vie, et qui a amené un aspect spirituel à la psychologie freudienne, il a ouvert une porte.  Il a fait sa thèse de doctorat sur la médiumnité.  La dimension du moi, du soi, m’inspirait.  J’ai relié tout ça à travers moi, pas seulement intellectuellement.

MD : Vous avez dit : « Ma voie de guérison, c’est le chemin d’une vie, l’histoire d’une vocation ».  Pouvez-vous élaborer là-dessus?

MLL : À partir du moment où je me suis autoguérie, j’ai su que ma vie serait de partager cette expérience avec les autres.  J’ai fait des choix, par exemple de ne pas avoir d’enfant.  C’est mon inspiration de vie, de pouvoir partager ce chemin de connaissances profondes, de son intériorité, d’une union profonde avec soi-même, et de partager l’amour.  C’est le but de ma vie.

MD : Est-ce qu’on a le choix d’accepter ou non un tel choix de vie?

MLL : J’aurais pu refuser, mais je ne crois pas que j’aurais été heureuse.  Je serais peut-être retombée malade.  Si on ne suit pas le chemin de son âme, ça commence à aller mal, enfin, c’est ma perception.  Dans mon travail avec les gens, je leur dis : « Retrouvez vraiment le chemin qui vous appartient, pas celui que la famille a demandé, que la société demande ».  Suivre sa voix, réunir en soi : âme, corps et esprit.  En soi.  Pas parce qu’on vous le demande, mais parce que c’est qui vous êtes vraiment.

Ça m’amène à répondre à votre question sur le shopping de thérapie.  Dans tout travail, il y a une implication.  Plusieurs préfèrent surfer, sans jamais s’impliquer profondément.  L’engagement avec soi-même est important, c’est-à-dire choisir de découvrir ce qui nous habite plutôt que d’être porté vers l’autre, vers l’extérieur.  Même si quelqu’un est dans la souffrance, il y a aussi un chemin de facilité.  Ça a l’air un peu terrible à dire.

MD : Se laisser aller vers la maladie?

MLL : Ou se laisser aller à rester enfermé dans son ressentiment, dans sa colère, de ne pas aller plu loin, de se maintenir dans des prisons, dans des attachements.  C’est ce qu’on connaît.  C’est une forme de sécurité.  Le reste, c’est l’inconnu.  Les gens ont peur de se découvrir dans le meilleur d’eux-mêmes.  J’utilise ici le terme de notre ami Guy Corneau.  Dans la partie intacte de soi.  C’est une explication de se consacrer à son monde intérieur.

MD : Vous avez parlé de la vision du développement spirituel de l’être par le corps.  Comment êtes-vous arrivée à cette conclusion?

MLL : Depuis le début de mon processus d’autoguérison, j’ai compris que le corps est important, qu’il est le reflet de notre inconscient.  Il est vraiment le temple de notre âme.  J’avais fait ce lien profond entre le corps, l’âme et l’esprit.  C’est-à-dire que notre corps et l’énergie de vie qui nous habite sont spirituels, et que si nous ne retrouvons pas cette dimension profonde de notre être dans l’action de notre quotidien, c’est comme vivre une forme d’errance.  Les valeurs matérielles extérieures personnelles, professionnelles, peuvent être très attirantes pour un temps, mais ensuite on se demande quel est le sens de notre vie.

MD : Vous parlez d’un ancrage intérieur.  Quels sont les outils pour arriver à ancrer?

MLL : C’est d’être à l’écoute, et pas seulement de ses désirs, ça c’est en surface.  Il s’agit d’aller au-delà de nos conditionnements.  Quand ça ne va pas dans notre vie, il faut arrêter d’accuser les autres, d’accuser la vie.  Il s’agit de devenir responsable en soi de ce qui ne va pas.  Se demander ce qu’il y a derrière cette insatisfaction à vivre.

MD : Est-ce se demander ce que l’on veut vraiment?

MLL : Oui, à l’intérieur.  Qui habite ma maison?  Mes voisins, mes parents, mes enfants?  Ou est-ce moi qui habite ma maison?

MD : Comment choisir la bonne nourriture quand il y a 300 différents trucs offerts?

MLL : Il s’agit d’écouter la voix intérieure.  Notre instinct est toujours là.  On a nié qui on est, même notre réflexe de survie, on ne sait plus qui on est.  On n’est plus habitué d’écouter la réponse en soi.  Pour entendre, il faut se détendre, aller vers l’hémisphère droit du cerveau.  Et être patient, les gens veulent des trucs miraculeux, instantanés.  Ça c’est impossible, même les miracles s’intègrent.

