Adieu 2016, bienvenue 2017

C’est le temps des adieux, le temps de laisser aller 2016 pour n’en garder que des souvenirs.

Bien sûr, il a probablement fallu que ça brasse un peu pendant l’année 2016 (année 9 en numérologie) puisqu’elle nous invitait à faire un ménage intérieur pour être mieux alignés sur notre Soi divin et vivre de façon plus sereine les nouveaux paradigmes qui sont en train de s’implanter.

Dans cet article, je vous invite à prendre un moment pour faire un examen rétrospectif de votre année 2016. Quels en ont été les moments marquants? Que laissez-vous aller avec 2016? Quels étaient vos objectifs en début d’année et que sont-ils devenus? Par la suite, écrivez une lettre de gratitude à 2016 puisque, d’une façon ou d’une autre, les événements survenus en cours d’année vous ont fait grandir en sagesse.

Soyez prêts maintenant à accueillir en toute conscience l’année 2017, une année qui marquera le début d’un nouveau cycle universel (année 10/1 en numérologie) branché sur ce qu’il y a de plus profond à l’intérieur de vous. L’âme veut s’exprimer, elle crie haut et fort qu’elle est présente et qu’il est impératif qu’elle se réalise.

Pour laisser votre âme vous guider, je vous propose de créer votre mandala 2017. En janvier, lors d’un après-midi où vous vous sentirez inspiré, installez-vous dans une pièce que vous aimez et créez une ambiance méditative avec une musique douce, quelques chandelles, un peu d’encens si vous en avez. Ayez quelques revues que vous pouvez découper et des ciseaux. Pendant 15 à 30 minutes, feuilletez-les et découpez les images qui vous attirent intuitivement, sans jugement et sans vous questionner sur le pourquoi de votre choix. Ensuite, prenez un carton (12 po x 18 po serait une bonne grandeur), faites un cercle que vous diviserez en deux. Pour la première moitié du cercle, fermez les yeux et laissez votre main vous guider vers l’image qui représente le message de votre âme. Puis, divisez la moitié restante en trois parties. La première représente ce qui est là pour vous en 2017; la deuxième, le message portant sur vos relations (familiales, amicales, amoureuses) et la troisième, une action à mettre en œuvre ou un projet à réaliser dans la prochaine année. Fermez les yeux et prenez une image pour chacun de ces trois thèmes.

Collez maintenant vos quatre ima­ges à leur endroit respectif, ajoutez des mots, mettez-y votre couleur de l’année, décorez votre mandala. Une fois ces étapes terminées, laissez-vous aller à écrire vos réflexions. Donnez un titre à votre collage et placez-le de façon à ce que vous puissiez le voir en tout temps. Rendez­-le vivant en ajoutant tout au long de l’année des mots, d’autres images, des symboles. Il sera le témoin, le miroir, le sage reflet de vous en cette période de renouveau.

Que la Lumière éclaire votre route et votre âme et vous donne le courage de vous ouvrir davantage à votre grand potentiel divin.

Le stress

Avez-vous déjà compté le nombre d’occasions où les gens parlent du stress au cours d’une journée? À les entendre, tout le monde est stressé. Mais qu’est-ce que le stress? Et qu’est-ce que l’anxiété? L’anxiété est l’émotion alors que le stress est la réponse physiologique, c’est à dire la réponse du corps face aux pressions extérieures. Ce sont ces pressions qui provoquent une réaction mentale et physique négative et automatique.

Le stress, qu’il soit imaginaire ou réel, produit une chaîne de réactions physiologiques :
• les pensées se bousculent, ce qui diminue notre capacité de concentration;
• le système immunitaire est affaibli;
• la digestion est ralentie puisque le corps se prépare à fuir ou à se battre. Ce n’est donc pas le moment de digérer;
• les symptômes de maladie chronique se manifestent;
• la sensation de douleur augmente et cause l’insomnie.

Le stress chronique sape notre énergie et, à long terme, mine notre santé.

Il arrive que les gens soient si habitués au stress qu’ils n’ont pas conscience d’être stressés. C’est leur entourage qui témoigne des effets : ils sont prompts à la colère, n’arrivent plus à mettre du piquant dans leur vie, deviennent lunatiques et s’isolent. Quant aux tâches, elles semblent plus difficiles à accomplir.

Une situation ou une personne n’est pas à l’origine du stress puisque les gens réagissent différemment aux mêmes situations. Il s’agit plutôt de la façon dont la situation est perçue et des pensées qui en découlent qui sont à l’origine du stress. Notre système réagit si quelqu’un court vers nous armé d’un couteau. Il réagit également s’il y a un changement au travail. Et il peut tout aussi bien réagir en l’absence de stimulus extérieur, comme lorsque nous anticipons la semaine qui vient. Notre façon de voir le monde déclenche la réponse de stress dans notre corps.

