La spiritualité

Le dictionnaire définit la spiritualité comme suit : « Propre et relatif à l’âme en tant qu’émanation et reflet d’un principe supérieur, divin ». On a associé la spiritualité à différentes sortes de philosophies, de croyances, à la prière, la méditation, la contemplation etc. Pour bien comprendre sa signification profonde, on doit d’abord prendre conscience de notre vraie identité. Notre vraie identité est que nous sommes une âme divine, une particule de Dieu, venue s’incarner sur la terre pour prendre conscience d’une partie de son potentiel divin, apprendre à le développer à travers les expériences que la vie nous amène, pour finalement être capable de le manifester au quotidien, dans nos pensées, nos paroles et nos actions. Je ne peux pas être quelque chose que je ne connais pas, que je n’ai pas expérimenté ou que je ne peux pas manifester en tout temps.

Quel est-il ce potentiel divin? C’est l’amour divin, l’amour pur, l’amour inconditionnel, car Dieu est amour. En tant qu’âme divine, je suis moi aussi amour pur, mais tant que je n’en ai pas pris conscience graduellement, que je ne l’ai pas développé, pour être ensuite capable de la manifester, je ne peux pas retourner à la source. Le plus grand principe spirituel est : « Je suis une âme divine et j’existe parce que Dieu m’aime. ».

Je peux résumer la signification de la spiritualité dans un seul mot, le mot « amour ». La spiritualité est le long chemin qui m’amène à être amour pur, à devenir un avec l’esprit saint, la voix de Dieu qui me parle à moi l’âme, par la lumière et le son. Le long chemin se dessine à travers de nombreuses incarnations dans les mondes inférieurs, c’est-à-dire la vie au quotidien. La vie, (esprit saint) connaissant le but de l’âme dans cette vie, nous amène des expériences, des situations, des opportunités qui vont nous permettre de prendre conscience de ce potentiel divin et de le développer. Nous devons comprendre que Dieu dans son grand amour nous a donné le libre arbitre en tout, c’est-à-dire le choix de retourner à lui en prenant la route que nous voulons, peu importe le temps que nous prendrons, car pour Dieu et l’âme, le temps n’existe pas.

La spiritualité doit se vivre dans les plus petites choses du quotidien et je peux connaître mon degré de spiritualité en prenant conscience du pourcentage d’amour inconditionnel dont je me sers dans mes pensées, mes paroles, mes actions et mes comportements. La spiritualité ne se retrouve pas dans les commérages, les jugements, les critiques, les calomnies, les mensonges, etc. Pour être capable de vivre une vie spirituelle, je dois me pratiquer à vivre dans l’ici et maintenant, car si je n’applique pas ce principe, je ne peux pas être conscient de la valeur de mes expériences et du pourquoi. N’oublions surtout pas que lorsque je vis une expérience dans laquelle je ne découvre pas la leçon, je devrai la revivre encore et encore. Dans la vie, les seules expériences que nous pouvons voir comme négatives, sont celles dont nous n’apprenons rien.

Tous les êtres humains sont spirituels à différents degrés, car chaque corps humain est habité par une âme divine qui s’éveille de plus en plus à ce qu’elle est. Pour arriver à développer mon potentiel d’amour inconditionnel, j’ai besoin de deux choses : un guide spirituel et un exercice spirituel pour contacter ce guide ou l’esprit saint. Le guide spirituel ne nous emmène pas sur le haut de la montagne spirituelle sur ses épaules, nous devons l’escalader nous-mêmes au prix de nombreux efforts. Le guide spirituel est présent pour nous montrer la meilleure route à suivre pour retourner à Dieu, à partir d’où nous sommes rendus et pour nous assister dans les efforts que nous faisons. Mon propre guide le Mahanta (la conscience Mahanta est le plus haut niveau de conscience connu dans les mondes de Dieu) avec qui je parle de la même façon que je parlerais avec mon meilleur ami, me fait prendre conscience des opportunités ainsi que des leçons qui se présentent à moi dans ma journée et de ce que je peux en faire. Chaque personne peut parler avec un guide en qui elle a confiance, que ce soit Jésus, Marie, Bouddha, Mahomet, etc.

J’ai besoin de faire aussi à tous les jours un exercice spirituel (prière, méditation, contemplation) pour aller à l’intérieur de moi, ce qui me permet de dialoguer et surtout d’écouter ce que mon guide et/ou l’esprit saint ont à me dire. L’exercice spirituel est aussi important pour l’âme que l’est l’exercice physique pour le corps humain. L’exercice spirituel, c’est aussi la nourriture et les vitamines de l’âme. Pour les personnes qui n’en connaissent pas ou qui voudraient en expérimenter un autre, je vous suggère le chant du Hu (se prononce « hiou »). Hu est un ancien nom sacré de Dieu et c’est le son qui a les plus hautes vibrations dans tous les univers. Assis ou étendu, détendez-vous, portez votre attention à votre œil spirituel situé en arrière du front, entre les deux sourcils, sans forcer et commencez à chanter à voix basse ou intérieurement le son Hu (hiou-ou-ou…) simplement, sur l’expiration, pendant cinq à vingt minutes. Le hu nous permet, durant la contemplation, d’ouvrir notre conscience aux messages de la vie et possiblement à une expérience spirituelle avec la lumière et/ou le son de Dieu. Si durant cet exercice je me pose une question ou regarde une expérience que j’ai vécue et que je ne comprends pas, le chant du hu me permet d’élargir ma vision. On peut avoir la réponse immédiatement, dans un rêve, un rêve éveillé, un livre, par une phrase entendue, etc. Pour entendre la réponse, on doit être à l’écoute.

