Choisir le bonheur

« Ce que nous faisons n’est pas important, mais il est important que nous le fassions. » Gandhi

De toutes les conditions nécessaires au bonheur, l’estime de soi est sans doute la plus nécessaire. Comment arriver à être heureux si l’on pense que nos besoins ne sont pas importants, que nous n’avons pas de valeur ou que ce que nous faisons n’est pas important?

S’aimer est donc la base de tout cheminement vers le bonheur ou même de tout cheminement tout court.

S’aimer, c’est répondre à ses propres besoins. À ses besoins physiques d’abord. S’aimer c’est respirer à fond, c’est connaître et pratiquer le plaisir de bouger, c’est vivre dans un environnement sain, c’est se nourrir selon les besoins réels, c’est aimer son corps, apprécier tout ce qu’il fait pour nous et pourquoi pas, le mettre beau. Nous avons parfois tendance à prendre notre corps pour acquis tant qu’il n’est pas malade ou douloureux.

Une visualisation que j’aime faire et faire faire consiste à porter son attention successivement sur chacune des parties de son corps : bras et mains, jambes, colonne vertébrale, estomac, cœur, yeux, oreilles, bouche, puis à imaginer durant quelques secondes que nous sommes privés de cette partie, ensuite, à voir les conséquences de cette perte sur notre vie quotidienne, et enfin, à réintégrer consciemment cette partie de nous en sentant l’énergie vitale qui l’habite et en éprouvant de la reconnaissance pour cette partie de notre corps. Je l’appelle ma visualisation d’appréciation de son corps.

Cette visualisation transforme notre relation à notre corps. Il y a longtemps, j’ai été immobilisée dans le plâtre pendant deux ans. Je me souviens encore de l’émerveillement lorsque j’ai pu recommencer à marcher. Je me répétais : « Je marche! Je marche! Quelle liberté! Quelle merveille! ». Une merveille que l’on oublie souvent dans notre vie de tous les jours où l’on prend son corps pour acquis.

S’aimer, c’est aussi répondre à ses besoins psychologiques. Psychologiquement, nous avons besoin d’amour, de contact, du sentiment d’appartenance. Souvent nous allons de par le monde quêtant l’approbation ou l’amour des autres.

S’aimer, c’est se donner à soi-même l’amour et l’approbation dont nous avons besoin, s’accepter totalement comme on est maintenant et se promener de par le monde en distribuant gratuitement cet amour qui nous habite.

Je dis souvent que devenir adulte, c’est devenir son propre père et sa propre mère. C’est assumer soi-même les fonctions que nos parents assumaient pour nous quand nous étions enfants.

Les parents assumaient une fonction d’amour. Être adulte, c’est s’adopter soi-même et se traiter comme son propre enfant. Qui d’entre nous taperait ou insulterait son enfant qui tombe en apprenant à marcher? Et pourtant, nous nous insultons et nous nous tombons dessus lorsque nous faisons des erreurs dans l’apprentissage de notre vie de grand. Qui déciderait lors du premier « gaga » de son enfant qu’il n’est vraiment pas habile en communication et que si c’est tout ce qu’il sait produire, il n’a aucun talent et il est aussi bien de laisser tomber. Et pourtant, nous exigeons de nous la réussite immédiate et nous sommes bien peu tolérants devant nos erreurs. Si je demande à une classe d’enfants de cinq ans qui sait dessiner, toute la classe lève la main. Si je demande à un groupe d’adultes qui sait dessiner, deux ou trois seulement lèvent la main. À un endroit de l’équation, nous avons introduit un jugement sur nous-mêmes. Un jugement qui nous paralyse, qui paralyse notre évolution et nos apprentissages. Une phrase que j’aime répéter aux perfectionnistes qui se jugent : Si seuls les meilleurs oiseaux chantaient, nos bois seraient bien silencieux. Ce qui nous rend heureux, ce n’est pas d’être parfaits, c’est d’apprendre. C’est pour nous donner le plaisir et la stimulation d’apprendre que nous sommes créés imparfaits.

S’aimer, c’est aussi prendre soin de nos besoins intellectuels. Sur le plan intellectuel, nous avons besoin de nous réaliser. Nous avons besoin d’apprendre, de créer, de nous développer. La curiosité et le désir de connaître et de comprendre nous apportent des joies multiples. Notre cerveau devient vite fatigué des nourritures fades et répétitives, des activités passives et sans défi. Lui aussi recherche la stimulation et l’excitation. C’est pourquoi les gens heureux répondent aux besoins de leur cerveau en étant créateurs, en apprenant sans cesse des choses nouvelles, en lisant, en suivant des cours ou en développant un passe-temps (quel mot horrible! On devrait plutôt parler d’un riche-temps), un riche-temps énergisant!

Nous avons besoin finalement de répondre à nos besoins spirituels. Donner un sens à notre vie n’est pas une activité de luxe réservée à ceux qui n’ont rien à faire. Ne pas savoir pourquoi on est sur terre est une maladie mortelle, comme me l’ont démontré bien des clients suicidaires. Devenir conscient que notre visite sur terre a un sens et que nous avons une mission, une raison d’être, nous donne un sens d’accomplissement et de joie. Aucun de nous n’est inutile. Chaque geste que nous faisons compte, même s’il n’est pas important en soi.

Gandhi disait : « Ce que nous faisons n’est pas important, mais il est important que nous le fassions ».

Sur le plan spirituel, la plus grande conviction est celle que nous ne sommes pas isolés, nous faisons partie d’un tout et chacune de nos émotions, chacune de nos pensées influence ce tout.

Pour faire la paix dans le monde, il faut faire la paix en soi. Pour amener l’honnêteté dans le monde, il faut créer l’honnêteté en soi. Pour guérir le monde, il faut se guérir.

Et cela sans se mettre de poids sur le dos, sans « il faut que… ». Notre mission n’est pas une tâche, un devoir, mais une manière d’être. Je me souviens d’avoir reçu l’énoncé de mission suivant en méditation alors que je demandais ce que je devais faire dans la vie. La réponse vint immédiatement : « Tu n’as rien à faire, ici-bas. Sois, tout simplement. Sois une rivière d’amour ». L’activiste que je suis était sous le choc « rien à faire », puis vint le soulagement « rien à faire », la liberté, je peux faire ce que je veux, il n’y a pas de « il faut que… tu fasses telle chose ». Et la prise de conscience que ce n’est pas ce que l’on fait qui compte, c’est comment on le fait.  Les bouddhistes ont un proverbe que j’aime bien : « Avant l’illumination, couper du bois et transporter l’eau, après l’illumination, couper du bois et transporter l’eau ». Prendre soin de soi spirituellement ce n’est pas changer ce que l’on fait, c’est donner un sens à ce que l’on fait.

S’aimer, c’est donc prendre soin de soi à tous les niveaux, savoir que j’ai de la valeur et que chaque chose que je fais compte, non pas parce que je la fais, mais à cause de l’intention que j’y mets, tout a un sens et même ne « rien à faire », si j’y mets l’intention de me reposer, est un acte d’amour pour moi et pour les autres.

Et, cette fois-ci, je ne finirai pas par une série de conseils, mais par une prescription.

À chaque jour, avant de vous coucher, prenez le temps de noter trois ou quatre choses belles, intéressantes ou pleines d’amour que vous avez vécues ou observées durant la journée. Prenez le temps de vous féliciter ou d’exprimer votre gratitude en écrivant ces trois ou quatre lignes. Et, si tout a mal été, félicitez-vous encore : « Tout allait mal et j’ai continué à respirer, j’ai survécu ».

La conséquence de cette activité sera de vous amener à focaliser, à centrer votre attention sur ce que vous faites de bien et sur ce qui se passe de bien dans votre vie et ce faisant, à changer graduellement votre image de vous et du monde.

Cette pratique du « journal de gratitude », même si elle semble simple en apparence, a un effet transformateur extraordinaire si elle est utilisée à long terme.

Les gens qui ont adopté cette pratique sur quelques semaines m’ont tous rapporté qu’ils avaient vécu une hausse d’énergie extraordinaire, qu’ils observaient plus la beauté de la vie et des gens et leur propre beauté. Beaucoup de profits pour un petit investissement, Alors allez-y, osez vous aimer et vous apprécier malgré et avec tous vos défauts.

Soyez heureux, c’est le sentier.

Oser être soi et pouvoir en rire… est-ce possible?

J’ai fini ma thérapie! Rassurez-vous, ce n’est pas parce qu’on va chez le psychologue que ça veut dire que l’on est fou… Au contraire, je dirais même que, dans certains cas, ça fait du bien d’en voir un plus malade que nous…

Cheminer, ce n’est pas toujours de tout repos et parfois il faut pouvoir en rire! Comment est-ce possible?