Il va sans dire qu’un monde sans stress n’existe pas. Tout le monde est anxieux à un moment ou à un autre dans sa vie, comme avant un examen ou une entrevue d’embauche. Le problème survient lorsqu’une personne s’inquiète de tout et de rien, de façon chronique et souvent à propos d’évènements mineurs. Elle se fait des scénarios catastrophiques qui, de toute évidence, ne se produiront pas. D’aucuns évitent des situations parce qu’ils ont peur qu’elles soient un déclencheur. Ces personnes ratent ainsi des occasions qui leur permettraient d’atteindre leur plein potentiel.

Alors que peut-on faire? Respirer.

La respiration est la première chose qui change lorsque nous nous sentons mal à l’aise. Nous respirons plus rapidement. Lorsque nous inspirons, nous activons le système nerveux sympathique qui prépare le corps à l’action (fuir ou se battre). Lorsque nous expirons, nous mobilisons le système nerveux parasympathique qui nous détend. C’est pour cette raison que les gens soupirent lorsqu’ils sont stressés. Une plus longue expiration aide à calmer. Donc lorsque notre expiration est plus longue que l’inspiration, nous commençons tout naturellement à nous détendre. Pour vous y aider, mettez les mains sur votre cœur et soyez à son écoute. Lorsque vous inspirez, imaginez que vous respirez par le cœur. Inspirez pendant cinq secondes et expirez pendant sept secondes, sans forcer. Puis, après quelques respirations, vous pouvez ajouter une émotion positive, par exemple en pensant à quelqu’un ou à quelque chose que vous aimez.

Il s’agit d’un exercice tout simple que vous pouvez faire lorsque vous en sentez le besoin. Aucun risque de surdose.

L’exercice, la technique de libération émotionnelle et l’autohypnose sont aussi des moyens reconnus et efficaces pour gérer le stress. Si vous désirez aller au fond des choses et éliminer l’anxiété, l’hypnose est tout indiquée.

Le miracle des plantes

La phytothérapie est la médecine par les plantes. Depuis toujours, les hommes vivent avec ces fidèles compagnes. On trouve des témoi­gnages de la curiosité et de l’intérêt de nos ancêtres pour le monde végétal gravés sur les parois rocheu­ses de grottes préhistoriques et sur des objets utilitaires de terre cuite retrouvés. Plusieurs écrits anciens de tous azimuts témoignent des connaissances très anciennes en phytothérapie. Les Égyptiens, les Grecs et les Romains nous ont laissé des traités de phytothérapie. La médecine chinoise avec son Pen-ts’ao, qui serait le plus vieux livre sur les plantes médicinales, est encore populaire. Il décrit des substances d’une incontestable valeur thérapeutique comme la cannelle, le ginseng, la réglisse et le ginkgo biloba, toutes encore utilisées aujourd’hui.

En Inde, les Vedas mentionnent l’usage médicinal et alimentaire de plus de 250 plantes. Les pratiques herboristiques mêlent intimement religion, magie et thérapeutique. La médecine ayurvédique reconnaît l’interaction entre l’univers et l’homme, et l’importance des éléments terre, eau, feu et air. Les théories médicinales indiennes ont aussi influencé d’autres systèmes médicinaux.

Avec l’avènement de la médecine moderne qui présente les médicaments miracles comme les antibiotiques et les sulfamides, la phytothérapie a été mise au rancart avec une étiquette de remède de grand-mère. Ce sont les effets indésirables des médicaments modernes qui ont redonné les lettres de noblesses à la médecine par les simples.

Mais démystifions certaines de ces précieuses alliées de notre santé qui souvent se trouvent dans notre armoire, incognito. L’hiver est à nos portes, les plantes peuvent tout à fait supporter notre santé, fortifier notre système immunitaire afin que la saison froide nous soit plus douce.

En prévention, redécouverte depuis quelques années grâce à ses propriétés préventives, l’échinacée est l’une des simples les plus appréciée. Elle ne s’attaque pas directement aux virus ni aux bactéries, mais elle agit comme fortifiant du système immunitaire. Elle aide à protéger des infections respiratoires et peut contribuer à réduire la durée d’un rhume par exemple. La racine est la partie de la plante que l’on utilise. On en fait des tisanes, des gélules, mais c’est en teinture qu’elle est le plus souvent consommée. Commencer à l’utiliser dès maintenant serait sage. Mieux vaut prévenir que guérir.