« La spiritualité, c’est l’évolution, l’éveil de l’âme.
Son secret, c’est l’action.
Son lien d’action est le quotidien.
Son déroulement est dans l’ici et maintenant. »

Le détachement intelligent

Comme plusieurs d’entre vous, avant que je commence ma recherche spirituelle, je ne m’étais pas vraiment arrêté à comprendre l’importance du détachement dans ma vie quotidienne. À ma grande surprise, j’ai appris que le détachement faisait partie des lois spirituelles qui permettent à l’humain de se libérer des entraves du monde matériel, pour avancer, pour évoluer.

Pratiquer le détachement nous libère de beaucoup d’émotions négatives et, par le fait même, de beaucoup de souffrances. La pratique du détachement amène le bonheur, la sérénité et le calme dans notre vie. Cela nous permet d’avoir une vision plus globale des événements et des expériences qui surgissent dans nos vies. Se détacher ne veut pas dire se couper de la vie et fonctionner comme un robot. Au contraire, le détachement nous amène à être conscient du jeu de la vie, pour nous apprendre l’amour, la compassion et surtout à apprécier ce cadeau qu’est la vie.

Si on regarde honnêtement nos vies, on se rend compte qu’on est attaché excessivement à tout ce qui fait partie de notre monde, que ce soit les biens matériels, les personnes, nos croyances, nos idées, nos habitudes, notre réputation, etc…

Ce qui fait que lorsque nous perdons une personne, un bien matériel ou que nos idées et nos croyances sont attaquées, nous vivons beaucoup d’émotions négatives qui nous amènent leur somme de souffrances, de peines et de colère. Bien entendu lorsqu’il y a une perte importante dans notre vie, il y a une période d’émotions douloureuses, une période de deuil, mais le secret est de ne pas nourrir ces émotions pour qu’elles mènent le reste de notre vie et nous condamnent à être malheureux.

Comment peut-on arriver à un certain détachement? Pour y arriver, on doit comprendre et mettre en pratique certaines vérités, qui ne sont pas toujours faciles à accepter.

  1. Tout ce que nous avons l’impression de posséder, ne nous est, en fait, que prêté par Dieu pour notre jouissance présente, car lorsque nous quitterons cette terre, nous n’apporterons avec nous que les leçons que nous avons apprises et l’amour que nous avons donné.
  2. Tout ce qui débute dans cette vie aura une fin, peu importe comment et peu importe quand. C’est la principale raison pour laquelle on doit vivre le moment présent et laisser le passé derrière nous.
  3. Les personnes, les événements, les expériences et les choses n’ont pour moi que l’importance que je leur donne. C’est-à-dire que c’est moi qui décide si je me laisse déranger ou pas, si je leur donne du pouvoir ou pas, sur moi.
  4. Tant qu’on sera incarné dans un corps humain, dans l’amour que l’on porte aux personnes ou aux biens, il y aura toujours un certain attachement, mais c’est l’attachement excessif qui devient néfaste à tous les niveaux.
  5. Se détacher ne veut pas dire ne pas avoir d’émotions, cela veut dire de les comprendre, les accepter et les maîtriser.
  6. Ce n’est pas mon vrai moi, l’âme que je suis, qui s’attache au monde extérieur, mais c’est mon ego-personnalité qui, elle, fonctionne en vertu des croyances et des obligations sociales.

Le détachement nous ouvre les portes de l’amour vrai, car il nous libère des émotions négatives.

L’attachement excessif nous crée des attentes de plus en plus grandes et lorsque ces attentes ne sont pas comblées, nous souffrons, ce qui ferme notre cœur à toute forme d’amour nourrissante, car nous sommes centrés sur l’extérieur seulement. Le détachement, comme les autres vertus de l’âme, ne s’acquiert pas du jour au lendemain, c’est en le pratiquant dans les petites choses qu’on arrivera à le maîtriser.

Je vous laisse sur cette phrase à méditer : Ce n’est pas ce qui arrive qui détermine ma vie, mais c’est la façon dont je choisis de réagir intérieurement et ce que je décide de faire avec ce qui arrive.

Les rapports affectueux

C’est peut-être le moment de réfléchir sur nos rapports avec les autres. Posez-vous ces questions : « Jusqu’à quel point mes rapports avec les autres sont-ils harmonieux? Jusqu’à quel point les autres sont-ils respectueux de moi et de mes croyances? Jusqu’à quel point suis-je respectueux des autres et de leurs croyances? Est-ce que mes rapports avec les autres sont basés sur la confiance? ».

Si vos rapports avec les autres et les rapports des autres avec vous sont basés sur la confiance, vous ressentez la liberté dans ces rapports. Oui, c’est vrai que dans cette liberté, nous avons une certaine responsabilité envers les autres qui est fondée sur l’amour et qui fait partie de notre service sur cette terre.

Néanmoins, posez-vous ces questions : « Est-ce que je vais au-delà de ma responsabilité envers les autres? Est-ce que je fais des choses à la place des autres ou est-ce que je leur donne leur liberté d’expérimenter? » Et si ceci est vrai, est-ce que je reste dans l’exemple parfait de la bonté et de la patience à l’intérieur de moi-même afin de rester disponible pour eux pour donner des conseils quand c’est approprié? Posez-vous une dernière question : « Est-ce que les autres me donnent la liberté de m’exprimer comme je le veux? ».