Je vous dirai que la première chose à faire est de consommer de l’humour… Il est très important de consommer de l’humour, car ainsi nous éduquons notre esprit à en faire.

Supposons que vous voulez apprendre à parler espagnol. Qu’allez-vous faire?

Vous allez fréquenter des espagnols, vous allez écouter des films en espagnol, vous allez lire en espagnol. Bref vous allez consommer de l’espagnol!

C’est la même chose pour l’humour!

Il faut en consommer pour « éduquer » notre esprit si on veut être quelqu’un de qui on dira : Hé qu’il est donc spirituel!

Il faut ensuite apprécier l’humour et ceux qui en font…

Êtes-vous le genre de personne qui fait la moue (dans le genre hannnnnnnn) lorsque l’on vous raconte une histoire drôle?

Ce n’est pas très fort! Lorsque vous agissez ainsi, vous êtes en train de faire fuir les comiques et ensuite vous vous plaindrez qu’il y a juste du monde ennuyant autour de vous…

Je conviens qu’il y a parfois des histoires qui sont plates! Mais en avez-vous une meilleure?

Hum… Facile de critiquer. N’êtes-vous pas toujours un peu comme ça dans tous les domaines de votre vie?

J’ai observé depuis plusieurs années que les blagues ou les humoristes qui ne nous font pas rire ou que nous avons carrément en aversion viennent toucher une corde sensible à l’intérieur de nous et que l’on pouvait s’en servir pour faire un peu d’introspection. Mais soyons plus précis.

Il y a des jours où les blagues sexistes antifemme me font beaucoup rire et d’autres jours où elles m’agressent! Pourtant ce sont les mêmes blagues! Alors qu’est-ce qui fait que je les reçois différemment?

C’est très simple : lorsque je suis fâchée contre un homme, je ne trouve pas cela drôle et lorsque j’ai réglé le problème et que je suis revenue à de meilleurs sentiments, je suis la première à raconter les histoires en question!

Il y a des blondes qui trouvent les blagues de blondes très drôles parce qu’elles ont une bonne estime d’elle-même et ne se sentent pas concernées par le côté niais associé aux blondes et les autres qui ont une piètre opinion d’elle-même qui se sentent offusquées parce que ça les touche dans le peu de confiance qu’elles ont en elles!

En général, les blagues à caractère sexuel font rire les gens qui sont à l’aise avec la sexualité et « titillent » ceux qui le sont moins!

Si une blague ne vous fait pas rire, au lieu de faire la moue, sautez sur l’occasion pour vous demander ce que ça vient toucher de vulnérable à l’intérieur de vous et concentrez-vous à le régler pour étendre votre réceptivité au rire et à l’humour!

Choisir le bonheur

Le but de toute éducation et de nous apprendre à aimer la beauté. Platon, La République

Bonheur et environnement

Y a-t-il une relation entre bonheur et environnement, entre bonheur et écologie? Bien sûr que oui! Il y a du bonheur dans le fait de nous sentir en harmonie avec notre environnement et de sentir que nous participons à créer un environnement sain, beau et prometteur de vie. Qui de nous n’a jamais ressenti le bien-être que procure une marche dans la nature, l’appréciation d’un beau coucher de soleil ou la joie de respirer l’air pur de la montagne ou de la mer? Le contact avec la nature nous met en contact avec nous-mêmes, il nous aide à atteindre la paix intérieure et représente une source de joie.

Mais, il y a certaines conditions pour que cette relation humain/environnement soit harmonieuse. La première condition et d’être conscient de cette loi de l’écologie qui dit que « tout est dépendant, la séparation n’existe pas ». Le bonheur obéit aussi à cette loi. Nous sommes liés à ce qui nous entoure, nous réagissons à notre environnement et nous l’influençons, que cet environnement soit physique, psychologique, intellectuel ou spirituel. Pour arriver au bonheur, il faut accepter d’entrer en communication, je dirais même en communion avec notre environnement, avec la vie sur notre planète, avec tout ce qui nous entoure et tout ce qui se passe à chaque instant. Communion, c’est-à-dire ouverture, partage, sensibilité à l’environnement, à l’influence de l’environnement sur soi et à notre influence sur l’environnement.

Une de mes clientes atteinte d’un cancer du foie était venue me consulter pour apprendre à visualiser. Cette cliente, partie de rien, avait consacré presque toute l’énergie de sa vie à devenir multimillionnaire, ce qu’elle avait réussi. En visualisation, elle a fait des promenades dans la nature, elle s’est détendue, elle a appris à apprécier la vie. Elle a aussi appris à devenir attentive à ce qu’elle ressentait dans son corps et à utiliser l’énergie de la nature pour stimuler sa propre énergie. De ces séances de visualisation, elle ressortait calmée, énergisée, plus heureuse. Elle a survécu près de deux ans au lieu du trois mois annoncé par le médecin. Et peu avant sa mort, je lui demandais si elle croyait que sa thérapie avait valu la peine puisqu’elle allait mourir de toute façon. Elle m’a répondu : « Jamais le ciel ne m’a paru si bleu et les fleurs si belles. Je reviens de chez moi, en Gaspésie, et la mer m’a parlé comme jamais. J’ai enfin pu me sentir attachée à cet univers, j’ai pu l’apprécier. Non! Ces deux ans de sursis m’ont permis de reconnaître ce qui est vraiment important dans la vie. Le monde est beau et j’avais oublié de le remarquer ».

Cette cliente avait appris à ne plus vivre « dans » l’univers, mais à vivre « avec » l’univers et elle en avait retiré beaucoup de joie.

Un autre avantage est que plus cette communion est active et impliquée, plus elle nous apportera de bonheur. Admirer la beauté est une source de joie. Créer de la beauté est une source de joie encore plus importante, c’est un antidépresseur naturel. J’ai souvent observé combien moi-même, mes amies et des clients dépressifs ou malheureux tiraient du plaisir à produire une pièce d’artisanat, une peinture, un vitrail, un meuble, à redécorer ou créer de leur main un nouvel environnement. Les plaisirs de l’horticulture ou du jardinage sont connus de bien de gens et leur éloge n’est plus à faire. Toute interaction avec la vie, la nature, la beauté, l’environnement élève notre âme, la transporte et augmente notre capacité à nous sentir heureux, en paix, bien dans notre peau. Lorsque j’enseignais à l’université, je donnais un cours de créativité et l’un des travaux impliquait la création d’une œuvre d’art avec des matériaux cueillis dans la nature. J’étais toujours surprise et enchantée des résultats. Au début, les étudiants doutaient de leur talent : « Je ne connais rien à l’art. Je ne suis pas un artiste ». Puis ils s’attaquaient à la tâche et découvraient la joie que procure la création et l’interaction… Avec des matériaux tout simples, ils créaient de la beauté. Ils apprenaient à mieux observer et admirer la nature et certains gardent encore leur production avec fierté après de nombreuses années. Plonger les deux mains dans la terre, l’eau ou le sable nous aide à concrétiser et à rendre plus vivante notre relation à l’environnement.

Nous sommes affectés par la beauté et par la laideur. De la même façon que nous sommes calmés et régénérés par un bel environnement ou par un beau paysage, nous sommes déprimés par une maison sale et désordonnée, par un spectacle de laideur ou de destruction. Nous sommes mieux dans notre peau dans un environnement harmonieux et nous ressentons négativement les effets du bruit, de la pollution et d’un environnement dénaturé. Je m’efforce de faire de ma maison un lieu de beauté et un havre de paix et j’en suis bien récompensée quand les gens en entrant me disent : « Je me sens mieux, apaisé, plus calme tout simplement en mettant les pieds ici ». Un psychologue qui loue mon bureau à l’occasion m’a même affirmé : « J’ai l’impression de faire de meilleures interventions ici qu’aux autres endroits où je travaille. L’atmosphère de cette maison est tellement propice au calme et à la réflexion ». Nous interagissons avec la beauté et elle nous crée de la même façon que nous la créons.

La beauté est aussi dans le regard de celui qui regarde. Nous savons tous que nous trouvons les gens et les événements plus beaux lorsque nous sommes heureux et ouverts au moment présent. Lorsque nous sommes en amour, nous trouvons tout le monde beau. C’est pourquoi il est important de choisir et d’embellir notre environnement, mais il est aussi important d’éduquer notre regard, de devenir sensible à la beauté. Léonard de Vinci donnait le conseil suivant aux aspirants peintres : « Regardez les murs rongés par l’humidité et les roches aux couleurs inégales. Vous y trouverez des montagnes, des rochers, des ruines, des vallées, des batailles, des gens, une infinité de choses et de paysages ». En d’autres mots, apprenez à regarder et vous trouverez la beauté dans tout ce que vous regardez, et cette beauté vous rendra heureux.

