Les livres de la vie

La poursuite du bonheur

Ça sert à quoi, une vie? Quelle est notre raison d’être? Pourquoi sommes-nous sur terre? Bien des philosophes et des experts de toute sorte ont essayé de répondre à ces questions sans pourtant nous satisfaire. Cette chronique vous propose d’explorer ces questions essentielles en vous offrant diverses expériences transformatrices racontées par divers individus qui se sont tous posé cette question : Elle sert à quoi ma vie?

Merci au lecteur Gilles Caron d’avoir répondu à l’appel lors de la dernière chronique.

Je pourrais parler de bonheur, mais le bonheur, c’est pour les autres. D’ailleurs, il existe seulement aussi longtemps qu’on ne le connaît pas à plein temps.

Je pourrais parler de passion, mais je me contenterai de dire que le bonheur n’existe pas sans elle. Je pourrais aussi ajouter que si vous ne connaissez ni ne vivez vos passions, vous avez tout un défi en avant de vous.

Je pourrais parler d‘objectifs de vie, mais je me limiterai à oser vous dire que si vous ne vivez pas vos passions, vos objectifs ne valent pas grand-chose…

Alors, fermez vos yeux… mais non… parce que vous ne pourrez pas continuer à lire… mais vous savez ce que je veux dire… Simplement imaginez que votre vie est simplement le cheminement de la réalisation de vos rêves et de vos passions et que le reste n’a qu’une importance secondaire. Imaginez les moments de bonheur qui feraient partie de votre existence…

Mais évidemment, on dira que les passions, c’est pour les autres parce que vous devez gagner votre pain, vous occuper des enfants, vous occuper de vos souffrances et des gens qui souffrent autour de vous. Mais se pourrait-il que ceci ne soit que de belles excuses pour éviter le bonheur…

Parce que le bonheur, ça fait peur! Ça demande des efforts! Ça demande de prendre le temps de comprendre ce qu’on aime et de trouver comment faire sa vie de ça! Alors, c’est pour les autres, pour les chanceux qui ont le temps, eux!

Mais vous vous demandez peut-être qu’est-ce que tout ça a à voir avec « Les livres de la vie ». Je me risque à répondre que je ne connais personne dont le livre de la vie n’est pas une quête de bonheur. Par contre, il semble que peu de gens aient le courage de vraiment entreprendre la merveilleuse aventure sur le sentier qui y mène.

Parce que l’inconnu fait peur, parce que les risques semblent énormes. Imaginez que votre cheminement vous amène à remettre en question votre travail, certaines de vos habitudes, certains de vos amis… C’est insécurisant! Imaginez qu’ensuite, votre travail soit une aventure de plaisir et de croissance chaque jour, que vos habitudes néfastes soient disparues, que votre vie soit devenue l’exaltation du moment présent et de la gratitude envers l’univers qui vous entoure. Pensez-vous vraiment que c’est pour les autres? Pensez-vous vraiment que notre présence sur cette terre soit pour autre chose que d’aller au bout de soi-même?

Un petit secret. Il y a une espèce de magie à tendre vers nos rêves et nos passions. Plus on lâche prise, plus on se laisse couler dans ce que nous sommes vraiment, plus la vie elle-même se met de notre côté et nous aide. Et nos grandes peurs s’évanouissent et la vie prend soin d’elle-même.

D’ailleurs connaissez-vous des personnes qui ont bâti des fortunes sans au préalable être passionnées et avoir un rêve? Il y a cette espèce de bonus qui fait que la santé financière accompagne celui (ou celle) qui poursuit la grande aventure de ses passions.

Le hic, c’est qu’il n’y a pas de recette magique que l’on peut simplement suivre. On peut s’inspirer de l’expérience des grands, et on devrait le faire. Mais nous devons trouver notre propre voie, notre propre cheminement, et c’est ce qui rend l’aventure si extraordinaire.

Enfin, pourquoi se casser la tête avec toutes ces histoires? Je suis bien dans ma petite vie. Tiens, je vais allumer la télé et oublier tout ça! Ou peut-être que dirais-tu de prendre un crayon, un papier et faire la liste de ce que tu aimes, tes rêves, tes projets…?

Est-ce que tu continues avec moi? D’abord, as-tu fait ta liste?… Je savais!

Notre vie est la construction de notre biographie. Il n’est pas important qu’on la publie. Il est surtout important qu’elle serve au mieux-être de ceux qui nous entourent. C’est là que l’on retrouve la magie : c’est en donnant que l’on reçoit et que le bonheur s’en mêle. En d’autres mots, c’est par la générosité que l’on connaît le succès et la prospérité, et que le bonheur s’en mêle.

Mais attention, ça ne commence pas là! Ça commence par avoir le courage de bien cerner tes rêves et de décider de les poursuivre! Je le sais – je me répète! Mais ce n’est qu’en se mettant à la poursuite de nos rêves que l’on devient authentique, que ça prend un sens, que nos objectifs réels prennent forme, et que le bonheur s’en mêle! Et ça ne commence pas là non plus! Ça commence par le courage de décider simplement de cesser de vivre sa vie à s’occuper de choses qui ne correspondent pas à ce que nous sommes. Et la joie et la libération qui accompagnent ce geste font partie des plus beaux moments de la vie. Et c’est à partir de là que l’on peut encore mieux identifier nos passions et nos rêves. Mais ça fait peur, c’est comme lâcher prise sur l’inutile – AYOYE!

Bon, assez de paroles sages! Le modèle qui guide mon livre de vie est, comme un bon marin, de faire le point, chaque jour, avec toutes les coordonnées disponibles, pour m’assurer de bien garder le cap, même au travers des tempêtes. À partir des objectifs fixés ou de la liste mentionnée plus haut – (celle que tu n’as pas encore complétée!!!) – réserve-toi un moment chaque jour pour prendre conscience de ton état d’être – évalue comment bien tu as rencontré tes objectifs d’hier – absorbe les leçons apprises – précise ta vision de vie – définis tes objectifs pour le prochain jour – sois reconnaissant envers les êtres et les événements – établis un objectif de santé. En accomplissant cette démarche chaque jour, tu tiendras toujours le cap et progressera très rapidement vers la réalisation de tes rêves. Et le bonheur va s’en mêler!

