Ces relations éclairées… qui nous allument

À la lumière de ce que nous faisons avec nos expériences, nous évoluons au fil des jours en devenant plus conscients. Réalisez-vous que nous sommes en changement constant et qu’entre chaque coucher et chaque lever de soleil, nous devenons des personnes différentes?

Chacun chemine à son propre rythme. Certains avancent à pas de tortue tandis que d’autres courent comme des lièvres. Une chose est sûre, c’est que tous arriveront un jour au même point. C’est pourquoi, si nous appartenons à la catégorie des « petits rapides » qui n’ont pas de temps à perdre, il n’est pas rare de constater que certains de nos proches au rythme plus lent deviennent pour nous de lourds fardeaux à porter ou se transforment tôt ou tard en boulets aux pieds nous empêchant de nous envoler. Dans le fond de notre cœur, on sait pertinemment qu’on devrait s’en détacher pour accélérer notre course, mais on n’ose pas le faire de peur de causer de la peine. Alors, on s’oublie et on abdique nos aspirations profondes. On devient infidèle envers soi, ce qui est peut-être la pire infidélité, car on ne peut alors accuser personne d’autre. La passion de vivre est très difficile à maintenir élevée quand on se sent constamment tiré vers le bas, et c’est pourtant ce que l’on permet à certaines personnes de faire à notre égard. C’est pourquoi, dans ce monde où l’évolution est probablement à son plus fort depuis des siècles, nos relations changent tant au fil des ans, et cela, qu’on le veuille ou non.

Rendus à certains carrefours de nos vies, nous prenons des chemins différents…

Ces changements de cap, quoique très dérangeants, font partie du cours normal de la vie et c’est pourquoi on sera parfois porté – et c’est plus fort que nous – à délaisser la compagnie de gens qui ne nous allument plus, ce qui aura pour effet positif de nous faire découvrir d’autres perles qui, par leur brillance, nous aideront à nous alléger et à nous élever. Si on met un bout de bois mort dans une cheminée et qu’on le place tout près d’une bûche ardente, lequel à votre avis influencera l’autre? Le tison ardent s’éteindra-t-il au contact du bois mort ou est-ce plutôt ce dernier qui s’enflammera? Évidemment, le second. Par cet exemple, vous pouvez voir l’importance de s’efforcer de côtoyer des gens allumés afin qu’à leur seul contact et par l’intensité de leur présence, ils attisent notre propre feu. C’est d’ailleurs ce qui se produit à notre insu lorsqu’on rencontre une personne dégageant une grande sagesse. En entrant dans son champ énergétique, on se transforme sans même avoir à lui parler. Personnellement, lorsque de tels êtres sont placés sur ma route, je me fais un devoir et un plaisir d’aller me balader dans leur entourage. Peu importe ce qu’elles ont à dire, car c’est ce qu’elles « sont » qui me nourrit le plus, pas ce qu’elles ont à dire. Côtoyer du bois mort qui, par surcroît, ne veut même plus s’allumer, c’est prendre le risque de s’éteindre à son tour.

Cherchez plutôt dans votre entourage, dans votre famille, parmi vos proches, des bûches ardentes…

Il y en a beaucoup plus que vous ne le croyez, mais elles ne font pas de bruit. Puis, allez puiser auprès d’elles la lumière dont vous avez besoin pour revivifier votre feu intérieur.

Ne craignez surtout pas de leur enlever quoi que ce soit, car elles n’ont que ça à faire : rayonner, partager leur lumière, transmettre leur passion de vivre. Ensuite, faites de même avec les autres. Passez au suivant ce que vous avez reçu, devenez à votre tour des bûches ardentes disponibles pour allumer ceux qui auront besoin de votre étincelle…

André Harvey

Auteur de 17 livres dont le best-seller L’ultime pardon.

Il partage son temps entre les voyages, les conférences, l’écriture et la musique. Il a à son actif deux CDs de chansons à texte dont il est l’auteur, le compositeur et l’interprète. (Renaître par la passion de vivre et Les yeux du cœur.)

Il vient de faire paraître un nouveau livre disque intitulé : En route vers l’illimité.

Conférences et récital sur demande. Contactez-le pour un événement dans votre région.

www.andreharvey.info

Les vacances : le bonheur de s’évader

Le mot « vacances » se définit comme « un repos marqué par l’absence des activités habituelles ». Peu importe l’avenue empruntée quant au choix de la destination, l’important c’est de lâcher prise !

Selon les moyens financiers dont chacun dispose, l’envie de découvrir d’autres horizons tout en pratiquant un sport (vélo, ski, marche, etc.) ou encore l’urgence de se prélasser au chaud ayant comme préoccupations principales le bronzage, le sommeil et l’alimentation – dans l’ordre –, le seul moyen d’apprécier les vacances choisies demeure l’abandon total de l’esprit.

Adieu la culpabilité !

Parmi les nombreux facteurs qui nourrissent le sentiment de culpabilité, le chantage et les punitions occupent une place prédominante. Rares sont ceux qui se penchent sur les causes profondes, présentes dans la vie quotidienne de bon nombre de personnes, d’une sensation tellement intégrée qu’il devient presque impensable de remettre en question cette notion. Et pourtant! Pour être heureux en vacances, il faut décrocher complètement du quotidien afin d’expérimenter des moments inoubliables.

Pour ce faire, il est essentiel de laisser les ennuis, les soucis, les préoccupations dans une boîte au grenier, avec le passé et l’avenir, afin de partir la tête vide. Oui, oui… la tête VIDE. Se libérer de tout tourment pour nettoyer le disque dur du cerveau et faire place à la nouveauté, la beauté, les découvertes pour laisser pénétrer des moments magiques et, surtout, pour expérimenter le plaisir unique de respirer le BONHEUR et la LIBERTÉ.

