Dire oui à la vie… même si…

Ah non, il n’est pas question d’avoir un chien, et encore moins deux chiens, à la maison!!!

C’est la réponse sans appel que je donnais à mon chum, suite à sa demande d’apporter avec lui ses deux chiens, lorsqu’il a aménagé chez moi avec son garçon. Bien qu’il fut déçu de ma fermeture complète sur ce sujet, il trouva donc une famille qui voulut bien accueillir ses chiens.

Plusieurs années passèrent ainsi, bien que mon conjoint glissait parfois dans la conversation que ce serait plaisant de partager nos activités quotidiennes avec un chien…

Un certain soir de février 2007, j’ouvre le téléviseur et l’émission « César, l’homme qui parle aux chiens » est diffusée à ce moment-là. J’écoute attentivement la philosophie de César et je reconnais la passion de mon chum pour les chiens. Je réalise à ce moment que j’empêche mon chum de vivre de beaux moments suite à ma fermeture à la nouveauté. Comme je suis en formation à l’extérieur, je l’appelle au téléphone, je lui dis que c’est ok, on pourra avoir un chien si ce dernier peut vivre à l’extérieur et non dans la maison.

Pendant quelques semaines, nous feuilletons différents livres sur les races canines pour savoir quel chien s’adapte bien à notre climat. Je suis confiante, je pense que comme j’ai dit oui à mon chum, ça va être comme avec les enfants, il va oublier sa demande d’avoir un chien pour passer à d’autres choses. Ben non, la même semaine, nous apprenons qu’un couple se sépare et comme ils ne peuvent pas garder leur chien, il nous demande si nous voulons l’adopter. Mon chum saute de joie, accepte immédiatement, c’est une femelle labrador, le 1er choix de mon chum…

Le 21 mars 2007, nous accueillons donc cette chienne nommée Kina. Consciencieusement, je m’applique à l’ignorer complètement. Je n’aime pas ça, point à la ligne. Un chien, ça pue dans l’auto quand on se rend au chalet, ça pleure quand je mange, ça bave, ça jappe à tout moment, c’est dépendant et bon voilà, j’aime mieux les chats…

La semaine suivante, nous sommes en route pour le chalet accompagné de la neige qui tombe doucement sur le pare-brise de l’auto. En arrivant au chalet, je verse le fond de ma tasse de café sur la neige. Kina, le chien, s’empresse d’aller lécher le café sur la neige. Aaaaahhhh… là je suis surprise, moi qui adore un bon café, le chien semble du même avis que moi. Bon ben, voilà, un point de gagné pour elle.

Quelques mois passent ainsi et j’ai peu conscience de cette chienne dans son enclos qui épie le moindre de mes gestes lorsque je sors à l’extérieur. Mais je continue ma stratégie, je la regarde peu ou pas du tout, je ne lui donne pas d’attention, sauf pour la corriger si besoin est.

Un soir, nous nous préparons, moi, mon chum, et ce chien, pour notre marche quotidienne. En attendant mon chum, qui a oublié la laisse à l’intérieur, ce chien qui était fou de joie à l’idée d’aller se promener, se calme, s’assoit face à moi et me fixe intensément. Je sens son regard intense, insistant. Pour la première fois, je tourne mon regard vers elle et je prends le temps de la regarder dans les yeux. À ma grande surprise, je n’y vois que de l’amour inconditionnel. Je suis très touchée, très émue. À cet instant, mon cœur vient de s’ouvrir pour cet animal. Je réalise tout ce que j’ai manqué en l’ignorant. J’avais dit oui avec ma tête, mais j’avais gardé mon cœur fermé à la nouveauté. J’avais permis à mon chum de retrouver ce plaisir de partager la vie avec un chien, mais j’étais restée fermée à ce changement. Si je ne m’étais pas permise d’acquiescer à cette opportunité, j’aurais manqué de beaux moments ainsi que de belles leçons transmises par ce chien. Je n’aurais jamais appris comment on peut aimer sans condition un animal tout en ayant, réciproquement, le respect.

La majorité des êtres humains appréhendent le changement, la nouveauté, l’inconnu. Nous maintenons, quitte que quitte, notre routine, nos habitudes de vie. Malheureusement, même si notre quotidien nous rassure, nous n’apprenons plus, nous n’évoluons plus. Et quand nous osons accepter, avec un cœur ouvert, ce que la vie nous présente, tel un nouvel emploi, un(e) nouveau(le) conjoint(e), une occasion d’affaire, une amitié naissante, etc., nous recevons tellement plus que ce à quoi nous nous attendions. Le mental tente de planifier l’avenir, mais la vie ou l’amour, nous réserve tellement de belles surprises et d’opportunités d’aimer encore plus.

Alors vous qui me lisez en ce moment, êtes-vous prêt(e)s à dire oui à la vie… même si…

Un nouveau monde

Bien que je n’adhère pas à aucune technique spécifique, je médite occasionnellement lorsque le besoin se faire ressentir. Un des mes endroits privilégiés pour méditer se situe à notre chalet. J’aime bien m’asseoir sur le quai en face du lac et contempler la beauté de la nature. Lors de cette période méditative, je me sens particulièrement sereine et calme. Plus souvent qu’autrement, je me centre simplement sur ma respiration et je fais de mon mieux pour laisser aller toutes les pensées apparaissant à ma conscience… et mon Dieu qu’il y en a!

Le mois dernier, je me prépare, je m’habille, je descends les marches pour me rendre sur le quai et je m’assois pour méditer. Notre fameuse chienne Kina, s’amusait pendant ce temps, à courir, à sentir et à se rouler dans un mélange douteux de neige et de boue, à s’éclater quoi. Pendant ces moments de liberté totale pour Kina, je n’existe plus; les stimulations sont beaucoup trop attrayantes malgré mes appels et mes sifflements pour la ramener vers moi. Je la laisse donc explorer avec enthousiasme son territoire en toute liberté. Je ferme les yeux et je m’applique à être tout simplement présente, le fameux « ici et maintenant ». Parfois, pendant la méditation, il se produit un moment merveilleux dans lequel mon cœur déborde de gratitude, de paix et d’amour. À ce moment, je ressens une impression que le monde est parfait tel qu’il est. Malheureusement, dans mon cas, cet état de perfection ne demeure pas très longtemps…

Cet état de béatitude est apparu, le mois dernier, lorsque je méditais au chalet. Kina, qui s’amusait à vagabonder et à sentir un peu partout, s’amène alors et s’assoit calmement à mes côtés. J’en prends conscience à ce moment, car elle me signale qu’elle est là en me léchant le visage… beurk… ce que je n’apprécie pas du tout! Je la regarde et je constate qu’elle est totalement paisible. Toute stimulation qui auparavant l’excitait et la rendait fébrile, semble maintenant la laisser complètement indifférente. Elle semble en paix, connectée elle aussi à l’univers. Ma question est la suivante : comment ce chien fait-il pour connaître (ou peut-être ressentir) le moment particulier de la méditation où je sens une paix infinie et un amour si grand pour tout ce qui vit? Est-ce un hasard? Peut-être…

Ceci me rappelle que lors du Tsunami en 2004 en Thaïlande, il a été mentionné qu’aucun corps animal ne fut retrouvé parmi les décombres. Les animaux ont-ils donc une connexion spéciale avec l’univers? Ont-ils reçu ou développé un sens que nous les humains n’avons pas ou n’écoutons plus? Est-ce simplement qu’ils suivent sans questionnement ce que leur cœur leur dicte et qu’ils agissent selon cet instinct? N’ayant pas d’ego ou de mental, les animaux ne raisonnent pas ce qu’ils doivent faire ou qui ils doivent être. Ils sont authentiques et agissent, c’est tout. Chez eux, la culpabilité, la dévalorisation, le jugement d’avoir agi incorrectement n’existe pas. Chez les humains, par contre, c’est une autre paire de manches. Peut-être est-il temps de laisser aller la voix du jugement, de la dévalorisation et de la culpabilité, pour simplement écouter plus attentivement ce que nous murmure la voix du cœur pour ainsi être, ressentir et agir consciemment par la suite. À quoi ressemblerait la terre si tous les humains prenaient le temps d’écouter en toute conscience? C’est peut-être cela finalement la fin du monde en décembre 2012. On verra émerger un nouveau monde peuplé d’êtres humains paisibles et heureux, ayant écouté et trouvé le sens de leur vie au lieu de vivre de plus en plus rapidement, en cherchant un sens à leur vie.

Vos peurs peuvent vous inspirer!

