Crise d’ado : Les cheminements nécessaires

Lorsque l’enfant franchit le cap de l’adolescence et qu’il rejette valeurs et éducation reçue, comment agir adéquatement? De quelle manière les parents peuvent-ils demeurer eux-mêmes tout en favorisant l’autonomie de l’ado?

Voici des questions incontournables lorsque la crise de l’adolescence se pointe au tournant. Même si tous les parents savent que la période charnière qu’est l’adolescence sert au développement et à l’affirmation de l’identité de l’enfant, parents et ados perdent l’harmonie de leur relation et par le fait même perdent pied lorsque le jour se lève sur cette période nébuleuse. Faut-il s’accrocher à la relation passée, quitte à s’oublier?

Accepter que la relation change

Le défi repose sur la volonté de comprendre une situation très souvent incompréhensible. Le désir ou l’habitude de vouloir contrôler l’ado est difficile à perdre et pour cause. Le parent a dirigé et orienté les valeurs de l’enfant, lui a transmis des connaissances et a sollicité des prises de conscience. Il a également favorisé son développement physique et intellectuel par des expériences enrichissantes à travers des voyages, la pratique de sports et bien d’autres. Tout ça pour lui donner des outils afin qu’il devienne un adulte responsable et heureux.

Le danger est de s’accrocher à la perception que nous avons de notre enfant même lorsqu’il tente de devenir un adulte. La tâche est colossale, car certains ados sont plus récalcitrants et réactifs devant les parents… et la réciprocité est valable. Est-ce possible de trouver l’équilibre entre le lâcher-prise et la supervision à distance? Oui, et dans le meilleur des cas, reconnaître les besoins de son ado tout en respectant les siens aide grandement.

La première chose à faire est certainement d’accepter que la relation avec notre enfant change une fois l’adolescence venue. Nous avons remarqué qu’il est passé d’un être doux, affectueux, adorable, charmant et sportif à un humain étrange qui ne cherche que le plaisir, l’absence d’exercices et d’efforts. Le mode interventions-conseils ne fonctionne plus, au contraire, cela ne fait que jeter de l’huile sur le feu. Alors, comment modifier votre interaction? En restant à l’écoute de nos besoins et des siens.

Comment demeurer ancré durant les crises?

Même avec la plus grande volonté du monde, les crises sont importantes et nécessaires, car il faut bien admettre que nous ne pouvons faire une omelette sans casser des œufs. Alors, toute métamorphose nécessite des révoltes, des ajustements, des mises au point et des conflits.

L’ado se voit coincé dans une période très difficile également. Le changement hormonal, les difficultés à l’école, les prises de bec avec l’entourage au complet – y compris les parents, – et les journées où il se sent perdu. Ces journées sont plus fréquentes que les parents ne le pensent.

Il choisit de ne plus se fondre avec les parents puisqu’il cherche son autonomie et son identité au travers de ses amis. Il tente de faire le point entre l’éducation reçue et ses propres désirs. Pour ce faire, il fait éclater tout ce qui l’entoure pour tenter de reconstruire à son goût. Pas facile de garder son sang-froid durant les crises, n’est-ce pas? L’envie nous vient de reprendre nos anciennes habitudes, de reprendre le contrôle et de sévir. Si l’ado est en danger, cette intervention peut être nécessaire, sinon le laisser faire ses propres expériences est souhaitable.

Dans le livre « Mon ado n’est pas un cadeau », l’auteur recommande, à juste titre, d’aimer son ado même si cela ne va pas de soi tous les jours. En demeurant dans l’amour, nous évitons de verser dans le jugement. Durant cette période, la dernière chose dont notre enfant a besoin, c’est bien d’être jugé.

Respecter les différences

Ce qui semble le plus difficile, c’est de ne pas se perdre dans les dédales de l’adolescence, ne pas périr au détriment d’une volonté de comprendre notre ado à tout prix. L’aider à cheminer est une attitude tout à fait louable, mais se rendre malade en mettant en veilleuse nos propres désirs, nos besoins et nos heures de sommeil n’est pas une voie à emprunter.

Cette période arrive souvent pour nous faire cheminer justement en nous permettant de nous recentrer afin de faire de nouveaux choix de vie. Nous devons forcément nous questionner sur nos valeurs réelles si nous ne voulons pas nous faire happer par la tempête qui va et vient selon l’humeur du jour. Une excellente façon d’apporter support et appui à notre enfant est certainement de garder notre énergie et de rester ancré dans l’essence même de notre être. Ce n’est pas toujours simple!

Il est de bon ton de chercher, encore une fois, l’équilibre en ne dépassant pas nos limites. Le fait de nous respecter dans nos valeurs et dans nos actions qui sont en harmonie avec notre discours offre un exemple magnifique à notre ado quant à la solidité d’une personnalité. Il y a fort à parier que nous deviendrons – à long terme, c’est bien possible –, une source d’inspiration pour lui.

À trop vouloir respecter les exigences de l’autre, combien de fois nous sommes-nous perdus?

Quand la crise d’identité se terminera-t-elle?

La recherche de l’identité est plus intense à l’adolescence, c’est vrai. Pourtant, une fois adulte, certains se cherchent toujours. Bien sûr, il est souhaitable de poursuivre son cheminement, son évolution, afin de s’améliorer sans cesse. Pour certaines personnes, la recherche de l’identité ne se termine jamais, tandis que pour d’autres après la période de l’adolescence s’installent une paix, une quiétude certaine. Peu importe la durée, l’important, c’est de demeurer centré afin de ne pas se perdre ni perdre l’autre. Aider son ado à trouver son identité en respectant ses différences, c’est un pas de plus vers l’amour et la compréhension pour nous-mêmes et envers autrui.

