Myriam ou la dimension sacrée du féminin

Interview avec Jean-Yves Leloup

Il y avait longtemps que le personnage de Marie-Madeleine m’interpellait.  Il faut croire que sans bien le comprendre, je pressentais la force de ce symbole féminin par excellence.  En tout cas, depuis le jour où j’ai reçu l’éclairage de Jean-Yves Leloup sur ce personnage mythique, je ne cesse de découvrir les multiples facettes de la Marie-Madeleine en moi et de me mettre au défi de vivre les prises de conscience que cela suppose.  Tout un contrat, vous verrez!  Et en même temps, un chemin fabuleusement transformateur…

Prêtre orthodoxe d’origine française, docteur en psychologie, en philosophie et en théologie, Jean-Yves Leloup est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages hautement inspirés et chaudement accueillis par le public.  Cet homme à l’intelligence du cœur peu commune s’est rapidement intéressé au personnage de Myriam de Magdala (Marie-Madeleine), d’abord dans le cadre d’une démarche personnelle, puis en tant qu’érudit.

Q.  Jean-Yves Leloup, comment vous êtes-vous intéressé au personnage de Marie-Madeleine et à ce qu’elle symbolise?

R.  Cela s’est produit lorsque j’ai visité la Sainte-Baume, en Provence, qui est un lieu sacré dédié à la présence de Myriam de Magdala.  On peut dire que Myriam est l’incarnation du féminin face à la présence du personnage de Jésus, lequel est l’incarnation du masculin.  Tout cela est à réconcilier : que l’on soit de sexe masculin ou féminin, retrouver en soi le féminin sacré passe d’abord par une réconciliation psychologique et même physique avec sa propre mère, avec sa propre matrice.  Tant qu’on n’a pas rencontré son propre féminin ou son propre masculin, on le projette sur l’autre.  Quand on a l’impression de connaître quelqu’un depuis très longtemps et qu’on a ce que l’on appelle un coup de foudre, c’est en fait une partie ignorée de nous-même qui réagit.  La personne aimée nous aide à découvrir ce féminin ou ce masculin qu’on ne connaissait pas.  Lorsqu’on a retrouvé cet autre aspect en soi, il arrive alors qu’on se demande ce qu’on peut bien faire avec cette même personne!  Mais c’est peut-être justement le moment où on va commencer à l’aimer vraiment et à ne plus la considérer comme la projection d’une partie de soi-même.

Q.  Vous voyez donc le personnage de Marie-Madeleine comme un symbole non seulement spirituel, mais aussi purement psychologique?

R.  Je crois que cela a d’abord été une démarche psychologique de connaissance de moi-même à partir des différentes polarités, ce qu’on appelle « l’Anima » chez Jung.  Mais à côté du féminin spirituel, un féminin sacré; on parlera de la Sophia, c’est-à-dire de la sagesse.  Je crois que c’est en se réconciliant avec la dimension féminine de l’être que l’on se réconcilie avec sa dimension spirituelle.  C’est Graf Dürckeim qui disait que le chemin vers le spirituel passe par la reconquête de la dimension féminine, contemplative, creuse : la coupe qui accueille l’Être, le Graal.

Q.  On parle de l’Anima et de l’Animus en psychanalyse, du yin et du yang dans le Tao, mais dans l’enseignement chrétien, il me semble qu’on en parle très peu, hormis peut-être les personnages de Marie et Joseph?

R.  Dans la tradition chrétienne, c’est le personnage de Marie, la mère de Jésus, qui a pris toute la place.  Nous avons tous à vivre ce que Marie a incarné dans sa réceptivité.  Marie, c’est la terre, c’est le cosmos, c’est la matière qui accueille le Verbe, la formation créatrice.  Chacun de nous est appelé à devenir une Mère de Dieu, c’est-à-dire à mettre Dieu au monde.  Cela peut sembler un peu curieux que pour devenir mère, il faille devenir vierge!  Lorsqu’on dit que Marie est vierge, ce n’est pas dans le sens anatomique ou physique du terme, mais c’est la virginité de l’esprit, du cœur.  Dans ce silence du cœur, du corps, de l’esprit, une autre conscience peut naître, le verbe peut naître.

Q.  Dans l’imaginaire de bien des gens, Marie-Madeleine est en effet la prostituée.  Dans vos livres, vous remettez les pendules à l’heure sur ce point.

R.  Nulle part dans les Évangiles, il n’est question de Myriam de Magdala comme une prostituée.  C’est une création de l’Église qui est apparue par la suite.  Myriam était considérée comme une pécheresse, comme quelqu’un de hors-la-loi, qui n’entre pas dans les normes de la religion, dans la société de son époque.  La raison en est qu’elle cherchait la connaissance par l’étude de la Torah et des Écritures, un domaine réservé aux hommes.  Les femmes devaient rester à la maison, s’occuper des enfants et du ménage, et voilà qu’apparaît une femme libre à la recherche de la Connaissance.

