La compagnie et la tendresse d’un animal : pourquoi pas?

Il y a deux types de personne sur terre : celles qui aiment les animaux et celles qu’ils laissent indifférentes. C’est aussi fondamental que le choix d’une couleur. Parmi ceux qui aiment les animaux, il y a ceux qui préfèrent les chats, alors que d’autres préféreront les chiens, les oiseaux ou les poissons. Bref, il y a autant de choix que de couleurs dans l’arc-en-ciel. Qui n’a pas entendu parler du fils américain « Birdman of Alcatraz » qui montre le rapport bénéfique d’un prisonnier avec ses oiseaux. Des films comme Lassie, The Horse Whisperer, Dr. Dolittle, Babe et finalement Beethoven démontrent bien ce lien que nous entretenons avec le monde animal et la fascination que celui-ci exerce sur nous.

Certaines recherches ont démontré que les personnes qui sont propriétaires d’animaux vivent plus longtemps et ont une meilleure qualité de vie (Paquet : 1997). L’animal est une présence vivante, une compensation sociale et affective, un trait d’union vers l’extérieur et stimule le maintien de la vigilance et de l’autonomie (Boissay : 1992). Par ailleurs, plus de 50 % des foyers canadiens ont parmi les leurs un animal domestique et, pour plusieurs, l’animal est comme un membre de la famille. Nous n’avons qu’à constater le grand nombre de gens qui donnent des noms humains à leur animal de compagnie, qui en célèbrent l’anniversaire et finalement qui lui parlent comme on parle à une autre personne.

Les animaux nous permettent de prendre contact avec notre innocence. Avez-vous déjà remarqué comment les gens qui parlent à leur animal parlent comme s’ils parlaient à un bébé. Ils chuchotent, utilisent des mots d’une ou deux syllabes et font preuve d’énorme délicatesse.

Plusieurs personnes sont privées de rapports sociaux essentiels à la vie. De plus en plus de personnes vivent le célibat, le veuvage ou le divorce. Même dans la vie de couple, plusieurs vivent des expériences d’infertilité, d’insécurité financière ou encore le départ des enfants de la maison. Cela dit, plusieurs personnes se retrouvent seules dans la vie. L’animal est un merveilleux substitut pour ces besoins non comblés…

En nous inspirant d’ouvrages scientifiques, il nous est possible de reconnaître neuf avantages reliés au fait de posséder un animal (Ravary : 1993) :

  1. Un animal atténue le sentiment de solitude, ce qui en retour réduit les effets néfastes de la solitude, soit la dépression, la malnutrition, etc.
  2. L’animal procure un sens de responsabilités. Les gens se sentent plus utiles dans leur vie grâce à leurs obligations envers un être vivant.
  3. L’animal oblige son propriétaire à respecter un horaire d’exercice, que ce soit de jouer avec le chat, de nourrir les oiseaux ou les poissons, ou bien de promener le chien. Le fait d’accomplir certaines tâches reliées à l’entretien des animaux aide les gens à faire de l’exercice.
  4. L’animal est une source de stimulation tactile ou sensorielle. Flatter, caresser, regarder un animal aide à faire diminuer la tension artérielle et le niveau de stress. Parler à un animal, contrairement à la conversation humaine qui peut être source de tension, peut permettre de contrer l’angoisse, la dépression et la haute pression.
  5. L’animal amène les gens à regarder ailleurs qu’en eux-mêmes. En effet, les animaux favorisent le contact avec l’extérieur. Ainsi, c’est en parlant avec ses oiseaux qu’une personne peut se sortir d’elle-même et entretenir des liens avec d’autres êtres vivants.
  6. Un animal est un élément de continuité dans la vie. Rares sont les animaux qui nous quittent. Ils ne se marient pas, n’étudient pas à l’extérieur, ne nous divorcent pas. Ils mourront, comme tout être vivant, mais ils vivront toute leur vie avec le même maître, en toute loyauté.
  7. L’animal est une source de sécurité sur le plan affectif et émotionnel.
  8. Les animaux fournissent un sujet de conversation « neutre », qui aide les gens à communiquer entre eux.
  9. Les animaux sont amusants et nous font rire.

Il est évident que les animaux, ce n’est pas pour tout le monde! Il y a évidemment les personnes allergiques et les gens phobiques pour qui les animaux, bien que mignons, soient une source de tension. Pour ceux qui peuvent en bénéficier, la présence d’un animal ajoute de la couleur dans la vie et constitue un plaisir quotidien.

En conclusion, l’animal est une solution idéale pour alléger certaines difficultés. Car il offre l’innocence, la disponibilité, la loyauté, l’affection et la générosité qui nous font si souvent défaut dans la vie moderne. Un animal, dans un monde bête, ce n’est pas bêtes!!!

Les vertus thérapeutiques des animaux sur les humains

De plus en plus d’humains éprouvent des difficultés à s’adapter à notre monde en mutation où la productivité et la vitesse prédominent sur la qualité de vie. L’animal de compagnie représente la constance et la stabilité. Il devient un havre de paix où il fait bon se réfugier pour savourer l’instant présent. Le contact avec un animal nous transporte dans un monde de paix et contribue à diminuer le stress envahissant de la vie quotidienne.

L’animal joue un rôle significatif dans la vie des humains dès la petite enfance. En stimulant son monde imaginaire, en éveillant sa curiosité et en développant son empathie, il favorise le développement cognitif, affectif et social de l’enfant. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’animal est utilisé comme moyen thérapeutique par exemple dans les milieux hospitaliers auprès d’enfants souffrant de cancers ou de troubles envahissants du développement.