Mon Amour – Hymne à la vie

Aujourd’hui, j’ai tellement envie de te dire combien je t’aime. Toi, qui à chaque instant est là, présente en moi. Toi qui habite mon cœur, nourrit mon âme. Toi qui sans artifice, m’aimes, m’accompagnes.

Je te regarde, et mes yeux s’animent. Des étincelles de joie, de vie sont perceptibles. Mon cœur palpite. Mon sang circule à une vitesse folle. J’ai toujours le goût de toi. Le goût d’être là avec toi, de te sentir, de te vivre. Je te regarde et je me sens vivre, presque ivre.

Parfois, tu me perturbes. D’autres fois, tu me fais pleurer. Certaines fois, tu me blesses profondément. Tu touches mes valeurs, mes croyances. Tu m’ébranles. Tu me chavires. Tu me rends, parfois, un peu fou. Mais, au fond, je t’aime.

Je t’ai toujours aimé. Tu me fais rire. Sans cesse, tu crées, juste pour moi, de merveilleux bouquets d’émotions. Tu es là, tu me prends la main, et tu m’amènes sur des sentiers inexplorés. Tu me guides, car tu m’aimes vraiment, totalement, inconditionnellement. Tu me parles d’éternité quand je me sens limité. Tu me dis, crois, espère, avance à ton rythme, mais marche mon amour. Sans fin, tu souffles, tu respires pour moi, en moi.

Parfois, je désespère de toi. Tu me quittes, l’espace d’un instant, et je ne suis plus le même. Tu sais si bien m’amener vers le meilleur. Le meilleur de moi. Le meilleur de toi. Je t’aime tant. Tu te fais belle, charmante, charmeuse. Tu me séduis. Tu m’ensorcelles. Tu te présentes, toute naturelle, vraie, authentique. Je perds pied. Je cède, car je t’aime mon amour. Aujourd’hui, je romps le silence. Je veux que le monde entier le sache. Je ne peux plus me cacher, te cacher. Je t’aime trop. Je veux le crier sans fin, sans cesse; je t’aime, toi, la vie.

Cheminer vers l’harmonie, un état d’esprit!

Les 4 phases majeures d’apprentissage

« Tout dégouline ces jours-ci! La spiritualité dégouline! Me dites-vous que je ne peux pas donner un sens à ma vie parce que je n’aspire à aucune réincarnation? »

Tel était les propos de Pierre Foglia, journaliste pour La Presse, le samedi 15 novembre dernier. Ce constat, fait par une personne qui se dit athée, est bien représentatif de l’état dans lequel se trouve la société d’aujourd’hui, cette société encore bien ancrée dans le dualisme, encore en train de chercher des réponses dans ce monde. Cherche et ne trouve pas…

Et pourtant, ce fameux monde dans lequel nous cherchons et où nous pensons être, n’est qu’un reflet, selon les physiciens quantiques, d’une expérience locale par des êtres non locaux, vous. Vous avez l’impression d’être ici et vous avez peut-être l’air d’être là, mais l’espace n’est qu’une idée de séparation, de dualité, comme le temps. Tout dans cet univers nous ramène au mode de pensée dualiste, où ce que l’on vit, semble bon seulement en comparaison avec le mauvais. Le beau semble beau seulement en comparaison avec le laid. Le gentil ne peut exister que si un méchant existe aussi. Que serait le gentil si le méchant n’existait pas? Il serait, tout simplement!

Le dualisme est le domaine du sujet et de l’objet, le mode de pensée de ce monde, de cet univers dans lequel nous semblons vivre. Il y a vous et les autres. « Il y a vous et Dieu, apparemment séparés l’un de l’autre ». Cette attitude dualiste, très bien expliquée par la physique newtonienne, nous amène à croire que Dieu est à l’extérieur de soi. Ainsi, Dieu est lui aussi considéré avec une attitude dualiste; il est bon ou mauvais, il aime ou il punit ou les deux en même temps… selon son humeur! Ceci décrit bien le conflit par lequel passe chaque être humain en cheminement vers l’harmonie. Cette vision dualiste est un état d’esprit, une attitude intérieure qui décrit la première phase majeure d’apprentissage de l’être humain sur le chemin de la spiritualité.

La seconde phase est une forme plus douce de dualisme. Ici, l’esprit accepte que Dieu soit amour, mais l’esprit reste encore en conflit avec cette idée car si Dieu est amour, est-ce qu’il peut détester? Si Dieu est amour, peut-il être imparfait? Si Dieu aime son fils, est-ce qu’il va le punir? Ce mode de pensée, que l’on pourrait appeler semi-dualiste, en est un où l’esprit commence à perdre une partie de sa peur secrète de Dieu. Dieu semble moins menaçant. Il est encore à l’extérieur de soi, mais on sent qu’il n’est pas nécessairement la cause de notre situation.

