Lettres d’amour…

Qui a-t-il de si puissant dans l’amour à l’autre pour qu’il nous donne mal au ventre, pour qu’il nous enlève et nous redonne notre sourire, pour qu’il nous jette par terre, pour qu’il nous mette les tripes à nu, pour qu’il nous énergise au point de souffrir d’insomnie?

L’amour, quand il n’est pas souffrance, il est volupté, il est cheminement, il est un levier, il est un élan, une plus-value dans notre vie.

Le 1er avril 2012, je suis montée à bord d’un TGV de croissance personnelle. Dans ce train à grande vitesse, j’ai compris, entre autres que dans toutes les relations de couple que j’avais vécues, je cherchais inconsciemment mon père. Il m’a fallu découvrir cette vérité, la cracher, la vomir, l’extirper de mon être pour enfin faire place à la femme que je suis et qui se mourait d’enfin s’offrir dans toute sa féminité, d’être une femme entière, dévouée à l’autre, à tous les niveaux, même dans la nudité.

Dire l’amour, exprimer l’amour, toucher l’amour, se connecter à l’amour; une émotion hors du commun, un sentiment si puissant qu’il vous donne envie d’être en communion avec l’autre, parce qu’il est un être unique, un être à part entière, un être qui vous fait dire que votre vie s’embellit avec lui, un être que vous aimez tel qui est et tel qu’il n’est pas.

L’amour doit nous faire sentir vivant, animé, pleinement accompli et dans l’envie de l’autre, dans l’envie de l’autre parce que nous sommes un match parfait, parce que nous sommes compatibles, parce que sa présence nous fait nous ressentir encore plus vivant et que même sans sa présence nous sommes vivant et indépendant, nous sommes entier et accompli.

Les lettres d’amour écrites à la main, scellées dans une enveloppe et marquées d’un sceau sont loin de nous. Et pourtant… pourtant, l’amour est l’amour. Qu’il s’agisse de l’époque médiévale ou contemporaine, l’amour porte en lui la même fougue, le même élan déraisonnable, le même besoin de fusion.

En plus des lettres d’amour que j’écris à mon amoureux, depuis peu, à partir de mon cellulaire, je lui envoie des textos vocaux et des chansons. Quand c’est une chanson que je lui offre, j’écris : je t’offre cette chanson. Quand c’est un texto vocal que j’enregistre et que je lui envoie, je suis fébrile et tout sourire. Par ma voix remuée d’émotions et ponctuée d’intonations, je lui dis combien je l’aime. Tout mon être est secoué, ému et transporté. Il peut me réécouter, me réécouter… ah…, pur bonheur.

Et puis un jour, alors que je croyais que l’amour ressenti pour un homme était le plus fort, je me suis détrompée. Alors que je participais à un atelier de croissance personnelle, on nous a demandé de nous écrire une lettre d’amour à nous-même. Quel choc! Comment allais-je pouvoir m’écrire une lettre d’amour, moi qui avais toujours été dure envers moi? Moi dont la confiance vacillait… J’ai sauté sans filet. Je me suis pris la main, je me suis parlé à cœur ouvert, j’ai fait le tour de ma cathédrale, j’ai admiré les vitraux, les sculptures, j’ai pleuré à entendre la musique qui montait du fond de mon âme. J’ai craqué. Je suis tombée à genoux, car je venais de découvrir l’être humain magnifique que j’étais. Oui, j’étais cette cathédrale.

J’ai alors pris ma plume et je me suis écrit une lettre d’amour. Ce jour-là, j’ai fait un pacte avec moi-même : m’aimer, puisque c’est la règle d’or pour aimer l’autre.

Et vous, quand allez-vous vous écrire à vous-même une lettre d’amour?

Carole Verdon

lesmotsdanslencrier@gmail.com

Expression et créativité

Mots de la Rédactrice en chef et de l’Éditeur

MON DERNIER MOT…

C’est le cœur rempli d’émotions que je rédige mon dernier mot, puisque j’ai pris la décision de quitter mon poste de rédactrice en chef pour me consacrer davantage à l’écriture, ma première passion dans la vie. Mon projet pour l’année 2016 sera de rédiger la suite de mon roman Les désordres du cœur.

Être rédactrice en chef pour Cheminement, d’avril 2014 à décembre 2015, aura été pour moi un réel privilège tout autant qu’une aventure fabuleuse et exception­nelle. Mon passage à Cheminement est rempli de beaux souvenirs et de travail acharné. Avec l’aide d’une équipe fantastique, j’ai collaboré à la production de sept numéros.

Je veux saluer et remercier chaleureusement les membres du comité éditorial : Benoit Plante, Marie-Michelle Poulin, Emmanuelle Michaud et Maryse Allain. Leur arrivée est venue me délester de plusieurs tâches, enrichir la variété des sujets de nos articles et me faire découvrir quatre belles personnes. Aussi, Johanne Falardeau, réviseure, pour son rythme d’exécution rapide et son souci du travail bien fait; Carolle Bergeron, graphiste, pour son excellent travail et son esprit créatif. Carolle et moi avons formé une équipe efficace et dynamique, et je veux lui témoigner toute ma reconnaissance pour son inlassable et chaleureuse collaboration.

Un immense merci à Denis Manseau, éditeur, pour cette extraordinaire opportunité. Merci d’avoir cru en moi, merci d’avoir laissé ma créati­vité s’exprimer. Ensemble, nous avons passé de longues heures à développer de nouveaux projets et à unir nos forces pour accroître le rayonnement de la revue.

Pendant les vingt mois où j’ai été à la barre de Cheminement, je suis montée à bord d’un TGV et j’ai roulé. Si je me suis investie de tout mon être, j’ai aussi reçu beaucoup en retour. J’y ai côtoyé des gens fantastiques et rencontré de magnifiques personnes. J’en ressors enrichie, comblée, avec la fierté du travail accompli. Cheminement aura été pour moi une façon de contribuer à la communauté.

Namasté,
Carole Verdon, rédactrice en chef

TOUJOURS PLUS HAUT… TOUJOURS PLUS LOIN…

Merci, Carole Verdon, d’être qui tu es et d’avoir répondu à cet appel à joindre ce petit groupe d’auteurs que j’avais réunis pour m’aider à rafraîchir ma perspective des contenus de nos 5 rubriques. Depuis, tu auras toujours su faire plus que juste le nécessaire. Ton appétit insatiable et ton acharnement pour la minutie auront été d’une aide inestimable dans cette poursuite à diffuser des contenus de qualité dans chacune de nos 5 rubriques. Et, comme je te l’ai toujours dit, merci d’être et d’avoir été toute là tout au long de cette période!

