La confiance… ou la foi

La réalisation du Soi représente le but ultime du cheminement personnel. Toutefois, le décou­ragement peut menacer à ses heures si la croyance est que ce cheminement doit se dérouler dans la joie, la paix et la facilité à chaque instant. 

La facilité peut, de fait, se créer d’un instant à l’autre. Elle produira ces moments de joie et de paix qui facilitent le cheminement dans toutes situations parce qu’indéniablement même l’être éveillé qui cultive l’harmonie en toute chose traverse des périodes  difficiles. Inutile de se cacher la vérité. Lui aussi perdra des proches, sa conjointe ou son conjoint ou son emploi, son adolescent vivra des périodes difficiles, et
la liste pourrait être sans fin.

L’impression d’avoir perdu son chemin ou d’avoir cessé d’avancer est l’une des périodes difficiles du cheminement personnel. Et cela se produit pour tous. La période peut être très courte, mais aussi très longue, en temps terrestre, selon le degré de confiance que l’être aura en lui-même et en toute personne ou être subtil.

Comment avoir confiance que tout s’arrangera et que le chemin s’éclairera facilement et rapidement? C’est là que le jeu commence et, sans le jeu, comment s’amuser à avoir confiance en soi et en ses possibilités? Comment faire confiance à ceux à qui on avait accordé sa confiance? La confiance est aussi la foi, la foi que tout est possible et que l’être humain a le potentiel infini de créer les possibilités qui lui serviront à retrouver son chemin. 

Cette citation de Martin Luther King Jr. illustre bien jusqu’où la confiance doit aller : « La foi, c’est faire le premier pas même quand vous ne voyez pas tout l’escalier. » (traduction libre)

La foi, c’est croire aux intuitions et aux inspirations qui nous parviennent quand nous choisissons d’écouter, de voir et de ressentir les mouvements et vibrations qui nous entourent. C’est aussi ça le pouvoir de cocréer, car il ne faudrait pas croire que nous sommes seuls sur la route. Il y a ces êtres en qui nous avons accordé notre confiance, qu’ils soient humains ou non. On ne peut croire à moitié que ces êtres nous soutiendront. Avoir la foi et accorder sa confiance se fait de façon perma­nente et à temps plein.

Je sais bien que parfois on peut avoir l’impression que rien ne bouge, que l’aide ne vient pas. Et si ce n’était qu’une illusion? Si vous bougiez tout simplement autrement et que l’aide reçue se présente de façon différente de ce à quoi vous vous attendiez?

Même lorsque l’être a l’impression de ne plus cheminer et de ne plus savoir comment atteindre ses buts, il est sur la bonne route. Pour y croire, il faut avoir confiance. Pour avoir confiance, il faut développer cette faculté. Pour la développer, il faut expérimenter. Et ma façon d’expérimenter, c’est le jeu. Je me suis donc amusée à vérifier mes intuitions et inspirations. Cela permet de faire différencier une idée d’une intuition. Prenons un exemple simple où votre regard est attiré vers un lampion au moment de sortir d’une pièce alors qu’il y en a plusieurs qui sont allumés. Vous avez le réflexe de l’éteindre, mais vous ne le faites pas vous disant que vous serez de retour dans une vingtaine de minutes. Dix minutes plus tard, le détecteur de fumée se met à hurler. Vous retournez dans la pièce et vous voyez que le lampion a mis le feu au contenant plastifié. Il s’agissait d’une intuition, et il fallait éteindre ce lampion avant de sortir même si rien ne laissait croire qu’il allait mettre le feu. Les intuitions sont souvent aussi banales que celle-là.

Soyez créatifs et faites confiance à vos intuitions. Qui sait jusqu’où elles vous mèneront.

L’alchimie spirituelle

Dans la conception populaire, l’alchimie est une science hermétique visant la fabrication du « grand œuvre », ou pierre philosophale, dont la propriété est de transformer les métaux vils en or précieux. Un autre but est la recherche de la Panacée, élixir d’immortalité. Ancêtre de la chimie moderne, l’alchimie tente d’appréhender la nature et d’en contrôler les états fluctuants par divers procédés complexes relevant plus de la magie que de la science.