Nous vivons un temps immense dans cette grande lumière qui nous incite à être exacts dans notre cheminement intérieur. Ceci veut dire que notre grande présence « Je suis », ce Dieu intérieur, nous demande de vivre dans la perfection des vérités les plus profondes tout en gardant notre esprit ouvert. Si nous compromettons ces vérités profondes de nos êtres parce que les autres ne respectent pas la manière dont nous vivons, c’est peut-être le moment de changer la situation. Par contre, si nous nous entourons des individus qui élèvent notre âme à des niveaux supérieurs de compréhension, la conscience christique à l’intérieur de nous est intensifiée et donc, elle nous permet de nous épanouir tout en touchant la noblesse de nos êtres divins.

Il faut se souvenir que nous créons notre environnement. Nous choisissons nos rapports avec les gens et nous seuls sommes responsables de nourrir notre vie spirituelle.

Donc, réfléchissons à ceci : en rayonnant le grand principe divin par l’amour, le respect, la confiance et la liberté, nous changeons la vie des autres. Nous sommes ici pour créer et pour transformer nos rapports dans ce monde. Par conséquent, assurons-nous tous de créer des vies remplies de rapports riches et profonds.

Connais-tu ta raison d’être?

Les gens à qui je demande la raison pour laquelle ils font de la croissance personnelle me répondent fréquemment qu’ils se cherchent. Malgré leur succès en affaires, l’acquisition de plusieurs biens matériels, une vie familiale et amoureuse satisfaisantes, la grande majorité de ces gens sont de plus en plus conscients qu’il leur manque quelque chose. Ils cherchent ce quelque chose.

Parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils cherchent, ils cherchent parfois très longtemps. Pourtant, ce qu’ils cherchent est tout près, à l’intérieur d’eux : Dieu.

La raison d’être de chacun d’entre nous sur la planète Terre est de redevenir conscients de qui nous sommes véritablement. Nous sommes Dieu, c’est-à-dire cette énergie créatrice qui a décidé de vivre l’expérience de Dieu incarné dans la matière.

Malheureusement, durant les milliers d’années qui ont été nécessaires pour que cette descente dans la matière soit complète, une grande partie des êtres ont oublié qu’ils étaient Dieu manifesté dans la matière. Ils ont fini par croire que Dieu était incompatible avec leur nature humaine. Ils ont ainsi fait de Dieu quelque chose ou quelqu’un situé à l’extérieur d’eux-mêmes. La plupart ont commencé à croire qu’ils étaient soit leur corps mental, leur corps émotionnel ou leur corps physique. Ils se sont identifiés à ce qui leur semblait le plus rapproché d’eux.

Et toi, qui crois-tu être?

Nous avons tous choisi un certain plan de vie avant de naître. Quel que soit le tien, tu l’as choisi en fonction du besoin, ressenti profondément en toi, de redécouvrir ta véritable raison d’être, donc ta nature véritable.

Quelle que soit la route choisie, tu ne peux être heureux si tu oublies ta raison d’être. Voilà pourquoi si peu de personnes sont véritablement heureuses sur cette planète. Elles se font accroire qu’elles le sont, mais ce bonheur est éphémère et illusoire parce que c’est un bonheur matériel. Cela n’a rien à voir avec le bonheur spirituel que tout un chacun désire au plus profond d’eux.

Et toi, te considères-tu une personne heureuse? Ton bonheur est-il réel ou illusoire? Tout dépend de la source de ce bonheur!

Voici quelques exemples de bonheur illusoire, parce que d’ordre matériel :

  • Avoir un beau corps.
  • Manger un bon repas ou un bon dessert.
  • Se faire dire par quelqu’un d’autre : « Je t’aime ».
  • Recevoir un compliment.
  • Savoir que ceux que l’on aime sont heureux.
  • Obtenir un diplôme.
  • Avoir raison.
  • Gagner de l’argent.
  • Faire un travail parfait, sans erreurs.
  • Faire un voyage.
  • Se marier.

Ces exemples, qui touchent les plans physique, émotionnel et mental, sont d’ordre matériel. Comme tout ce qui est matériel a un début et une fin, ce genre de bonheur est donc toujours à renouveler puisqu’il ne dure pas longtemps.

Prenons comme exemple, faire de l’argent. Celui qui n’obtient du bonheur qu’en faisant de l’argent devra toujours en faire plus pour être heureux. Tout comme une drogue, ça lui en prend toujours plus pour arriver au même niveau de satisfaction. Ceci amène l’humain à s’enliser dans un cercle vicieux difficile à briser. Par contre, celui qui veut utiliser l’argent pour atteindre le bonheur spirituel voit l’argent comme une énergie divine. Comme ce qui est spirituel est éternel, il sait que l’argent sera toujours présent dans sa vie pour se procurer ce dont il a besoin. Il est conscient que l’argent est un moyen d’échange parmi d’autres existant sur cette planète. L’argent n’est pas une fin en soi, mais bien un moyen pour que l’humain se reconnaisse comme Dieu incarné dans la matière.