L’animal, par son amour inconditionnel répond à plusieurs besoins : le sentiment d’être utile et important, le besoin de sécurité, plaisir de donner, le goût du jeu, la stimulation du sens du toucher et l’activité physique. Le chien est également un facilitateur social : les personnes qui se promènent avec un chien socialisent plus facilement avec les autres.

Les gens qui vivent avec des animaux ont plus de chance de conserver leur santé ou de récupérer en cas de maladie. Il est connu que les personnes âgées vivent moins d’isolement, ont une plus grande vivacité d’esprit et sont plus actives. Elles jouissent d’une meilleure santé, consomment moins de médicaments et leurs visites médicales se font plus rares. Plusieurs études ont démontré que le seul fait de flatter un animal diminue le rythme cardiaque, la pression artérielle, le taux de cholestérol.

À mesure qu’une personne prend de l’âge, l’acuité des sens diminue à l’exception de celui du toucher qui a tendance à s’accentuer, surtout en période de deuil ou dans un contexte de grande solitude. Les personnes âgées, en bénéficiant de la présence d’un animal, peuvent satisfaire leur besoin tactile.

Plusieurs statistiques nous révèlent que la qualité de vie des personnes âgées en institution est grandement améliorée grâce à la présence d’un animal de compagnie qui a pour effet de combler un vide et d’égayer leur quotidien tout en les maintenant alertes. Même les patients atteints de la maladie d’Alzheimer peuvent grandement bénéficier du contact d’un animal. Les personnes en stade avancé de la maladie sont souvent alitées. Elles ne peuvent presque plus bouger et leur discours est incohérent. Elles sont isolées des autres et repliées sur elles-mêmes. En zoothérapie, on cherche donc à leur offrir un contact affectif par le biais de la communication non verbale. La fourrure de l’animal contre la peau procure l’émergence d’émotions. On peut voir que l’animal rejoint la personne au niveau du cœur quand on voit le visage de la personne s’illuminer et ses yeux pétiller.

On pourrait croire qu’une plus grande intégration d’animaux domestiques dans les centres pour personnes âgées pourrait contribuer à diminuer la consommation de certains médicaments dont les anxiolytiques et même prévenir la dépression.

Tout est étroitement lié

« Vous ne voyez pas le monde tel qu’il est. Vous le voyez tel que vous êtes. » Talmud

La plupart des gens, la plupart du temps s’imaginent que la spiritualité se trouve dans « l’au-delà ». Mais il n’en est rien. C’est en nous. Tout est étroitement lié.

Il ne s’agit pas de se déconnecter de sa vie, mais plutôt de se reconnecter avec soi!

Il y a de ça quelques années, entièrement rompue, j’envisageais le suicide comme l’ultime solution. Une petite voix intérieure me répétait sans cesse mon diagnostic : « j’ai mal à l’âme ».

N’ayant aucune autre solution pour ce genre de mal, mon médecin me proposait des antidépresseurs afin de faire taire cette voix. Je me disais que de couper le son du système d’alarme n’éteindrait pas les braises qui me grugeaient de l’intérieur.

Je ne souhaitais pas « geler mes malaises » ni les « stabiliser »; je voulais plutôt les guérir.

Ou mourir.

J’avais un grand nombre de bonnes raisons de ne pas vouloir me diriger vers les démarches conventionnelles de psychanalyse ou de psychothérapie. De plus, je ne connaissais personne pouvant m’affirmer que ces démarches les avaient véritablement aidés.

Je ne pouvais aucunement envisager une démarche longue et laborieuse afin de pouvoir aller mieux. Je n’en avais pas les ressources énergétiques pour le faire.

J’ai fait une sorte de prière affirmant à la vie et à mon âme que j’étais prête à rebondir, à sortir de l’impasse.

Je sais aujourd’hui que nous avons tous ce libre arbitre de choisir ce que nous souhaitons vivre.

À la suite de ma demande, « par hasard » (comme si le hasard existait), on m’a proposé la pratique de méthodes énergétiques et méditatives afin de trouver la guérison.

Je me suis accrochée à ces méthodes excessivement efficaces comme on s’accroche à une bouée de sauvetage. J’avais alors besoin de me reconstruire et de respirer dans tous les sens du terme. J’ai combiné ma démarche avec quelques consultations en hypnose clinique. J’en ressentais les bienfaits instantanément. Chaque fois que je sortais de ma consultation, on me disait : « Tu as l’air bien aujourd’hui! ». Cela me redonnait de l’espoir.

Aujourd’hui, j’affirme avec plaisir que je me sens 15 années plus jeune qu’il y a quinze ans!

Lorsque le corps va bien, le cœur est content et la tête est légère. Un peu comme si je roulais dorénavant avec une bicyclette dont la chaîne est bien engrangée dans les rouages. Un sentiment de plaisir et de liberté me permet de bouger avec un effort moindre dans la vie. Cela devient une belle expérience, car elle se combine avec la conviction de faire partie intégrante de ce grand mouvement énergétique qu’est la vie.

La vie n’est qu’une succession de causes et d’effets. Un mouvement continu rempli de surprises.

Les méthodes efficaces de méditations et de pratiques énergétiques permettent la sécrétion de sérotonine naturelle sans les effets secondaires liés à la médication.

Je suis maintenant dans la satisfaction de vivre tout simplement. Plus proche de la nature; dans l’instant et non plus dans les scénarios imaginaires remplis d’horreurs et d’injustices. Toute ma philosophie de vie a changé. Je suis même capable de remercier ceux qui m’ont permis de vivre des difficultés pour m’aider à grandir.

