Le savoir-faire et le savoir-être : où est la différence?

Pour moi, le plus important dans la vie ne se limite pas à ce que je fais. Il y a aussi l’état de conscience dans lequel je suis lorsque je fais quelque chose. Je m’explique : je fais du ménage, je conduis ma voiture et je prépare un repas. Trois exemples qui s’inscrivent dans le savoir-faire.

Le savoir-faire est la mise en application de ce que j’ai appris et de ce que je maîtrise; la manifestation, donc, de mes connaissances et compétences. Je sais comment faire le ménage, conduire ma voiture et préparer un repas.

Mais dans quel état de conscience suis-je lorsque je fais tout cela? Qu’est-ce qui m’habite pendant que je FAIS? Est-ce que je fais du ménage avec rage, frustration, apitoiement, découragement? Est-ce que je conduis ma voiture avec impatience et peur ou avec sérénité et paix? Est-ce que je prépare un repas dans la joie ou dans la colère?

Ces questions mènent incontestablement vers le savoir-être que j’explique de la façon suivante : quand je FAIS quelque chose, qui SUIS-je? Suis-je une personne frustrée, attristée, peinée, enragée, pessimiste ou une personne joyeuse, calme, optimiste, en paix? Quand nous vivons de la colère, nous SOMMES colère. Quand nous expérimentons la paix, nous SOMMES paix. Quand nous nous sentons joyeux, nous SOMMES joie.

Bref, un état de conscience est un ensemble d’émotions, de pensées et de réactions physiques résonnant les unes avec les autres et créant ainsi un tout cohérent. Il peut être lumineux comme la paix et la joie ou sombre comme la peur et la haine.

Il faut également comprendre que chaque état de conscience a une incidence sur nous. Un état de conscience négatif aura un effet non épanouissant, contraignant et non expansif qui fait baisser notre taux vibratoire et affecte notre système énergétique. Tandis qu’un état de conscience positif contribuera à l’épanouissement et à l’expansion de notre énergie et de notre aura.

Comme il serait agréable de toujours ÊTRE paix, amour, joie et sérénité! Sachez que c’est possible. Pour y arriver, il faut faire deux choses : cesser de refouler les émotions désagréables et faire taire, l’espace d’un instant, le cerveau masculin rationnel qui a tendance à dominer le cerveau féminin émotif. En réali¬sant ces deux choses, nous rendons possible une collaboration entre le féminin et le masculin.

Je terminerai en disant que je comprends qu’il est parfois inconfortable de ressentir certaines émotions, mais sachez que ce passage obligé est la porte d’entrée vers l’authenticité qui permet la transformation de nos souffrances en lumière. Et, de grâce, ne vous sous-estimez pas. Sachez que le Divin nous a donné les outils nécessaires pour transformer ces souffrances. Il n’en tient qu’à vous d’utiliser ces outils de concert avec le Sacré.

Ne rien faire… un luxe à s’offrir

Est-il encore possible, dans notre société nord-américaine, de s’arrêter de faire? Je vous invite à penser à vos week-ends, à vos journées de congé, à vos vacances. Que faites-vous pendant ces moments précieux qui devraient servir à recharger vos batteries? Si vous êtes comme moi et comme beaucoup de gens qui m’entourent, vous vous apercevrez qu’il y a toujours quelque chose à faire. Que ce soit par obligation, par choix ou par automatisme, il est très rare qu’on prenne le temps de s’arrêter complètement.

Le week-end arrive, et nous en profitons pour faire du ménage, du lavage et pour préparer les repas de la semaine. S’il nous reste un peu de temps ou si on se donne la permission de prendre un congé un peu plus long, alors on se détendra en lisant un livre, en regardant un film, en écoutant la radio, en faisant de l’exercice. Bref, en s’occupant. Parce qu’on a l’impression que ne rien faire, c’est plate!

Même quand notre corps nous envoie des messages (qu’on choisit d’ignorer) et qu’on se retrouve malade, il reste difficile pour certains de s’arrêter ou de simplement ralentir le rythme. Si on est obligé de ne rien faire, alors l’inaction nous pèse. On se sent inutile, parfois même coupable. Ne rien faire est devenu un luxe qu’on ne s’offre plus.

La raison reste propre à chacun, mais il est clair que toutes les raisons sont bonnes pour ne pas s’arrêter. L’adage « L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt » illustre bien ce que la société pense de ceux qui, comme moi, aiment bien flâner au lit en ne faisant rien le matin. Le temps reste une autre contrainte populaire. Quand on sait que la majorité des gens n’ont pas assez de temps dans une journée pour faire tout ce qu’ils voudraient faire, comment envisager de prendre du temps pour ne rien faire? Ensuite viennent les peurs que l’idée de s’arrêter suscite : peur de passer pour un égoïste en prenant du temps pour soi, peur de s’ennuyer à ne rien faire, peur du silence, de la solitude, du vide, peur de soi, de son discours intérieur… Il y a autant de peurs qu’il y a de gens.

Mais la vraie question ici est pourquoi devrions-nous décider de ne rien faire?