Un autre exemple de bonheur éphémère : se croire heureux quand quelqu’un nous dit « Je t’aime ». Une personne qui a besoin de cela pour se croire aimable ou pour se sentir spéciale ne peut être véritablement heureuse, car elle devient dépendante des autres pour combler son besoin. Elle donne ainsi tout son pouvoir aux autres, elle est à la merci des humeurs des autres. C’est aussi toujours à recommencer. La personne qui voit, entend et ressent Dieu quand elle se fait dire « Je t’aime », entend ces mots d’une façon différente de celle qui n’est pas consciente de sa nature divine. Elle sait que l’autre vient de dire : « J’aime ce que je perçois de toi, car cela me rappelle la beauté divine en moi ». Au lieu d’être heureuse temporairement, cette personne est heureuse pour l’autre qui vient de dire inconsciemment : « Je m’aime pour ce que je suis ».

Ces deux exemples ainsi que les exemples de bonheur matériel mentionnés plus haut doivent être utilisés pour reprendre contact avec Dieu. Voir Dieu partout dans le monde matériel, et utiliser le plan matériel pour s’identifier au plan spirituel : Voilà le vrai bonheur!

Nous voulons tous arriver un jour à être bien dans notre peau, donc à nous sentir bien dans la matière. Ce bien-être est possible quand, après avoir reconnu qui nous sommes véritablement, nous continuons à vouloir ces choses matérielles, tout en ne dépendant pas d’elles pour notre bonheur. Elles ne doivent être présentes que pour nous aider à voir Dieu partout, c’est-à-dire à reconnaître la présence de cette grande force créatrice qui ne peut créer que paix, harmonie, amour, abondance et santé.

Quand tu ne ressens pas d’harmonie dans un certain domaine, peu importe lequel, c’est tout simplement parce que tu as oublié Dieu. En oubliant Dieu, tu te sens donc séparé de l’ensemble de la création. Tu as des peurs. Tu te sens seul face aux problèmes extérieurs.  L’harmonie ne veut pas nécessairement dire ne jamais rencontrer d’obstacle d’ordre matériel. Plutôt, c’est de savoir que quelque soit l’obstacle matériel rencontré, il existe toujours une solution en soi et que l’on peut dépasser cet obstacle dans la facilité et la paix d’esprit, en se souvenant du grand pouvoir créateur de Dieu en soi. Voilà ce que je veux dire par réapprendre à être Dieu en utilisant la matière. Dieu se manifeste sans cesse autour de toi et en toi!  Voilà ta seule raison d’être!

Pourquoi la recherche intérieure?

De plus en plus de personnes sont à la recherche d’un mieux-être, se questionnent et cherchent à comprendre le sens profond de la vie. Mais les réponses sont loin d’être évidentes. La paix et la sérénité expérimentées parfois lors d’une pratique particulière nous échappent dans le quotidien, l’amour inconditionnel disparaît sous la frustration, la colère et la peur, la joie disparaît sous la déprime, l’énergie s’en va pour nous laisser fatigués. Nous perdons espoir. Pourtant l’intégration des plus belles valeurs spirituelles dans la vie quotidienne est possible si l’on respecte trois conditions.

Poussées par ce désir de mieux se comprendre et mieux comprendre le sens de notre existence, les personnes de bonne volonté s’engagent dans une recherche intérieure qualifiée souvent de spirituelle, puisqu’elle concerne non plus ce monde physique, mais le monde plus intérieur de l’être.

Les approches foisonnent maintenant, et elles présentent toutes un intérêt particulier. Pourtant, malgré des années de lectures ou de pratiques, il semble souvent que l’on piétine. En effet, malgré tous nos efforts à appliquer les principes et techniques spirituels que l’on a découverts, on a bien de la difficulté à mettre tout ce que l’on a appris en pratique.

La difficulté réside moins dans la discipline ou l’enseignement lui-même, que dans sa mise en pratique dans le quotidien. C’est là, en effet, que se trouve le test de l’authenticité de la démarche intérieure. Or la qualité de notre vie (relation, créativité, dynamisme, santé, etc.) ne dépend pas des circonstances extérieures, comme on a été conditionné à le penser. Elle dépend du niveau de conscience avec lequel on appréhende la réalité. Dans la mesure où on maîtrise les mécanismes de la conscience, on maîtrise sa vie.

Et maîtriser la conscience, ce n’est pas disparaître dans le nirvana. C’est maîtriser les trois mondes physique, émotionnel et mental afin d’y apporter paix, joie, lumière, créativité, beauté et liberté, autant pour soi que pour tous ceux qui nous entourent.

Lors de plus de vingt ans d’accompagnement de personne en démarche intérieure, nous avons pu observer les mécanismes de la conscience en action. Cette maîtrise de la conscience s’acquiert tout comme, par exemple, la maîtrise d’un instrument de musique, avec méthode et persévérance. Elle s’obtient par un travail sur trois niveaux :

Premièrement, par un travail de réflexion, d’observation et d’acquisition d’une connaissance approfondie des mécanismes de la conscience et en particulier du mental humain. Sans cela, pratiquer une discipline spirituelle, c’est vouloir apprendre à conduire une auto sans savoir à quoi servent le frein et l’accélérateur.

Deuxièmement, par un travail de libération des mémoires issues du passé, ancrées dans l’inconscient, qui dirigent notre vie tant qu’elles ne sont pas désamorcées.

Troisièmement, par un travail d’ouverture au supra-conscient, qui se matérialise dans une activité concrète de création, de service et de contribution.

Une approche complète devrait inclure l’ensemble de ces trois aspects pour permettre un réel épanouissement de l’individu. Souvent, les difficultés rencontrées sur le chemin proviennent du manque d’intégration de ces trois aspects dans la démarche.

