Enracinement

Que veut dire l’enracinement? Où est notre sol et de quoi sont faites nos racines?

Ce sont des questions à se poser pour pouvoir faire un enracinement profond et stable.

L’enracinement signifie stabilité, comment être stable dans un monde instable?

Premièrement, nous devons remettre les pendules à l’heure, notre véritable sol est spirituel, donc nos racines doivent faire partie du domaine éternel pour vraiment porter fruit. Il s’agit ici de racine de l’âme et leur origine est évidemment le Père et la Mère Cosmique, car nous savons bien que chaque graine provient d’une source de même essence.

Le problème de nos jours, c’est que dès notre jeune âge on nous enseigne à nous identifier à un numéro d’assurance sociale, à un numéro de classe, à une société, à une nation, on oublie que nous sommes des âmes spirituelles, remplies de conscience, de joie et d’éternité.

On perd la chose la plus précieuse, cette grande force cosmique, notre relation avec la Mère Divine, celle qui prend soin de ses enfants sans attendre rien en retour, la Mère Terre. On apprend à l’école qu’elle est une combinaison de produit chimique; on devrait plutôt nous enseigner à la respecter comme une Mère. Selon les anciennes traditions sacrées, la Terre porte un nom, peu importe la tradition, Gaia, Terra, Bhumi, Mata, ce nom est pour établir notre relation avec Elle, lui dire qu’on la remercie, qu’on l’aime.

Plus nous aimons la Terre Mère, plus nos racines peuvent prendre force et se développer. Cette union est notre véritable assurance. On prend des assurances impermanentes, pourquoi pas établir une assurance réelle, une qui ne coûte rien et qui rapporte énormément? Une bonne affaire n’est-ce pas?

Ce n’est pas un piège, c’est la vérité, si nous suivons les traces des Grands Saints, comme Saint Francis D’Assise, nous serions capables de retrouver la joie parfaite dans la simplicité.

Voici des suggestions pour nous aider à développer des racines profondes : allez marcher dans la forêt pieds nus, sentez les odeurs de la Mère, elle a un parfum inoubliable, allez prendre refuge dans ses bras aussi grands que la Terre, dite à votre Mère : « Je suis ton enfant et aujourd’hui je désire rétablir ma relation avec Toi, je désire me dévouer à ton service, pour le bien de tous les êtres vivants, de tous mes frères et sœurs, car nous avons tous la même Mère et le même Père ».

Un geste qui aide à enraciner cette affirmation est le « Varada Mudra » le mudra de l’exaucement, de l’enracinement et de l’accueil au nouveau.

Selon la tradition, ce Mudra était souvent pratiqué par Buddha, pour rétablir sa force interne, l’union avec contrepartie Divine, la Déesse. Pour faire cet exercice, on se tient debout, on met les bras de chaque côté du corps avec les doigts pointés vers le sol. On recommande de répéter un chant qui nous aide à nous libérer de nos peurs et de finalement vivre une vie en harmonie avec notre véritable essence et avec Dieu, ce chant est le suivant : Om Hari Om.

Ce mantra nous libère du ciment que nous avons artificiellement mis entre nous et la Mère Divine et qui nous redonne accès à l’enracinement éternel.

Lorsque nous rétablissons cette union avec la Terre, nous sommes en mesure de reprendre notre véritable pouvoir et nul n’est en mesure de nous faire peur. Nous avons confiance de ne plus manquer de rien, car notre Mère ne nous abandonne jamais.

Ayez confiance en vous et surtout en qui vous êtes vraiment, nous sommes tous filles et fils de l’Absolu, et donc nous sommes tous éternels. Personne ne peut vous contrôler, vous êtes libre.

Lorsqu’on étudie le système des chakras, on comprend que si notre Muladara (Chakra de la racine) est suractivé, nous allons faire de la surconsommation donc de l’exploitation (usine, industrie de masse, consommation…) et si il est désactivé, au contraire, nous allons être complètement absent.

Le chemin du milieu est notre centre, notre balance interne. Trouvez ce point en vous et essayez de vous harmoniser avec la fréquence du juste milieu et du dévouement. Dédiez-vous à la cause suprême, soyez au service de la Source Divine. Semez de l’amour et vous allez récolter de la joie.

