La zoothérapie, ça vous dit quelque chose?

C’est l’utilisation stratégique d’un animal pour traiter un problème humain (Roy 92). C’est en 1867 au centre Bethel, centre de traitement pour l’épilepsie, que l’utilisation d’un animal dans un contexte thérapeutique fût découverte.

De nos jours, la zoothérapie est de plus en plus présente. Ce mode d’intervention fait partie du vaste répertoire des thérapies dites complémentaires. C’est-à-dire qu’il est possible d’utiliser les animaux de manière stratégique pour accompagner un traitement d’ordre plus médical. Par exemple, utiliser un animal comme agent de motivation et d’accompagnement pour faire de l’exercice dans des sessions de physiothérapie. De plus, les animaux sont flexibles et peuvent être incorporés dans un processus de travail avec les enfants, les adolescents, les adultes, de même que les aînés. Bref, c’est accessible à tous. Plusieurs spécialistes identifient la simplicité, la commodité et la polyvalence comme des qualités fondamentales et uniques à cette forme d’intervention. Tous ceux qui aiment les animaux peuvent bénéficier des nombreux effets thérapeutiques de la présence de ces petites bêtes. C’est le lien affectif que nous entretenons avec les animaux qui les rend puissants comme outils d’intervention.

Voici brièvement dans un premier temps, la liste des animaux recommandés selon les divers besoins et types de personnalités, et dans un deuxième temps, présentés sous forme abrégée, les impacts positifs reconnus sur la santé physique et psychosociale des personnes impliquées (Bouchard, Delbourg, 1995).

Chats
Pour les personnes plus introverties et réservées. Demande un minimum de temps d’entretien.

  • Diminue le stress
  • Peut-être un substitut à un enfant, à un conjoint ou un ami disparu
  • Facteur d’apaisement et de divertissement
  • Contribue au sens des responsabilités.

Chiens
Les chiens de grande taille conviendront généralement aux personnes extroverties, sociales, qui aiment le grand air. Les chiens de petite taille sont pour leur part idéaux pour les gens vivant dans un milieu plus limité par l’espace et ayant un mode de vie plus sédentaire. Pour toutes les espèces canines, les maîtres doivent accorder au moins 2 à 3 heures par jour à l’entretien général (nourrir, brosser, marcher, jouer, etc.).

  • Diminue la tension artérielle
  • Favorise l’exercice physique
  • Stimule les échanges sociaux
  • Donne un rôle social valable aux gens seuls
  • Stimule la bonne humeur.

Oiseaux
Animal à recommander aux personnalités plus sédentaires ou aux personnes allergiques. Les personnes doivent disposer de 30 minutes par jour au moins à consacrer à leur animal.

  • Stimulation visuelle et auditive
  • Amélioration de l’état psychologique
  • Éveil de l’intérêt et du sens des responsabilités
  • Apprentissage du deuil
  • Dérivatif à l’angoisse
  • Compagne de vie.

Poissons
Pour les personnes qui ont une personnalité anxieuse. À utiliser également dans les endroits générateurs d’anxiété chez les sujets qui sont susceptibles.

  • Le son de l’eau et du filtreur a un effet calmant sur le cerveau
  • L’observation des poissons a un effet hypnotique et, par conséquent, procure la détente
  • Réduit le stress dans les cabinets de médecin, de dentiste, à la cour de la justice, à l’école et aux services des urgences
  • Stimulation de l’ouïe et de la vue
  • Augmente le sens des responsabilités.

Cochon d’Inde (petit mammifère)
Pour les personnes curieuses, qui disposent de 30 minutes par jour.

  • Compagnon de jeux
  • Stimulation tactile, visuelle et auditive
  • Apprentissage du deuil et de la sexualité chez les enfants.

Chevaux
Pour les personnes en perte d’autonomie physique ou mentale qui peuvent avoir accès à un cheval.

  • Stimulation fonctionnelle du corps (personnes handicapées physiques)
  • Apprentissage de l’abandon et de la confiance
  • Éveil de l’intérêt
  • Activité de réminiscence pour les aînés (moyen de transport de jadis).

