De l’eau pour améliorer la santé

Vous buvez du jus, de la tisane, du café, du lait, des boissons gazeuses, de la bière avec l’idée que vous consommez de l’eau.  Eh bien, détrompez-vous!  Votre corps doit puiser dans sa réserve d’eau pour transformer et éliminer les nombreuses substances contenues dans votre breuvage; avec pour conséquence que vous vous retrouvez avec moins d’eau dans le corps après avoir bu votre jus qu’avant.  Le corps a besoin d’eau, de l’eau pure et simple, pour fonctionner.  Il est fait à 75 % d’eau.  Le drame, c’est que de moins en moins de gens boivent de l’eau.  Les papilles gustatives désormais habituées à des saveurs prononcées et à des goûts rehaussés n’ont plus envie d’eau… trop fade l’eau!

Il est bien connu du monde des athlètes que le corps manifestera des signes de déshydratation bien avant que la soif ne se fasse sentir.  Les conséquences de la déshydratation vont se manifester par toutes sortes de « symptômes » (hernie hiatale, ulcère d’estomac, arthrite, allergies, maladie d’Alzheimer) étiquetés comme « maladies ».  C’est ce que je découvre, ahurie, à la lecture du livre du Dr E. Batmanghelidj Yours Body’s manu Cries for Water.

De l’eau, juste de l’eau, se pourrait-il qu’une bonne ration d’eau par jour puisse régler vos problèmes de santé?  Courez chercher le livre et faites-en l’expérience.  Vous aurez tout le loisir d’en parler à votre médecin à votre prochaine visite, il sera sans doute sceptique, mais vous aurez déjà commencé à bénéficier des bienfaits considérables qu’une bonne ration d’eau par jour peut vous offrir.

Des infusions pour se garder bien au chaud

Avec l’arrivée du temps froid, on sait qu’une infusion bien chaude nous réchauffe le corps et l’esprit. Entou­rer la tasse chaude de ses mains, prendre de petites gorgées et sentir la chaleur descendre en nous est plus qu’un rituel; c’est un véritable réconfort. Toutefois, si une tisane de qua­lité ou un bon thé vous procure cet effet le temps que vous le dégustez, certains thés seront particulièrement efficaces pour vous réchauffer de façon prolongée en équilibrant votre énergie vitale, vos organes et votre circulation sanguine, favorisant ainsi la diffusion de la chaleur dans votre corps. Voici donc deux types de thés : les Pu Er et les Oolongs des monts Wuyi, de précieux alliés tout au long de la saison froide.

Thés Pu Er
Les membres de la famille des Pu Er (prononcé Pu-erh) sont des thés bien particuliers du fait qu’ils sont fermen­tés. Produites au Yunnan, dans le sud de la Chine, leurs feuilles sombres à l’odeur de sous-bois et de terre sont souvent présentées en vrac ou en version compressées en galettes, en briques ou en nids d’oiseau (tuo cha). Millésimés, ces thés ont même la capacité de vieillir et de se bonifier pendant des décennies. À maturité, leur infusion de couleur rouge-brun, presque noire, possède une saveur douce et apaisante, sans amertume, aux arômes évoquant tantôt la terre humide et les champignons forestiers, tantôt le vieux meuble de bois ou le cuir. Si leur caractère gustatif peut parfois sembler surprenant, leurs innombrables bienfaits sur la santé sont reconnus depuis des siècles par la médecine traditionnelle chinoise. Parmi ses vertus principales, le Pu Er peut favoriser la circulation sanguine, prévenir les maladies cardiovasculaires, réduire le taux de mauvais cholestérol, aider la digestion en général et, surtout, brûler les graisses superflues en cas d’abus de nourriture trop riche et faire mincir, contrer l’intoxication alimentaire et l’indigestion, soulager les symptômes de la gueule de bois, équilibrer le Qi (l’énergie vitale) dans tout le corps. On saura apprécier son aide toute l’année, mais encore davan­tage durant l’hiver, lorsque nous sommes généralement moins actifs et mangeons des aliments riches qui demandent une élimination plus intense (surtout durant le temps des Fêtes!). En équilibrant ainsi l’organisme, une bonne tasse de Pu Er nous procure presque instantanément une agréable sensation de réconfort et de bien-être.