MD : Il y a des décisions qui viennent naturellement comme se dire : « Non ce n’est pas ce que je veux dans la vie ».  Est-ce la peur de l’inconnu qui fait résister au changement?

MLL : C’est sûr.  C’est la peur de changer.  Ça a l’air simple, mais ce ne l’est pas.  Permettre aux résultats de venir, laisser la guérison se manifester sans idées préconçues.  C’est ça apprendre à vivre, l’excitation face à l’inconnu.  Faire confiance au moment présent.  Une seconde après l’autre.

MD : Parlons-nous d’amener le paradis sur terre?

MLL :  Oui, C’est-à-dire le paradis.  De se permettre de vivre le paradis.

MD : Êtes-vous au paradis?

MLL : Oui.  Je peux dire que je suis au paradis.  C’est-à-dire, si je n’ai pas mon paradis, je le sens immédiatement.  Alors, là je me dis qu’est-ce qu’il y a entre moi et le paradis?  Parce que le paradis peut être vécu à chaque seconde.

Merci!

Manon Duguay

Les capsules de Marie Lise Labonté – en réponse à « Qu’est-ce qui nourrit… »

Le corps

Pour moi, vivre en harmonie avec son corps, c’est de devenir ami avec son corps, de ne pas le mettre à côté de soi, mais de l’habiter.  Pour ça, il faut donner du bien-être à son corps, le corps adore le bien-être.  C’est de suivre la piste du bien-être dans son corps.

Je pense à donner une détente à son corps.  On dit que c’est une bonne machine, mais le corps a une intelligence à lui, il est autonome, il a une intelligence cellulaire, une intelligence divine qui l’habite, une intelligence vitale et c’est de permettre à ces intelligences de nous guider.  De se mettre sous son corps et pas au-dessus.  Pour moi, c’est ça vivre en harmonie avec son corps, et l’habiter.

L’âme

On pourrait demander à quelqu’un qu’est-ce qui vous inspire?  Est-ce que l’écoute d’une musique X vous inspire?  Est-ce le contact avec la nature?  Chaque personne pourrait répondre à cette question.  Moi, ce qui m’inspire, c’est quand je regarde telle couleur ou que je fais telle chose.  Suivre le chemin de son inspiration.  Je ne parle pas de respiration.  Qu’est-ce qui m’élève?  Pour certains, c’est de marcher dehors, ça c’est la nourriture de l’âme.  C’est très personnel, ça.  De suivre, d’écouter notre inspiration.  De se donner un temps, s’il y a lieu chaque jour, ou si c’est trop exigeant, par semaine.  D’avoir vécu un temps d’inspiration.  Là, on s’assure de nourrir son âme.

L’esprit

Notre mental est beaucoup envahi par différentes pensées parasites, qui font que si on tente de fixer notre attention sur quelque chose, on est tout de suite interpellé par toutes sortes de pensées.  Donc, pour moi, je dirais que nourrir son mental, c’est de lui donner de bonnes images.  Par exemple, un outil que j’utilise et que j’ai beaucoup utilisé auprès de gens malades, c’est « Relaxation endroit de rêve », c’est une visualisation où je me nourris d’images positives.  Ça ne veut pas dire que j’essaie de mettre le bouchon sur des images qui seraient plus négatives, mais d’amener, de se permettre, de se nourrir d’images positives, d’images de bien-être.  Ça calme, nourrit le mental, et permet d’ouvrir un dialogue avec son monde intérieur, plutôt que d’essayer de faire taire le mental, mais amener des images de relaxation.  Remplacer, sans nier.  Calmer le mental par des images.  Il y en a pour qui c’est de s’imaginer sur le bord de la mer, d’autres en montagne.  Ça ne veut pas dire qu’on va se déplacer sur le bord de la mer, mais juste de nourrir son mental.  De se permettre de rêver.

Le cœur

Ma réponse est simple, c’est de se permettre d’aimer.  Souvent notre cœur, on le met sur la glace, on a été blessé par telle relation, blessé par un ami, un ennemi, notre patron.  On ferme notre cœur.  Pendant tout ce temps-là, on le met sur la glace.  Notre cœur a besoin d’aimer, notre corps aussi a besoin d’aimer.  Pour moi, c’est de pratiquer consciemment l’amour, d’ouvrir son cœur, de prendre le risque.  Choisir consciemment.  L’enlever de la glace, le sortir du frigo ou du congélateur.  De lui permettre de se réchauffer, et il y a juste l’amour qui réchauffe.

