Une robe de soi

J’étais à peine endormie dans le berceau familial, après une longue nuit de tempête, que déjà les fées se bousculaient avec leurs dons pour écrire ma vie.

  • Elle aura le nez crochu de sa tante Émilie, les épaules larges de son grand père qui a vécu la guerre.
  • Elle aura le courage de sa grand-mère, veuve avant que son visage n’attende les rides du temps; elle aura aussi la colère qui va avec les chagrins et la misère.
  • Elle aura la légèreté de sa tante Aurore, l’artiste qui a vécu sa vie comme une pièce inédite dans un théâtre aux multiples décors.
  • Elle aura les yeux verts des lacs de montagne dans lesquels se miroitent les vieilles pierres des sommets intacts.

Sur ma peau s’est inscrit donc très tôt, une histoire que je connaissais par cœur, car la famille la répétait depuis si longtemps que les répliques sortaient spontanément. Quand j’oubliais quelques passages, je montais dans le grenier de ma grand-mère, et soulevait la poussière des âges pour ressortir une aïeule oubliée, un fantôme devenu gris, une poupée toute cassée. C’est là que je trouvais la robe fleurie de tante Rose, celle qui avait eu le cœur brisé au milieu d’une valse et quand je me rendis compte qu’elle était à ma taille, j’entendis dans le miroir, les notes d’un soir de bal.

Ma mère aussi, sans le savoir, cousait sur les voiles de mon innocence, les patchworks de son inconscience. Arrivée aux portes de la jeunesse, j’avais perdu mes tresses, la grâce des enfantillages, les rêves d’une autre vie dont il n’y avait plus aucune trace. J’étais une créature avec la crinière de lion d’un grand père militaire, les pattes élancées d’une autruche comme tante Aurore qui aimait danser; j’avais le cou gracile d’une girafe et la voix posée de ma mère quand elle avait la joie de chanter. La peau de la panthère rappelait le velours dévoré de la robe d’une tante Rose trop vite délaissée. J’étais une chimère, une personne construite de pièces rapportées qui avaient toutes leur histoire et leur part de vérité, mais que j’avais du mal à faire tenir ensemble. J’aurais eu besoin de plusieurs chirurgies esthétiques pour rendre à l’ensemble une cohérence décente. Mais aucun médecin ne voulut prendre ce risque.

Seul un artiste peintre dont je tombai amoureuse, réussit à faire mon portrait en tentant de dissimuler sous les couches de couleurs, un passé qui s’obstinait à vouloir durer. Il fut le premier à révéler une partie de moi-même que j’avais complètement occultée.

Mais la chimère ne fut pas très contente de voir que sous les doigts habiles d’un amour magicien, les traces du temps indélébiles pouvaient disparaître en moins de rien.

L’autruche voulait danser tandis que le lion cherchait à faire la loi. La panthère restait couchée au soleil alors que la girafe cherchait dans les hauteurs, les feuilles du bonheur. Ce fut le chaos initial, l’anarchie intérieure, une bourrasque de contraires qui se leva un matin de juin et coucha à terre, la chimère épuisée. Au milieu des morceaux, je restais endormie comme au premier jour de ma vie et de nouveau, les fées arrivèrent en faisant beaucoup de bruit.

Elles n’avaient pas vieilli, contrairement à moi qui avais eu besoin de traverser les années pour être capable de me voir avec lucidité, au milieu de cette chimère déchirée. Les fées me firent les mêmes dons, force, courage et légèreté, envie de chanter et de m’alanguir, mais vu que les morceaux étaient éparpillés sur le seuil de ma personnalité, je les accueillis différemment, sans m’approprier quoi que ce soit. Ils étaient une partie de moi, mais j’étais plus qu’eux tous réunis.

J’acceptais tous ces dons en remerciant les fées et me relevais, fatiguée et légère à la fois, comme si le poids de la chimère avait changé. J’avais certes toujours une crinière de lion et une tendance à dire facilement non, des jambes fines et habiles pour danser ou parfois fuir quand c’était trop risqué, je gardais le parler girafe pour communiquer sans violence et la peau douce de la panthère pour les soirées tendres. Mais dans le miroir du bazar familial, je voyais une nouvelle image; j’avais perdu quelques patchworks de ma mère et les voiles d’innocence réapparurent autour de moi. Cependant, ils ne flottaient plus comme la mousseline de l’enfance; ils avaient la tenue de l’organza et je sentais dans ce nouvel apparat, les étincelles du discernement qui habille ceux et celles qui ont traversé le tourment.

Je ne laissais personne à terre, ramassais tous les morceaux de la chimère et avec ma propre baguette magique, je dessinais ma nouvelle robe de Soi. Elle était élastique, s’adaptait à tous mes mouvements et à mes changements de taille. Quelques accessoires suffisaient pour varier son usage. Un parfum de présence pour les cocktails mondains, des gants de velours pour les peaux de satin et des perles précieuses pour être belle en plein jour. C’est une robe inachevée, que je crée à chaque instant, comme si j’étais un grand couturier inspiré par l’amour. C’est une robe de Soi pour les toujours momentanés.

