Les émotions, ces mal-aimées!

« Je suis trop sensible …» « Tu es trop émotif …» Sur quoi se base-t-on pour évaluer que quelqu’un est trop sensible?

D’abord, à quoi servent les émotions? Question relativement simple, mais plusieurs restent perplexes quand on la pose. Les émotions, c’est le chemin que prend mon organisme, mon âme, mon sage intérieur, la partie divine en moi… pour me communiquer un message sur mes limites ou mes besoins psychologiques. Si je suis fière ou contente, cela me parle d’une limite respectée ou d’un besoin comblé, généralement parce que j’ai posé une action en ce sens. Si je suis triste ou en colère, cela me parle d’un besoin en manque, d’une limite dépassée. De plus, l’intensité de l’émotion me parle de l’importance du besoin à ce moment-là.

Alors, est-ce que je suis trop triste? Non! Ma tristesse me parle d’un besoin en manque. Quel est-il? C’est en me permettant de vivre cette tristesse, comme tout autre émotion, dans toute son intensité que la réponse m’apparaîtra. Il est probable que ce soit en lien avec un des trois grands groupes de besoins vitaux : l’affection, l’affirmation et la réalisation de soi? Plus je me permettrai de vivre mes émotions, plus je répondrai aux besoins et respecterai les limites qu’elles m’indiquent, plus je me sentirai vivante.

Et ma colère, est-ce que cela signifie que je dois la crier à l’autre? Bien sûr que non! Vivre complètement mon émotion ne signifie pas la jeter sur l’autre. Il est préférable de se retirer en soi, ou dans un autre lieu pour la sentir complètement, saisir le message, puis poser l’action pour prendre soin de moi, ce qui pourrait être : m’affirmer sainement auprès de la personne concernée.

Qu’est-ce que s’affirmer sainement? Pour que mon affirmation soit saine, je dois m’affirmer de façon personnelle, responsable et respectueuse. Reprenons chacun de ces éléments. M’affirmer signifie oser me montrer et nommer mes émotions, mes goûts, mes opinions, mes valeurs, mes besoins, mes limites et mes aspirations. Lorsque je parle de façon personnelle : je parle de moi au « je », sans me cacher. De façon responsable : en affrontant la réaction de l’autre à ce que je suis, ce que je dis ou fais; sans me sauver ou chercher à éviter les conséquences. Et enfin, de façon respectueuse : en acceptant que l’autre soit ce qu’il est, même s’il est différent de moi, sans le juger ou l’attaquer.

C’est un chemin efficace permettant d’oser être soi socialement.

Les rapports affectueux

C’est peut-être le moment de réfléchir sur nos rapports avec les autres. Posez-vous ces questions : « Jusqu’à quel point mes rapports avec les autres sont-ils harmonieux? Jusqu’à quel point les autres sont-ils respectueux de moi et de mes croyances? Jusqu’à quel point suis-je respectueux des autres et de leurs croyances? Est-ce que mes rapports avec les autres sont basés sur la confiance? ».

Si vos rapports avec les autres et les rapports des autres avec vous sont basés sur la confiance, vous ressentez la liberté dans ces rapports. Oui, c’est vrai que dans cette liberté, nous avons une certaine responsabilité envers les autres qui est fondée sur l’amour et qui fait partie de notre service sur cette terre.

Néanmoins, posez-vous ces questions : « Est-ce que je vais au-delà de ma responsabilité envers les autres? Est-ce que je fais des choses à la place des autres ou est-ce que je leur donne leur liberté d’expérimenter? » Et si ceci est vrai, est-ce que je reste dans l’exemple parfait de la bonté et de la patience à l’intérieur de moi-même afin de rester disponible pour eux pour donner des conseils quand c’est approprié? Posez-vous une dernière question : « Est-ce que les autres me donnent la liberté de m’exprimer comme je le veux? ».

Nous vivons un temps immense dans cette grande lumière qui nous incite à être exacts dans notre cheminement intérieur. Ceci veut dire que notre grande présence « Je suis », ce Dieu intérieur, nous demande de vivre dans la perfection des vérités les plus profondes tout en gardant notre esprit ouvert. Si nous compromettons ces vérités profondes de nos êtres parce que les autres ne respectent pas la manière dont nous vivons, c’est peut-être le moment de changer la situation. Par contre, si nous nous entourons des individus qui élèvent notre âme à des niveaux supérieurs de compréhension, la conscience christique à l’intérieur de nous est intensifiée et donc, elle nous permet de nous épanouir tout en touchant la noblesse de nos êtres divins.

Il faut se souvenir que nous créons notre environnement. Nous choisissons nos rapports avec les gens et nous seuls sommes responsables de nourrir notre vie spirituelle.

Donc, réfléchissons à ceci : en rayonnant le grand principe divin par l’amour, le respect, la confiance et la liberté, nous changeons la vie des autres. Nous sommes ici pour créer et pour transformer nos rapports dans ce monde. Par conséquent, assurons-nous tous de créer des vies remplies de rapports riches et profonds.

La nouvelle masculinité

Je suis psychothérapeute et coach de vie. À chaque jour, dans ma pratique, de plus en plus d’hommes me consultent pour dénouer leurs difficultés relationnelles et apprendre à se mieux connaître. Cette quête d’identité me touche profondément comme psychothérapeute et aussi comme femme, car j’aime les hommes. Tout simplement. Leur questionnement, leur cheminement, parfois à tâtons pour se réinventer, se créer en l’absence de modèles significatifs me touchent et m’inspirent un grand respect.