Q.  Croyez-vous que les gens sont maintenant prêts à comprendre que ces métaphores s’adressent à des aspects intérieurs de nous-mêmes?

R.  Bien sûr, les écrits sacrés sont des écrits symboliques où Marie n’est pas simplement un personnage de l’Histoire, mais elle représente un archétype.  On pourrait dire qu’elle incarne le « oui originel ».  On parle toujours du péché originel, mais on peut aussi parler de la grâce originelle :  de cet état de Oui qui précède tous les Non.  Dans nos vies, le Oui consiste à découvrir ce qui est plus profond que notre premier Non, c’est-à-dire à trouver ce qui est plus profond que la peur.  Trouver le féminin sacré en nous, c’est découvrir en nous le « Oui à la vie », le « Oui sans peur ».  Chacun de nous a à découvrir en lui-même la Marie de son être, le féminin de son être.  On pourrait dire que chacun de nous a à vivre l’Immaculée conception, c’est-à-dire le silence immaculé qui conçoit le Verbe.  Il y a ce que l’on conçoit parce qu’on l’a appris, on l’a médité, on l’a lu, on l’a acquis.  Et il y a aussi ce qui est conçu à partir du silence, c’est ce qu’on appelle une Immaculée conception.

Q.  À quoi pourrait ressembler une société où le féminin reprendrait tout à coup ses droits?

R.  Ce serait une société beaucoup plus tranquille.  Ce ne seraient pas les valeurs de production et la réussite sociale qui compteraient.  L’important n’est pas d’être riche et d’avoir beaucoup.  L’important, c’est d’être et d’être riche dans ses relations.  Ne pas avoir peur du silence, de l’espace dans lequel la vie apparaît.  Se réconcilier avec le féminin, c’est se réconcilier avec la vacuité, avec cet espace dans lequel apparaissent toutes choses.

Ce que la vie m’a appris

Je devrais plutôt tenter de dire ce que les rencontres, les séparations, les découvertes, les éblouissements comme les désespérances m’ont appris dans le sens de me découvrir, de me construire, d’influencer le déroulement de mon existence.

J’ai ainsi appris que la vie n’est faite que de rencontres et de séparations et qu’il nous appartient de les vivre en acceptant de nous responsabiliser face à chacune.

J’ai appris encore qu’il y a toujours une part d’imprévisible dans le déroulement des jours et donc qu’il m’appartenait de savoir accueillir les cadeaux inouïs ou les blessures qui peuvent surgir dans l’immensité d’un jour.

J’ai appris bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l’instant, à ne pas rester enfermé dans mon passé ou me laisser envahir par des projections sur un futur trop chimérique.

J’ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la Vie d’être présente en moi et autour de moi, à l’honorer chaque fois que cela m’est possible, à la respecter en toute occasion, à la dynamiser avec mes ressources et mes limites.

J’ai appris difficilement à m’aimer, non d’un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation était grande) mais d’un amour de bienveillance, de respect et de tolérance.

J’ai appris avec beaucoup de tâtonnements à me respecter en osant dire non quand je suis confronté à des demandes qui ne correspondent pas à mes possibles ou à ma sensibilité.

J’ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d’un oiseau, comme dans le geste d’un enfant pour tenter de capter le vol d’un papillon ou encore dans le sourire d’un vieillard qui croise mon chemin.

J’ai appris patiemment que nul ne sait à l’avance la durée de vie d’un amour et que toute relation amoureuse est une relation à risques. Des risques que j’ai pris.

J’ai appris douloureusement que je n’avais pas assez pris de temps pour regarder mes enfants quand ils étaient enfants, que j’aurais dû savoir jouer et rire avec eux, plus souvent et surtout chaque fois qu’ils me sollicitaient, que je n’avais pas su toujours les entendre et les accueillir dans leurs attentes profondes et surtout que j’avais trop souvent confondu mon amour pour eux avec quelques-unes de mes peurs tant je voulais le meilleur pour eux, tant je désirais les protéger des risques (que j’imaginais) de la vie.

J’ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s’accélérait en vieillissant et qu’il était important non pas d’ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années.

J’ai appris malgré moi que je savais beaucoup de choses avec ma tête et peu de choses avec mon cœur.

J’ai appris que je pouvais oser demander si je prenais le risque de la réponse de l’autre aussi frustrante ou décevante qu’elle puisse être, que je pouvais recevoir sans me sentir obligé de rendre, que je pouvais donner sans envahir l’autre et refuser sans le blesser.

J’ai appris sans même le vouloir, que j’avais des besoins et qu’il ne fallait pas les confondre avec des désirs.

J’ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre tout l’inutile dont je me suis encombré pendant des années.