N’est-ce pas formidable d’être libre de tout conditionnement, de contrainte, d’horaire, de plan, de rendez-vous pour laisser monter une énergie vierge qui nous permet de repartir à neuf, de se recentrer? Une solution à la portée de tous : choisir de se départir de tout stress quant aux tâches accomplies ou celles à venir au retour et… l’affaire est dans le sac. Facile à dire, n’est-ce pas? Et pourtant, pas si compliqué à faire.

Pour y arriver, nous pouvons utiliser le processus de deuil avant chaque départ pour les vacances. En d’autres mots, laisser derrière soi l’année passée sans se sentir coupable de se lancer dans une nouvelle aventure en oubliant les collègues, le patron, la charge de travail au retour, les problèmes financiers et quoi d’autres, pour seulement se concentrer sur soi-même, ses besoins, ses désirs, son bien-être et être à l’affût de découvertes multiples. Même si le voyage s’effectue en famille, ne jamais oublier de réserver des périodes durant la journée pour se ressourcer.

Le simple fait de décrocher de la routine quotidienne, la sensation VACANCES fait son œuvre.

Sans horaire ni rendez-vous

D’aucuns craignent de ressentir la solitude s’ils ne partent pas en voyage sans être accompagnés. Erreur magistrale! Le besoin d’être ENCORE en groupe ne fait que reproduire le quotidien. Incidemment, pour apprécier les vacances dans son sens le plus pur du terme, il est recommandé de désamorcer tout conditionnement quant aux routines déjà établies au cours de l’année.

Ainsi, se fixer des rendez-vous avec des amis pour l’heure des repas n’est pas souhaité. Établir un itinéraire très serré afin de programmer les déplacements risque de stresser davantage. Oui, il est possible de prévoir des destinations à l’avance, mais demeurer ouvert à l’imprévu favorise des vacances de découvertes, donc réussies.

Le bonheur en vacances, c’est également s’ouvrir à l’inattendu, ce qui englobe aussi les déceptions et les incidents. Il faut laisser la vie suivre son cours et l’univers offrir ce dont chacun a besoin. Être ouvert sur le monde veut aussi dire être réceptif à ce qui nous entoure. Savoir accueillir des événements nouveaux contribue à l’évolution de chacun d’entre nous, et les effets bénéfiques ne sont pas nécessairement perceptibles au moment même où l’événement se produit. S’offrir à l’aventure est synonyme de lâcher prise.

Destination bonheur

La meilleure destination est certainement celle qui convient aux besoins immédiats : calme et repos (plage), changement d’air et découvertes (culture), activités et action (sports) ou simplement visites d’amis et farniente (cocooning). Il est important de se sentir en paix avec la décision finale. Le simple fait de décrocher de la routine quotidienne, et la sensation VACANCES fait son œuvre. Ne plus chercher à contrôler, être détendu, écouter le silence, apprécier ce qui se présente ne sont que quelques moyens faciles à utiliser pour être heureux lors des périodes de relâche. Qu’il s’agisse d’un week-end, d’une ou trois semaines de repos, la capacité que nous avons de regarder autour de nous avec un œil différent sera un gage de bonheur.

Si les vacances se passent chez soi, que ce soit par choix ou par obligation, il ne faut pas se sentir misérable. Si, au contraire, la destination plus coûteuse d’une croisière se présente comme un choix judicieux, le calcul de chacune des dépenses ne doit pas faire ombrage à notre plaisir. Tout compte fait, peu importe la destination, le meilleur choix demeure l’attitude sereine et l’ouverture sur le monde extérieur sans culpabilité.

À bien y penser, le simple fait d’être en VACANCES signifie avoir l’esprit VACANT. Aucune attente, sauf celle d’être heureux pour expérimenter la sensation d’être libre… de tout.

Marthe St-Laurent

Conférencière et auteure de « La femme sexuée » et de « Ces femmes qui détruisent les femmes – Les ravages du bitchage », Béliveau éditeur

www.marthestlaurent.com/

Découvrir ce qui donne une âme à sa maison

En pénétrant dans une maison (le terme maison englobe ici tout lieu de vie ou de travail), on peut parfois arriver à ressentir l’énergie qu’elle dégage. On peut même y ressentir la vie. Cette notion d’énergie vitale est importante quand on sait que la qualité de l’énergie qui circule dans une maison peut affecter notre bien-être en tant qu’habitant.

Cette notion d’énergie, appelée Feng Shui (mot qui signifie « vent et eau ») n’est d’ailleurs pas récente puisque les Chinois l’utilisait déjà il y a 2 500 ans dans les cimetières pour la disposition des tombes. Ce n’est que plus tard qu’il s’est étendu aux demeures des vivants, abordant la maison sous l’angle de l’énergie vitale.

L’énergie vitale! Car il s’agit bien ici de vie! Ne serait-ce pas cette vie qui confère à la maison sa propre couleur, son ambiance, son essence, son âme!

Mais comment rendre une maison vivante?

Habiter une maison, c’est avant tout considérer son lieu de vie (ou de travail) comme un « être vivant » avec qui l’on va entamer une relation à plus ou moins longue échéance. Comme on ne rencontre pas quelqu’un par hasard, on n’habite pas une maison par hasard. Dans cette optique, il peut être intéressant de se demander pourquoi l’on vit dans tel type de maison plutôt qu’un autre et de considérer notre maison comme une image-miroir de nous-mêmes.

Le phénomène miroir part du principe qu’on ne peut être « touché » que par quelque chose qu’on porte en soi, et que toutes les personnes que nous rencontrons ~ et situations que nous vivons ~ ne sont pas le fruit du hasard.