On identifie des idées et des pratiques de type alchimique depuis plus de 2 500 ans, et ce, aux quatre coins du monde, y compris en Chine et en Inde. L’alchimie occidentale voit le jour en Égypte vers l’an -100. Plusieurs traditions philosophiques en sont issues au cours du Moyen Âge, donnant naissance aux mythes que l’on connaît aujourd’hui. Au-delà­ de l’apparente complexité de la recherche alchimique, le fil conduc­teur en reste le souci d’unifier des principes à prime abord disparates et chaotiques en un tout glorifié, purifié et divinement organisé.

Outre l’étude des astres, des plantes médicinales et des éléments, l’alchimie se penche spécialement sur les archétypes masculin (le mercure) et féminin (le souffre) en relation avec un élément neutre et stable (le sel). L’alchimie est fonda­mentalement un processus de séparation, de transformation et d’intégration. En opérant sur la Materia Prima (matière première), on en isole les matériaux bruts qui seront à leur tour purifiés, puis réunifiés en un Magnum Opus. La réciprocité des opposés est un thème prédominant : en étudiant la nature du monde extérieur, on contemple en fait notre nature intérieure. En appréhendant le microcosme, on donne un sens au macrocosme.

En effet, un symbole très répandu de la tradition égyptienne et qui s’apparente directement à l’étude alchimique est le caducée (ou bâton d’Hermès, symbole présent dans un nombre incroyable de civilisations et encore très répandu de nos jours comme emblème du corps médical). Représentées dans le caducée, les polarités sont parfaitement équilibrées. Circulant librement le long d’un bâton central (représen­tant la colonne vertébrale) et se croisant en différents points pour finalement atteindre le sommet, parfois représenté par une pomme de pin (glande pinéale), ces serpents atteignent leur apogée s’ouvrant sur une paire d’ailes (symbole de l’illumination). En effet, même dans la tradition hindoue, l’énergie vitale de la Kundalini, également symbolisée par un serpent dormant enroulé à la base de la colonne (Sushumna), une fois élevée à travers les chakras (centres énergétiques du corps), est attribuée à l’éveil spirituel du yogi.

Caché dans une pléthore de symbo­les et de procédures plus ésotériques les uns que les autres, se dévoile peu à peu le sens profond de la recherche alchimique. En étudiant la purification de la matière, l’initié accomplit à son insu une toute autre transmutation : celle de son âme. En plongeant au cœur de la matière, il est finalement témoin de lui-même.

L’alchimiste véritable est donc un chercheur contemplatif versé dans la science de la transformation personnelle et dans l’art de la magie intérieure. L’alchimie est en fait une interprétation alternative, spirituelle­ et philosophique de la vie, qui en englobe de manière holistique les aspects physiques, émotionnels et mentaux. Elle est une vision du monde profonde et élégante, toujours d’actualité dans la vie contemporaine.

L’alchimie spirituelle est une grande expérience que vous effectuez sur vous-même avec introspection critique et inquisition objective afin de découvrir votre nature profonde ainsi que de vous guérir vous-même à tous les niveaux.

Au final, l’alchimie est une voie accélérée pour la maîtrise et la réalisation de Soi.

Le Cheminement Autoral en tant que Voie d’Éveil

De nos jours, peut-être comme jamais auparavant, pour beaucoup d’entre nous le besoin de bien-être et de bonheur ne rime non seulement avec la réalisation de Soi et du sentiment de se sentir justement positionné dans le moment présent, mais vibre avec une quête d’infini, là où l’Âme s’apaise, le cœur rentre en résonance, la pleine conscience vit de synchronicités entre collaboration et partenariat.

C’est bien là le besoin de s’ouvrir à cette vie profonde et réussie, à la fois intime et cosmique, à entendre ses appels, qui conduit à chercher un sens unifiant, décisif et fondamental, ainsi que des liens à l’existence. Ce cheminement s’accompagne donc d’une élévation de son niveau de conscience, d’une disponibilité aux exigences intérieures, un radical affranchissement du matérialisme, une orientation de sa vie en fonction d’un absolu qui peut prendre la forme d’une cause sociale ou politique, d’une recherche du beau, du bon, du juste et du vrai, d’un service à l’humain, entre humains en étant partenaires tout en étant fondamentalement Soi.