J’ai appris joyeusement à planter des arbres, c’est le cadeau le plus vivant que je peux faire jusqu’à ma mort à cette planète merveilleuse qui a accueilli mes ancêtres et surtout mes géniteurs.

J’ai appris doucement à recevoir le silence et à méditer quelques minutes chaque jour pour laisser aux vibrations de l’univers la possibilité de me rejoindre et de m’apprivoiser encore un peu. Oui, j’ai appris beaucoup et pourtant je cherche encore l’essentiel.

Oser être un bon compagnon pour soi – Un beau cadeau

En découvrant que la personne avec laquelle nous passons l’essentiel de notre vie, c’est nous-même!

En se rappelant que la pire des solitudes n’est pas d’être seul, mais de s’ennuyer en sa propre compagnie!

En acceptant d’entendre que la violence la plus subtile que nous pouvons nous infliger est de ne pas se respecter en se laissant définir par les peurs ou les désirs de l’autre!

En prenant le risque de dire un oui qui soit réellement un oui qui nous engage ou un non qui corresponde à notre ressenti et à nos limites. En veillant à rester en accord avec le meilleur de nous.

En accueillant le présent comme un PRÉSENT, et chaque manifestation de la vie en nous et autour de nous comme l’équivalent d’un miracle unique.

En n’oubliant pas que même s’il arrive à des événements, de se présenter sous leurs aspects les plus négatifs, ils contiennent aussi une part de lumière qui peut éclairer nos zones d’ombres.

Notre existence a besoin de tout notre amour pour nous révéler et nous permettre d’accéder au meilleur de nos possibles. Oser être un bon compagnon pour soi-même, c’est un beau cadeau à se faire à soi et à tous ceux que nous aimons.

Le plaisir au quotidien

Plus de plaisir et de loisir au quotidien…Comment faire?

En 1970, j’ai tellement acheté l’idée de la société des loisirs que j’ai fait mon cours en techniques de loisirs. Vous dire comment l’idée me séduisait! Le plaisir et le loisir, j’en ai fait une profession!

Et du temps de loisir, j’en ai toujours eu à vendre! Encore aujourd’hui! Comment est-ce possible?

La plus grande source de plaisir à mon avis est dans la réalisation de soi et dans les relations que nous entretenons. D’où l’importance de faire un travail qui nous plaît vraiment au lieu de choisir une carrière, un conjoint, des amis (si, si, si…!!!) en fonction du salaire et des avantages sociaux qui y sont rattachés. Tôt ou tard, ces choix nous amènent devant un cul-de-sac!

Il faut ensuite tenter de le faire à son propre compte, nous libérant ainsi de la frustration reliée à la dépendance envers des gens qui nous disent quoi faire, comment le faire, à quelle heure le faire et avec qui le faire! (Conjoint, famille et soi-disant amis compris)

Bien sûr, il faut apprendre à sortir de notre zone de confort, car …le confort, ça endort le corps! Quelle satisfaction d’être le capitaine de son bateau!  Par le fait même, vous gérez votre temps entièrement et libre à vous d’y mettre le nombre d’heures de loisirs que vous voulez. Et vous serez surpris de découvrir qu’avec le temps il y en a beaucoup!

J’ai renoncé à trouver un partenaire qui répond à tous mes goûts!

J’ai développé des amitiés à travers lesquelles je m’épanouis dans différents secteurs de ma vie! Ainsi, je suis toujours en compagnie stimulante pour l’activité du moment!

J’ai toujours occupé mes moments de loisirs pour développer de nouveaux talents selon mes goûts… Baignant encore dans l’amour et le plaisir, ça me détend et ça m’énergise! J’avoue que plusieurs de ces talents me servent ensuite dans mon travail.

Prendre plaisir à cuisiner, à jardiner, à peindre, à chanter, à méditer pour se ressourcer. À aller à vélo, en ski, en patin… Que sais-je?

Faites-vous triper!

Acceptez d’affronter vos peurs et de sortir de votre zone de confort!

Le plaisir se trouve là : dans la découverte de soi! La première personne avec qui vous êtes en relation 24 heures sur 24, c’est vous!

Je suis toujours étonnée d’entendre des gens me dire que ce qui les empêche d’avoir du plaisir dans la vie, c’est la routine, le conjoint, le travail… Mais en même temps, ils rebutent à essayer des choses nouvelles. Trop épeurant! Trop fatiguant!

Laissez tomber le pâté chinois et essayez autre chose!

Changez de pays à chaque année pour votre voyage dans le sud!

Changez de terrain de camping à chaque été!

Essayez de nouvelles pistes cyclables, de nouvelles patinoires. De nouveaux genres de livres, de films, de jeux!

Apprenez une nouvelle langue!

Faites-vous de nouveaux amis, de nouvelles relations.