Qu’elles soient agréables ou désagréables, elles nous reflètent, comme un miroir, les bonnes et les moins bonnes parties de nous-mêmes (pour en savoir plus sur le phénomène miroir, voir le livre de Pierre Lassalle « Astrologie et relations humaines » aux éd. de Mortagne).

En ce qui concerne la maison, c’est la même chose. Notre maison est porteuse de « qualités » et de « défauts » dont nous sommes également porteurs intérieurement.

Aussi, pour rendre une maison vivante, il faut que la relation habitant/maison soit vivante, c’est-à-dire qu’on accepte de s’ouvrir à l’image-miroir qu’elle nous renvoie de nous-mêmes.

Pour cela, on peut regarder comment l’énergie y circule. Est-elle trop rapide ou trop lente? Au niveau de la polarité, notre maison est-elle plutôt ouverte ou plutôt fermée? Une maison « ouverte » pourra être caractérisée par les éléments suivants : maison à un niveau, grandes fenêtres, absence de clôture entourant le terrain, pas ou peu de séparation entre les pièces de vie, pas d’entrée, salon donnant directement sur la rue, etc. Une maison « fermée » pourra être caractérisée par les éléments suivants : maison à plusieurs niveaux, petites fenêtres, clôture importante entourant la maison, présence d’une entrée, pièces de vie séparées les unes des autres, etc. Comment les pièces s’organisent-elles les unes par rapport aux autres? Y a-t-il une entrée? Est-elle petite et sombre ou grande et lumineuse? La cuisine est-elle plutôt à aire ouverte donnant sur le salon ou indépendante et fermée? Etc.

Ainsi, après avoir énuméré les « qualités » et « défauts » de notre maison, nous pourrons essayer de voir en quoi nous portons ces mêmes qualités et défauts. Dans notre exemple de maison « ouverte », cela pourra renvoyer en positif aux occupants des qualités d’ouverture et d’accueil. En négatif, ils pourront avoir tendance à se disperser ou à se laisser envahir par les autres n’osant pas leur imposer certaines limites.

Dans le cas d’une maison « fermée », l’image positive du lieu pourra renvoyer aux occupants par exemple des qualités de concentration et une capacité à délimiter leur propre espace. En négatif, ils pourront avoir tendance à se refermer sur eux-mêmes et à rejeter les autres.

C’est en faisant cet effort de se découvrir grâce à l’image-miroir que nous renvoie notre maison qu’il se crée alors un lien privilégié avec elle. Connaissant nos points forts et nos points faibles, nous pourrons alors entamer en toute conscience des transformations dans notre maison en fonction de nos transformations intérieures. Ainsi, en décidant de transformer tel défaut ou de développer telle qualité, nous saurons comment transformer notre maison de façon harmonieuse puisque cette transformation fera écho à notre être intérieur.

Et c’est de cette conscience entre l’âme de la maison et l’individualité de l’habitant que naîtra une relation vivante et que notre maison deviendra vivante. Et de cette relation intime, naîtra l’harmonie.

Thierry Seurre

Thierry Seurre est technologue professionnel en architecture et consultant en Feng Shui à l’Occidentale.

Courriel : tseu@delasagesse.qc.ca

www.delasagesse.qc.ca/fengshui.htm Pour toute information, vous pouvez le joindre au 450 670-3573

Quand notre rêve peut se vivre en famille

Pourquoi pas?

On a tous rêvé d’avoir sa maison de rêve, celle qui répondrait à nos besoins et qui serait un havre de paix. Et en plus qui serait en harmonie avec nos valeurs de faire attention à la planète et à la santé des gens qui vivent dans cette maison.

J’avais ce rêve, je le chérissais depuis plusieurs années, mais cela ne semblait jamais le bon moment, ou d’autres rêves semblaient plus urgents comme de voir le monde et de voyager aussi souvent que possible. J’avais donc certains petits problèmes de logistique, tels que le manque d’argent, pas de famille et pas de copain qui voulait exactement la même chose que moi.

Finalement, en 2005, je fais le premier pas. Après avoir cherché pendant presque 2 ans un terrain idéal, j’ai enfin trouvé et décidé d’acheter à deux, 35 acres de terrain en Estrie, un retour à mes sources.

Le temps passe, je veux bâtir tout de suite et voir enfin mon rêve se réaliser. Mon compagnon veut plutôt attendre à la retraite et n’a pas du tout la même vision que moi. Finalement, après avoir discuté de plusieurs idées, après plusieurs saisons, après avoir couché sous la tente sur le terrain, après s’être remis à visiter des maisons et des terrains plus petits, je saute seule sur la construction de ma première maison.

Le plus dur pour moi est de décider que c’est un projet qui m’est important et que je le fais maintenant. Quand j’ai pris ma décision, tout semble se placer et se réaliser d’une façon plus fluide.

J’ai donc racheté la part du terrain de mon compagnon d’alors et entrepris mon rêve avec toute l’ardeur qui m’est typique. J’ai pris des cours, des ateliers sur la construction durable et les maisons écologiques et saines. Dans mon processus, j’ai même rencontré un homme qui avait la même vision que moi et voulait partager ce rêve avec moi.

Il est donc venu se joindre à moi en cours de projet et c’est en couple et ensuite en famille avec son fils qu’on a bâti cette maison et déménagé dans l’Estrie.

Est-ce possible pour tous? Je crois que oui, je crois sincèrement que lorsqu’on veut atteindre ses rêves et qu’on met toutes ses pensées et ses émotions dans son projet, alors oui, c’est possible.