Cette métamorphose nécessite donc de puiser dans ce spirituel qui dépasse l’ordre des considérations purement utilitaires et immédiates, celles de l’acteur et du système, pour accéder au domaine de l’altruisme et de la réalisation de Soi, de la cohérence et de la liberté intérieure, de la contemplation mais aussi de la croissance et de la confiance. Cette démarche est celle de l’Auteur, Auteur de sa Voie, qui incarne les passages du dépassement de Soi à la reconnaissance du plus grand que Soi. Mais qu’est-ce qu’être Auteur et pourquoi cela est-ce si primordial?

Les linguistes disent que le concept « d’Auteur » vient « d’autorité », et sa racine latine est « Auctor ». Selon eux, un Auteur est une personne qui œuvre, qui crée du nouveau : une relation, un langage, un état d’être, une réalité, un produit, une tonalité. L’autorité vraie, celle de l’auteur, ne découle donc pas d’un statut (simple autorité légale selon le modèle bureaucratique); elle ne provient pas non plus d’une expertise technique (la connaissance du solfège ne suffit pas pour composer une œuvre) ni d’actions dans un système (en référence à Crozier et Friedberg, 1977).

Elle prend sa source dans l’attitude (Habermas, 1986), l’intention et la pleine conscience (Rosenberg, 2007) d’une personne qui rompt avec les prévisions d’un système établi, dans ses facultés à se réaliser dans des expériences optimales, à collaborer et à communiquer avec son environnement, (Csikszentmihalyi, 2004), mais aussi devenir un leader dans un référentiel intégral tel que proposé par Hatala et Hatala (2000).

Or dans le cadre d’un monde en perpétuelle transition, si « prévoir » consiste à voir avant, et si « prévenir » c’est agir avant même de connaître (c’est-à-dire pour chaque personne dans son environnement, sans autre référence à une hiérarchie fonctionnelle ou opérationnelle, ni à un statut socioculturel et professionnel particulier), « l’état d’être » d’Auteur, c’est-à-dire d’exprimer le « Quantum Autoral » (Kauffmann, 2013), c’est puiser dans les caractéristiques du paradigme du leadership Quantique (Erçetin et Kamact, 2008) et générer une ascendance Autorale (Kauffmann, 2007).

Ces dernières sont essentielles en termes d’impacts, car elles permettent à l’Auteur de répondre aux exigences relationnelles, communicationnelles et partenariales au niveau :

  • prévisionnel (simulation de scénarios, avec objectifs, qualifications, contrôles et régulations) pour faire face aux aspects déterministes (notamment ceux de la maladie),
  • computationnel et de réseaux (batterie d’outils et d’exigences socioprofessionnels, d’obligation et de normes, d’activités stratégiques et de produits) pour faire face aux aspects interactionnistes traditionnels (pour répondre aux aspirations de transcendances),
  • du développement de conscience pour aborder les profonds changements dans les relations, avec Soi, mais aussi avec l’Autre, les organisations et la société (Senge, 1994; Senge, Scharmer, Jaworski et Flowers, 2005).

Ainsi être Auteur, c’est aussi et avant tout être responsable, établir des priorités et les communiquer, rechercher l’adéquation des moyens et des fins dans un développement soutenable, durable et équitable de Soi-même en collaboration avec l’Autre. C’est également s’impliquer par rapport aux objectifs personnels, sociaux et environnementaux (Augustin, 2010).

Mais comme le dit John Maynard Keynes pour dépasser la typologie de l’acteur dans son système, « les hommes d’action qui se croient parfaitement affranchis des influences doctrinales, sont d’ordinaire les esclaves de quelques théories passées… et la plus grande difficulté n’est pas pour les individus d’accepter de nouvelles idées, mais d’oublier leurs anciennes… » (Arena, 1993). Dès lors, pour réussir sa vie et être en santé il n’existe pas de meilleure Voie que celle de l’Autorat pour chacun de nous car elle nous recontacte avec ce qu’il y a d’essentiellement véritable en nous. Pour vivre et expérimenter le bonheur, nous avons tous besoin de liberté, de qualité authentique dans notre relation aux autres et au monde, mais aussi d’assumer entièrement le réel au-delà de nos peurs et de nos craintes, de nos insécurités et incertitudes.