Toute une évolution et tout un monde de possibilités demeurent devant nous. À partir de janvier prochain, vous pourrez naviguer sur un tout nouveau site Internet affichant encore plus d’articles, de chroniques et de vidéos qui s’ajouteront à chacune de nos éditions. Au cours des premiers mois de l’année, nous mettrons à jour notre bottin de services liés à la santé globale sur le Web afin que vous puissiez aisément identifier les intervenants parmi les plus actifs au cœur du mieux-être des gens en Outaouais. Un calendrier en ligne d’activités et d’événements sera également mis à votre disposition pour que vous ne manquiez aucune de ces sessions bienveillantes qui sont organisées.

À l’intérieur de ces pages, vous découvrirez un tout nouveau cahier spécial de trucs et conseils santé, Au fil des saisons. Il est introduit grâce à la collaboration d’une brochure de spécialistes de disciplines complémentaires qui nous tiendront au courant de l’actualité dans leurs domaines et nous offriront des conseils contribuant à un mode de vie sain et naturel au fil des saisons.

Je tiens à remercier les auteurs qui ont collaboré à cette édition sur le thème du sacré. Quelques-uns des articles ne pourront être lus que sur le Web, à cause du manque d’espace dans la revue. Je vous invite à lire ces textes qui seront placés tout prochainement sur cheminement.com : Être sage femme (Michèle Matte), Les plantes médicinales (Karine Sigouin), La foi (Jacques Gauthier), La zoothé­rapie (Francine Guiet), La photographie (Nathalie Lauzon) et Voyages initiatiques (Luc Labelle).

Tous les membres de notre équipe se joignent à moi pour vous souhaiter, à tous et à toutes, une heureuse continuité sur votre chemin de vie!

Merci d’être là!
Denis Manseau, éditeur

Une macédoine d’idées!

Notre mission : Sensibiliser, inspirer et contribuer au mieux-être
Cette mission, elle raisonne en moi et me colle à la peau. Elle est le flambeau qui éclaire le choix de nos sujets d’articles.

Lorsque nous sommes sensibilisés­ et inspirés, nous entamons un processus de réflexion qui trouve son chemin­ dans l’action, et ce sont nos actions qui nous permettent de parfaire l’être que nous sommes, des êtres en perpétuel cheminement.

Tout se place par magie
Ces quelques mots occupent une place de choix dans ma vie personnelle et professionnelle depuis que notre graphiste, Carolle, les a prononcés l’an dernier.­ Ils font appel au lâcher-prise et à une disposition intérieure : la confiance. Croyez-moi, je dois faire appel à la confiance, car chaque édition de Cheminement nous réserve son lot de surprises, de revirements de situa­tion et de stress; tel est le monde de l’édition des périodiques.

32-48
Deux chiffres magiques. Avec l’édition d’automne, nous sommes passés d’une édition de 32 pages à une édition de 48 pages. Je suis comblée. Je le souhaitais depuis un bon moment déjà. Si nous avons réussi ce tour de force, c’est grâce à l’appui de nos annonceurs. Sans eux, la gratuité de la revue serait impossible. Je les en remercie chaleureusement. Une équation existe : plus nous aurons d’annonceurs, plus nous pourrons envisager de continuer d’augmenter le nombre de pages de chaque édition et nous pourrons augmenter le nombre d’articles et instaurer de nouvelles chroniques. Nous obtenons sou­vent des commentaires à propos des publicités; elles sont non seulement belles à regarder, elles sont infor­matives et inspirantes, du point de vue de la gamme de services que nous pouvons y trouver. Et même si un service n’est pas pour nous, nous pouvons en faire profiter les autres!

La planète regorge de magnifiques personnes aux expériences de vie inspirantes
Je tiens ici à remercier chaleureusement Thierry Casasnovas pour la rapidité avec laquelle il a rédigé un texte pour le « Québec »; un texte intitulé : Redevenir responsable de ses choix de vie et les assumer vraiment!

Je souhaitais mettre en place une colla­boration internationale pour amener divers contributeurs étrangers à se passer le flambeau d’une édition à l’autre.Et voilà, le ton est donné avec la première collaboration de Thierry, un homme de convic­tion qui parle avec gros bon sens et qui prône la nécessité d’une vraie réflexion sur notre mode alimentaire et nos modes de vie pour un retour à l’équilibre et à l’harmonie.

Plus près de nous, je vous invite à découvrir le cheminement d’un homme qui veut donner au sui­vant, celui de Christian Gosselin, fondateur de l’organisme Le Portail de l’Outaouais, que j’ai eu le bonheur de rencontrer pour réaliser une entrevue.

Comment j’ai été sensibilisée et ins­pirée
Un de nos arti­­cles porte sur la simplicité volontaire, ce qui m’a incitée à vouloir lire le livre de Serge Mongeau, son premier livre sur le sujet qui a été publié en 1985. Je n’avais jamais lu ce livre qui appelle à une révolution des mentalités. Engagé socialement, l’auteur prône une philosophie de vie recentrée sur les besoins essentiels, les plaisirs simples et l’engagement dans sa communauté. Un livre qui vous brasse les puces!

L’environnement, c’est notre affaire. Qu’êtes-vous prêt à transformer au quotidien? Pour avoir des idées, j’ai découvert le blog collectif Un truc par jour. Les auteurs y écrivent au gré de leurs découvertes et de leurs essais.

La puissance des mots, il faut y croire. Il ne faut jamais sous-estimer la force et le pouvoir des mots. Je vous invite à visionner une vidéo inspirante et touchante; allez sur YouTube et tapez « le pouvoir des mots ».

Le mot de la fin
Je remercie tous les auteurs qui ont contribué à faire de cette édition Automne 2015 une source d’inspiration et de sensibilisation.

Nos cinq rubriques correspondent à cinq dimensions importantes du mieux-être. Grâce à elles, Cheminement, c’est 5 magazines dans 1, au cœur de votre mieux-être!

Qu’est-ce que la santé globale?

Qu’est-ce que la santé globale? C’est une approche globale de la personne, considérée dans différentes sphères de sa vie : physique, énergétique, mentale, émotionnelle, spirituelle, sociale et environnementale. La santé passe donc par toutes les sphères de notre vie et va au-delà de l’absence de maladies.

Notre société tend de plus en plus vers cette notion élargie de la santé.

Certains ont compris et intégré cette approche, d’autres continuent de la découvrir et de l’intégrer.