Qui n’a pas déjà ressenti les tourments de la peur? Apparemment personne puisque la peur est un mécanisme de survie nécessaire et utile qui apparaît lorsque le corps est en danger. Ce type de peur est une peur véritable, vraie. Par exemple, si je rencontre un ours en marchant dans la forêt, tous mes sens seront en alerte face à cette menace potentielle. J’ai trois choix possibles : fuir, attaquer ou figer sur place. Tout dépendra de notre personnalité, des croyances qui nous ont été inculquées dans notre enfance et de notre perception d’une menace réelle, probable et éminente. Ce type de peur est présent pour nous maintenir en vie.

On retrouve également un deuxième type de peur, soit la peur irrationnelle. Il existe une gamme quasi infinie de peurs irrationnelles, telles la peur d’un animal en particulier (souris, couleuvre, chien, etc.), la peur de la mort, la peur de parler en public, la peur de l’avion, la peur de la solitude ou au contraire la peur de se retrouver avec des inconnus, la peur de ne pas dormir, la peur d’engraisser ou la peur de maigrir, la peur de l’engagement, la peur de manquer d’argent, la peur de la maladie, etc. Finalement, on peut avoir peur de tout et de rien et ces peurs sont différentes pour chacun d’entre nous. Malgré qu’elles sont loin de représenter une menace réelle, ces peurs irrationnelles contrôlent notre vie. Jusqu’à maintenant, rien de très inspirant dans ces propos. Toutefois, la bonne nouvelle est que la peur irrationnelle porte en elle un message de dépassement personnel et non de limite. Si un individu ressent ce type de peur face à un événement ou une situation quelconque, cela signifie qu’il y a une limitation. La personne est conviée, parfois ardemment (!) à dépasser cette peur pour évoluer et s’accomplir.

Pour ma part, je ressens les effets de ces peurs irrationnelles depuis un bout de temps. Si vous m’aviez demandé lorsque j’avais 19 ans si j’avais des peurs, je vous aurais ri sarcastiquement au visage en affichant mon plus beau sourire. Aujourd’hui, je fais preuve de plus d’humilité…

Cet été, mon dépassement a été de voyager en moto, avec mon conjoint. Nous sommes partis de Vancouver, avons traversé les Rocheuses canadiennes pour ensuite terminer à Edmonton. Peut-être très banal pour certains d’entre vous, mais pour ceux qui me connaissent, cela représente un très très (ai-je mentionné très?!!) grand défi. J’ai peur de tout déplacement sur la route que ce soit en automobile ou à moto. Alors traverser les Rocheuses en moto pendant deux semaines, je ne vous dis pas l’anxiété que j’ai ressentie… Néanmoins, savez-vous ce qui m’a le plus aidé à profiter grandement de ce voyage? Une théorie apprise pendant mes études et que j’ai voulu valider personnellement. Cette théorie provient de la thérapie cognitive-comportementale (TCC) qui affirme qu’une personne souffrant d’anxiété, suite à ses pensées déformées de la réalité, doit s’exposer aux situations qu’elle évite habituellement. Cette exposition doit être graduelle, répétée régulièrement et d’une durée de 45 minutes minimum. Ce laps de temps est requis afin d’amener une diminution graduelle de l’anxiété. Il est très important lors de l’exercice de ne pas éviter ce qui cause cette anxiété, car cela ne fait que renforcer la peur ou la croyance erronée. Les recherches démontrent que si la personne reste suffisamment longtemps confrontée à la situation redoutée, son anxiété finit toujours par diminuer considérablement. Connaître cette théorie m’a beaucoup servi, car à tous les matins avant de repartir en moto, je ressentais cette fameuse anxiété. Cependant, je savais qu’après avoir été exposée pendant plus de 45 minutes à ce qui m’effrayait, l’anxiété finirait par diminuer. Alors, une prise de conscience se produisait, car ce qui m’effrayait, ne se produisait pas, ainsi je suis parvenue totalement à lâcher prise. J’ai ressenti l’harmonie à chaque journée et j’ai pu profiter pleinement de la beauté de notre magnifique pays.

En dépassant cette fausse peur, j’ai pris conscience que toute limite peut être dorénavant franchie et que je peux réaliser chacun des rêves qui m’inspirent et qui me tiennent à cœur. Oui, la peur sera présente dans tout dépassement, mais elle peut vous guider et vous rendre conscient des limites et des croyances non supportantes que vous vous répétez depuis tellement d’années. Je vous encourage donc à dépasser ces peurs qui vous freinent dans votre vie. Ce peut être banal pour une autre personne, mais pour vous, vous aurez fait un premier pas dans l’actualisation de votre moi profond. Transcender ses peurs est une invitation à vous dépasser, à réaliser ce qui est important dans votre vie. Expérimentez ce que vous n’avez jamais fait auparavant ou depuis très longtemps. Oui, vous ressentirez de la peur, mais seulement parce que vous accomplissez quelque chose de nouveau. Ce n’est pas un signal d’arrêter, mais plutôt de continuer et de vivre pleinement votre vie. Ressentez la peur et faites-le quand même. Prenez aujourd’hui la décision d’effectuer le premier pas vers l’accomplissement de vos rêves!

Quelle couleur suis-je?

Il y a exactement trente ans, j’ai été introduite pour la première fois au concept des quatre couleurs présenté dans ces pages.  Je me souviens de mon étonnement, de mon incrédulité, et d’un certain cynisme face à ce concept.  Comment était-il possible de comprimer l’univers entier dans si peu d’espace?  Comment ma progression spirituelle, mon éveil et ma quête de découvertes intérieures pouvaient-ils bénéficier d’un tel système?  C’était, à mon sens, trop étroit.  L’immensité de l’univers en quatre couleurs?  Plutôt simpliste, non?

Je n’étais pas certaine d’apprécier me faire mettre en boîte, et identifiée par un : « Oh toi, tu es rouge », alors qu’il me semblait tellement plus « spirituel » d’être verte, la couleur des maîtres sur le chemin de l’évolution spirituelle.  Le chemin sur lequel je m’engageais à ce moment-là.

Et pourtant, ce concept des quatre couleurs m’a guidée depuis ce temps à devenir un être équilibré non seulement spirituellement, mais à tous les niveaux.  Les pieds fermement sur terre et le cœur vers les étoiles.

Le chemin de l’éveil spirituel n’est pas le même pour tous.  Et chacun, dans son unicité, doit découvrir sa propre source d’éveil.

Les nuances du bleu

Pour les bleus, l’éveil vient souvent au contact de la nature, les mains dans la terre, le cœur à la protection de l’environnement, à l’émerveillement de la merveilleuse planète sur laquelle nous vivons.  Gaïa, la mère nature, mère nourricière.  Les bleus mangent bio.  Font du trekking dans les montagnes.  S’intéressent à la santé, la leur et celle de leur planète.  J’ai dû apprendre le bleu.  Cette note est magnifique, mais elle ne me vient pas naturellement.  J’ai pris goût au jardinage.  J’ai appris à parler aux plantes, à communiquer avec les animaux et à admirer les montagnes et le ciel.  J’y ai gagné la paix de communier avec l’univers les deux pieds sur terre et j’ai découvert que même les cellules de mon corps se souviennent de la création du monde.

Les nuances du vert

Pour les verts, l’éveil vient au contact des maîtres spirituels.  C’est la note des chercheurs de la route vers l’intérieur de l’être et des maîtres à penser.  Des êtres dédiés à répondre aux grandes questions : qui suis-je, quel est le sens de ma vie, comment puis-je apprendre et manifester mon lien profond avec l’univers, existe-t-il dans l’univers un être plus grand que moi, etc.  Les grandes questions, quoi.  La quête pour la profondeur et la compréhension de l’univers dans lequel nous vivons et notre place dans cet univers.  J’aurais tellement voulu être verte!  Pouvoir facilement transmettre mes connaissances et enseigner à d’autres le chemin de l’éveil.  Mais non, quand j’essayais de transmettre ce que je savais, c’était un pauvre ramassis de prêchi-prêcha.  Mais le vert m’a ouvert la porte de l’infini, donné les réponses que je cherchais et m’a montré le chemin de l’extase.  Je suis verte de l’intérieur.

Les nuances du jaune

Pour les jaunes, l’éveil vient le plus souvent quand ils assument la responsabilité d’eux-mêmes, et de la gestion des richesses qui les entourent, dans un esprit d’équité et de justice.  Les jaunes sont de merveilleux gestionnaires des ressources.  Leur esprit travaille constamment à raffiner les méthodes de travail et les outils pour les rendre plus efficaces.  Les jaunes organisent, structurent, et gèrent avec sagesse et respect.  Ils sont une source d’équilibre, de saines répartitions des avoirs sur la planète.  J’ai pas mal de jaune.  En fait, j’en avais trop, trop de règles intérieures qui me coupaient du monde et qui me rendaient rigide et inflexible.  J’ai dû apprendre, en développant mon bleu et mon vert, à être équilibrée.  Maintenant le jaune est pour moi un outil pour manifester mes rêves.