Aucun maître véritable ne vous dira de ne pas écouter le corps, de le malmener, de ne pas le respecter.

Notre corps est le premier endroit dans lequel nous habitons. Il est donc prioritaire.

Il est aussi l’expression matérielle de nos pensées et de nos émotions.

L’au-delà est en nous.

Les réponses à la guérison s’y trouvent.

C’est ce que démontrent certains scientifiques tel que Mario Beauregard, auteur du livre « Du cerveau à Dieu ».

Lorsque le corps va mal, il est tendu, la tête est pleine d’énergie d’agitation, tout nous semble ardu.

Lorsque le corps va bien, il est détendu et le cœur est dans une énergie d’action. C’est plus facile.

J’ai marché longtemps, les poings serrés dans les poches, martelant de mes pieds le macadam comme s’il était responsable de mes difficultés.

Avec mes pratiques énergétiques, ma démarche s’est adoucie parce que je me suis mise à me détendre. J’ai ouvert les mains, me suis amusée à les faire bouger dans l’air libre. J’ai aussi détendu mon dos, mon cou et mes épaules aidée par des mains professionnelles. J’ai levé la tête, et j’ai vu une lumière magnifique inonder la ruelle que je croisais depuis des années sans la voir.

Mais où étais-je donc avant pour ne pas voir toute la subtilité et la beauté de cette lumière?

Le reste de l’expérience peut alors devenir délice.

C’est parfois la montée du Kundalini qui confirme que tout va bien.

Respirer avec la vie

Plusieurs d’entre nous vivent comme des automates, comme des brindilles virevoltant au gré des humeurs de leur agenda, laissant les aléas du quotidien décider s’ils seront heureux ou malheureux de leur journée.

De par cette quête incessante de la « réussite », ce mode de fonctionnement s’est répandu. Au fait, de quelle réussite parlons-nous, car peu de gens semblent vivre de la satisfaction. En étant à l’écoute, on peut percevoir un vide quasi constant s’exprimant lors de nombreux échanges. Ces derniers, arrivés à un palier, sans en goûter les fruits, repartent à la conquête d’un nouveau sommet. Tout en mobilisant leurs énergies afin de conquérir l’ultime station supposément nommée « bonheur », se préparant à une vénérable retraite, le jour où ils prendront le temps de vivre.

Ils font leur parcours en retenant leur souffle afin de ne rien louper, ne rien perdre, espérant enfin « trôner » sur leur acquisition. Ont-ils tout prévu? Tout contrôler? Tout planifier? Voilà, leurs préoccupations. Ce tourment engendre des désordres, de la maladie, de la dépression, des dépendances, etc.

Et pourtant, un bref regard sur l’origine de la vie nous démontre qu’elle nous offre un monde matériel (corps), un monde psychique (l’âme) et un monde spirituel (esprit).

La physique quantique moderne indique que tout est relié. Qu’un flux de changement perpétuel est à notre portée. Que tout est relatif. Que notre vision limitée, tentant d’orchestrer, cristalliser les événements à notre façon, engendre une discontinuité. Mets un « frein », « ralentit » et même bloque le changement. C’est ainsi que nous nous asphyxions.

Nous pouvons donc raisonnablement penser que la première vocation de l’humain est de développer sa capacité d’adaptation. Pour ce faire, à nous de choisir de respirer avec la vie.

Ce mouvement par lequel lors de l’inspiration, nous accueillons consciemment ce qui se présente à nous en disant implicitement : « J’accepte ce qui est. J’y communie même si je me sens sollicité. Je vais pas à pas avancer en faisant de mon mieux. ».

À l’expiration, nous nous proposons avec tout ce que nous sommes maintenant. Avec notre potentiel, notre devenir, prêt à s’ouvrir, à se modeler au fil des expériences vécues.

La vraie vie est principalement fondée sur l’expérience acceptée, parcourue, traversée. Ne sacrifions pas notre unicité, notre devenir au profit d’une pseudo sécurité.

Déjà, nous apprivoisons bien que très maladroitement parfois le monde matériel, le monde psychique, mais beaucoup nient le monde spirituel.

Cette culture moderne qui préconise « j’suis capable tout seul » amène l’humain à se donner des pouvoirs inconciliables avec sa nature intrinsèque. Ce modèle le condamne à vivre morcelé. Il a perdu le sens du sacré et vit amèrement au lieu de bénir chaque moment. Il n’est pas conscient que s’il peut encore partager, aimer, vibrer, vivre, c’est que le souffle l’anime seconde après seconde.

La sagesse intérieure illumine nos expériences. Elle contribue à notre bien-être. Participe à la confiance que nous déployons quotidiennement, dans la certitude d’être accompagné et guidé, face à notre parcours.

Le silence est porteur de tant de richesse et de guidance. Ce sont dans ces moments privilégiés que l’on peut s’ouvrir et se laisser ensemencer par le souffle. Nous sommes nés libres, rien ne nous sera imposé. Ce grand « oui », à nous de l’initier.

Faire abstraction du monde spirituel, condamne l’humain à végéter parce que non fécondé.

Un poète écrivit : « l’existence est une mer sans cesse pleine de vagues. De cette mer, les gens ordinaires ne perçoivent que les vagues. Vois comme des profondeurs de la mer d’innombrables vagues apparaissent à la surface, tandis que la mer reste cachée dans les vagues. ».

L’aventure sacrée de la vie se propose à nous, respirons-là à pleins poumons.