Qu’est-ce que la nouvelle masculinité? Est-ce à moi de la définir? À vous, sociologues, anthropologues ou à vous-mêmes messieurs? Pour ma part, j’aimerais lancer des pistes d’action et de réflexion. Je vis entourée d’hommes. J’aime profondément l’homme avec qui je partage ma vie et j’ai un fils, que j’aime tout autant et qui, lui, partage sa vie avec un autre homme que j’aime aussi comme un fils. Ma fille a épousé un homme adorable, avec une sensibilité et un sens de l’humour exquis. Je me sens privilégiée car au cours de ma vie, j’ai fréquenté des hommes que j’ai aimés intensément parfois sans les comprendre, mais toujours avec l’ouverture du cœur. Je leur suis reconnaissante pour tout ce qu’ils m’ont apporté et surtout pour m’avoir permis d’entrer dans leur univers avec autant d’humilité et de sensibilité. Un univers si différent du mien, mais tout aussi complexe et fascinant.

Personne ne devrait laisser l’autre le définir encore moins à partir d’a priori, de généralités, de tendances. Puisque rien n’est immuable, je m’attarderai à la dimension du changement pour cerner l’homme dans sa réalité. En fait, comment l’homme du XXIe siècle s’adapte-t-il au changement avec plus ou moins de bonheur? Depuis deux générations, le changement l’interpelle, le presse, le pousse dans ses derniers retranchements comme il nous a poussées nous, les femmes à évoluer, à revendiquer l’égalité, l’autonomie financière, l’équité salariale, l’accès à des métiers non traditionnels, le partage des tâches domestiques, des responsabilités parentales et tutti quanti. L’homme grandit dans le chaos, la confusion des genres, mais il finit par retomber sur ses pattes et récupérer du pouvoir sur sa vie lorsqu’il cesse de se « victimiser ». En d’autres mots, lorsqu’il cesse de blâmer qui les femmes, ses parents, qui la société, le voisin de ses malheurs. Il devient une personne adulte et responsable lorsqu’il commence à tourner le regard vers lui-même pour se définir et trouver sa véritable identité. Il s’ouvre à sa propre sensibilité et fait confiance à son jugement au lieu d’attendre l’approbation d’autrui. Il assume ce qu’il est et son unicité.

Comme pour l’émancipation des femmes, cela ne va pas sans heurts pour vous les hommes. Vous l’avez déjà pressenti, il n’y a qu’un chemin, le chemin le moins fréquenté, celui de l’authenticité. Être vrai et en accord avec soi-même et avec les autres. Ce n’est pas là un chemin facile, mais en revanche, être vrai amène plus de liberté. La fierté et l’estime de soi pavent le chemin de l’homme qui choisit l’intégrité.

Aussi, j’observe des dénominateurs communs chez ces hommes en cheminement : l’ouverture, la tolérance, la sensibilité qui font très bon ménage avec l’énergie, l’audace, la force. Il y a une recherche d’équilibre entre le yin et le yang, le masculin et le féminin. Un équilibre donc qui s’intègre et qui passe imperceptiblement dans les gestes de la vie quotidienne. Par exemple, lorsque je vois un homme consoler doucement un tout-petit, ou un autre assumer son orientation sexuelle avec dignité et respect, démontrer un intérêt véritable à résoudre ses conflits, à faire preuve d’humilité, de sensibilité, à être capable de s’excuser, de demander pardon, de réparer ses torts avec sincérité. J’observe de plus en plus d’hommes qui sortent du non-dit face à la violence, qui refusent d’être des témoins silencieux de l’abus au travail ou dans leur famille. Je vois autour de moi des hommes qui se lèvent et marchent à côté des femmes pour lutter contre le cancer du sein, qui militent pour la paix dans le monde. J’entends des hommes parler librement de menstruations, d’accouchement, d’orgasme au féminin. Je vois des hommes s’émanciper des vieux stéréotypes. Ils choisissent de forger leur propre système de valeurs plus conformes à leur nature véritable. Je vois des hommes toucher à leur vécu, en parler et vivre avec plus d’intensité. Certains le font avec certitude et conviction, d’autres dans le doute et la peur. Toujours est-il qu’ils avancent ces hommes en éclaireurs, précurseurs d’un monde meilleur. Ceux-là ont toute mon admiration et mon affection. Ils me donnent confiance en la beauté et en la pérennité du monde.

Choisir le bonheur

« Pour être en bonne santé mentale, les humains ont besoin de plusieurs contacts à chaque jour. » Virginia Satir

Une des conditions du bonheur, c’est l’amour. Et une façon de manifester notre amour, c’est d’entrer en contact. Le contact physique et le contact psychologique nous sont tous deux nécessaires.

L’être humain a autant besoin de contact pour sa santé psychologique qu’il a besoin de respirer pour sa santé physique. Qu’est-ce que le contact? Le contact, c’est « toucher et être touché » physiquement et psychologiquement. Être touché psychologiquement, c’est se laisser affecter, influencer, transformer par l’autre, c’est lui donner le droit d’exister dans notre vie. Toucher l’autre psychologiquement, c’est lui révéler qui je suis et ce que je ressens. C’est dire implicitement à l’autre : tu as une place dans mon univers, je te vois, je t’écoute, tu comptes pour moi et je prends aussi ma place dans ton univers.