En collaboration avec Patrick Bernard

Le sanskrit : Le langage de l’âme

« La cosmologie contemporaine (l’étude de l’univers considéré comme un tout ordonné) nous parle du moment originel de la création. Je propose qu’on appelle ce mont le « Grand son » (big ring), car l’ancien terme (big bang) est à l’image de la violence et du bruit de notre culture. Le son, la réverbération de cette première note, est la création, dont l’expansion et l’écho n’ont cessé depuis lors, se réverbérant jusqu’à ce jour. » – David Hykes, The Harmonic Choir

Assis en cercle autour d’un feu de camp, près d’une caverne dans les hautes montagnes himalayennes, des anachorètes répétaient des sons, des mantras, créant une atmosphère introspective. Les yeux fermés, il se concentraient sur la source même des pensées et du son pour la réaliser. Ils découvrirent qu’à l’origine de la matière était une vibration, un son : Aum (qu’on épelle aussi : OM). Que tout émanait de cette vibration, si subtile qu’elle ne peut être perçue que par ceux qui possèdent une nature introspective. Ces ascètes découvrirent de cette écoute, de cette extrême concentration une paix intérieure insurpassable, un sens d’universalité, de spiritualité véritable. Ils communiquèrent ceci par des sons plaisants, calmants, riches en sens. La langue sanskrite était née.

L’existence possède des principes éternels, non pas au niveau de la culture, de l’époque, des individus et de leurs particularités, mais plutôt au niveau de la vie, de la nature humaine et de ses mécanismes le plus essentiels. L’essence ne change pas, bien que des milliers d’années sont passées. Et les techniques pour parvenir à la réaliser demeurent identiques. On peut donc dire sans se tromper que le sanskrit s’adapte parfaitement à notre époque.

Étant une langue parfaitement scientifique, le sanskrit possède des sons qui mènent à de profonds états de méditation, de détente et de bien-être. C’est ainsi qu’on peut les utiliser. Ces sons calment le système nerveux et permettent à l’esprit humain de se concentrer. Des études scientifiques ont confirmé ceci. En 1974, par exemple, une étude entreprise par une équipe de chercheurs de l’université de Chicago, The Pritzker School of Medecine, a prouvé que la méditation avec mantras a des effets notables, tels que :

  • Le décroissement de l’hypertension.
  • Le décroissement de l’anxiété.
  • Le décroissement du besoin de tranquillisants et de drogues contre les angines.
  • Le décroissement de l’insomnie.
  • L’amélioration du sommeil.
  • L’amélioration des relations humaines, interpersonnelles ou sociales.

Des milliers d’années après avoir été créé, la langue sanskrite demeure toujours efficace.

L’alphabet Dev Naagri qu’ils développèrent jadis est composé de seize voyelles et de trente-six consonnes; donc de cinquante-deux sons, bien distincts. Ces sons s’entremarient harmonieusement, en faisant une langue qui se chante facilement, et qui engendre tout naturellement une atmosphère de méditation et d’ouverture d’esprit. De braves grammairiens, dont Patanjali lui-même (l’auteur du système du « yoga ») ont établi les lois de la grammaire sanskrite. Mais ils ne perdirent pas de vue l’essentiel, la vie elle-même, et firent que chaque mot comprenne un vaste sens, difficilement représenté par les langues contemporaines. Étudier les mots sanskrits, en soi, consiste à remettre en question tous nos concepts acquis et à se mettre à réfléchir. La vérité se perçoit directement, car elle est en nous. Voici une des pensées premières du sanskrit.

Prenons par exemple le mot Yoga (ce mot ne possède comme terminaison qu’un très petit « a ». Il devrait se prononcer un peu comme le mot vogue, il faut donc prononcer : yogue; nous écrirons ici Yog, sans « a », pour plus de précision). Étymologiquement, le terme yog dérive de la racine yuj « lier ensemble », « unir ». Il faut partir du yog « classique » exposé par Patanjali dans son célèbre traité des yog-sûtras pour comprendre la position du yog dans l’histoire de la pensée indienne. On présuppose une rupture avec notre être intérieur, avec lequel nous désirons nous réunir. Le yog a pour but d’unifier l’esprit, d’abolir la dispersion et les automatismes qui caractérisent la conscience profane. Le yog n’est pas seulement caractérisé par son côté pratique, mais aussi par sa structure initiatique.