Le cadeau de ma mère

Le travail que l’on fait sur soi, pour essayer de comprendre ce que l’on vit et guérir nos blessures intérieures, finit toujours par porter ses fruits. J’en reçus la preuve au moment du décès de ma mère. Au cours des deux derniers mois de sa vie, j’ai vécu auprès d’elle des moments d’une infinie douceur qui effacèrent les quarante années de conflits que nous avions vécues.

Très jeune, je voyais ma mère comme une personne austère et contrôlante, qui exigeait que je lui obéisse et qui ne m’écoutait jamais. Je ne me souviens pas qu’elle m’ait serré dans ses bras ou qu’elle m’ait dit qu’elle m’aimait. Ce manque de communication me poussa à être incapable de lui parler de mes sentiments réels, j’étais en conflit permanent avec elle.

À vingt-sept ans, mon corps se rebella à son tour, face à toutes ces émotions refoulées. J’entrepris alors une recherche personnelle pour comprendre l’origine de cette maladie.

Pendant des années, mon cheminement évolutif se poursuivit à l’intérieur de plusieurs formations et consultations, dont la psychothérapie et la métamédecine. Je découvrais des pistes intéressantes pouvant expliquer mon conflit face à ma mère, pistes qui remontaient à l’événement le plus traumatisant de ma vie : ma naissance. Mais lorsque je questionnais maman, je n’obtenais jamais de réponses corroborant mes découvertes.

Ma mère me consultait de temps à autre, en tant que chiropraticien. Comme elle ne se sentait pas bien depuis plusieurs mois, mon père me demanda de la voir à mon bureau. En posant mes mains sur elle, je perçus que son corps était très mal en point et lui conseillai de se rendre de toute urgence à l’hôpital pour des examens.

On lui fit une chirurgie abdominale exploratrice le jour même pour découvrir qu’il était trop tard pour intervenir. Le cancer avait rongé ses intestins et s’était propagé aux autres organes. Elle refusa la chimiothérapie et choisit de mourir à la maison, entourée des siens.

Nous étions en état de choc, mon père, mon frère, mes sœurs. Voyant à quel point la famille était ébranlée, je proposai de nous réunir et de partager nos sentiments, afin de nous épauler mutuellement à travers cette épreuve. Tout en nous relayant au chevet de maman, nous avons donc pris le temps de nous asseoir régulièrement ensemble pour échanger sur ce que nous vivions individuellement.

Petit à petit, en parlant ouvertement de la mort, nous sommes arrivés à l’apprivoiser, à libérer nos émotions douloureuses et à diminuer notre sentiment de perte. Ces échanges contribuèrent aussi à resserrer les liens entre nous, à créer un véritable clan familial.

Pour ma part, ces deux mois passés au chevet de maman m’ont permis d’amorcer, pour la première fois de ma vie, un dialogue très intime avec elle. Elle me révéla enfin la vérité au sujet de ma naissance. Elle me raconta que je m’étais présenté plus vite que prévu et que le médecin n’était pas encore à l’hôpital. Voyant cela, les infirmières paniquèrent et lui refermèrent les jambes en lui demandant de me retenir jusqu’à ce que le médecin soit sur place. Maman m’a donc retenu la tête coincée dans son vagin pendant une vingtaine de minutes, avant de sombrer dans l’inconscience à l’arrivée du médecin.

Mon cerveau de nouveau-né a interprété ces événements à sa façon : maman me retient parce qu’elle a honte de moi. J’ai donc eu une peur viscérale. Maman me confirma ce jour-là que je ne m’étais pas trompé. Cela me rassura en me prouvant que j’avais suivi le bon chemin et que toutes ces années de recherche intérieure et de thérapies diverses n’avaient pas été inutiles.

La veille de sa mort, j’étais au chevet de maman. Elle reposait sur le côté, me tournant le dos, tandis que j’étais assis près de son lit. Le moment me semblait propice pour lui ouvrir mon cœur, et boucler la boucle avec elle avant qu’il soit trop tard. Je lui dressai le bilan de notre vie passée ensemble, prenant le temps de lui expliquer tout ce qu’elle m’avait offert. Je lui mentionnai les parties d’elle que j’avais aimées et celles que j’avais détestées sur le moment, mais que je percevais différemment aujourd’hui.

Par exemple, en jouant le rôle d’une mère contrôlante, elle m’avait incité à devenir autonome. Son manque de tendresse à mon égard m’avait forcé à aller vers les autres. Son attitude rigide et ses non-dits m’avaient stimulé à développer la communication avec les gens, et ainsi de suite. Je lui étais infiniment reconnaissant, car je réalisais que sans elle, je ne serais pas devenu l’homme que je suis aujourd’hui.

Je lui partageais mes sentiments, sans aucune attente, mais elle m’offrit en retour un cadeau inestimable. Dans un ultime effort, elle tourna la tête vers moi et prononça pour la première fois, ces mots merveilleux que je croyais ne jamais entendre de sa bouche : « Yves, je t’aime! ». Pleurant de gratitude, je la pris alors dans mes bras et la remerciai sincèrement.