Les nuances du rouge

Pour les rouges, l’éveil peut venir en regardant un film, en assistant à un spectacle ou un concert ou en écoutant de la musique.  Le rouge, c’est la passion, la créativité et les émotions; c’est le plaisir et le jeu; c’est aussi les interactions sociales, la sexualité, la sensualité, étonnement, la curiosité et le goût de l’aventure.  Les rouges sont des boules de feu en route vers l’inconnu dont le plus grand plaisir provient d’exprimer qui ils sont.  Une énergie indomptable, un enthousiasme débordant.  Dieu me protège, je suis rouge jusqu’au bout des doigts.  Pour moi, l’univers est un univers d’émotions et de passions.  La vie se doit d’être vécue à l’extrême.  L’éveil spirituel était, et est toujours, mon but ultime.  Il m’a quand même fallu apprendre à tempérer mes enthousiasmes et à garder les pieds sur terre, afin de ne pas éparpiller mon énergie et arriver à libérer ma créativité positivement.

Personne n’est d’une seule couleur.  Nous possédons tous des nuances de chaque couleur, en différentes combinaisons, qui nous permettent de comprendre les autres.  La merveille du concept des quatre couleurs est de donner une direction à notre éveil.  C’est un guide vers l’équilibre personnel et planétaire.  C’est aussi un peu une manière de comprendre et d’accepter les différentes approches autour de soi.  J’ai beaucoup appris des quatre couleurs.

J’ai appris que tous les chemins peuvent mener à l’éveil, à la connaissance de soi et de l’univers dans lequel nous vivons.  J’ai appris que ma manière de percevoir le monde n’était pas la seule valable.  J’ai appris à aimer et à apprécier la différence autour de moi et à reconnaître l’unique contribution de chacun sur le chemin de la découverte.

La vie en couleurs m’a surtout appris à apprendre, à être réceptive à mon environnement et à apprécier la beauté de l’univers sous toutes ses facettes.  Je vous souhaite bon voyage dans l’univers des couleurs du monde.

L’appel à la vie

Il est de ces expériences qui deviennent des points tournants dans une vie.  Pourtant, des expériences marquantes, j’en ai vécu beaucoup, mais cette dernière a eu un impact profond.  J’aimerais la partager avec vous.

Il y a quelques mois, j’ai demandé à l’univers un outil, un moyen, pour intégrer mon corps à ma réalité spirituelle.  Je sentais que mon corps me ralentissait dans mon évolution, car j’en étais à peine consciente.  Mon corps était là, mais je n’y vivais pas.  Il servait simplement de récipient à ma recherche intérieure, un conduit physique auquel je portais peu attention.  Douloureux et lent, pénible!

Quelques jours plus tard, en potassant des livres, mon regard a été attiré par un titre : « Au cœur de notre corps – se libérer de nos cuirasses » de Marie Lise Labonté (Éditions de l’homme).  Les premiers mots de la préface commencent ainsi : « Nous avons, dans la profondeur de notre corps, un cœur, un centre, un lieu où repose notre essence, notre être.  Le cœur de notre corps n’est pas notre cœur physique, il est le noyau… ».  J’ai ramené le livre à la maison et l’ai dévoré d’une traite.

La promesse : retrouver le cœur de notre corps et entrer en contact avec notre vie et notre créativité par la méthode de libération des cuirasses (MLC).  Wow!  La prémisse m’a rejointe profondément dans mon désir de vivre mon corps autrement.

Conquise et fascinée, j’ai acheté un autre de ses livres : « Mouvements d’éveil corporel » qui vient avec un DVD de certains des mouvements.  Je me sentais attirée comme un papillon à la lumière.  J’ai cherché plus loin et trouvé une praticienne de la méthode, Brigitte Drapeau.  J’ai suivi une première session avec elle, puis une seconde en cours présentement.

La méthode, d’une incroyable douceur, pouvait-elle vraiment avoir l’impact promis?  Je n’en suis encore qu’au début, pourtant je ressens une appréciation sans bornes pour cette méthode douce et simple qui, avec des outils comme des balles mousse, des balles de tennis et un bâton recouvert de mousse, parvient à rejoindre les profondeurs de l’être.  Ma vie se transforme.  Mon corps se détend et s’ouvre.  Mon corps se rappelle à la vie.  L’impact est palpable.

La méthode, si douce pour le corps, ravive des mémoires enfouies profondément dans les muscles, les articulations et les fascias.  On m’avait déjà dit que le corps entrepose en lui toute notre expérience de vie.  Je n’avais pas cru que c’était vrai.  Maintenant, je vis cette réalité avec une grande intensité.  Les émotions, parfois presque insoutenables, s’expriment et se libèrent avec les mouvements d’ouverture, d’étirement et d’harmonisation.  Chaque mouvement apporte avec lui son bagage d’émotions oubliées ou mal vécues et, avec douceur et amour, leur donne vie et les laisse se dire dans la détente du corps.  Il en reste une souplesse plus grande et un grand plaisir.

Je remarque des changements dans ma vie de tous les jours.  Subtils, au début, les changements se font plus importants.  À mesure que je me dirige vers le cœur de mon corps, jour après jour, mon attitude change.  Je suis plus ouverte et réceptive.  Je m’exprime plus facilement.  Mon corps se détend là où auparavant je n’avais même pas perçu de tensions et de rigidité.  Des plans, longtemps remis à plus tard, se mettent en place et commencent à s’actualiser.  J’ai finalement changé les meubles de mon salon et de mon bureau, mais surtout, je me remets à écrire après plusieurs mois sans inspiration… et ça me fait chanter le cœur.

Tout ça avec quelques balles et un bâton, me direz-vous?  Oui, tout ça.  Alors, quand j’ai vu la thématique de ce mois-ci pour le Cheminement – Notre corps nous parle.  Comment être à l’écoute des signaux de notre corps? – j’ai voulu parler, comme d’un cadeau à partager, de cette expérience que je vis présentement avec les mouvements d’éveil corporel.

Je ressens l’appréciation profonde de mon corps qui finalement reçoit l’attention qui lui est dû et dont il a tellement besoin.  Je ressens surtout la nouvelle communication qui s’établit entre mon conscient et mon inconscient.  Un mariage au-delà des mots, dans les profondeurs de mon être, qui me guide vers la vie et, qui sait, vers le cœur de mon corps.  Un corps libéré, harmonisé, heureux.

L’approche globale du corps!

Cheminer dans la vie de… Marie Lise Labonté

Entrevue réalisée pour la revue Cheminement par Manon Duguay

En 1976, âgée de 25 ans et souffrant depuis quatre ans d’arthrite rhumatoïde incurable très douloureuse, elle a épuisé toutes les avenues de la médecine traditionnelle sans trouver le chemin de la guérison.

MLL : J’ai fait un cheminement pour comprendre pourquoi j’avais cette maladie.  Je comprenais intellectuellement, mais mon corps continuait d’être de plus en plus malade.  Je n’avais rien changé à ma vie.  J’attendais que le ciel fasse quelque chose pour moi.  Je disais aux médecins « Prenez mon corps » et aux psychologues « Prenez ma tête ».  J’étais en chaise roulante.  Je souffrais.  Je m’isolais.  J’avais une vie réduite au maximum.  Je ne pouvais plus faire l’amour.  À cause de mes hanches, je ne pouvais plus ouvrir les jambes.  À 25 ans, c’est difficile.  Ça été l’élément déclencheur.

Je suis descendue dans une forme de tunnel noir.  J’ai lu le livre de Thérèse Bertherat (NDLF : sur l’anti-gymnastique), mais je ne faisais rien.  J’ai essayé quelques-uns des petits mouvements suggérés avec des balles de tennis.  La maladie était toujours là, mais c’était mieux que mes antidouleurs.  C’est comme ça que j’ai commencé.

Puis j’ai pris la décision d’aller travailler avec elle à Paris.  C’était mon étoile, mon phare, dans la noirceur que je vivais.  Je n’avais pas d’argent.  J’ai tout vendu et quelqu’un m’a prêté des sous.  J’ai réussi à partir.  C’était une question de vie ou de mort.

MD : Vous avez ensuite découvert d’autres techniques dont le rolfing.

