La spiritualité laïque – Pour une spiritualité de la vie en mouvement…

Des religions ont enseigné une spiritualité de la mort. Vivre en fonction d’un ciel et l’évitement d’un enfer ainsi que la stagnation des doctrines et des dogmes ne favorisent pas un cheminement évolutif et épanouissant. En vivant une laïcité saine, une spiritualité de la vie surgit. Travailler à faire son bonheur sur terre et celui des autres, c’est cela la spiritualité de la vie. Ce n’est pas préparer quelque chose qui ne sera pas ou sera peut-être… mais embellir quelque chose qui est.

Tout en étant présents de corps, nous pouvons être des grands absents. Pour cheminer et grandir, il nous faut être – présent – cultiver une présence de qualité à soi jusqu’à être bien dans sa peau et s’aimer vraiment. Présence aux autres, chaque personne est unique et peut dégager des ondes positives insoupçonnées. Présent à tout ce qui nous entoure, aux objets, à la nature, aux paysages, aux évènements, à la vie. Savoir être. Prendre le temps d’être et c’est tout… pour regarder, sentir, écouter, toucher, goûter, par nos cinq sens externes et internes qui nous font découvrir l’immensité qui libère, la beauté apaisante, les vraies richesses, les priorités de la vie, l’essence de la vie. Laisser ce que nous découvrons nous envahir, nous imbiber de bien-être. De corps, d’âme et d’esprit présent en ce qui unit et qui est Vie. Contempler, c’est regarder un paysage, une fleur, un arbre, un petit caillou, une peinture ou un tableau, mais le regarder assez longtemps pour qu’il nous parle… Ce que l’on contemple entre en soi. La contemplation aide à retrouver son cœur d’enfant qui ne se questionne pas, mais se laisse pénétrer. Par la contemplation, je ne pense pas, je ne réfléchis pas, l’idée ne prédomine pas, c’est le cœur qui s’ouvre. La contemplation s’implante par l’habitude de la méditation.

Cette plénitude de – présence – envahira notre esprit qui ensuite guidera nos pensées et nos comportements.

Il importe de prendre le temps qu’il faut. On vit au siècle de la vitesse, on court, on a toujours quelque chose qui presse, on n’a pas le temps de méditer. Pourtant, quand on juge que quelque chose a de l’importance, on trouve le temps. Les personnes qui s’accordent des temps de méditation quotidienne – se sentent plus spirituelles, c’est-à-dire qu’elles ressentent une énergie, une force qui immerge de l’intérieur. La méditation étant, selon moi, une pratique importante pour atteindre l’équilibre, la santé et la sagesse, il devient tout aussi important de lui accorder tout le temps qui lui est essentiel.

Le but de la méditation est de cultiver les états d’esprit qui contribuent à la paix et au bien-être et d’éliminer ceux qui n’ont pas ces effets. La source du véritable bonheur réside dans un état d’esprit plutôt que dans des conditions extérieures à nous. La méditation, c’est aussi la réflexion raisonnable sur un point particulier. C’est la phase en laquelle l’intellect s‘active. C’est l’arrêt pour réfléchir sur les réalités de ce monde visible par rapport à nos valeurs ou à notre idéal de vie. C’est le temps que l’on prend pour se pencher sur un problème personnel ou particulier, pour laisser monter en soi ce que l’esprit suggère, insufflant quelque chose de meilleur que les décisions hâtives et sans réflexion. Méditer, c’est aussi se mettre à l’écoute de la petite voix intérieure qui nous interpelle lors d’un événement particulier.

Vivre sa spiritualité, c’est aussi se référer à ses valeurs et à ses balises.

En ces moments de méditation passive, il ne faut pas tenter de dire ou de faire quelque chose, ne plus agir, mais être agie… C’est le ver à soie qui se transforme en papillon, ouvrant ses sens internes qui sont du domaine de l’esprit. On se sent alors aimé, travaillé, amené à un calme et à un repos insoupçonné, à demi conscient. Les fruits : goûter la paix, sentir une providence, percevoir une lumière pour sa vie future ou pour une situation présente, entendre l’espérance, et que sais-je encore…

Quelque fois, au début, il peut arriver qu’on ait l’impression de perdre son temps, mais il arrive aussi qu’à la dernière minute, juste au moment d’abandonner pour se consacrer à autre chose, on ressente un courage nouveau pour entreprendre la tâche qui nous attend. On peut aussi se sentir investi d’un sentiment de bonté, de profonde gratitude envers la vie, etc…

Lorsque se terminent ces moments sublimes d’intériorisation, une sérénité inaltérable nous habite et nous fait cheminer dans la voie du bonheur.

S’envoler vers les sphères de l’esprit et de l’âme pour y être pétri d’humanité, c’est ça la spiritualité laïque.

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