Je la bordai tendrement ce soir-là et le lendemain matin, je sus en la voyant, qu’elle ne passerait pas la journée. J’en avisai mon père. Constatant qu’elle respirait difficilement, je la pris dans mes bras et lui soufflai doucement à l’oreille : « Maman, il est temps de partir. ». Elle cessa de respirer à l’instant même. Tout était désormais accompli entre elle et moi. Malgré mon chagrin, je me sentais paisible intérieurement. Je ressentais une immense gratitude face à ma mère qui m’avait offert le privilège de mourir dans mes bras. Je la gardai tout contre moi un moment, la remerciant encore une fois pour tout ce qu’elle m’avait apporté dans cette vie, puis je cédai la place à mon père afin qu’il puisse lui faire ses adieux à son tour.

Les derniers instants de ma mère ainsi que son décès furent la partie la plus apaisante de ma relation avec elle. Quarante années d’incompréhension fit place à une ouverture du cœur incroyable. Cela a permis de rééquilibrer le mouvement naturel mère-enfant, faussé dès le départ par une perception basé sur la survie. Cette expérience fut très enrichissante dans ma vie. Je suis conscient que ce moment de grâce, vécu avec ma mère dans les derniers instants de sa vie, n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe du travail intérieur que j’ai effectué pendant des années.

Le murmure des arbres, un ressourcement durable!

Dans la spirale de la vie moderne actuelle, il est de plus en plus important de prendre le temps de respirer, de vibrer en harmonie avec la nature et d’harmoniser nos énergies intérieures.

De plus en plus de personnes sont adeptes de la marche et se rendent dans les parcs, réserves ou forêts pour se connecter avec la nature.

Pourquoi une marche en forêt procure-t-elle autant de bienfaits? Comme nous, les arbres sont des habitants de la terre qui respirent. Leurs racines profondément ancrées dans le sol et leurs branches s’étirant vers le ciel donnent à l’arbre un équilibre puissant dans la circulation des forces énergétique terrestres.

Chaque pas posé près de ces arbres nous permet de palper au niveau vibratoire cette harmonie et notre corps s’en trouve apaisé.

Il faut remonter à l’époque des druides chez les celtes pour saisir l’importance des arbres dans la vie de tous les jours. L’arbre était à cette époque un élément de la Terre Mère au pouvoir guérisseur. Il était le refuge des sages pour la méditation. Les druides avaient l’habitude de confier leurs secrets aux arbres et les arbres étaient symbole de grande sagesse.

Si l’arbre est reconnu pour sa grande sagesse, c’est aussi en raison de l’âge de la maturité spirituelle d’un arbre, atteinte à partir de 100 ans. Dans vos randonnées, si vous avez la chance de parcourir des terrains munis d’arbres centenaires, n’hésitez pas : prenez-vous pour un elfe et communiquez avec l’énergie des arbres!

Approcher un arbre et le serrer dans ses bras signifie entrer dans son champ vibratoire, communiquer avec ses mémoires, apprivoiser son flux énergétique. Il est donc bien évident qu’approcher un arbre se fera dans le calme et la douceur. C’est un échange vibratoire profond dans le plus grand respect mutuel. D’ailleurs, un arbre aura plus d’affinités avec une personne plutôt qu’une autre.

La communication avec les arbres en automne et en hiver va nous permettre d’évacuer les toxines et tensions alors qu’une communication au printemps et en été va nous permettre de canaliser la source de vitalité et d’élan des arbres.

Cette approche simple et curative permet de transformer une simple marche en forêt en journée de ressourcement intense et à harmoniser notre corps aux énergies terrestres.

Nos cultures actuelles et la déforestation de la planète nous ont amenés à oublier la liaison profonde que nous pouvions avoir avec les arbres. Heureusement, le besoin de ressourcement étant criant parmi la population, cette expérience est en train de gagner des adeptes!

L’homme qui savait écouter

Je ne sais pas si vous avez déjà rencontré un homme qui sait écouter… Moi si! Je me souviens très bien de nos dernières rencontres. Quand je m’asseyais avec lui pour discuter, je voyais un visage souriant et détendu qui pour moi, démontrait sa joie d’être là, en ma compagnie. Tout au fil de notre rencontre, son regard était accueillant, sa voix était douce et posée et son corps dégageait le calme. Chacun de ses sens semblait m’offrir une pleine réceptivité sans que je ressente pour autant de conditions à remplir pour avoir le privilège d’une telle qualité de présence. Je me sentais véritablement accueilli tel que je suis. Et lorsque surgissait un moment de silence dans notre conversation, il contribuait à faire de ce silence un temps d’accueil rempli de sa présence rassurante.

En l’observant être lui-même, je pouvais sentir son authenticité et sa bienveillance à mon égard. Il s’intéressait à ce que je disais sans chercher à tout prix à me comprendre, car il disait que le désir de comprendre était souvent un piège menant vers une interprétation personnelle qui serait forcément décalée par rapport à ce que l’autre tente d’exprimer. Je crois qu’il maîtrisait bien ce principe fondamental de la communication voulant qu’en se décentrant de soi pour se centrer sur celui ou celle qu’on écoute, le sens véritable de la communication traverse naturellement, comme par magie, ce canal invisible qui relie deux personnes par le cœur. C’est peut-être ce que voulait dire Alfred de Musset par cette phrase : « Qu’importe de quoi parlent les lèvres, lorsqu’on écoute les cœurs se répondre. »