MLL : Oui, le Mézière.  Je travaillais sur moi.  Je suivais des cours.  J’écrivais mon journal.  Je n’avais pas encore faire la synthèse.  J’étais dans mon processus de guérison et je découvrais tous les éléments, dont la mémoire du corps, au fur et à mesure.  C’était assez surprenant.  Je savais que j’écrirais un livre.  C’était trop fort.

MD : Est-ce à ce moment-là que vous avez compris le pouvoir de l’intérieur relié aux mouvements du corps?

MLL : Oui.  Tout à fait.  J’avais une base en anatomie.  Je faisais les liens, Reich, les cuirasses.  Je rencontrais d’autres praticiens.  Je posais des questions.  J’ai commencé à bâtir ma propre compréhension toujours à travers l’expérience de mon corps.  C’est toute une époque, quand j’y repense.  Au bout d’un an, je suis revenue au Québec; j’ai commencé à donner des cours.  J’avais reçu beaucoup, il fallait que je redonne.

Et je poursuivais mes recherches.  Je suis allée étudier à New York pour devenir psychothérapeute.  J’ai fait une formation Rebirth.  J’ai aussi étudié avec le docteur Simonton.

MD : La visualisation est venue par lui?

MLL : Oui, j’en faisais déjà.  Mais avec lui, j’ai compris intellectuellement la technique que je vivais naturellement.  Il fallait que je donne une base psychologique à ma guérison pour pouvoir transmettre mes connaissances.  C’est là que j’ai bâti ma méthode et commencé à écrire mon livre.

« Mouvements d’anti-gymnastique » est l’approche du corps que j’avais donnée à ma méthode.  On travaillait aussi les croyances, l’esprit et l’on touchait une dimension de l’âme pour retrouver sa nature profonde.  J’aurais voulu appeler la méthode « Approche globale du corps » parce que le corps était la base.

MD : Et on est au début des années 80.

MLL : Exactement.  Je me souviens que mon éditeur, Québec Amérique, à l’époque, n’appréciait guère les mots du genre « âme ».  À la fin de mon livre, je disais que je m’étais réconciliée avec mon âme.  Il n’aimait pas ça.  Il me disait « Es-tu certaine de vouloir écrire ça?  Comment peux-tu parler de ton âme ».

En 1980, j’ai ouvert mon premier centre à Montréal.  J’ai commencé à avoir une clientèle de gens très malades.  En 1982, j’ai commencé à former des gens.  Je donnais aussi des conférences.  De plus en plus, il y avait un impact.

MD : En 1986, vous avez eu une expérience d’éveil qui a transformé votre vie.  Quelle était cette expérience?

MLL : Ça s’est passé au moment où je donnais une conférence sur l’autoguérison.  Maintenant, je pourrais dire que j’ai eu comme une descente de la grâce, une énergie qui m’a frappée.  J’avais l’impression que mon cerveau s’ouvrait comme une noix de coco et j’entendais à l’intérieur de moi une voix qui voulait dire autre chose sur la guérison que ce que je disais.  Et je savais que cette voix disait vrai.  C’était un effort surhumain de me refermer et poursuivre ma conférence.  Après, je sentais que je n’étais plus seule.  Qu’il y avait quelque chose de beaucoup plus vaste qui m’habitait.  Ça n’a pas été facile à vivre.

La période de recherche pour comprendre ce qui se passait a duré deux ans.  J’ai cessé de donner des conférences.  Mes nuits étaient habitées.  J’y recevais des informations sur la formation que je donne maintenant au niveau de la visualisation et j’écrivais le matin.  J’ai compris que je vivais un phénomène incroyable.

MD : Vous avez intégré les mondes parallèles de la psychologie, avec votre méthode et celui du chanelling.  Qu’avez-vous appris sur l’intégration de ces énergies contradictoires?

MLL : C’est difficile de vivre comme ça sans vivre l’inflation.  L’inflation, c’est de se prendre pour l’entité.  Plusieurs perdent le fil, car la personnalité s’approprie la réalité.  En 2000, je suis retournée à mon travail de psychothérapeute, un peu abandonné pour me consacrer à l’enseignement de la guérison spirituelle angélique.  J’ai senti le besoin de faire moins de channeling.  Mon corps et mon cœur commençaient à être fatigués.  J’avais besoin de reprendre mon œuvre au niveau de la méthode de libération de cuirasses, de la MLC®.

MD : Les livres que vous avez écrits depuis l’an 2000 ont un ton différent, moins psy et plus émotions.  Avez-vous été influencée par la canalisation des anges dans vos nouveaux écrits, tel votre dernier livre « Parlez-moi d’amour vrai »?

MLL : Oui.  Certainement.  Je suis habitée et l’énergie passe quand même à travers mes vibrations, mes cellules, mon inconscient.  J’ai été inspirée dans mon œuvre, à partir de cette expérience.  Je perçois une plus grande union intérieure entre les univers très vastes d’amour inconditionnel que j’ai côtoyés jusqu’à l’intégration avec le point de vue psychologique et dans toute mon approche.

MD : Vous aviez la chance d’avoir des outils de psychothérapie et un esprit rationnel pour synthétiser le tout.

MLL : Un esprit analytique aussi.  Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est toute la vision de Carl Jung qui, lui, a été profondément inspiré par ‘âme, la vie, et qui a amené un aspect spirituel à la psychologie freudienne, il a ouvert une porte.  Il a fait sa thèse de doctorat sur la médiumnité.  La dimension du moi, du soi, m’inspirait.  J’ai relié tout ça à travers moi, pas seulement intellectuellement.

MD : Vous avez dit : « Ma voie de guérison, c’est le chemin d’une vie, l’histoire d’une vocation ».  Pouvez-vous élaborer là-dessus?

MLL : À partir du moment où je me suis autoguérie, j’ai su que ma vie serait de partager cette expérience avec les autres.  J’ai fait des choix, par exemple de ne pas avoir d’enfant.  C’est mon inspiration de vie, de pouvoir partager ce chemin de connaissances profondes, de son intériorité, d’une union profonde avec soi-même, et de partager l’amour.  C’est le but de ma vie.

MD : Est-ce qu’on a le choix d’accepter ou non un tel choix de vie?

MLL : J’aurais pu refuser, mais je ne crois pas que j’aurais été heureuse.  Je serais peut-être retombée malade.  Si on ne suit pas le chemin de son âme, ça commence à aller mal, enfin, c’est ma perception.  Dans mon travail avec les gens, je leur dis : « Retrouvez vraiment le chemin qui vous appartient, pas celui que la famille a demandé, que la société demande ».  Suivre sa voix, réunir en soi : âme, corps et esprit.  En soi.  Pas parce qu’on vous le demande, mais parce que c’est qui vous êtes vraiment.

Ça m’amène à répondre à votre question sur le shopping de thérapie.  Dans tout travail, il y a une implication.  Plusieurs préfèrent surfer, sans jamais s’impliquer profondément.  L’engagement avec soi-même est important, c’est-à-dire choisir de découvrir ce qui nous habite plutôt que d’être porté vers l’autre, vers l’extérieur.  Même si quelqu’un est dans la souffrance, il y a aussi un chemin de facilité.  Ça a l’air un peu terrible à dire.

MD : Se laisser aller vers la maladie?

MLL : Ou se laisser aller à rester enfermé dans son ressentiment, dans sa colère, de ne pas aller plu loin, de se maintenir dans des prisons, dans des attachements.  C’est ce qu’on connaît.  C’est une forme de sécurité.  Le reste, c’est l’inconnu.  Les gens ont peur de se découvrir dans le meilleur d’eux-mêmes.  J’utilise ici le terme de notre ami Guy Corneau.  Dans la partie intacte de soi.  C’est une explication de se consacrer à son monde intérieur.

MD : Vous avez parlé de la vision du développement spirituel de l’être par le corps.  Comment êtes-vous arrivée à cette conclusion?

MLL : Depuis le début de mon processus d’autoguérison, j’ai compris que le corps est important, qu’il est le reflet de notre inconscient.  Il est vraiment le temple de notre âme.  J’avais fait ce lien profond entre le corps, l’âme et l’esprit.  C’est-à-dire que notre corps et l’énergie de vie qui nous habite sont spirituels, et que si nous ne retrouvons pas cette dimension profonde de notre être dans l’action de notre quotidien, c’est comme vivre une forme d’errance.  Les valeurs matérielles extérieures personnelles, professionnelles, peuvent être très attirantes pour un temps, mais ensuite on se demande quel est le sens de notre vie.

MD : Vous parlez d’un ancrage intérieur.  Quels sont les outils pour arriver à ancrer?