Les environnements trop froids et encadrés, trop éloignés de la nature, trop bruyants ou trop semblables les uns aux autres ne nous stimulent pas au niveau sensoriel, affectif et intellectuel. Notre cœur, notre esprit a besoin de beauté, d’harmonie, de silence, de contact et d’interaction avec la nature et avec la beauté. Nous ne sommes pas séparés de notre environnement, nous sommes intégrés à lui et affectés par lui. Notre bonheur dépend aussi de notre lien, de notre interaction avec un univers vivant, mouvant, stimulant dont nous pouvons percevoir l’harmonie et la beauté.

Et voici mes petits conseils pour vous aider à profiter de votre environnement et être plus heureux :

  1. Allez prendre des marches dans la nature et prenez le temps de regarder autour de vous, d’être présent à votre environnement, de le contempler.
  2. Faites de la beauté une valeur, prenez le temps de vous entourer de beauté et de remarquer la beauté autour de vous.
  3. Cultivez un jardin et plantez des fleurs ou allez regarder les jardins de l’univers.
  4. Mettez des plantes dans votre maison et prenez le temps de la décorer à votre goût. Votre environnement contribue à votre bonheur.
  5. Développez votre regard et apprenez à voir la beauté dans chaque objet, dans chaque paysage, dans chaque personne, de façon délibérée.
  6. Entrez en communion avec l’univers, avec les autres, de la façon la plus impliquée possible. Il y a plus de plaisir à faire pousser des fleurs qu’à les acheter chez le fleuriste.
  7. Soyez curieux : explorez des choses nouvelles, stimulantes et différentes. La beauté vient aussi de la diversité. Nous ne remarquons plus ce qui est trop habituel. Nous avons besoin de nouveauté. Il faut changer d’air de temps en temps.
  8. Ouvrez vos fenêtres au sens propre et au sens figuré. Laissez entrer de l’air dans votre maison et dans votre vie. Prenez le temps de respirer.
  9. Développez ou entretenez un passe-temps qui vous met en contact avec le plaisir de créer de la beauté autour de vous.
  10. Souvenez-vous que vous êtes interdépendant avec l’air, avec l’eau, avec la terre, autant qu’avec les animaux, les plantes et les personnes qui vous entourent et que prendre soin de tout cela, c’est prendre soin de vous-mêmes.

Choisir le bonheur

« Il faut être présent au présent. » David Milot

Dans tous les livres de spiritualité, on parle de l’importance de vivre au moment présent pour atteindre la sérénité intérieure. Qu’est-ce que cela veut dire exactement et comment doit-on traiter le passé et le futur dans cette perspective?

Passé, présent, futur, chacun à sa façon est à la fois une menace au bonheur et un ajout au bonheur.

Le passé est un obstacle au bonheur quand on cultive la culpabilité ou la colère face à ce qu’on ne peut pas changer. Si j’avais su…, j’aurais dû…, je n’aurais pas dû…, il aurait fallu que…, sont des phrases inutiles qui nous amènent à ressasser des sentiments négatifs et à nous sentir impuissants. Une autre forme de ce recours au passé est le piège de l’imagination embellissante : Quand j’étais jeune… Quand mon mari (ou mon enfant) vivait… Si j’étais resté à telle ou telle place… Si telle ou telle chose n’était pas arrivée… Ce genre de réflexion amène les gens à se morfondre face aux pertes réelles ou imaginaires qu’ils ont subies et à voir le temps comme un ennemi qui nous dépouille de notre bonheur.

D’autre part, si nous regardons notre passé comme une source d’apprentissage, alors chaque épreuve même la plus dure peut devenir une source d’enrichissement personnel. Les Chinois ont un proverbe qui dit : « Après deux ans, même un malheur peut servir à quelque chose ». Après deux ans, parce qu’il est normal de ne pas crier de joie lorsqu’on passe à travers une épreuve et qu’il nous faut un certain temps pour faire nos deuils et avoir la distance nécessaire pour en retirer la leçon. C’est une habitude intéressante que de regarder après coup les événements du passé et de se demander : « Qu’est-ce que j’ai appris de cela? ».

Un exercice que je trouve intéressant est de se demander à chaque fois qu’il nous arrive quelque chose de désagréable : « Quels sont dix bons côtés de cette mésaventure? ». C’est une pratique qui nous apprend à voir l’apprentissage plutôt que le seul désagrément dans chaque situation.

Victor Frankl, prisonnier dans un camp de concentration observait que les gens qui gardaient vivants leurs bons souvenirs étaient plus aptes à passer à travers la souffrance et le stress. Le passé peut donc être une source d’apprentissage et de consolation si on laisse de côté les émotions négatives de colère et de culpabilité et qu’on accorde le pardon à soi-même et aux autres.

Le futur peut aussi se révéler une malédiction ou un cadeau selon la manière dont on le traite. Si on se crée des scénarios catastrophiques avec tout ce qui pourrait aller mal, on se crée des émotions d’anxiété, de peur, d’incertitude. Et si je n’avais plus d’argent…, si j’étais malade…, si mon enfant (ou mon conjoint) ne se trouve pas d’emploi…, si je n’obtiens pas telle chose que je désire… De nouveau, toutes ces pensées sont inutiles et ne changeront rien à notre destin tout en volant notre énergie et notre joie de vivre.

Une autre illusion que nous pouvons cultiver face au futur, c’est encore l’illusion embellissante. « Un jour ce sera mon tour. » Un mirage non connecté au présent où tout sera beau, où tout ira mieux, où nous vivrons dans une société parfaite, dans une vie parfaite. Ou encore lorsqu’on reporte notre bonheur à un temps futur où les choses iront mieux et où certains désirs seront accomplis. Je serai heureux quand… (j’aurai mon diplôme, j’aurai un chum, j’aurai perdu vingt livres, etc., à l’infini). Tous ces pièges du futur font de nous des gens tendus, anxieux, attachés de façon beaucoup trop intense à nos buts et objectifs.

D’autre part, si nous regardons le futur comme une suite du présent, on peut se demander lorsqu’on désire, lorsqu’un projet ou une vision nous vient à l’esprit : « De combien de façons puis-je me préparer à cette éventualité? ». Et l’on peut s’engager dans une action qui exige travail, patience, persévérance et vision à long terme pour se réaliser. Un futur bâti non sur la peur de nos scénarios internes, mais sur le plaisir de créer ce qui nous tient le plus à cœur. Et le cadeau du futur sera alors de nous fournir l’énergie pour la réalisation de notre projet. Nous connaissons tous l’histoire de personnes âgées qui survivent presque miraculeusement jusqu’à ce qu’un projet qui leur est cher soit achevé. Un chercheur à qui son médecin annonçait qu’il avait un cancer terminal et qu’il serait mort dans trois mois lui répondit : « Mais, je ne peux pas, mon dernier livre n’est pas fini. Et il prit presque deux ans pour finir son livre, après quoi, il mourut tranquillement, ayant accompli son œuvre et tenu tête à son médecin.

Une vision du futur nous donne une intention, un idéal, une motivation pour vivre et agir. Victor Frankl faisait remarquer que si une des caractéristiques des « survivants » dans les camps de concentration était d’avoir des souvenirs heureux, une autre de leurs caractéristiques était d’avoir des projets ou des visions dans le futur. Il raconte qu’à un moment donné, il était à moitié mort de froid et de faiblesse, les pieds en sang, souffrant de diarrhée et de faim, plié en deux par une toux à fendre l’âme. Il se rendait au travail dans le camp de concentration sous l’œil du fusil des gardiens nazis. Et l’idée lui traversa l’esprit : « Si je me laissais tomber à terre, ils tireraient pour m’achever et toute cette souffrance serait finie ». Et il ajoute : « J’ai pensé aux recherches que j’étais en train de faire et je me suis vu dans une salle de conférence en train d’expliquer mes théories. Presqu’inconsciemment, je me suis redressé et j’ai continué à marcher ». Le futur nous apporte ainsi le courage de passer à travers les moments difficiles, c’est son cadeau, si on ne cède pas à la peur.

Le présent quant à lui est aussi porteur d’une malédiction et d’un cadeau. La malédiction, c’est lorsque nous décidons de nous perdre dans la spontanéité du moment présent sans nous préoccuper des conséquences. Lorsque nous vivons l’excitation de ne plus penser et de faire ce que l’on désire dans ce moment même. Je connais des jeunes bourrés de talent qui recherchent le plaisir instantané et ne sont pas capables de refuser la satisfaction immédiate au nom d’une réalisation à plus long terme. « Je n’ai pas envie… » disent-ils.

Le cadeau du présent, c’est lorsque je suis présent à ce que je suis. Je suis un être-dans-le-temps. Je suis né, je suis, je vais mourir. Je suis, j’ai été et je veux être.