Mais ce sont 100 000 mots qui seraient nécessaires pour bien exprimer le fond de cette approche. En attendant, quel est ton rêve le plus profond qui pourrait devenir le centre de ta vie – tout de suite? Tu vas pas allumer la télé!

Vos peurs peuvent vous inspirer!

Qui n’a pas déjà ressenti les tourments de la peur? Apparemment personne puisque la peur est un mécanisme de survie nécessaire et utile qui apparaît lorsque le corps est en danger. Ce type de peur est une peur véritable, vraie. Par exemple, si je rencontre un ours en marchant dans la forêt, tous mes sens seront en alerte face à cette menace potentielle. J’ai trois choix possibles : fuir, attaquer ou figer sur place. Tout dépendra de notre personnalité, des croyances qui nous ont été inculquées dans notre enfance et de notre perception d’une menace réelle, probable et éminente. Ce type de peur est présent pour nous maintenir en vie.

On retrouve également un deuxième type de peur, soit la peur irrationnelle. Il existe une gamme quasi infinie de peurs irrationnelles, telles la peur d’un animal en particulier (souris, couleuvre, chien, etc.), la peur de la mort, la peur de parler en public, la peur de l’avion, la peur de la solitude ou au contraire la peur de se retrouver avec des inconnus, la peur de ne pas dormir, la peur d’engraisser ou la peur de maigrir, la peur de l’engagement, la peur de manquer d’argent, la peur de la maladie, etc. Finalement, on peut avoir peur de tout et de rien et ces peurs sont différentes pour chacun d’entre nous. Malgré qu’elles sont loin de représenter une menace réelle, ces peurs irrationnelles contrôlent notre vie. Jusqu’à maintenant, rien de très inspirant dans ces propos. Toutefois, la bonne nouvelle est que la peur irrationnelle porte en elle un message de dépassement personnel et non de limite. Si un individu ressent ce type de peur face à un événement ou une situation quelconque, cela signifie qu’il y a une limitation. La personne est conviée, parfois ardemment (!) à dépasser cette peur pour évoluer et s’accomplir.

Pour ma part, je ressens les effets de ces peurs irrationnelles depuis un bout de temps. Si vous m’aviez demandé lorsque j’avais 19 ans si j’avais des peurs, je vous aurais ri sarcastiquement au visage en affichant mon plus beau sourire. Aujourd’hui, je fais preuve de plus d’humilité…

Cet été, mon dépassement a été de voyager en moto, avec mon conjoint. Nous sommes partis de Vancouver, avons traversé les Rocheuses canadiennes pour ensuite terminer à Edmonton. Peut-être très banal pour certains d’entre vous, mais pour ceux qui me connaissent, cela représente un très très (ai-je mentionné très?!!) grand défi. J’ai peur de tout déplacement sur la route que ce soit en automobile ou à moto. Alors traverser les Rocheuses en moto pendant deux semaines, je ne vous dis pas l’anxiété que j’ai ressentie… Néanmoins, savez-vous ce qui m’a le plus aidé à profiter grandement de ce voyage? Une théorie apprise pendant mes études et que j’ai voulu valider personnellement. Cette théorie provient de la thérapie cognitive-comportementale (TCC) qui affirme qu’une personne souffrant d’anxiété, suite à ses pensées déformées de la réalité, doit s’exposer aux situations qu’elle évite habituellement. Cette exposition doit être graduelle, répétée régulièrement et d’une durée de 45 minutes minimum. Ce laps de temps est requis afin d’amener une diminution graduelle de l’anxiété. Il est très important lors de l’exercice de ne pas éviter ce qui cause cette anxiété, car cela ne fait que renforcer la peur ou la croyance erronée. Les recherches démontrent que si la personne reste suffisamment longtemps confrontée à la situation redoutée, son anxiété finit toujours par diminuer considérablement. Connaître cette théorie m’a beaucoup servi, car à tous les matins avant de repartir en moto, je ressentais cette fameuse anxiété. Cependant, je savais qu’après avoir été exposée pendant plus de 45 minutes à ce qui m’effrayait, l’anxiété finirait par diminuer. Alors, une prise de conscience se produisait, car ce qui m’effrayait, ne se produisait pas, ainsi je suis parvenue totalement à lâcher prise. J’ai ressenti l’harmonie à chaque journée et j’ai pu profiter pleinement de la beauté de notre magnifique pays.

En dépassant cette fausse peur, j’ai pris conscience que toute limite peut être dorénavant franchie et que je peux réaliser chacun des rêves qui m’inspirent et qui me tiennent à cœur. Oui, la peur sera présente dans tout dépassement, mais elle peut vous guider et vous rendre conscient des limites et des croyances non supportantes que vous vous répétez depuis tellement d’années. Je vous encourage donc à dépasser ces peurs qui vous freinent dans votre vie. Ce peut être banal pour une autre personne, mais pour vous, vous aurez fait un premier pas dans l’actualisation de votre moi profond. Transcender ses peurs est une invitation à vous dépasser, à réaliser ce qui est important dans votre vie. Expérimentez ce que vous n’avez jamais fait auparavant ou depuis très longtemps. Oui, vous ressentirez de la peur, mais seulement parce que vous accomplissez quelque chose de nouveau. Ce n’est pas un signal d’arrêter, mais plutôt de continuer et de vivre pleinement votre vie. Ressentez la peur et faites-le quand même. Prenez aujourd’hui la décision d’effectuer le premier pas vers l’accomplissement de vos rêves!

Crise d’ado : Les cheminements nécessaires

Lorsque l’enfant franchit le cap de l’adolescence et qu’il rejette valeurs et éducation reçue, comment agir adéquatement? De quelle manière les parents peuvent-ils demeurer eux-mêmes tout en favorisant l’autonomie de l’ado?

Voici des questions incontournables lorsque la crise de l’adolescence se pointe au tournant. Même si tous les parents savent que la période charnière qu’est l’adolescence sert au développement et à l’affirmation de l’identité de l’enfant, parents et ados perdent l’harmonie de leur relation et par le fait même perdent pied lorsque le jour se lève sur cette période nébuleuse. Faut-il s’accrocher à la relation passée, quitte à s’oublier?

Accepter que la relation change

Le défi repose sur la volonté de comprendre une situation très souvent incompréhensible. Le désir ou l’habitude de vouloir contrôler l’ado est difficile à perdre et pour cause. Le parent a dirigé et orienté les valeurs de l’enfant, lui a transmis des connaissances et a sollicité des prises de conscience. Il a également favorisé son développement physique et intellectuel par des expériences enrichissantes à travers des voyages, la pratique de sports et bien d’autres. Tout ça pour lui donner des outils afin qu’il devienne un adulte responsable et heureux.