Qui ne connait pas l’ail? On l’utilise souvent en cuisine pour relever le goût de certains plats. Mais l’ail a des propriétés antiseptiques, antimicrobiennes anti-infectieuses très puissantes. De plus, il est anti-inflammatoire, antioxydant, diurétique et détoxifiant. Grâce à sa teneur en aillicine, l’ail est très efficace dans la prévention et en traitement des maladies respiratoires tels les rhumes, les grippes et la toux. Incorporé quotidiennement dans les plats cuisinés ou en supplément alimentaire, l’ail, bien que petit, est une aide de taille.

De façon curative, nez bouché, un gros rhume, la menthe poivrée en inhalation s’avère très efficace. On peut utiliser soit ses feuilles, soit son huile essentielle. En thé, la menthe poivrée est un excellent remède pour retaper ou stimuler le système digestif. Elle réchauffe et est fortifiante. Si la bordée de neige vous laisse courbaturé, on peut se frictionner avec quelques gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée mélangées à une autre huile, l’huile d’olive par exemple. Elle réduit la douleur musculaire et l’inflammation. N’oublions pas qu’elle a aussi des propriétés antiseptiques non négligeables.

Une herbe presque miracle, le thym. Le thym est un aliment majeur pour le système immunitaire : on peut l’utiliser à toutes les sauces. Le thym est antiseptique, antiviral, antifongique, et il combat la fatigue. Un repas trop copieux? Il aide à drainer le foie en stimulant la digestion. Le thym s’utilise beaucoup en cuisine; il ne faut pas hésiter à s’en servir sans modération.

Une autre indispensable dans notre cuisine-pharmacie : celle qui sauve, Salvia. Son nom scientifique lui convient très bien. Eh oui, la sauge est aussi très souvent utilisée en cuisine, mais aussi comme plante de purification. Les Amérindiens utilisaient la sauge blanche pour ses pouvoirs purificateurs. Les Mexicains utilisent une variété de sauge qu’ils appellent chia dont la graine mucilagineuse est de plus en plus populaire ici. La sauge est une plante digestive fantastique. Elle est reconnue pour combattre la transpiration excessive ou les douleurs menstruelles. Elle est anti-inflammatoire, elle stérilise et désinfecte les plaies extérieures, elle peut être utilisée pour les gingivites, les pharyngites et les amygdalites. Elle est fébrifuge et digestive. Combinée au thym, on a une combinaison gagnante à coup sûr.

Bien que très connu dans la cuisine italienne, l’origan mérite sa place au sein de la pharmacie naturelle. Cette plante aromatique est antivirale et antibiotique. Elle stimule le système immunitaire et aide à déboucher les pores de peau. L’origan peut aider dans certains cas d’acné et de psoriasis. Il est un tonique du système respiratoire et est aussi utilisé pour combattre certains champignons sous les ongles. L’origan rafraîchit l’haleine, désinfecte les gencives, a une action bienfaisante sur le foie (à court terme) et contre la fatigue et le stress. Ce n’est donc pas étonnant qu’il soit souvent associé, de façon traditionnelle, au thym et à la sauge. On peut utiliser l’huile d’origan en traitement choc. Son huile essentielle est très forte et concentrée.

Les feuilles sont cuisinées ou utilisées en infusion.
Ajoutons à notre pharmacopée, les agrumes. Les agrumes sont particulièrement reconnus et utilisés pour leur forte teneur en vitamine C. La vitamine C fortifie le système immu­nitaire. Le citron en particulier est important pour combattre plusieurs germes en particuliers ceux qui se baladent l’automne et qui sont responsables des maladies du système respiratoire. Ses propriétés anti-inflammatoires peuvent justement aider en cas d’asthme et d’autres affections respiratoires. Boire de l’eau citronnée chaque matin reminéralise l’organisme, diminue donc l’acidité, est diurétique donc désintoxique les reins et nettoie le foie.

Et terminons avec un dessert. La bonne odeur d’une croustade aux pommes qui parfume la maison. Mais oui, c’est la cannelle qui nous réchauffe les sens et nous rappelle le bonheur d’être à la maison par temps froid. La cannelle n’est pas qu’une épice qui agrémente les plats, elle est antiseptique, antibactérienne, antifongique et astringente. Elle est une aide précieuse pour le système immunitaire et elle nous garde au chaud.

C’est dans la préparation des aliments que la phytothérapie s’est définie comme médecine. Cet automne, il n’est donc pas nécessaire d’aller bien loin pour fortifier votre système immunitaire en prévision de l’hiver. En choisissant des aliments sains et en les aromatisant de façon consciente, on prend soin de notre santé tout en appréciant les plaisirs de la cuisine.