Je vous entends déjà me répondre, cela a semblé facile pour vous, mais moi, j’ai telle ou telle embûche. Alors j’oublie mes rêves, car c’est impossible qu’il arrive en tête de mes priorités!

Je ne vous crois pas, j’en suis la preuve vivante. Tous mes rêves, auxquels je n’ai pas cru, sont encore en plan et non réalisés, et ceux que j’ai réussi à visualiser, à ressentir et à mettre en priorité, ceux-là sont réalisés : comme faire le tour du monde, vivre et travailler à l’étranger, bâtir sa maison de rêve en couple.

Chacun de mes accomplissements a suivi cette démarche :

  • Le rêve
    • Le voir, le sentir, l’amplifier, et y croire
  • La recherche et la planification
    • Lire, s’informer, prendre des cours, se faire aider, poser des questions
    • Faire un plan et un budget
    • Continuer de rêver et de voir sa réalisation
  • Le maintien en vie de son rêve
    • Faire des actions au quotidien
  • La réalisation de son rêve
    • Suivre la réalisation, le budget et s’assurer de prendre les bonnes décisions
  • L’accomplissement de son rêve
  • La préparation de son prochain rêve à réaliser

Et voilà, j’ai partagé avec vous ma démarche et c’est à votre tour, quel rêve allez-vous réaliser en 2009? Quels seront vos premiers pas ou premières démarches, avez-vous écrit dans votre agenda ce que vous ferez cette semaine et ce mois-ci? Avez-vous un groupe de support et rêvez-vous en vous couchant et en vous levant le matin?

Élise Lacroix et François Parent

Coach et gestionnaires de projets www.batirsamaisonverte.com

Passionnés de construction et d’écologie. Ateliers : Bâtir sa maison verte.

Coaching individuel offert. Nous vous offrons de l’accompagnement pour vous aider à réaliser votre projet de construction de maison verte

La vivance, une qualité d’être au monde

Je pense avoir inventé ce mot dans les années soixante-dix, dans un poème amoureux où je tentais de dire combien l’amour me semblait être le ferment d’une vivance capable d’amplifier la vie. Mais peut-être ce mot, avait-il été déjà découvert avant, quoi qu’il en soi, je l’ai souvent utilisé car je trouvais qu’il convenait bien à l’expression de plusieurs de mes thèmes autour des vibrations que secrète (ou non) la vie en l’intérieur de nous à l’occasion de certains évènements, moments privilégiés ou émotions fortes.

La vivance est une qualité d’être qui nous habite et dynamise le potentiel de vie qui est en chacun. Elle relève d’une dimension vibratoire qui crée une alchimie particulièrement active entre nos pensées, les ressources de notre créativité, les élans de notre imaginaire et les accords possibles avec la réalité qui nous entoure.

La vivance nous permet d’être plus présent au présent et aussi, c’est une de ses qualités, de gagner sur le malheur, de combattre le mal de vivre ou de se laisser aller dans l’errance infinie de la victimisation. Elle confirme et nourrit notre confiance non seulement en nous-mêmes, mais aussi dans les autres et même en l’avenir.

Surtout l’avenir que je ressens depuis quelque temps non fiable, si incertain qu’il n’est pas certain qu’il puisse accueillir la vie de mes petits-enfants. Un avenir violenté par ce que nous faisons, imposons aujourd’hui à la planète et à nos semblables. Violences visibles et moins visibles liées aux tromperies, aux mensonges de certains hommes politiques, aux malversations à l’échelle planétaire de certains individus protégés par leur anonymat, au surgissement de crises financières et économiques déclenchées par l’aveuglement (ou l’habileté) de ceux qui peuvent jouer avec l’argent, les économies du plus grand nombre.

Je crois qu’en période de crise, il faut prendre garde d’éviter un repliement sur soi, un enfermement dans la bulle de ses intérêts personnels, une fixation autour d’une vision paranoïaque concernant nos gouvernants et aussi nos semblables, même si chaque jour apporte la preuve de leur nocivité, de leurs prédations dans beaucoup de domaines. Je crois qu’il faudra éviter de rester dans des comportements d’autoprotection liés à la survie en oubliant la solidarité, l’engagement dans des actions de lutte et de confrontation. Je crois qu’il nous appartient de rester un témoin de la Vie. C’est peut-être cela le sens de notre passage sur terre, le maintien, l’épanouissement de la Vie sous toute ses formes, même si aujourd’hui nous sommes à l’origine de beaucoup de violences à son égard. Au-delà d’un travail sur soi, pour maintenir au plus haut notre potentiel de vie, il nous faudra militer, s’associer, se concerter pour faire un contrepoids au développement de la souffrance, au grandissement de l’injustice, à l’expansion de la misère et surtout de la faim et de la non-éducation de millions d’enfants.

Au final, s’appuyer sur sa vivance pour s’engager auprès des plus démunis.

Le dialogue du djembé

Je regarde les aiguilles de l’horloge… Dix-huit heures trente-cinq. Je suis sur scène, prêt à entamer le cours de percussions africaines à l’école Samajam. Autour de moi, un capharnaüm sonore retentit… Les quelque quatre-vingts étudiants positionnent leur djembé, et se mettent à frapper la peau, parfois avec grâce, parfois avec violence, mais toujours avec le désir ardent de produire un maximum de son possible. J’éprouve toujours un vif plaisir à scruter la scène qui s’offre devant moi. De la plate-forme surélevée, c’est quasi surréaliste de voir comment l’humain, dans un contexte précis, renoue avec la bête en lui.