Bien au fait de cet engouement grandissant pour la santé globale et du besoin d’harmoniser davantage nos vies extérieures et intérieures, la revue Cheminement est née. Depuis 1997, Cheminement se consacre donc à la diffusion d’informations en santé globale dans une perspective de cheminement intérieur certes, mais aussi dans un but d’harmoniser les sphères de notre vie vers un bien-être et un équilibre de vie optimal.

En 2012, nous avons intégré cinq rubriques  :

  1. Orientation et choix de vie
  2. Créer un meilleur chez-soi
  3. Au-delà du soi
  4. Santé et forme physique
  5. Expression de soi et créativité

Ces rubriques regroupent des articles qui traitent de thèmes divers, en lien avec des sphères de notre vie.

Cheminement…
Dans le mot cheminement, il y a le mot chemin : le chemin de l’éveil intérieur. Le cheminement, c’est vivre un processus fort et transformateur. Le cheminement, c’est autant vider sa vie du superflu que de la garnir par ce qui est nourrissant intérieurement. Le cheminement, c’est éveiller ce qui est endormi en nous. Le cheminement, c’est aussi l’écoute intérieure, la présence à soi, la pleine conscience et la connaissance de soi. Parce que l’humain est un être en devenir, nous sommes dans un mouvement de croissance continue. Voilà pourquoi le cheminement est une démarche de l’intérieur et un chemin sans fin.

Bon été!

Une entrevue avec… une femme passionnée!

Dominique Larocque, consultante en performance mentale et en gestion de stress; fondatrice-directrice du Centre Creative Wheel et de l’École de vélo de montagne LaRocca XC, à Val-des-Monts.

Je suis en constant dialogue avec la nature. Elle est ma source d’inspiration, ma tour d’observation, ma pharmacie, et… probablement ma meilleure amie. Avec elle, je trouve toujours le nord magnétique de ma boussole intérieure.

Le dimanche 16 novembre 2014, j’avais une envie irrésistible d’aller jouer dehors, mais le travail pour Cheminement s’imposait. Je manquais d’élan, je dois l’avouer. Puis mon cellulaire sonna. Est-ce que c’est Carole? Je m’appelle Dominique. Amoureuse inconditionnelle de la nature, elle venait de lire mon article Enlacer un arbre, paru dans l’édition de l’automne, et mon article l’avait touchée. Nous avons parlé durant une heure et demie. J’ai été abasourdie de découvrir une femme plus passionnée que moi (sourires).

Enlacer les arbres, c’est ce qu’elle fait sur sa terre de 108 acres, une terre sur laquelle elle a fondé le centre Creative Wheel et l’École de vélo de montagne LaRocca XC. J’apprends aussi qu’elle a créé un sentier dit « thérapeutique ». Thérapeutique, ce mot raisonne à l’intérieur de moi, et je suis curieuse de connaître l’intention derrière l’action.

Écologiste et artiste contemplative dans l’âme, Dominique a partagé son enfance entre la demeure familiale de Sturgeon Falls et le chalet familial à Mattawa, où elle était en communion constante avec la nature. Mais sa vie bascule lorsqu’elle quitte ces lieux enrichissants pour entrer à l’université. Le contraste entre la ville et la campagne est flagrant. Plus je passais de temps éloignée de ma nature, plus je me sentais étouffée, dépouillée et privée d’elle dans un monde déconnecté et superficiel. Dominique détient là une clé pour comprendre davantage les effets thérapeutiques de la nature sur le corps humain et le pouvoir de la pensée positive. Symboliquement, elle venait de créer une alliance avec la Terre-Mère en lui dédiant sa vie entière, car elle sentait et savait, dans son cœur, son corps et son âme, que c’était en continuant de fusionner avec elle qu’elle donnerait le meilleur d’elle-même.

Un sentier thérapeutique, dit méditatif, est en quelque sorte un lieu symbolique où la nature agit, parle et sollicite nos sens. Le sentier a été conçu pour y faire de la marche contemplative en nature et y gérer son stress. Quand j’ai acheté le lot de 108 acres en 2003, c’était une superbe forêt 100 % vierge. C’est la forêt qui m’a inspiré où tracer le sentier thérapeutique. Il mesure 5 km de long. Pour le moment, le sentier n’est pas ouvert au public, mais je l’utilise depuis déjà 7 ans pour des retraites de croissance personnelle privées et pour les gens qui veulent profiter des effets thérapeutiques de la nature. Marcher dans notre sentier thérapeutique, c’est prendre un recul de la ville, de la technologie et des demandes stressantes au travail et au sein de la famille. Marcher en nature, se recueillir, se poser des grandes questions philosophiques et être à l’écoute de soi en profondeur pour y trouver les réponses, c’est ça vivre le moment présent. Chaque visiteur vit une expérience profonde et rentre chez lui ressourcé.

Quelle est la mission du centre Creative Wheel?

Œuvrer à la promotion de la santé physique, du bien-être personnel et de la cons­cientisation écologique par l’entremise de consultations individuelles, d’ateliers, de retraites et d’interventions publiques.

Quelle est la vision?

Dans toutes nos actions, protéger l’environnement, responsabiliser les gens par rapport à leur vie et leur santé et contribuer à un monde meilleur.

Pourquoi avoir baptisé le centre Creative Wheel?

Pour représenter le cercle de la vie. Dans le cercle, tous les éléments de la création forment un tout indivisible. Tant que le cercle demeure intact, il est solide et renferme un grand pouvoir. Un cercle brisé ne peut pas fonctionner. Le cercle signifie la continuité de la vie, et la vie, c’est un mouvement perpétuel et créatif.

En tant que membre de l’élite nationale durant le début des années 90, Dominique a atteint les plus hauts échelons compétitifs du VDM, du patinage en ligne, du patinage de vitesse (longues lames) marathonien et du triathlon d’hiver. Pour moi, le sport pratiqué dans un cadre naturel est un outil de transformation et de développement physique et psychologique.

Formée en sociologie, éco-psycho­logie, ergothérapie, psychologie Gestalt, thérapie du toucher et Reiki, Dominique a recours à un mélange unique de sagesses traditionnelles et conventionnelles dans le cadre de sa pratique thérapeutique afin d’aider ses clients à actualiser leur potentiel et à vivre une vie heureuse et équilibrée. Dominique utilise son « bureau de consultation vert » et le « gymnase vert » du centre pour amener les gens vers une prise de conscience de la relation cerveau-corps-émotions afin de prévenir les effets néfastes du stress et de transformer le stress destructeur en stress constructeur, comme pivot de la motivation et de la créativité. J’enseigne aux gens de tous âges à comprendre le vrai sens de leur connexion au monde naturel afin de déchaîner la puissance de leur propre potentiel. Je crois aux effets guérisseurs de la nature et à la thérapie par l’activité physique à l’extérieur. Voilà mon focus! D’ailleurs, ma vision de mon « bureau de consultation vert » et de mon « gymnase vert » a bien capté l’œil de la CRÉO [Conférence régionale des élus de l’Outaouais].

