Vairaagya, le non-attachement

Nous pouvons aisément comprendre que la joie et la tristesse sont des émotions de nature transitoire. Tout ce qui existe subit l’influence d’une fluctuation constante, leur existence étant momentanée. Il demeure donc essentiel de méditer sur le non-attachement. Le Vairaagya n’implique pas l’abandon de nos relations, ni de notre travail, non plus de se réfugier dans la forêt ou dans un monastère. Il ne s’agit que de saisir que la nature de l’univers est transitoire et, par conséquent, nous désirons réaliser que notre être véritable réside derrière le sens du Je et de l’attachement, et que lui seul nous offre de la stabilité. En effet, dans son essence, notre être intérieur ne change pas.

Les quatre niveaux du non-attachement :

  1. Devenir conscient du fait que notre mental est malléable, qu’il transporte des idées et concepts, des mémoires (bonnes et mauvaises, et leurs effets) ainsi que du potentiel qui repose en nous.
  2. Après quelque temps, la pratique de la méditation nous transforme, nous devenons plus sensibles et conscients. L’ignorance et ses manifestations deviennent plus évidentes. Ce fait est inévitable.
  3. Si nous persévérons, nous réalisons un fait puissant : le monde entier réside dans notre esprit. De là, nous débutons une pratique personnelle, en acceptant que chaque individu a une leçon à apprendre qui lui est propre, une voie à suivre. Nous travaillons dès lors sur nous-mêmes, sur notre propre état de conscience, plutôt que de travailler sur celui des autres. Nous saisissons que nous pouvons faire une différence, si nous vivons avec plus de conscience, avec un état de conscience plus équilibré. Ainsi, nous devenons une source d’inspiration pour notre famille et nos proches, et nous parvenons simultanément à apprécier notre vie, avec satisfaction.
  4. Et si l’on persévère sur la voie du non-attachement, nous atteignons un état de maîtrise, de sagesse. Le contentement séjourne à ce niveau. La joie demeure, en fait, elle augmente, car elle est inspirée d’une clarté et d’un équilibre intérieur.

Néanmoins, il ne faut pas faire l’erreur d’associer le non-attachement à l’austérité, à un état de froideur ou d’insensibilité. Lorsque nous progressons et que nous atteignons une maîtrise croissante, nous voyons que nous n’avons renoncé qu’à l’indésirable, nous nous sommes libérés de besoins ou de désirs imaginaires.

L’état de non-attachement n’est pas de l’indifférence, nous ne le dirons jamais assez souvent. Certains rejettent parfois l’objectif de cette philosophie, la qualifiant d’inhumaine ou d’égoïste car ils imaginent qu’il s’agit d’une voie qui rejette tout, ayant un objectif égoïste : sa propre libération.

Il est important de comprendre que le résultat de cette pratique est l’approfondissement suprême d’un amour et d’une compassion véritables.

Quelle est la façon la plus facile d’obtenir le non-attachement? Il ne faut qu’entamer une pratique régulière de la méditation. Cette vie introspective mène à la force intérieure, à l’éveil de la conscience.

Dès lors, le moment présent est saisi dans toute sa plénitude. Loin d’engendrer de l’indifférence, notre amour pour ceux qui nous entourent est inclus dans notre objectif.

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