Changez de conjoint si ça ne fait plus votre affaire!

Laissez vivre ce ti-cul intérieur qui vous habite!

Si nos choix de vie sont basés en premier lieu sur le matériel et le confort à court terme, on se met un doigt dans l’œil… Si on fait des choix de vie en fonction des choses que l’on aime et qui nous passionnent, alors tôt ou tard, l’argent se pointe et le temps aussi pour en faire encore plus!

J’en suis la preuve vivante!

Complice du plaisir

Le plaisir peut être yin, doux, sensuel, subtil, passif, contemplatif, ou il peut être yang, intense, brutal, extraverti, dominant, dynamique. L’un est apparenté à la délicatesse féminine, et l’autre à la virilité masculine. Qu’on soit femme ou homme, hétéro, bisexuel, ou gai, on a tous avantage à explorer la gamme du yin et du yang et à équilibrer notre être. Notre société tend à valoriser le yang et à dénigrer le yin, et la plupart d’entre nous ont davantage besoin d’explorer la féminité et l’aspect yin du plaisir.

Le plaisir pour moi, c’est un tremplin vers la spiritualité, l’illumination, l’extase… C’est indispensable à ma survie.

J’ai donc choisi comme complice, ma plume frémissante et délicate, pour vous inviter à pénétrer dans mon univers intime. C’est ma plume à l’encre de cerise rouge, qui se couche sur cette page d’histoire pour vous dévoiler les secrets de mes plaisirs charnels.

L’interdit du péché de la chair

Le plaisir, m’a-t-on enseigné dans ma tendre et timide enfance, c’était l’interdit du péché de la chair. Donc, si comme moi, vous êtes venu au monde dans la virginité d’une bonne famille puritaine et réservée, lisez ces lignes à vos risques. Je confesse qu’en fait, le plaisir s’est avéré un tremplin vers l’extase et la spiritualité (même l’illumination) et un outil de transformation personnelle indispensable à ma survie. Je suis honorée de vous confier le récit inédit du pèlerinage de mon voyage initiatique vers le plaisir extatique.

La peur de l’envahissement

Ma quête est une histoire à la fois banale et périlleuse. Elle débuta dans la prison de la tour de mon enfance, où féminité, affection, sensualité et sexualité sont confondues, emprisonnées dans le même tabou de ma ceinture de chasteté où parents, clergé, éducateurs et société m’ont enfermée, pour mon propre bien. Amen. L’ère du féminisme sonna pendant mon adolescence, et timidement, la princesse a revendiqué son émancipation sexuelle. Elle s’est métamorphosée en femme de carrière indépendante, portant le tailleur 3 pièces et même la cravate pour mieux se blinder. Inconsciente que mon aventure féministe me conduisait en réalité plus vers la masculinisation que l’émancipation, j’en ai tout de même profité pour sortir de ma tour fragilisante et faire basculer le pendule de ma quête (mon besoin) d’équilibre et m’enraciner dans des chaussures à talon plat, plus stables et sécures. J’avais recyclé (troqué) ma désuète ceinture de chasteté en bouclier protecteur, complété d’un masque à l’air hautain et invincible. Derrière se cachait ma peur. La peur des hommes, de l’autorité, de l’abus, de l’agression, de l’envahissement, de me faire embrasser contre mon gré, d’être consommée par l’incontrôlable testostérone, alouette!

Merci à la loi de la gravité et de l’équilibre qui a su ramener le pendule féministe trop yang, dans une direction plus yin, celle de la féminité, en passant par le centre du cœur et de l’amour de soi. Quelques prises de conscience s’imposaient.

Me dévoiler telle que je suis?

Ah oui, comment puis-je attendre de l’autre qu’il m’aime, me respecte et m’honore pour l’être authentique que je suis, si je n’ai pas appris à m’aimer moi-même et à me présenter sans masque ni bouclier (me dévoiler telle que je suis)? Comment peut-il me deviner et respecter mes besoins et désirs, si je n’ai pas appris à me connaître moi-même. Comment puis-je m’abandonner en toute confiance à vivre l’intimité, à être réceptive et accueillante, attentive et perceptive à l’autre, si je ne me fais pas confiance à moi-même. Bien sûr, si je sais m’écouter, me faire écouter (entendre), observer et exprimer mes désirs, je saurai, en toute assurance, trouver et inviter un partenaire digne de partager mes draps d’intimité.

Ah oui, j’avais du déblayage à faire pour départager affection, sensualité, sexualité et permettre à ma féminité de s’exprimer dans toute sa gamme vibratoire, avec tous ses atouts sensoriels, émotifs et spirituels. Bien sûr, je devais prendre le temps de m’initier et d’explorer les délices yin du plaisir et laisser fleurir la geisha* en moi. Je pourrais ensuite revêtir le kimono de la shakti**, incarner le plaisir, et inviter mon partenaire à découvrir la complice du plaisir.