Merci à la CRÉO. Mon projet de sentier thérapeutique répondait en tout point au volet 2 de leur programme qui a pour objectif de participer à la protection, à la mise en valeur et au développement des ressources du milieu forestier en contribuant à des projets récréotouristiques en milieu forestier. La CRÉO a joué un rôle majeur dans la réalisation du sentier thérapeutique, avec un premier octroi obtenu en 2012 pour débuter la construction et un 2e, obtenu en 2014, qui nous permettra de compléter le sentier en 2015.

Pourquoi avoir créé deux sentiers séparés, le sentier thérapeutique et le sentier récréatif?

Quand je roule à pleine vitesse en vélo de montagne, je ne veux pas déranger la personne qui est en grande contemplation ou en réhabilitation d’une blessure sportive. Et puis, j’avais besoin de créer des zones afin que la pratique des activités plus extrêmes puisse se passer en même temps que je donne un atelier. Le respect des espaces et de l’expérience unique que chacun vient vivre dans cet espace forêt/sentier est très important pour moi.

Tronçonneuse à la main et fleur au casque de sécurité, Dominique s’est investie de tout son être dans le défrichage du sentier thérapeutique. Pour sculpter un sentier 100 % durable dans une forêt vierge, il faut le connaître intimement et l’avoir visité pendant les quatre saisons. Je me suis sentie comme un sculpteur devant un bloc de marbre, qui, suite à un dialogue intime, en fait ressortir le penseur de Rodin. Voilà le pouvoir de l’intention en pleine action.

Le 16 novembre 2014, la vie m’a offert un cadeau de taille : l’appel téléphonique de Dominique. C’est peu dire, car dans le nom de famille de Dominique (Larocque), il y a le mot roc, comme dans l’expression forte comme un roc! Elle s’affirme, défend ses croyances et se révèle aussi entreprenante et déterminée qu’audacieuse.

Dans la philosophie amérindienne, tout ce qui n’a pas été transmis est perdu. Transmettre, c’est bien ce qu’entend faire cette louve infatigable : transmettre pour que rien ne se perde, via son centre, en faisant de l’éducation en forêt, en stimulant les gens à se reconnecter à leur essence profonde et en enseignant l’importance de s’entourer de verdure, d’arbres et de plantes.

Merci Dominique pour ton engagement à créer un monde meilleur.

Dominique Larocque
Creative Wheel Consulting Inc.
LaRoccaXC Mountain Bike School
819.457.2058
www.mountainbikeschool.ca
www.creativewheel.ca

La force du printemps…

Le printemps donne naissance, l’été fait croître, l’automne récolte et l’hiver conserve.Huang Di Nei Jing

Le printemps, nous l’attendons tous et toutes depuis de longues semaines. Nous sentons le besoin de marcher sur la terre ferme, de capter les premiers rayons enivrants du soleil, de voir la neige fondre, d’apercevoir l’herbe écrasée et trempée, mais tellement annonciatrice de toute la vie qui sommeille sous la terre et de tout ce frétillement d’énergie et d’éclosion à venir.

Je frémis de bonheur à la pensée d’entendre le chant des oiseaux et le vrombissement de l’oiseau-mouche, de ressentir la force de vie des bourgeons, de me laisser enivrer par le vent doucement tiède, de plonger mes pieds dans un ruisseau glacial, de croquer dans du gingembre sauvage, de me délecter de sirop d’érable et, le summum du bonheur, de humer mes doigts que je viens tout juste de frotter sur des jeunes pousses de sapin. Je ne peux passer sous silence toutes les fleurs et plantes médicinales qu’il est bon de cueillir et d’admirer. Mais attention! Certaines sont en voie d’extinction, et nous nous devons d’en stopper la cueillette; je pense notamment à l’ail des bois et au sabot de la Vierge, fleur d’une perfection inouïe et d’un réconfort absolu, seulement à l’admirer et à m’envelopper de son aura bienfaisante.

Et puis, chaque printemps, j’en profite pour faire le grand ménage… pas seulement de l’intérieur de ma demeure. J’aime aussi décrasser ma vie; il y a toujours des recoins qu’on a consciemment négligés. Le printemps vient forcer le passage de l’inertie à l’action! La force du printemps. Cette force se traduit dans nos actions, dans nos projets et dans nos élans. À ce propos, il y a 29 ans, j’ai écrit un roman, roman qui a été publié au printemps 2013 et dont l’histoire se déroule au printemps. Pour continuer sur le thème du printemps, mon roman Les désordres du cœur se trouve maintenant, à mon grand bonheur, sur les tablettes de la librairie Archambault, à Gatineau, et j’en suis très fière.

À l’aube de mes 59 ans, je peux dire que le printemps est une saison où je renais, je me renouvelle, je change d’âge, une saison où mon goût du changement est à son plus fort!

En cette saison particulièrement euphorique, soyons d’attaque pour nettoyer et aérer notre demeure, épurer notre organisme, revivifier notre corps, décrasser certains aspects de notre vie, renaître et grandir. Célébrons la vie et le renouveau. Ça sent la terre, ça sent le bois, ça sent la vie, ça sent la créativité! Vivez le printemps avec vos cinq sens!

Les désordres du cœur, Carole Verdon

Texte de l’image:

À l’approche de son trentième anniversaire, Marie prend peu à peu conscience que sa vie ne la satisfait plus. Mère de trois enfants, épouse d’un homme plus âgé qu’elle qui travaille beaucoup et s’absente fréquemment, elle s’interroge sur le sens de son existence.

À Cape Cod, face à la mer, où elle a décidé de se ressourcer, une rencontre inattendue lui donne des clés pour répondre à ses questionnements. Mais saura-t-elle trouver le chemin qui lui convient sans faire souffrir ceux qu’elle aime?

Je ne pouvais pas m’arrêter, je voulais continuer ce beau voyage en compagnie de ces personnages attachants. C’est un roman qui enchante par sa fluidité, son rythme, son écriture vivante, touchante, je dirais même sautillante. C’est un « page turner » !!!

Roseline Guindon

En vente chez Archambault
SUCCURSALE DE GATINEAU

Une rencontre avec… Daniel et Véronique

Entrevue par Carole Verdon

Propriétaires de la maison de thé CHA YI

« Cha yi » signifie l’art du thé en mandarin, et c’est dans cette expression que repose l’essence de notre entreprise.