Le yog se définit par le titre de ce système philosophique : Patanjali Yog Darshan. Il ne s’agit pas d’un système philosophique typique, au sens occidental, car le darshan vient de la racine drsh : voir, contempler. Bien que l’expérience directe, la perception de la réalité est l’objectif de ce système, il possède aussi des groupements coordonnés de notions des plus utiles et inspirantes pour le méditant. Les yog-sûtras de Patanjali consistent en quatre chapitres. Le premier, contient cinquante et un aphorismes (sutras), le Samaadhi Paad, chapitre sur l’extase yogique, sur l’essence du yog. Le deuxième chapitre comprend cinquante-cinq aphorismes et se nomme le Saadham Paad, les techniques du yog. C’est dans ce chapitre que Patanjali soulève les exercices de yoga tant connus, qu’il nomme le Hatha yog. Ce sont des exercices qui ont pour but d’assouplir le corps humain et d’équilibrer les énergies de feu et de froid (Ha : le soleil, Tha : la lune) qui s’y trouvent. Une série d’exercices des plus efficaces furent ainsi développés. Le troisième chapitre, de cinquante-cinq sutras, traite des pouvoirs, voies externes du yog. Enfin, le quatrième et dernier chapitre, le Kaivalya Paad (Kaivalya signifie la réalisation absolue, la vie universelle) possède trente-quatre versets. Il est intéressant de noter que le mot sutra signifie aussi une ficelle, une corde, une courroie sur laquelle nous grimpons métaphoriquement pour rejoindre la source du principe émis.

Le sanskrit signifie « parfait », terme à l’opposé de Prâkrit qui signifie : « peu soigné, transitoire ». Le sanskrit parle le langage de l’âme. Prâkrit se tourne vers le matérialisme, oubliant l’aspect essentiel de notre être qui est permanent, donc parfait, car il ne change jamais. Notre être intérieur demeure stable et paisible, séjournant au-delà des fluctuations de la nature humaine. Rajouter une dimension spirituelle à notre vie quotidienne nous permet de vivre une vie complète.

Je vous invite donc à explorer cette science introspective élaborée par des individus qui méditèrent de longues années dans le silence. Ils saisirent la nature humaine directement, libre des projections conceptuelles de la science humaine. Ce n’est pas une voie privilégiée, mais plutôt quelque chose de naturel, voire d’essentiel à notre existence. Nous avons tous le même potentiel; et méditer, c’est y accéder directement.

Comment espérer vivre pleinement, avec satisfaction, si on ne connaît pas la partie la plus intime de notre existence? Voici donc l’invitation des sages de jadis, ils nous rappellent qu’en nous il y a une conscience dont le potentiel est immense, une conscience de maître en herbe. Le simple chant sanskrit a des effets remarquables et plaisants. Se tourner vers les aphorismes sanskrits des écritures nous mène vers la plus grande des aventures de la conscience. Chaque verset mérite d’être médité, d’être réalisé. Ce cheminement nous dirige vers la maîtrise de soi, vers une vie réelle, calme et bienheureuse, un objectif digne d’intérêt.

La magie d’être soi-même : une histoire de nombril qui en dit long… (Le cerf musqué du Cachemire)

Lors d’un voyage en Inde où j’accompagnais un groupe de voyageurs, nous sommes allés méditer dans une grotte millénaire, située aux portes de l’Himalaya, tout près de la ville sacrée de Rishikesh.

Tout au long du sentier menant à cette caverne mystérieuse, qui a accueilli en son sein de grands maîtres dont certains y ont même terminé leur vie, mon ami et très sage guide indien K. D. (Kanwar Dhananjai Singh) nous raconta avec tout son humour une bizarre histoire de cerf… La voici, celle du cerf musqué et de son nombril parfumé…

Le Musk Deer ou Moschus Moschiferus se retrouve dans plusieurs forêts du Jammu et du Cachemire. À mi-chemin entre le cerf et l’antilope, on le distingue par de longues canines qui ressortent de la bouche du mâle. Le cerf musqué est en voie d’extinction, car il est très recherché pour ce qu’il a de plus précieux… son nombril.