MLL : C’est d’être à l’écoute, et pas seulement de ses désirs, ça c’est en surface.  Il s’agit d’aller au-delà de nos conditionnements.  Quand ça ne va pas dans notre vie, il faut arrêter d’accuser les autres, d’accuser la vie.  Il s’agit de devenir responsable en soi de ce qui ne va pas.  Se demander ce qu’il y a derrière cette insatisfaction à vivre.

MD : Est-ce se demander ce que l’on veut vraiment?

MLL : Oui, à l’intérieur.  Qui habite ma maison?  Mes voisins, mes parents, mes enfants?  Ou est-ce moi qui habite ma maison?

MD : Comment choisir la bonne nourriture quand il y a 300 différents trucs offerts?

MLL : Il s’agit d’écouter la voix intérieure.  Notre instinct est toujours là.  On a nié qui on est, même notre réflexe de survie, on ne sait plus qui on est.  On n’est plus habitué d’écouter la réponse en soi.  Pour entendre, il faut se détendre, aller vers l’hémisphère droit du cerveau.  Et être patient, les gens veulent des trucs miraculeux, instantanés.  Ça c’est impossible, même les miracles s’intègrent.

MD : Il y a des décisions qui viennent naturellement comme se dire : « Non ce n’est pas ce que je veux dans la vie ».  Est-ce la peur de l’inconnu qui fait résister au changement?

MLL : C’est sûr.  C’est la peur de changer.  Ça a l’air simple, mais ce ne l’est pas.  Permettre aux résultats de venir, laisser la guérison se manifester sans idées préconçues.  C’est ça apprendre à vivre, l’excitation face à l’inconnu.  Faire confiance au moment présent.  Une seconde après l’autre.

MD : Parlons-nous d’amener le paradis sur terre?

MLL :  Oui, C’est-à-dire le paradis.  De se permettre de vivre le paradis.

MD : Êtes-vous au paradis?

MLL : Oui.  Je peux dire que je suis au paradis.  C’est-à-dire, si je n’ai pas mon paradis, je le sens immédiatement.  Alors, là je me dis qu’est-ce qu’il y a entre moi et le paradis?  Parce que le paradis peut être vécu à chaque seconde.

Merci!

Manon Duguay

Les capsules de Marie Lise Labonté – en réponse à « Qu’est-ce qui nourrit… »

Le corps

Pour moi, vivre en harmonie avec son corps, c’est de devenir ami avec son corps, de ne pas le mettre à côté de soi, mais de l’habiter.  Pour ça, il faut donner du bien-être à son corps, le corps adore le bien-être.  C’est de suivre la piste du bien-être dans son corps.

Je pense à donner une détente à son corps.  On dit que c’est une bonne machine, mais le corps a une intelligence à lui, il est autonome, il a une intelligence cellulaire, une intelligence divine qui l’habite, une intelligence vitale et c’est de permettre à ces intelligences de nous guider.  De se mettre sous son corps et pas au-dessus.  Pour moi, c’est ça vivre en harmonie avec son corps, et l’habiter.

L’âme

On pourrait demander à quelqu’un qu’est-ce qui vous inspire?  Est-ce que l’écoute d’une musique X vous inspire?  Est-ce le contact avec la nature?  Chaque personne pourrait répondre à cette question.  Moi, ce qui m’inspire, c’est quand je regarde telle couleur ou que je fais telle chose.  Suivre le chemin de son inspiration.  Je ne parle pas de respiration.  Qu’est-ce qui m’élève?  Pour certains, c’est de marcher dehors, ça c’est la nourriture de l’âme.  C’est très personnel, ça.  De suivre, d’écouter notre inspiration.  De se donner un temps, s’il y a lieu chaque jour, ou si c’est trop exigeant, par semaine.  D’avoir vécu un temps d’inspiration.  Là, on s’assure de nourrir son âme.

L’esprit

Notre mental est beaucoup envahi par différentes pensées parasites, qui font que si on tente de fixer notre attention sur quelque chose, on est tout de suite interpellé par toutes sortes de pensées.  Donc, pour moi, je dirais que nourrir son mental, c’est de lui donner de bonnes images.  Par exemple, un outil que j’utilise et que j’ai beaucoup utilisé auprès de gens malades, c’est « Relaxation endroit de rêve », c’est une visualisation où je me nourris d’images positives.  Ça ne veut pas dire que j’essaie de mettre le bouchon sur des images qui seraient plus négatives, mais d’amener, de se permettre, de se nourrir d’images positives, d’images de bien-être.  Ça calme, nourrit le mental, et permet d’ouvrir un dialogue avec son monde intérieur, plutôt que d’essayer de faire taire le mental, mais amener des images de relaxation.  Remplacer, sans nier.  Calmer le mental par des images.  Il y en a pour qui c’est de s’imaginer sur le bord de la mer, d’autres en montagne.  Ça ne veut pas dire qu’on va se déplacer sur le bord de la mer, mais juste de nourrir son mental.  De se permettre de rêver.

Le cœur

Ma réponse est simple, c’est de se permettre d’aimer.  Souvent notre cœur, on le met sur la glace, on a été blessé par telle relation, blessé par un ami, un ennemi, notre patron.  On ferme notre cœur.  Pendant tout ce temps-là, on le met sur la glace.  Notre cœur a besoin d’aimer, notre corps aussi a besoin d’aimer.  Pour moi, c’est de pratiquer consciemment l’amour, d’ouvrir son cœur, de prendre le risque.  Choisir consciemment.  L’enlever de la glace, le sortir du frigo ou du congélateur.  De lui permettre de se réchauffer, et il y a juste l’amour qui réchauffe.

Quels sont les outils pour réchauffer le cœur? C’est, quotidiennement, en se levant le matin, se poser la question : Est-ce que mon cœur est ouvert?  Est-ce que je commence ma journée enfermée?  Évidemment, ça demande de lâcher prise que d’ouvrir son cœur.  Lâcher pise sur le ressentiment, la haine, la colère, la victimisation, et c’est un outil que j’ai hâte de pratiquer.  Ça ne veut pas dire que le cœur est ouvert 24 heures sur 24.  On l’ouvre, on le referme, on le « réouvre ».  Il y a tellement de raisons pour fermer son cœur.  C’et sans fin.  On est aussi bien de l’ouvrir.

L’éco-village TerraVie

Cheminer dans la vie de… Nicole Fafard

Entrevue réalisée pour la revue Cheminement par Manon Duguay

Nous savons que tu es naturothérapeute, herboriste et peintre.  Nous savons aussi que tu travailles avec les semences ancestrales.  Et surtout, que TerraVie, ton grand projet d’éco-village, avance à grands pas.  Tu es une femme d’action qui travaille concrètement pour l’environnement.  Tu es aussi la gagnante canadienne 2008 du prix Terre de femmes offert par la Fondation Yves Rocher.

NF : Oui, j’ai cheminé d’une façon très concrète pour vivre dans des projets d’éco-villages et des projets communautaires.  Je me suis consacrée à mettre des semences dans la terre, et à voir passer les cycles de la nature.  C’est beaucoup plus réel de voir ce mouvement vers la nourriture, la santé.

MD : Où a commencé ton cheminement?  Où as-tu commencé à prendre conscience de l’environnement?

NF : J’ai étudié en littérature et en théâtre.  Mais mon cheminement n’était pas l’école, je ne m’y sentais pas bien.  Ce n’était pas ma façon naturelle d’apprendre.  J’avais le goût de voyager, alors je suis partie.  J’ai passé quelques mois dans l’Ouest canadien à apprendre l’anglais.

Puis, je me suis blessée en ski.  Une longue convalescence.  Je prenais des médicaments pour la douleur.  J’avais le nerf sciatique tellement endommagé que les médecins voulaient m’opérer.  Ils me disaient que je ne pouvais plus faire de sport, et les sports ont été un tremplin important dans ma vie.  Donc, dire que mon corps a besoin d’aide m’a demandé toute une introspection.  J’avais une décision à prendre et cet accident m’a menée vers les médecines alternatives.  Ça m’a ouvert la porte à la spiritualité.  Je considère la découverte des médecines alternatives comme un cadeau du ciel.  Tout ce questionnement m’a conduite en Californie où j’ai appris de plus en plus sur les médecines alternatives.

La vie nous guide.  J’ai fait des rencontres qui m’ont amenée à partir pour l’Australie.  Là-bas, j’ai travaillé comme gérante d’artiste pour le gouvernement australien.  J’adorais travailler avec les groupes d’un peu partout dans le monde.  Et l’aspect autochtone me parlait.  J’étais fascinée par leurs valeurs pures.  Après l’Australie, j’ai encore beaucoup voyagé, puis j’ai voulu connecter avec les peuples autochtones.