Photo 101 : Se permettre du noir et blanc

Nous nous souviendrons du temps gris et des pluies abondantes du printemps 2011. C’était parfois difficile pour le moral. Je me suis même aperçu que la température m’affectait. Période d’ermitage, d’isolement. Petite déprime. Manque de motivation. Et comme je clique à tous les jours de l’année en participant au Défi photo 365, les changements d’humeur sont « visuels » et bien perceptibles. Consciente de tout cela, tout en ayant confiance que le soleil allait bientôt revenir, je me suis amusée à trouver des symboliques photographiques. Période sombre, période de lumière. Explorons.

Univers gris

L’intérieur peint de pluie et de gris, mon œil n’avait plus envie de regarder la vie en couleur. Il ne la voyait plus en fait. Comme si mon cœur et mon doigt, normalement alignés, eux qui appuient sur le déclencheur de mon appareil, s’étaient éteints. Panne de courant. Tout était désaturé. C’est au jour 153 du Défi que j’ai décidé d’explorer visuellement ce que je vivais depuis quelques semaines. Ici, des fleurs, du muguet. Petites clochettes blanches, tiges et feuilles très vertes… Et si je les montrais en noir et blanc? Ce serait inattendu! Désaturées, transformées, question de refléter mon état. Une nouvelle expérience sensorielle? On perd certains sens, on ne les voit plus d’un même œil. Ici, on a presque l’impression qu’elles sentent moins bon. Leur parfum de miel s’est un peu dissipé. Leur douceur s’est durcie. Est-ce une illusion ou le ressentez-vous aussi? En noir et blanc, je regarde les courbes, la grâce. Les tiges alignées. L’unité. La cohésion du groupe. La douceur dans l’essence. Du muguet, oui, même en noir et blanc, pourquoi pas! L’idée symbolique d’associer le noir et blanc à une période plus sombre de sa vie.

L’obscurité aspire ou inspire?

On m’a dit que ce côté mélancolique et blasé, que l’on associe souvent aux artistes, est très « occidental », que c’est en quelque sorte « bon » ou « accepté » par la société que les artistes soient déprimés, qu’ils aient du vague à l’âme. « Les artistes eux, ils ont le droit. » Alors qu’en Orient, si j’ai bien compris, les peintres ou autres artistes seraient encouragés à présenter des œuvres réalisées dans un état d’esprit serein, méditatif et empreint de joie. Je ne connais pas la source de cette idéologie, alors je peux me tromper, mais ce concept est tout de même intéressant. On s’entend que du Baudelaire ou de la musique « country », ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus joyeux, ça peut être triste, dramatique, agonisant! On aime ou on déteste, mais c’est tout de même de l’art! Donc le fait de puiser dans la noirceur de notre être a toute une puissance d’innovation, une raison. C’est fascinant.

Qu’est-ce qui vous inspire le plus en création? Les moments joyeux ou les peines d’amour? Les regards d’enfants ou la sécheresse? Les mariages heureux ou le documentaire désolant? Peu importe. Vous avez raison. Affirmez-vous. La photographie est un médium d’expression exceptionnel qui nous permet de démontrer toutes ces facettes de la vie. Nos choix de scènes ne sont qu’un reflet de ce qui se passe à l’intérieur de nous ou de ce que nous cherchons à éviter à tout prix. Si je crois que la dépression est « mauvaise » en soi, je chercherai à montrer des scènes joyeuses dans mes photos. Si je crois que les scènes de bonheur extrême sont fausses, je me dirigerai vers le documentaire réaliste. Si je ne suis pas confortable avec mes propres émotions, j’irai peut-être explorer des sujets plus cérébraux. Ces exemples sont des extrêmes, mais l’idée est là. Qui suis-je comme photographe? Quel est l’état d’âme que je décide d’afficher? Apprendre à se connaître par les scènes que l’on se permet de prendre en photo. Le Défi 365 me fait réaliser que j’évite un bon nombre de sujets, je reste le plus souvent dans un connu confortable. Le beau, le gentil, le mignon… Mais si on est déprimé, il y a ce conflit intérieur qui n’a plus envie de montrer tout ce qui est positif tandis que d’autres, à l’inverse, se poussent à l’extrême pour y arriver quand même. Quel est votre mécanisme face à la noirceur et au manque d’inspiration? Et quand pour une raison ou une autre, les choses changent, le goût à la vie revient, que se passe-t-il…?

Et quand la couleur revient

Ah! Les étoiles dans les yeux sont revenues? Lumières de Noël! Bonbons! Sourires d’enfants! Champs de lavande! Chiots dans un panier! Bonjour!

Quand le soleil est revenu, à l’extérieur comme à l’intérieur, quel soulagement. Je n’avais plus assez de secondes dans une journée pour tout montrer ce que je voulais montrer!! Mes photos et mes textes reprenaient vie, enfin. Trop de choses, mes yeux étaient excités, stimulés, les couleurs soudainement tellement plus vives! Puis, je me suis souvenue de mon épisode d’obscurité. Avec du recul. J’ai eu de la gratitude. Mes yeux s’étaient reconnectés à mon cœur, puis à mon doigt qui clique, mais je pouvais maintenant comparer deux états, celui d’ombre, celui de lumière. Je pouvais maintenant apprécier.