Viens par la suite la troisième étape d’apprentissage qui est représentée par la vision spirituelle non dualiste. Celle-ci nous amène à remettre en question sérieusement notre croyance en la séparation. Nous prenons conscience de l’effet miroir (l’extérieur de soi est à l’intérieur de soi et vice-versa) et du principe de l’unité où tout est relié. Il n’y a plus de sujet, ni d’objet, nous ne faisons qu’un…, mais avec qui ou avec quoi? « Presque tous ceux qui se posent cette question y répondent en disant que c’est avec Dieu ». Le non-dualisme peut sembler répondre à la satisfaction de plusieurs êtres qui sont en quête de vérité et de maîtrise de leur esprit, comme l’a effectivement fait Bouddha. Mais le non-dualisme ne reste encore qu’une imitation de l’unité authentique, le non-dualisme pur. Il n’en demeure pas moins que le non-dualisme traditionnel est une étape nécessaire, car il éveille chez les gens la capacité de remettre en question tous leurs jugements et toutes leurs croyances. Ainsi, ils reconnaissent le principe de l’unité, ce qui est un pas dans la bonne direction. La physique quantique démontre très bien cette idée de non-séparation et d’illusion par le simple fait que la pensée crée, que l’on ne peut même pas observer une chose sans causer un changement en elle au niveau subatomique. « Tout est dans l’esprit, y compris notre corps. » Par contre, il y a une vérité qu’aucune philosophie n’enseigne, sauf une et qui est rarement bien acceptée dans ce monde; « c’est que cet esprit est lui-même une illusion ». L’erreur du non-dualisme est de présumer que l’être humain et cet univers tout entier ont été créés dans leur forme présente par Dieu, ce qui permet de les légitimiser plutôt que de les abandonner éventuellement.

Si l’unité seule existe, tout autre chose qui paraît exister doit avoir été inventée. Abandonner l’idée que Dieu est l’auteur du monde est la prochaine étape à franchir pour atteindre la quatrième phase d’apprentissage de l’être, le non-dualisme pur. Si Dieu est parfait et éternel, tout ce qu’Il crée doit l’être également. Nous ne pouvons pas avoir à la fois notre univers et avoir Dieu. « Ils s’excluent mutuellement. Tout ce qui vient de Dieu doit être exactement comme lui. Le non-dualisme pur ne fait aucun compromis sur cet énoncé ». Dieu ne pourrait rien créer qui ne soit pas parfait. Cette logique est sans faille. Mais c’est quelque chose que pratiquement personne ne veut réellement étudier et apprendre. Ça effraie tout le monde inconsciemment (et consciemment!), puisque ça implique l’abandon de toute individualité ou identité personnelle. Et pourtant cette étape nous apprend que l’on ne perd rien pour recevoir tout (ou le TOUT!). Si Dieu est amour, Il n’est rien d’autre et nous non plus. Le non-dualisme pur nous fait prendre conscience que nous n’existons même pas individuellement, à aucun niveau, qu’il n’y a même pas d’âme individuelle ou séparée. Il n’y a que Dieu… ouf, pas facile à digérer! Il ne faut pas oublier que chacune des quatre phases majeures d’apprentissage est un long chemin vers la paix, un chemin imprévisible, parfois difficile et à travers lequel un individu interprétera un même texte de façon différente, selon la phase d’apprentissage dans laquelle il sera engagé. Toutes ces phases ne sont qu’une attitude intérieure, un état d’esprit qui nous amène à cheminer vers l’harmonie.

Le chocolat noir : plaisir non coupable

Parmi les recommandations alimentaires que l’on propose dans les temps qui courent, manger du chocolat noir est l’une des moins difficiles à mettre en pratique. Comme nutritionniste, je dois continuellement stimuler les gens à manger plus de légumes. En ce qui concerne ce groupe alimentaire, leur mémoire défaille, ils oublient et on doit donc leur rappeler jour après jour d’incorporer plusieurs portions de légumes à chaque repas. Par contre, lorsqu’on leur dit que le chocolat est un aliment favorable du point de vue santé, on a seulement à leur dire une seule fois et c’est fait, cette recommandation est imprégnée dans leur mémoire à jamais.

Saviez-vous que?

Au Québec, les produits dérivés du cacao représentent la deuxième exportation bioalimentaire après le porc.

Les bénéfices du chocolat

On prête de plus en plus des vertus intéressantes au chocolat. Il serait bénéfique pour le cœur, pour la mémoire, il aurait des propriétés antioxydantes et anticancéreuses, il serait bon pour le moral et le cerveau et même calmerait la toux. Est-ce que tout ça est vrai? Il s’avère que de plus en plus d’études sont faites à son sujet, mais regardons de plus près ce que les scientifiques ont découvert.

En premier lieu, il faut savoir que les principaux éléments protecteurs du chocolat sont des composés nommés polyphénols (ou flavonoïdes) qui sont des antioxydants exceptionnellement efficaces.

Le chocolat est composé principalement de cacao et de beurre de cacao. Fait à retenir ici, c’est le cacao qui comporterait des bienfaits sur la santé.

Le chocolat blanc pour sa part ne contient pas de polyphénols puisqu’il est fabriqué seulement à partir de beurre de cacao.

Saviez-vous que?

La capacité antioxydante du cacao serait quatre à cinq fois plus élevée que celle du thé noir, deux à trois fois plus élevée que celle du thé vert et deux fois plus élevée que celle du vin.

Chocolat et prévention du cancer

La grande capacité antioxydante des polyphénols du chocolat fait de lui un aliment intéressant pour se protéger des cancers. À noter que plus le chocolat est noir, plus il contient de polyphénols et la poudre de cacao est la grande gagnante pour la teneur la plus élevée.