Les stimulations tactiles, visuelles et affectives que procure la présence des animaux sont souvent suffisantes pour améliorer la qualité de vie des personnes. Ce n’est pas sorcier et c’est efficace. Cela démontre qu’un élément de réponse face à des problèmes souvent complexes peut être quelques fois très simple. En conclusion, laissez entrer la tendresse d’un animal. Après tout, ce petit compagnon peut améliorer votre vie.

Le pouvoir thérapeutique de l’animal sur l’humain

La zoothérapie
Madame S., atteinte de la maladie d’Alzheimer, ne sait plus ce qu’est un lapin; elle ne se souvient plus comment le flatter. Mais quand je pose l’animal sur son cœur, elle fredonne et le berce. Elle a sans doute déjà pris soin de sa famille. Grâce à ma formation et à mon expérience, j’ai su l’amener au-delà de sa maladie et de ce qu’elle n’est plus… pour qu’elle puisse communiquer à un niveau cœur à cœur, avec son être réel, son énergie.

Autiste, le petit bonhomme, G., n’établit pas de liens avec les animaux. Pourtant, il développe la capacité d’entrer en relation avec mon chien Bilou. Il se déplace avec lui et, lorsqu’il est assis près de lui, ses mains se promènent joyeusement sur la douce fourrure – un timi­de sourire! Il ne sait pas que c’est un chien, ne comprend pas ce que nous faisons, ne parle pas. Il est heureux d’être lui-même, tout simplement!

L’objectif ultime de toutes nos interventions en zoothérapie est d’améliorer la qualité de vie de nos clients tout en tenant compte de leurs limites, de leurs capacités et de leurs préférences. La réalité de la personne change avec la présence bienfaisante d’un animal.

La zoothérapie… jusqu’à moi
Depuis les années 1970, des hôpitaux, CHSLD, résidences-services et établissements psychiatriques d’Amérique du Nord, notamment des États-Unis, font appel à la zoothérapie pour atténuer les sentiments d’isolement et de stress chez leurs patients. Ce fut une découverte pour moi en 2009, alors que je me trouvais en transition professionnelle.

Jusque-là, je m’étais consacrée à la mise sur pied et à la coordination de Leucan Outaouais, pour œuvrer auprès des familles dont l’enfant a un cancer. Désirant passer à autre chose, ma recherche à partir des mots animaux et relation d’aide m’a amenée à zoothérapie, ce que j’appelle aujourd’hui le bien-être par les animaux.

Ce que le Dr B. Levinson, pédopsychiatre, a découvert dans les années 1950, je le vis tous les jours auprès de ma clientèle : un intérêt naturel de l’humain envers l’animal.

Les bienfaits de la zoothérapie
Ce que beaucoup de gens qualifient­ de flattage de toutous va bien au-delà du bien-être spontané qu’apporte la présence d’un animal; la vision de la zoothérapie a évolué depuis les années 1970 – je parle ici de l’amélioration ou du maintien au niveau psychologique, émotif, physique, cognitif et social.

Un récent article publié dans le magazine Science & Vie fait état d’une recherche qui a été faite pour démontrer les bienfaits de la zoothérapie auprès des enfants ayant un cancer. Il conclut à une baisse du taux de cortisol, du stress, du rythme cardiaque et du niveau d’anxiété des participants.

Les percées de la zoothérapie
Nous voyons maintenant des appli­cations pour des problématiques comme le TDA/H, l’anxiété, les troubles langagiers, les troubles d’apprentissage, la dynamique familiale, la fin de vie, le deuil.

Quand faire appel à un intervenant en zoothérapie?
Si vous aimeriez profiter d’un accompagnement pour passer au travers d’une réalité quotidienne ou d’un défi spécifique, consultez un spécia­liste. Pour travailler sur des objectifs spécifiques, il utilisera la présence de l’animal pour faire ressortir la motivation et le bonheur spontané nécessaires pour améliorer votre qualité de vie. Faites appel au bien-être par les animaux!