Mettez vos récepteurs en appétit

Glissez-vous lentement et sensuellement dans un kimono de soie et mettez en appétit tous vos récepteurs sensoriels – vos papilles gustatives, récepteurs tactiles, cils olfactifs, vos tympans, vos rétines oculaires – pour découvrir la geisha en vous. Préparez-vous à la réceptivité, l’émerveillement de la découverte des sensations dansantes et imprévisibles, dans le moment présent, sans prendre pour acquis où vous mènera le sentier de cette expérience, l’altitude de votre ascension, ou la latitude de votre escapade. Soyez dans le sans attente, dans l’ouverture à ce qui est dans le moment présent. Différez le réflexe orgasmique à l’extase de caresser chaque cellule de votre être physique et subtil. Le plaisir est une perle précieuse. Le partager, en toute complicité, est un privilège.

Manouche

* Au Japon, la geisha est une artiste gracieuse et sensuelle (pour tous les 5 sens)

** Dans le système tantrique, le shakti est le principe yin.

La liberté

La vie, c’est la respirer en toute circonstance, en tout moment. Que la fleur qu’on te présente soit ouverte ou fermée, elle a son odeur, sa forme, son unicité. Il suffit de l’apprivoiser, de l’expérimenter pour ensuite la laisser partir et la laisser changer. Tu peux choisir d’être la tige ou le pot. Mais là tu la portes, tu en deviens responsable et tu perds ta propre force. Deviens simplement le jardin qui savoure toutes les différentes fleurs sans en posséder une. Dieu est notre jardin et nous sommes tous les semences pour devenir qui l’on veut et ce que l’on veut. Qui es-tu dans le jardin de la vie? As-tu semé la liberté de vivre et de goûter en acceptant ce qui se présente devant toi. On se faufile tous dans une danse de partage, sans jamais rester à la même place. C’est la confiance et la foi qui nourrissent la terre sous nos pieds et qui nous amènent là ou l’âme nous dirige. L’esprit veut simplement faire l’expérience de notre expression vers le chemin de la connaissance de notre divinité.

Oublie pour un instant ton corps physique. Que reste-t-il? Un grand soleil lumineux qui possède l’Intelligence Suprême. C’est dans cette sphère qu’on doit se baigner par l’intuition pour nous guider à chaque tournant. À ce moment-là, on n’a plus à prier Dieu, on le devient. Quand cette conscience s’intègre, l’expansion de notre être attire exactement les énergies qui forment un pont qu’on traverse, laissant derrière les barrières que l’humain crée. Ça c’est la liberté. Accepter d’être éclairé par les rayons de notre soleil intérieur et choisir, décider la joie qui a toujours été dans chacune de nos cellules.

Ce sanctuaire privé qu’on a tous ne connaît que la joie. Quand on s’y connecte, le reste est farfelu, insignifiant. On coule avec les évènements sachant qu’ils m’amènent au bout de mon être, là où l’on veut tous s’y rendre. J’y suis déjà à chaque fois que je suis consciente, que je prends part à la nature, aux cours d’eau, aux caresses du vent, à respirer la vie.

L’Intelligence existe en tout. C’est une toile qui tisse chaque mouvement. Cette Intelligence, si je la reconnais, elle me porte comme un nuage. Je reste alerte et je m’amuse dans l’illusion du quotidien, détachée, le cœur ouvert à vivre l’expérience présentée. Car chaque expérience, c’est moi qui l’ai créée. Je choisis par mes pensées. Donc, la grande question est « qu’est-ce que je veux au niveau de mon être et non pas de l’avoir? » Mais en premier, je choisis de m’aimer. L’amour, étant la fabrication de la vie, me donnera tout si mes choix sont dans l’amour.

La beauté attire la beauté. Devenir un enfant émerveillé m’entourera que de beauté. Choisir consciemment élimine les peurs.

J’ouvre grand le cœur laissant aller les résistances de l’humain, car ma divinité est le conducteur dans ma direction de vie. Je saute, j’y vais, je fonce, je ris, je crée, j’expérimente. Comme l’enfant qui joue dans un parc de jeux. Que je me sens libre quand je respire cette aventure en amour avec le tout. Je suis….qui je suis.

Voilà, laisse-toi aller, vas-y, sois libre et ouvert.

Le mouvement intime de nos cellules

À notre époque, tout le monde s’accorde pour dire que la vie est mouvement. Au niveau cosmique, les galaxies ne sont pas stables, elles s’éloignent de nous comme de vieilles cousines avec lesquelles nous partageons le carbone de nos origines moléculaires. Dans notre corps, tout s’agite autour de quelques 100 000 réactions chimiques par seconde qui permettent de faire fonctionner nos organes, tout cela dans une synchronisation qui interroge les biologistes et émerveille les rêveurs. Même la mort est reconnue comme active avec la vie microbienne qui se développe dans le cadavre et fait de celui-ci un organisme en pleine mutation. Bref, rien n’échappe au mouvement, l’arrêt n’existe nulle part sauf dans l’éternité dit-on.