Par exemple, travailler uniquement au niveau du supra-conscient amène l’esprit à planer dans un monde céleste, déconnecté de la réalité quotidienne. Cela n’apporte que bien peu de maîtrise.

D’un autre côté, si l’on explore seulement le domaine des connaissances philosophiques, ésotériques ou spirituelles, la réalité quotidienne devient vite pénible à vivre quand surgissent des mécanismes émotionnels non maîtrisés de l’inconscient.

Travailler seulement au niveau inconscient, comme peuvent le faire certaines thérapies, est utile, mais insuffisant. Souvent, après quelques succès, on tourne en rond. Il manque deux aspects fondamentaux. Tout d’abord la clarté du but et du travail à faire. Ensuite et surtout, il manque la puissance de l’être intérieur pour effectuer et soutenir un travail en profondeur de dégagement du passé, qui apportera paix et liberté.

Le but d’une démarche spirituelle n’est donc pas simplement une accumulation de connaissance, ni un nettoyage thérapeutique ni une recherche de transcendance, mais une intégration simultanée des trois approches. Il est possible de vivre le quotidien dans un état de conscience tel que notre joie, notre paix intérieure, notre énergie, notre créativité et notre bonheur deviennent indépendants des circonstances extérieures. Notre tâche d’évolution n’est pas de nier la matière en s’enfuyant dans un voyage hors de ce monde, ni d’en être prisonnier comme dans l’approche matérialiste. Notre tâche est d’apprendre à maîtriser les trois mondes, physique, émotionnel et mental, afin d’y apporter concrètement toute la beauté et la puissance de notre être intérieur. Notre vie quotidienne devient alors une occasion passionnante de créer concrètement un monde de paix, de joie et de liberté pour nous et pour tous. Ce n’est pas une utopie, cela se travaille et s’acquiert si l’on prend soin de bien comprendre le but du travail et de l’intégrer aux trois niveaux de la conscience.

La mémoire d’un chat

« Le soi ne peut être atteint par le faible ni par la mollesse ni par une ascèse imprécise. » Mandak Upanishad

Nous sommes récemment déménagés dans l’Ouest d’Ottawa. On y a découvert une région accueillante, des gens sympathiques et avec eux, leurs multiples animaux domestiques. J’ai toujours aimé les animaux, reconnaissant en eux une possibilité de communication simple et attendrissante. Devant notre maison se trouve une gentille dame qui accueille tous les chats errants qu’elle rencontre. Ses chats viennent nous visiter librement, régulièrement.

Cependant, l’un d’eux, jeune, vif et en santé, un joli chat noir, manifeste un comportement étrange : lorsqu’on l’appelle, il s’approche avec réticence et maintient une distance d’au moins 20 pieds. Et si l’on tente de l’approcher, il s’enfuit à toute vitesse. Pourtant lorsqu’il maintient selon lui une distance respectable, et qu’on lui parle, il se frotte sur les objets environnants, recherchant de la tendresse; une tendresse qu’il n’obtiendra peut-être jamais.

Je ne pus m’empêcher de faire un parallèle avec un principe important de la merveilleuse philosophie de Patanjali (sur la science du yoga) : les sanskars. Selon le yoga, les sanskars sont des mémoires, tendances ou habitudes, conscientes ou non, profondément ancrées dans notre mental.

L’objectif du yoga est de parvenir à saisir la présence de cette mémoire et son effet sur notre existence, dans le but de la purifier, de la transformer. Ceci nous permettant de vivre une existence fondée sur la liberté et sur l’émancipation, une vie comblée d’amour et de satisfaction.

Ce chat n’a pas la capacité analytique de l’esprit humain, et il demeurera probablement sous le joug de ses sanskars. Cependant la voie introspective du yoga illumine ces tendances de la lumière de l’introspection. La méditation nous mènera vers un temps où nous serons prêts à faire de grands pas vers la liberté de vivre. En effet, il y a au cœur de tous et chacun une aspiration d’universalité, un désir d’émancipation et de paix intérieure. Mais il n’y aura pas de paix intérieure si nous tentons de fuir la vie, si nous nous cachons derrière des idées même très spirituelles sans parvenir à incarner calme, respect, responsabilité, amour, universalité et compassion.

Lorsqu’un individu débute la pratique de la méditation, il passera par maintes phases, certaines comblées d’enthousiasme, certaines comblées d’observation. Tant que nous ne faisons pas les pas nécessaires à notre évolution, les Écritures nous préviennent que nous devrons revivre les mêmes situations, jusqu’à ce que nous puissions faire ce pas vers l’avant, vers notre objectif ultime qu’est unité et conscience. Si l’on décèle en nous des peurs et des résistances, nous voilà de nouveau sous l’emprise des sanskars, résidus dans la mémoire d’un passé qui n’existe plus, mais que nous emportons avec nous, et réanimons constamment. Le yoga insiste donc sur la flexibilité non seulement physique mais mentale. Il nous lance un grand défi, celui d’accepter, de pardonner et d’avoir l’immense courage requis pour évoluer, pour être vraiment soi-même. Et s’il le faut, d’abandonner un passé qui n’existe plus que dans notre mémoire.

