À quoi servent les émotions?

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi servent nos émotions? Pas facile de répondre à cette question. D’aucuns pourront rétorquer qu’elles sont une nuisance, mais ils sont incapables de dire à quoi elles servent. Et pourtant, elles ont des raisons d’être très importantes pour nous aider à créer une vie agréable.

Alors, pourquoi est-il si important de connaître la réponse? Parce que les émotions sont notre système de guidage. Ce système est fait pour nous laisser savoir que nos besoins ne sont pas comblés et nous motive à prendre les mesures nécessaires pour les satisfaire. Lorsque nous ignorons nos émotions, nos besoins ne sont pas satisfaits, et nous devenons frustrés.

Il est important de savoir que toutes nos émotions sont bonnes. Eh oui, vous avez bien lu, toutes sans exceptions sont bonnes, même si certaines sont perçues comme mauvaises, notamment la tristesse ou la colère que les gens ou la médecine moderne veulent neutraliser au moyen de médicaments.

Comme société, nous avons perdu de vue la signification de nos émotions. Nous avons une longue tradition de suppression des émotions. Prenons les premiers colons, qui vivaient dans des circonstances difficiles; ils devaient ignorer la douleur émotionnelle et faire ce qu’il fallait pour survivre. Si nous regardons les gens que nous prenons comme modèles, bien souvent, ils sont stoïques. Plusieurs ont été élevés dans des familles où exprimer ses émotions n’était pas permis (je vais t’en donner une raison de pleurer!). Dans certaines familles, il n’est pas permis d’être trop heureux ou optimiste, car cela peut seulement apporter le désappointement. L’enfant apprend très jeune qu’exprimer colère ou peur n’est pas permis et s’entraîne à réprimer ses émotions. Les garçons apprennent qu’ils ne doivent pas pleurer. Les filles apprennent qu’exprimer la colère n’est pas féminin. Cette négation ou répression des émotions refait surface à l’âge adulte sous forme de toxicomanie, de compulsions ou de problèmes de santé.

Les émotions sont générées dans notre subconscient, tandis que notre inconscient génère les sensations que nous associons aux émotions. Notre subconscient est comme une vaste banque de données. Il contient toutes nos expériences et croyances et provoque des réactions émotionnelles suivant nos expériences passées, croyances, perceptions et le sens que nous donnons à ces expériences.

Comme on l’a vu plus tôt, toutes nos émotions sont bonnes, car elles constituent une forme de communication. Quand elles sont comprises, elles fournissent de l’information qui nous est bénéfique. Pour bien comprendre, utilisons la métaphore du tableau de bord d’une auto. Une auto a besoin d’essence et d’huile pour bien fonctionner. Pour s’assurer que l’on réponde à ces besoins, l’auto est munie d’un tableau de bord dont les cadrans et les voyants lumineux nous indiquent si tout va bien. Lorsque le voyant d’huile s’allume, c’est pour nous avertir que le niveau d’huile est trop bas et qu’il faut remplir le réservoir. Nous sommes comme des autos : nous avons des besoins qui doivent comblés pour bien fonctionner. Pour une auto, c’est facile. Le voyant d’huile s’allume, et le mot « oil » est même écrit dessous. On va au garage et on remplit le réservoir. Malheureusement, nos émotions ne viennent pas avec une petite étiquette, et nous avons perdu la capacité de comprendre le langage des émotions. Sachons que nos émotions nous indiquent quel besoin doit être comblé. Se sentir bien est signe que les moyens que nous avons pris pour satisfaire un besoin ont été efficaces. Se sentir mal est signe qu’un besoin n’a pas été satisfait et est une invitation à passer à l’action pour satisfaire ce besoin.

Donc, nos émotions nous fournissent l’information, l’orientation et la motivation nécessaires pour nous aider à vivre et à créer une vie satisfaisante. Par exemple, si vous vous sentez seul, cette douleur émotionnelle est là pour vous faire savoir que vous ne répondez pas à votre besoin d’être en relation amicale ou amoureuse. Il n’y a pas un sac de chips ou une tablette de chocolat qui puisse combler ce besoin. Il faut passer à l’action.