L’immobilité n’existe pas

Aussi, du fait de cette aptitude quasi universelle à bouger, on peut se demander pourquoi il est parfois si difficile de passer à l’action, si exigeant de tourner la page, si angoissant de quitter le connu pour aller explorer d’autres avenues. Et pourquoi tout d’un coup, un jour on fait le pas, on se lance et on agit.

Dans notre corps où les morts cellulaires arrivent sans cesse, des millions de cellules doivent se diviser à chaque seconde pour remplacer les cellules décédées. Avant de se couper en deux pour donner deux cellules filles identiques, la cellule se prépare dans une sorte de grossesse pour que la transmission génétique se fasse de manière équitable. Cette période de gestation appelée interphase est beaucoup plus longue que celle de la mitose à proprement dit. Est-ce que nous reproduisons ce schéma au niveau de notre vie, préférant de longs moments de doute, de crainte, de réflexion qui ressemblent à une maturation avant de faire le saut?

Nous fonctionnons comme nos cellules puisque nous sommes nos cellules et il est donc sage de prendre le temps avant de passer à l’acte. Le problème se pose quand l’indécision, la peur ou le manque de confiance aboutissent à l’immobilisme qui, nous l’avons vu, n’existe pas, même au fond de l’univers. À ce moment-là, au niveau moléculaire, un autre mouvement va se mettre en action pour nous sauver en quelque sorte de cette inertie suicidaire : il s’agit du saut quantique. Il va représenter dans l’infiniment petit, le changement radical qui n’a pu être fait dans le monde visible. En physique quantique, cette expression fait référence au fait qu’un électron qui tourne de plus en plus vite autour du noyau va, à un certain moment, faire un saut pour changer de niveau d’énergie et apparaître comme par magie à un autre endroit. Cela est possible parce qu’il reçoit une quantité d’énergie appelée quantum qui provient d’un surplus d’activité. C’est comme si une personne tournait en rond dans sa vie autour d’un travail qui, à l’instar du noyau, l’attire encore pour la sécurité, mais la frustre énormément, au point qu’elle va se mettre à surchauffer et à créer une quantité d’énergie suffisante pour lui faire faire le saut quantique. Lorsque ce mécanisme se fait inconsciemment, dans une sorte de pilotage automatique qui donne la sensation que nous sommes victimes de notre vie, ce changement vibratoire va se manifester par la maladie qui est un saut quantique décidé par le cerveau inconscient. Il faut se rappeler que le cerveau n’est pas intelligent, il est là pour être performant et préfère que cette personne frustrée qui risque de devenir trop stressée et donc de mourir, somatise dans une maladie qui lui permet de gagner du temps pour changer ce qui ne lui convient plus.

L’illusion du changement

Le plus souvent, ce qui nécessite une transformation n’est pas la vie extérieure. Changer de travail ou de conjoint est parfois une solution utile, parfois aussi un antidouleur dont l’effet sera bref. Voyager pour chercher dans l’exotisme un remède à l’insipide de notre vie, faire de l’entraînement cardio une nouvelle religion du cœur seront bien souvent des cataplasmes sur les jambes de bois de notre immobilisme. Tout au plus permettront-ils d’alléger le quanta de frustration qui évitera que l’électron à bout de nerfs ne libère son énergie dans une pathologie.

Ce qui permet à notre corps de réaliser cette transformation, c’est notre changement de vision à propos des événements que nous vivons car la science, celle dont le but est de nous rendre lucide, sait que toutes les expériences et phénomènes existants sont influencés par l’observateur. Nous avons donc une possibilité d’agir sur notre propre vie selon le regard que nous lui accordons. Bien sûr, nous savons que ce regard est faussé par toutes les croyances et programmes que nous exécutons comme des robots simplement parce que nous l’avons appris ainsi au détriment de notre vraie nature. Mais à l’heure où l’intelligence artificielle envahit nos demeures, comment pourrions-nous encore jouer les St-Thomas qui ont besoin de voir pour croire. Nous envoyons un message virtuel en un instant à l’autre bout du monde et nous ne nous croyons pas capables de passer à autre chose?