D’où vient votre passion pour le thé?
(Daniel) – Ma première rencontre avec le thé n’a pas été la meilleure; les thés en sachets n’ont pas du tout réussi à me séduire… et je pensais que le thé se limitait à ça avant d’entrer en contact avec des thés purs d’origine. J’habitais alors en France, il y a de cela plus d’une dizaine d’années, et travaillais sur un vignoble bio. J’y décou­vrais avec plaisir les notions de terroir et de dégustation, la culture millénaire d’un produit aussi noble et passionnant que le vin de qualité. Mais, lorsque le hasard me fit découvrir le thé sous sa version authentique, j’ai été tout de suite conquis! S’ouvrait soudainement à moi un monde proposant les mêmes notions de terroir et de dégustation que m’offrait le vin, mais, avec le thé, s’additionnaient à cela la riche culture­ asiatique, les rituels entourant sa préparation, ses nombreux bienfaits pour le corps et l’esprit, ainsi qu’une philosophie mettant l’emphase sur la paix, l’harmonie et l’humilité, choses que je ne trouvais pas du tout dans le cercle plutôt élitiste et cérébral du monde viticole. Depuis, je n’ai cessé d’explorer cet univers si vaste, cons­tamment émerveillé par sa richesse et sa beauté. Et combien le thé fait du bien aux gens, comme il l’a fait pour moi! Il fait maintenant partie de mon quotidien comme ligne directrice; il ponctue mes journées d’instants précieux de recueillement et de dégus­tation.

(Véronique) – Pour ma part, j’ai découvert le thé au moment où j’ai rencontré Daniel. Nos premiers moments ont presque tous été accompagnés d’un bon thé. J’ai des souvenirs précieux de nos premiers matins ensemble, bercés des rayons du soleil d’automne qui filtraient par le rideau et le sifflement de la bouilloire, le son de l’eau que l’on verse sur les feuilles, la tasse chaude entre mes mains et les effluves d’arômes réconfortants qui se dégageaient de mes premières tasses de thés japo­nais, chinois, taïwanais… Puis j’ai commencé à faire des rêves de thé! J’infusais, je dégustais, je jouais avec les feuilles, même la nuit… signe que j’avais la piqûre, il faut croire! Pendant plusieurs années, je me suis laissée infuser de la passion de Daniel, et nous voilà aujourd’hui dans le prolongement logique de ces premiers instants.

Racontez-nous le début de votre belle aventure.
Le projet de la maison de thé CHA YI a d’abord commencé par une grossesse! Quand nous avons appris que nous attendions notre premier bébé, nous portions déjà le germe d’un projet d’affaires à notre image, nous avions envie de créer un lieu de par­tage qui serait inspirant pour la communauté. Nous avons donc vécu deux grossesses en même temps! Notre passion pour le thé et tout ce qui l’entoure, s’ajoutant à la demande qu’avait l’Outaouais pour une maison de thé spécialisée et un endroit calme où se ressourcer dans le centre-ville de Gatineau, nous a inspiré à ouvrir notre commerce en septembre 2010.

La maison de thé CHA YI comprend la boutique, le salon de dégustation ainsi que l’école du thé. C’est bien cela?
Oui. Ce sont trois éléments importants de l’entreprise qui travaillent en symbiose afin de développer chez les amateurs la connaissance et la passion des thés de terroir, que cela soit en participant à un de nos ateliers sur le thé, en s’asseyant dans notre salon de dégustation afin de savourer infusions et gourmandises ou en venant s’approvisionner en thés et tisanes dans notre boutique. Nous profitons toujours de chaque occasion pour informer nos clients, leur en apprendre encore plus sur les thés qu’ils s’apprêtent à déguster, nourrir leur amour pour cette boisson si bienfaisante.

Qu’est-ce que ça signifie : Vivre l’art du thé?
Pour nous, l’art du thé se vit d’abord intérieurement. C’est une attitude d’ouverture face au thé qui va s’offrir à nous à cet instant. Comme nous avons une tâche importante au moment de l’infusion, le rôle de l’alchimiste qui fera passer le thé de l’état sec de ses feuilles à l’état liquide de sa liqueur, nous nous devons d’être complètement présents, d’être à l’écoute de ces feuilles qui se sont nourries de la terre et du ciel ainsi que du savoir-faire de l’artisan qui a joué le rôle de trait d’union entre les deux. La qualité de l’infusion, l’harmonie et la beauté de son service­ et la paix que tout ce processus engendre ne sont que le résultat de cette présence.

En quoi consiste votre travail comme importateurs de thés?
Chaque année, nous nous rendons en Asie afin de visiter nos producteurs et leurs jardins. À chaque printemps, nous nous devons d’aller à la rencontre de nos amis artisans et produc­teurs afin de nous approvisionner­ en thés de qualité supérieure en Chine, à Taïwan, au Japon ainsi que dans les autres meilleurs terroirs d’Asie. Ces thés ne sont disponibles qu’en petites quantités, car ils sont issus de petites parcelles, produits à échelle humaine, artisanalement et sans utilisation de produits de synthèse. Ces crus exclusifs ne sont normalement pas destinés à être exportés, car les volumes ne sont pas assez importants. Ce sont donc de petits trésors que nous allons dénicher chez des artisans passionnés et très fiers de ce qu’ils font. C’est important pour nous de savoir que nos thés furent produits avec amour et dans les meilleures conditions!

Parlez-nous de votre école du thé
Presque chaque fin de semaine, nous proposons l’une de notre quinzaine d’activités thématiques sur le thé. Ces formations prennent la forme d’ateliers formels ou interactifs traitant des divers aspects du thé, tant ses origines, sa culture, l’art de sa préparation, ses rituels, sa dégustation, etc. C’est le moment pour nous de transmettre encore plus notre passion à des gens qui ont soif d’en apprendre davantage. C’est souvent en approfondissant nos connais­sances­ sur un sujet qu’on est en mesure de l’apprécier à sa juste valeur!­ On y montre des diaporamas de photos de nos voyages, on fait déguster les nouveaux arrivages, on révèle un univers qui, en coulisse, offre bien plus qu’une boisson chaude et stimulante. Les participants y découvrent des coups de cœur, ce qui stimule encore plus leur curiosité.

Qu’est-ce que ça signifie des thés exclusifs aux arômes des plus fins?
La palette aromatique des thés de terroir est presque infinie. Elle va des thés les plus délicats, au caractère printanier rafraîchissant et finement végétal, jusqu’aux thés les plus gourmands, fruités ou boisés, des crus plus réconfortants dans leur profil de saveurs. Ces thés sont bien sûr sous leur forme nature; ce sont leurs propres arômes et saveurs qui apparaissent dans notre tasse. Rien n’aura été ajouté à ces feuilles. Habituellement, plus un thé est de grande qualité, plus ses arômes seront fins et complexes.