En effet, le nombril de ce cervidé des montagnes dégage un parfum très recherché qu’on appelle le musc. Cette odeur envoûtante sera d’ailleurs ce qui fera courir l’animal toute sa vie durant. Elle sera en quelque sorte sa raison de vivre. Eh oui! le cerf musqué recherchera durant toute son existence l’origine de ce parfum qu’il porte pourtant en lui dans une glande située sous son abdomen. Vous vous imaginez l’ironie de la chose? Il courra un nombre incalculable de kilomètres à la recherche d’un parfum dont il est pourtant l’origine, dont il porte la source. S’il savait qu’il était le porteur de cette source aromatique qui l’enchante tant, il pourrait cesser de chercher, s’arrêter enfin et en jouir pleinement.

« Ainsi en est-il de l’être humain, conclut notre sage guide indien. Ce dernier porte en lui sa divinité, mais il s’entête à la chercher toute sa vie à l’extérieur de lui, sans jamais la trouver, évidemment. La raison est qu’il ne regarde pas au bon endroit, qu’il cherche sa source ailleurs qu’en son propre centre, comme le cerf musqué de cette histoire. »

Quelle sagesse peut-on trouver dans cette histoire, n’est-ce pas? Et dire que je suis allé de l’autre côté de la terre pour entendre ça, pour comprendre que je recherchais moi-même depuis toujours ce que je portais en moi. Enfin… personne n’est parfait… ou croit qu’il ne l’est pas, devrais-je rajouter. Mais quand on se fait dire depuis notre petite enfance qu’il faut cesser de se contempler le nombril, cela peut porter à confusion, n’est-ce pas? Et si au contraire, nous commencions à nous le regarder tous ensemble, pour faire taire les mauvaises langues qui ne veulent pas qu’on découvre qui nous sommes vraiment?

Je ne parle évidemment pas ici d’« egocratie », mais d’amour de soi, de reconnaissance de soi. Comme me le disait un de mes grands amis, il y a peut-être danger de narcissisme à amplifier son « petit moi », mais il est beaucoup plus louable de le sublimer dans sa Divinité, ce qui est un acte d’amour désintéressé.

Chacun de nous porte Dieu en son centre. Chacun de nous est Dieu – comme a osé l’écrire un jour Lise Bourbeau dans son livre Je suis Dieu. Wow! Vous vous souvenez comment ce titre avait soulevé la controverse à cette époque? Aujourd’hui, je reconnais qu’elle avait raison, et bien du courage de crier ainsi sa vérité au risque de se faire juger. Nous possédons tous les pouvoirs de Dieu, ils sont là. Il n’y a rien à faire, juste les utiliser. Subito presto, simplement, en criant lapin… ou cerf.

On nous a dit à la petite école que nous étions faits à Son image, une copie. Mais nous ne sommes pas une copie, nous sommes un original. Et au lieu d’assumer cette vérité pourtant si simple, je dirais même plus, cette responsabilité, on la renie constamment en courant ici et là, comme le cerf musqué, à la recherche de techniques miraculeuses, d’un sauveur, d’un gourou ou d’une religion qui nous apportera la solution à tous nos problèmes, d’une pierre précieuse ou d’un mantra qui nous mènera vers Dieu. On recherche ailleurs l’odeur de sainteté, alors qu’on la possède tous en nous.

Pourquoi donc aller chercher à l’extérieur ce que nous possédons en nous depuis notre naissance? Pourquoi courir inlassablement après Dieu, le chercher dans les innombrables églises, dans le regard d’un nouveau papus benoîtus, dans des écrits sacrés (ou sacrés écrits), etc.? Pourquoi le prier pour qu’il se manifeste? Il est là, à notre porte, il est même la porte elle-même… Cette quête extérieure m’apparaît aussi inutile que d’aller s’acheter de l’eau en bouteille à l’épicerie, quand une source intarissable d’eau fraîche coule à notre porte. Ah! ce que nous pouvons être bizarroïdes et compliqués, nous les humains! Nous préférons courir comme le cerf musqué, nous épuiser à chercher notre divinité, au lieu de s’arrêter et… puiser à même notre divinité.

Durant la brève demi-heure où j’ai médité dans la grotte de Rishikesh, je me suis enfin arrêté et je me suis contenté de contempler mon propre rayonnement au centre de ma poitrine. Pour quelques minutes, j’étais devenu Dieu, wow! un immense soleil rayonnait en moi et tout autour de moi.

Et maintenant, je dois vous quitter, j’ai un nombril à aller contempler… hihihi!