Il faut cependant ramener cette « meute » à l’ordre afin de réussir à faire parler le djembé, et non pas laisser planer la cacophonie actuelle. Mais, les gens ont l’air d’être tellement dans leur élément, que je pourrais disparaître de la pièce pendant une heure complète, revenir et rien n’aurait changé… Phénomène fascinant où le temps n’a plus aucune importance.

Un des aspects les plus fascinants et les plus intéressants de la percussion africaine, c’est le sentiment d’appartenance à un groupe, à un clan. Bien sûr, le djembé tire ses racines de cette observation. Le rythme n’existe que parce que plusieurs djembéistes le créent. Chacun y va de sa contribution, chacun joue son propre accompagnement, et les notes s’imbriquent les unes dans les autres comme si elles ne formaient qu’un tout cohérent et vraiment mélodieux à l’oreille.

Par contre, cette simple mise en commun de capacités musicales va beaucoup plus loin. Le djembé apporte beaucoup plus que le simple fait de garnir notre existence avec des notes de musique. Outre le fait d’être extrêmement libérateur en faisant relâcher la tension intérieure (qui n’a jamais voulu frapper sur quelque chose pour se défouler), il permet de pouvoir entrer en contact avec son prochain, de reconnecter complètement avec la fameuse « bête sociale » qui sommeille en nous. C’est une courroie de rapprochement qui n’a pas son pareil, qui permet de vivre des activités sociales primordiales et de vivre des expériences de groupe inoubliables.

Le djembé permet de rencontrer des gens qui autrement seraient passés complètement inaperçus. Il fait tomber les masques sociaux. Le réseau social s’enrichit donc de personnes qui exercent des métiers différents, qui ont des pensées et des mentalités complètement différentes de soi-même, qui ont un train de vie qu’on n’oserait même pas imaginer. Mais, une passion, un intérêt et un désir commun nous habite tous, celui de renouer avec l’esprit de groupe, de clan. C’est un besoin fondamental de l’être humain. Et cela est rendu possible grâce au djembé.

Dix-huit heures trente-sept et cinquante secondes… cinquante-quatre… cinquante-sept… Dix-huit heures trente-huit. C’est à ce moment que je frappe à mon tour sur mon tambour, juché sur son support, les sons crevant les multiples bulles qui se sont formées durant le dernier quart d’heure. Les roulements, les tapes, les chauffés se succèdent de plus en plus vite, je laisse mes mains parler, puis, j’effectue l’appel classique des rythmes (pra-pi-pi-pi-pipi-papapa!) et… Plus rien… Malaise… Déstabilisation… Les peaux se taisent, les gens se tournent dans ma direction, et c’est ainsi que démarre une autre soirée de percussions inoubliable à l’école Samajam, où les bouches se ferment afin que les djembés puissent enfin se mettre à parler…

Incroyable et fascinant de voir qu’un simple morceau de tronc d’arbre recouvert d’une peau de chèvre peut avoir autant d’impact…

Où est donc le plaisir?

Bon Dieu que j’ai cherché… pendant 20 ans, j’ai cherché le plaisir partout, dans tout et surtout, dans la spiritualité. Parfois, je le trouvais, certaine de l’avoir bien ancré en moi et hop, après un certain temps, il m’échappait. À certains moments, j’étais convaincue que je l’avais trouvé pour de bon, après toutes ces recherches spirituelles, après avoir goûté tout le buffet du nouvel-âge, je l’avais enfin trouvé, je le dégustais finalement et hop, les problèmes se manifestaient et vlan, tout était à recommencer. C’était à n’y rien comprendre.

Et, il y a un an et demi, j’ai compris. J’ai compris ce monde dans lequel nous vivons, un monde duel où les pôles se marient autant qu’ils s’entrechoquent. J’ai également compris la non-dualité, le principe de l’unité où tout est relié jusque dans l’infiniment petit. Et j’ai finalement compris le non-dualisme pur où ce monde dans lequel nous vivons et le monde de Dieu s’excluent mutuellement. Le plaisir n’était plus très loin, je le sentais, mais allait-il s’échapper encore une fois?

Le plaisir est toujours relié à une recherche, une sensation, une émotion, un besoin. Est-ce possible que le plaisir soit utilisé pour combler un vide? Est-ce possible d’être en paix avec le plaisir dans un monde où le plaisir est l’ultime but?

Ce monde dans lequel nous vivons demande une attention spéciale et toujours incessante, notre corps demande également une attention particulière. Le corps a constamment des besoins, c’est une machine à besoins (le mot machine est plutôt faible ici) : besoin de manger, besoin d’oxygène, besoin de repos, besoin d’affection, besoin d’attention, besoin de plaisir, besoin d’exercice, besoin d’amour, besoin d’argent, besoin de protection contre les éléments…

Je ne suis jamais en paix avec le monde de la forme, il m’en demande toujours. Même avec le minimum de la simplicité volontaire, les demandes sont toujours là pour nous éloigner continuellement de l’essentiel, l’esprit. Tout existe dans ce monde pour nous détourner de l’esprit, là où la paix peut réellement habiter et où le plaisir a un sens. Vous pouvez vous retrouver sur une montagne verdoyante où le soleil chatouille tendrement vos orteils et votre corps repose sur une herbe veloutée, les oiseaux caressant avec harmonie vos oreilles, mais si votre esprit est perturbé, tout cet attirail devient une simple illusion de paix. Mais vous pouvez également vous retrouver dans ce même endroit thérapeutique et après plusieurs jours en ressortir paisible et détendu. Malgré tout, force est d’admettre que cela ne durera pas. Le monde dans lequel nous vivons est dysfonctionnel, les problèmes vont refaire surface. Rien dans ce monde ne peut apporter en permanence la paix d’esprit recherchée, le plaisir de la béatitude, le sourire satisfait de la Joconde. La paix de l’esprit n’est pas de ce monde, elle est dans notre esprit et c’est là que réside le vrai pouvoir.