Pourquoi les antioxydants sont si importants? C’est qu’ils ont la propriété de protéger les cellules contre les fréquentes attaques des radicaux libres, ces molécules instables connues pour leur rôle dans le développement du cancer

Contenu en polyphénols
AlimentsContenu (en mg/100g)*
Cacao (4 c. à thé)400
Chocolat noir (50 g)300
Thé vert250
Vin rouge (125 ml)150
Tableau tiré du livre Les aliments contre le cancer par Dr Richard Béliveau * Peut varier selon la provenance et le mode de fabrication

Lait avec chocolat; malheur!

Les effets bénéfiques du chocolat sont largement diminués si on le combine avec du lait. Des études ont révélé que les protéines du lait réduisent de moitié l’absorption des précieux polyphénols dans l’intestin.

Vous n’aimez pas le côté amer du chocolat noir?

Optez alors pour ceux qui ont des petits ajouts adoucissants. Essayer le chocolat à l’orange, aux canneberges, aux bleuets ou aux framboises. Sinon, il y en existe aux amandes, au quinoa soufflé, aux épices, au thé vert, au gingembre ou au café expresso.

Les ingrédients du chocolat

La lécithine

Attention, on retrouve souvent de la lécithine de soya modifiée génétiquement dans les chocolats. La lécithine de soja sans OGM, la lécithine de tournesol et la lécithine de colza sont aujourd’hui des alternatives naturelles.

Chocolat truqué

Dans plusieurs chocolats commerciaux douteux, le beurre de cacao est souvent remplacé par de l’huile de palme qui coûte 10 fois moins cher. On peut aussi retrouver de la paraffine dans la liste des ingrédients pour le rendre luisant et de la vanilline de synthèse à la place de la vraie vanille. Soyez attentif!

Le sucre ajouté

Plus il y a de cacao dans un chocolat, moins il contient de sucre. Celui à 70 % et plus de cacao est le choix le plus judicieux. Le goût est quelque peu amer, mais c’est plus facile de s’arrêter après 3 ou 4 morceaux.

La qualité du sucre ajouté est un des critères majeurs à vérifier. Opter pour les chocolats sucrés avec des sucres plus naturels comme le jus de canne évaporé (ou sucre non raffiné ou brut).

En utilisant la poudre de cacao pour faire la sauce plutôt que de faire fondre le chocolat, on obtient une sauce beaucoup moins grasse et calorique.

L’effet aphrodisiaque n’est, au désespoir de plusieurs, toujours pas prouvé et de plus il serait faux de croire que le chocolat favorise l’acné ; à moins d’en abuser évidemment!

Sauce au chocolat faible en gras

1 tasse de poudre de cacao (biologique et équitable de préférence)

1 tasse de boisson de soya biologique

1/2 à 3/4 tasse de sucanat (jus de canne évaporé) ou sirop d’érable (au choix)

Pour tremper des fruits, mettre sur des crêpes, pour napper des desserts glacés au soya ou utiliser comme coulis pour un gâteau ou brownies.

Saviez-vous que?

La police suisse a distribué des barres de chocolat aux automobilistes lors de contrôles routiers dans le canton de Fribourg pour récompenser les bons conducteurs (juillet 2007).

Les petits travers du chocolat

Chocolat et dépendance

Dans un article du numéro de septembre de la revue Brain, l’équipe de chercheurs du Dr Small ont démontré que la consommation de chocolat active certaines régions du cerveau, les mêmes parties que lors de la consommation de produits qui entraînent une dépendance, comme la cocaïne. Le Dr Small explique que ce système de « plaisir » éprouvé par la consommation de chocolat est un modèle de l’addiction efficace et sans danger.

Ce que la vie m’a appris

Je devrais plutôt tenter de dire ce que les rencontres, les séparations, les découvertes, les éblouissements comme les désespérances m’ont appris dans le sens de me découvrir, de me construire, d’influencer le déroulement de mon existence.

J’ai ainsi appris que la vie n’est faite que de rencontres et de séparations et qu’il nous appartient de les vivre en acceptant de nous responsabiliser face à chacune.

J’ai appris encore qu’il y a toujours une part d’imprévisible dans le déroulement des jours et donc qu’il m’appartenait de savoir accueillir les cadeaux inouïs ou les blessures qui peuvent surgir dans l’immensité d’un jour.

J’ai appris bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l’instant, à ne pas rester enfermé dans mon passé ou me laisser envahir par des projections sur un futur trop chimérique.

J’ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la Vie d’être présente en moi et autour de moi, à l’honorer chaque fois que cela m’est possible, à la respecter en toute occasion, à la dynamiser avec mes ressources et mes limites.

J’ai appris difficilement à m’aimer, non d’un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation était grande) mais d’un amour de bienveillance, de respect et de tolérance.

J’ai appris avec beaucoup de tâtonnements à me respecter en osant dire non quand je suis confronté à des demandes qui ne correspondent pas à mes possibles ou à ma sensibilité.

J’ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d’un oiseau, comme dans le geste d’un enfant pour tenter de capter le vol d’un papillon ou encore dans le sourire d’un vieillard qui croise mon chemin.

J’ai appris patiemment que nul ne sait à l’avance la durée de vie d’un amour et que toute relation amoureuse est une relation à risques. Des risques que j’ai pris.