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne me suis pas rendu compte de l’ampleur des qualités de cet homme lors de nos toutes premières rencontres. J’étais dans l’illusion de croire que « nous » avions d’agréables discussions autour de nos passions communes. Bien qu’il y ait une part de vérité dans cette illusion, c’est au fil de mon propre cheminement que j’ai pris conscience de la grande qualité d’écoute de cet homme. C’est avec humilité que j’ai un jour dû constater que ces échanges entre nous avaient été polarisés en ma faveur, c’est-à-dire qu’ils avaient été une opportunité pour moi d’exprimer ce qui m’habitait en ces moments et que j’avais envie d’exprimer à quelqu’un de confiance. Un jour, je lui ai d’ailleurs demandé comment il en était arrivé à acquérir cette habileté enviable qui lui permettait d’offrir une telle qualité d’écoute. C’est à ce moment qu’il m’a confié avoir un jour fait le choix de se former à l’écoute et que cette capacité qu’il continue à cultiver encore aujourd’hui ne s’est pas manifestée spontanément chez lui, mais est venue s’installer par l’apprentissage et la pratique.

Devenir des hommes et des femmes qui savent écouter impliquera donc de choisir des chemins, parmi plusieurs possibles, qui nous permettront de développer nos capacités respectives à mieux communiquer. Il faudra aussi décider de cultiver en soi une attitude qui portera vers l’autre l’une des plus belles offrandes qui soient, celle d’une écoute proposée qui, lorsqu’elle est accueillie par l’autre, lui permettra de se dire, de se sentir entendu et même amplifié. Cela me rappelle cette parole de Jacques Salomé qui dit que le plus grand cadeau que l’on offre à quelqu’un en l’écoutant, c’est de lui permettre de s’entendre lui-même.

L’écoute est un acte d’amour!

La communication synergique

Nous vivons présentement à l’ère de la communication. Nous passons nos vies à communiquer : que ce soit au travail, à la maison avec notre conjoint ou notre famille, avec nos amis, nos voisins, bref nous n’arrêtons jamais d’entrer en contact avec les autres. Même que nous avons aujourd’hui des appareils mobiles qui nous suivent partout nous permettant de texter, d’envoyer des courriels et d’appeler qui nous voulons quand nous voulons.

Cependant, cette communication est-elle réellement efficace? Combien de fois vous est-il arrivé de discuter avec quelqu’un avec de réelles bonnes intentions et qu’en une fraction de seconde, la discussion vire à la dispute? Combien de fois avez-vous tenté de formuler quelque chose qui vous dérange pour qu’au final l’autre personne interprète mal vos propos?

Voir le monde tel que nous sommes

Si les communications ne sont pas toujours efficaces, c’est principalement attribuable à notre façon de percevoir la réalité. Dans le livre « Les 7 habitudes des gens hautement efficaces », Stephen Covey (décédé le 12 juillet 2012), expliquait que nous avons tous une façon très personnelle de percevoir la réalité. Alors que certaines personnes admettent voir le monde exactement tel qu’il est, l’auteur affirme qu’au contraire, nous ne voyons pas le monde tel qu’il est, mais bien tel que nous sommes. « Lorsque je pense, objectivement, voir le monde tel qu’il est, ce conditionnement m’impose déjà des limites » car nous croyons que notre perception est juste et que celle des autres est fausse.

Seuls ceux qui ont l’humilité de reconnaître voir le monde tel qu’ils sont peuvent voir leur propre limite et ainsi développer leur curiosité d’aller vers l’autre et de développer le dialogue, afin de mieux comprendre leur perception du monde. Plus on cherche à comprendre les autres, plus on en apprend plus sur la vie. Ainsi, en parlant de nos différences, nous prenons conscience de ce qui nous était alors inconnu, mais aussi, nous reconnaissons l’autre en tant qu’individu.

Une fois que nous reconnaissons les limites de notre perception de la réalité et que nous cherchons à comprendre l’autre, nous pouvons alors développer la confiance et la coopération à travers le dialogue.

Imaginez être dans une situation de conflit. Lorsque vous croyez voir le monde tel qu’il est, votre perception de la réalité est plutôt limitée, vous ne cherchez pas nécessairement à comprendre l’autre, sa situation, ni ses motivations. Vous pouvez l’accuser injustement et envenimer la discussion jusqu’au point où il n’y a pas de solution. Selon le schéma ci-haut des Niveaux de la communication tiré de l’ouvrage de Covey, l’auteur situe ce genre de situation comme étant perdant/perdant. Le niveau de coopération et de confiance est assez bas.

Imaginez maintenant reconnaître les limites de votre perception et chercher à comprendre l’autre. Grâce à la coopération et à la confiance, vous apportez votre solution, l’autre apporte la sienne et en discutant, arrivez à un compromis où chacun perd un peu et gagne un peu. Personne n’est entièrement satisfait du compromis trouvé, mais tout le monde y gagne un peu.