Ma réponse est simple : pour pouvoir se retrouver, pour être capable de se reconnecter à son essence. Trop souvent, nous nous retrouvons aspirés dans le tourbillon qu’est notre vie mouvementée et saturée de notre environnement extérieur. Il est facile de devenir désorienté et de perdre de vue ses points de repère. S’arrêter devient un outil pour nous permettre de remettre le compteur à zéro. Je vois toujours la différence chez une personne avant et après qu’elle ait pris le temps nécessaire pour s’arrêter. Quelqu’un qui s’est donné le droit de ne rien faire pendant une journée, un week-end ou une semaine dégagera un calme paisible. Un sentiment de paix intérieure irradiera de son être, et on pourra lire un bonheur tranquille dans ses yeux. Cette sérénité vient du fait qu’elle a réussi à s’entendre et à s’accueillir. Une harmonie s’est créée entre son mental, son cœur et son corps. Imaginez l’énergie physique, psychologique et émotionnelle dont cette personne dispose désormais!

Alors, maintenant que vous connaissez les bienfaits de ne rien faire, il ne vous reste qu’à le mettre en pratique. Trouvez-vous des lieux, des moments, sortez de votre routine et, surtout, donnez-vous le droit de ne rien faire.

La gratitude

Lorsqu’on m’a demandé si ça m’intéressait d’écrire un article sur la gratitude, j’ai accepté spontanément en y voyant la synchronicité à l’œuvre. En effet, j’ai eu à réfléchir sur ce sujet au cours des derniers mois, depuis qu’on a diagnostiqué un cancer chez mon conjoint. Cette nouvelle nous a fait passer par toute la gamme des émotions! Heureusement, il a eu la chance d’être opéré rapidement et de guérir. Soulagement et gratitude! Merci la vie!

Pour approfondir ma réflexion sur le thème de la gratitude, j’ai consulté quelques auteurs afin de trouver des réponses à mes questions et de vous en faire part. Qu’est-ce qu’on entend par « gratitude »? Quels sont les bienfaits de ce sentiment dans notre vie? Est-ce facile de « pratiquer la gratitude »? Comment peut-on cultiver cette attitude au quotidien?

On peut définir la gratitude comme un sentiment d’appréciation apparenté­ à la reconnaissance, à la joie et au bonheur. C’est un état de bien-être émotionnel dans lequel on savoure pleinement le moment présent. C’est remercier la vie d’être en santé, d’avoir des amis, d’être entouré de gens qu’on aime, d’avoir un travail, d’avoir accès à la scolarité, d’avoir un toit, de la nourriture et la chance de vivre dans un pays où il n’y a pas de guerre. Sans compter toutes les beautés de la nature qui sont source d’émerveillement en toute saison, toutes ces choses que l’on prend souvent pour acquises et allant de soi.

Prendre le temps de ressentir de la gratitude procure de nombreux bienfaits. Rosette Poletti1 cite une recherche démontrant que les gens ayant une attitude de gratitude ont plus d’énergie, plus d’enthousiasme, s’intéressent plus à ce qui les entoure,­ sont plus créatifs, plus joyeux, plus ouverts aux idées des autres, ont une meilleure résilience et ont de meilleures défenses immunitaires. Pourquoi passe-t-on si souvent à côté de belles occasions de ressentir un état de sérénité et de gratitude? Madame Poletti attire notre attention sur trois obstacles susceptibles de bloquer la route à cet état de bien-être émotionnel. D’abord, notre esprit a tendance à voir ce qui ne va pas plutôt que ce qui va bien dans notre vie. Et, nous avons aussi tendance à faire porter notre attention sur ce que nous n’avons pas plutôt que sur ce que nous avons à portée de main. En deuxième lieu, nous avons tendance à vivre dans le passé ou le futur. Lorsqu’on regarde le futur, on imagine facilement des scénarios catastrophiques basés sur nos peurs et, quand on vit dans le passé, on perd beaucoup de temps et d’énergie dans le ressentiment et les regrets. Dans ces conditions, il s’avère­ difficile de savourer le moment­ présent. Le troisième obstacle est relié à nos habitudes émotionnelles. Quelle est l’émotion qui vous est la plus familière? La joie, la peur, la colère, la tristesse? Les recherches ont démontré que « chaque émotion a son propre circuit hormonal dans le cerveau et que plus on vit souvent une émotion, plus son circuit se renforce et plus on y accède rapidement. C’est un chemin balisé qu’on connaît bien ».2  La bonne nouvelle, c’est que nous avons le pouvoir de choisir le sillon que nous voulons creuser. Et pourquoi ne pas se faire du bien en choisissant les sillons de la sérénité et de la gratitude?

On n’a rien à perdre et on a tout à gagner à devenir de plus en plus cons­cient des bienfaits de la gratitude. Un truc pour faciliter cet apprentissage est la création d’un Journal de gratitude dans lequel on prend le temps de consigner trois choses que l’on a appréciées au cours de la journée. Et dire simplement Merci (à la Vie, à Dieu, à l’Univers, peu importe)! Ce qui compte, c’est cet élan du cœur qui nous met en harmonie avec nous-mêmes et avec l’énergie de la vie.