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Des mots pour survivre

L’écriture est un art. Un geste créatif, thérapeutique, évolutif. J’ai voulu illustrer sa valeur avec un exemple concret, un témoignage.

Un livre, une auteure. Émilie Legris, 27 ans, vient de publier son premier roman. Fiction. Fiction évidemment reliée à son vécu, à ses tripes. Un titre percutant. « Vomir ». Un style direct, sans détour, sans pudeur. Des mots simples et crus, comme les jeunes les parlent, des mots qui, l’air de rien, t’écorchent le cœur au passage. Le quotidien tel qu’il est, la peur d’exister et le mal de ventre. Des pas perdus dans les rues de Hull. Des pas qui cherchent une piste. L’espoir.

« Une faim atroce me creuse les os. »

Les mots racontent, l’écriture témoigne d’une présence derrière ce corps qui crie sa douleur. De cette force touchante qui appartient à ceux qui traversent des tempêtes et qui savent rester vulnérables, à l’écoute de leur sensibilité. Ceux qui continuent quand même.

Émilie a accepté de répondre à quelques questions.

Pourquoi ce livre?
« Écrire permet de banaliser les choses que t’as vécues, de les rendre acceptables, moins taboues. Se donner la permission d’en parler. Ça donne la chance aux autres de se reconnaître. Plein de gens vivent ce genre de choses et personne n’en parle. Mon livre ne touche pas seulement l’anorexie, il y a aussi l’alcoolisme, la santé mentale, les difficultés d’insertion sociale. Tous ces problèmes sont entretenus par le fait qu’on n’en parle pas. »

Qu’est-ce que ça t’a apporté d’écrire cette histoire?
« La satisfaction de réussir un projet, de publier un livre. Il répond à un besoin d’être vue, d’avoir le droit d’être différente, et de partager. C’est une occasion d’exprimer ma sensibilité. Et de dire mes opinions sur le système de santé, sur le système d’éducation.

Il y a un effet thérapeutique à s’exprimer. Il fallait lâcher un cri. »

Où en es-tu maintenant?
« Ces points de vulnérabilité restent présents. Je m’en sers comme des points de repères, des signalisations. Quand l’équilibre vacille, je me pose vite des questions sur ce qui ne va pas. Ces épreuves m’ont rendue plus humaine et plus humble. Je ne juge pas les autres, leurs difficultés. Je sais l’importance d’être soi-même, même si on ne sourit pas tout le temps. Je vois que la vie a placé de belles personnes autour de moi. J’ai cessé de me battre. Je fais ce que j’ai à faire, une journée à la fois. Ce n’est pas toujours facile, parce que je reste hypersensible, mais je prends la vie plus simplement. »

Des projets? Un autre livre?
« Un autre livre, oui, je connais mon sujet, ce dont je veux parler. Mais je ne suis pas prête, j’ai besoin de temps encore. »

Merci Émilie d’avoir bien voulu partager ce moment avec nous.

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