La synergie

Lorsque deux ou plusieurs personnes cherchent une solution à une problématique et que ces personnes parlent avec courage et affrontent leur vérité, chacun se sent en mesure d’exprimer sa crainte. Ainsi, s’installe un niveau de compréhension mutuel inespéré. Parce que ce qu’il y a de plus personnel est ce qu’il y a de plus commun, plus vous êtes sincères sur vos sentiments et vos doutes, plus vos interlocuteurs seront touchés et interpelés par ce que vous exprimez. À ce moment, ils se trouvent suffisamment en sécurité pour s’ouvrir à leur tour et exprimer leurs craintes. De cette façon, chacun comprend l’autre à un niveau beaucoup plus profond, comprend ses craintes, ses attentes et ses espérances.

Grâce à ce niveau de compréhension supérieur, basé sur une réelle coopération et où la confiance est absolue, une communication synergique s’installe. La communication s’enchaîne alors comme une réaction en chaîne qui s’auto-entretient. Chacun échange son point de vue, certains parlent sans finir leur phrase et pourtant tout le monde comprend, les participants pensent à haute voix et sautent d’une idée à l’autre. Bref, les échanges deviennent plus sincères et plus profonds, tous apprécient les différences des autres et tous les participants prennent un réel plaisir à interagir.

Lorsque cette atmosphère est alors installée, la communication devient réellement ouverte, créative et est propice à laisser émerger des résultats extraordinaires. Lorsqu’ils se comprennent, les participants d’une telle discussion peuvent alors regarder pour une nouvelle option, une solution qui convienne à tous et qui soit meilleure que celles qui étaient proposées séparément. Cette étape, qui demande une réelle ouverture d’esprit, est la recherche d’une victoire commune ou tout le monde est gagnant. Cette nouvelle solution est bien plus qu’un compromis, elle est le résultat de leur synergie. Leur relation n’est plus une transaction, mais une transformation.

Au final, la communication synergique catalyse, unifie et libère le potentiel de chacun. Les rapports de deux parties constituent en eux-mêmes une troisième partie plus puissante. L’ensemble devient alors plus important que la somme de ses parties et la combinaison des possibilités aboutit à un plus grand résultat. La synergie est un modèle tourné vers la collaboration, la coopération et l’entraide. Peut-être pourrait-elle créer un nouveau modèle pour les générations à venir…

Source : COVEY, Stephen. 7 habitudes des gens hautement efficaces. 1996. Éditions FIRST. 318 p.

Exprimer nos émotions

L’émotion, qui se situe au cœur du fonctionnement relationnel­, forme le noyau du processus relationnel insatisfaisant. Si ses besoins sont généralement satisfaits, l’être humain vivra dans la joie et connaîtra la paix intérieure. Par contre, si l’un ou plusieurs de ses besoins fondamentaux ne trouvent pas de satisfaction, il ressentira des émotions désagréables telles que la peine, la colère, la jalousie ou la peur. Malheureusement, il est à la base de certaines croyances philo­sophiques ou religieuses de considérer l’émotion désagréable à vivre comme un monstre à fuir, à nier ou à réprimer dans toutes les circons­tances de la vie. 

L’émotion est un phénomène psychologique naturel qu’on ne choisit pas de vivre ou de ne pas vivre. Elle intervient spontanément et régulièrement dans nos relations avec notre entourage et avec notre environnement. 

Toute une gamme d’émotions agréables peut nous habiter quand on marche dans la nature, quand on observe un coucher de soleil ou une œuvre d’art, ou encore quand on se trouve en compagnie de quelqu’un qu’on aime. Mais l’émotion est bipolaire comme l’énergie humaine. Il y a chez l’humain deux pôles énergétiques qui se complètent et s’attirent. Détruire la polarité négative de l’énergie, c’est annihiler la positive. De même, écraser les émotions désagréables à vivre, c’est auto­matiquement diminuer l’intensité potentielle des émotions agréables. 

Quand je dénonce la répression de l’émotion, je n’entends pas par là qu’il faille se laisser submerger par elle, que nous devions la laisser nous envahir, nous dominer jusqu’à nous perdre. Il n’est pas plus sain de donner à l’émotion tout le pouvoir sur nos vies que de le donner à la raison. 

Je fais une distinction claire entre libérer sans discernement les émotions refoulées et être en mesure de les gérer et de les exprimer de façon responsable dans l’ici et maintenant­ de la relation. Il ne s’agit pas de refouler l’émotion présente, mais de l’accueillir, de l’identifier et de choisir de l’exprimer ou de ne pas l’exprimer sans toutefois verser dans la fuite défensive du vécu par peur du conflit, par peur de perdre ou de blesser. L’émotion vécue dans la situation présente a avantage à être exprimée, particulièrement dans les relations avec les personnes importantes dans nos vies : amis, amoureux, parents. Mais cela suppose que l’on soit dans un climat relationnel de confiance, en mesure d’être à l’écoute de son vécu et qu’on ne l’étouffe pas. 

Mais pourquoi étouffe-t-on certaines émotions, sinon parce qu’elles nous font peur et honte? 

En plus de souffrir psychiquement ou physiquement des émotions qui font mal, l’être humain doit ajouter à sa douleur la honte et la culpabilité qui l’empêchent de se manifester. En apprenant à réprimer les émotions dites « honteuses », il apprend, par
le fait même, à se laisser dominer par des principes et des croyances qui lui enlèvent sa liberté d’être. 