Qu’est-ce que le somayog?

Le Somayog est une technique qui fusionne l’art ancien des étirements et des postures du hatha yoga (asanas) avec l’éducation somatique et la pratique d’auto-ajustement de la colonne vertébrale. La combinaison dynamique et harmonieuse de ces trois approches maximise leur incidence dans le corps physique et le corps pranique.

Cette technique de détection et de résolution de problèmes permet aux individus de travailler sur des problèmes spécifiques et d’obtenir des résultats réels.

Le Somayog inclut la pratique de nombreux ajustements, accompagnements et manipulations qui aident le corps à comprendre le travail somatique, à approfondir les étirements et à préciser les alignements. Il s’agit d’une approche qui procure des effets transformatifs durables dans le corps et qui aide à pratiquer toutes les autres formes de yoga.

Cette technique éduque véritablement le rapport corps-esprit et favorise l’épanouissement d’un ressenti juste. Elle contribue à la libération de l’emprise des réflexes de survie et de l’énergie emprisonnée dans des tensions neuromusculaires involontaires et inconscientes qui ne peuvent être relâchées par la seule pratique des postures de yoga.

La pratique du Somayog permet aussi d’habiter le corps de manière très subtile. Les asanas deviennent alors un pont entre le dense et le subtil où l’attention sert à libérer le corps conscient et à le mettre au diapason de l’Être. Ainsi, ils permet­tent de réparer des disharmonies d’ordre énergétique, ou des empreintes karmiques actives, qui peuvent se manifester dans le corps sous forme de tension, de rigidité, de douleur ou même de maladie.

Tout en répondant avec finesse aux besoins du corps, le Somayog permet d’atteindre un état méditatif; il s’agit du yoga du samaadhi.

Le négatif d’être positif

On dit souvent qu’il faut être positif dans la vie et voir le bon côté des choses. Pourtant, à la suite d’une séance privée de techniques de respiration neurologique, une patiente me confiait qu’elle avait réalisé que dire des choses négatives lui avait fait le plus grand bien. En exprimant des choses négatives mais vraies, elle était libérée de la pression d’être parfaite. Quel soulagement! On oublie souvent d’admettre où nous sommes, hélas!…

C’est en prenant conscience, en reconnaissant et en acceptant ce qui se passe en ce moment que nous bâtissons une fondation solide pour avancer dans la vie. Nous avons le droit de dire les vraies choses sans embellir ni déformer la réalité.

Prendre conscience
Nous ne pouvons pas résoudre un problème dont nous ne sommes pas conscients. En voulant être positif, nous passons à côté de ce qui se passe réellement. Il ne s’agit même pas d’être positif ou négatif dans la vie, mais bien d’être réaliste. Il y a la réalité psychologique que nous nous créons, et il y a la réalité qui est indépendante de notre perception du moment et de ce que nous voudrions voir.

Voici comment j’en fais prendre conscience à mes patients.

Isabelle est étendue sur le ventre. Je vois qu’elle respire bien dans le bas du dos et dans le haut du dos, mais pas au milieu (entre les omoplates). Malheureusement, elle n’en est pas consciente et, qui plus est, elle croit que tout va bien. Je place ma main à l’endroit où la respiration n’est pas adéquate et demande à Isabelle d’inspirer sous ma main pour qu’elle en prenne conscience. Tout bouge — bassin, hanches, bas du dos, haut du dos — sauf la zone qui nous intéresse. Je lui demande donc de n’inspirer qu’à cet endroit, nulle part ailleurs. Encore une fois, elle en est incapable, même si elle essaie de toutes ses forces. Sauf que, cette fois, elle en prend conscience.

Reconnaître
Nous avons le droit d’être imparfaits. Connaître ses faiblesses est une grande qualité. Cela n’est pas négatif mais réaliste. Une preuve de puissance intérieure est d’être vulnérable sans que cette vulnérabilité ne cause d’inconfort. Pour cela, il faut reconnaître où nous sommes.

Isabelle n’était pas encore prête à reconnaître qu’elle était faillible. Je lui demande donc de dire la phrase : « Ici, ça ne respire pas » et d’inspirer. Elle s’exécute à contrecœur et, comme par magie, la respiration devient tout à coup harmonieuse dans le milieu de son dos.

Cependant, le mental est puissant. Isabelle me dit que cette phrase est négative et que ce n’est pas vrai : elle est capable d’accomplir tout ce qu’elle désire. D’accord. Cette fois, je lui demande de dire la phrase : « Ici, ça respire très bien » et d’inspirer. Rien ne bouge. C’est à cet instant qu’un déclic se fait dans son esprit. Elle reconnaît à ce moment-là qu’elle n’est pas parfaite et que son corps peut agir ou non indé­pendamment de son positivisme.