À une période de ma vie où je sentais un mouvement intérieur contradictoire avec ma réalité extérieure, j’ai eu de fortes tensions au niveau des trapèzes. Je pensais à la difficulté de changer et à ce fameux saut quantique nécessaire pour accéder à un autre niveau vibratoire donc à une réalité matérielle; je compris que j’étais tel un trapéziste accroché à sa barre, forçant sur mes muscles pour m’accrocher désespérément en attendant que la barre en face apparaisse pour que je puisse sauter. Je n’osais pas sauter parce que je ne voyais pas le nouveau trapèze alors que seul mon saut quantique l’aurait fait apparaître. Ce fut un déclic pour moi et je pris les décisions nécessaires pour créer cette nouvelle réalité. Mes trapèzes n’avaient plus besoin de s’accrocher. Je pouvais sauter et les douleurs disparurent. Je changeais d’orbite… et de bien belles opportunités apparurent.

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous ne les faisons pas, c’est parce que nous ne les faisons pas qu’elles sont difficiles ». Sénèque sans le savoir parlait déjà de ce qui habite notre infiniment petit et qui permet à notre grandeur de s’exprimer dans l’action. « Il n’y a pas de mauvais choix » disait aussi mon professeur de médecine chinoise qui lui aussi percevait dans sa science millénaire la sagesse de l’action, tout en sachant que le résultat ne sera que le reflet du regard que je porterais sur cet acte. Car le résultat importe peu. Il n’est que la conséquence, mais non l’essence du mouvement.

L’essence du mouvement, c’est l’intention profonde qui me fait avancer et qui crée la réalité en accord avec mon être profond. Alors, le geste initié par le cœur prend toute sa beauté.

Se libérer de sa peur

« Notre peur la plus profonde n’est pas d’être inadéquat. Notre peur la plus profonde est d’être puissant au-delà de la mesure. C’est notre lumière, non pas notre ombre, qui nous effraie le plus. Jouer « petit » ne sert pas le monde. Il n’y a rien d’édifiant à se rapetisser de manière à ce que les autres ne se sentent pas menacés. Nous sommes nés pour manifester la gloire qui réside en nous. Et si nous laissons notre lumière briller, nous donnons inconsciemment aux autres la permission d’en faire autant. En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres ». Neslon Mandela, 1994

Que nourrissez-vous : La fin du monde ou la naissance d’un nouveau monde?

Oui, nous vivons des temps de turbulence, c’est évident! Nos vies, nos manières de penser, nos attitudes, nos croyances, tout y passe. Partout où se porte notre regard, nous voyons des gens aux prises avec des difficultés matérielles, émotionnelles ou mentales. Mais justement… Comment est-il ce regard? Car c’est lui qui crée le sentiment que nous éprouvons et qui revient ensuite, comme une boucle, teinter à nouveau notre vision des choses. Un cercle vicieux, qui se nourrit de lui-même, qui se confirme, se valide d’avoir porté ce regard…C’est bien là toute la définition de ce qu’est un cercle vicieux, ou vertueux!

Le sentiment qu’on porte en soi, qui teinte le regard sur la vie, crée ensuite notre réalité, puisque, par magnétisme, on attire à soi les mêmes vibrations qu’on émet, souvent bien inconsciemment.

Comment est mon regard sur le chaos qui règne en ces temps dans pratiquement tous les aspects de la Vie sur cette planète et sur ce que nous sommes en train de traverser?

Est-ce que je ne vois que guerres et catastrophes? Est-ce que je vis dans l’inquiétude, la peur, la préoccupation, l’urgence de faire quelque chose sans même savoir quoi? Est-ce que je me sens impuissant devant l’ampleur de ce qui m’apparaît comme un désastre?

Ou est-ce que je vois le désir de l’humanité à vouloir sortir enfin des prisons qu’elle s’est créées? Est-ce que je perçois le chaos comme une étape normale de déstructuration des conditions rigides d’existence, de cette matrice inhumaine qui prévaut depuis si longtemps? Est-ce que je me réjouis de ce vent de liberté qui souffle sur les pays dirigés par des dictateurs? Est-ce que je ressens de l’optimisme à voir les gens parler de plus en plus de ce qui les fait vibrer et de vouloir vivre ce qu’ils portent dans leur cœur? Est-ce que je célèbre mes pas et ceux des autres pour nous affranchir des croyances limitatives et gagner peu à peu notre liberté, tant intérieure qu’extérieure?

Deux regards, deux réalités… Que choisissez-vous?

De ce choix si important dépendra non seulement notre vie, mais aussi ce que collectivement nous nous donnerons à vivre. Car, étant tous reliés ensemble, le choix personnel participe au choix collectif. Et ce choix collectif manifestera une réalité planétaire.

Vous connaissez les égrégores? Ces amas d’énergie qui gravitent tout autour de la planète? Il y en a de toutes sortes : des égrégores d’amour, de bienveillance, de compassion, ainsi que beaucoup d’autres moins lumineux, des égrégores de peur, de domination, de tristesse, etc…

En ce moment, il en est un qui s’amplifie à mesure que la fin de 2012 approche. C’est l’égrégore de peur de la fin du monde! Et pourquoi s’amplifie-t-il? Parce que lorsqu’un être vibre dans une émotion, celle-ci ouvre un chemin vers la même vibration, créant un circuit énergétique qui alimente les deux pôles. Vous ressentez la peur? Vous vous branchez automatiquement sur cet égrégore qui fait en sorte que votre peur augmentera de manière démesurée. Vous devenez ainsi contrôlé par cette émotion intense de peur générée par tous ceux qui la nourrissent.