Comment entrevoyez-vous l’avenir?
Le thé continue son bel essor dans les pays occidentaux. Les thés de terroir semblent trouver de plus en plus d’amateurs grâce à leur qualité et à leurs bienfaits. Depuis les dernières années, seulement un petit nombre de maisons spécialisées et d’importation comme la nôtre ont vu le jour pendant que de nombreuses grandes entreprises ont flairé ce marché en pleine croissance. Bien qu’elles aient également pour mission de promouvoir la consommation de thé dans la population, elles le proposent trop souvent sous des formes dénaturées, avec l’ajout d’arômes naturels ou artificiels, des fruits, des bonbons, le tout présenté en combinaisons originales pour séduire une clientèle plus jeune. L’avenir nous dira si ces nouveaux amateurs viendront à s’intéresser par la suite à des thés purs et authentiques.

Quelle est votre mission?
Notre mission principale est en quelque sorte d’apporter « la nouvelle du bon thé »! Si approvisionner les amateurs en thés et en instruments d’infusion de qualité qui ne seraient pas disponibles autrement est de toute évidence notre ligne directrice, d’une manière peut-être un peu plus subtile, notre souhait le plus cher est de donner aux gens l’habitude de s’arrêter le temps d’un thé, de ponctuer leurs journées de moments sacrés, de s’intérioriser, de partager au travers du thé. Notre société en a tellement besoin. La course folle du quotidien doit s’arrêter… et, si quelque chose peut aider à trouver notre équilibre à travers­ cette frénésie, nous sommes convaincus que le thé peut contribuer à ce changement d’habitudes pour un retour à l’essentiel.

CHA YI  remporte :
~ en 2011 le premier prix national, catégorie « Commerce », dans le cadre du Concours québécois en entrepreneuriat.
~ le premier prix dans la catégorie « Nouvelle entreprise de l’année » dans le cadre des Prix d’excellence 2013 du RGA.

Rentrer en soi

La présente édition ne comporte pas de thématique, juste trois petits mots écrits en page couverture : Rentrer en soi. Trois petits mots qui, réunis, sont très évocateurs. Ils sont montés naturellement en moi au moment de préparer la page couverture de cette édition, au début du mois de septembre, comme s’ils annonçaient la saison froide, cette mise au ralenti que nous vivons généralement quand l’automne tire sa révérence. Le ralenti nous permet de descendre au fond de nous-mêmes, le meilleur endroit pour nous lire, nous entendre et nous reconnecter à notre essence profonde, à ce « qui je suis vraiment ». Cette démarche s’avère parfois un face à face troublant car, à cet endroit, impossible de se mentir; les masques tombent.

Dans la vie, quand nous portons des masques, soit nous empêchons les autres d’avoir un accès direct à notre vraie nature, soit nous cherchons par tous les moyens à leur plaire, sans nous respecter. Et si nous étions enfin nous-mêmes, parfaitement alignés avec nos pensées, nos paroles et nos actions? Ne parlons pas ici de résolutions pour la nouvelle année, mais plutôt de la force de l’intention, car la force de l’intention nous dispose intérieurement au changement, et le changement, c’est dans l’action qu’il se produit. Alors, cet hiver, entamons un voyage intérieur au pays de nous-mêmes, un pays que nous pouvons visiter en tout temps de l’année et à tout moment sans subir les affres du décalage horaire.

Quand une année se termine, on y associe spontanément le mot rétrospective. Prenez un temps d’arrêt pour nommer quels ont été, en 2014, les moments inspirants, douloureux, inattendus, joyeux, bouleversants, nourrissants, transformateurs que vous avez vécus. Connaissez-vous le fil conducteur de votre vie? Si oui, quel est-il? Passer d’une année à l’autre, pour moi, c’est comme passer d’une rive à l’autre en empruntant un pont. Quel est ce pont? L’élan.

Pour ma part, parmi les événements inattendus qu’il m’a été donné de vivre en 2014, je veux en nommer un : mon arrivée à la barre de Cheminement à titre de rédactrice en chef avec l’édition de l’été, Goûtez la vie. Je veux adresser un merci grandiose à Denis Manseau, éditeur et père spirituel de la revue. Il a su voir en moi ce que je n’avais pas encore vu, il a cru en moi et il m’a fait  confiance. Vivre l’expérience Cheminement s’avère pour moi une expérience hors du commun, une expérience enrichissante et marquante. Ici, une petite confidence : en cours de route, j’ai découvert les deux prédispositions naturelles et essentielles pour être à la barre de la revue Cheminement : la passion et la folie (sourires). Je suis passionnée et animée d’une belle folie (sourires).

Je veux adresser également un chaleureux merci à tous les auteurs collaborateurs qui ont signé un article dans les éditions de l’été et de l’automne 2014 et dans la présente édition de l’hiver 2014-2015. Oui, un chaleureux merci à ces magnifiques personnes qui ont plongé leur plume dans leur cœur afin de vous sensibiliser, vous inspirer et vous proposer des pistes pour favoriser un équilibre de vie optimal, la mission même de la revue Cheminement. J’ai communiqué avec chacune d’entre elles et, à leur contact, ma vie s’est enrichie.

Merci à tous nos annonceurs qui croient en la revue. Leur soutien et leur confiance permettent à la revue d’exister, compte tenu de sa gratuité.

Et mon dernier merci va à Johanne Falardeau, réviseure, et Carolle Bergeron, graphiste. Toutes deux sont des femmes compétentes, passionnées, déterminées, travaillantes, généreuses et engagées dans « l’effet Cheminement ». Je veux souligner leur expertise solide, leur professionnalisme et leur dévouement inconditionnel, et leur exprimer ma profonde gratitude pour leur appui indéfectible. Ensemble, nous formons un trio énergique et solide!

En septembre dernier, Cheminement a amorcé sa 18e année d’existence. Merci à vous tous, lecteurs et lectrices, pour votre empressement à vous procurer la revue à chaque édition et pour vos nombreuses marques d’appréciation et d’encouragement. Chaque parole exprimée a un effet dynamisant sur l’équipe et la motive à continuer de monter à bord du train Cheminement!

Pour l’année 2015, j’exprime un vœu : accueillir des bénévoles enthousiastes et passionnés. Je vous tends la main : montez avec nous à bord du train Cheminement!