Accepter
C’est à cette étape que l’on accepte la situation telle qu’elle est. Pas comme on voudrait qu’elle soit. Dans l’acceptation, nous devenons réalistes. Nous réalisons à quel point nous avons tenté d’éviter la douleur ou la souffrance en déformant la réalité. Nous ne nous jetons plus de poudre aux yeux pour ne pas voir.

Isabelle accepte donc qu’elle est imparfaite et qu’elle a le droit de l’être. Un poids de moins sur ses épaules. Puis, elle inspire une dernière fois dans le milieu de son dos en disant et en acceptant la phrase : « Ici, ça ne respire pas ». Son corps se met à respirer de façon uniforme dans tout son dos. Comme s’il disait : « Enfin, Isabelle m’a compris. »

En terminant, c’est en prenant conscience, en reconnaissant et en acceptant réellement où nous sommes en ce moment que nous construisons une fondation solide pour avancer. Bonne route!

Des infusions pour se garder bien au chaud

Avec l’arrivée du temps froid, on sait qu’une infusion bien chaude nous réchauffe le corps et l’esprit. Entou­rer la tasse chaude de ses mains, prendre de petites gorgées et sentir la chaleur descendre en nous est plus qu’un rituel; c’est un véritable réconfort. Toutefois, si une tisane de qua­lité ou un bon thé vous procure cet effet le temps que vous le dégustez, certains thés seront particulièrement efficaces pour vous réchauffer de façon prolongée en équilibrant votre énergie vitale, vos organes et votre circulation sanguine, favorisant ainsi la diffusion de la chaleur dans votre corps. Voici donc deux types de thés : les Pu Er et les Oolongs des monts Wuyi, de précieux alliés tout au long de la saison froide.

Thés Pu Er
Les membres de la famille des Pu Er (prononcé Pu-erh) sont des thés bien particuliers du fait qu’ils sont fermen­tés. Produites au Yunnan, dans le sud de la Chine, leurs feuilles sombres à l’odeur de sous-bois et de terre sont souvent présentées en vrac ou en version compressées en galettes, en briques ou en nids d’oiseau (tuo cha). Millésimés, ces thés ont même la capacité de vieillir et de se bonifier pendant des décennies. À maturité, leur infusion de couleur rouge-brun, presque noire, possède une saveur douce et apaisante, sans amertume, aux arômes évoquant tantôt la terre humide et les champignons forestiers, tantôt le vieux meuble de bois ou le cuir. Si leur caractère gustatif peut parfois sembler surprenant, leurs innombrables bienfaits sur la santé sont reconnus depuis des siècles par la médecine traditionnelle chinoise. Parmi ses vertus principales, le Pu Er peut favoriser la circulation sanguine, prévenir les maladies cardiovasculaires, réduire le taux de mauvais cholestérol, aider la digestion en général et, surtout, brûler les graisses superflues en cas d’abus de nourriture trop riche et faire mincir, contrer l’intoxication alimentaire et l’indigestion, soulager les symptômes de la gueule de bois, équilibrer le Qi (l’énergie vitale) dans tout le corps. On saura apprécier son aide toute l’année, mais encore davan­tage durant l’hiver, lorsque nous sommes généralement moins actifs et mangeons des aliments riches qui demandent une élimination plus intense (surtout durant le temps des Fêtes!). En équilibrant ainsi l’organisme, une bonne tasse de Pu Er nous procure presque instantanément une agréable sensation de réconfort et de bien-être.

Oolongs des monts Wuyi (Yan cha, thés de rochers)
Selon la médecine chinoise, ces thés sont de véritables chaufferettes pour nos organes digestifs. En procurant­ une chaleur sèche au foie et à la rate (qui sont trop souvent froids et humides en hiver), ces thés améliorent le feu digestif, et la circulation sanguine amène la chaleur aux extrémités. Produites au Fujian, au cœur d’une chaîne de montagnes rocheuses, puis torréfiées au charbon, les feuilles de ces types de thé sont aromatiques et donnent une délicieuse infusion de couleur ambrée aux notes rappelant les fruits rouges en confiture, les fruits secs, les fleurs, le caramel, le café, la noisette grillée, les épices douces, etc. Peu caféinés et réconfortants, ces thés sont de bons compagnons de soirées hivernales où il fait bon cocooner. En voici quelques-uns : Da Hong Pao, Rou Gui, Qi Lan, Qi Zhong, Shui Xian, Tie Luo Han, Yan Ru.