Et quand nos désirs sont clairs, la magie agit.  De retour à Vancouver, j’ai rencontré des gens qui s’en allaient visiter les indiens Hopis.  Je suis partie avec eux.  Ça été le début d’un cheminement avec les autochtones.  J’ai passé du temps avec les amérindiens au Nouveau-Mexique, et en Arizona.

Après une escale d’un an au Québec, je suis allée à Mont Shasta, un endroit reconnu pour sa spiritualité, très nature.  J’ai senti que je me reconnectais avec la nature.  Je me suis dit que si un jour je revenais au Québec, ce serait à partir de la nature.

Après le Mont Shasta, j’ai vécu 7 ans à Hawaï.  J’ai vécu dans des structures naturelles, dans la nature, avec une communauté un peu Mauï.  Au début, on était peut-être une quinzaine de personnes.  Il y avait plusieurs petites communautés avoisinantes avec beaucoup d’échanges et de collaboration.

Je sentais que je faisais quelque chose de positif.  Ça été une période magnifique.  J’ai pris le temps de m’asseoir, de regarder les grenouilles, de regarder comment fonctionnent les insectes, de reconnecter avec la nature.  J’ai pris le temps d’observer.  Là-bas, nous vivions à l’énergie solaire avec des structures qu’on construisait nous-mêmes.  Nous faisions des jardins, avec beaucoup de plantations.

J’y ai rencontré deux grands-mères très près des plantes avec lesquelles j’ai appris l’herboristerie.  Elles me disaient que ce sont les plantes qui nous enseignent et qui communiquent avec nous.  Ce n’est pas dans les livres qu’on apprend.  C’est comme ça que j’ai appris le plus au niveau de la naturopathie.

J’ai découvert les esprits de la nature, qu’ils appellent les petites algues de la nature.  J’ai pris le temps d’être là, d’ouvrir mes sens à une communication plus intime avec la nature.  Je me suis impliquée socialement.  J’y ai acquis mon expérience d’éco-village ou d’éco-communauté.  En l’an 2000, j’ai ressenti le besoin de voir ma famille, de revenir ici.  C’était difficile.  Je ne voulais pas partir des tropiques.  Mais toute ma vie j’ai fait confiance à mon intuition, alors je suis revenue.

Je suis allée chercher mes licences en naturopathie et en herboristerie.  Je me suis remise à travailler.  J’ai loué une maison pour essayer de m’habituer à cette vie.  Je n’étais pas capable.  J’étais trop imprégnée par la vie communautaire.  La vie dans la nature me manquait.  Alors graduellement, j’ai regardé ce qui se passait au Québec.  Je cherchais des projets d’éco-village, de communautés écologiques.  Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais.

Plusieurs personnes me disaient rêver d’une telle communauté.  J’ai fait des recherches et TerraVie a commencé à mijoter.  Dans ce temps-là, j’habitais à Val-David.  J’avais loué une grosse maison qui est devenue un genre de maison collective.  Tout de suite, il y a eu beaucoup de musique.  Je parlais de communautés.  Je demandais est-ce qu’on fait un éco-village?  C’était oui.  On a commencé à être plus concrets.  En décidant de revenir au Québec, je savais que je revenais pour accomplir quelque chose.  Je me suis dit que j’allais construire un éco-village.  Je l’ai pris au sérieux.

MD : Bâtir une communauté, c’est beaucoup de travail.

NF : À Hawaï, j’habitais sur des terrains où les gens avaient déjà fait le travail.  Ils étaient dans le quotidien du financement.  Un aspect que je n’ai jamais touché.  La mise en forme de TerraVie a été vraiment progressive.  Nous regardions des terrains en même temps que le processus évoluait.

TerraVie, c’est faire un éco-village.  Construire une petite maison écologique tout en regardant l’aspect collectif.  Quand j’habitais en Californie, et à Hawaï, j’avais assisté à des rencontres sur les fiducies foncières.  J’étais intéressée par leur fonctionnement.  J’ai fait des recherches au Québec sur les communautés basées sur des fiducies foncières habitables, il n’y en avait pas.

Au Québec, les projets étaient souvent privés.  Donc des gens qui achetaient des terrains et qui s’organisaient en communautés.  J’ai rencontré plusieurs anciens du mouvement par l’entremise de TerraVie.  Je partais d’un contexte de vivre dans la nature à Hawaï, vraiment pieds nus dans la nature.  Pour moi c’était ça l’environnement.  Et me voilà à monter une structure légale, organisationnelle et administrative, avec les gouvernements.  Il y a eu une rencontre avec André Boisclair, alors ministre de l’Environnement.  Nous avons parlé de zonage indigo et de fiducies foncières communautaires.  La réunion a été formelle, mais super sympathique.

Mettre TerraVie en place, était un besoin personnel.  Je sentais qu’il fallait être plus local ou autonome par rapport à nos ressources naturelles.  Je voulais faire des jardins, faire des échanges, comme à Hawaï où il y avait énormément de troc.  J’étais bien dans l’aspect communautaire.

Je me suis promenée dans plusieurs villes de Polynésie.  J’étais attirée vers les festivals autochtones.  Les Polynésiens sont des gens simples aux yeux brillants, toujours le sourire aux lèvres, et ils n’ont pas grand-chose.  Alors je me disais qu’il y a vraiment quelque chose, dans leur façon de vivre, qui est sain.  Le jet set moderne est plate.  J’étais toujours mieux quand je revenais dans le bois, dans la nature près de gens aux valeurs simples.  On ne peut pas retourner à la survie dans la nature où on se déconnecte des technologies.  Mais nous pouvons créer un équilibre… que ce soit un choix, comme le mouvement simplicité volontaire, ou choisir de moins consommer.  Ça veut dire être plus autoproductif au niveau de l’alimentation, encourager des produits et services locaux.

Ici, l’été, nous faisons partie des marchés à Val David.  Ils existent depuis 4 ans.  C’est le premier élan de marchés comme ça que je connais dans les Laurentides.  Les gens adorent aller acheter des produits directement des producteurs, même si ça coûte 50 cents de plus.

MD : Que cultivera TerraVie?

NF : Nous allons cultiver beaucoup de produits.  Nous étudions présentement la possibilité d’acquérir l’ancien magasin général du village.  Ça fait 10 ans qu’il est fermé.  On y ferait un café, un genre de place recyclée.  Pour les produits locaux.  Pas juste de nos projets.  TerraVie est un pont.  On veut encourager les gens locaux.  Ramener un peu cet élan de participation, de manière abordable.

Ici, au Lac des Becs-Scie, il y a beaucoup d’habitations, mais je connais peu de personnes car il n’y a pas d’endroit central pour rencontrer les gens.  Les gens se regroupent à travers les marchés qui commencent à prendre forme au Québec.  On le voit dans différentes régions.  Il y a un élan de retour à des produits sains.

Je reviens toujours à ce qui a motivé TerraVie.  Les bases sont le contact avec la nature.  Terravie est un organisme de conservation qui appartient à tout le monde.

MD : Où en est TerraVie dans son développement?

NF : TerraVie a mis en place l’aire protégée à Montcalm, la 2e aire protégée des Laurentides.  Le terrain est acheté sur les rives du Lac Brochet.  Nous avons 24 conventions vendues, pour 24 maisons pour 24 familles.  La coopérative est en place.  Les infrastructures seront aménagées cette année.  TerraVie commence à bâtir les maisons au printemps 2009, en partie avec des matériaux recyclés.  Celles-ci utiliseront l’énergie solaire.  Les plans sont faits, les critères de développement sont en place.  L’éco-village devient réalité.  TerraVie prévoit déjà l’achat de d’autres terrains.  Un modèle à suivre pour le développement d’une économie sociale durable et la création d’autres éco-villages au Québec.

MD : C’est fantastique.

NF : C’est fantastique.

Merci, Nicole!

Pour tous les détails sur le fonctionnement de TerraVie et leurs projets d’avenir, lisez l’entrevue en entier au www.cheminement.com. TerraVie : www.terravie.org.

Ce qui appelle à vivre en nous

J’entame l’écriture de cet article devant un bon café crème, confortablement installée sur une terrasse du vieux Nice, dans le sud de la France.  Dans quelques jours, je suivrai une formation à laquelle je tenais beaucoup et qui me permettra d’approfondir davantage mes connaissances sur le potentiel humain. Cette « pause–cadeau » sur la Côte d’Azur me permet de m’arrêter quelques minutes et de dire merci pour ces moments de douce magie que je me suis autorisée à faire fleurir dans ma vie.