Il est important de découvrir le but derrière notre poursuite de plaisir, même derrière ces petits plaisirs simples du quotidien tant encouragés par la psychothérapie. Aussi longtemps que l’on va rechercher le plaisir dans les choses extérieures (objets, personnes, situations…), la recherche va continuer. Le seul plaisir durable et profond n’est-il pas celui de la paix intérieure, celle que l’on acquiert justement en ne cherchant pas dans le monde, mais en soi? Cet état d’esprit paisible est justement le point de départ vers le plaisir, car il ne dépend pas d’un état extérieur, mais plutôt d’une attitude intérieure.

Ce n’est plus important si j’écoute un magnifique concert au clair de lune avec mon amoureux ou si je suis prise dans le trafic en retard d’une heure pour le rendez-vous de ma vie. La paix intérieure m’habite, m’inonde, et c’est elle qui m’apporte du plaisir, c’est elle qui me fait sourire, c’est elle qui me nourrit et m’émerveille, peu importe ce que je vis extérieurement. Je ne dépends plus des situations de ma vie pour être en paix, je suis libérée, je suis libre. Et en affirmant ceci, je ne nie pas pour autant le plaisir dans ce monde. Mais je sais qu’il est impermanent et changeant. Je choisis de ne pas en dépendre. Je peux ainsi l’apprécier davantage sans y mettre une charge émotionnelle importante, sans y rechercher quoi que ce soit. Je suis détachée et en paix.

Donc, est-ce si important de savoir si le monde fonctionnera mieux ou non ? Est-ce primordial de changer ce qui se passe à l’extérieur de nous quand le réel changement n’appartient pas à ce monde? Le plaisir vient de mon esprit, mon attitude, ma perception. Le système de pensée auquel je vais adhérer va réellement déterminer mon expérience. Un esprit inexercé ne peut rien accomplir. Un esprit en paix amène inévitablement un monde en paix. Tant que nous chercherons à l’extérieur de nous pour acquérir un état d’être intérieur, nous ne trouverons pas. La solution n’est pas dans ce monde, mais dans notre esprit. Que le plaisir soit avec vous… et avec votre esprit!

Oser s’amuser!

« Le sens de la vie, c’est justement de s’amuser avec la vie. » – Milan Kundera

Comme plusieurs travailleurs autonomes, j’ai ressenti beaucoup de culpabilité à faire plus de place à l’amusement dans ma vie. Est-ce que j’ai assez travaillé aujourd’hui? Est-ce que je devrais solliciter plus de contrats? Voilà deux questions qui me perturbent quotidiennement depuis que j’ai quitté mon emploi régulier. Après quatre années de pratique intense, j’ai découvert qu’en faisant un petit pas par jour vers mon idéal professionnel, je pouvais avancer rapidement sans me priver de délicieux moments de plaisir dans ma journée.

Mais comment s’amuser? En interviewant de nombreuses personnalités féminines aux vies extraordinaires, j’en suis venue à la conclusion que fatalement, les plus grands plaisirs sont souvent les plus ordinaires. Que ce soit la lecture, prendre une marche dans la nature, écrire un journal ou aller au cinéma, on n’a pas besoin de la grosse vie pour s’amuser. Contrairement à bien des hommes qui cherchent davantage à améliorer constamment leur situation professionnelle, les femmes ont cette merveilleuse aptitude à accorder plus d’importance à leur vie personnelle. On découvre alors qu’en s’amusant dans leur vie personnelle, leur travail devient inévitablement moins ardu! Et surtout, ces femmes développent l’énergie et la force qui donne sens à leur vie.

Car dans toute démarche personnelle, il y a cette recherche constante de sens. À mon humble avis, la vie n’a d’autre sens que celui qu’on lui donne, que nous sommes l’artiste de notre propre vie, de notre réalité. Dès lors qu’on en vient à croire cela, on peut se donner le choix entre vivre une vie de souffrances et d’obstacles ou vivre une vie agréable remplie de plaisirs. Oui, oui, je sais, tout n’est pas rose, il y a les responsabilités, les obligations et les épreuves. Mais tout est dans l’importance qu’on leur accorde.

Chaque jour, je fais le choix de mener une vie riche en plaisirs. La meilleure façon d’y arriver pour moi a été de retrouver mon côté enfant et de développer mon aptitude à ressentir le moment présent.

Tout comme l’enfant, j’aime patauger dans ma baignoire, me plonger la tête sous l’eau en faisant des bulles. Ma salle de bain est en sorte devenue mon carré de sable. Et je dois l’avouer, mes jouets se sont transformés en petits pots-de-crème… Je ne les considère pas comme des outils m’aidant à conserver une éternelle jeunesse auprès des miens, mais bien comme des éléments pour me dorloter et exacerber mes sens grâce à leur odeur ou leur onctuosité rassurante.

Tout comme l’enfant, quand un ami me propose d’aller marcher dans le parc en plein mercredi après-midi, je dis oui tout naturellement, même si j’ai de la vaisselle ou du lavage à faire. Je n’hésite pas à me balancer dans la balançoire des grands pour refaire le monde avec lui. On oublie alors le jour et l’heure, en se concentrant sur le vertige que nous procure la hauteur. Je ne peux vous dire à quel point ces moments d’insouciance remplissent ma vie d’inspiration et de ce bonheur qui permet de soulever les montagnes.