Autres suggestions d’infusion pour l’hiver : le Chaï (thé aux épices), les thés noirs en général, le Houjicha (thé vert japonais grillé), la chicorée rôtie, le gingembre, le tulsi (basilic sacré), le rooibos.

S’honorer de sa propre présence

L’hiver, saison par excellence des pantoufles et des feux de foyer, vous invite à ralentir vos activités, à habi­ter votre intérieur et à le réchauffer de votre présence. Vous pouvez pen­ser à votre maison, mais vous pouvez aussi simplement penser à votre corps. Avez vous remarqué combien peu de temps vous passez à être bien avec lui, en lui? Et savez-vous à quel point incorporer cette habitude peut changer votre vie?

Je n’habite pas mon corps
L’expression « être dans son corps » semble simplette. Et si vous êtes d’avis qu’elle est futile, vous serez peut-être d’autant plus surpris d’apprendre que vous passez le plus clair de votre temps ailleurs que dans votre corps. Essayez ceci : dirigez toute votre conscience vers vos pieds et ressentez intensément toutes les sensations qui les habitent comme si vous n’étiez que vos pieds. Faites abstraction de tout le reste autant que possible et respirez par vos pieds. Maintenant, en habitant toujours vos pieds, pensez à ce que vous avez fait hier. Pas facile, hein! Hier, ou demain, ne se trouve pas dans vos pieds. Quand vous êtes dans votre corps, vous êtes aussi, proportionnellement, dans le présent. Donc, tout le temps que vous passez à penser à hier ou à demain, vous le passez généralement à l’extérieur de votre corps (et, avouons-le, nous passons le plus clair de notre temps à penser à hier, à demain ou à une autre machination de l’esprit qui n’a rien à voir avec le présent). Dans le monde de l’énergie, on dit que l’énergie va là où la conscience se trouve. Rappelez-vous des jours où vous étiez préoccupés ou éparpillés; n’étiez-vous pas épuisés avant la fin de la journée?

Habiter son corps
Être dans votre corps se vit d’abord en prenant le temps de ressentir votre corps. Observez votre respiration, sans chercher à la contrôler. Sentez votre abdomen se gonfler et se dégonfler. Ressentez la chaleur dans vos membres, ainsi que les tensions qui peuvent habiter votre corps. Permettez-vous de vous en approcher; imaginez que vous entrez à l’intérieur de ces zones avec toute votre présence.

S’il est plus facile d’ancrer cette habitude lorsqu’on ne fait rien, l’idéal est éventuellement d’inclure cette perspective, ce ressenti, peu importe votre activité, tout au long de la journée. Ressentir vos mains en lavant la vaisselle, ressentir vos pieds se poser sur le sol lorsque vos marchez, ressentir votre bouche lorsque vous mangez, ressentir vos épaules en conduisant la voiture, etc. En faisant l’exercice régulièrement, vous en viendrez à reconnaître le bien-être que votre présence vous apporte, que ce qui se passe dans votre vie ou dans votre corps soit perçu comme agréable ou désagréable. C’est la magie de la présence.

Pourquoi pratiquer la présence dans le corps?
Au moyen de cette pratique, vous développez une saine relation à vous-même. Vous apprenez à connaître et à reconnaître votre essence. Vous apprenez à observer votre rapport au monde extérieur, vos blessures et les réactions qu’elles suscitent dans votre corps. Vous développez un sentiment de confiance et de sécurité reposant sur votre Être plutôt que sur le monde environnant. Et en pratiquant assidûment, vous vous permettez même de transcender vos acquis, c’est-à-dire d’agir non pas en étant motivé inconsciemment par vos sensations, mais en partant de cet état de présence cultivé et ancré en vous, cette présence qui ne vit en fonction ni du passé, ni du futur.

La présence dans le corps est un outil puissant (et peu coûteux) qui ouvre la voie de la conscience et de la guérison. Ce processus d’amour, d’accompagnement et de reconnais­sance de soi nourrit sans cesse de nombreux enseignements qu’il permet.

La mort : changement de décor sur l’éternel chemin de la vie

La mort nous interpelle et nous bouleverse. Plusieurs questions nous assaillent, et diverses émotions nous envahissent quand nous voyons mourir nos proches ou quand nous envisageons notre propre mort. Mais quelle que soit notre réaction, la mort est inévitable. Aussi bien l’apprivoiser.