Recettes pour faire grandir les petites filles

Prenez une petite fille bien mûre, entre 30 et 50 ans, si possible une orpheline affective.  Demandez-lui de se pencher au-dessus d’un lac très calme pour qu’elle voit dans l’eau le reflet de son ego.

Jetez violemment une grosse pierre pour que l’image se trouble et plongez sa tête sous l’eau.  Lorsqu’elle reprend son souffle, souriez en voyant toutes les algues de son inconscient, accrochées à sa chevelure et peignez-la comme si vous touchiez des diamants.  Offrez-lui un miroir muet qui ne répondra plus jamais à la stupide question de savoir qui est la plus belle.  Enlevez-lui sa belle robe de faux Soi qui plaisait tant à sa mère, mais qui l’empêchait de courir comme une petite fille sauvage.  Lavez-lui les yeux à l’eau de violette qui purifie les croûtes de l’amour fusion et emmenez-la loin du royaume maternel, en prenant bien soin d’oublier de dire merci.

Si, au premier carrefour, vous rencontrez un prince charmant, ne vous laissez pas distraire : embrassez-le de suite, il redeviendra crapaud.  Puis, amenez la petite fille au sommet du donjon où le père est resté caché, par peur de montrer qu’il n’est pas un vrai roi.  Enlevez-lui son armure de chevalier de l’idéal, pour qu’elle voit la face cachée d’une homme tout à fait normal, capable d’être vulnérable.  Si le père est mort bien trop tôt, versez un litre de larmes sacrées sur la tête de la fillette, pour effacer des années d’attente qui ne seront jamais comblées.  Cherchez sur les étagères, ce baume d’amour inconditionnel que les pères égarent toujours.  Si vous ne le trouvez pas, remplacez par le mantra « je suis aimée pour ce que je suis » et jetez à la poubelle le populaire 33 tours de « je t’aime quand tu seras ».  Notez bien l’adresse de la grand-mère écrite sur la porte du donjon, prenez rendez-vous le plus tôt, car le chemin sera encore long avant d’arriver à la cicatrisation.  Le cœur des petites filles guérit plus doucement que celui des garçons.

Puis, partez en claquant la porte, le bruit étant parfois la solution pour réveiller les cœurs en chagrin.  Amenez la jeune fille au milieu de sa clairière où elle peut voir qu’hier est vraiment clair.  Dans les branches d’un grand hêtre, choisissez une robe de vrai Soi.  Couvrez la belle du parfum Courage où se mêlent les fragrances de liberté et de responsabilité.  Maquillez ses yeux d’un trait noir directement relié à son âme.  Passez au magasin des anges et assurez-vous que celui qui lui convient est toujours libre pour l’accompagner dans sa vie de grande.

Éloignez-vous délicatement en contemplant cette personne qui n’a plus du tout envie d’être une petite fille depuis qu’elle a goûté aux épices de la vraie liberté : être bien avec Soi pour prendre le risque de perdre tout ce qui rime trop avec Moi.

Et si, sur le chemin du retour, vous rencontrez quelqu’un qui vous demande : « Mais pourquoi voulez-vous faire grandir les petites filles? ».

Dites simplement « Pour qu’elles cessent de jouer à la maman toute leur vie en croyant que c’est cela être femme! ».

Jetez une pincée de rire avant de vous enfuir.

Et savourez à toute heure.

La contemplation, une façon de ralentir pour gagner du temps!

Dans un effort pour retrouver « mes esprits », j’ai redécouvert dernièrement la valeur incroyable et la richesse de créativité et de ressources auxquelles j’accède en consacrant 20 à 30 minutes de mon temps à la contemplation tous les jours.

La réalité telle qu’on la connaît cache une Réalité beaucoup plus vaste qui la sous-tend et à laquelle on accède seulement quand on prend le temps de s’arrêter et de prendre contact avec le courant intérieur. On peut alors cesser de se buter sur les mêmes obstacles pour découvrir des réalités et des solutions qui génèrent de réels changements. Einstein disait qu’on ne peut pas régler les problèmes à partir du même mode de pensée avec lequel on les a créés. Un vrai changement nécessite un changement de perspective, de conscience.

La contemplation me permet de m’élever au-delà du flot incessant des exigences, des défis et des préoccupations journalières, où je me perds à l’occasion, pour mieux voir la situation. Un peu comme si perdue en forêt, je montais dans un arbre pour observer d’en haut quels sont les meilleurs chemins à prendre pour atteindre la clairière.