Nous avons besoin d’être vu, entendu, touché, reconnu, affecté par les autres. Nous avons besoin de voir, toucher, entendre, sentir et reconnaître les autres. C’est un besoin fondamental de l’être humain. Sans contact, nous nous desséchons et nous perdons notre joie de vivre. Le contact peut nous sauver la vie et nous ramener à l’existence. Qui ne connaît pas l’effet d’une caresse ou d’un geste d’affection?

Hier, un homme est venu me voir après une conférence et m’a raconté l’histoire suivante. Son épouse est décédée le laissant seul avec des enfants en bas âge. À l’extérieur, il s’est comporté comme un « vrai homme » et n’a rien laissé voir de sa souffrance profonde. Cependant, il a commencé à boire de plus en plus pour oublier. Graduellement, il a perdu le goût de vivre et a commencé à se négliger.

Le jour de la fête des Mères, deux ans après le décès de son épouse, sa petite fille de sept ans est venue le réveiller avec un petit déjeuner au lit et une chandelle portant le chiffre deux. Elle lui a dit : « Il y a deux ans que maman est morte, c’est toi ma maman maintenant ». Il s’est laissé toucher par l’amour profond et la confiance de son enfant, il a arrêté de boire, il a recommencé à faire de l’exercice physique. Petit à petit, il a repris le goût de vivre. Voilà un geste d’amour qui a eu un grand impact. Je crois que nous avons tous besoin de gestes d’amour pour nous aider à passer à travers les petites et grandes difficultés de la vie.

Nous avons besoin de recevoir de l’amour et besoin d’en donner, que ce soit sous la forme de paroles, de regards, de gestes ou de contacts physiques.

Nous sommes tellement affamés de contact que même un contact léger modifie notre comportement. À preuve, cette expérience conduite par des psychologues. On laissait volontairement un 25 sous dans une boîte téléphonique. Dans la première condition expérimentale, l’expérimentateur allait tout simplement dire à la personne qui venait de trouver et d’empocher le 25 sous : « J’ai oublié un 25 sous dans la boîte téléphonique, l’auriez-vous trouvé par hasard? ».

Dans la seconde condition expérimentale, l’expérimentateur disait exactement la même chose, mais cette fois touchait légèrement le bras de la personne à laquelle il parlait. Le pourcentage des gens qui remettaient le 25 sous augmentait de 20 % lorsqu’il y avait ce léger contact physique joint à la question.

Bien sûr, tout le monde n’a pas envie d’être touché indistinctement. Il est important d’user de notre sensibilité dans ce domaine et de trouver de quelle façon verbale ou non verbale nous pouvons manifester aux autres la place petite ou grande qu’ils ont dans notre existence. Par exemple, un regard est une forme de toucher et peut transmettre bien des messages. Un sourire aussi.

Spitz, un chercheur en psychologie de l’enfant, a travaillé pendant des années sur le « syndrome de l’hospitalisme ». Les enfants en institution (hôpital ou crèche) qui étaient privés de contact manifestaient des symptômes physiques et psychologiques pouvant aller jusqu’à se laisser mourir par manque de contact.

À l’hôpital Sainte-Justine de Montréal, les intervenants ont effectué une recherche sur les enfants qui étaient visités par rapport aux enfants qui recevaient peu de visite. Les enfants qui avaient plus de contacts, pleuraient et manifestaient plus leur désarroi au moment du départ de leurs parents, mais ils guérissaient plus vite et avaient moins de symptômes et d’effets secondaires.

Les enfants prématurés placés en incubateur qui sont touchés, caressés et manipulés (à l’aide de gants stériles qui s’introduisent dans l’incubateur) effectuent une prise de poids plus rapide et montrent une plus grande résistance que les enfants touchés uniquement pour les soins de base.

De plus, les recherches ont montré qu’il y a une corrélation directe entre la quantité et la qualité de vos contacts et votre santé psychologique et physique. Même la présence d’un animal nourrit notre besoin de contact. Plus les gens sont riches en contacts, plus ils sont en bonne santé. C’est la meilleure des vitamines, le contact!

De même que nous sommes plus souples et plus vivants (plus de circulation d’énergie) après un massage, de la même façon nous sommes plus heureux, plus vivant et plus créateur chaque fois que nous choisissons de laisser entrer quelqu’un dans notre univers mental ou physique ou d’entrer dans celui d’un autre.

Et les ermites me direz-vous? La qualité de leur contact avec Dieu, avec l’univers, avec les êtres humains se passe sans parole et sans geste. Le contact est cependant présent au niveau du cœur si la vocation de cet ermite est vraiment née de l’amour.

Quelle est la chose la plus égoïste que vous puissiez faire?

Aimer les autres! Osez aimer et le manifester et vous vous en porterez d’autant mieux. Ouvrez-vous à la vie, laissez-vous toucher par les joies et les peines des autres et votre vie en sera plus riche.

De même qu’un massage augmente la qualité et la quantité de notre relation à notre propre corps, une rencontre véritable avec un autre être humain nous permet de mieux nous connaître et nous aimer.

Il est parfois difficile de dire : je t’aime, je t’apprécie, je te remercie, je t’accorde de l’importance. Nous sommes gênés d’exprimer nos sentiments et avons peur d’être accueilli par un rejet. Apprenons à donner notre amour et à créer des contacts sans rien attendre en retour, pour le plaisir, tout simplement. Le jeu en vaut la chandelle! Quand on donne de l’amour, on reçoit autant sinon plus que l’on donne. L’amour passant à travers nous nous guérit au passage.