Le danger est de s’accrocher à la perception que nous avons de notre enfant même lorsqu’il tente de devenir un adulte. La tâche est colossale, car certains ados sont plus récalcitrants et réactifs devant les parents… et la réciprocité est valable. Est-ce possible de trouver l’équilibre entre le lâcher-prise et la supervision à distance? Oui, et dans le meilleur des cas, reconnaître les besoins de son ado tout en respectant les siens aide grandement.

La première chose à faire est certainement d’accepter que la relation avec notre enfant change une fois l’adolescence venue. Nous avons remarqué qu’il est passé d’un être doux, affectueux, adorable, charmant et sportif à un humain étrange qui ne cherche que le plaisir, l’absence d’exercices et d’efforts. Le mode interventions-conseils ne fonctionne plus, au contraire, cela ne fait que jeter de l’huile sur le feu. Alors, comment modifier votre interaction? En restant à l’écoute de nos besoins et des siens.

Comment demeurer ancré durant les crises?

Même avec la plus grande volonté du monde, les crises sont importantes et nécessaires, car il faut bien admettre que nous ne pouvons faire une omelette sans casser des œufs. Alors, toute métamorphose nécessite des révoltes, des ajustements, des mises au point et des conflits.

L’ado se voit coincé dans une période très difficile également. Le changement hormonal, les difficultés à l’école, les prises de bec avec l’entourage au complet – y compris les parents, – et les journées où il se sent perdu. Ces journées sont plus fréquentes que les parents ne le pensent.

Il choisit de ne plus se fondre avec les parents puisqu’il cherche son autonomie et son identité au travers de ses amis. Il tente de faire le point entre l’éducation reçue et ses propres désirs. Pour ce faire, il fait éclater tout ce qui l’entoure pour tenter de reconstruire à son goût. Pas facile de garder son sang-froid durant les crises, n’est-ce pas? L’envie nous vient de reprendre nos anciennes habitudes, de reprendre le contrôle et de sévir. Si l’ado est en danger, cette intervention peut être nécessaire, sinon le laisser faire ses propres expériences est souhaitable.

Dans le livre « Mon ado n’est pas un cadeau », l’auteur recommande, à juste titre, d’aimer son ado même si cela ne va pas de soi tous les jours. En demeurant dans l’amour, nous évitons de verser dans le jugement. Durant cette période, la dernière chose dont notre enfant a besoin, c’est bien d’être jugé.

Respecter les différences

Ce qui semble le plus difficile, c’est de ne pas se perdre dans les dédales de l’adolescence, ne pas périr au détriment d’une volonté de comprendre notre ado à tout prix. L’aider à cheminer est une attitude tout à fait louable, mais se rendre malade en mettant en veilleuse nos propres désirs, nos besoins et nos heures de sommeil n’est pas une voie à emprunter.

Cette période arrive souvent pour nous faire cheminer justement en nous permettant de nous recentrer afin de faire de nouveaux choix de vie. Nous devons forcément nous questionner sur nos valeurs réelles si nous ne voulons pas nous faire happer par la tempête qui va et vient selon l’humeur du jour. Une excellente façon d’apporter support et appui à notre enfant est certainement de garder notre énergie et de rester ancré dans l’essence même de notre être. Ce n’est pas toujours simple!

Il est de bon ton de chercher, encore une fois, l’équilibre en ne dépassant pas nos limites. Le fait de nous respecter dans nos valeurs et dans nos actions qui sont en harmonie avec notre discours offre un exemple magnifique à notre ado quant à la solidité d’une personnalité. Il y a fort à parier que nous deviendrons – à long terme, c’est bien possible –, une source d’inspiration pour lui.

À trop vouloir respecter les exigences de l’autre, combien de fois nous sommes-nous perdus?

Quand la crise d’identité se terminera-t-elle?

La recherche de l’identité est plus intense à l’adolescence, c’est vrai. Pourtant, une fois adulte, certains se cherchent toujours. Bien sûr, il est souhaitable de poursuivre son cheminement, son évolution, afin de s’améliorer sans cesse. Pour certaines personnes, la recherche de l’identité ne se termine jamais, tandis que pour d’autres après la période de l’adolescence s’installent une paix, une quiétude certaine. Peu importe la durée, l’important, c’est de demeurer centré afin de ne pas se perdre ni perdre l’autre. Aider son ado à trouver son identité en respectant ses différences, c’est un pas de plus vers l’amour et la compréhension pour nous-mêmes et envers autrui.

Les vacances : le bonheur de s’évader

Le mot « vacances » se définit comme « un repos marqué par l’absence des activités habituelles ». Peu importe l’avenue empruntée quant au choix de la destination, l’important c’est de lâcher prise !

Selon les moyens financiers dont chacun dispose, l’envie de découvrir d’autres horizons tout en pratiquant un sport (vélo, ski, marche, etc.) ou encore l’urgence de se prélasser au chaud ayant comme préoccupations principales le bronzage, le sommeil et l’alimentation – dans l’ordre –, le seul moyen d’apprécier les vacances choisies demeure l’abandon total de l’esprit.

Adieu la culpabilité !

Parmi les nombreux facteurs qui nourrissent le sentiment de culpabilité, le chantage et les punitions occupent une place prédominante. Rares sont ceux qui se penchent sur les causes profondes, présentes dans la vie quotidienne de bon nombre de personnes, d’une sensation tellement intégrée qu’il devient presque impensable de remettre en question cette notion. Et pourtant! Pour être heureux en vacances, il faut décrocher complètement du quotidien afin d’expérimenter des moments inoubliables.

Pour ce faire, il est essentiel de laisser les ennuis, les soucis, les préoccupations dans une boîte au grenier, avec le passé et l’avenir, afin de partir la tête vide. Oui, oui… la tête VIDE. Se libérer de tout tourment pour nettoyer le disque dur du cerveau et faire place à la nouveauté, la beauté, les découvertes pour laisser pénétrer des moments magiques et, surtout, pour expérimenter le plaisir unique de respirer le BONHEUR et la LIBERTÉ.