C’est ce qu’ont fait Socrate, Platon, Épicure, Cicéron, Plotin, Montaigne et plusieurs autres philosophes qui en sont venus à penser que philosopher, c’est apprendre à mourir. Le sens de la mort découle de celui que l’on donne à la vie. Si nous pensons que l’existence humaine trouve son accomplissement ultime dans l’expérience sensorielle ou la performance intellectuelle, la destruction du corps marque évidemment la fin de tout et suscite un effroi bien légitime. À l’opposé, si nous pensons que l’univers répond à une finalité spirituelle et que l’âme est immortelle, la peur de la mort s’estompe. Elle apparaît alors comme une transition vers une autre forme de vie, un simple changement de décor sur l’éternel chemin de la vie.

Deux penseurs québécois, décédés au tournant des années 2000, ont exprimé par écrit les sentiments que leur inspirait la venue prochaine de leur propre mort. « On n’est pas athée par courage. J’admets que la mort paraît souvent plus facile à apprivoiser pour ceux qui croient profondément à une survie de la personne ou de l’âme […]. Pour l’athée, la mort sera une fin absolue et sans appel. Une petite fin du monde. »

Laurent-Michel Vacher, l’auteur de ce témoignage est décédé en 2005. Ses dernières réflexions donnent l’impression que ses convictions athéistes avaient faibli. « Vivre jusqu’à la fin le moins mal possible, goûter la joie de l’instant présent […], communier avec l’énigme de l’univers, se percevoir comme partie prenante du grand tout qui nous porte et nous emporte. »1

L’autre penseur québécois dont les propos sur la mort donnent à réfléchir est Doris Lussier, le célèbre « Père Gédéon » : « Il me semble impensable que la vie, une fois commencée, se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière, et que l’âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clartés, de si riches espérances et de si douces affections. »

Je soumets la profondeur de ces témoignages à la réflexion du lecteur. Que l’on soit athée ou croyant, on ne peut pas esquiver la méditation sur la mort.

1 Laurent-Michel Vacher, Une petite fin du monde, Carnet devant la mort, Montréal, Liber, 2005.

Donner et recevoir, des gestes pleins de sens

Durant le temps des Fêtes, nous donnons et recevons de nombreux cadeaux. Ces échanges de cadeaux témoignent de notre profond besoin humain d’aimer et d’être aimé. Mais comme nos vies filent à vive allure, il est facile de se laisser prendre au jeu de la consommation à outrance. Bien que nous cherchions à nous connecter à l’essentiel, nous finissons par acheter des objets souvent insignifiants que nous donnons avec maladresse. Alors comment retrouver le sens profond de donner et de recevoir?

La plupart d’entre nous sommes devenus des spécialistes dans l’art de donner. Arrêtons-nous un instant pour nous demander : comment est-ce que je donne et depuis quel espace à l’intérieur de moi? Lorsque c’est l’égo qui donne, il fait de son mieux, mais dans le but inconscient de se plaire à lui-même. Il ne peut faire autrement, le pauvre, que de se complaire dans l’image qu’il se fait de l’autre. L’objet donné reflétera alors cette projection et aura peu de chance d’être bien reçu.

Si nous prenions le temps de retrouver une profonde connexion à soi, elle nous mènera vers l’autre. C’est dans l’espace tendre de notre cœur que nous commençons à percevoir l’autre tel qu’il est. De là viendront l’intuition et l’inspiration pour le petit-quelque-chose qui fera énormément plaisir. Il est vrai que les objets peuvent être de vrais messagers d’amour. Les enfants le savent… jusqu’à ce que la société de consommation le leur fasse oublier. Lorsque de surcroît, l’objet est fabri­qué de nos mains, il contient nos deux biens les plus précieux : notre temps et notre attention. C’est ainsi qu’il se remplit d’amour. Ou alors, nous pouvons donner un objet sentimental qui nous appartient et observer ce qui se passe dans l’invisible lors de ce partage d’une part intime de notre être.

Pour plusieurs, recevoir s’avère un acte plus difficile que donner. Or, il importe tout autant pour rétablir l’équilibre de la fonction affective. Notre éducation nous conditionne plus à agir qu’à recevoir, au yang qu’au yin. Souvent, nous sommes même mal à l’aise de recevoir, n’est-ce pas? Il en est ainsi parce que nous portons dans notre inconscient collectif un sentiment commun d’insuffisance. Comme si nous ne le méritions pas. Pourtant, nous sommes tous et chacun infiniment digne d’aimer et d’être aimé. Il nous suffit de retrouver ce doux geste d’ouvrir les bras pour accueillir les innombrables présents du moment.