Conseils :

  • Manifestez votre affection à ceux que vous aimez par des mots, des gestes, de petites attentions, vous répandrez le bonheur autour de vous et vous en serez d’autant plus heureux.
  • Soyez présents à chaque personne que vous rencontrez, regardez-la dans les yeux, donnez-lui de l’importance, notez ce qu’elle a de beau, intéressez-vous à elle, vous serez surpris de la richesse que chaque personne contient et heureux de voir ses yeux s’illuminer quand elle verra votre intérêt véritable.
  • Soyez généreux de votre sourire, de votre attention, de votre admiration, de vos compliments. Ça coûte si peu et ça fait tellement de bien à tous, en commençant par vous-même.
  • Soyez attentifs à ce que ressentent les gens autour de vous. Manifestez-leur que vous comprenez ce qu’ils vivent et, comme il est dit dans l’évangile, pleurez avec ceux qui pleurent, dansez avec ceux qui dansent.
  • Cherchez sans cesse à augmenter la quantité et la qualité de vos contacts avec vous-même et avec les autres. Écoutez, parlez, ressentez un peu plus que d’habitude! Devenez conscient de l’impact et de l’importance du contact pour vous et les autres.
  • Apprivoisez-vous au contact physique et faites aussi ce cadeau à ceux que vous aimez.
  • Osez être vous-même, dire votre vérité, exprimer vos émotions. Entrez en contact réel avec vous-même et ce que vous ressentez. Osez le dire et le manifester. C’est tellement libérateur!
  • Appelez ou écrivez à quelqu’un que vous aimez et dites-lui pourquoi vous l’aimez.
  • Quand cela semble acceptable, touchez les gens que vous rencontrez, embrassez vos enfants et vos parents, parlez-leur d’eux et de leur importance pour vous.
  • Soyez heureux.

La gratitude

Petit mot sans prétention, mais combien important dans la vie. La gratitude n’est-elle pas la première étape de l’abondance? Comment souhaiter plus, si on ne reconnaît pas déjà ce que nous avons?

Comment désirer plus, si on ne voit pas déjà ce qui est en place, et que nous n’éprouvons pas de gratitude pour cette abondance dans notre vie et dans la vie? Avez-vous remarqué, que sans la gratitude sincère du cœur, l’humain a tendance à prendre pour un droit ce qui est en fait un privilège?

Combien de fois par jour, prenons-nous le temps de remercier pour ce que nous avons? Combien de fois par jour, portons-nous attention aux petits miracles, aux petits bonheurs qui nous arrivent? Et pourtant, les exemples sont nombreux : l’eau, la nourriture, se loger, se vêtir, voir, penser, écrire, un sourire, un rire, un regard, une douce mélodie, un oiseau, recevoir une preuve d’amour, d’affection… Les exemples sont infinis si on le veut. Toutefois, notre rythme de vie, nos obligations, installent comme un voile qui nous empêche de tout voir, d’avoir le temps de tout voir. C’est humain et cela fait partie de notre époque. Nous le vivons tous et toutes à différents moments, à différents niveaux.

N’est-ce pas normal de vouloir améliorer son sort, de vouloir améliorer sa condition? Bien entendu, c’est souhaitable pour chacun d’entre nous. Mais, n’est-il pas logique et souhaitable également, de regarder ce que nous avons déjà, ne serait-ce que pour constater d’où nous partons? La route de l’abondance, ne commence-t-elle pas par le fait de tracer l’inventaire de ce que nous avons et de ce que nous sommes en tout premier lieu? Avant d’aller s’acheter des nouveaux vêtements, ne regardons-nous pas ce que nous avons déjà et ce que nous aurons besoin principalement? Avant d’aller à l’épicerie, ne regardons-nous pas ce que contient notre réfrigérateur et notre garde-manger? Pourquoi, la recherche de l’abondance serait-elle différente? Il n’est pas aisé d’avoir plus, si on ne sait pas ce que nous avons déjà, pas vrai? Comment souhaiter plus de la vie, si nous ne sommes pas reconnaissants de ce qui est déjà là? Quel est le message que nous envoyons ainsi à la vie? Reconnaître ce que nous sommes et ce que nous avons, ne serait-il pas un outil du bonheur et de l’estime de soi? Ne faudrait-il pas, en tout premier lieu, Être pour Avoir et non l’inverse? Combien de fois, avons-nous posé des gestes d’amour envers notre prochain, et qu’avons-nous reçu en retour? De la gratitude du cœur? N’avez-vous jamais entendu une merci qui sonnait comme arachide, pomme de terre, pizza,… De la gratitude du cœur?

L’humain n’aurait-il pas tendance à ressentir la gratitude avec sa tête non avec son cœur? Et pourtant, le cœur ne serait-il pas la résidence permanente de la gratitude? Je vous invite, aujourd’hui, à prendre quelques instants, et à ressentir dans votre cœur de la gratitude pour ce que vous avez, pour ce qui vous entoure et pour ce que vous êtes de plus beau et de meilleur en vous. Peut-être serez-vous surpris de ce que cela pourra créer à l’intérieur de vous. Imaginez maintenant ce que cela peut et pourra créer dans votre vie de tous les jours!

Je vous souhaite une merveilleuse journée remplie de magnifiques moments de joie, de bonheur et d’amour. Je vous souhaite de vivre tout plein d’instants magiques. Merci de m’avoir lu et à bientôt.

La zoothérapie, ça vous dit quelque chose?