J’ai appris douloureusement que je n’avais pas assez pris de temps pour regarder mes enfants quand ils étaient enfants, que j’aurais dû savoir jouer et rire avec eux, plus souvent et surtout chaque fois qu’ils me sollicitaient, que je n’avais pas su toujours les entendre et les accueillir dans leurs attentes profondes et surtout que j’avais trop souvent confondu mon amour pour eux avec quelques-unes de mes peurs tant je voulais le meilleur pour eux, tant je désirais les protéger des risques (que j’imaginais) de la vie.

J’ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s’accélérait en vieillissant et qu’il était important non pas d’ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années.

J’ai appris malgré moi que je savais beaucoup de choses avec ma tête et peu de choses avec mon cœur.

J’ai appris que je pouvais oser demander si je prenais le risque de la réponse de l’autre aussi frustrante ou décevante qu’elle puisse être, que je pouvais recevoir sans me sentir obligé de rendre, que je pouvais donner sans envahir l’autre et refuser sans le blesser.

J’ai appris sans même le vouloir, que j’avais des besoins et qu’il ne fallait pas les confondre avec des désirs.

J’ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre tout l’inutile dont je me suis encombré pendant des années.

J’ai appris joyeusement à planter des arbres, c’est le cadeau le plus vivant que je peux faire jusqu’à ma mort à cette planète merveilleuse qui a accueilli mes ancêtres et surtout mes géniteurs.

J’ai appris doucement à recevoir le silence et à méditer quelques minutes chaque jour pour laisser aux vibrations de l’univers la possibilité de me rejoindre et de m’apprivoiser encore un peu. Oui, j’ai appris beaucoup et pourtant je cherche encore l’essentiel.

Le manifeste de la personne heureuse – Je suis unique

Je suis une ressource naturelle illimitée, d’une valeur incroyable, à laquelle j’ai seul accès : personne n’a le pouvoir de transformer ma vie comme je le peux. Personne n’est responsable de mon bonheur. Alors, qu’est-ce que j’attends pour m’y mettre?

Je suis un individu unique; il n’existera jamais dans toute l’histoire de l’univers une autre personne exactement pareille à moi. Ce que je vois, ce que je vis, personne ne le verra à travers les mêmes yeux, personne ne le percevra du même point de vue, avec les mêmes émotions, la même passion, les mêmes valeurs, le même bagage psychologique. Chaque moment m’est unique.

Je suis une personne de la plus haute importance! Nous sommes tous liés l’un à l’autre, et mes actions influencent la vie de tous et chacun. Personne ne peut contribuer à l’univers à ma façon. Je suis responsable de fournir cette contribution, car personne ne peut le faire à ma place. Je me dois donc de cultiver pleinement mon potentiel personnel. Si je ne le fais pas, je suis injuste envers le monde entier, mais, avant tout, envers moi-même. Je mérite d’être la meilleure personne que je puisse devenir.

Je suis unique et je reconnais que les autres le sont aussi. Je ne chercherai pas de modèle à imiter, car je ne pourrai atteindre la perfection que dans ma propre peau. Je m’inspirerai des qualités louables des autres, mais je suivrai ma propre voie. Je sais que je ne serai jamais à mon meilleur si je nie mon moi intérieur authentique au profit d’une imitation.

Je reconnais que le développement de mon plein potentiel requerra un effort constant et ardu – mais combien satisfaisant! – sans que je cherche en plus à réaliser le potentiel de l’autre! Ma vie m’appartient, je peux en faire ce que j’en veux. Je ferai face à la critique, tout en sachant que j’ai été honnête envers moi-même, que j’ai fait de mon mieux.

Je prendrai le temps d’apprendre à bien me connaître, afin de déterminer qui je suis vraiment en mon for intérieur et ce qui fait de moi la personne extraordinaire et unique que je suis. Je chercherai au fond de mon cœur ma propre vérité et je la chanterai tout haut. Je découvrirai ce qui fait mon individualité et j’en serai fière! Je demeurerai humble, par contre, et ouverte à toute possibilité d’amélioration.

Je ne laisserai pas « C’est comme ça que je suis! » restreindre ma croissance personnelle. Je reconnaîtrai les changements bénéfiques au plein développement de mon potentiel. Je ne me cacherai pas derrière de fausses excuses, je ferai preuve de clémence envers moi-même, et je me fierai à moi-même pour bâtir mon avenir. Je revendiquerai le bonheur qui me revient.

Je m’aime. Je m’accepte. Je m’améliore. Je suis heureuse et j’y ai droit! Apposez votre signature ci-dessous si vous êtes aussi une personne unique, heureuse, importante, extraordinaire.

Oser être authentique – Un défi qui changera votre vie…

Quand on sent le besoin de porter un masque pour plaire aux autres, qu’on exécute des pirouettes à n’en plus finir pour se faire aimer de notre entourage, c’est le signe qu’on n’est pas suffisamment fidèle à soi-même. Tout ce que j’ai fait dans ma vie pour me faire aimer, vous ne le croiriez pas! Comme je ne m’aimais pas comme j’étais, je ne pouvais imaginer que quelqu’un d’autre puisse le faire. C’est normal. C’est pourtant derrière cette porte de l’authenticité que se cachait le plus grand obstacle à mon bonheur…