Dans ce présent, je dois intégrer les leçons du passé sinon, ce sont des leçons vides et je n’ai rien appris. Dans ce présent, je me projette dans le futur, ce qui me donne une direction et un sens. Ce qui me rend conscient aussi de l’impermanence de toutes choses.

Et pour jouir du présent, je dois être présent au présent, être là, conscient de tout ce que je suis, attentif à ce que j’ai de plus profond, conscient que je ne suis pas éternel, conscient aussi que je suis relié et partie prenante de tout ce qui a été et de tout ce qui sera.

Vivre au présent, c’est vivre en paix avec son passé et son futur, c’est s’accepter tel que l’on est, c’est accepter son passé tel qu’il est et son futur tel qu’il se présentera.

Vivre au moment présent, c’est rejeter les peurs et les illusions, les rêves catastrophiques ou glorieux pour être tout simplement soi. Bien dans sa peau, s’acceptant soi-même, acceptant ses forces et ses limitations. Présent à soi-même, présent au présent.

Choisir le bonheur

« Pour être en bonne santé mentale, les humains ont besoin de plusieurs contacts à chaque jour. » Virginia Satir

Une des conditions du bonheur, c’est l’amour. Et une façon de manifester notre amour, c’est d’entrer en contact. Le contact physique et le contact psychologique nous sont tous deux nécessaires.

L’être humain a autant besoin de contact pour sa santé psychologique qu’il a besoin de respirer pour sa santé physique. Qu’est-ce que le contact? Le contact, c’est « toucher et être touché » physiquement et psychologiquement. Être touché psychologiquement, c’est se laisser affecter, influencer, transformer par l’autre, c’est lui donner le droit d’exister dans notre vie. Toucher l’autre psychologiquement, c’est lui révéler qui je suis et ce que je ressens. C’est dire implicitement à l’autre : tu as une place dans mon univers, je te vois, je t’écoute, tu comptes pour moi et je prends aussi ma place dans ton univers.

Nous avons besoin d’être vu, entendu, touché, reconnu, affecté par les autres. Nous avons besoin de voir, toucher, entendre, sentir et reconnaître les autres. C’est un besoin fondamental de l’être humain. Sans contact, nous nous desséchons et nous perdons notre joie de vivre. Le contact peut nous sauver la vie et nous ramener à l’existence. Qui ne connaît pas l’effet d’une caresse ou d’un geste d’affection?

Hier, un homme est venu me voir après une conférence et m’a raconté l’histoire suivante. Son épouse est décédée le laissant seul avec des enfants en bas âge. À l’extérieur, il s’est comporté comme un « vrai homme » et n’a rien laissé voir de sa souffrance profonde. Cependant, il a commencé à boire de plus en plus pour oublier. Graduellement, il a perdu le goût de vivre et a commencé à se négliger.

Le jour de la fête des Mères, deux ans après le décès de son épouse, sa petite fille de sept ans est venue le réveiller avec un petit déjeuner au lit et une chandelle portant le chiffre deux. Elle lui a dit : « Il y a deux ans que maman est morte, c’est toi ma maman maintenant ». Il s’est laissé toucher par l’amour profond et la confiance de son enfant, il a arrêté de boire, il a recommencé à faire de l’exercice physique. Petit à petit, il a repris le goût de vivre. Voilà un geste d’amour qui a eu un grand impact. Je crois que nous avons tous besoin de gestes d’amour pour nous aider à passer à travers les petites et grandes difficultés de la vie.

Nous avons besoin de recevoir de l’amour et besoin d’en donner, que ce soit sous la forme de paroles, de regards, de gestes ou de contacts physiques.

Nous sommes tellement affamés de contact que même un contact léger modifie notre comportement. À preuve, cette expérience conduite par des psychologues. On laissait volontairement un 25 sous dans une boîte téléphonique. Dans la première condition expérimentale, l’expérimentateur allait tout simplement dire à la personne qui venait de trouver et d’empocher le 25 sous : « J’ai oublié un 25 sous dans la boîte téléphonique, l’auriez-vous trouvé par hasard? ».

Dans la seconde condition expérimentale, l’expérimentateur disait exactement la même chose, mais cette fois touchait légèrement le bras de la personne à laquelle il parlait. Le pourcentage des gens qui remettaient le 25 sous augmentait de 20 % lorsqu’il y avait ce léger contact physique joint à la question.

Bien sûr, tout le monde n’a pas envie d’être touché indistinctement. Il est important d’user de notre sensibilité dans ce domaine et de trouver de quelle façon verbale ou non verbale nous pouvons manifester aux autres la place petite ou grande qu’ils ont dans notre existence. Par exemple, un regard est une forme de toucher et peut transmettre bien des messages. Un sourire aussi.

Spitz, un chercheur en psychologie de l’enfant, a travaillé pendant des années sur le « syndrome de l’hospitalisme ». Les enfants en institution (hôpital ou crèche) qui étaient privés de contact manifestaient des symptômes physiques et psychologiques pouvant aller jusqu’à se laisser mourir par manque de contact.

À l’hôpital Sainte-Justine de Montréal, les intervenants ont effectué une recherche sur les enfants qui étaient visités par rapport aux enfants qui recevaient peu de visite. Les enfants qui avaient plus de contacts, pleuraient et manifestaient plus leur désarroi au moment du départ de leurs parents, mais ils guérissaient plus vite et avaient moins de symptômes et d’effets secondaires.

Les enfants prématurés placés en incubateur qui sont touchés, caressés et manipulés (à l’aide de gants stériles qui s’introduisent dans l’incubateur) effectuent une prise de poids plus rapide et montrent une plus grande résistance que les enfants touchés uniquement pour les soins de base.

De plus, les recherches ont montré qu’il y a une corrélation directe entre la quantité et la qualité de vos contacts et votre santé psychologique et physique. Même la présence d’un animal nourrit notre besoin de contact. Plus les gens sont riches en contacts, plus ils sont en bonne santé. C’est la meilleure des vitamines, le contact!

De même que nous sommes plus souples et plus vivants (plus de circulation d’énergie) après un massage, de la même façon nous sommes plus heureux, plus vivant et plus créateur chaque fois que nous choisissons de laisser entrer quelqu’un dans notre univers mental ou physique ou d’entrer dans celui d’un autre.

Et les ermites me direz-vous? La qualité de leur contact avec Dieu, avec l’univers, avec les êtres humains se passe sans parole et sans geste. Le contact est cependant présent au niveau du cœur si la vocation de cet ermite est vraiment née de l’amour.

Quelle est la chose la plus égoïste que vous puissiez faire?

Aimer les autres! Osez aimer et le manifester et vous vous en porterez d’autant mieux. Ouvrez-vous à la vie, laissez-vous toucher par les joies et les peines des autres et votre vie en sera plus riche.

De même qu’un massage augmente la qualité et la quantité de notre relation à notre propre corps, une rencontre véritable avec un autre être humain nous permet de mieux nous connaître et nous aimer.

Il est parfois difficile de dire : je t’aime, je t’apprécie, je te remercie, je t’accorde de l’importance. Nous sommes gênés d’exprimer nos sentiments et avons peur d’être accueilli par un rejet. Apprenons à donner notre amour et à créer des contacts sans rien attendre en retour, pour le plaisir, tout simplement. Le jeu en vaut la chandelle! Quand on donne de l’amour, on reçoit autant sinon plus que l’on donne. L’amour passant à travers nous nous guérit au passage.

Conseils :

  • Manifestez votre affection à ceux que vous aimez par des mots, des gestes, de petites attentions, vous répandrez le bonheur autour de vous et vous en serez d’autant plus heureux.
  • Soyez présents à chaque personne que vous rencontrez, regardez-la dans les yeux, donnez-lui de l’importance, notez ce qu’elle a de beau, intéressez-vous à elle, vous serez surpris de la richesse que chaque personne contient et heureux de voir ses yeux s’illuminer quand elle verra votre intérêt véritable.
  • Soyez généreux de votre sourire, de votre attention, de votre admiration, de vos compliments. Ça coûte si peu et ça fait tellement de bien à tous, en commençant par vous-même.
  • Soyez attentifs à ce que ressentent les gens autour de vous. Manifestez-leur que vous comprenez ce qu’ils vivent et, comme il est dit dans l’évangile, pleurez avec ceux qui pleurent, dansez avec ceux qui dansent.
  • Cherchez sans cesse à augmenter la quantité et la qualité de vos contacts avec vous-même et avec les autres. Écoutez, parlez, ressentez un peu plus que d’habitude! Devenez conscient de l’impact et de l’importance du contact pour vous et les autres.
  • Apprivoisez-vous au contact physique et faites aussi ce cadeau à ceux que vous aimez.
  • Osez être vous-même, dire votre vérité, exprimer vos émotions. Entrez en contact réel avec vous-même et ce que vous ressentez. Osez le dire et le manifester. C’est tellement libérateur!
  • Appelez ou écrivez à quelqu’un que vous aimez et dites-lui pourquoi vous l’aimez.
  • Quand cela semble acceptable, touchez les gens que vous rencontrez, embrassez vos enfants et vos parents, parlez-leur d’eux et de leur importance pour vous.
  • Soyez heureux.