Et vous?  Vous autorisez-vous à faire fleurir votre existence, à votre façon?

Au plus près de votre plus intime désir

Le prêtre, philosophe et psychologue français, Jean-Yves Leloup, répète souvent que la santé, du point de vue des psychanalystes, c’est savoir se tenir au plus près de son plus intime désir.  D’aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu un espace en moi pour ma vie idéale. Comme une petite voix, une petite lumière toute simple, qui ressent le chemin à suivre et la créativité à me donner pour me sentir saine, vivante et en relation privilégiée avec le monde qui m’entoure…

Chaque fois que j’ai le bonheur d’accompagner les gens dans l’écoute rapprochée de cette petite voix, j’ai l’impression de voir soudain le soleil se lever dans leurs yeux. Ce soleil, ils le connaissent, mais ils ont appris à l’enfermer.  En fait, nous sommes tous plus ou moins prisonniers d’une cage de fausses croyances et de non-amour, construite et maintenue par nul autre que nous.  Une cage prenant la forme de masques ou de mécanismes de défense que nous avons installés, convaincus qu’autrement, nous ne pourrions être suffisamment aimés ou protégés.  Tout le défi consiste à oser sortir de la cage pour enfin manifester nos plus intimes et légitimes désirs.

Connaître sa cage et en connaître la sortie

La psychologie et la psychiatrie modernes se sont spécialisées dans l’étude de la cage.  Si l’on veut être véritablement vivant, nous ne pouvons pas faire l’économie de la connaissance des principaux barreaux qui nous enferment.  Par contre, plusieurs font l’erreur de passer leur vie à tourner en rond dans l’étude de la cage et leur âme finit par mourir d’inanition à force de ne pouvoir s’exprimer.

Philon d’Alexandrie, un thérapeute de l’Antiquité, disait ceci : « Prendre soin de l’Être, n’est-ce pas s’occuper d’abord de ce qui va bien en nous, regarder vers ce point de Lumière qui dissipera nos ténèbres? ».  Connaître mieux notre essence, nos talents, nos passions et ce qui donne un sens à notre vie, c’est le point de départ vers cette vie idéale – et nécessaire! – qui attend de rayonner et qui aura raison de nos zones d’ombre les plus tenaces.

Quelques pistes d’exploration

Avant de passer à l’action pour manifester vos rêves, voici deux questions pouvant vous aider à préciser la nature de votre essence et les aspirations de votre être profond :

  • Quand j’étais enfant, quels étaient mes jeux préférés et quels étaient mes rêves?
  • Qui sont les personnes que j’admire le plus?  Quelles qualités m’inspirent-elles?

Explorez à fond ces deux thèmes.  Ils parlent de vous dans ce que vous avez de plus pur.  Si vous restez bien à l’écoute de votre petite voix, vous trouverez bientôt des idées créatives vous permettant de vivre de plus en plus en accord avec vous-même.  En osant un premier pas vers votre existence idéale, la magie des opportunités et des synchronicités se mettront en branle.

Une fois que vous serez passé de l’étape de la vision à celle de la mise en action, ne craignez pas de commettre des erreurs.  On m’a récemment expliqué que pour intégrer un nouvel apprentissage, comme apprendre à marcher par exemple, un enfant vivra en moyenne 256 échecs.  256 fois, il tombera et se relèvera, sans jamais se juger ou se décourager! Seul l’élan de vie compte.  N’est-ce pas prodigieux?  Et nous sommes tous passés par là!  De la même manière, pour sortir de nos vieux schèmes, il faudra nous attendre à tomber et nous relever.  Mais ce faisant, nous nous ferons aussi des muscles et bientôt, c’est l’élan de vie qui sera le plus fort.  Bientôt, la joie et les moments d’extase seront votre récompense.  Oui, je parle bien « d’extase ».  Ces moments bénis où convergent notre essence et l’instant de pure créativité surviendront.  Vous ne serez pas constamment perchés sur votre nuage, mais retenez que cette forme de joie est aussi possible.  Et je sais qu’au fond, vous le savez…

Que vous cherchiez ou non à vivre ces moments de grâce, il ne fait aucun doute que chacun d’entre nous tente plus ou moins adroitement de répondre à ce qui appelle à Vivre en lui-même.  Plus j’avance sur le chemin de la connaissance de soi, plus ces deux grandes vérités s’imposent constamment :

  1. Le point commun à toutes démarches spirituelles authentiques est de favoriser le Vivant en nous;
  2. Et pour y parvenir, il s’agit de retrouver notre spontanéité et notre authenticité.

De toute manière, il n’y a pas d’échappatoire : la Vie veut la vie en nous et tous les mensonges ou demi-vérités qu’on essaiera de se raconter finissent tôt ou tard par éclater d’eux-mêmes.  C’est le grand paradoxe de l’existence, le beau grand Mystère qui fait que, bon gré mal gré, nous avançons vers notre liberté véritable.  Plus nous autorisons la Lumière à se manifester à travers nos paroles, nos gestes et notre œuvre, plus nous nous sentons aimés et aimants et plus la vie nous le rend.

Myriam ou la dimension sacrée du féminin

Interview avec Jean-Yves Leloup

Il y avait longtemps que le personnage de Marie-Madeleine m’interpellait.  Il faut croire que sans bien le comprendre, je pressentais la force de ce symbole féminin par excellence.  En tout cas, depuis le jour où j’ai reçu l’éclairage de Jean-Yves Leloup sur ce personnage mythique, je ne cesse de découvrir les multiples facettes de la Marie-Madeleine en moi et de me mettre au défi de vivre les prises de conscience que cela suppose.  Tout un contrat, vous verrez!  Et en même temps, un chemin fabuleusement transformateur…

Prêtre orthodoxe d’origine française, docteur en psychologie, en philosophie et en théologie, Jean-Yves Leloup est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages hautement inspirés et chaudement accueillis par le public.  Cet homme à l’intelligence du cœur peu commune s’est rapidement intéressé au personnage de Myriam de Magdala (Marie-Madeleine), d’abord dans le cadre d’une démarche personnelle, puis en tant qu’érudit.

Q.  Jean-Yves Leloup, comment vous êtes-vous intéressé au personnage de Marie-Madeleine et à ce qu’elle symbolise?

R.  Cela s’est produit lorsque j’ai visité la Sainte-Baume, en Provence, qui est un lieu sacré dédié à la présence de Myriam de Magdala.  On peut dire que Myriam est l’incarnation du féminin face à la présence du personnage de Jésus, lequel est l’incarnation du masculin.  Tout cela est à réconcilier : que l’on soit de sexe masculin ou féminin, retrouver en soi le féminin sacré passe d’abord par une réconciliation psychologique et même physique avec sa propre mère, avec sa propre matrice.  Tant qu’on n’a pas rencontré son propre féminin ou son propre masculin, on le projette sur l’autre.  Quand on a l’impression de connaître quelqu’un depuis très longtemps et qu’on a ce que l’on appelle un coup de foudre, c’est en fait une partie ignorée de nous-même qui réagit.  La personne aimée nous aide à découvrir ce féminin ou ce masculin qu’on ne connaissait pas.  Lorsqu’on a retrouvé cet autre aspect en soi, il arrive alors qu’on se demande ce qu’on peut bien faire avec cette même personne!  Mais c’est peut-être justement le moment où on va commencer à l’aimer vraiment et à ne plus la considérer comme la projection d’une partie de soi-même.

Q.  Vous voyez donc le personnage de Marie-Madeleine comme un symbole non seulement spirituel, mais aussi purement psychologique?

R.  Je crois que cela a d’abord été une démarche psychologique de connaissance de moi-même à partir des différentes polarités, ce qu’on appelle « l’Anima » chez Jung.  Mais à côté du féminin spirituel, un féminin sacré; on parlera de la Sophia, c’est-à-dire de la sagesse.  Je crois que c’est en se réconciliant avec la dimension féminine de l’être que l’on se réconcilie avec sa dimension spirituelle.  C’est Graf Dürckeim qui disait que le chemin vers le spirituel passe par la reconquête de la dimension féminine, contemplative, creuse : la coupe qui accueille l’Être, le Graal.

Q.  On parle de l’Anima et de l’Animus en psychanalyse, du yin et du yang dans le Tao, mais dans l’enseignement chrétien, il me semble qu’on en parle très peu, hormis peut-être les personnages de Marie et Joseph?