L’authenticité nous permet d’être enfin nous-mêmes en toutes situations. Quand je parle d’authenticité, je parle évidemment de transparence. Et avant d’être transparent vis-à-vis des autres, vous conviendrez qu’il faut d’abord l’être avec soi. Donc, cessons autant que possible (car ce n’est pas toujours le cas) de faire le caméléon et de changer de masque au fil des situations et des gens rencontrés durant une journée. Nous sommes nés avec un corps particulier, un caractère bien à nous, et des habitudes de vie qu’on nous a inculquées. C’est avec ces traits précis de notre personnalité que nous devons donc avancer dans la vie. Bien sûr, tout peut changer en cours de route et c’est même tout à fait souhaitable. On peut certes améliorer certaines choses en nous, modeler et améliorer notre caractère, changer notre physique même. Par contre, le rythme de notre évolution dépendra invariablement de notre degré d’acceptation de soi. Avec l’acceptation, les grands changements se produiront tout seuls, sans effort ni souffrance, sans thérapie interminable ni régime drastique. Si nous sommes tels que nous sommes aujourd’hui, c’est que c¹est ainsi que nous devons être.

L’être foncièrement heureux n’a plus aucune raison de porter de masque. Au travail, à la maison, dans ses relations interpersonnelles, il sera toujours le même. Ce n’est pas tout à fait ce que la société nous a montré, n’est-ce pas? Vous n’avez qu’à vous rappeler lorsque vous étiez plus jeune, tout ce que vous ne pouviez pas faire ou dire en présence de tel oncle ou telle tante. Vous en auriez long à dire, n’est-ce pas? L’enfant est transparent de par sa nature profonde et nous devrions être à son image, au risque de déplaire à certaines personnes. Bien sûr, cette transparence peut paraître utopique à certains, car on nous a toujours fait comprendre de ne pas dire certaines choses si on voulait être aimé.

Le mensonge appartient à l’ego. Au niveau de l’âme ou du cœur, il ne trouve jamais sa place. C’est pourquoi, plus nous évoluons, plus le mensonge, petit ou grand, peut disparaître de notre vie. D’ailleurs, des êtres imprégnés de sagesse ne se mentent jamais, ni à eux-mêmes ni entre eux. Ils savent se montrer tels qu’ils sont, sans juger l’autre selon leurs propres critères. Ils sont comme des enfants. Avez-vous remarqué comment les enfants en bas âge sont des modèles de transparence? Ils le sont aussi longtemps qu’ils ne deviennent pas pollués par les peurs des adultes. Un des secrets du bonheur consiste donc à oser montrer aux autres, comme à nous-mêmes, qu’une seule personnalité. Vous connaissez peut-être des gens qui, au bureau, sont doux et réservés, mais dès qu’ils franchissent le seuil de leur maison, peuvent devenir désagréables, voire violents, envers leur conjoint ou leurs enfants.

L’authenticité est l’une des qualités les plus prisées dans le monde. Ce que nous apprécions le plus chez les autres, c’est d’ailleurs ce que nous voudrions posséder nous-mêmes. Prenez par exemple les adolescents : ils tapissent parfois les murs de leur chambre d’affiches représentant leurs groupes de musique ou artistes préférés. Au lieu de les juger selon vos propres critères, demandez-leur ce qu’ils admirent le plus chez leurs idoles, et leurs réponses vous renseigneront sur leurs aspirations profondes, sur ce qu¹ils sont venus développer dans leur existence : la confiance en soi, le besoin d’affirmation, le désir d’exprimer ouvertement l’amour qu’ils n’osent pas extérioriser, etc. Leur désir viscéral d’authenticité les porte à exprimer parfois violemment ce qu’ils attendent de la société et la frustration qui s’installe en eux en s’apercevant que celle-ci ne le leur fournira pas. C’est peut-être pourquoi les vedettes faisant preuve d’une entière transparence sont les plus adulées par le public. Par exemple, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Céline Dion jouissait d’une telle popularité à travers la planète? Elle a certes une belle voix et un bon manager, mais ce qui la rend si populaire et attirante, c’est son authenticité. Elle donne l’impression, et c’est sûrement vrai, d’être la même femme sur scène que dans la vraie vie.

Osons donc faire preuve de transparence en tout, montrer aux autres notre vrai visage, et cela, que ça leur plaise ou pas. Au début, il est normal d’être maladroit à cet exercice. Par contre, soyez assurés que même si certains prétendus amis se permettent de vous juger, les véritables, eux, commenceront à vous apprécier davantage et à votre juste valeur. Tout au long de mon cheminement, j’ai rencontré nombre de personnes à la réputation plus qu’enviable, mais qui agissaient à l’opposé de ce qu’elles prêchaient – remarquez que je l’ai peut-être fait moi aussi… La plupart d’entre eux ont fini par se retrouver seuls sur leur île de plus en plus déserte, ou ils ont succombé au piège du pouvoir et de l’argent. Aujourd’hui, je ne les juge plus, car je sais qu’ils sont de grands maîtres en devenir. Ils ont été happés par les tentacules de l’ego et se sont donné comme défi de gérer le pouvoir sans s’y perdre. Tout un défi! Qu’ils réussissent ou non, cela n’a pas de réelle importance. S’ils ratent leur sortie, ils reprendront peut-être un jour où ils étaient rendus… Si vous voulez répandre autour de vous des perles que vous avez acquises par vos expériences de vie, n’essayez pas de le faire uniquement par la parole. Souvent, le seul fait de se contenter d’« être » est suffisant pour transmettre vraiment ce que nous voudrions enseigner.

Pour approfondir : Livre disque Les sept portes du bonheur

Oser être un bon compagnon pour soi – Un beau cadeau

En découvrant que la personne avec laquelle nous passons l’essentiel de notre vie, c’est nous-même!