Un autre éminent objectif du yoga est d’aller par tous les moyens possibles au-delà des illusions créées par le monde. Malheureusement, souvent ce principe est mal compris, et l’on perçoit des individus qui rejettent le monde en le qualifiant d’illusoire. Je crois qu’il s’agit bien au contraire de se libérer de l’illusion, car un esprit clair est libre de complexité, il accueille l’existence avec tendresse et compassion. Il y a en nous un sens intuitif du fait que nous sommes déjà libres, malgré la cage illusoire des complexités mentales qui nous assujettissent. Un effort dans la pratique mène graduellement vers une grande libération. Plutôt que d’être le sujet impuissant d’une profonde complexité, comme ce joli chat noir l’est, nous avons la capacité de raisonnement nécessaire à notre émancipation. Unies à une ascèse régulière, ces réflexions vont engendrer une plus grande conscience et liberté. En effet, une méditation quotidienne mène aux perspectives adéquates à la transformation.

Nous avons tous des choix multiples à faire durant notre vie. Il est sage et essentiel d’avoir comme objectif de pardonner à ceux qui nous ont blessés, de choisir de vivre avec liberté, de choisir d’aimer et de respecter notre propre vie et celle de ceux qui nous entourent, car rien d’autre ne nous satisfera véritablement. C’est alors que notre objectif de vivre une spiritualité intégrée sera atteint. Notre plus grande richesse sera alors fondée sur un esprit tranquille.

Percer l’illusion

Percevoir l’être derrière l’ego ou la véritable quête de soi

L’estime de soi!…

Sujet si important et si vaste que juste tenter d’en faire l’éclaircissement demanderait bien de l’encre!

… Il faudrait à la base définir le soi.

Souvent l’image de soi fait référence surtout à l’ego. Il serait juste de dire… l’image de l’ego.

Le véritable soi ne s’atteint qu’au fil d’un long processus de nettoyage des conditionnements et des modèles véhiculés par la société dans laquelle nous nous sommes incarnés. Conditionnements propres à chacune des sociétés qui diffèrent d’un pays à l’autre. Société qui, de par ses ombres et ses lumières, dispense des éléments qui permettront des compréhensions. Autre pas dans mon évolution. Une vision éclairée et élargie développe notre capacité à identifier les modèles et critères projetés par la société dans laquelle je « baigne » et de toutes collectivités. Discernement qui incite à l’authentique quête de soi.

Quête de l’être profond que nous sommes, départi des conditionnements. Quête de l’être profond que nous sommes, départi de l’ego.

La plupart des conditionnements visent à entretenir l’ego. Venant des trois sphères où se déploie notre vie : société, famille et nous-même, ils ont une incidence certaine sur nos exigences, nos aspirations, nos déceptions et parfois même nos désarrois. Il faut apprendre les programmations de toute provenance et user d’un sain jugement à l’égard de leur influence sur notre « bien-être » ou notre « mal-être ».

Percer l’illusion en faisant le constat de l’éphémère. S’élever au-dessus et devenir conscient des structures changeantes au fil du temps avec les exigences qui y sont associées et des différentes cultures, avec leurs coutumes, qui enrichissent notre terre… c’est s’éveiller.

Et s’éveiller, c’est aussi s’éveiller à soi.

Il faut apprendre à se libérer des conditionnements qui distorsionnent notre vie, la réalité de notre être. Il y a ceux qui viennent de soi… Il faut en retracer les peurs, les souffrances, les blessures. Distinguer et ne conserver pour soi que ce qui nous appartient vraiment. Savoir garder, parmi ceux de la société du moment, ce qui est élevant pour l’âme, en récupérer les lumières. Se départir de ce qui n’est pas nous, pas propre à notre nature profonde.

Déterminer ce qui nous convient, faire des choix appropriés en respectant nos aspirations et nos limites, permet de garder ou de se réapproprier notre intégrité. Prendre conscience que nous en sommes les premiers responsables dans l’univers.

S’éveiller, c’est aussi reconnaître les mécanismes établis qui, la plupart du temps, n’ont aucun lien avec ce que je suis profondément. Dans les scénarios de vie, chaque disfonction, chaque disharmonie est une tentative de la vie de me ramener à moi, sans compromis. Capter les leçons permet de se dégager sans cesse de ses comportements malsains et de ses attitudes erronées et par le fait même, nous rapproche de notre propre identité.

Nous sommes uniques. Chaque histoire de vie est unique. Chacun arrive avec un bagage composé d’expériences, de choix, de blessures et de joie.

La résultante de tous les aspects de notre être qui nous personnifient est un cadeau continuellement offert à l’univers. Genre énergétique particulier qui dispense sa couleur et, de par le développement en valeur, rehausse l’ensemble de la qualité de vie dans l’univers.

Apprécier nos couleurs, notre personnalité distincte, en réaliser la vie, détermine l’ampleur du tremplin vers l’épanouissement.

Même avec l’ouverture et la volonté d’être constamment habité par la pensée que l’être véritable n’est pas matériel, il ne faut pas se leurrer et vouloir se targuer d’une fausse spiritualité en soutenant que l’apparence du corps n’affecte en rien l’aisance avec laquelle nous « l’habitons ».

Pour vivre une pleine liaison, l’image physique reflétée par le miroir doit correspondre à ce que je ressens que je suis, gardant ici la cohérence du genre. Quand le corps n’est pas en « accord » avec le ressenti de l’âme, il y a nécessairement disharmonie, dissonance, source de souffrance, de conflit émotionnel, de manque de confiance.

L’humain a fondamentalement besoin que l’image qu’il renvoie s’accorde avec son intérieur et sa véritable personnalité.