Quels sont les outils pour réchauffer le cœur? C’est, quotidiennement, en se levant le matin, se poser la question : Est-ce que mon cœur est ouvert?  Est-ce que je commence ma journée enfermée?  Évidemment, ça demande de lâcher prise que d’ouvrir son cœur.  Lâcher pise sur le ressentiment, la haine, la colère, la victimisation, et c’est un outil que j’ai hâte de pratiquer.  Ça ne veut pas dire que le cœur est ouvert 24 heures sur 24.  On l’ouvre, on le referme, on le « réouvre ».  Il y a tellement de raisons pour fermer son cœur.  C’et sans fin.  On est aussi bien de l’ouvrir.

Choisir le bonheur

Il y a trois ans, j’ai pris quelques semaines de congé afin de fêter mes trente ans comme thérapeute. J’en ai profité pour faire une réflexion sur ces milliers de personnes que j’avais rencontrées et qui m’avaient conté leurs peines et leurs bonheurs.

Je me suis rendu compte que le bonheur des gens n’a rien à voir avec la réalité de ce qui leur arrive, mais bien plus avec les attitudes que les gens prennent face à ces réalités.

Je me suis amusée à faire une liste des caractéristiques des gens heureux ou qui arrivaient à l’être. L’une de ces caractéristiques est que les gens heureux sont des gens qui savent que le bonheur est un choix. Un choix de chaque instant et non un cadeau du ciel. Un choix qui demande de la volonté et du courage. Les gens heureux sont des gens qui décident consciemment de prendre le chemin du bonheur.

Un exercice que je pratique souvent avec mes clients consiste à se rappeler un moment de bonheur dans notre vie. Puis, nous créons un petit poème en quelques syllabes qui nous sert ensuite d’ancrage ou de rappel lorsque les circonstances se font plus difficiles. L’une de mes clientes, une jeune femme, nous a raconté une anecdote. Le médecin lui a dit croire qu’elle avait une maladie mortelle et peu de mois à vivre. Il l’envoie passer des tests d’urgence à l’hôpital. Dans l’attente des résultats de ces tests, la jeune femme vit des moments de grande angoisse et de douleur physique. Puis, lorsqu’elle se présente chez le médecin, celui-ci lui dit que, vu le résultat des tests, et contrairement à ses attentes, une opération pourrait la guérir. Tout heureuse, elle téléphone à son mari pour lui annoncer la nouvelle et partager sa joie. Celui-ci, préoccupé par son travail, lui répond : « Écoute, je n’ai pas le temps de te parler, je suis occupé, on en reparle ce soir ».

Heurtée par l’insensibilité de son mari face à ce qui, pour elle, était si important, elle prend un taxi pour la maison et se met à pleurer. Et pendant qu’elle se forge des scénarios catastrophiques sur son conjoint, oubliant la réalité globale de sa vie de couple, elle se met à penser à cette phrase : « Le bonheur est un choix ». Et elle décide :  je peux choisir de me gâcher ce moment et de focaliser sur le fait que mon conjoint ne comprend pas ce que je ressens ou je peux choisir de focaliser sur le fait que la vie que je croyais perdue m’est redonnée et de profiter de cet instant pour être heureuse. Ma cliente décida de baptiser cet instant « Taxi pour le bonheur » et de s’en rappeler à chaque fois qu’elle perdrait le fil face au bonheur.

Focaliser sur ce que j’ai et non sur ce qui me manque est un choix très propice au bonheur. Cependant, cette attitude est différente de la position positiviste de « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Il ne s’agit pas de développer une perception à « lunettes roses », de voir tout en couleur, de nier les problèmes. Il s’agit de développer une attitude courageuse et de voir que j’ai des choix même dans la pire des circonstances. Les pissenlits pousseront dans votre jardin que vous le vouliez ou non (ou les vers blancs!). Il ne s’agit pas de nier la réalité, mais de voir que j’ai le choix de l’attitude que je prendrai : faire de la salade aux pissenlits, me lancer dans un combat d’arrache-pissenlits, ignorer les pissenlits, etc. C’est une attitude qui demande un grand degré de conscience et des qualités humaines nombreuses. C’est une habilité qui s’apprend à travers des milliers de petits et grands choix.

Dans ses notes pour son livre « Freedom in jail » Assagioli, emprisonné par les nazis pour ses idées libérales déclare : « J’ai réalisé que j’étais libre, libre de prendre autant d’attitudes face à la situation que je le désirais, libre de lui donner une signification ou une autre et d’utiliser ce temps d’une multitude de façons. Je pouvais me rebeller intérieurement et maudire le sort. Je pouvais me soumettre passivement et végéter ou je pouvais m’accorder le plaisir douteux de la pitié et jouer au martyr…, je pouvais en faire une cure de repos ou une période de réflexion intense ou je pouvais profiter de la situation pour entreprendre un entraînement psychologique ou une retraite spirituelle… ».