Choisir le bonheur

Ce que la chenille appelle la mort, le papillon l’appelle la naissance. Violette LeBon

La cinquième attitude à développer pour être heureux est sans doute la plus complexe et la plus difficile. C’est la capacité de développer une spiritualité personnelle.

Qu’est-ce que la spiritualité? C’est la capacité de donner un sens à ce qui nous arrive et donc un sens à notre vie (notez que le mot sens veut aussi dire direction). La religion nous offre souvent un sens à la vie. Religion veut dire relier, relier à Dieu, et, dans ce sens, la religion peut être un élément de la spiritualité. Mais la spiritualité dépasse toutes les religions et les englobe toutes. Il est donc possible de développer une spiritualité en dehors de toute religion.

Chacun doit attribuer son propre sens à la vie et il est parfois dangereux de s’en remettre à un gourou qui vous dit quel sens donner à votre vie (le sien). Donner un sens à sa vie est un choix personnel que nul ne peut faire à notre place et un choix qui mérite temps et réflexion. Personne ne peut dire à personne quel est le sens de la vie, c’est à chacun de prendre le temps de trouver quel est le sens de sa vie.

Réfléchir sur le sens de sa vie, réfléchir sur ses apprentissages et son vécu peut sembler du temps perdu. Il est évident que nul ne peut prouver que son sens est le bon de façon irréfutable. Cependant, refuser de clarifier le sens de notre vie est l’équivalent pour moi d’une maladie mortelle. Je vois parfois des gens en thérapie qui ont tout ce que l’on peut souhaiter sur le plan matériel et qui pourtant sont suicidaires parce que, disent-ils, « la vie n’a pas de sens ».

C’est souvent après une épreuve, un décès, un échec, en regardant les autres ou tout simplement avec l’âge que montent les questions « Pourquoi suis-je sur la terre? Qu’est-ce que je suis venu faire ici? Quel est le sens de la souffrance? Est-ce que ça vaut la peine de vivre ou de mourir pour ça? ».

La spiritualité passe par une clarification, un élargissement et une réappropriation de ses valeurs. On pourrait regarder par exemple, une valeur comme l’amour. Ma vie peut prendre un sens par l’amour que je donne et que j’accepte de recevoir. Une dame de cinquante ans, divorcée, à la retraite, bien pourvue et en pleine santé me dit : « Mes enfants sont grands, ils n’ont plus besoin de moi. Je ne sers plus à personne. Ma vie est vide ». Et je ne peux m’empêcher de songer à toutes les personnes qui ont besoin d’aide et d’amour et qui pourraient tellement en profiter si des personnes comme cette dame acceptaient d’élargir leur notion d’amour à tout l’univers. L’amour pourrait continuer à donner un sens à leur vie.

Un autre exemple de valeur est l’apprentissage. Je suis sur terre pour me développer, me créer, apprendre au sens large. Lorsque je vis dans cette perspective, tout devient positif. À chaque épreuve ou difficulté, je peux me demander : « Qu’est-ce que je peux apprendre de cela? ». Bien sûr, la difficulté reste difficile à vivre, mais quand je reconnais ce qu’elle m’apporte, la souffrance est plus supportable. Nietzche disait : « He who has a why can bear most any how ». Ce qui peut se traduire par : lorsqu’on a une raison importante, on peut supporter à peu près n’importe quoi.

Après la mort de ma fille, je n’ai pas crié de joie et je ne me suis pas dit : « Youpi, la vie m’apporte une leçon! ». Non! Comme tout le monde, j’ai pleuré et je me suis révoltée. Mais, maintenant après plusieurs années, quand je regarde en arrière pour voir ma vie, je vois quelle transformation sa mort a apportée dans ma vie, quelle richesse et quelle profondeur cette souffrance m’a apportées. Et maintenant, je pense à ma fille morte avec reconnaissance pour tout ce que sa vie et sa mort m’ont appris. Dans cette optique, il n’y a plus d’erreur. Il n’y a que des leçons ou des cadeaux.

Peu importe la ou les valeurs que vous choisissez : la vérité, la beauté, la justice, l’évolution, chacune d’entre elles apporte avec elle un cadeau, chacune d’entre elles vous aide à passer à travers les difficultés de la vie avec plus de sérénité. Nelson Mandela avait choisi de venir apporter sur terre des valeurs d’égalité, Gandhi des valeurs de non-violence et ces valeurs leur ont permis de devenir des êtres d’exception qui ont changé la planète.

Carolyn Myss, une enseignante spirituelle que je respecte beaucoup, dit qu’il y a trois stades d’évolution. Le stade un ou stade de la tribu est le stade où la question fondamentale est : « qu’est-ce que les autres vont penser de moi? » et où l’accent est mis sur la réussite et l’acceptation sociale. Au stade deux ou stade personnel, la question fondamentale y est : « qu’est-ce que je pense, qu’est-ce que je veux et comment puis-je créer cela dans ma vie? » et l’accent est mis sur l’exploration psychologique et la prise en main de sa propre vie. Au stade trois ou stade spirituel, la question est : « que puis-je apprendre de cela? » et l’accent est mis sur des valeurs qui nous dépassent et nous supportent. À ce stade seulement, nous pouvons connaître la joie profonde, la sérénité, le sentiment de participer à l’évolution de l’univers et de nous accomplir pleinement.

C’est ainsi qu’ayant vécu des événements difficiles dus à un manque d’affirmation de moi, j’ai pu réfléchir à mes valeurs et à mes agissements, apprendre beaucoup au sujet de l’estime de soi et créer un cours que j’ai enseigné de multiples fois et qui a servi de base à un cours donné dans les maisons pour femmes battues. Ma souffrance a pu être acceptée parce qu’elle a servi à me faire grandir et à faire grandir les autres.

L’aide la plus efficace pour les alcooliques est l’association AA où les anciens alcooliques témoignent de leur expérience et aident ceux qui sont encore aux prises avec le problème. Ce stade où j’aide les autres à profiter de mon apprentissage est vraiment l’aboutissement de la démarche de guérison. Un deuil ou un apprentissage n’est pas terminé tant que je ne peux pas voir le cadeau qu’il m’apporte et le transmettre aux autres.

Au stade un, on subit le problème, au stade deux, on guérit le problème, au stade trois, on utilise le problème comme tremplin pour acquérir plus d’amour, plus de compassion, plus de connaissance de soi, des autres et de l’univers.

Est-ce à dire que seule la souffrance nous fait évoluer? Non, la souffrance seule ne produit rien. Ce qui nous fait évoluer, c’est la sagesse, la réflexion, l’apprentissage, le dépassement auquel la souffrance nous pousse. Et cet apprentissage pourrait se faire avec moins de souffrance si nous avions la sagesse de prendre le temps de méditer, d’être présent à nous-même, de réfléchir sur nos expériences et sur celles des autres.

Je peux décider de changer d’alimentation parce que j’ai le diabète. Je peux décider de changer d’alimentation parce que la santé est une valeur que je choisis de vivre ou que j’ai pu apprendre ou observer l’importance d’un style de vie sain. Je peux être amputé des deux jambes à cause du diabète et malgré tout ne pas choisir de me préoccuper de ma santé. Ce n’est pas la souffrance qui sauve. La souffrance n’est que l’aiguillon qui me pousse à une prise de conscience et à un dépassement et je peux la subir sans en tirer de leçons. Bouddha a atteint la sagesse en méditant sur les souffrances des autres.