Une occasion également de sortir du courant de la conscience sociale pour prendre contact avec un courant intérieur qui me connecte à la dimension créative d’Âme que je suis. J’y suis guidée vers des lectures, des personnes ressources, un geste d’amour à poser durant la journée, une façon différente d’aborder une situation où un lâcher prise libérateur. Je lisais dans The Art of Spiritual Dreaming (1999) « l’Âme… (page 199) ne peut travailler si vous paniquez. L’anxiété ferme les centres de créativité. Quand vous ne pouvez penser, tout ce que vous tentez de faire se transforme en une série d’erreurs. Si vous ralentissez, le principe spirituel peut commencer à s’exprimer à travers vous de façon à ce que vous puissiez trouver la solution au problème qui vous concerne ». (traduction libre)

Paradoxalement, c’est en ralentissant et en reprenant ma pratique de contemplation journalière que j’avance le plus dans la prise de conscience d’attitudes à changer, que j’arrive à voir derrière l’illusion, à « télécharger » (comme le dit Julia Cameron dans son livre The Artist’s Way, 1992) sous forme d’intuitions et d’inspirations, la guidance inspirée des mondes intérieurs pour m’en servir dans mon quotidien.  Dans cet espace calme et détaché, je découvre des façons de prendre soin de moi, d’améliorer mon existence et celle des autres.

La contemplation est un exercice simple et puissant qui est pratiqué dans plusieurs cultures et qui consiste à se retirer des activités du quotidien pour s’accorder un temps de solitude et de réflexion. « Nous sommes si agressés par le bruit que nous ne maîtrisons plus l’art de la contemplation. Notre âme subit les conséquences de la diminution de notre capacité d’attention… contemplare, dérive de… templum…, soit « temple », et signifie « observer avec attention ». (Gelb, 1999)

Voici comment je la pratique :

  1. Je prends l’habitude à tous les jours de m’asseoir à heure régulière (matin ou soir) dans un endroit tranquille pour 20 à 30 minutes.
  2. Après quelques bonnes respirations, je mets mon attention sur le troisième œil (œil spirituel ou l’écran mental). Je rentre alors dans un état de relaxation en tournant mon attention graduellement vers l’intérieur (une façon d’apprendre à changer le monde de l’intérieur plutôt que de l’extérieur) où je laisse l’inspiration me guider.
  3. J’utilise ce temps de contemplation pour :
    • Revoir les rêves faits la nuit précédente.
    • Parcourir des extraits de mon cahier de rêve et faire des liens avec des événements de ma vie courante.
    • Réfléchir sur mon journal de réflexion et prendre la distance avec les événements qui me troublent ou revenir sur les éléments dont je n’ai pas encore compris le sens.
    • M’abandonner à la guidance par rapport à une situation particulière en m’arrêtant sur un extrait de livre ouvert au hasard pour trouver une réponse.
    • Écrire une lettre à mon guide par m’aider à résoudre un problème et observer la réponse durant la journée qui suit.
    • Varier mes contemplations à partir d’un livre d’exercices spirituels pour développer ma créativité d’Âme ou tout simplement utiliser mon imagination pour inventer de nouveaux exercices.
  4. J’accompagne cette contemplation d’un chant sacré, le chant du HU, (un ancien nom de Dieu, se chante : you… you…) un mantra qui élève ma conscience et qui m’apporte réconfort et protection.
  5. Je prends note des informations qui me viennent en contemplation pour les utiliser plus tard dans ma journée ou pour améliorer certains aspects de ma vie.

J’approche ce temps de contemplation comme une rencontre privilégiée avec le divin et je respecte ce temps de rencontre avec autant d’engagement que mes rendez-vous quotidiens. Ça donne une toute autre couleur à ma journée, à ma vie.

Cette contemplation, je la poursuis parfois durant ma marche au bureau, en écoutant la musique dans l’auto, en restant attentive aux rêves éveillés et aux paroles de sagesse que les gens me lancent souvent sans s’en rendre compte durant la journée et qui m’apportent des éclaircissements sur des situations demeurées sans réponse. Avec le temps, j’ai fait de la contemplation un exercice continu.

Une façon de ralentir qui me fait gagner beaucoup de temps.

Bonne contemplation!