« La nuit n’est qu’une partie du jour. » Traduction libre – Paulo Coelho

Pourquoi je vous dis tout ça? Je n’ai rien inventé avec ce concept, mais le message que j’ai envie de passer, est d’embrasser à part entière la personne que nous sommes. Avec nos hauts et nos bas. C’est le Yin et le Yang. Si tu ne connais pas la nuit, tu ne connais pas le jour. Le blanc existe par le noir. Le bon existe par le mal. Ce ne sont que des états de passage. Puis pourquoi ne pas explorer notre médium photo à travers toutes ces phases humaines et émotives.  Ça peut être tellement riche. Thérapeutique ! S’efforcer de prendre en photo ce que nous n’aimons pas voir. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. Il s’agit d’être conscient de ce que nous vivons, et d’apprécier où nous sommes dans notre démarche personnelle. Déprimé ou pas.

Et si notre propre noirceur était présente pour nous amener à mieux apprécier la lumière quand elle revient? Et si notre noirceur était une source incroyable de créativité et d’exploration? …Plusieurs gens s’interdisent de vivre de la noirceur, la nient, la repoussent, et surtout ils s’interdisent d’en parler aux autres de peur d’être jugés. Elle fait peur, c’est une mal aimée de notre société, mais elle est importante. Selon moi, la noirceur est un dénominateur commun chez les gens, elle nous rassemble. Elle est. Elle est là. Elle est là pour nous rappeler comment la vie est belle. Pour nous rappeler comment la vie, en couleur ou en noir et blanc, a de multiples facettes, ni meilleures, ni bonnes ou mauvaises. Pour voir ces facettes, nous devons avoir confiance!

« Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont. Nous les voyons telles que nous sommes. » Traduction libre – The Green Children

Avoir confiance

Marcher dans le noir n’est pas agréable, mais il faut avoir confiance. Dans la seconde qui passe, je vois noir, mais j’ai la certitude que dans un futur rapproché, je verrai la couleur ou la lumière. Croire. S’autoriser. Se donner le droit. Se donner le droit de voir en noir et blanc de temps en temps. Être humain, dans toute sa splendeur, sa folie, son absurdité, sa confusion, son bien et son mal-être, c’est ça la vie! Remercier nos périodes d’ombre, pour mieux apprécier la couleur quand elle revient. Se permettre du noir et blanc…tout simplement!

Je vous souhaite un très bel été.

Journées nuageuses dans l’astral

Il fait froid, la pluie nous transite depuis une semaine. Aujourd’hui, le ciel est encore gonflé de cette substance aqueuse et grise. La déprime nous assombrit et on rêve à des jours ensoleillés et meilleurs.

Pourtant, la lumière est bien là infiltrant la couche nuageuse et nourrissant la terre.

Puis, un matin un reflet doré chatouille les persiennes, glisse le long d’une lamelle et se heurte sur le cristal posé sur la commode, soudain, dans un coin sombre de la chambre, naît un minuscule arc-en-ciel. La joie remplit déjà notre cœur, nous nous empressons d’ouvrir les fenêtres et les portes, les enfants se précipitent à l’extérieur pieds nus dans l’herbe perlée du matin.

Nous sommes à la merci des caprices de Mère Nature et profitons du moindre cadeau qu’elle daigne bien nous faire. Mais sommes-nous réellement l’otage de la nature? Se pourrait-il que nous y soyons pour quelque chose?

Dans l’invisible, là où se côtoient les créations les plus belles et les plus horribles, là où s’accumule le sombre nuage de nos illusions, les énergies, qui se nourrissent de nos pensées, donnent forme dans les matrices du mirage, à nos désirs : la richesse qui, par enchantement éliminera tous nos problèmes, l’argent qui nous rendra heureux, le poste tant convoité qui fera de nous quelqu’un et qui nourrira notre ego, la voiture neuve, harmonisée à notre nouveau statut social, dont nos voisins et amis admireront la couleur et la forme, la maison sur la Côte… Nous nourrissons ainsi ce nuage, qui lui nous le retourne à l’image de nos pensées.

Et, le nuage s’épaissit…, la lumière de l’âme passe de moins en moins.

Notre cœur se rabougrit, notre tête s’embrouille, le « burnout » nous guette et bientôt, nous avons l’impression d’être suspendu par un fil au-dessus du vide.

Pourtant, la magie divine et omniprésente, nous habite, et pour un peu de bonne volonté, nous pourrions éclaircir ces journées nuageuses de l’astral et remplir nos vies de soleil. L’amour, juste l’amour! Dans ce mot, tout est dit.

Nous sortons à l’extérieur de notre personnalité, nous nous libérons de l’emprise de l’ego et faisons les choses par amour. Nos cœurs s’ouvrent, nous retrouvons l’émerveillement de l’enfant et le fil d’argent, qui nous relie au corps de lumière, s’illumine, nos pensées s’éclaircissent et le nuage gris de nos illusions s’évapore sous le rayonnement de l’âme Nous resplendissons dans la plénitude de l’être dans lequel nous vivons.

Par la divine magie de l’amour, nous retrouvons la santé et la joie de vivre et comme des enfants, nous pouvons courir pieds nus dans les chemins perlés de la vie.

Avec amour!

Oser être soi dans la récréation

Avec la grisaille d’automne qui s’installe confortablement, la dépression saisonnière est bien palpable : de plus en plus de maladies, de suicides, de meurtres, de souffrances. Qu’attendons-nous de plus pour nous réveiller et nous apercevoir que nous dévions complètement du bonheur?

Il faut briser la chaîne des malheurs que nous nous créons. Il faut revoir nos valeurs fondamentales et essentielles afin de pouvoir survivre à ce monde de démolition et de consommation extrême.