N’est-ce pas formidable d’être libre de tout conditionnement, de contrainte, d’horaire, de plan, de rendez-vous pour laisser monter une énergie vierge qui nous permet de repartir à neuf, de se recentrer? Une solution à la portée de tous : choisir de se départir de tout stress quant aux tâches accomplies ou celles à venir au retour et… l’affaire est dans le sac. Facile à dire, n’est-ce pas? Et pourtant, pas si compliqué à faire.

Pour y arriver, nous pouvons utiliser le processus de deuil avant chaque départ pour les vacances. En d’autres mots, laisser derrière soi l’année passée sans se sentir coupable de se lancer dans une nouvelle aventure en oubliant les collègues, le patron, la charge de travail au retour, les problèmes financiers et quoi d’autres, pour seulement se concentrer sur soi-même, ses besoins, ses désirs, son bien-être et être à l’affût de découvertes multiples. Même si le voyage s’effectue en famille, ne jamais oublier de réserver des périodes durant la journée pour se ressourcer.

Le simple fait de décrocher de la routine quotidienne, la sensation VACANCES fait son œuvre.

Sans horaire ni rendez-vous

D’aucuns craignent de ressentir la solitude s’ils ne partent pas en voyage sans être accompagnés. Erreur magistrale! Le besoin d’être ENCORE en groupe ne fait que reproduire le quotidien. Incidemment, pour apprécier les vacances dans son sens le plus pur du terme, il est recommandé de désamorcer tout conditionnement quant aux routines déjà établies au cours de l’année.

Ainsi, se fixer des rendez-vous avec des amis pour l’heure des repas n’est pas souhaité. Établir un itinéraire très serré afin de programmer les déplacements risque de stresser davantage. Oui, il est possible de prévoir des destinations à l’avance, mais demeurer ouvert à l’imprévu favorise des vacances de découvertes, donc réussies.

Le bonheur en vacances, c’est également s’ouvrir à l’inattendu, ce qui englobe aussi les déceptions et les incidents. Il faut laisser la vie suivre son cours et l’univers offrir ce dont chacun a besoin. Être ouvert sur le monde veut aussi dire être réceptif à ce qui nous entoure. Savoir accueillir des événements nouveaux contribue à l’évolution de chacun d’entre nous, et les effets bénéfiques ne sont pas nécessairement perceptibles au moment même où l’événement se produit. S’offrir à l’aventure est synonyme de lâcher prise.

Destination bonheur

La meilleure destination est certainement celle qui convient aux besoins immédiats : calme et repos (plage), changement d’air et découvertes (culture), activités et action (sports) ou simplement visites d’amis et farniente (cocooning). Il est important de se sentir en paix avec la décision finale. Le simple fait de décrocher de la routine quotidienne, et la sensation VACANCES fait son œuvre. Ne plus chercher à contrôler, être détendu, écouter le silence, apprécier ce qui se présente ne sont que quelques moyens faciles à utiliser pour être heureux lors des périodes de relâche. Qu’il s’agisse d’un week-end, d’une ou trois semaines de repos, la capacité que nous avons de regarder autour de nous avec un œil différent sera un gage de bonheur.

Si les vacances se passent chez soi, que ce soit par choix ou par obligation, il ne faut pas se sentir misérable. Si, au contraire, la destination plus coûteuse d’une croisière se présente comme un choix judicieux, le calcul de chacune des dépenses ne doit pas faire ombrage à notre plaisir. Tout compte fait, peu importe la destination, le meilleur choix demeure l’attitude sereine et l’ouverture sur le monde extérieur sans culpabilité.

À bien y penser, le simple fait d’être en VACANCES signifie avoir l’esprit VACANT. Aucune attente, sauf celle d’être heureux pour expérimenter la sensation d’être libre… de tout.

Marthe St-Laurent

Conférencière et auteure de « La femme sexuée » et de « Ces femmes qui détruisent les femmes – Les ravages du bitchage », Béliveau éditeur

www.marthestlaurent.com/

Faire ce qu’on aime et aimer ce qu’on fait! Deux principes pour être heureux au boulot

Un jour, alors qu’un ami me demandait ma recette du bonheur au travail, je répondis par cette simple question : « qu’est-ce que tu aimes faire? ». À cela, il me répondit : « je connais plusieurs logiciels informatiques, je suis capable de coordonner des travaux, j’ai un bon esprit de synthèse, etc. ». Voyant qu’il ne répondait pas vraiment à ma question, je la posais à nouveau : « Ok, tu as énoncé ce que tu es capable de faire. Parfait. Maintenant, dis-moi ce que tu aimes vraiment faire dans la vie? ». Il fit une pause en silence, puis continue : « Je ne sais pas! Je ne sais vraiment pas ce que j’aime faire! Je n’y ai jamais pensé! ».

Voilà la vérité! Trop souvent, on se connaît mal. On ne sait pas ce qu’on aime. On ne sait pas ce qu’on veut dans la vie. Alors, si vous êtes dans cette situation, ne vous en faites pas : il paraît que plus de 90 % des gens n’ont pas une vision claire de ce qu’ils aimeraient accomplir dans leur vie! J’ai déjà fait partie de cette triste statistique et il a fallu un événement douloureux pour me réveiller. À l’âge de 33 ans, j’ai subi un infarctus (crise cardiaque) qui a failli me coûter la vie! Pas besoin de vous dire qu’avec une deuxième hypothèque sur ma vie, j’ai décidé de me prendre en main et de faire quelque chose qui me ressemble, quelque chose que j’aime.

Vous connaissez le diction « Le vent n’est jamais favorable au navire sans gouvernail ». Si vous ne savez pas où vous allez, vous avez peu de chance d’y arriver! Mais il n’est pas nécessaire de vivre une catastrophe pour trouver sa place au soleil. Prenez le temps d’expérimenter pour découvrir ce que vous aimez. La réponse peut venir de votre enfance alors que vous faisiez une activité dans laquelle vous étiez bien et heureux. Souvent, cela est en lien avec des talents naturels oubliés ou laissés de côté… Il s’agit de les laisser remonter à la surface et, petit à petit, de se faire confiance, en y accordant du temps.