C’est l’utilisation stratégique d’un animal pour traiter un problème humain (Roy 92). C’est en 1867 au centre Bethel, centre de traitement pour l’épilepsie, que l’utilisation d’un animal dans un contexte thérapeutique fût découverte.

De nos jours, la zoothérapie est de plus en plus présente. Ce mode d’intervention fait partie du vaste répertoire des thérapies dites complémentaires. C’est-à-dire qu’il est possible d’utiliser les animaux de manière stratégique pour accompagner un traitement d’ordre plus médical. Par exemple, utiliser un animal comme agent de motivation et d’accompagnement pour faire de l’exercice dans des sessions de physiothérapie. De plus, les animaux sont flexibles et peuvent être incorporés dans un processus de travail avec les enfants, les adolescents, les adultes, de même que les aînés. Bref, c’est accessible à tous. Plusieurs spécialistes identifient la simplicité, la commodité et la polyvalence comme des qualités fondamentales et uniques à cette forme d’intervention. Tous ceux qui aiment les animaux peuvent bénéficier des nombreux effets thérapeutiques de la présence de ces petites bêtes. C’est le lien affectif que nous entretenons avec les animaux qui les rend puissants comme outils d’intervention.

Voici brièvement dans un premier temps, la liste des animaux recommandés selon les divers besoins et types de personnalités, et dans un deuxième temps, présentés sous forme abrégée, les impacts positifs reconnus sur la santé physique et psychosociale des personnes impliquées (Bouchard, Delbourg, 1995).

Chats
Pour les personnes plus introverties et réservées. Demande un minimum de temps d’entretien.

  • Diminue le stress
  • Peut-être un substitut à un enfant, à un conjoint ou un ami disparu
  • Facteur d’apaisement et de divertissement
  • Contribue au sens des responsabilités.

Chiens
Les chiens de grande taille conviendront généralement aux personnes extroverties, sociales, qui aiment le grand air. Les chiens de petite taille sont pour leur part idéaux pour les gens vivant dans un milieu plus limité par l’espace et ayant un mode de vie plus sédentaire. Pour toutes les espèces canines, les maîtres doivent accorder au moins 2 à 3 heures par jour à l’entretien général (nourrir, brosser, marcher, jouer, etc.).

  • Diminue la tension artérielle
  • Favorise l’exercice physique
  • Stimule les échanges sociaux
  • Donne un rôle social valable aux gens seuls
  • Stimule la bonne humeur.

Oiseaux
Animal à recommander aux personnalités plus sédentaires ou aux personnes allergiques. Les personnes doivent disposer de 30 minutes par jour au moins à consacrer à leur animal.

  • Stimulation visuelle et auditive
  • Amélioration de l’état psychologique
  • Éveil de l’intérêt et du sens des responsabilités
  • Apprentissage du deuil
  • Dérivatif à l’angoisse
  • Compagne de vie.

Poissons
Pour les personnes qui ont une personnalité anxieuse. À utiliser également dans les endroits générateurs d’anxiété chez les sujets qui sont susceptibles.

  • Le son de l’eau et du filtreur a un effet calmant sur le cerveau
  • L’observation des poissons a un effet hypnotique et, par conséquent, procure la détente
  • Réduit le stress dans les cabinets de médecin, de dentiste, à la cour de la justice, à l’école et aux services des urgences
  • Stimulation de l’ouïe et de la vue
  • Augmente le sens des responsabilités.

Cochon d’Inde (petit mammifère)
Pour les personnes curieuses, qui disposent de 30 minutes par jour.

  • Compagnon de jeux
  • Stimulation tactile, visuelle et auditive
  • Apprentissage du deuil et de la sexualité chez les enfants.

Chevaux
Pour les personnes en perte d’autonomie physique ou mentale qui peuvent avoir accès à un cheval.

  • Stimulation fonctionnelle du corps (personnes handicapées physiques)
  • Apprentissage de l’abandon et de la confiance
  • Éveil de l’intérêt
  • Activité de réminiscence pour les aînés (moyen de transport de jadis).

Les stimulations tactiles, visuelles et affectives que procure la présence des animaux sont souvent suffisantes pour améliorer la qualité de vie des personnes. Ce n’est pas sorcier et c’est efficace. Cela démontre qu’un élément de réponse face à des problèmes souvent complexes peut être quelques fois très simple. En conclusion, laissez entrer la tendresse d’un animal. Après tout, ce petit compagnon peut améliorer votre vie.

Le toucher, un outil de communication avec le fœtus

Lorsque l’ouïe du bébé est assez développée pour entendre les bruits du monde extérieur, autour de la 20e semaine de gestation, il perçoit déjà depuis plusieurs semaines les vibrations de la voix de sa mère sur tout son corps. Le toucher est en effet le premier sens à se développer chez le bébé dans le ventre maternel. Vers la 8e semaine, les fibres nerveuses qui permettent la réception des messages sensoriels s’étendent jusqu’aux extrémités du corps. Dès la 9e semaine, le bébé ferme la paume de sa main si elle est touchée. Sa paupière réagit aussi à l’effleurement.