Tout comme l’enfant, je ne me casse pas la tête à lire des livres qui m’ennuient. Je me plonge dans des romans qui me passionnent et me font vivre par procuration toutes sortes d’aventures. Avec un bon livre pour me distraire, comment puis-je me plaindre de la vie? Et quand mon amoureux se plaint de la lumière dans la chambre, je m’installe sous les couvertures, avec ma petite lampe de lecture, et je lis jusque tard dans la nuit… hi hi hi! Quoi? Il faut bien que la vie d’adulte ait ses avantages!

Tout comme l’enfant, je passe des heures à observer la nature et les animaux. Le héron qui veut dominer mon étang, la petite famille de canard qui semble faire de la nage synchronisée et mes deux chiens pour qui le temps n’existe pas. C’est dans ces moments de totale évasion que je redécouvre une façon positive de percevoir le monde.

Quand j’arrive comme l’enfant ou le héron, à me concentrer uniquement sur le présent, mes besoins deviennent pratiquement inexistants et mon temps lui, devient infini. C’est vraiment dans cet espace que je me divertis le plus, car tout est permis, sans aucune limite.

Et une fois que j’ai fini de jouer, eh bien, je remets mon chapeau d’adulte, je regarde ma montre et j’attaque ma liste de choses à faire. Et je me mets à la tâche avec le sourire, car je sais qu’il y aura toujours le moment présent pour m’amuser…

Le plaisir au quotidien

Plus de plaisir et de loisir au quotidien…Comment faire?

En 1970, j’ai tellement acheté l’idée de la société des loisirs que j’ai fait mon cours en techniques de loisirs. Vous dire comment l’idée me séduisait! Le plaisir et le loisir, j’en ai fait une profession!

Et du temps de loisir, j’en ai toujours eu à vendre! Encore aujourd’hui! Comment est-ce possible?

La plus grande source de plaisir à mon avis est dans la réalisation de soi et dans les relations que nous entretenons. D’où l’importance de faire un travail qui nous plaît vraiment au lieu de choisir une carrière, un conjoint, des amis (si, si, si…!!!) en fonction du salaire et des avantages sociaux qui y sont rattachés. Tôt ou tard, ces choix nous amènent devant un cul-de-sac!

Il faut ensuite tenter de le faire à son propre compte, nous libérant ainsi de la frustration reliée à la dépendance envers des gens qui nous disent quoi faire, comment le faire, à quelle heure le faire et avec qui le faire! (Conjoint, famille et soi-disant amis compris)

Bien sûr, il faut apprendre à sortir de notre zone de confort, car …le confort, ça endort le corps! Quelle satisfaction d’être le capitaine de son bateau!  Par le fait même, vous gérez votre temps entièrement et libre à vous d’y mettre le nombre d’heures de loisirs que vous voulez. Et vous serez surpris de découvrir qu’avec le temps il y en a beaucoup!

J’ai renoncé à trouver un partenaire qui répond à tous mes goûts!

J’ai développé des amitiés à travers lesquelles je m’épanouis dans différents secteurs de ma vie! Ainsi, je suis toujours en compagnie stimulante pour l’activité du moment!

J’ai toujours occupé mes moments de loisirs pour développer de nouveaux talents selon mes goûts… Baignant encore dans l’amour et le plaisir, ça me détend et ça m’énergise! J’avoue que plusieurs de ces talents me servent ensuite dans mon travail.

Prendre plaisir à cuisiner, à jardiner, à peindre, à chanter, à méditer pour se ressourcer. À aller à vélo, en ski, en patin… Que sais-je?

Faites-vous triper!

Acceptez d’affronter vos peurs et de sortir de votre zone de confort!

Le plaisir se trouve là : dans la découverte de soi! La première personne avec qui vous êtes en relation 24 heures sur 24, c’est vous!

Je suis toujours étonnée d’entendre des gens me dire que ce qui les empêche d’avoir du plaisir dans la vie, c’est la routine, le conjoint, le travail… Mais en même temps, ils rebutent à essayer des choses nouvelles. Trop épeurant! Trop fatiguant!

Laissez tomber le pâté chinois et essayez autre chose!

Changez de pays à chaque année pour votre voyage dans le sud!

Changez de terrain de camping à chaque été!

Essayez de nouvelles pistes cyclables, de nouvelles patinoires. De nouveaux genres de livres, de films, de jeux!

Apprenez une nouvelle langue!

Faites-vous de nouveaux amis, de nouvelles relations.

Changez de conjoint si ça ne fait plus votre affaire!

Laissez vivre ce ti-cul intérieur qui vous habite!

Si nos choix de vie sont basés en premier lieu sur le matériel et le confort à court terme, on se met un doigt dans l’œil… Si on fait des choix de vie en fonction des choses que l’on aime et qui nous passionnent, alors tôt ou tard, l’argent se pointe et le temps aussi pour en faire encore plus!

J’en suis la preuve vivante!

Avec plaisir!

Avec plaisir, par pur plaisir, pour le plaisir, sur le plaisir, dans le plaisir… Une petite réflexion à propos du plaisir.

La saveur des framboises encore chaudes de soleil; l’odeur délicieuse des fraises des bois qui s’écrasent sous mes petits pieds nus; la sensation voluptueuse des coulées de jus de nectarine sur mes lèvres de gourmande; le parfum enivrant des seringas dans la douceur des nuits de juin; la caresse délicate du vent chaud de l’été; la splendeur des magnolias; la beauté des cieux étoilés, des aurores boréales; l’inoubliable expérience de mon corps immergé dans les eaux limpides d’un lac du nord, d’une mer du sud, d’une froide rivière ou d’un bon bain chaud; l’émouvante grandeur de la musique de Gustave Mahler; le réconfort irremplaçable des bras de l’aimé, la merveille de son toucher, la profondeur de nos jouissances; le rire et la tendresse contagieuse de mon cercle de femmes; le jeu insouciant des enfants; par où commencer pour parler de plaisir

Qu’est-ce que le plaisir?