En se rappelant que la pire des solitudes n’est pas d’être seul, mais de s’ennuyer en sa propre compagnie!

En acceptant d’entendre que la violence la plus subtile que nous pouvons nous infliger est de ne pas se respecter en se laissant définir par les peurs ou les désirs de l’autre!

En prenant le risque de dire un oui qui soit réellement un oui qui nous engage ou un non qui corresponde à notre ressenti et à nos limites. En veillant à rester en accord avec le meilleur de nous.

En accueillant le présent comme un PRÉSENT, et chaque manifestation de la vie en nous et autour de nous comme l’équivalent d’un miracle unique.

En n’oubliant pas que même s’il arrive à des événements, de se présenter sous leurs aspects les plus négatifs, ils contiennent aussi une part de lumière qui peut éclairer nos zones d’ombres.

Notre existence a besoin de tout notre amour pour nous révéler et nous permettre d’accéder au meilleur de nos possibles. Oser être un bon compagnon pour soi-même, c’est un beau cadeau à se faire à soi et à tous ceux que nous aimons.

Une robe de soi

J’étais à peine endormie dans le berceau familial, après une longue nuit de tempête, que déjà les fées se bousculaient avec leurs dons pour écrire ma vie.

  • Elle aura le nez crochu de sa tante Émilie, les épaules larges de son grand père qui a vécu la guerre.
  • Elle aura le courage de sa grand-mère, veuve avant que son visage n’attende les rides du temps; elle aura aussi la colère qui va avec les chagrins et la misère.
  • Elle aura la légèreté de sa tante Aurore, l’artiste qui a vécu sa vie comme une pièce inédite dans un théâtre aux multiples décors.
  • Elle aura les yeux verts des lacs de montagne dans lesquels se miroitent les vieilles pierres des sommets intacts.

Sur ma peau s’est inscrit donc très tôt, une histoire que je connaissais par cœur, car la famille la répétait depuis si longtemps que les répliques sortaient spontanément. Quand j’oubliais quelques passages, je montais dans le grenier de ma grand-mère, et soulevait la poussière des âges pour ressortir une aïeule oubliée, un fantôme devenu gris, une poupée toute cassée. C’est là que je trouvais la robe fleurie de tante Rose, celle qui avait eu le cœur brisé au milieu d’une valse et quand je me rendis compte qu’elle était à ma taille, j’entendis dans le miroir, les notes d’un soir de bal.

Ma mère aussi, sans le savoir, cousait sur les voiles de mon innocence, les patchworks de son inconscience. Arrivée aux portes de la jeunesse, j’avais perdu mes tresses, la grâce des enfantillages, les rêves d’une autre vie dont il n’y avait plus aucune trace. J’étais une créature avec la crinière de lion d’un grand père militaire, les pattes élancées d’une autruche comme tante Aurore qui aimait danser; j’avais le cou gracile d’une girafe et la voix posée de ma mère quand elle avait la joie de chanter. La peau de la panthère rappelait le velours dévoré de la robe d’une tante Rose trop vite délaissée. J’étais une chimère, une personne construite de pièces rapportées qui avaient toutes leur histoire et leur part de vérité, mais que j’avais du mal à faire tenir ensemble. J’aurais eu besoin de plusieurs chirurgies esthétiques pour rendre à l’ensemble une cohérence décente. Mais aucun médecin ne voulut prendre ce risque.

Seul un artiste peintre dont je tombai amoureuse, réussit à faire mon portrait en tentant de dissimuler sous les couches de couleurs, un passé qui s’obstinait à vouloir durer. Il fut le premier à révéler une partie de moi-même que j’avais complètement occultée.

Mais la chimère ne fut pas très contente de voir que sous les doigts habiles d’un amour magicien, les traces du temps indélébiles pouvaient disparaître en moins de rien.

L’autruche voulait danser tandis que le lion cherchait à faire la loi. La panthère restait couchée au soleil alors que la girafe cherchait dans les hauteurs, les feuilles du bonheur. Ce fut le chaos initial, l’anarchie intérieure, une bourrasque de contraires qui se leva un matin de juin et coucha à terre, la chimère épuisée. Au milieu des morceaux, je restais endormie comme au premier jour de ma vie et de nouveau, les fées arrivèrent en faisant beaucoup de bruit.

Elles n’avaient pas vieilli, contrairement à moi qui avais eu besoin de traverser les années pour être capable de me voir avec lucidité, au milieu de cette chimère déchirée. Les fées me firent les mêmes dons, force, courage et légèreté, envie de chanter et de m’alanguir, mais vu que les morceaux étaient éparpillés sur le seuil de ma personnalité, je les accueillis différemment, sans m’approprier quoi que ce soit. Ils étaient une partie de moi, mais j’étais plus qu’eux tous réunis.

J’acceptais tous ces dons en remerciant les fées et me relevais, fatiguée et légère à la fois, comme si le poids de la chimère avait changé. J’avais certes toujours une crinière de lion et une tendance à dire facilement non, des jambes fines et habiles pour danser ou parfois fuir quand c’était trop risqué, je gardais le parler girafe pour communiquer sans violence et la peau douce de la panthère pour les soirées tendres. Mais dans le miroir du bazar familial, je voyais une nouvelle image; j’avais perdu quelques patchworks de ma mère et les voiles d’innocence réapparurent autour de moi. Cependant, ils ne flottaient plus comme la mousseline de l’enfance; ils avaient la tenue de l’organza et je sentais dans ce nouvel apparat, les étincelles du discernement qui habille ceux et celles qui ont traversé le tourment.