Sachant que nous sommes toujours le résultat de l’ensemble de nos expériences, de nos choix, si « l’image de soi » ne correspond pas à nos aspirations du moment, un questionnement éclairé s’impose. Après le long périple de mon existence, où en suis-je rendu? Savoir ce que je veux réellement être à l’avenir. Ce que je veux intégrer à mon genre et pour d’autres aspects, doucement ou carrément les abandonner afin que ma vie corresponde à ce que je suis réellement aujourd’hui. Où en suis-je maintenant en tant qu’âme et quel est l’accomplissement auquel j’aspire?

Pouvoir exprimer ce que nous sommes et pouvoir réaliser le potentiel que l’on porte sont les bases de l’estime et de la saine image de soi.

Être capable de surmonter les projections des autres, anciennes et nouvelles. En discerner ce qui peut-être m’appartenait, m’appartient encore aujourd’hui et supprimer toutes les étiquettes qui finalement sont, la plupart du temps, reliées à l’ego.

Percevoir l’être véritable derrière l’ego! Chacun doit y parvenir pour lui-même et pour autrui. Fruit d’un cheminement méticuleusement tramé par la vie, fruit de l’éveil de la conscience de soi, de l’autre et de toutes choses.

L’estime de soi, la vraie, passe par la compréhension de ce qu’est le soi. Le soi, c’est le long cheminement vers l’autonomie spirituelle, vers l’autonomie de l’esprit dépouillé de tout conditionnement, de tout comportement erroné, Elle s’acquiert avec l’éveil quand l’être devient authentique avec soi, avec les autres.

Quand on est rendu à vivre l’estime de soi, c’est qu’il y a eu un grand ménage, un véritable travail en profondeur. Beaucoup de libérations ont fait leur œuvre libérant l’être, déployant l’esprit.

La véritable image de soi émerge quand l’être n’est plus omnibulé ou simplement influencé d’aucune façon par des critères extérieurs. Quand il a rejoint sa « lumière ».

On acquiert la véritable estime de soi quand on se connecte avec le soi, le vrai soi.

En se reconnectant avec l’univers, à l’éternité, à l’essence de vie que l’on porte, que l’on est, on retrouve l’étincelle de l’énergie divine que nous sommes finalement réellement, et par là même… notre véritable image de soi.

Rêver en couleurs

Cela fait plus de 20 ans qu’on me consulte pour en apprendre un peu plus sur l’origine des rêves, leurs significations et ce qu’ils peuvent bien faire dans nos vies. Dernièrement, j’entends souvent la même question : « Comment se fait-il que je rêve en couleurs alors que ça se produisait rarement avant? ». Eh bien, dites-vous que vous n’êtes pas la seule personne à rêver en couleurs, ou plutôt, à porter une attention particulière aux couleurs qui se manifestent dans vos rêves.

Naturellement, il y a plusieurs raisons qui expliquent ce phénomène qui n’est toutefois pas nouveau. La mythologie grecque y faisait allusion il y a de cela des milliers d’années. Certains peuples autochtones d’Australie et d’Amérique portent également une attention particulière aux couleurs qui peuplent leurs rêves. Bien que les êtres humains rêvent en couleurs depuis toujours, on constate effectivement qu’au cours des dernières années, les couleurs sont plus vives, plus brillantes, plus frappantes, au point où l’on se questionne sur leurs significations.

La planète terre et ses habitants étant en perpétuel mouvement et en constante évolution, cela a forcément un effet sur notre vie de tous les jours, mais aussi une influence sur le contenu de nos rêves, ou disons, sur la chimie du cerveau. Les vibrations de notre mère terre se trouvant plus élevées, son champ électromagnétique étant changeant, sa position dans le système astrologique (ère du verseau), ce ne sont là que quelques-unes des raisons qui font en sorte que nous devenons plus sensibles, plus ouverts aux messages et aux couleurs de nos rêves.

Toutefois, ce sur quoi il faut tourner notre attention est la présence, la manifestation de nos guides qui, eux aussi et à leur manière, ont quelque chose à nous dire. Selon cette approche, les couleurs et les sons qui peuplent nos rêves sont directement reliés aux 7 chakras du corps humain, et par le fait même aux organes qui s’y rattachent. On se doit alors de se questionner sur ce qui se vit à l’intérieur de notre corps.

Faisons une visite rapide des chakras. Rêver du rouge : 1er chakra. L’énergie du réveil, les reins. Rêver de l’orange : 2e chakra. Le système reproducteur, l’énergie sexuelle, la créativité. Rêver du jaune : 3e chakra. Le plexus solaire, là où se logent la colère, la volonté, l’ambition et qui correspond au système digestif, soit l’estomac, le pancréas, le foie, etc. Rêver de vert : 4e chakra. Le chakra du cœur, là où logent les sentiments de l’amour et de l’harmonie. Il correspond au cœur, au système sanguin et au système immunitaire. On dit que c’est dans le chakra du cœur que réside l’âme. Rêver de bleu : 5e chakra, celui de la gorge. C’est le centre de la communication, la voix, la glande thyroïde où s’expriment les frustrations au niveau de la communication et le jugement qu’on porte sur les autres. Rêver de l’indigo : 6e chakra. Le troisième œil. Le centre de l’imagination par lequel on prend conscience de notre spiritualité. Il correspond, entre autres, à la glande pituitaire (hypophyse). C’est d’ailleurs en méditant sur ce 6e chakra qu’on arrive à se débarrasser de ses cauchemars. Rêver du violet : 7e chakra, celui de la couronne où se produit l’équilibre du physique et du spirituel. Il correspond entre autres à la glande pinéale.