Même face à une circonstance aussi douloureuse que la prison, « Assagioli » savait qu’il était libre de choisir d’être heureux ou malheureux. Tout dépend de nous. Victor Frankl, torturé dans les camps de concentration, déclarait : « La liberté ultime, c’est celle de choisir mon attitude intérieure, de savoir que je suis en charge de tout ce que je suis. »

Nous avons le pouvoir de choisir d’être malheureux ou de transformer la moindre situation en attaque contre nous. J’aime beaucoup la blague du mari à qui son épouse souhaite une bonne journée et qui répond en grommelant : « Il faut encore qu’elle me dise quoi faire! ». Cette boutade illustre bien la capacité que nous avons de gâcher quoi que ce soit qui nous arrive.

Nous avons aussi le pouvoir de choisir d’être heureux et de voir dans chaque situation une occasion d’apprentissage, de compassion, d’expérimentation et de croissance. Je me rappelle cet homme dans un avion qui, confronté à une hôtesse impolie et désagréable (c’était quelques jours après le 11 septembre aux États-Unis), la regarda avec gentillesse et compassion et lui dit : « Ça doit être difficile pour vous de travailler dans ces circonstances ». Immédiatement, l’hôtesse s’excusa, le remercia et effectua la suite de son travail avec beaucoup plus de doigté. Au lieu de se rebeller devant un service de piètre qualité, il avait choisi de comprendre, d’aimer, de pardonner l’erreur.

Je me souviens d’avoir eu à paraître en cour.  Les témoins de la partie adverse s’acharnaient à dresser de moi le portrait le plus noir possible afin de protéger leurs intérêts. Je me sentais jugée injustement. Puis, une amie m’a donné ce conseil de sagesse : « Prends cela comme une expérience ». Et le lendemain, je me suis présentée en cour avec cette attitude : « Je suis en train de faire l’expérience de m’aimer inconditionnellement quoi que les gens puissent dire à mon propos, vérité ou fausseté. »

Cette journée se révéla incroyablement plus positive pour moi, non pas que les témoignages aient changé, mais je ne leur accordais plus l’importance que je leur accordais auparavant. J’étais occupée à m’aimer, à me pardonner de ne pas être parfaite et à me rassurer. Je méritais mon amour et celui des autres qui désiraient me le donner.

Choisir d’être heureux ne veut pas dire que nous serons heureux à chaque minute ou devant tout ce qui nous arrive. Une personne dont l’enfant vient de mourir a certainement le droit et le besoin de crier sa douleur. Cependant, même une perte horrible peut amener à une évolution profonde, à des changements personnels, à une sérénité intérieure si on prend le courage, le temps et l’énergie de transformer cette perte en gain. Je le sais d’expérience.

La première étape sur le chemin du bonheur consiste donc à savoir que nous avons le pouvoir de choisir, nous avons le pouvoir de transformer nos attitudes et notre vie. Nous ne sommes pas victimes d’un destin capricieux qui accorde aux uns le bonheur et à d’autres le malheur. Bien sûr, à court terme, nous pouvons être heureux ou malheureux selon les circonstances et les événements de notre vie. Nous avons tous nos malheurs et nos moments de dépression et il est inutile de nous blâmer lorsque la douleur nous accable. Cependant, à long terme, une sérénité profonde et un bonheur durable sont des objectifs qu’il est possible d’atteindre.

Le bonheur n’est pas le résultat de la loto de la vie où nous avons été chanceux ou malchanceux. Le bonheur est la conséquence de la mise en œuvre de certaines attitudes qui non seulement augmenteront notre bonheur quotidien, mais nous aiderons à atteindre une attitude de joie et de sérénité profonde que les circonstances extérieures pourront affecter, mais jamais détruire. Cette attitude demande de faire un premier choix de courage, de transformation personnelle, de conscience et d’amour : « Je choisis d’être heureux et je sais que cela dépend de moi ». Je vous souhaite de faire ce choix et j’essaierai de vous y aider dans la « Chronique du bonheur » qui paraîtra dans les mois qui suivent dans la revue Cheminement et où j’exposerai les différentes attitudes qui, selon mon expérience avec mes étudiants et mes clients, mènent au bonheur. Soyez heureux! C’est le chemin!