L’été, ses désirs et ses petits plaisirs

Tout le monde croyait que l’Été avait perdu la tête, car soudainement, sans aucun avertissement, il était devenu sans réserve et sans pudeur. C’est la faute du Printemps. C’est lui qui s’était montré le bout du nez trop tard. Les gens en avaient assez de ce froid interminable. Ce n’est pas étonnant qu’une fois que la chaleur est arrivée, la majorité d’entre eux se soient empressés d’enlever quelques épaisseurs pour exposer un peu de peau.

L’été a fait perdre la décence à plusieurs aussi. Il y a ceux qui enjambent leur cheval de métal et se laissent chatouiller par la vibration du moteur et ceux qui préfèrent les randonnées en vélos ou en patins à roues alignées, qui accueillent la fraîcheur et se laissent envahir par les odeurs de la nature en pleine reproduction. Les voisins et les amis, comme bien d’autres, se réjouissent à l’idée de mettre les doigts dans la terre pour préparer le jardin et les plates-bandes dans le but de recevoir des semences. Non, rien ni personne n’était à l’abri de la sensualité du printemps. Si le printemps était humain, il serait le Miley Cyrus des saisons : provocateur, instigateur, stimulant, renversant, bref, un sex-symbol! Choquant? Non, pas vraiment.

L’arrivée de l’été a réveillé les parties qui étaient engourdies par le gel de tous les êtres vivants : les plantes, les animaux et les humains. Les garçons ont mis leurs jeux vidéo de côté pour accorder une très grande importance à la musculation parce qu’ils savent que, si leurs bras sont durs comme le roc et que leur ventre a l’air d’une tablette Caramilk, ils se feront remarquer par les filles à la plage. Les filles se sont mises à des régimes et à des programmes d’entraînement afin de bien paraître en maillot devant les garçons.

Pourquoi ne pas tirer leçon des adolescents et se donner la permission d’oser, d’aller un peu plus loin, de devenir voyeur et exhibitionniste? Et si on se donnait le droit de s’amuser, de lâcher prise sur « ce que le monde va dire »? Et si nous étions libres d’exprimer notre créativité au travers de tous nos sens? Et si un univers de fantasmes pouvait devenir réalité d’un simple accord? Est-ce que ça ouvrirait un monde de possibilités? Il y a tellement de nuances aux probabilités de s’accorder le droit d’être totalement déraisonnable. Juste le fait d’y penser est excitant!

Malheureusement, nous associons trop souvent plaisir avec souffrance. Nous accordons trop d’importance à cette peur primaire qui nous hypnotise et qui crée des barrières entre nous et le bonheur. Pourquoi voulons-nous tant éviter les extravagances qu’offre la vie? La créativité, ça passe par la sensualité. Alors, jetez vos vieilles pantoufles dans le poêle à bois! Il est temps de retrouver votre spontanéité de jeunesse et de savourer pleinement chaque instant! Sortez vos froufrous et vos flaflas. Il est temps d’évoquer des sensations intenses, remplies de désirs et de romance. C’est le moment parfait pour s’extérioriser, se faire voir et s’offrir des petits plaisirs!

C’est l’été! Aimez-vous!

Fusionnez vos corps physiques avec vos corps émotionnels et spirituels. Faites l’amour avec l’amour. Mettez vos vieilles croyances de perversité derrière vous et permettez-vous de développer le plaisir de vos sens, d’apprendre à vous fusionner l’un dans l’autre et de vivre des sensations intenses et amoureuses. Permettez-vous de jouir d’une sensualité extravagante.

L’Été est loin d’avoir perdu la tête. Il s’est tout simplement laissé aller. Il veut que vous fassiez comme lui. Laissez tomber les « qu’est-ce que les gens vont dire? » et écoutez votre cœur. Réalisez vos plus profonds désirs et gâtez-vous.

Non, l’Été n’a certainement pas perdu la tête; bien au contraire, il a retrouvé toute sa tête et son chapeau aussi… ce sont ses petites culottes qu’il a perdues.

Une communauté alternative, est-ce réalisable?

J’ai vécu un rêve que j’aimerais bien reproduire. Celle d’une microsociété dans laquelle quelques centaines de personnes cohabitaient. Nous étions jeunes et moins jeunes, un peu naïfs, et le cœur rempli d’espoir pour vivre l’expérience d’un monde meilleur. Tous nous avions un objectif en commun; évoluer dans la conscience de notre universalité en tant que race humaine et créer dans notre environnement une communauté alternative dans laquelle nous vivions en accord avec cette mission commune et faire du monde actuel un lieu exemplaire où nous vivions tous dans le respect et dans l’appréciation de nos différences. Nous formions un Tout. Un esprit composé qui voulait changer le monde. Notre spiritualité était une croyance dans un Maître de l’univers d’amour et de loi. Nous cherchions à incarner cette divinité dans tout ce que nous faisions. Chacun œuvrait à sa façon pour embellir et améliorer les lieux de nos microcommunautés.

Un comité de sages organisait nos objectifs à court, moyen et long terme dans la plus haute intégrité favorisant le meilleur pour tous. Nous nous percevions en tant que métaphysiciens qui appliquaient leurs plus hauts principes de vie. Notre modèle; les Atlantéens… nous nous inspirions de cette légende d’un peuple évolué qui jadis a vécu bien avant nous sur cette planète. Nos quotidiens consistaient à nous garder bien ancrés dans nos activités d’apparence routinière tout en ayant notre cœur et nos yeux vers les cieux, l’univers dans lequel nous aspirions au meilleur possible pour l’humanité.

Cette expérience fut inspirante et élevante. L’amour empathique existait constamment entre nous. Aussitôt qu’un conflit survenait nous avions la responsabilité de nous asseoir avec la personne concernée pour surmonter et solutionner ce conflit surtout dans l’intérêt de maintenir une énergie saine à l’intérieur de notre esprit composé.

Nous avions tous une responsabilité à l’égard de nos enfants pour leur permettre une croissance active et équilibrée. Tous participaient aux fonctions de soutien pour maintenir les lieux agréables pour tous. Aucune tâche n’était considérée inférieure ou supérieure à une autre. Elles étaient toutes des occasions de célébrer les facettes d’expériences qu’offre la vie… Un jour nous étions professeur et un autre jour nous collaborions aux tâches ménagères.

Nos calendriers permettaient des activités équilibrées et notre boussole… les cycles de la nature et des planètes… chaque jour du calendrier avait son énergie en fonction des astres. C’était notre diapason commun tout en ressentant que nous étions connectés au Grand Tout.

Personne ne possédait quoi que ce soit de matériel. Nos biens étaient à la disposition de tous de façon équitable et tout était disponible en fonction des besoins de chacun. L’appartenance était complète à tous les niveaux. Nos bases fonctionnelles, l’écologie, l’environnement, la croissance personnelle et la spiritualité. L’organisation fonctionnait efficacement et l’installation de technologies parmi les plus avant-gardistes était effectuée lorsque c’était possible de le faire. La joie de vivre et les plaisirs simples favorisaient l’épanouissement personnel et collectif. Une communauté alternative vivante où peut-être un jour nous choisirons d’y revivre… à suivre…

Auteur Anonyme