Quand un enfant nous donne un dessin, c’est simple, tout notre être s’ouvre spontanément. Nous sommes touchés par la pureté de la délicate intention du geste. C’est un moment de grâce dans l’ordinaire du quotidien. C’est en passant par le cœur que donner et recevoir deviennent des gestes plein de sens et remplis d’amour. Donner et rece­voir à partir du cœur, c’est entrer ins­tantanément dans le mouvement de la vie. Et on en vient à ne plus savoir qui donne et qui reçoit, n’est-ce pas merveilleux? Il s’agit d’une seule et même danse. Alors ne doutons plus un seul instant de notre dignité à recevoir et à donner de l’amour, car ce mouvement aimable et aimant est notre nature profonde.

Rappelons-nous que sur le chemin du retour à l’essentiel, le plus grand des présents est notre présence. C’est si simple et si peu dispen­dieux que nous en oublions la valeur. Le don de notre présence pleine et inconditionnelle participe à la grande danse de la vie qui ne demande qu’à être célébrée. Lorsque nous osons notre présence unique et lumineuse, nous sommes un présent inestimable offert au monde entier. Il y a de quoi s’emballer, non?

Se (re)construire consciemment : devenez un archéologue de l’esprit

J’aimerais vous inviter à faire cet hiver un voyage – non pas un voyage dans un pays chaud, mais plutôt un voyage énergétique dans votre profondeur intérieure, dans la partie submergée de l’iceberg de votre psyché. Oui, je sais, il fait bien moins chaud dans ce lieu, mais la pratique spirituelle que je vous propose pour votre cocooning cet hiver a la capa­cité de faire fondre cette glace figée dans la noirceur et de faire rayonner le soleil à l’intérieur de vous.

Cette pratique est celle de devenir un archéologue de l’esprit et d’entamer un processus d’excavation de vos structures identitaires. Qui sait quel trésor vous pourriez découvrir parmi les roches et la poussière du passé auxquelles vous vous êtes identifiés! Car, derrière votre manière d’être, de penser et d’interagir se trouve tout un univers de croyances à déloger et à faire remonter à la surface du soi.

Pourquoi accomplir un tel travail intérieur? Eh bien, pour vous cons­truire consciemment! Aussi longtemps que ces croyances restent bien enfouies, elles ont une incidence déterminante sur votre expérience­ de la réalité, des autres et de vous-mêmes. Entreprendre ce genre d’excavation, c’est prendre l’une des plus impor­tantes décisions de votre vie, c’est-à-dire prendre en main votre pouvoir de décider qui vous êtes et, au besoin, ériger une nouvelle fondation pour votre demeure intérieure, ce lieu dans et par lequel votre âme s’exprime par le biais de votre person­nalité et de vos valeurs.

Pour revenir à la métaphore du voyage, ne jamais prendre le temps de faire une intériorisation de ce genre est comme laisser un étranger préparer vos valises avant de partir en voyage, sans jamais vérifier le bien-fondé des choix qui ont été faits ni les conséquences potentielles de ces choix.

Comment faire un tel recensement des valeurs? Une chose très importante à réaliser est que certaines des valeurs dont nous avons hérité – de nos familles, de notre société – peuvent non seulement s’opposer les unes aux autres, mais être littéralement contradictoires, donc impossibles à respecter. Prenez quelques secondes pour penser à l’état dans lequel cela peut vous mettre intérieurement… Indice : un état de conflit intérieur qui peut, dans certains cas, être présent en permanence et qui s’exprimera dans vos gestes et votre relation à vous-mêmes et aux autres.

Pour démontrer le bien-fondé des croyances que vous allez vous-mêmes excaver, voici comment procéder. Pour chaque valeur que vous jugez importante, posez-vous les questions suivantes :
• Cette valeur m’appartient-elle vraiment ou fait-elle partie de l’héritage que j’ai reçu?
• Cette valeur offre-t-elle un soutien bénéfique à ma vie et aux objectifs que je me donne?
• Cette valeur est-elle en harmonie avec mes autres valeurs? Dans la négative, quel est le conflit?
• Cette valeur implique-t-elle, pour être honorée, une dépendance envers autrui?

Profitez de l’énergie de l’hiver, si propice à l’intériorisation, pour vous laisser guider dans ce processus d’excavation. Amusez-vous à être l’archéologue de votre esprit, celui qui interprète les découvertes et détermine leurs valeurs nécessaires à la reconstruction de votre être intérieur. Rendu au printemps, il sera temps de (re)construire l’architecture de vos relations et les rôles que vous y jouez à partir d’une nouvelle fondation. Pourquoi? Parce que les rôles ont été influencés par les valeurs qui vous gouvernaient. Et mainte­nant qu’elles ont été examinées, il y aura un petit (ou un grand) ménage du printemps à faire pour paver la voie à l’expression de votre nouvelle configuration.