Lorsque l’émotion est écoutée, acceptée, exprimée, elle ne fait jamais de ravages. C’est pourquoi, au lieu d’apprendre aux gens à nier leurs émotions, je favorise l’écoute, l’acceptation, la reconnaissance et surtout l’expression responsable du vécu émotionnel dans l’ici et maintenant de la relation. Il est en effet facile d’exprimer l’émotion vécue dans une situation passée alors qu’on ne la ressent plus. Le plus difficile est d’être à l’écoute de l’émotion présente et de l’exprimer sans vergogne. En réalité, ce n’est pas l’émotion qui est menaçante, mais le fait qu’elle soit refoulée et exprimée de façon irresponsable et défensive. Celui qui attaque parce qu’il a été touché provoque chez l’autre l’attitude défensive, et celui qui se défend provoque l’attaque. Au lieu d’exprimer le vécu émotionnel qui entretient la relation et la communication, l’attaque et la défense ne servent qu’à couper, du moins temporairement, les liens relationnels et, à long terme, à détruire ce qu’au fond on veut construire. 

L’émotion n’est pas un monstre, encore moins une maladie honteuse à cacher. Elle est un phénomène naturel qui ne fait du tort que lorsqu’elle n’est pas entendue et respectée. La nier ou la provoquer, c’est ne pas suivre son processus naturel qui n’est jamais violent et jamais menaçant lorsqu’elle est écoutée et reconnue dans l’ici et maintenant de la relation et de la situation.

Communiqué important

Dernière édition de la revue Cheminement!

Cher lectorat,

Je signe mon dernier éditorial dans cette édition Hiver 2019-2020 qui arrive à point pour la nouvelle décennie. Cette édition est donc la dernière version papier de la revue Cheminement

La suite des choses se fera différemment. Dans une perspective à court terme, nos communications se feront principalement par le biais de notre INFOlettre mensuelle « ensemble vers le meilleur » et de nos communications dans les médias sociaux. Déjà, des milliers de visiteurs de partout dans le monde consultent le site Web de Cheminement chaque mois. Plus de 600 articles traitant de mieux-être et de santé globale y sont actuellement répertoriés. Ceux-ci proviennent d’une collaboration avec plus de 170 auteurs. Cette richesse d’information ne représente que 7 des 22,5 années de publication et de diffusion de la revue Cheminement en Outaouais.  

Au cours des prochains mois, avec l’appui de nos commanditaires et de nos bénévoles, nous planifions ajouter sur le site Web tous les articles qui auront été publiés au cours des 22,5 dernières années en y insérant la référence des auteurs. Ce riche répertoire d’articles et de conseils mieux-être restera accessible à la grande francophonie dans le monde et pourra être consulté en tout temps. Cette richesse d’information qui aura été diffusée au cours des années restera intacte. Et, comme le dit si bien l’adage : les paroles s’envolent, mais les écrits restent. 

Donc, cher lectorat, je vous encourage fortement à vous inscrire immé­diatement à notre INFOlettre mensuelle et à nous suivre sur la page Facebook de Cheminement si vous souhaitez ne rien manquer de nos communications futures. L’inscription est simple : trois champs d’information à remplir dans le formulaire qui se trouve sur la page d’accueil du site Web de Cheminement à www.cheminement.com. C’est gratuit, et votre information personnelle ne sera pas partagée.

Cette longue aventure qu’a été la création des 118 éditions de la revue aura été une expérience riche en échanges et en collaborations. Mon intention au cours de ces années a toujours été animée par ce souhait profond de contribuer au meilleur de notre parcours évolutif. 

Mon pacte avec l’Univers était de produire un véhicule d’information (une revue) accessible qui contribuerait à l’éveil de la conscience humaine pour le bénéfice du plus grand nombre. Toute une communauté vibrante de gens en Outaouais a été au rendez-vous dès le départ. Je remercie de tout cœur ces nombreuses personnes qui ont pris part à cette belle réalisation et aventure évolutive qui restera inscrite et préservée sur le site Web Cheminement.com. Le travail a été bien fait. Ensemble, nous avons accompli cette mission. Mille fois bravo! L’information qui s’y trouve pourra désormais continuer de rayonner tout en ayant une certaine influence bienveillante sur la francophonie du monde entier. 

L’entrée dans cette nouvelle décennie que je qualifie « du voir et du faire autrement » n’est que la suite du parcours collectif que nous avions jadis planifié de suivre ensemble. 

Pour la suite des choses, que le meilleur soit!

Le piège de la rationalisation de nos émotions

La rationalisation est un méca­nisme défensif qui consiste à faire appel inconsciemment à la raison pour résoudre des problèmes d’ordre émotif ou affectif. Autrement dit, nous rationalisons parce que nous avons peur de l’émotion qui surgit et que nous n’acceptons pas de la laisser vivre. C’est un des mécanismes de défense les plus utilisés dans les relations humaines. En effet, il bloque le processus relationnel parce qu’il décroche l’individu de son vécu et de lui-même.