Oolongs des monts Wuyi (Yan cha, thés de rochers)
Selon la médecine chinoise, ces thés sont de véritables chaufferettes pour nos organes digestifs. En procurant­ une chaleur sèche au foie et à la rate (qui sont trop souvent froids et humides en hiver), ces thés améliorent le feu digestif, et la circulation sanguine amène la chaleur aux extrémités. Produites au Fujian, au cœur d’une chaîne de montagnes rocheuses, puis torréfiées au charbon, les feuilles de ces types de thé sont aromatiques et donnent une délicieuse infusion de couleur ambrée aux notes rappelant les fruits rouges en confiture, les fruits secs, les fleurs, le caramel, le café, la noisette grillée, les épices douces, etc. Peu caféinés et réconfortants, ces thés sont de bons compagnons de soirées hivernales où il fait bon cocooner. En voici quelques-uns : Da Hong Pao, Rou Gui, Qi Lan, Qi Zhong, Shui Xian, Tie Luo Han, Yan Ru.

Autres suggestions d’infusion pour l’hiver : le Chaï (thé aux épices), les thés noirs en général, le Houjicha (thé vert japonais grillé), la chicorée rôtie, le gingembre, le tulsi (basilic sacré), le rooibos.

Faire ses propres tisanes fraîches, rien de plus simple!

Avec le printemps qui approche à grands pas, nombreux sont ceux qui ont commencé à planifier leur jardin potager et à acheter des semences, s’ils n’ont pas déjà démarré leurs semis à la maison. On pense géné­ralement aux légumes et aux fleurs, parfois à certaines plantes condimentaires, mais qu’en est-il des plantes médicinales? Souvent oubliées à notre époque, ces plantes furent pourtant pendant des siècles parmi les plus importantes du potager, plantes salvatrices côtoyant plantes nourricières, main dans la main pour la plus grande santé de l’homme.

Pendant la belle saison, n’aimeriez-vous pas avoir la chance de simplement parcourir vos plates-bandes afin d’y cueillir quelques feuilles ou fleurs fraîches et d’en faire immédia­tement une bonne tisane pleine de vitalité, à la fraîcheur inégalée, bio et plus que locale? Loin d’être un projet irréaliste, et peut-être même en incluant quelques plantes que vous avez déjà dans votre jardin, il est facile de planifier d’inclure dans votre aménagement quelques plantes médicinales, tant pratiques que délicieuses, que vous pourrez dégus­ter en infusion tout l’été durant.

Qu’elles soient regroupées (dans une même plate-bande, une roue de médecine ou une autre section bien à elles) ou mélangées aux autres plantes du jardin (les plantes médi­cinales font d’ailleurs très bon compagnonnage avec les légumes et les fruits du potager et sont de merveilleuses plantes « bouche-trou » pour compléter un rang ou mettre dans un coin oublié…), elles doivent être faciles d’accès pour leur récolte au fil de la saison. Souvent une ou deux plantes de chaque variété est suffi­sante pour la consommation courante d’une maisonnée, à moins qu’il ne s’agisse d’une plante qu’on ne se lasse pas de boire au quotidien! De plus, ces plantes seront faciles à cultiver, sans besoins particuliers, mis à part un bon sol et un peu d’amour. On pourra souvent trouver au centre-jardin des petits plants prêts pour la plantation ou encore, pour ceux qui veulent bien se donner la peine de faire leur propre semis, un grand choix de graines chez les semenciers spécialisés (pour de bonnes référen­ces n’hésitez pas à me contacter).

Voici quelques exemples de plantes dont l’infusion sera agréable et que je vous conseille particulièrement de garder à portée de main en les cultivant chez vous :

Simplement pour le plaisir et la détente : basilic thaï, verveine citronnée, lavande, menthe douce, stevia

Pour une meilleure digestion : fenouil, hysope à l’anis, mélisse, menthe poivrée, gingembre

Pour maman et bébé : camomille, cataire, bourrache

Pour bien dormir : camomille, scutellaire, lavande

Comme petit coup de pouce au système immunitaire : thym, romarin, sureau, tulsi

En cas de coupure, de brûlure, de piqûre d’insecte : plantain, calendule

Pour contrer les vagues de chaleur de la ménopause : sauge

Pour réduire les migraines : grande camomille

Sans oublier ces grandes alliées de tous les jours, mais en prenant soin de les garder loin du potager pour ne pas s’y piquer les doigts (et se faire envahir) : ortie et framboisier (feuilles)…

En espérant vous avoir donné l’envie et la motivation de tenir votre petit lot de plantes médicinales à la maison et, surtout, de faire vos propres tisanes maison. Aussi délicieuses et bienfaisantes que soient ces cadeaux de la nature, les voir pousser en les cultivant soi-même permet de les apprécier encore plus!