Je vous entends déjà me dire « Richard, c’est bien beau tout ça. Mais il faut vivre, payer l’épicerie, l’hypothèque, etc. ». ET VOUS AVEZ RAISON!! Je ne dis pas de tout lâcher demain matin et de vous mettre à peindre pour gagner votre vie si c’est ce que vous aimez faire!! Je ne dis pas, non plus, que ce sera facile, magique et rapide. Dans mon cas, cela m’a pris presque 6 ans avant d’atteindre mon premier objectif soit, changer de carrière et devenir formateur en développement personnel. Et je n’y suis pas arrivé tout seul. J’étais déterminé, mais j’ai eu besoin de l’aide des autres.

Ce que je dis, c’est de vous mettre en marche et de déterminer avec plus de précision ce que vous aimez faire… Puis, faites un pas dans cette direction : prenez un cours, faites du bénévolat, imaginez l’activité idéale pour vous, rencontrez quelqu’un qui fait le travail que vous aimeriez faire, etc. Bref, commencez là où vous êtes en utilisant l’aide disponible autour de vous. C’est la première étape : découvrir ce qu’on aime et se mettre en action pour que ça arrive dans notre vie.

Ensuite, -et ça va paraître bizarre- c’est d’apprécier votre situation telle quelle. C’est simple et difficile à la fois! Soyez reconnaissant pour la situation dans laquelle vous vous trouvez en ce moment (aux études, au chômage ou dans un travail plus ou moins satisfaisant) puisque cela vous apporte tout de même certains avantages. Reconnaissez-le. Cela vous relaxera et vous permettra de lâcher prise à votre « trop vouloir ». Bref, apprenez à aimer ce que vous faites même si ce n’est pas la situation de vos rêves. Et ne commettez pas l’erreur que j’ai commise : je croyais que le bonheur était toujours ailleurs que là où j’étais. Rappelez-vous que la Vie, c’est ce qui nous arrive pendant qu’on fait des plans pour être ailleurs! Alors, n’oubliez pas d’être heureux pendant ce temps-là!

J’ai compris cela alors que j’étais aux soins intensifs, entre la vie et la mort, juste après l’infarctus. Dans ces moments difficiles, alors que j’affirmais ma volonté de vivre, je trouvais la force d’apprécier ce qui semblait être « mes derniers moments » en vie! Curieusement, c’est lorsque j’ai accepté de mourir que j’ai retrouvé la vie! J’ai réalisé ensuite que j’avais peut-être trouvé une clé pour être heureux : tout en travaillant fort à changer une situation, accepter que les choses se passent autrement et apprécier la vie telle qu’elle est. C’est un paradoxe qu’il m’est encore difficile de comprendre, mais qui semble permettre l’accès à un sentiment de bonheur sans que cela ne dépende des circonstances.

Donc, en résumé, faites vos démarches pour obtenir un travail que vous aimez. En même temps, aimez ce que vous faites en ce moment même! Appréciez les bons côtés de votre situation actuelle. Il y en a toujours. Puis, faites confiance car, tôt ou tard, la situation s’arrangera pour vous. Ça ne se passera peut-être pas exactement quand et comme vous l’aviez prévu, mais vous aussi, pouvez trouver le bonheur au boulot et dans votre Vie!

Se choisir plutôt qu’endurer

Le désir de changer quelque chose dans sa vie émane souvent d’une situation qui nous amène à vivre un malaise tellement intense qu’il nous devient impossible d’y rester. Les « moins » finissent par l’emporter sur les « plus ». Par contre, certaines situations comportent presqu’autant d’avantages que de désavantages. Les choses ne sont pas aussi claires, le malaise n’est pas nécessairement accompagné d’un désir urgent de changement, mais génère une insatisfaction assez importante. C’est dans ces sphères que notre volonté nous manque souvent quand nous visons le changement.

La roche dans le soulier

Avez-vous déjà eu une petite roche dans votre soulier? Elle ne vous faisait pas assez mal pour l’enlever, mais juste assez mal pour vous rappeler sa présence. Votre raison vous dirait d’arrêter votre marche, d’enlever votre chaussure et d’enlever la roche. Vous vous évertuiez à l’oublier, à penser à autre chose, mettre moins de poids sur ce pied, secouer votre pied pour la loger à un endroit où vous ne la sentiriez plus (solution temporaire car la roche éventuellement reviendrait là où elle se ferait sentir). Nous avons tous fait ça. Vous voyez où je veux en venir?

Ça fait mal mais pas tout à fait assez

Notre vie est souvent un soulier plein de roche. Certaines sont là depuis tellement longtemps qu’on ne les sent plus. D’autres se font sentir à travers les événements et relations qui composent notre vie. Lorsque la douleur est intense, nous sommes forcés de nous arrêter et faire quelque chose avec la « roche » peu importe la forme qu’elle prend. Mais les autres petites roches pas encore assez douloureuses elles? Vous savez les choses dans notre vie qui auraient besoin d’être transformées, mais qui ne nous dérangent pas encore assez? Celles qu’on endure?

Ma vie, un marathon?

Une bonne façon de savoir où nous avons certains blocages et où notre vie gagnerait à être améliorée est de s’arrêter et regarder quelles sont les situations que nous « endurons » en ce moment. Quand l’endurance s’étend dans le temps, notre vie prend des allures de marathon. Cela use et gruge notre énergie vitale. S’arrêter, regarder ce qui fait mal et lâcher prise sur des façons de fonctionner néfastes pour nous semblerait une chose normale et logique. Pourtant, c’est souvent la dernière chose que la plupart d’entre nous faisons. Nous sommes persuadés qu’endurer constitue une solution efficace. En fait, c’est une solution temporaire que nous avons mis en place souvent parce que nous croyons ne pas avoir d’autres moyens pour nous en sortir. Endurer une situation est en général insatisfaisant et nous éloigne de notre joie de vivre et notre créativité. Arrêter d’endurer veut dire se choisir, décider de répondre à ses besoins et aller vers une vie plus satisfaisante.

5 étapes pour mieux se choisir

1- Faites une liste écrite honnête des choses que vous endurez en ce moment : dans vos relations, au travail, financièrement, dans votre santé. Prendre conscience est la première étape.

2- Endurer une situation signifie souvent que nous passons outre certains de nos besoins importants. Comment pourriez-vous vous réengager face à vous-mêmes et votre bonheur? Tout part de vous. Sans à tout prix changer l’extérieur, votre attitude intérieure peut faire toute la différence entre endurer une situation et la choisir.

3-Allez chercher de l’aide. Sortir le problème de soi, changer sa perception d’impuissance et se connecter sur des ressources constitue des moyens efficaces.