L’amour, l’estime de soi et le respect des autres. S’amuser, partager au lieu de détruire et tuer. L’idéal serait de revenir en arrière, en ces temps où la vie était plus calme, le stress n’existait pas, la terre était notre patronne, les enfants étaient élevés à la maison et on vivait avec ce que l’on avait et on était heureux!

C’est bien de rêver, mais c’est encore mieux de trouver des solutions. Jusqu’où irons-nous avant de nous réveiller?

On vit pour travailler, pour avoir plus, pour plaire aux autres, pour être à la hauteur vis-à-vis ses pairs, sa famille, mais il faut aussi profiter de la vie afin de se libérer du stress qui est le grand facteur de bien de maux.

Sommes-nous déjà allés trop loin? Comment faire pour revoir notre façon de vivre? S’arrêter et réfléchir à la course à la montre que nous répétons à tous les jours et que nous faisons souvent subir aux gens que nous aimons.

Se retrouver à l’intérieur de soi et se demander comment puis-je faire pour rendre quelqu’un heureux aujourd’hui? Comment puis-je aider dans ma communauté afin de rendre le système encore meilleur? Que puis-je faire pour aider les gens à retrouver le sourire? À rendre les enfants conscients qu’ils sont nos richesses de demain?

S’amuser simplement en marchant dans la nature, cuisiner, bricoler, danser, travailler dans le jardin, peindre des tableaux, travailler la terre, redevenir de bons modèles pour la relève.

Gardez le sourire, la vie est belle!

Mal dans son corps, bien dans sa tête?

La détérioration qui s’est produite au niveau de notre alimentation n’affecte pas seulement notre santé physique, mais aussi notre santé psychologique. Si l’on regarde de plus près la subtile chimie du cerveau, on réalise bien vite que les neurotransmetteurs sont de plus en plus perturbés. « Qu’est-ce qu’un neurotransmetteur? », me direz-vous.

Un neurotransmetteur est un médiateur chimique qui assure la transmission d’information aussi bien au niveau du cerveau que dans le corps en entier. Les plus connus sont la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. C’est précisément sur la sérotonine qu’agissent les antidépresseurs utilisés couramment comme le Prozac, le Paxil, l’Effexor, etc.

Rôle de la sérotonine :
■ Régulation de l’humeur
■ Contrôle de la satiété
■ Contrôle de l’irritabilité
■ Contrôle de l’impatience
■ Contrôle de la vulnérabilité au stress.

L’alimentation raffinée, la présence de pesticides dans les aliments et le fastfood affectent-ils la qualité du travail effectué par les neurotransmetteurs dans le cerveau? La science ne peut pas encore répondre de façon précise à cette question. Lorsque les neurotransmetteurs ne sont plus aptes à livrer leurs messages adéquatement – ou pire encore, s’ils transmettent des informations inexactes – il peut en résulter de nombreux dysfonctionnements. Par exemple, en consultation, je rencontre de plus en plus de gens qui sont « sympathicotoniques », c’est-à-dire des gens qui sont en perpétuel mouvement, dormant peu et étant toujours en état de tension ou de stress. Il en résulte de l’hypertension, une prédisposition aux maladies cardiovasculaires, de l’anxiété et des troubles du sommeil. Ces personnes ont un taux d’hormone du stress élevé dans le sang (cortisol plasmatique).

Un cercle vicieux s’installe peu à peu : les neurotransmetteurs ne fonctionnant plus normalement, la personne a de plus en plus de difficulté à prendre des décisions, elle mange moins bien et elle peut même en venir à une perte du sens de sa vie… Arrive un temps où il se produit un « court-circuit » dans le cerveau et tout saute! C’est l’épuisement, souvent appelé « burnout », un état qui flirte dangereusement avec la dépression.

Pour ma part, j’ai toujours cru qu’il existait un lien entre le dérèglement des neurotransmetteurs et le sens de la vie. Si notre « computer central » est décentré et que nos systèmes nerveux et hormonal sont déséquilibrés, il y a de fortes chances pour que nous soyons décentrés physiquement et que nous perdions le contrôle de notre existence. Et si nous mangeons de plus en plus mal, la chimie du cerveau ne peut faire autrement que de réagir devant la détérioration de la qualité des aliments.

Reprendre le volant de notre existence
Si nous reprenons le concept de santé globale – qui veut que la santé soit la résultante de plusieurs facteurs – nous devons développer le réflexe de compenser la diminution de la qualité des aliments en posant des gestes concrets dans les autres domaines de notre existence.

Prenons l’exemple d’une personne qui se sent totalement décentrée après avoir vécu une période de stress intense et durant laquelle elle a consommé du fastfood. Comment pourrait-elle retrouver son équilibre en portant une attention plus particulière aux six facettes du concept de santé globale? Voici ce que je lui conseillerais :

Alimentation : devenir consciente du déséquilibre et amorcer la correction en privilégiant une alimentation vivante.
Mouvement : marcher quotidiennement 30 minutes en pleine nature et en profiter pour respirer consciemment et contacter le moment présent.
Stress : identifier les stresseurs de sa vie et apporter des modifications là où cela est possible pour les diminuer.
Spiritualité : ajouter la méditation et le silence à son hygiène de vie ou pratiquer régulièrement l’exercice 6-3-6.

Cette petite progression de conscience pourrait la remettre sur son chemin de vie.

Exercice pour induire un état de relaxation : La respiration 6-3-6

■ S’asseoir.
■ La tête doit être bien centrée.
■ Faire le calme.
■ Inspirer en comptant 1-2-3-4-5-6.
■ Maintenir et compter 1-2-3.
■ Expirer lentement en comptant 1-2-3-4-5-6.
■ Répéter trois fois.