La démarche proposée par la préparation affective à la naissance utilise cette sensibilité au toucher pour communiquer avec le fœtus, le sécuriser et construire ainsi son estime de soi bien avant la naissance. On peut commencer dès la 12e semaine, parfois avant. Le père, ou la mère, pose sa main avec tendresse sur un côté du ventre maternel en invitant le bébé à venir s’y blottir. Dans la plupart des cas, le bébé répond en se déplaçant pour venir à la rencontre de la main parentale. On sent le contact du bébé comme un chatouillement, une sensation de chaleur ou un toucher subtil à l’intérieur de la main. Si on invite le bébé de la même façon de l’autre côté du ventre, il s’y déplace. Parfois le bébé choisit de ne pas bouger, mais on le « sent » détendu et attentif à notre présence. Ces expériences nous permettent de constater que le bébé est très tôt un être social, demandeur de contact avec le monde extérieur.

Il arrive qu’un bébé réponde d’une façon à sa mère et d’une autre façon à son père. Un bébé avait l’habitude de se détendre dans la profondeur lorsque sa mère lui communiquait son amour au moyen de sa main sur son ventre. Quand son père posait à son tour sa main sur le ventre, le bébé venait rapidement vers la surface rencontrer cette main. Il avait la même réaction à mon invitation. Et cela s’est répété pendant plusieurs mois, autant à la maison que lors de nos rencontres. On pourrait croire que ce bébé se détendait, plutôt contemplatif, avec maman et qu’il avait envie de jouer, d’être plus actif avec papa et avec cette dame que ses parents rencontraient à intervalles réguliers. Cette réponse différenciée démontre aussi que le très jeune bébé perçoit la différence entre les personnes qui l’approchent pour communiquer avec lui.

Les mères savent d’instinct, depuis toujours, que les bébés sentent l’affection transmise par leur main sur leur ventre durant la grossesse. C’est pourquoi elles touchent souvent leur ventre avec amour. Quelle joie de pouvoir aussi, par notre toucher, sentir une réponse du fœtus à notre tendre invitation.

En outre, quand le bébé a l’habitude d’être un interlocuteur actif dans la communication avec ses parents, il devient possible, par exemple, de l’inviter avec succès à se retourner s’il se présente en siège en fin de grossesse, ou à se replacer dans une position plus avantageuse et moins douloureuse au moment de sa naissance. On peut aussi faire des jeux d’invitation avec un jumeau, puis avec l’autre, facilitant ainsi l’individualisation de chacun avant la naissance. Dans le cas de jumeaux qui se développent inégalement, on peut inviter le plus développé des deux à faire l’expérience d’un espace plus restreint, et inviter le plus petit à occuper un espace plus grand. Cela permet de tendre vers une égalisation des poids de naissance de ces jumeaux.

Au-delà des jeux avec le bébé, la préparation affective à la naissance enseigne aux parents l’art du prolongement du toucher et son efficacité dans la réduction de la perception de la douleur. Les parents pratiquent donc durant plusieurs mois le prolongement de leur sens du toucher, même à distance, afin de pouvoir utiliser cet outil lors de l’accouchement, C’est par le toucher, direct ou en prolongement, que les parents accompagnent physiquement et affectivement leur bébé dans son processus de naissance. Le prolongement affectif des parents réduit la douleur du bébé et lui permet de sentir ses parents bien présents avec lui dans cette aventure stressante qu’est sa naissance.

Avec le prolongement, la douleur de l’accouchement devient plus facile à gérer pour la mère. Elle se sent réellement accompagnée par son conjoint, ce qui lui permet d’être encore plus présente à son bébé. De son côté, le père joue un rôle très actif durant la naissance du bébé. Il offre continuellement la présence de son cœur et de son toucher à la mère et au bébé.

Si la mère est envahie par la douleur ou des émotions difficiles, elle n’est en général plus capable d’accompagner son bébé en train de naître. Le père demeure présent à la mère, l’aidant à se recentrer, et au bébé, afin qu’il ne se sente pas abandonné. C’est un peu comme si la mère et le bébé étaient ensemble dans une tempête en mer et que le père, sur la berge, guidait leur navire à bon port au moyen du fil de son toucher rempli d’amour.

Une naissance ainsi vécue nourrit le cœur et l’âme de ceux qu’elle touche et tisse pour la vie des liens d’amour forts entre le père, la mère et l’enfant.

Où est donc le plaisir?

Bon Dieu que j’ai cherché… pendant 20 ans, j’ai cherché le plaisir partout, dans tout et surtout, dans la spiritualité. Parfois, je le trouvais, certaine de l’avoir bien ancré en moi et hop, après un certain temps, il m’échappait. À certains moments, j’étais convaincue que je l’avais trouvé pour de bon, après toutes ces recherches spirituelles, après avoir goûté tout le buffet du nouvel-âge, je l’avais enfin trouvé, je le dégustais finalement et hop, les problèmes se manifestaient et vlan, tout était à recommencer. C’était à n’y rien comprendre.

Et, il y a un an et demi, j’ai compris. J’ai compris ce monde dans lequel nous vivons, un monde duel où les pôles se marient autant qu’ils s’entrechoquent. J’ai également compris la non-dualité, le principe de l’unité où tout est relié jusque dans l’infiniment petit. Et j’ai finalement compris le non-dualisme pur où ce monde dans lequel nous vivons et le monde de Dieu s’excluent mutuellement. Le plaisir n’était plus très loin, je le sentais, mais allait-il s’échapper encore une fois?

Le plaisir est toujours relié à une recherche, une sensation, une émotion, un besoin. Est-ce possible que le plaisir soit utilisé pour combler un vide? Est-ce possible d’être en paix avec le plaisir dans un monde où le plaisir est l’ultime but?