4- Prenez conscience qu’il y a de nombreuses raisons parfois complexes au fait d’endurer une situation. De plus, il est possible que vous enduriez une situation, car vous ne savez pas exactement ce que vous voulez réellement dans la vie. Et que si vous le savez, vous ne savez pas comment l’obtenir, vous avez peur de ne pas y arriver et souvent la peur de l’inconnu vous paralyse.

5- Si pour le moment endurer une situation est plus fort que vous, ayez de la compassion envers vous-mêmes. Vous juger et vous critiquer ne font qu’aggraver les choses et augmenter votre paralysie.

La contemplation, une façon de ralentir pour gagner du temps!

Dans un effort pour retrouver « mes esprits », j’ai redécouvert dernièrement la valeur incroyable et la richesse de créativité et de ressources auxquelles j’accède en consacrant 20 à 30 minutes de mon temps à la contemplation tous les jours.

La réalité telle qu’on la connaît cache une Réalité beaucoup plus vaste qui la sous-tend et à laquelle on accède seulement quand on prend le temps de s’arrêter et de prendre contact avec le courant intérieur. On peut alors cesser de se buter sur les mêmes obstacles pour découvrir des réalités et des solutions qui génèrent de réels changements. Einstein disait qu’on ne peut pas régler les problèmes à partir du même mode de pensée avec lequel on les a créés. Un vrai changement nécessite un changement de perspective, de conscience.

La contemplation me permet de m’élever au-delà du flot incessant des exigences, des défis et des préoccupations journalières, où je me perds à l’occasion, pour mieux voir la situation. Un peu comme si perdue en forêt, je montais dans un arbre pour observer d’en haut quels sont les meilleurs chemins à prendre pour atteindre la clairière.

Une occasion également de sortir du courant de la conscience sociale pour prendre contact avec un courant intérieur qui me connecte à la dimension créative d’Âme que je suis. J’y suis guidée vers des lectures, des personnes ressources, un geste d’amour à poser durant la journée, une façon différente d’aborder une situation où un lâcher prise libérateur. Je lisais dans The Art of Spiritual Dreaming (1999) « l’Âme… (page 199) ne peut travailler si vous paniquez. L’anxiété ferme les centres de créativité. Quand vous ne pouvez penser, tout ce que vous tentez de faire se transforme en une série d’erreurs. Si vous ralentissez, le principe spirituel peut commencer à s’exprimer à travers vous de façon à ce que vous puissiez trouver la solution au problème qui vous concerne ». (traduction libre)

Paradoxalement, c’est en ralentissant et en reprenant ma pratique de contemplation journalière que j’avance le plus dans la prise de conscience d’attitudes à changer, que j’arrive à voir derrière l’illusion, à « télécharger » (comme le dit Julia Cameron dans son livre The Artist’s Way, 1992) sous forme d’intuitions et d’inspirations, la guidance inspirée des mondes intérieurs pour m’en servir dans mon quotidien.  Dans cet espace calme et détaché, je découvre des façons de prendre soin de moi, d’améliorer mon existence et celle des autres.

La contemplation est un exercice simple et puissant qui est pratiqué dans plusieurs cultures et qui consiste à se retirer des activités du quotidien pour s’accorder un temps de solitude et de réflexion. « Nous sommes si agressés par le bruit que nous ne maîtrisons plus l’art de la contemplation. Notre âme subit les conséquences de la diminution de notre capacité d’attention… contemplare, dérive de… templum…, soit « temple », et signifie « observer avec attention ». (Gelb, 1999)

Voici comment je la pratique :

  1. Je prends l’habitude à tous les jours de m’asseoir à heure régulière (matin ou soir) dans un endroit tranquille pour 20 à 30 minutes.
  2. Après quelques bonnes respirations, je mets mon attention sur le troisième œil (œil spirituel ou l’écran mental). Je rentre alors dans un état de relaxation en tournant mon attention graduellement vers l’intérieur (une façon d’apprendre à changer le monde de l’intérieur plutôt que de l’extérieur) où je laisse l’inspiration me guider.
  3. J’utilise ce temps de contemplation pour :
    • Revoir les rêves faits la nuit précédente.
    • Parcourir des extraits de mon cahier de rêve et faire des liens avec des événements de ma vie courante.
    • Réfléchir sur mon journal de réflexion et prendre la distance avec les événements qui me troublent ou revenir sur les éléments dont je n’ai pas encore compris le sens.
    • M’abandonner à la guidance par rapport à une situation particulière en m’arrêtant sur un extrait de livre ouvert au hasard pour trouver une réponse.
    • Écrire une lettre à mon guide par m’aider à résoudre un problème et observer la réponse durant la journée qui suit.
    • Varier mes contemplations à partir d’un livre d’exercices spirituels pour développer ma créativité d’Âme ou tout simplement utiliser mon imagination pour inventer de nouveaux exercices.
  4. J’accompagne cette contemplation d’un chant sacré, le chant du HU, (un ancien nom de Dieu, se chante : you… you…) un mantra qui élève ma conscience et qui m’apporte réconfort et protection.
  5. Je prends note des informations qui me viennent en contemplation pour les utiliser plus tard dans ma journée ou pour améliorer certains aspects de ma vie.

J’approche ce temps de contemplation comme une rencontre privilégiée avec le divin et je respecte ce temps de rencontre avec autant d’engagement que mes rendez-vous quotidiens. Ça donne une toute autre couleur à ma journée, à ma vie.

Cette contemplation, je la poursuis parfois durant ma marche au bureau, en écoutant la musique dans l’auto, en restant attentive aux rêves éveillés et aux paroles de sagesse que les gens me lancent souvent sans s’en rendre compte durant la journée et qui m’apportent des éclaircissements sur des situations demeurées sans réponse. Avec le temps, j’ai fait de la contemplation un exercice continu.

Une façon de ralentir qui me fait gagner beaucoup de temps.

Bonne contemplation!

Références :

Klemp, Harold, The Art of Spiritual Dreaming, ECKANKAR, Minneapolis, 1999

Gelb, J. Michael, Pensez comme Léonard de Vinci, Les Éditions de l’Homme, 1999

Sur la voie du silence

« Et si le silence était plein de ce que nous sommes vraiment. »

Faire silence est une expérience différente de la méditation. Elle nous entraîne à écouter et à saisir le sens de notre incarnation. Bien que la méditation fasse également partie de ces expériences qui nourrissent l’âme, elle se distingue par sa pratique. Je dirais que d’apprendre à faire silence nous introduit à la méditation.