Remarquez que ce ne sont là que quelques informations de base sur les multiples significations des couleurs dans les rêves. Ce qu’il faut retenir de leur présence est le message que vous envoient vos guides, à savoir, d’apporter une attention particulière à telle partie du corps, à tel organe, etc. Il existe de nombreux volumes et vidéocassettes sur le sujet. Les consulter peut vous aider à ouvrir les yeux sur votre santé, ou à tout le moins, vous donner un indice que quelque chose se prépare.

Les séquences essentielles de sa vie

Le printemps dernier, suivant une condition physique de déshydratation à la suite d’un tournoi de badminton, j’ai vécu une expérience personnelle où le champ de conscience de veille était modifié. Les événements extérieurs semblaient se dérouler au ralenti. Pour quelques semaines, avant que je puisse retrouver le niveau normal d’hydratation du corps physique nécessaire à l’équilibre humain, je me sentais plus vulnérable et fragile qu’à l’habitude sur le plan émotionnel et psychologique. Mes conversations entre amis et collègues de travail avaient une forme d’ouverture de cœur beaucoup plus affinée, adaptée et centrée à la situation du moment présent. L’un des phénomènes les plus remarquables et évidents qui prenait place dans mes pensées et dans mon imagination créatrice était une capacité de voir et même de prévoir toutes les programmations de l’esprit humain. Celles à l’état conscient et même d’autres à l’état subconscient (rêverie, rêves et demi-sommeil). J’appelle ces manifestations de l’esprit humain les séquences essentielles de la vie. Elles font partie d’expériences personnelles et spirituelles qui nous miroitent et nous reflètent la façon dont notre vie se structure et prend forme au fur et à mesure qu’elle se déroule devant nous. C’est aussi la p’tite routine de chaque jour (douche, toilette, petit-déjeuner, conduite de l’auto, travail au bureau, etc.) qui peut devenir des moments d’ancrage et d’actualisation de soi au moment présent de sa vie, lorsque l’on prend le temps de lui donner l’attention et l’état de conscience nécessaire pour faire de nos rituels journaliers des occasions d’éveil, d’enracinement dans la réalité physique, d’appréciation et de contentement. Une fois que l’état d’âme approprié est développé à l’intérieur de soi et que l’on voit clairement les séquences essentielles, les programmations souhaitées, inévitablement, vont se manifester des activités en accord et en harmonie avec celles-ci dans le dénouement de sa vie quotidienne. Nous devenons l’auteur de nos propres séquences essentielles, acteur dans l’extériorisation de celles-ci et aussi observateur de tout le processus. Dans le processus de champ de conscience modifié, j’étais à la fois conscient de ma fragilité humaine et aussi conscient de la force spirituelle qui accompagnait ces phénomènes de conscience altérée. Au-delà d’une épreuve physique se cachait d’innombrable cadeaux divins. J’étais vraiment à l’écoute du grand silence qui animait la vie intérieure et je cherchais à le rattacher à ma vie humaine, du moins dans ma compréhension et interprétation de celui-ci. Un silence rempli de paix, de sagesse et de liberté provenant d’une source qui alimente le cœur et anime l’âme humaine de tout ce qui est noble, exaltant, sensible et inspirant au dépassement et à la réalisation d’une conscience plus éveillée à l’essentiel. S’il y avait des personnes parmi les lecteurs de la revue Cheminement qui ont vécu des expériences semblables, vous êtes invités à me contacter pour un partage en toute discrétion.

Réussir dans la « sa » vie

On a réalisé tous nos rêves, réussi sur les plans professionnel et social et pourtant, on demeure insatisfait? C’est peut-être parce qu’on s ‘est perdu de vue. Si on revoyait notre système de valeurs?

Marie est une femme intense et profonde de 43 ans. Brillante élève en architecture (pour plaire à son père), elle se marie assez jeune et décroche un emploi stable (pour entrer dans le moule). « J’avais toujours fait ce que mes parents et la société attendaient de moi, dit-elle. À 29 ans, j’en ai eu assez : j’ai divorcé et j’ai complètement changé d’orientation professionnelle. Par la suite, je me suis beaucoup cherchée dans l’expérience du travail : je suis devenue workaholic. Au fond, je courais dans tous les sens pour trouver qui j’étais. »

« Un bon matin, on m’a offert un poste de vice-présidente. Là, je me suis demandé où je m’en allais de ma vie. Est-ce que j’avais vraiment besoin d’une plus grosse job? Est-ce que je voulais avoir deux maisons, trois autos, des robes à 500 $?

J’ai amorcé une remise en question majeure, la fameuse crise de la quarantaine. Ça été le début de mon renouveau spirituel. J’ai réalisé que mes valeurs étaient vraiment celles du cœur. Aujourd’hui, je me sens plus libre que jamais. J’ai un style de vie plus dépouillé qu’avant, mais mon rapport aux autres est de plus grande qualité. J’ai une vraie expérience d’éveil de la conscience. Je sens que je ne fais plus qu’un avec la vie. Pour moi, c’est ça, être en vie. »

Certains d’entre nous se reconnaîtront peut-être dans le cheminement de Marie. C’est que l’ultra-matérialisme des dernières décennies, qui mettait l’argent et la réussite professionnelle et sociale au centre de nos valeurs, nous a laissés sur notre faim, avec un sentiment de vide intérieur.

Source : Nancy Vanasse, Coup de pouce, juin 1997
www.acsm-ca.qc.ca/virage/dossiers/reussir-sa-vie.html