« Le plaisir est parfait. C’est pourquoi le plaisir perfectionne, embellit, réconforte, gratifie. » – André Moreau

Bien sûr, nous savons ce qu’est le plaisir! Expérience bienheureuse, sensation voluptueuse… Mais si on allait un peu plus loin, histoire de comprendre l’importance du plaisir dans notre réalité d’humain moderne.

Le plaisir est, en fait, une réaction organique, c’est-à-dire une réponse physiologique nous indiquant un état de satisfaction de l’organisme. Selon Antonio R. Damasio, neurologue et chercheur américain, les états de plaisir et de joie « …signifient que la coordination physiologique est optimale et que le cours des opérations glisse. Non seulement ils favorisent la survie, mais aussi la survie dans le bien-être. » Il prétend aussi que ces états de plaisir et de joie nous prédisposent à une plus grande aisance à agir. Le plaisir serait donc non seulement agréable, mais il constituerait une voie royale vers la réalisation de soi. Génial non? La réaction de plaisir, peu importe son déclencheur, demeure une expérience profondément physique et est liée à la production d’opiacées endogènes ou endomorphines. Ce sont ces substances biochimiques qui produisent en nous la sensation de bien-être qui définit l’état de plaisir. Mais, ce qui est vraiment merveilleux, c’est que comme le dit le Dr Gérard Leleu dans son Traité du désir, ces endomorphines « … non contentes de nous offrir l’état de jouissance, nous réservent d’autres bienfaits : elles apaisent l’anxiété, stimulent la bonne humeur, atténuent les effets du stress, calment la douleur et stimulent les facultés intellectuelles ». En plus, il semblerait que ces merveilleuses petites drogues autoproduites favoriseraient la régénération organique et la réparation des tissus. Un bain de jouvence!

Le pouvoir intégrateur du plaisir

Le plaisir est donc un mouvement fondamental de la vie, un instinct, un fantastique mécanisme que la vie elle-même a posé au cœur de nous pour assurer sa propre survie. Malheureusement, des millénaires de civilisation, de judéo-christianisme et de culture dualiste nous invitant à dissocier corps et esprit, ont eu raison de cet instinct de plaisir. Plaisir démonisé ou banalisé, plusieurs d’entre nous en avons perdu soit le respect, soit le chemin.

Recréer ce chemin, retrouver cet accès et ce respect me semble une priorité absolue pour chacun d’entre nous. En fait, retrouver ce droit fondamental au plaisir, c’est récupérer notre discernement, notre capacité à choisir ce qui est bon pour nous. C’est ce qui nous permet de construire notre vie à l’image de nos rêves et de nos désirs. C’est ce qui nous permet de sortir des impératifs sociaux, des modèles imposés ou appris pour enfin suivre les enseignements de la vie elle-même. Retrouver cette pleine permission au plaisir, c’est récupérer un droit de naissance, celui de la liberté.

Le plaisir nous permet d’appréhender la réalité par le biais de l’expérience personnelle. Le plaisir dont je parle ici n’est pas d’ordre intellectuel, ce n’est pas un concept ni une idée, mais une expérience vécue dans l’instant, profonde et unique à chacun. Bien sûr, dans une société où la raison a préséance et la réalité corporelle, le ressenti n’a plus ou peu de valeur, la notion de plaisir s’est pervertie et nous sommes passés du plaisir d’être au plaisir d’avoir ou de savoir…

Et Dieu vit que cela était bon…

Retrouver cette sagesse, celle du dieu créateur de la genèse qui constate la perfection du monde qu’il crée à partir du plaisir qu’il éprouve : l’invitation est lancée! Une invitation à revenir profondément habiter nos corps de chair, de sang et de mystère, à cultiver notre habilité à éprouver du plaisir, à rechercher le plaisir, à le débusquer dans les moindres gestes et événements de notre vie quotidienne. Trouver l’extra dans l’ordinaire et créer l’enchantement à chaque instant! La clef se trouve dans l’instant, dans le plaisir d’être plutôt que dans celui d’avoir. Et ce plaisir d’être vient nous guérir de bien des misères. Il nous permet de nous percevoir de l’intérieur.

De l’expérience du plaisir, de la réhabilitation de ce que j’aime nommer le corps de plaisir, naît l’émouvante sensation de gratitude d’être soi-même. Lorsque je jouis vraiment, je n’ai plus envie d’être quelqu’un d’autre.

La récupération de ce corps de plaisir nourrit l’amour du propre corps. Un corps de jouissance est un corps pour lequel nous éprouverons facilement de la reconnaissance et cette reconnaissance facilite grandement la reconstruction de l’image positive du corps. Et ce corps aimé nous procure plus de plaisir!

En fait, le plaisir nous amène à sortir de la tyrannie de l’image imposée, qu’elle soit culturelle ou sociale, de l’esthétique plastique pour entrer dans la perception de la beauté qui naît de l’expérience, l’esthétique anthropologique.

Retrouver notre sensibilité face à l’existence, nous abreuver de chaque source de plaisir, profiter de la douceur des draps sur notre peau, de l’onctuosité d’une crème de corps, de la chaleur du soleil, de la saveur des aliments, de la tendresse d’un regard, être touché, caressé tous les jours… faire comme le dieu de la genèse et constater que cela est bon… Beau projet de printemps!

Au plaisir!

Bibliographie :

Spinoza avait raison, Antonio R. Damasio, éd. Odile Jacob

Le traité du désir, Gérard Leleu, éd. J’ai lu

Orgasme et être, André Moreau, éd. André Moreau