L’humain ne peut incessamment vivre dans un tohu-bohu de bruits et d’activisme. Il se perd malgré lui dans cette tourmente quotidienne. Dans les tribus ancestrales, l’Homme était appelé à vivre différentes expériences d’initiation au cours de sa vie terrestre afin de marquer les principales étapes de sa maturation et de son éveil. Chacune d’elles était empreinte des différentes transformations physiques à travers les âges. Un rite l’attendait afin d’initier le pas vers cette ascension spirituelle. La quête de vision faisait partie de ces expériences caractérisées par la fin d’une période importante et le début d’une seconde. La quête d’un sens à travers cette transition était de haute importance. Aujourd’hui, plus rien ne marque les grandes étapes de nos vies. Elles sont pour la plupart du temps banalisées et peu préoccupantes.

Faire silence ou vivre l’expérience de la quête de vision est un temps d’introspection et de détachement que nous nous offrons. Sortir de son habitat, s’éloigner de ses proches, jeûner et se retrouver dans la nature, en silence dans la solitude, sont les principales caractéristiques d’une telle expérience.

« Il faut savoir s’éloigner pour mieux voir »

Le monde actuel est préoccupé par le matériel et le confort. Faire silence, peut-être, mais à quel prix? L’éloignement du nid douillet vers un hébergement rustique, ce n’est pas ce qu’il y a de plus attirant pour certains. Je propose souvent de débuter par de simples expériences. Apprivoiser ce que nous avons perdu. Le silence. S’accorder des temps de silence et de solitude nous initie dans cette quête de plénitude et de sens, et ce, sans trop nous contraindre ou nous assommer.

L’encombrement familial, les horaires variés, ainsi que le travail font qu’il est parfois difficile de s’offrir quelques instants de silence à la maison. Sortir, aller marcher dans la solitude nous prédispose à des moments privilégiés avec notre âme. Cessons d’attendre après quiconque et réalisons pleinement ce que notre âme attend véritablement de nous. Les temps de silence que nous pouvons nous offrir sont forts précieux car ceux-ci procureront un apaisement à notre mental et nourriront notre âme.

Dans le silence et le calme se manifestent souvent les parties ombragées que nous portons. Nous purifions nos egos et laissons place à la vision du rêve éveillé. La vision du rêve est cet instant présent où nous connectons avec l’intelligence suprême, la voie de l’Esprit.

À travers cette quête de silence, nos peurs ont libre cours. Il ne s’agit pas de juger ce que nous portons, mais de nous éveiller à ce que nous laissons aller. C’est un véritable exercice de lâcher-prise. Nous nous devons de cesser de percevoir la finitude en toute chose, et plutôt bâtir à partir de ce que nous portons, de ce que nous sommes. C’est la foi. Croire en Soi.

Faire silence en des lieux signifiants, nous permet, entre autres de nous introduire sur ce chemin de l’unification de l’âme à l’Esprit. C’est un temps où nous nous imposons une sortie de notre zone de confort afin de mieux entendre notre voie intérieure, les messages que notre âme désire nous communiquer.

Apprendre à faire silence nous éduque personnellement et socialement sur le sens que nous portons présentement et pour les générations futures. Interrogeons-nous sur nos valeurs profondes et apprenons, patiemment, à nous éveiller à elles.

Auteure du livre « Croître par l’observation de soi »

Votre maison a-t-elle besoin de perdre du poids?

Des questions à se poser
Tous vos espaces de rangement sont pleins? Des piles de paperasse non classées vous surveillent du coin de l’œil? Vous ne vous souvenez plus du motif sur vos comptoirs de cuisine tellement ils sont couverts? Vous avez des magazines qui datent du mariage de Lady Di? Au fond du garde-robe siègent des vieux T-shirts qui datent de votre graduation du secondaire et vous avez 40 ans?

Phénomène qui se répand
Pour la plupart d’entre nous, cette manie d’accumuler est relativement modérée. Ce qui n’est pas le cas pour les personnes aux prises avec cette compulsion qu’on nomme plus communément « hoarders » (terme américain). Ce phénomène est tel qu’il fait l’objet d’émissions de télévision aux États-Unis. Les images qu’elles contiennent nous permettent de voir l’intimité des personnes aux prises avec un problème sévère d’accumulation. Tant bien que mal les caméramans tentent de se faufiler et d’escalader les montagnes d’objets que les gens ont accumulé durant des années. Beaucoup d’entre nous regardons avec pitié et incompréhension ce triste spectacle sans trop nous demander ce qui se passe dans notre propre maison.

Quand cela devient compulsif
Quand vous assistez chez vous-même ou quelqu’un d’autre l’acquisition excessive de biens qui ne sont pas nécessaires et dont l’accumulation peut entraîner des problèmes sanitaires, de sécurité et de fonctionnement au quotidien, il devient pertinent de se poser certaines questions et éventuellement de consulter. Mais est-il nécessaire d’aller jusque-là pour ressentir un malaise face aux choses qui nous envahissent de plus en plus dans notre foyer, notre sac à main, notre garage?

Qui moi?
Nous avons tous plus ou moins des zones d’accumulation dans notre vie. Tantôt pour des raisons sentimentales, par peur du manque, d’autres fois pour des raisons utilitaires, nous nous accrochons de façon démesurée à un volume grandissant de choses dont il nous est difficile de nous départir. Nous remettons à demain des piles de petites et grosses choses au sujet desquelles nous devons prendre des décisions et surtout en fonction desquelles nous devons agir.

En se comparant à quelqu’un aux prises avec un désordre compulsif d’accumulation tel que présenté à la télévision, il nous est facile de nous dissocier de ces comportements extrêmes voire même spectaculaires. Sans pour autant avoir un désordre compulsif, nous oublions rapidement les 78 rouleaux de papiers de toilette qui reposent dans notre armoire ou bien notre quatorzième paire de gougounes, les outils, rouges à lèvres, gadgets dont nous aurions parfaitement pu nous passer.

