L’archéologie de notre identité conduit-elle à la paix?

Nous identifions-nous essentiellement au reflet des circonstances extérieures de nos vies? Un peu comme le chien qui branle sa queue lorsqu’on le gratifie et qui met sa queue entre ses jambes lorsqu’on le gronde.

Nous aimons ronger nos douleurs, grandeurs et malheurs passés. Cela nous rend unique, génial ou spécial. On s’y identifie tellement qu’on les porte dans la gueule comme de gros os ou sur nos épaules comme des étendards.

Nous avons peur aussi de l’avenir. Nous avons besoin de sécurité, de stabilité et de carte santé garantissant l’immunité. On s’identifie tellement à ces peurs, ces procrastinations et ces préoccupations qu’on les porte dans le bas-ventre, la gorge et les yeux.

Plutôt que de jouer aux zéros, pourquoi ne pas devenir notre propre héros (notre star au sens propre et figuré), capable de confronter nos petitesses, bassesses et faiblesses qui sont si clairement visibles chez les autres?

Pourquoi ne pas tout simplement être présent : attentif à nos sensations, émotions et pensées; sans machinalement dire « moi » ou « je » à toutes celles qui vite nous visitent, même si parfois elles reviennent comme des rengaines et des obsessions?

Pourquoi ne pas s’observer comme des scientifiques en quête de découvertes, devenant ainsi le témoin objectif des bibittes, des redites ou des magnifiques créatures habitant la mystérieuse jungle de notre corps, cœur et tête?

Pouvons-nous devenir les vaillants explorateurs de nous-mêmes, les audacieux trappeurs de nos contrées intérieures, les courageux capitaines de navires emportés à la dérive par les courants, vents et tempêtes de nos vies?

Puisque de toute façon, nous nous identifions à certaines facettes de nos vies, pourquoi alors ne pas choisir celles qui nous rappellent le meilleur de nous-mêmes : quand nous sommes forts, tenaces, nobles, patients, dignes, loyaux, compréhensifs, aimants, confiants…

Pourquoi ne pas nous regarder en face, nous dire à la face ce que nous ne sommes pas, à savoir, entre autres : « notre » mémoire, « nos » peurs, points de vue, croyances, jugements, émotions, maladies, désirs… Sous ces épais maquillages, pouvons-nous démasquer notre vrai visage, nous envisager en profondeur et goûter, enfin, à la paix.

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