Les gens heureux sont des gens qui font le choix de se regarder, de regarder leur vie et de vivre en fonction de valeurs auxquelles ils croient profondément. Ce sont des gens qui choisissent de s’ouvrir, d’accueillir la vie telle qu’elle est, de lui donner un sens, de s’ouvrir à l’amour. Les gens heureux sont des gens pour qui le cheminement intérieur et la réflexion sont aussi et souvent plus importants que le cheminement extérieur et la réussite. Et, encore une fois, je termine par mes petits conseils sur l’acquisition de cette attitude de spiritualité :

  1. La spiritualité, c’est la capacité de donner un sens à ce qui nous arrive. C’est un travail qui demande réflexion, conscience et sagesse.
  2. Nous ne sommes pas seuls, l’univers est rempli d’amour et de vie, nous pouvons contacter cet amour (en nous) : prière, méditation, …
  3. Tous les hommes sont nos frères, nos sœurs, nos parents, nos enfants. Nous sommes liés et reliés à tous. L’amour est guérisseur autant pour celui qui le donne que pour celui qui le reçoit.
  4. Tout ce qui nous arrive a un sens dans une perspective plus large que notre perspective humaine immédiate.
  5. Tout est apprentissage et apprentissage de l’amour.
  6. Il y a à l’intérieur de vous une zone de paix, d’amour inconditionnel et de grande sagesse. Votre âme est le chef d’orchestre et vous parle par la voix du cœur.
  7. Tout est parfait. Tout est choix.
  8. Prenez le temps d’arrêter, de méditer. Quelles sont vos valeurs? Quel sens voulez-vous donner à votre vie? Qu’êtes-vous venu faire sur la terre?
  9. Soyez lumière et partagez votre lumière. Soyez heureux et partagez votre bonheur.

Choisir le bonheur

« Pour celui qui vit sans attachement, tout est joie. »

Une des conditions très importante du bonheur est le non-attachement. L’acceptation des choses, des gens, des événements tels qu’ils sont. L’acceptation de vous-même tel que vous êtes.

Le non-attachement n’est pas synonyme d’indifférence, de détachement ou de passivité. Le non-attachement signifie passer de l’exigence à la préférence. Je préfère avoir de l’argent, mais je n’exige pas d’en avoir pour être heureuse. Je préfère être aimée et appréciée, mais je n’exige pas, je n’ai pas un besoin absolu de l’amour et de l’appréciation des autres pour m’aimer, m’apprécier et être bien avec moi-même.

Le non-attachement signifie aussi vivre dans le moment présent et non pas dans le passé ou dans le futur. Vivre non pas dans l’inquiétude de ce que seront les résultats dans le futur, mais dans la joie du présent. Par exemple, lorsque j’enseigne, j’investis à cent pour cent dans le processus et je lâche prise complètement quant au résultat. Je peux ainsi être totalement relaxée pendant que j’enseigne parce que je suis totalement dans l’amour de donner un cadeau aux étudiants et non dans l’inquiétude de : « Qu’est-ce qu’ils pensent de moi? ». « Est-ce que ma matière passe vraiment? ». « Sont-ils d’accord avec moi? ». Bien sûr, je suis ouverte aux feed-back pour m’améliorer, mais sans culpabilité par rapport au passé : j’ai donné le plus que je pouvais donner à ce moment et dans ces circonstances. Si mon passé n’est pas ce que j’aurais voulu qu’il soit, je peux tout simplement faire des choix nouveaux et plus productifs.

Dans son livre Learning through mastery, Georges Leonard, maître en Tai Chi, raconte l’expérience suivante. Les athlètes qui se fixaient des objectifs et y tenaient avec trop d’attachement vivaient les expériences suivantes : ils devenaient tendus, stressés, performaient souvent moins bien et se blessaient plus fréquemment parce qu’ils avaient forcé la note. Les athlètes qui se détachaient des résultats (les désirant ou les préférant, mais sans les exiger) avaient de meilleurs résultats.

Georges Leonard leur disait : « Ne forcez pas. Soyez complètement là. Expérimentez chaque moment aussi complètement que vous le pouvez. Soyez absorbés par ce que vous faites, restez dans le moment présent ». Et il déclarait que les athlètes atteignaient une autre ceinture ou dépassaient un plateau presque même sans y avoir pensé.

Ce qui veut dire soyez corps, âme, esprit dans tout ce que vous entreprenez. Vivez dans le moment présent et non dans l’inquiétude de ce que seront les résultats. Ne soyez pas attaché aux fruits de vos labeurs.

Ne soyez pas non plus attachés à ce que les gens ou les événements soient d’une certaine manière. N’essayez pas que le monde soit différent de ce qu’il est ou les autres différents de ce qu’ils sont. Acceptez les gens et les choses comme ils sont et même votre désir de les améliorer, acceptez-le. Vous avez peu de pouvoir pour changer les autres, vous avez tout pouvoir pour changer votre attitude et vos réactions face aux autres.

J’ai vu tellement de clients travailler d’arrache-pied à changer un conjoint ou un patron et se trouver déçus des résultats alors que lorsqu’ils décidaient de se changer eux-mêmes, les résultats dépassaient toute attente. Je me souviens de cette cliente dont le patron avait une attitude de discrimination. Nous nous sommes fixés comme objectif de l’aider à développer sa confiance en elle, son estime de soi, son affirmation et d’oublier de changer le patron. La fin de l’histoire? Elle s’est retrouvée patronne de son ex-patron.

Au niveau personnel, vous pouvez laisser aller votre attachement à être validé, approuvé par les autres. Vous n’avez pas besoin de leur approbation. Ma cliente aurait pu faire des pieds et des mains pour obtenir l’approbation de ce patron qui méprisait les femmes. Elle y aurait perdu son temps, son énergie, sa confiance en elle et sa joie de vivre. Mettez plutôt votre énergie à vous aimer et à vous approuver vous-même. Vous êtes votre propre juge, l’autorité en ce qui concerne ce qui est bon pour vous. Vous pouvez écouter votre voix intérieure, vous êtes sage. Reprenez votre pouvoir et agissez à partir de ce que vous pensez de façon aimante et douce pour vous et les autres.

Lâcher prise aussi face aux jugements. Jugements face à soi et jugements face aux autres. Rien ne manque. Tout est parfait. Tout est apprentissage.

Peut-être avez-vous des comportements que vous n’aimez pas. Au lieu de les voir comme des déficiences, voyez-les comme des choix que vous avez faits à partir de l’expérience et des connaissances que vous aviez à ce moment-là. Et s’ils ne vous plaisent plus, dites-vous : « Je vais faire de nouveaux choix à partir de maintenant ». Ne pensez pas à vous-même comme imparfait. Il n’y a pas d’erreur, uniquement des choix que vous avez faits en chemin, qui vous ont donné de l’expérience, permis d’apprendre et vous permettent maintenant de faire de nouveaux choix plus productifs.

Ne portez pas non plus de jugement sur les autres. Vous ne savez pas quel passé ou quelle souffrance justifie leur comportement. Peut-être serions-nous pires si nous avions vécu la même chose. Acceptez les autres tels qu’ils sont pour votre propre bonheur. Les autres sont ce qu’ils sont. Ils sont des maîtres qui nous enseignent. Cependant, le non-jugement n’empêche pas le discernement. Le jugement, c’est donner une valeur, dire : « Ceci est bon, ceci est mauvais ». Qu’en savez-vous? Le discernement, c’est dire : « Je veux ceci ou cela dans ma vie » ou « Je ne veux pas ceci ou cela dans ma vie » et de cela, vous êtes les maîtres absolus.

Pardonnez-vous, pardonnez aux autres. Nous pouvons atteindre la sérénité à travers le processus de pardon. Et le pardon devient encore plus facile quand on comprend qu’il n’y a pas besoin de pardon. La vie nous donne des cadeaux ou des leçons. La réponse est : « Merci! » ou « Merci, j’ai appris! ». À condition de ne pas blâmer ou se révolter, mais se demander : « Qu’est-ce que je peux apprendre de cela? ».

Une autre forme de non-attachement importante (surtout pour les parents et les thérapeutes) est le non-attachement à sauver les autres de leurs problèmes. Vous pouvez aider les autres sans prendre les autres sur votre dos. Vous pouvez sentir amour et compassion et ne pas être responsable de l’autre et de ses décisions. Vous pouvez lâcher prise sur votre attachement à voir cette personne changer. Parfois, c’est même votre attachement à la voir changer qui la pousse à ne pas changer. Dites-lui : « Tu es libre. C’est correct de rester exactement comme tu es ou comme tu désires être ». Focalisez sur les qualités de cette personne et non sur ses fautes. Et de nouveau, usez de discernement non pas pour dire : « Je dois l’aider, je veux la sauver », mais avec non-attachement : « Comment puis-je lui transmettre mon amour et quelles sont mes limites? ».

Le non-attachement est la capacité de voir l’impermanence de toute chose. Tout est parfait et tout est en évolution. Si, comme les moines bouddhistes, je vois le verre dans ma main comme déjà cassé, je suis pleine de gratitude pour chaque moment où il continue à me servir à boire.

Le non-attachement nous permet de profiter à plein de chaque moment, de chaque personne, de chaque circonstance. Pour celui qui n’est pas attaché, tout est grâce, apprentissage, un perpétuel « happening » dont nous pouvons faire ce que nous voulons.