Enlacer un arbre, une expérience à vivre…

« Je m’appelle Tristan, je suis un chêne de 90 ans. Alors qu’elle était en vacances en pleine nature sur le bord d’un lac, Carole et moi avons fait connaissance. Nous étions le 20 mars 2013, et il neigeait encore à ce temps-là de l’année. Peu de temps auparavant, elle avait lu combien nous les arbres avons de la puissance et de l’énergie à transmettre. Elle se cherchait donc un arbre. Elle m’a vu, m’a choisi, s’est collée contre moi, m’a entouré de ses bras et m’a dit : Bonjour Tristan. Ce jour-là, elle a capté mes vibrations et les a transformées en paroles. Je suis devenu son confident et son conseiller pour l’écriture du manuscrit qu’elle rédigeait. »

Voilà, c’est fait, vous connaissez maintenant l’existence de Tristan. Chaque fois que je retourne à ce chalet, je le regarde, je lui dis bonjour Tristan, je m’avance et je l’enlace.

La nature a tellement à nous offrir et à nous apprendre. Communiquer avec les arbres peut sembler ésoté­rique, mais c’est quelque chose de tout à fait naturel et que nous avons peut-être oublié. Lorsqu’on s’approche de ces êtres de la nature, on peut sentir leur énergie vivante, une sorte d’onde qui entre en contact avec notre propre énergie. L’arbre est un être sacré qui mérite d’être salué.

« Saluer un arbre est une manière de se présenter à lui, de lui témoigner votre respect et de lui demander l’autorisation d’entrer en contact avec lui. Avant de vous approcher, vérifiez bien qu’il accepte votre présence! Pour cela, mettez-vous à une certaine distance de lui, de façon à respecter son champ énergétique. Essayez de ressentir cette déli­mitation, en vous aidant par exemple de vos mains. Il est possible de ressentir une densité d’air différente à ce niveau-là. Une fois cette zone déterminée, saluez cet arbre! Vous vous sentirez ensuite comme appelé vers lui, ou bien juste accepté. » (Joëlle Chautems, Guide des arbres extraordinaires de Suisse romande)

La sylvothérapie ou « tree hugging »,­ consiste à être en contact avec les arbres afin d’en retirer un bien-être psycho-physique grâce à la puissance de l’énergie transmise. Parce qu’ils se nourrissent des radiations de la terre et des radiations cosmiques, les arbres sont un canal d’énergie vitale énorme. De nombreux auteurs ont écrit sur le sujet : Marie-Emilia Vannier, Patrice Bouchardon, Maja Kooitstra, Joëlle Chautems, pour n’en nommer que quelques-uns.

À la rencontre des arbres
A priori, une fois en forêt ou sur une terre, il importe de se mettre dans un état de calme intérieur et de ralentir le flot incessant de vos pensées. Laissez-vous conduire naturellement vers un arbre en le choisissant selon votre ressenti et en fonction de la santé qu’il dégage. Il est recommandé d’éviter un arbre mort ou malade. Asseyez-vous à environ trois mètres de l’arbre et créez un lien de cœur avec lui par la pensée. Puis, avancez-vous lentement vers lui avec respect.

Ressentir l’énergie d’un arbre
Se positionner face à l’arbre. De préférence face au nord, donc le sud dans le dos. Poser les deux mains de chaque côté de l’arbre, sans exercer de pression, en restant détendu dans tout votre corps. Fermer les yeux et respirer lentement par le nez, puis expirer lentement.

Recharger son énergie vitale auprès d’un arbre
Se placer dos contre l’arbre (de préférence face au nord, donc le sud dans le dos et, si possible, se déchausser) en gardant les jambes légèrement écartées. Il est bien de coller l’arrière de la tête à l’arbre. Laisser l’arbre vous recharger. Un plus : Poser une main au niveau du bas du dos, paume contre l’arbre, et l’autre main au niveau du plexus solaire. Pas plus de 10 minutes.

« Ne partez jamais sans remercier l’arbre pour tout ce qu’il vous a apporté. Quand on rend visite à un arbre, c’est comme aller boire un thé chez un ami : on sonne, on attend qu’on nous ouvre la porte, on respecte son lieu, on partage, on ne fait pas que prendre mais on donne aussi de soi, et quand on repart on le salue, on le remercie pour son accueil et on lui dit au revoir. » Joëlle Chautems

Moi, Tristan, je vous le demande : Avez-vous déjà enlacé un arbre? Moi Carole, je vous dis ceci : Lorsque vous enlacerez un arbre, appuyez-vous cœur contre l’écorce, car c’est par le cœur que vous serez touchés. Le cœur, par où arrive l’émotion, par où s’évacue la peine. Le cœur, par où la vie prend tout son sens.

Créer un meilleur chez-soi extérieur certes en côtoyant les arbres, mais également un meilleur chez-soi intérieur par l’énergie captée.
Namasté.

Une rencontre avec… Bertrand Desfossés

Massothérapeute pendant 30 ans, il a été le cofondateur et directeur du Centre d’épanouissement psycho-corporel de l’Outaouais.
Entrevue par Carole Verdon

J’ai eu le bonheur de vivre une rencontre de trois heures avec cet homme de cœur. Je n’ai pas pris de notes, j’ai écouté ses paroles, une à une; un petit enregistreur entre nous. C’est un homme à l’intelligence analytique, vivement là dans le moment présent, pour qui le rapport humain est de l’ordre du sacré. Intuitif, il possède un flair remarquable; qualités plutôt nécessaires quand on est massothérapeute.

Un désir né d’une privation dans l’enfance, voilà d’où est venue sa motivation à devenir massothé­rapeute. Son père, atteint de tuberculose, était contagieux. C’est avec un trémolo dans la voix qu’il exprime avoir été privé du toucher, des embrassades et des accolades. Un manque qui va durer des années, années pendant lesquelles, pour compenser et se contenter, il touchera la guitare, du bois, des tissus, de la matière. « C’était instinctif. Je me suis nourri avec de la matière, mais j’étais en manque de contacts affectifs avec un humain », enchaîne-t-il.

Portant instinctivement cette cons­cience du toucher, il sculptait du bois avec un canif et fabriquait des objets avec ses mains. Il dira : « Je sentais que mes mains avaient une mission plus élevée… » Bien qu’il ait trouvé intéressant de travailler comme bûcheron, menuisier et mécanicien, il sentait un vide et n’était pas nourri par un toucher relationnel. Puis, à cette même époque, la mentalité, les tabous face au corps et au toucher étaient présents dans l’ensemble de nos rapports humains.