L’accompagnement spirituel… chemin de libération

Il existe, de nos jours, plusieurs pistes qui sont proposées afin de nous permettre de bien trouver une réponse à nos questionnements existentiels ainsi qu’à nos problèmes ponctuels. L’«accompagnement spirituel » est une solution qui existe parmi toutes les pistes suggérées dans la société afin de permettre aux personnes de retrouver le chemin de la dignité et de l’épanouissement. S’il permet souvent de trouver une réponse ponctuelle à un problème­ actuel, il favorise surtout, au rythme­ de chacun(e), une rencontre profonde­ avec soi, avec l’A(a)utre et avec la Création.

L’accompagnement spirituel repose sur trois importantes prémisses de base :

  • C’est dans une relation que les personnes ont été blessées, et c’est par une autre relation signifiante qu’elles pourront retrouver le chemin de la Vie et de la Paix intérieure.
  • L’accompagnateur(trice) aide la personne à libérer toute la dimension spirituelle, car…
  • toute son approche, son attitude, son éthique, sa manière d’être reposent sur sa conception de l’être humain, même si la personne accompagnée n’en est pas nécessairement consciente.

L’accompagnateur reconnaît que la personne qui est devant lui n’est pas uniquement un corps et une psyché (une psychologie et une intelligence), mais qu’elle porte au plus profond d’elle-même une autre dimension qu’on pourrait qualifier de « cœur profond » où habite « une haleine de vie », un souffle de vie qu’on identifie difficilement, mais qui guide nos choix pour répondre à nos besoins les plus fondamentaux. Ce souffle de vie intérieur que nous sentons porte plusieurs noms : Dieu, Esprit, énergie, etc…

L’important dans une démarche d’accompagnement spirituel n’est pas de convaincre d’adhérer à une forme de pensée ou à une religion, mais bien d’être avec l’autre afin de bâtir une relation qui permettra à « l’être parole » qu’est la personne accompagnée d’advenir et de favori­ser une marche de libération­ sans aucun prosélytisme. L’accompa­gnateur spirituel n’est pas un coach de vie, un psychologue, un thérapeute ni un directeur de conscience. Il est une présence, une écoute qui permet à la personne de vivre une désaliénation qui l’a positionnée dans un enfermement dont il est difficile de sortir.

La personne accompagnée ne sait plus qui elle est. Sans s’en rendre compte, elle a mis en place tout un système en fonction de la perception qu’elle a d’elle-même et des interprétations et jugements des autres. Elle porte une souffrance bien enracinée qui, au cours de son histoire, l’empêche de se conscientiser et l’empêche d’adhérer en toute liberté à son identité propre.

Dans le cadre d’une démarche d’accompagnement spirituel, la personne est appelée à se transformer, et non à changer, par la mise en lumière de ses charismes et de son désir profond, qu’elle pourra définir grâce aux découvertes qu’elle fera, et arrive ainsi à « voir autrement » la beauté de LA Vie et de SA vie. Elle se réalise progressivement en suivant tout un cheminement personnel fait de choix de vie, de doutes, de risques, etc…

Accompagner et décider d’être accompagné, c’est faire le choix de marcher ensemble afin d’entreprendre et de parcourir un trajet commun qui amène à l’affranchissement mutuel par le partage.

L’accompagnement spirituel s’adresse à toute personne en recherche, peu importe où elle se situe dans sa quête spirituelle. Un sentiment profond m’habite : j’ai la ferme conviction qu’il existe en chaque être humain une part constitutive essentielle qui se nomme… la dimension spirituelle et qui est la source de toute transformation vers la Vie. Il ne reste qu’à « oser » un voyage dans le monde merveilleux de sa propre vie et à goûter ainsi à LA VIE.