En apprenant ainsi à jouer avec les différentes composantes de notre vie, nous réalisons peu à peu que lorsque viennent des périodes plus difficiles, nous réussissons à les traverser avec plus de facilité. Il faut toujours mettre les six indicateurs de la santé en interaction et en complémentarité les uns avec les autres.

C’est ce que j’appelle guérir sa vie!

Mettez votre patron à la porte!

Diffuseur d’amour…
Dans le souci de montrer sa valeur, on peut se piéger en essayant de faire mieux que les autres. Notre grand besoin de reconnaissance est un aller simple vers le « burnout ».

À trop se voir par les yeux des autres, on en perd sa vision intérieure. En l’absence de celle-ci, il est impossible de se connaître et par le fait même difficile d’être soi-même dans son milieu de travail comme ailleurs. Si vous en êtes rendu là, mettez votre patron à la porte… non pas votre employeur, mais votre ego, ce petit boss qui vous dicte vos actes.

La personnalité se façonne et se gonfle sous l’influence de l’ego qui recherche inlassablement l’admiration et l’amour des autres. À l’opposé, votre nature divine, par le biais de votre âme a de l’amour à donner; elle en a à revendre. Son amour lui permet de voir ce qu’il y a de mieux chez les gens que vous rencontrez, mais comment arriver à cette vision? En changeant de lunette!

Ajustez votre lunette intérieure. Remplacez la reconnaissance des autres par votre propre reconnaissance. À cette fin, sur l’oreiller avant de vous endormir, reconnaissez trois bonnes choses que vous avez accomplies en lien avec votre âme. Trois fois où vous avez été à l’écoute de votre nature divine. Au début, il vous sera difficile de trouver ces actions positives. Cela peut être aussi simple que d’avoir fait un sourire à quelqu’un qui en avait besoin. Au fil des jours, des semaines et des mois, vous reconnaîtrez plus aisément les gestes intuitifs suggérés par votre âme. L’accumulation de ces bonnes actions deviendra aussi puissante qu’une goutte d’eau continuelle sur un rocher. Cet exercice répétitif renforcera et précisera votre lien à votre être psychique. Une nouvelle image de vous en tant que prolongement de votre nature divine se façonnera et s’accompagnera d’un bien-être croissant. Étant en contact avec votre origine divine, vous pourrez plus aisément rencontrer Dieu en l’autre.

À ce stade, la compétition en est une avec vous-même. À chaque jour, vous vous appliquez à ressentir davantage votre lien divin tout en accomplissant votre travail. Ayez du plaisir à servir votre âme de votre mieux, non pas dans une obsession perfectionniste, mais dans la récolte de la satisfaction que procure ce lien divin. Vous accueillerez vos erreurs avec patience, douceur et humour sachant qu’elles sont sources d’apprentissage. De vivre l’instant présent améliorera vos relations à l’autre. Il est impossible de communiquer réellement lorsque vous êtes préoccupé; aussi, vous remettrez vos problèmes à votre partie divine sachant que dans l’inconscient, une solution s’amorce déjà. À chaque rencontre, vous reconnaissez ce qu’il a de mieux et de plus élevé chez les gens. Bien que n’étant plus votre but, votre milieu de travail vous témoignera de plus en plus d’appréciation et de reconnaissance, car le monde extérieur n’est que le reflet de notre monde intérieur.

Avec surprise, vous découvrirez qu’il vous est de plus en plus facile d’appliquer une vieille loi anticompétitive : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». C’est au service de votre âme que, par de petits gestes, vous serez un diffuseur d’amour et assaisonnerez votre quotidien et celui des autres.

Quoi de neuf dans l’océan du stress?

Oui, le stress et sa gestion est comme un océan : une vaste étendue d’eau dotée d’un mouvement incessant sous forme de vagues qui ne se lassent jamais de venir balayer des rives tantôt encombrées, tantôt sereines. Un océan parce que, depuis 10 ans, un accroissement mirobolant de l’intérêt envers le phénomène du stress est venu inonder la littérature marquant les progrès des différentes sphères de gestion des milieux de travail… Le résultat de cette recherche effrénée en cette fin de siècle : nombreux sont les intervenants à classer le stress extrême parmi les plus grands dangers pour la santé.

Bien sûr, il y a encore plusieurs mers obscures dans cet océan du stress, mais les effets dévastateurs sur la santé sont de plus en plus clairs et limpides. Le docteur Martin Shain, LL.D., en dit ceci : « Lorsqu’il est vécu comme une surcharge chronique, il peut entraîner de graves problèmes de santé mentale et physique, des accidents, ou une baisse de l’efficacité et de la productivité, dont les répercussions sont néfastes tant pour l’individu, la famille et l’entreprise que pour la société en général ».

Sans vouloir s’attarder sur ces effets polluants, il est important de souligner l’ampleur et la sévérité de l’impact sur la santé des humains de la dernière décennie de ce siècle. En voici quelques exemples : accroissement des risques de maladie cardiovasculaire, diminution de la résistance aux maladies infectieuses, aggravation et/ou apparition d’affections comme l’asthme, la dermatite, la fatigue et/ou la douleur chronique, danger de sombrer dans des assuétudes de toutes sortes, y compris les antidépresseurs, anxiété/dépression/hostilité dégénérant parfois en violence.