Comment se manifeste la rationalisation? Nous utilisons inconsciemment ce procédé défensif lorsque nous contenons nos émotions pour entrer dans la justification, la généralisation, l’explication, l’intellectualisation, la morale. Il y a, dans certaines manifestations de la rationalisation, une tendance à exercer un pouvoir sur l’autre; en effet, celui qui généralise et inter­prète se présente très souvent comme le détenteur de la vérité. La rationalisation exprime aussi un certain manque de confiance en soi. L’émotion étant le cœur du processus relationnel, il est évident qu’exprimer ses émotions, par le fait même, manifester son essence et sa différence, ce qui suppose une capacité à s’aimer assez pour être à l’écoute de soi et à se reconnaître suffisamment pour se manifester tel que l’on est dans sa subjectivité profonde. 

L’intervention de la raison a, bien sûr, sa place dans toute démarche d’organisation, de structure, de pla­nification, de conscientisation sans lesquelles notre vie serait chaotique, désordonnée, déréglée. Toutefois, dans le monde des émotions, qui ne relève pas du domaine de la raison, elle n’est utile que pour nous aider à comprendre notre structure relationnelle, et surtout pour nous permettre de comprendre notre vécu émotif dans l’ici et maintenant de la relation. Dans ce dernier cas, la raison travaille en harmonie avec l’émotion plutôt que de se couper d’elle par la rationalisation. En tant qu’intervention défensive, la rationalisation a pour effet de fausser la réalité, de déplacer la cause des problèmes et de couper, du moins pour un certain temps, les liens de la relation. 

Un autre danger de la rationalisation est qu’elle peut nous conduire dans des systèmes qui nous servent de croyances. Parfois, à force de justifications et d’explications, nous nous servons à nous-mêmes et aux autres des arguments rationnels que nous finissons par croire et par prendre pour des vérités absolues. Certaines personnes, dans le but de fuir l’émotion qui les fait souffrir, finissent par se faire croire à elles-mêmes, par exemple, qu’elles ne sont pas émotives, qu’elles n’ont pas besoin d’amour ou qu’elles n’ont peur de rien, ou même qu’elles ne sont pas du tout défensives. Cette attitude les rend rigides, fausses et impersonnelles et rend impossible toute relation authentique.

Pour échapper à la souffrance, l’humain utilise plusieurs moyens de rationalisation. Lorsqu’ils inter­viennent de façon inconsciente, c’est-à-dire en tant que mécanismes de défense, les moyens de rationalisation ont un effet positif temporaire parce qu’ils favorisent la servitude plutôt que la libération. C’est le cas de toutes les techniques qui ont pour objectif la maîtrise des émotions. Ces techniques de rationalisation ont le même effet sur la relation que la plupart des médicaments chimiques sur le corps. Elles anesthésient la douleur pour un temps, mais n’en travaillent pas la cause. Les techniques de maîtrise du vécu émotif et de pensée positive, de même que certaines pratiques de nature spirituelle, ne sont d’un secours inestimable que si elles ne sont pas utilisées en tant que systèmes défensifs de rationalisation de la souffrance, mais comme moyen de création. Autrement, elles coupent l’individu de lui-même et lui enlèvent la possibilité de mieux se connaître et de découvrir la puissance libératrice et créatrice de son monde émotif. 

Les exemples de rationalisation sont nombreux. Chaque fois qu’on géné­ralise, qu’on moralise, qu’on interprète les autres, qu’on se justifie ou qu’on sent le besoin de s’expliquer dans une situation porteuse de conflit, on perd contact avec le vécu et, conséquemment, avec l’autre. La rati­onalisation, bien que personne n’y échappe, mérite d’être conscien­tisée afin d’assurer des relations vraies, saines, intenses et longues. Les difficultés relationnelles naissent en grande partie d’attitudes défensives qui coupent la communication.

Parlez-vous de cœur à cœur

J’ai toujours insisté pour approfondir les choses. Dans ma relation amoureuse, je ne suis jamais restée avec des non-dits. Je crois que certains couples seraient encore ensemble s’ils s’étaient exprimés leurs malaises à mesure qu’ils les vivaient sans accuser l’être aimé. Quand quelque chose me dérangeait, me blessait ou m’insatisfaisait, il fallait que je le dise, même si je craignais de créer un conflit; même si j’avais peur du rejet, du jugement, de la culpabilité ou de l’humiliation, de la souffrance et même si je savais que mon conjoint aurait préféré que je me taise et que j’oublie. Je continuais à investir dans la communication tant et aussi longtemps que je ne me sentais pas entièrement en harmonie avec moi-même et avec lui.

Être en harmonie, c’était m’assurer de la satisfaction de nos besoins réciproques, vérifier que nous avions été bien entendus tous les deux. Parfois, à cause de nos blessures et de nos défensives, le défi était de taille. Nous avons connu des impasses. Nous nous sommes fait aider. Je ne voulais rien laisser en suspens. Je ne voulais pas d’une relation tiède basée sur la tolérance et le refoulement. Je savais trop bien que la tolérance et le refoulement créent des distances ou provoquent des crises de nerfs quand le vase est trop plein. Avec le temps, j’ai appris à devenir plus responsable et, surtout, à m’excuser de mes torts ou de mes paroles blessantes, parce que trop défensives.

J’ai appris aussi que, si je ne m’occupais pas de mes malaises, je n’étais pas heureuse, parce que je nourrissais du ressentiment envers mon amoureux. J’ai compris qu’il fallait que je compose avec mes peurs pour mieux les dépasser, parce que les refoulements accumulés tuent l’amour.