Références :

Klemp, Harold, The Art of Spiritual Dreaming, ECKANKAR, Minneapolis, 1999

Gelb, J. Michael, Pensez comme Léonard de Vinci, Les Éditions de l’Homme, 1999

La voix, un phénomène surtout affectif?

De tout temps, la voix accompagne les rituels des différentes cultures et régions du globe : chant grégorien, mantras, chants de guérison des chamans, yoga, prières, etc. Rien de surprenant… la voix est un phénomène si naturel! L’homme semble avoir su d’instinct qu’elle le relie à son âme et au divin. Mais qu’en est-il du fait que la voix soit un phénomène surtout affectif?

Imaginez une roche qu’on jette à l’eau. Vous voyez des cercles concentriques qui s’étalent jusqu’à disparaître.

Le son est une onde vibratoire qui résonne et s’amplifie selon des lois similaires. Son destin est de se propager dans l’espace et de s’épanouir. Avec un peu d’attention, on peut entendre si la voix se diffuse librement ou si elle reste étouffée.

Bien qu’elle soit une réalité volatile, intangible, notre voix n’est pas déconnectée de ce que nous sommes, de ce que nous portons en nous comme expériences de vie. Comment faire pour être à l’aise lorsque je lui parle? Pourquoi ma voix est-elle coincée dans ma gorge quand je chante plus fort? Comment faire pour aimer ma voix? Nos émotions, ce que nous ressentons dans notre corps – ou ce que nous ne ressentons pas – a un lien intime avec la nature et la qualité de notre voix.

La voix ouvre sur le monde de l’émotion et de la relation
Toute personne qui parle, ou chante, peut se retrouver confrontée à des questions semblables puisque parler ou chanter nous place dans un contexte où nous avons à nous « produire devant », à révéler quelque chose de nous. Ce faisant, toutes sortes de sensations et d’émotions se réveillent en présence de l’autre personne. La gêne, la pudeur peuvent représenter un frein important. N’est-il pas plus facile de chanter seul dans son bain? Et le corps se souvient, en deçà de la cons­cience, d’interdits ou de semonces du genre : « Baisse le ton! », « Cesse de crier! », « Pas si fort! » Dans ce contexte, le phénomène qui se produit est davantage d’ordre relationnel. La voix est « gardée » à l’intérieur, retenue, la semonce toujours vivante, inscrite dans le matériau corporel et dans l’inconscient.

Pour différentes raisons, il s’avère que le corps s’organise – avec le concours des muscles, tendons et compagnie – pour retenir le son, inhiber l’expression et, ultimement, enfermer l’individu dans une solitude parfois difficile à supporter et génératrice de maux divers.

Tout en étant un instrument musical et de communication qui peut se travailler, se peaufiner, la voix est fondamentallement relationnelle.

Et quelle aventure que d’explorer ses fondements, son assise (le souffle) et sa résonnance! Partir à la décou­verte de l’univers intérieur qui s’est construit en interaction avec l’environnement de l’enfance, c’est reprendre possession de soi, de ses moyens, de son héritage. Ce qui était enfoui dans l’oubli renaît, se met à vivre dans le cadre d’une relation. Pour certains, chanter délie la langue, met des mots dans la bouche pour la première fois, « débloque » le canal d’expression.

Au moyen du dialogue et du par­tage, les sensations et émotions s’intègrent comme points de repère. La détente que procure un souffle profondément ancré dans l’être est aussi émotionnelle que psychique. Une place se fait dans le corps et se répercute dans le rapport entretenu avec autrui et avec le monde. De plus, acquérir cette capacité d’intériorisation et d’expression mène sur le chemin de ce qu’est réellement l’intimité tant recherchée.

Le Tantra de Jung :  l’exploration symbolique de l’âme 

« Votre vision ne deviendra claire que lorsque vous regarderez dans votre cœur. Qui regarde au dehors, rêve. Qui regarde en soi, s’éveille ».
Carl G. Jung

Issus de cultures et d’époques très éloignées, le Tantra indien et la psychologie analytique jungienne livrent un message d’une étonnante similitude. Ces deux voies de connaissance nous rappellent que l’épanouissement psychospirituel est une aventure nécessaire mais paradoxale, hautement symbolique, qui exige curiosité, courage… et une capacité quasi apnéique à explorer les profondeurs de l’âme.