Devant ce portrait catastrophique et avant d’arriver à cet océan, essayons de voir quel est le fleuve le plus bénéfique sur lequel il sera possible de naviguer pour apaiser l’ouragan des effets destructeurs du stress toxique et accoster au port d’une saine gestion du stress quotidien, Tout en poursuivant le courant corporatif de l’amélioration organisationnelle des entreprises, le mouvement de l’an 2000 sera celui d’une approche plus individualisée, plus profonde puisqu’il touchera à l’être humain dans toutes ses dimensions, à la santé holistique des individus : la réappropriation de son pouvoir personnel pour l’apprentissage de l’intimité.

Nouveau et plutôt bizarre, me direz-vous? Qu’est-ce que vient faire le pouvoir personnel et plus encore l’intimité dans la gestion du stress?

Puisqu’il semble qu’on a minutieusement examiné et détaillé toutes les composantes du stress, en particulier les causes imputables à l’organisation et à la conception du travail, il serait peut-être temps de s’attarder à la principale constituante : la personne, l’individu et sa perte de pouvoir personnel face à une avalanche de demandes reliées à ses engagements personnels, familiaux, sociaux et professionnels, avec comme résultat une surcharge de sa vie et plus important encore, une perte de son identité propre et par conséquent, du vrai sens à sa vie.

Voilà le cœur de cette approche privilégiée : la perte de sens entraîne une rupture dans l’être, rupture entre moi et l’entourage, entre moi et un être suprême, entre l’ego et le vrai moi, entre la réalité administrative et les réalités socioculturelles. Sur cette rupture, vient se greffer un vide intérieur tellement profond que plus rien ne peut arriver à le combler ou le « geler ». C’est alors que la personne atteinte de ce mal a le sentiment d’être limitée, séparée (seule), mortelle et qu’elle va faire des prouesses pour cacher un état dégénérant en un désespoir sournois. La victime de stress toxique va alors désespérément nier les symptômes qui pourraient ouvrir l’écluse et laisser passer le flot d’une prise de conscience de sa force intérieure. En s’accrochant à une vie superficielle et inauthentique, elle rehaussera encore le niveau de stress à gérer; par exemple, elle passera de stratégie en stratégie pour gérer le stress (toujours à l’extérieur d’elle-même), elle se laissera voler son identité personnelle pour adhérer aux valeurs du monde extérieur. Cette perte d’identité entraîne graduellement la perte de la condition humaine et l’adaptation à une espèce de rôle de « robot », et à ce stade, le sens de sa vie est disparu.

Faire le ménage dans sa vie, c’est d’abord faire la vidange des vieilles charges émotives accumulées au fil des années à cause des pertes dans votre vie et votre entourage : décès d’un être cher, divorce, perte d’un emploi, changement dans la situation financière, etc. Chaque perte doit faire l’objet d’une démarche de deuil, qu’on le veuille ou non, qu’on le nie ou qu’on l’accepte. C’est là la condition par laquelle nous allons pouvoir passer d’une étape à l’autre dans notre vie, rebâtir un niveau d’énergie convenable et retrouver une saine capacité de faire les bons choix.

À tout moment, nous sommes forcés de faire des choix sur la façon de mener notre vie. Idéalement, nos choix reflètent nos valeurs, mais à mesure que nous laissons le stress submerger les différentes sphères de notre vie et que nous perdons le sens de notre vie habituellement guidés par nos valeurs individuelles, notre capacité de faire des bons choix s’effrite également. Retrouver son identité et devenir intime avec soi, c’est devenir conscient de ce qui est enfoui dans son for intérieur : valeurs, croyances, émotions sentiments. C’est clarifier les valeurs individuelles, c’est créer et renforcer la confiance en soi, c’est être à la fois le metteur en scène et l’artiste de sa vie, c’est se réapproprier son pouvoir, c’est devenir plus sensible aux indices, aux nuances pouvant éclairer ses choix, c’est connaître et respecter ses limites ainsi que ses forces.

Les décisions fondées sur les valeurs individuelles (il s’agit bien du critère ultime de tous nos choix) sont habituellement plus cohérentes que celles fondées sur des facteurs monétaires, politiques ou purement contextuels. De même, le fait de connaître l’importance relative des diverses valeurs individuelles permet de résoudre les conflits et le stress que génèrent la plupart des décisions importantes. La difficulté de baser ses choix sur ses valeurs individuelles, c’est de résister aux pressions culturelles et organisationnelles pour conserver les valeurs propres à chacun. C’est simple, comme le stress toxique est directement relié aux mauvais choix que l’on fait, et que les mauvais choix sont le résultat d’une méconnaissance de soi et/ou d’un non-respect de ce que l’on est, l’accession à l’identité et une plus grande intimité avec cette identité permettra à la personne d’acquérir une saine gestion de son stress.

N’oublions pas que la réappropriation de son pouvoir personnel pour une meilleure gestion du stress doit passer par une plus grande intimité avec soi et que c’est là la condition essentielle pour la redéfinition du sens de sa vie en général et du sens du travail. Ce voyage vers une plus grande intimité avec soi exige de l’honnêteté, de la persévérance et une grande capacité d’accueil de soi (oublions donc le perfectionnisme). Rappelons-nous que les bagages doivent être les plus simples possibles : un pas à la fois, au jour le jour, donc dans le moment présent, l’on fait connaissance avec soi, avec ses milieux de vie (groupes de support), son orientation sociale (ouverture à l’autre), son besoin ressenti et l’on s’engage.

Quel sera votre choix? Acteur ou spectateur?

Vous regardez passer le bateau – Vous embarquez et vous vous laissez conduire – Vous êtes le capitaine de votre navire.

Bon voyage!