Selon moi, la meilleure façon de vous investir dans votre relation amoureuse consiste à ne jamais garder d’insatisfactions sur le cœur sous prétexte de maintenir la paix; de ne jamais laisser une blessure ouverte ou de ne jamais rester avec des problèmes non résolus en vous disant que le temps arrangera les choses ou en vous imaginant qu’en faisant l’amour tout s’effacera. J’ai vu des couples qui avaient une excellente vie sexuelle et qui ne sont plus ensemble aujourd’hui.

Votre conjoint doit être votre meilleur ami. Donc, vous investir, c’est lui parler de vos malaises et de vos besoins en choisissant le moment approprié et la manière responsable de vous exprimer. Parfois cela suppose que vous preniez un moment d’introspection avant de lui parler. Parfois, vous aurez besoin d’aide, mais il importe de ne pas abandonner et de ne pas vous abandonner. Surtout, ne vous contentez pas des miettes en amour pour éviter la chicane. Certes, cela vous demandera un effort. Vous devrez surmonter des peurs, mais, à long terme, vous verrez que l’effort en vaut la peine, croyez-moi.

La communication authentique n’est pas seulement souhaitable pour prendre soin de votre relation de couple. Elle s’avère essentielle. Elle est l’oxygène de la vie à deux. C’est donc dire que si vous n’arrivez pas à vous parler sans exploser ou vous fermer, apprenez à communiquer. Inscrivez en priorité, dans vos projets communs, des cours de communication, une thérapie de couple ou la lecture à deux d’un bon livre sur le sujet. Si vous êtes vraiment engagés dans votre relation amoureuse, ce qui est indispensable à sa réussite, prenez en soin.

– Ne refoulez pas vos malaises.

– Parlez-vous tous les deux de cœur à cœur sans accusation et sans reproche.

– Exprimez clairement vos besoins.

– Reconnaissez vos erreurs et excusez-vous quand vous avez blessé l’autre.

– Surtout ne vous contentez pas d’une relation tiède.

Tous connectés

Jamais le monde n’a été si petit. L’ère moderne des communications permet un rapprochement sans pareil des êtres humains de toute origine. Collectivement, nous ressentons les joies et le bonheur des gens de partout comme nous compatissons avec leurs drames et leurs malheurs. Des liens intimes se créent. Essentiellement, nous aspirons tous au bonheur.

Selon l’étude évolutive biologique de l’espèce humaine, l’homo sapiens que nous sommes serait actuellement dans une ère d’unification. Selon Yuval Noah Harari, auteur, historien et professeur d’histoire à l’Université d’Oxford, il semblerait que c’est notre destinée d’évoluer vers l’unification. C’est donc l’humanité entière qui évoluerait vers la conscience que nous sommes UN, tous unis et partageant en quelque sorte une biologie et une culture communes. Dans son livre Sapiens, il illustre d’une façon très imagée le parcours évolutif des 70 000 ans de l’homo sapiens. Tel un gros casse-tête, il rassemble habilement tous les segments évolutifs de notre histoire, de nos origines à aujourd’hui. Ce qui est demeuré un concept et une aspiration existentielle pour plusieurs est maintenant le chemin de l’unité sur lequel nous sommes en ce moment.

Selon le point de vue des sciences symboliques et de l’étude du mouvement des astres, nous entrons actuellement dans cette ère nouvelle tant attendue qui, selon l’astrologie, élèvera la conscience humaine vers la réalisation et la conscience que nous sommes tous connectés. Et, en ce moment, nous serions plus que jamais convoqués à cheminer vers le centre de nous-mêmes pour mieux se reconnaître et mieux se choisir pour intervenir avec intégrité dans le monde en pleine évolution où tout est devenu possible. Le futur proche est donc maintenant : il est rempli de nouvelles possibilités où l’intervention de chacun pourra contribuer positivement à cette nouvelle conscience unificatrice pour le meilleur de tous.

Est-ce qu’une des forces contribuant à l’accélération du mouvement vers cette grande union humaine se manifestera dans la prise de conscience de notre confrontation commune aux drames environnementaux qui nous affectent tous?

L’environnement est en péril : sa grande diversité et son équilibre sont menacés. La poussée vers la nécessité d’intervenir tous ensemble n’a jamais été aussi déterminante. Est-ce que ces enjeux seraient le terrain sur lequel se développera cette grande unification de l’humanité vers un monde meilleur? La réponse est incertaine, mais ce que nous choisirons de faire individuellement n’est certainement pas négligeable, ne serait-ce qu’un geste aussi petit soit-il.

Toujours selon Yuval Noah Harari, la grande force de l’homo sapiens qui a su se différencier et éventuellement régner sur les autres espèces au cours de l’évolution en devenant maître d’œuvre n’a pas été sa force physique, mais bien son sens d’initiative, la coopération et la collaboration. Ce sont ces habiletés qui ont propulsé l’être humain dans les mouvements évolutifs marquants de l’histoire. Jamais n’avons-nous été si près d’une coopération et d’une collaboration aussi grande.

Il semblerait qu’il y ait devant nous tout un nouveau monde en devenir.

Bonne santé et bon printemps 2019 à tous!