Ce monde dans lequel nous vivons demande une attention spéciale et toujours incessante, notre corps demande également une attention particulière. Le corps a constamment des besoins, c’est une machine à besoins (le mot machine est plutôt faible ici) : besoin de manger, besoin d’oxygène, besoin de repos, besoin d’affection, besoin d’attention, besoin de plaisir, besoin d’exercice, besoin d’amour, besoin d’argent, besoin de protection contre les éléments…

Je ne suis jamais en paix avec le monde de la forme, il m’en demande toujours. Même avec le minimum de la simplicité volontaire, les demandes sont toujours là pour nous éloigner continuellement de l’essentiel, l’esprit. Tout existe dans ce monde pour nous détourner de l’esprit, là où la paix peut réellement habiter et où le plaisir a un sens. Vous pouvez vous retrouver sur une montagne verdoyante où le soleil chatouille tendrement vos orteils et votre corps repose sur une herbe veloutée, les oiseaux caressant avec harmonie vos oreilles, mais si votre esprit est perturbé, tout cet attirail devient une simple illusion de paix. Mais vous pouvez également vous retrouver dans ce même endroit thérapeutique et après plusieurs jours en ressortir paisible et détendu. Malgré tout, force est d’admettre que cela ne durera pas. Le monde dans lequel nous vivons est dysfonctionnel, les problèmes vont refaire surface. Rien dans ce monde ne peut apporter en permanence la paix d’esprit recherchée, le plaisir de la béatitude, le sourire satisfait de la Joconde. La paix de l’esprit n’est pas de ce monde, elle est dans notre esprit et c’est là que réside le vrai pouvoir.

Il est important de découvrir le but derrière notre poursuite de plaisir, même derrière ces petits plaisirs simples du quotidien tant encouragés par la psychothérapie. Aussi longtemps que l’on va rechercher le plaisir dans les choses extérieures (objets, personnes, situations…), la recherche va continuer. Le seul plaisir durable et profond n’est-il pas celui de la paix intérieure, celle que l’on acquiert justement en ne cherchant pas dans le monde, mais en soi? Cet état d’esprit paisible est justement le point de départ vers le plaisir, car il ne dépend pas d’un état extérieur, mais plutôt d’une attitude intérieure.

Ce n’est plus important si j’écoute un magnifique concert au clair de lune avec mon amoureux ou si je suis prise dans le trafic en retard d’une heure pour le rendez-vous de ma vie. La paix intérieure m’habite, m’inonde, et c’est elle qui m’apporte du plaisir, c’est elle qui me fait sourire, c’est elle qui me nourrit et m’émerveille, peu importe ce que je vis extérieurement. Je ne dépends plus des situations de ma vie pour être en paix, je suis libérée, je suis libre. Et en affirmant ceci, je ne nie pas pour autant le plaisir dans ce monde. Mais je sais qu’il est impermanent et changeant. Je choisis de ne pas en dépendre. Je peux ainsi l’apprécier davantage sans y mettre une charge émotionnelle importante, sans y rechercher quoi que ce soit. Je suis détachée et en paix.

Donc, est-ce si important de savoir si le monde fonctionnera mieux ou non ? Est-ce primordial de changer ce qui se passe à l’extérieur de nous quand le réel changement n’appartient pas à ce monde? Le plaisir vient de mon esprit, mon attitude, ma perception. Le système de pensée auquel je vais adhérer va réellement déterminer mon expérience. Un esprit inexercé ne peut rien accomplir. Un esprit en paix amène inévitablement un monde en paix. Tant que nous chercherons à l’extérieur de nous pour acquérir un état d’être intérieur, nous ne trouverons pas. La solution n’est pas dans ce monde, mais dans notre esprit. Que le plaisir soit avec vous… et avec votre esprit!

Comment faire la différence?

Quand j’entends quelqu’un dire que dans un couple, il y en a toujours un qui souffre ou que l’un domine forcément l’autre, mes cheveux se dressent sur ma tête! Pire encore quand une femme m’explique combien son mari l’humilie ou qu’un homme m’avoue que sa femme le trompe et ni cette femme ni cet homme n’envisage de quitter l’autre parce que, à ce qu’ils disent, ils s’aiment!

Pourquoi rester avec celui ou celle qui ne vous respecte pas et vous fait souffrir? Pas par amour : par attachement, par peur viscérale de la solitude. Comment pouvez-vous associer l’amour à la souffrance?! Êtes-vous frappés du syndrome de Tarzan, prêt à vous empêtrer et vous agripper à n’importe quelle liane, plutôt que tomber dans le vide… affectif?

La dépendance affective, que j’ai affectueusement renommée « Syndrome de Tarzan », est une programmation qui remonte à l’enfance et perdure dans votre vie d’adulte : vous courez après l’affection, la reconnaissance et la protection dont vos parents ne vous ont pas nourris. Et le dernier à être capable de vous en offrir est bien le conjoint que vous choisissez : comme vous, il en a manqué et court après. Seulement il ne traduit pas son penchant pour Tarzan de la même façon que vous : si vous êtes du style Desperado, qui donne tout et se donne à fond dans une relation contre un peu d’affection, vous tombez invariablement sur le Trou noir affectif qui prend tout sans rien rendre, ou si peu, en retour.

Et voici comment les extrêmes s’attirent, mais uniquement chez les personnes affectivement déséquilibrées. Les deux nourrissent réciproquement leur névrose et se servent mutuellement de béquille. Ça fait un couple bancal qui finit par tomber dans la souffrance et se casse la figure, à plus ou moins longue échéance.