Je ne laissais personne à terre, ramassais tous les morceaux de la chimère et avec ma propre baguette magique, je dessinais ma nouvelle robe de Soi. Elle était élastique, s’adaptait à tous mes mouvements et à mes changements de taille. Quelques accessoires suffisaient pour varier son usage. Un parfum de présence pour les cocktails mondains, des gants de velours pour les peaux de satin et des perles précieuses pour être belle en plein jour. C’est une robe inachevée, que je crée à chaque instant, comme si j’étais un grand couturier inspiré par l’amour. C’est une robe de Soi pour les toujours momentanés.

Créer en famille, créer sa famille, en toute simplicité

La réussite d’une rencontre créative en famille nécessite la réunion de plusieurs conditions, comme pour tout acte de création. L’une d’elles consiste bien sûr à se réserver un lieu adéquat (séjour, chambre, sous-sol, etc.) et une plage de temps suffisante pour ne pas étouffer dans l’œuf une activité qui a besoin de prendre son envol. Il s’agit également de se faire plaisir et de miser sur la confiance, en soi et dans nos proches. L’importance de cette démarche familiale réside bien moins dans l’objectif à atteindre, que dans l’écoute de notre processus créatif, un pas après l’autre et en toute simplicité avec ceux que l’on aime. Enfin, les encouragements, l’esprit du jeu et la spontanéité sont de fidèles alliés pour éviter le sabotage de l’autocritique et des jugements de valeur sur autrui. Très nombreux sont ceux qui dénigrent leur propre potentiel créateur. J’ai fait partie, moi-même, de ceux dont le verdict est en général sans appel, aussi tranchant que la lame du bourreau : « Moi, je ne suis vraiment pas doué en dessin! » ou « Je ne sais pas écrire ». Il est étonnant de constater à quel point l’autocritique – et l’autocensure qui peut en découler – sont des modes de pensée pour lesquels tant de gens développent presque du talent. Une sorte de conditionnement dès le plus jeune âge a relégué la création à une pratique secondaire, voire tout simplement inutile, et réservée à une élite d’intouchables. Pourtant, faire du beau m’apparaît totalement accessoire, tandis que risquer d’être vrai, au diapason de soi-même, constitue le défi majeur de la vitalité.

C’est en devenant père que j’ai expérimenté des jeux créatifs au sein de la famille, afin de tisser des liens plus subtils entre parents et enfants, mais aussi à l’intérieur du couple. Cela a confirmé une fois de plus que la créativité, cet élan vital qui caractérise l’être humain, coexiste autant chez l’enfant que chez le parent adulte. Dans un univers où le travail et le temps prennent beaucoup de place, la créativité rapproche et consolide. Depuis que notre enfant, le plus grand, est en âge de nous accompagner dans nos créations, nous nous retrouvons régulièrement pour du dessin, des collages, de la peinture et des créations originales autour de la table de la cuisine. Ces moments exceptionnels font aujourd’hui partie de notre quotidien. Pour réaliser des cadeaux, bien sûr, mais surtout sans objectif particulier, pour passer un moment de détente et de plaisir, ensemble. L’avantage est aussi de reléguer aux oubliettes pour quelques heures l’omnipotence des écrans de télévision, de jeux et de téléphonie, capables d’aspirer toute une famille dans son gouffre de passivité et d’individualisme.

Cette initiative créative est aussi venue bousculer des traditions ancrées depuis des générations, comme Noël et les fêtes d’anniversaire. La croissance de nos enfants a coïncidé avec une surabondance de cadeaux souvent inutiles et dispendieux. Cette tendance ne cesse de s’accroître, avec à chaque fois la torture quasi-obligatoire, pour nous autant que pour les autres, de « faire plaisir » et de trouver une bébelle à chacun. En particulier, cette tradition de fêter on ne sait plus trop quoi – le changement d’année, la naissance d’un messie ou l’arrivée du gros barbu par la cheminée – me pèse de plus en plus péniblement. La question s’est posée et se pose encore avec acuité : comment sortir de la spirale infernale du cadeau obligé? Cela n’a pas été facile et ce n’est pas encore gagné, nous avons pourtant introduit l’idée d’offrir « autre chose » à nos proches. Quelque chose de plus humain, dans lequel nous investissons temps, passion et bonne humeur. Nous risquons une attitude différente, démontrant à chaque fois qu’il est possible de s’amuser, et de grandir aussi, dans une activité de créativité familiale. La dernière fois, nous avons ainsi disposé de vieilles chutes de contreplaqué, de colle et de restants de peinture, auxquels se sont rajoutés roches, bois flotté et morceaux de verre dépolis ramassés sur la grève de Tadoussac. Cet assemblage magique a permis la fabrication de cadres à photo très originaux. Dans ces moments-là, plus besoin de parler, car ce sont les mains qui se mettent à raconter, les pinceaux qui chuchotent et les sourires qui créent la connivence. Notre œuvre collective est surprenante, inattendue et n’apparaîtra sûrement pas dans une galerie d’art. Pourtant, elle a été remise par mon fils à ses grands-parents, et je sais que ce présent « fait maison » représente bien plus qu’un cadeau ordinaire. Imparfait, croche, mais unique.