Des fleurs comestibles… dans notre assiette 

Nous apprécions les fleurs et leurs couleurs qui enjolivent nos parterres et balcons. C’est toujours un plaisir pour les yeux. Maintenant, j’aimerais les amener plus près de vous, jusque dans votre assiette. Leurs coloris vont aguicher votre appétit, et leur goût, charmer vos papilles.

Depuis plusieurs années, je me passionne pour les fleurs comestibles. J’ai commencé en consacrant un petit coin de mon parterre à ces plantes, et ma sœur, alors sous-chef à une grande auberge, venait s’approvisionner dans mon jardin pour orner ses plats. De fil en aiguille, j’en suis venue à en faire le commerce. Je me suis d’abord départie de mes plantes non comestibles, que j’ai données à des amis et à ma municipalité par souci de récupération. Au fil du temps, de mes essais et de mes erreurs, j’ai bien réalisé que les fleurs ne sont pas toutes de bons produits pour la vente; certaines perdent leur couleur ou leur tendre texture trop vite pour les chefs. Aujourd’hui, je connais bien mes fleurs et j’aimerais vous présenter mes préférées.

Calendula (plante annuelle ou vivace)
On dit de cette plante qu’elle est sans souci, car elle pousse sans tracas. Elle arbore des jaunes et des orangés éclatants qui égayeront vos salades. Son parfum délicat, substitut du safran, aromatisera vos riz, beurres, soupes et biscuits.

Capucine (annuelle)
Elle pousse facilement et accompagne bien les plants de tomates. Vous pouvez tout utiliser : les fleurs et les feuilles, même les boutons et jeunes fruits qui, conservés dans le vinaigre, font office de câpres. Son goût est corsé et même très poivré; y aller avec parcimonie dans vos salades, beurres et mayonnaises. Amusez-vous à farcir des capucines pour en faire de jolis canapés ou à les confire.

Centaurée (annuelle ou vivace)
Elle est aussi appelée fleur de bleuet en raison de sa belle couleur bleu royal; on en trouve aussi aux nuances qui vont du blanc jusqu’au violet. Son goût n’est pas très prononcé; on peut utiliser les centaurées, entières ou en pétales détachés, dans les salades, les glaçons ou la pâte à gâteau. Déshydratez-les pour vous faire des tisanes.

Hémérocalle (vivace)Fleur d’un jour, elle s’épanouit le matin pour mourir le soir venu. Sa forme conique est idéale si vous voulez farcir la fleur. Vous sentirez sous la dent son croquant et le sucré de son réceptacle (base de la fleur). Dans les potages et les plats asiatiques, ajoutez le bouton cuit à l’étuvée ou frit. Attention, elles n’ont pas toutes un goût détectable; il faut les essayer.

Pensée (annuelle ou vivace)
Elle arbore une combinaison de couleurs très variée et a une saveur douce et sucrée si vous prenez le soin de retirer le pédoncule qui est assez amer. Cristallisée, elle décore à merveille les gâteaux. Utilisez des pensées dans les salades vertes ou de fruits, dans le beurre ou la crème, ou figez-les dans vos glaçons.

Rose(vivace)
Seuls les pétales sont comestibles, et ils dégagent un parfum irrésistible. Utilisez-les de la même façon que les pensées ou ajoutez des pétales séchés à vos tisanes ou à vos thés de kombucha.

En cette belle saison, je vous invite à planifier votre jardin floral dans le but d’agrémenter vos moments contemplatifs de même que votre menu. Mes six fleurs préférées font partie d’une longue liste qui vous surprendra. Si je peux me permettre, je recommande à ceux et celles qui ont une âme d’agriculteur urbain le site Web www.craquebitume.org. On y offre des formations ainsi que des trucs et conseils pour le jardinage et le compostage.

En partageant ma passion, j’espère avoir piqué votre curiosité au sujet des fleurs comestibles. Je vous invite à sortir vos pelles et vos chaudrons pour concocter une recette attrayante et unique en commençant par cette suggestion : Choisir une belle hémérocalle dont vous aurez enlevé les étamines. La farcir d’un fromage­ de chèvre aux fines herbes ou d’une mousse de saumon. Fermer l’extrémité avec une tige de ciboulette et faire revenir 4 ou 5 secondes seulement dans un peu d’huile. Vous découvrirez un goût légèrement parfumé et finirez la fleur sur une note agréablement sucrée.

Bon appétit!