Et comme d’habitude, ma petite liste de conseils :

Non-attachement :

  1. Pardonnez à vous-même et aux autres dans le passé, dans le présent et dans le futur.
  2. Focalisez sur le processus, détachez-vous des résultats, ils ne vous appartiennent pas.
  3. Vivez dans le moment présent et n’essayez de contrôler ni les gens, ni le futur, ni vous-même.
  4. Ne prenez pas en charge le bonheur des autres, vous pouvez vivre amour et compassion sans vous les mettre sur le dos.
  5. Détachez-vous de votre besoin d’approbation des autres, vous êtes toute l’approbation dont vous avez besoin.
  6. Laissez aller votre attachement à ce que les gens et les circonstances soient comme vous le désirez, vivez avec ce qui est et profitez-en. Acceptez les choses et les gens comme ils sont.
  7. La haine est un poison pire que le cancer. Envoyez de l’amour même à vos ennemis et l’univers vous enverra de la joie en retour.
  8. Ne jugez pas les gens, acceptez les autres tels qu’ils sont pour votre propre bonheur.
  9. Ne vous attachez pas aux objets. Aimez-les dans le moment présent sans avoir besoin de les posséder. Admettez les richesses matérielles dans votre vie, mais non dans votre cœur.
  10. Sachez que le monde est parfait tel qu’il est, à chaque instant, ne vous attendez pas à ce que la vie soit d’une certaine façon.
  11. Détachez-vous de vos : sensations, opinions, croyances, projets, émotions, pensées. Soyez convaincu de l’impermanence de toutes ces choses.
  12. Le pardon nous permet d’atteindre la sérénité et la joie. À la limite, il n’y a même pas besoin de pardon. Les autres sont ce qu’ils sont. Ils sont des maîtres qui nous enseignent.

Vers la découverte de la mission de vie

Pourquoi ce besoin soudain de connaître sa mission de vie? Le sujet devient en effet, de plus en plus populaire. Toutes les librairies affichent maintenant, parmi les livres à grand tirage, des ouvrages portant sur la mission personnelle. Est-ce là, la nouvelle marotte des baby-boomers?

Selon Jean Monbourquette, auteur d’À chacun sa mission, le questionnement sur la mission de vie est le propre des jeunes adultes autant que celui de ceux traversant le mitan de la vie.

James Hillman, psychologue de formation jungienne et auteur de plusieurs ouvrages psychologiques s’intéresse aussi au sujet. Il écrit dans Le code caché de votre destin, « De tous les temps, les êtres humains se sont interrogés sur le sens à donner à leur passage sur terre ». Pour lui, chaque personne possède à la naissance le ferment de ce que sera son destin, ce mystère invisible qui devient le caractère et la personnalité, comme le gland devient chêne. C’est sûrement aussi dans ce sens que Jean Monbourquette dit de la mission, qu’elle est incontournable. Elle nous poursuit inlassablement et la vie nous place dans les situations nécessaires pour que se produise le questionnement sur le vrai sens de la vie.

Nicole Gratton, grande spécialiste québécoise de l’interprétation des rêves résume bien l’essence de ce questionnement, dans son livre Découvrez votre mission personnelle : « Quand notre vie a un sens et se déroule selon un plan harmonieux, nous ressentons le plaisir d’exister. Nous expérimentons alors la joie de collaborer au bien-être de ceux qui nous entourent. Les mots-clés pour y parvenir sont : talent, passion et contribution ».

Voilà un énoncé qui semble fort simple, mais la réponse peut parfois devenir une véritable énigme. C’est pourquoi certaines personnes ne peuvent y répondre et passent complètement à côté de leur mission de vie. Tous ces auteurs qui ont écrit sur la mission de vie se sont donc interrogés sur le processus ou la démarche à entreprendre pour découvrir et éventuellement accomplir sa mission de vie.

Il en ressort trois grandes étapes comme dans tout processus de changement. La première étape sera celle du lâcher-prise ou du détachement d’une période passée. « Toute transition commence par l’achèvement d’une période. » Nous avons à nous séparer d’avec le passé avant de pouvoir entrer dans du nouveau, et cela, non seulement en produisant des changements à l’extérieur de nous-mêmes, mais surtout à l’intérieur, dit Jean Monbourquette.

Une analyse des malaises, maladies, opérations ou même des accidents du passé nous révèle généralement un ou deux « conflits de base ».

Cette prise de conscience permet alors de couper avec des habitudes, des comportements ou des croyances qui ne nous appartiennent pas vraiment ou qui ne nous correspondent plus aujourd’hui. Hors, nous savons que la prise de conscience, et surtout le dépassement de ce conflit de base, est un élément essentiel dans l’accomplissement de sa mission de vie. Il existe cependant plusieurs façons de dépasser le conflit de base, et c’est dans l’exercice de la deuxième phase du processus, la période de la marge, que l’on découvre qui l’on est vraiment et ce qui nous fait vibrer. L’expérience a démontré le lien étroit entre le dépassement du conflit de base et les passions individuelles. C’est une période maquée par un travail d’intériorisation, de recherche du soi dépouillé de tous ses rôles et responsabilités sociales. Nous l’appelons aussi la période de l’entre-deux.

La troisième et dernière phase est donc celle où l’on rassemble tous les morceaux du casse-tête et où l’on voit émerger la mission de vie. Pour certains, ce sera la confirmation qu’ils sont dans la bonne voie; ils accompliront donc leur mission dans une plus grande compréhension du pourquoi de leur existence. Ils verront peut-être émerger une attitude nouvelle ou sentiront le besoin de se spécialiser. Pour d’autres, le changement sera plus radical et nécessitera un plan d’action et le temps nécessaire pour y arriver, animés qu’ils seront d’une énergie et d’une volonté nouvelle.

Ce sentiment de mieux se comprendre et mieux se connaître est à la fois libérant et énergisant. C’est probablement à ce phénomène que faire référence Carole Adrienne dans son livre Votre mission de vie, lorsqu’elle rapporte une citation de Joseph Jaworski : « J’ai découvert que les gens n’ont pas vraiment peur de mourir : ils ont plutôt peur de ne jamais avoir vécu, de ne jamais avoir pris en considération leur mission supérieure dans la vie et de ne jamais avoir emboité le pas à cette mission ni d’avoir au moins essayé d’apporter leur contribution au monde ».

Découvrir sa mission de vie, c’est donc donner un sens à sa vie, c’est vivre en harmonie avec soi-même, c’est être à l’écoute des besoins de son âme tout en contribuant au bonheur de ceux qui nous entourent…

Le ménage du printemps

L’écriture est un mode d’expression, parmi d’autres arts comme la musique, la danse, le théâtre et la peinture.

Personnellement, j’ai eu recours, et utilise encore parfois, l’écriture comme outil de thérapie, bien que d’autres techniques m’apparaissent aussi très bénéfiques. Dans mon cas, l’activité physique a d’ailleurs souvent exercé un effet thérapeutique. Une judicieuse combinaison de ces deux activités produit d’excellents résultats, selon ce que j’ai pu observer. Pour ma part, j’essaie de transférer le souffle et la discipline, développés dans l’entraînement de triathlon, à l’écriture de mes romans.

Peu importe ce qu’on couche sur le papier, peu importe l’histoire qu’on raconte, l’acte d’écrire comporte en lui-même, dès sa genèse, un effort de structuration des idées, des thèmes et des faits qu’on désire aborder. C’est un peu comme si nous faisions un ménage du printemps, dans toutes nos idées, qu’en pensez-vous?

J’ai eu l’occasion, à maintes reprises, de le faire, avant même que ce soit en vue d’écrire des romans! Le but poursuivi? Parvenir à mettre en mots mes pensées douloureuses. Voici quelques exemples.

Il y a vingt ans, j’échouais certains cours à l’université, entre autres en raison de difficultés rencontrées avec l’un de mes professeurs. J’aurais aussi bien pu décrocher au secondaire pour des raisons semblables et, avec le recul, je pense que je peux comprendre les jeunes qui le font! Parfois, la motivation pour l’apprentissage se développe à l’aide de liens émotifs qui se tissent entre l’enseignant et ses élèves. Il arrive parfois que ces derniers parviennent à se débrouiller seuls, galvanisés par leur propre curiosité et leur envie d’apprendre. Moi, j’étais simplement trop « sensible », je crois, par rapport à l’ensemble des élèves, et certaines émotions négatives me perturbaient dans mon cheminement académique. J’avais donc consulté un psychologue à ce sujet.