Calmer le consommateur en nous
Mais pour cesser l’accumulation, regardons aussi chaque geste qui nous amène à ramener quoi que ce soit chez nous. Il est souvent difficile pour le commun des mortels de maîtriser tous les désirs irrationnels qui l’habitent tant notre environnement social s’évertue à nous pousser à consommer toujours plus et le plus vite possible. Pourtant nous sommes les seuls à pouvoir mettre un stop à l’accumulation excessive dans notre vie. D’autant plus que sous ce comportement se cache souvent quelque chose de plus profond au plan humain.

Les bénéfices de lâcher prise sur l’accumulation :

Gain d’énergie : nous le savons au fond de nous que nous devons le faire et en le remettant continuellement à plus tard nous grugeons nos réserves d’énergie.

Aller de l’avant : il est difficile de laisser entrer de nouvelles choses, situations, relations, opportunités dans notre vie quand elle est déjà pleine à craquer.

Faire circuler l’abondance : dites-vous bien que vos vieilleries sont les trésors de quelqu’un d’autre.

Légèreté et beauté : visuellement et physiquement nous nous sentons et respirons mieux dans un espace libre.

Gain de temps : ne plus être obligé de chercher, de fouiller, de déplacer les nombreuses choses qui encombrent notre quotidien.

Par où commencer?

• Prenez conscience que vous avez accumulé dans une ou plusieurs sphères de votre vie. Choisissez avec soin tout le nouveau qui entre.

• Commencez par un petit « dossier » et, armé de votre nouvelle confiance, allez graduellement vers plus grand. Je vous suggère de ne pas commencer par un garage tellement plein qu’il n’a jamais vu la couleur de votre voiture.

• Demandez de l’aide. Vous avez peut-être une amie, un frère qui pourrait vous aider à vous sentir moins seul devant une tâche qui peut sembler insurmontable.

• Donnez-vous un objectif de temps et d’action réaliste divisé en plusieurs petites tâches.

• Consultez si vous vivez des angoisses et insécurités profondes à l’idée de vous libérer d’une accumulation exagérée qui entrave votre fonctionnement.

Que pourriez-vous sortir dès maintenant de votre aire de vie pour vous rendre plus léger et vous permettre de faire entrer du nouveau?

L’acceptation et le lâcher-prise

Accepter, c’est accueillir tout ce qui est, c’est recevoir ce qui nous arrive, le prendre volontiers, l’embrasser au lieu de s’y opposer. « Accepter, c’est regarder avec tendresse, c’est arrêter la lutte », nous dit Yves Alexandre Thalmann. Accepter, c’est cesser de se battre contre soi-même, arrêter la guerre en soi et autour de soi. Accepter, c’est choisir la paix, c’est transformer l’énergie contenue dans la souffrance en une force intérieure qui nourrit­ la confiance en soi et en la vie; c’est se laisser couler dans le sens de cette énergie comme le font ceux qui pratiquent certains arts marti­aux. Au lieu de s’avouer vaincus ou d’affronter l’ennemi et de le combattre, ils reçoivent le coup, se laissent aller dans son sens pour le neutra­liser. Comme ils suivent la direction de l’énergie et qu’ils ne luttent pas contre elle, ils font peu d’efforts. Ils ne gaspillent pas leur force vitale parce que, par leur geste d’accueil, ils laissent l’énergie circuler normalement, ce qui ne perturbe pas leur harmonie intérieure. Ainsi, ils n’appréhendent pas l’obstacle comme un ennemi, mais comme un allié. Ils ne sont pas passifs. Au contraire, ils agissent avec les difficultés et non contre elles. Ils restent actifs sans combattre et sans capituler, c’est à dire sans résister et sans se résigner. Ils pratiquent l’art de l’acceptation créatrice, l’art de « dire oui » à la vie.

Accepter, c’est en effet dire oui à la vie. « Lorsque vous dites oui à la vie telle qu’elle est, nous dit Eckhart­ Tolle, vous éprouvez un sentiment d’ampleur imprégné d’une paix profonde, (…) ni le bonheur ni le malheur ne vont jusqu’à cette profondeur. Ce sont des vaguelettes à la surface de votre être. La paix sous-jacente demeure imperturbable en vous, quelle que soit la nature de la condition extérieure. » Disons donc oui à ce que la vie nous offre et arrêtons de vouloir tout contrôler par peur de perdre ou par peur de souffrir, sachant que le contrôle est une forme de résistance épuisante qui réduit l’énergie vitale. Paradoxa­lement, plus nous contrôlons, moins nous avons de pouvoir sur nos vies parce que, comme le dit si bien Melody Beattie, contrôler, c’est se fermer à l’inconnu que la vie nous réserve. C’est précisément cette peur de l’inconnu qui nous empêche de changer, de créer notre vie, de devenir créateurs du monde et de connaître les bienfaits de la véritable liberté. Parce qu’elle nous enlise dans la routine et nous maintient dans un état de tristesse et d’ennui, cette peur affecte notre qualité de vie.

Melody Beattie affirme : « Plus vous acceptez de perdre le contrôle, plus vous aurez de pouvoir ». Et le meilleur moyen de lâcher ce contrôle, porteur de tensions, et d’acquérir davantage de pouvoir, est d’accepter ce qui est. Cependant, le pouvoir obtenu par l’acceptation ne résulte pas d’une emprise sur les autres ni sur le monde extérieur. C’est un pouvoir intérieur qui nait d’une capacité à faire confiance à la sagesse profonde, donc d’une capacité  à lâcher prise.

Existe-t-il un lien entre le lâcher-prise et l’acceptation? Que signifie lâcher prise sinon renoncer au contrôle et à la lutte pour finalement accepter ce qui est? Lâcher prise, en réalité, c’est accepter tout et, particulièrement nos limites physiques, psychiques et mentales pour nous abandonner à nos forces intérieures; c’est savoir déléguer à nos ressources spirituelles ce qui dépasse nos capacités rationnelles; c’est en fait se livrer en toute confiance à la présence divine en nous. Lâcher prise, c’est rendre possible l’impossible, mais par d’autres moyens que les moyens habituels.

« Combien de personnes l’ont vécu lorsque, arrivées au bout de la lutte, elles ont tout lâché? Quasi miraculeusement, les situations se sont débloquées, des opportunités sont apparues », nous dit Michel Odoul. C’est donc dire que solliciter nos ressources spirituelles par l’accep­tation et le lâcher-prise pour ensuite utiliser celles de notre volonté pour passer à l’action, c’est emprunter la voie royale qui mène au bien-être intérieur.