Je lui ai posé la question qui me brûlait les lèvres : qu’est-ce le mot toucher évoquait pour lui? Sans même hésiter, il m’a parlé d’une démarche en abandon corporel qu’il a amorcée en 1976, démarche qui lui a permis de découvrir la puissance du toucher à propre­ment parler : « Quand le thérapeute touchait­ le dessous de mon pied avec le bout de son majeur ou encore au creux de mon plexus solaire, ça ouvrait tout un registre de sensations internes. » À cela s’ajoute le toucher présence, indissociable de l’aban­don corporel, qui consiste à laisser émerger progressivement ce que le corps a enregistré.

Cette démarche lui a servi de déclencheur pour finalement en faire un tremplin vers la massothérapie. Une envie irrésistible et soudaine le poussa à offrir à des participants du groupe de masser intuitivement leurs pieds pendant les pauses. « Ça m’a conduit à l’évidence des bienfaits et de mon intérêt pour le toucher; de là, j’ai développé le goût d’aller plus loin. »

Voilà que sa passion et son goût pour le massage le poussent à suivre, entre 1982 et 1988, de nombreux ateliers d’exploration du massage. L’année 1988 sera une année marquante puisqu’il termine une formation professionnelle en massage Shiatsu et Suédois, à Québec. La même année, diplôme en main et membre de la FQM, il fonde, avec un petit groupe, le Centre d’épanouissement psycho-corporel de l’Outaouais, qu’il dirigera jusqu’en décembre 1994. Satisfait de son implication, il s’envole pour un voyage au Costa Rica et par la suite, de 1995 à 2012, il travaillera à son compte.

Plus j’écoutais Bertrand, plus je comprenais qu’être massothérapeute est un art et que, par l’exploration du toucher, il avait appris beaucoup sur la nature humaine, mais aussi beaucoup sur lui-même.

Dès la naissance, être touché fait partie des besoins fondamentaux de l’être humain, mais dans nos vies, le toucher n’est pas toujours à notre portée. Le massage vient combler ce besoin pour certains; d’ailleurs, Bertrand est clair là-dessus : « Parfois, la personne arrivait en me disant clairement : “J’ai besoin d’un massage, je n’ai pas été touchée ça fait des mois. J’ai besoin d’être touchée!” Au-delà du massage musculaire, elle avait ce besoin d’une présence, d’être enveloppée d’un toucher nourrissant. »

La cartographie du corps : une mosaïque de mémoires, de blessures et d’émotions. « Le corps prend la forme de ses expériences agréables et aussi de ses traumatismes. Des parties sont libres et confortables, tandis que d’autres sont tendues et chargées d’émotion. » Le massage peut-il alors être une voie pour se retrouver soi-même? « Les couches de résistance relâchent d’une séance à l’autre et, progressivement, la personne arrive à ressentir plus d’harmonie dans l’ensemble de son corps. C’est souvent la surprise de la personne de sentir qu’en s’ouvrant de plus en plus, c’est le meilleur d’elle qu’elle découvre. »

J’ai appris pendant ma rencontre avec Bertrand que, si une personne n’aime pas une partie de son corps, elle dira :­ « Je ne veux pas que tu me masses le ventre, ou autre… » « C’est souvent là un besoin en privation, parce que c’est une partie d’elle qu’elle refuse. Ces zones contiennent des mémoi­res ou des traumatismes que je me dois de res­pecter et d’apprivoiser tranquillement avec elle », explique-t-il.

Quel est le plus grand bienfait d’un massage? « Par la relaxation, c’est de rentrer chez soi, de reconnaître ses propres cellules à travers l’expérience, c’est de s’approprier son corps. Par les sensations éprouvées, j’habite plus mon corps, j’en deviens plus propriétaire. Tout ça est activé par le toucher et les différentes manœuvres du massage. »

Au moment d’écrire ces lignes, j’écoute un air de violoncelle, un air vibrant, enveloppant, remuant, et je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le geste du toucher en massage, duquel on peut dire qu’il est un véritable soin profond, relaxant, enveloppant et rassurant.

Le mot massage tire son étymologie du mot grec massein, de l’hébreu mashesh et de l’arabe mass dont le sens est palper, pétrir, presser légè­rement. Sept cent vingt mille terminaisons nerveuses font de la peau l’organe privilégié du bien-être. C’est probablement ce qui fait­ dire à Bertrand : « La détente en soi est le principal objectif pour que la personne prenne le temps de se ressentir. »

Pour bénéficier au maximum des bienfaits d’un massage, Bertrand recommande de prendre un bain ou une douche chaude avant le massage, pour libérer les toxines de la peau, pour détendre les muscles et les conditionner à être massés. Après le massage, il est préférable de garder un temps pour soi afin de maintenir l’état de détente.

À celui qui m’a parlé de relations humaines, de toucher et de massage pendant trois heures et qui affirme que le massage est l’une des plus riches expériences de sa vie, j’ai demandé : quand je dis le mot tou­cher, qu’est-ce qui monte en vous? « C’est une nourriture, une communication, une complicité avec l’autre dans le non-verbal, un accompagnement dans l’harmonisation de soi. »

J’étais curieuse de savoir quels sont, d’après lui, les motifs pour vouloir devenir massothérapeute? « Pour prendre soin, se découvrir, travailler sur soi, pour s’harmoniser soi-même. La plupart des raisons initiales, instinctives, c’est que la personne veut faire du bien, elle veut masser les autres, mais c’est un prétexte parce que ça lui fait du bien à elle de prendre soin, d’être en contact, de toucher; alors, elle veut devenir massothérapeute. Elle découvre qu’elle se nourrit en faisant ça, et c’est ça qui la motive à bien faire ce qu’elle fait. »

Bertrand a été une figure marquante dans le monde de la massothérapie en Outaouais. À celui qui a enseigné durant sept ans et pratiqué durant trente ans, j’ai appris qu’il avait cessé toute pratique en 2012. Avec une émotion palpable, il m’a confié : « Le dernier massage que j’ai donné, c’est à ma conjointe. C’est avec elle que j’ai eu le privilège de mon der­nier massage. Je n’en ai pas redonné après son décès. Je l’ai accompagnée avec mon cœur et mes mains pendant ses huit mois de soins palliatifs à la maison. J’honore ces moments d’intimité où le toucher a pris la place des mots… »

« Il m’arrive de masser des pieds et des mains à l’occasion, mais je sens que ma mission en massage est accomplie. Le toucher m’a fait rencontrer le plus beau de l’humain, au-delà de son enveloppe. »

Pour ma part, j’ai été honorée de rencontrer Bertrand Desfossés et de plonger avec lui dans une mer de mots, d’émotions et de partages. Cela m’a profondément enrichie, et je tiens ici à le remercier du fond du cœur.