Les travaux visionnaires du psycha­nalyste Carl Jung (1875-1961) ont marqué la pensée occidentale. Son exploration de l’âme humaine (la psyché) l’a conduit à formuler un certain nombre d’hypothèses capitales, fruit d’une démarche rigoureuse et empirique. Pensons aux notions de synchronicité, d’archétype ou d’inconscient collectif, passées depuis dans le langage courant. À une époque où le matérialisme scientifique dominait les esprits, l’œuvre révolutionnaire de Jung élucidait la réalité de la psyché, invitant chacun à s’engager dans la grande aventure de la connaissance de soi. Selon Jung, se connaître, c’est accepter le dialogue déstabilisant avec l’inconscient afin de favoriser l’individuation, le processus de maturation psychique qui permet  de devenir pleinement soi-même.

L’œuvre de Jung, empreinte d’anthropologie, d’alchimie et de religion, est l’écho moderne d’une quête archétypale et universelle : l’exploration de la conscience. Depuis l’aube des temps, l’homme cherche en effet à pénétrer le mystère de son existence. Pourquoi vivons-nous? Qui sommes-nous réellement? Comment échapper à la souffrance et accéder à un bonheur authentique? Les réponses à ces questions, c’est éventuellement en lui-même que l’homme s’est résolu à les chercher, désillusionné par l’impermanence et l’inconstance du monde. Par cet acte radical de conversion, c’est-à-dire de retour à son intériorité, l’homme s’est ouvert à la possibilité de résoudre l’énigme de son existence.

Jung est ce que la tradition tantrique appelle un Rishi, un être éveillé aux vérités subtiles de la vie. Dans l’Inde ancestrale, les Rishis consacraient déjà leur existence à l’exploration de la psyché, recourant à des disciplines aussi variées qu’intenses. Cette vie ascétique générait en eux une énergie grandissante et purificatrice qui, tel un feu intérieur, symbolisait l’attisement de la nature réelle de l’homme.

Les disciplines ésotériques regroupées sous l’appellation de Tantra imprègnent la culture indienne depuis des millénaires. Étymo­lo­giquement, la fonction du Tantra est de libérer et d’élargir la conscience humaine. Dans l’univers tantrique, l’adepte doit ainsi s’affranchir de ses conditionnements et actualiser sa nature véritable. Le problème fondamental qui afflige l’homme est l’ignorance (avidya). Cette ignorance­ n’est pas d’ordre intellectuel mais ontologique : hypnotisé par le monde des apparences, l’homme souffre d’aliénation et oublie son  essence. Cette ignorance le con­damne à recher­cher vainement le bonheur dans les possessions, les relations ou les honneurs, alors qu’ironiquement le trésor qu’il convoite est enfoui au cœur de  sa psyché.

Tout comme la psychologie des profondeurs jungienne, le Tantra est une voie d’exploration de l’âme qui cherche à en révéler les potentialités latentes. L’ascèse tantrique (sadhana)­ permet d’instaurer une relation dynamique avec la source de vitalité et de conscience, le Soi authentique.

Selon Jung, la connaissance de soi nécessite d’entendre la voix de l’inconscient, dont le langage est éminemment symbolique, prélogique et archaïque : il se manifeste ainsi dans nos rêves, nos élans créatifs, les synchronicités ou les symptômes qui nous agitent. Devenir pleinement­ soi-même, c’est s’engager dans l’alchimie des émotions, intégrer sa part d’ombre et se réapproprier les énergies de peur, de résistance et  de chaos qui nous tyrannisent.

L’adepte tantrique ne rejette rien lui non plus, car ultimement tout est l’expression d’une seule et même énergie divine. Il convient non pas de réprimer, mais d’accueillir et d’intégrer le matériel psychique. Le Tantrika crée donc lui aussi une relation avec les forces archétypales de la psyché, symbolisées par la pléthore de divinités hindoues. Il utilise pour ce faire des techniques souvent déroutantes pour le non-initié : méditations, rituels, récitation de formules mystiques (mantras), contemplation de structures géométriques sacrées (yantras)…

Le Tantra indien et la psychologie jungienne proposent ainsi une vision d’une fascinante parenté, qui éclaire le chemin difficile mais nécessaire que l’homme doit parcourir vers la découverte de son âme : celui de la voie symbolique et du dialogue avec notre intériorité.