Si votre souhait est de gagner la course au Bonheur par équipe de deux, pourquoi prendre quelqu’un qui a une jambe cassée? Peut-être parce que la vôtre n’est pas en meilleur état… Si vous êtes prêt au bonheur, sélectionnez un coéquipier qui l’est aussi. Bref, si vous vous aimez et vous respectez, vous rencontrez une personne qui a la même attitude envers elle et donc envers vous. C’est bien d’estime de soi et de confiance, piliers de votre croissance, dont il s’agit et qui nécessitent parfois quelques ajustements, avant de prétendre à une vie de couple épanouie.

Car enfin, la différence entre l’amour et la dépendance, c’est bien la souffrance! Chez les personnes affectivement équilibrées, aimer c’est donner ET recevoir, mais chez les adeptes de Tarzan, l’attachement névrotique pousse à donner OU recevoir. Parce que l’amour est inconditionnel et parce que la dépendance a ses conditions. Et si deux personnes à la jambe cassée sont heureuses dans leur rôle de « béquille réciproque », deux adeptes de Tarzan ayant trouvé leur stabilité dans le fait de donner ou de recevoir, tant mieux pour eux! Du moment que la souffrance ne se glisse pas dans leur vie.

Aimer, ce n’est pas être dominateur ou dominé, bourreau ou victime, Trou noir affectif ou Desperado. Aimer, c’est être égalitaires, complémentaires et, surtout, heureux à deux!

La caresse : la clé du succès amoureux

Bien qu’essentiel à l’épanouissement de l’être humain, le toucher demeure souvent perçu comme étant associé à la sexualité ou plutôt à la relation­ sexuelle. Je constate souvent la problématique de couples qui ont une difficulté à dissocier le toucher de la sexualité. En se touchant, on suppose qu’une relation sexuelle s’ensuivra. On se prive donc des bénéfices de la caresse si on n’a pas envie de faire l’amour.

Le toucher s’avère très stimulant sur le plan affectif. Avant même la naissance, c’est la première capacité sensorielle du fœtus. Après la naissance, le toucher assure non seulement la sécurité physique de bébé, mais il développe le sentiment de sécurité affective et, surtout, l’attachement. En clinique, les gens qui souffrent de problèmes d’intimité amoureuse ont souvent été privés d’affection dans leur enfance. Aussi, puisque les caresses renforcent l’estime de soi chez les enfants, ceux qui ont été peu cajolés souffrent davantage d’immaturité affective, causant ainsi des difficultés conjugales et sexuelles.

Chaque être humain a des besoins affectifs fondamentaux : se sentir désiré, écouté, compris, considéré, reconnu, soutenu, etc. Si le toucher est si important en bas âge, c’est qu’il assure l’assouvissement de ces besoins. Il permet fondamen­talement de se sentir aimé et sécurisé. Une fois adulte, ces mêmes besoins sont tout aussi présents et nécessitent d’être comblés. Cela dit, si, dans un couple, les individus ne se touchent plus, ils peuvent ne plus se sentir aimés.

L’expression « faire l’amour » suppose l’harmonie de deux corps qui s’offrent une connexion tant charnelle­ qu’émotionnelle. Le tou­cher est directement lié à ces deux dimensions. Il fait d’abord appel au plaisir physique en ce qui concerne la peau, l’organe des sens. Le toucher permet également une expérience émotionnelle qui se vit au travers de l’érotisme.

Maintenant, que s’est-il passé au sein du couple en difficulté qui ne se touche plus? Premièrement, il peut exister une mauvaise gestion émotion­nelle engendrée par des exigences élevées. On appelle cette pression interne anxiété de performance. Il s’agit du stress ressenti à la suite d’un sentiment de culpabilité. Ce qui amène la personne à fuir l’intimité pour ne pas avoir à gérer cette angoisse. Aussi, l’accumulation de stress quotidien, s’il n’est pas évacué sainement, empêche la personne d’être disponible émotionnellement pour l’autre et, donc, de le toucher avec une intention d’amour.

Deuxièmement, la passion qu’on retrouvait au début de la relation conjugale peut avoir fait place à autre chose. La sensualité, la tendresse et les caresses ont été mises de côté, par manque de temps. Être pré­occupé par les tâches ménagères, le travail ou les enfants, c’est « anti-érotique ». J’entends les gens souffrir d’un mode de vie effréné, qui entraîne une baisse de libido, mais également une perte de motivation à aller vers l’autre par la tendresse.

Enfin, si une mauvaise « hygiène émotionnelle » s’avère la cause principale de la disparition des caresses, la solution sera de prendre une « douche émotionnelle » quotidienne. À chacun sa façon d’éliminer les tensions de la journée, comme faire de l’exercice, prendre un bain ou méditer. D’ailleurs, il faut noter que le toucher fait partie de cette solution, car la caresse produit de la dopamine favorisant la bonne humeur. La dopamine atténue également la dépression, diminuant même le stress et l’anxiété. Une fois détendue, la personne devient ainsi réceptive à la rencontre sensuelle et sexuelle.

Quant au manque de temps, la solution pourrait être de réserver de « l’espace-temps » au quotidien pour permettre au couple de se retrouver. Nul besoin d’avoir un bloc de trois heures devant soi, une caresse prend une minute. Il se peut également que, si le toucher a disparu, c’est parce que l’amour s’est tout simplement éteint. Il peut donc être recommandé de consulter un professionnel tel qu’un(e) sexologue pour accompa­gner le couple dans la compréhension et la gestion de cette situation.