R.  Dans la tradition chrétienne, c’est le personnage de Marie, la mère de Jésus, qui a pris toute la place.  Nous avons tous à vivre ce que Marie a incarné dans sa réceptivité.  Marie, c’est la terre, c’est le cosmos, c’est la matière qui accueille le Verbe, la formation créatrice.  Chacun de nous est appelé à devenir une Mère de Dieu, c’est-à-dire à mettre Dieu au monde.  Cela peut sembler un peu curieux que pour devenir mère, il faille devenir vierge!  Lorsqu’on dit que Marie est vierge, ce n’est pas dans le sens anatomique ou physique du terme, mais c’est la virginité de l’esprit, du cœur.  Dans ce silence du cœur, du corps, de l’esprit, une autre conscience peut naître, le verbe peut naître.

Q.  Dans l’imaginaire de bien des gens, Marie-Madeleine est en effet la prostituée.  Dans vos livres, vous remettez les pendules à l’heure sur ce point.

R.  Nulle part dans les Évangiles, il n’est question de Myriam de Magdala comme une prostituée.  C’est une création de l’Église qui est apparue par la suite.  Myriam était considérée comme une pécheresse, comme quelqu’un de hors-la-loi, qui n’entre pas dans les normes de la religion, dans la société de son époque.  La raison en est qu’elle cherchait la connaissance par l’étude de la Torah et des Écritures, un domaine réservé aux hommes.  Les femmes devaient rester à la maison, s’occuper des enfants et du ménage, et voilà qu’apparaît une femme libre à la recherche de la Connaissance.

Q.  Croyez-vous que les gens sont maintenant prêts à comprendre que ces métaphores s’adressent à des aspects intérieurs de nous-mêmes?

R.  Bien sûr, les écrits sacrés sont des écrits symboliques où Marie n’est pas simplement un personnage de l’Histoire, mais elle représente un archétype.  On pourrait dire qu’elle incarne le « oui originel ».  On parle toujours du péché originel, mais on peut aussi parler de la grâce originelle :  de cet état de Oui qui précède tous les Non.  Dans nos vies, le Oui consiste à découvrir ce qui est plus profond que notre premier Non, c’est-à-dire à trouver ce qui est plus profond que la peur.  Trouver le féminin sacré en nous, c’est découvrir en nous le « Oui à la vie », le « Oui sans peur ».  Chacun de nous a à découvrir en lui-même la Marie de son être, le féminin de son être.  On pourrait dire que chacun de nous a à vivre l’Immaculée conception, c’est-à-dire le silence immaculé qui conçoit le Verbe.  Il y a ce que l’on conçoit parce qu’on l’a appris, on l’a médité, on l’a lu, on l’a acquis.  Et il y a aussi ce qui est conçu à partir du silence, c’est ce qu’on appelle une Immaculée conception.

Q.  À quoi pourrait ressembler une société où le féminin reprendrait tout à coup ses droits?

R.  Ce serait une société beaucoup plus tranquille.  Ce ne seraient pas les valeurs de production et la réussite sociale qui compteraient.  L’important n’est pas d’être riche et d’avoir beaucoup.  L’important, c’est d’être et d’être riche dans ses relations.  Ne pas avoir peur du silence, de l’espace dans lequel la vie apparaît.  Se réconcilier avec le féminin, c’est se réconcilier avec la vacuité, avec cet espace dans lequel apparaissent toutes choses.

Être soi-même pour contrer le bitchage! Chapeau

Demeurer soi-même au sein de son milieu de travail n’est pas chose facile. Pourtant, l’effort en vaut le coup! Parmi les nombreux avantages, celui de défier le bitchage demeure très salutaire par les temps qui courent.

En considérant le nombre d’heures passées au bureau avec les collègues, il va de soi de conclure que notre vie professionnelle représente un apport plus qu’important dans notre univers. Voilà pourquoi nous avons tout à gagner de demeurer nous-mêmes, sinon notre rôle d’« acteur » devient lourd, notre personnage nous pèse avec les années. Par ailleurs, s’amuser à jouer à quelqu’un que nous ne sommes pas offre une emprise incroyable pour les âmes tristes qui cherchent à saboter leur entourage.

S’imposer tel que nous sommes au sein d’un groupe

Selon les intérêts personnels de chacun, il est fréquent d’observer que de petits groupes se forment soit à l’arrivée le matin, aux pauses-café ou à l’heure du lunch. Ce principe d’attroupement, qui se transforme parfois en meute, est tout à fait normal, notre côté animal… Pourtant, ce qui l’est moins, c’est lorsque l’on se laisse influencer par le plus fort de la meute afin de se ranger à l’opinion de la masse.

Avant de fraterniser avec un groupe, voyons si l’idée générale véhiculée n’entre pas en conflit d’intérêt avec nos valeurs profondes. Ce mécanisme de vérification se déclenchera automatiquement si nous savons demeurer, autant que faire se peut, en harmonie avec nos propres valeurs et nos convictions. Ceci nous permet de lutter contre l’envie – initiée par notre subconscient –, d’adhérer à un clan quelconque afin d’éviter le rejet à tout prix. Dans le cas où nous décidons de nous immiscer au sein d’un groupe, il faut savoir le faire de manière honorable, c’est-à-dire en nous présentant tel que nous sommes.

Est-il nécessaire de rappeler que le fait de défendre nos valeurs et nos positions impose, par le fait même, un certain respect de la part de nos collègues? Évidemment, il est préférable d’exposer nos points de vue et de prendre position sans agressivité ni frustration et de manière honnête. Prendre position en respectant ses convictions profondes peut sembler laborieux au début, mais il s’agit d’intégrité, qui justement a peut-être été négligée jusqu’à ce jour.

Protéger notre intimité et assurer notre intégrité

Lorsque nous nous mêlons à un groupe, il n’est pas rare de remarquer qu’un sujet de conversation glisse tout à coup vers du placotage contre un absent. À première vue, les commentaires peuvent paraître inoffensifs et il est tentant d’emboîter le pas. Cependant, en revenant plutôt à nos propres valeurs, nous nous rendons compte que nous sommes en désaccord avec les propos énoncés et même aurons-nous le goût de défendre l’absent, ne serait-ce que par principe de justice. Il s’agit d’une excellente manière de contrer le bitchage et cela contribue à nourrir une ambiance saine au bureau pour nous, nos collègues et notre employeur. De plus, cela peut éviter de devenir une cible un jour ou l’autre.

Être soi-même n’est pas synonyme de « grand livre ouvert », au contraire. Puisque nous passons le plus clair de notre temps avec les collègues, la tentation est grande de nous révéler et d’ouvrir des pans de notre vie secrète, ne serait-ce que pour alléger notre fardeau. Sachons que ceci n’est pas la meilleure chose à faire. Nous devons, le plus possible, demeurer soi-même en étant ouvert aux autres sans les laisser pénétrer dans notre jardin secret, comme une porte toute grande ouverte sur notre vie personnelle.

Savoir départager la vie privée de la vie professionnelle n’est pas aisé à cause justement des heures passées au travail, soit au bureau ou à la maison. Incidemment, nos collègues deviennent rapidement nos complices ou nos ennemis. Être soi-même veut également dire avoir suffisamment confiance en soi pour effectuer des choix judicieux de fréquentation afin de ne pas simplement se laisser choisir par les plus puissants.

Soyons conscients que notre milieu de travail représente une microsociété dans laquelle nous devrons œuvrer, et il est de notre responsabilité d’apprendre à frayer avec les différentes personnalités de notre entourage sans nous perdre, sans nous noyer ou, pire, se faire noyer. Une méthode assez efficace est de demeurer le plus possible professionnel en évitant de déverser dans de grandes émotions.

L’honnêteté demeure notre meilleure arme

Utilisons un exemple bien concret : si nous apprenons qu’un collègue parle contre nous, le meilleur moyen de retrouver notre équilibre est certainement d’aller directement à la source pour vérifier l’information. Ce geste fait appel évidemment au courage, ce qui n’est pas toujours simple, mais nous respectons notre intégrité en plus d’agir rapidement sur la situation. La volonté, ouvertement démontrée, de gérer un conflit fait souvent perdre pied à l’assaillant. Ainsi, on ne lui offre d’autre choix que d’être à son tour honnête sinon de revoir son tir. L’authenticité désarme… malheureusement, nous négligeons très souvent cette arme non violente et fort simple à utiliser. Demeurer soi-même nous protège contre d’éventuelles attaques de la part des âmes tourmentées, car l’emprise devient presque inexistante. En étant soi-même avec nos collègues, nous plaçons ainsi les cartes sur table : le jeu devient honnête et sans ambiguïté. La force serait-elle issue de l’authenticité?