Ce spécialiste m’avait demandé d’identifier certaines situations où je me sentais « comme une merde », à cause de ce professeur. Par exemple, quand je voyais, au tableau, la note (D) qu’il m’avait attribuée : je ressentais de la colère, de la peur, voire un désir de représailles…

J’ai donc dû revenir chez moi et, dans la soirée ou quelques jours plus tard, faire un exercice d’introspection, et de mise en ordre de ces situations, des pensées et sensations s’y trouvant associées. Je jouais un peu au détective avec moi-même. Le critère guidant cet exercice? L’authenticité. Faire l’effort d’identifier la nuance, le caractère unique de ma situation. M’accorder le droit de laisser surgir des sentiments sans me juger ni redouter le jugement des autres. Par la suite, le psychologue m’avait suggéré de reprendre ce genre d’exercice quotidiennement, de repérer des situations où je me sentais ainsi, et de chercher à comprendre pourquoi.

Je devais donc me discipliner à écrire tous les jours, suivant une forme d’engagement, afin de valider ou de préciser ce que j’avais tout d’abord exprimé oralement au psychologue. Je faisais aussi l’inverse : reformuler verbalement ce que j’avais écrit quelques jours plus tôt. À bien y penser, il me semble que ce genre d’aller-retour révélateur se produit aussi en SLAM poésie, une pratique artistique que j’affectionne, et qui constitue à mon avis une thérapie mixte : orale et écrite.

Un tel va-et-vient m’a souvent aidé à découvrir l’origine de sentiments négatifs, et à envisager des solutions aux problèmes qui les généraient.

L’aventure de structuration de mon premier roman

Pour les futurs auteurs qui lisent cette chronique, cette section peut s’avérer utile. Tous connaissent le fameux syndrome de la page blanche, devenu presque un cliché dans les films mettant en vedette des romanciers. Ce mythe suggère que le roman s’écrit sans réaliser aucune structure préalable, spontanément, au gré d’une inspiration aléatoire.

La réalité s’avéra pourtant bien différente pour moi. La première mouture de mon roman a plutôt été bâtie en puisant aux multiples journaux personnels accumulés depuis une vingtaine d’années. Elle représentait une matière brute, un livre qui n’aurait pas nécessairement pu séduire une maison d’édition sous cette forme-là.

N’arrivant pas à terminer mon roman, je me suis contraint à soumettre mes 250 pages au regard aiguisé d’une spécialiste qui aide les auteurs à écrire. Si la première partie de la thérapie – la catharsis – avait eu lieu lors de mon premier jet, la deuxième – la confrontation avec le réel – s’amorçait. Soumis au scalpel d’une spécialiste en écriture, mon texte a été amputé, opéré à cœur ouvert. J’ai dû piler sur mon orgueil, mettre mon ego de côté.

Apprendre qu’on n’a pas le contrôle sur ce qui peut plaire ou non aux autres, apprendre à faire confiance à quelqu’un, se faire rappeler qu’on n’est pas parfait… ça ressemble à une thérapie, non? Pourquoi me soumettre à cette nouvelle épreuve?

Je voulais publier à tout prix! Il me fallait donc prendre les moyens nécessaires pour y parvenir. Oui, il existe sûrement des génies qui créent des chefs-d’œuvre sans l’aide de spécialistes. Mais je ne suis pas de ceux-là. Je connais mes limites. Tiens, j’allais oublier un autre des bénéfices de la thérapie : identifier ces fameuses limites, si personnelles à chacun! Après tout, qui n’a pas de limites? Par ailleurs, nos limites font partie de nous, nous n’avons pas le choix.

J’espère vous avoir donné un avant-goût des bénéfices de l’écriture en tant qu’outil de débroussaillage psychologique; bon ménage du printemps!

L’évolution intérieure : osez changer!

« Tout va tellement vite, je n’arrive plus à suivre! » Combien d’entre vous avez entendu ou dit cette phrase dans la dernière année? Du moins, soyez assuré que vous n’êtes pas seul! On a beau vouloir ralentir le rythme, il semble qu’il y ait toujours plus à faire, plus de défis, plus de demandes, plus de gens à rencontrer et, bien qu’invraisemblable, moins de temps pour y arriver. Il ne fait aucun doute que nous sommes à l’aube d’une ère nouvelle; nous vivons une période de grands changements. Tout autour de nous l’indique. Songeons aux nombreux revirements économiques, aux changements climatiques et à l’augmentation des désastres naturels qui ont frappé la planète ces dernières années.

Mais voilà, à force de vouloir suivre cette cadence effrénée, l’individu en vient à s’épuiser, à se décourager, puis finalement à se questionner à savoir où cette vie de folie le mène et si cela en vaut la peine. Les gens sont de plus en plus nombreux à vouloir reprendre le contrôle de leur vie. Les consultations avec les psychologues et les coachs de vie se multiplient, la popularité des cours comme le yoga et le Reiki augmente; chacun cherche à ralentir le rythme, à se libérer de sa souffrance physique et morale, à retrouver son estime de soi. Parfois, sans s’en rendre compte, cette recherche de bien-être devient une quête qui envahit chaque instant de la journée et occupe tout le temps libre. Finalement, à vouloir se sentir mieux à tout prix, la personne est prise au piège dans un tourbillon qui la mène vers encore plus de fatigue, de stress et d’angoisse. Mais comment faire pour s’en sortir?

Prisonnier d’une agitation incessante, on en arrive à se perdre soi-même. Le jour où on en prend conscience, bien déterminé à se retrouver, on cherche partout excepté à l’intérieur de soi. Pourtant tout est là, juste là, à la portée de chacun! Oublions le capharnaüm qui nous entoure et prenons la résolution de se reconnecter à soi, à notre âme, à nos désirs profonds. Il y a beaucoup à parier que plusieurs personnes ne savent même pas ce qu’elles désirent profondément, ni, en fait, ce qu’elles attendent vraiment de la vie.

Toute notre vie, nous avons suivi un chemin préalablement tracé par nos parents, par les gens de notre profession ou par les évènements tels qu’ils se présentaient. Comme l’histoire de l’éléphanteau qui, dès sa tendre enfance, est contraint à rester en place en attachant une de ses pattes avec une grosse chaîne qu’il n’arrive pas à faire céder malgré ses nombreux efforts. Il a été programmé à croire qu’il ne peut pas s’évader. En vieillissant, le moindre tiraillement à sa patte lui rappelle qu’il est prisonnier et il ne cherche plus à s’échapper. L’éléphant adulte accepte d’être retenu par une petite chaîne reliant sa patte à un piquet, alors qu’il a en réalité la force nécessaire pour arracher des arbres. Tout comme lui, l’être humain est devenu une créature d’habitude qui mime ses parents et ses pairs alors qu’il a un potentiel inné illimité.

De plus, la peur fait fréquemment partie de cet apprentissage, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur du manque, la peur de la maladie. Même quand on prend conscience que l’on suit les mêmes patterns, il est parfois difficile de les changer; on ne sait tout simplement pas comment faire autrement. Il est plus facile de continuer comme on l’a toujours fait, et comme l’éléphant, de rester figé dans nos vieilles croyances avec nos vieilles blessures.

Puis vient le jour où on décide de prendre sa vie en main et de la transformer.  On peut choisir de le faire en douceur; inutile de tout bousculer pour ensuite se décourager. La gratitude est un merveilleux endroit où commencer, car chacun d’entre nous a une raison d’être reconnaissant si ce n’est le fait d’avoir un lit où dormir, des jambes pour marcher ou une voix pour s’exprimer. Dire merci occasionne un sentiment heureux, apaisant et bienfaisant. De là, la loi d’attraction se met en branle. Tout est énergie. Une vibration en attire une autre, puis une autre et à un moment donné, la personne se rend compte qu’il y a beaucoup de belles choses autour d’elle. Quelques irréductibles vous diront que ça ne peut pas être si simple. Faites-en l’essai! Offrez un sourire à quelqu’un et la majorité du temps, il vous reviendra. Par contre, si vous êtes de mauvaise humeur et que vous le laissez savoir en étant intransigeant et rouspéteur, remarquez que c’est ce que vous vous attirerez ce jour-là.

Pour se créer une nouvelle vie et évoluer intérieurement, certains changements seront de mise. Par exemple, au lieu de focaliser sur ce que vous n’avez pas, apprenez à être reconnaissant pour ce que vous avez déjà et à rêver de ce que vous voulez vraiment, jusqu’à en ressentir l’effet que cela vous procurera. Si à elle seule cette pensée vous donne une sensation de bien-être, continuez sur ce chemin. Si par contre, elle vous ennuie ou vous irrite, oubliez-la et passez à autre chose. Le ressenti du bien-être est un indice remarquable qui vous fait sentir que vous êtes sur la bonne voie. Au lieu de ressasser les mille malheurs qui pourraient poindre, pourquoi ne pas imaginer quelque chose qui vous fait vibrer intensément! Alors rêvez! Rêvez grand!

La folie c’est de croire qu’en faisant toujours la même chose on puisse arriver à un résultat différent. (Albert Einstein, 1879-1955)