Parallèlement à ce mouvement de peur qui court sur la planète entière, un autre mouvement, nourri d’amour et de conscience par les êtres humains qui croient en l’avènement d’un nouveau monde et, comprenant que l’ancien doit s’effriter, crée un égrégore de paix, de sérénité et de certitude que nous allons manifester ensemble le monde auquel nous rêvons.

Sachant que nous créons nos vies, individuellement et collectivement, et que chacun de nous est aussi important que l’ensemble, que choisissez-vous de nourrir : la fin du monde ou la naissance d’un nouveau monde?

De la peur à la liberté – Risquer l’aventure du Grand Canyon grâce à la technique Morita

Je pratique et étudie les applications des approches de psychologie japonaise Morita et Naikan avec le Todo Institute au Vermont depuis près de 20 ans maintenant. Ces principes et techniques forment la base de mon accompagnement et de mon enseignement comme professionnelle, un enseignement qui permet de développer des attitudes supérieures qui mènent à de grandes réalisations sur le plan personnel et professionnel.

La psychologie japonaise est une discipline de vie et de santé mentale inspirée de deux écoles de psychothérapies pratiquées au Japon : Morita (action) et Naikan (réflexion). L’approche Morita est centrée sur l’action alors que l’approche Naikan est basée sur la réflexion. La complémentarité des deux approches permet d’acquérir une discipline pour maîtriser sa vie. Les deux visent l’action et servent à rediriger l’attention en engageant la personne dans un but constructif.

Pour les besoins de cet article, je me consacrerai à la dimension Morita. Dans l’approche Morita, l’action est motivée par le but et non l’émotion. Contrairement à la pensée nord-américaine qui privilégie que l’on comprenne d’abord et « règle » nos émotions avant de passer à l’action, l’approche Morita suggère que c’est en passant à l’action et en dirigeant son attention vers une action constructive que l’on peut ultimement réaliser quelque chose de significatif tout en faisant avec les émotions de peur, de doute, la dépression et la procrastination qui cherchent à nous restreindre.

C’est cette technique qui m’a permis de marcher à flanc du Grand Canyon et de prendre l’hélicoptère en 2010 malgré ma peur panique des hauteurs, alors qu’une peur, cachée profondément dans mon inconscient, allait ressurgir durant mon périple dans le Grand Canyon, et influencer ma préparation du voyage.

Question de me rassurer, j’avais d’abord choisi de faire l’expédition en train à travers la vallée, puis en radeau sur le Colorado. J’ai entrepris ensuite d’escalader les rochers rouges à Sedona, pour ensuite marcher jusqu’au Pont du Diable, un rocher escarpé suspendu dans le vide, pour enfin me retrouver à flanc de montage dans le Grand Canyon et faire l’envolée en hélicoptère.

C’est durant cette dernière étape que la discipline Morita est entrée en jeu. L’apprentissage proposé dans l’approche Morita se fait à partir de trois postulats qui s’énoncent ainsi : 1) acceptes ton émotion 2) connais ton but et 3) fais ce que dois. Alors j’ai entrepris la marche en me disant : « J’ai très peur, je veux faire de ce voyage quelque chose de mémorable, tout ce que j’ai à faire, c’est de mettre un pied devant l’autre (laisser le corps mener) une marche à la fois ». Et me voilà en train de marcher à flanc de montage avec 4 860 pi. (1 481 m.) de profondeur à côté de moi (sans rampe merci!) mon attention dirigée sur mes pieds et la prochaine marche à prendre et j’ai continué la descente ainsi pendant 1 h 30.

Au retour de la remontée, forte de cette réussite, je me sentais prête pour l’hélicoptère, mais deux jours plus tard la peur panique a ressurgi et je pleurais encore peu de temps avant de monter dans l’hélicoptère. Une peur panique des hauteurs, qui s’était installée dans ma tendre enfance suite à un événement traumatisant vécu dans un manège du parc Belmont, allait faire surface juste au moment où la vie m’offrait l’opportunité de parcourir une des merveilles du monde à flanc de montagne et de l’observer à vol d’aigle. Je savais que je pouvais encore refuser de monter, mais le support et l’opportunité étaient là et cette fois j’ai décidé de saisir l’opportunité avec la peur, sans essayer de la contrôler, de la raisonner, de la justifier. Simplement l’accepter et faire un pas avec.

Et quelle réalisation, quelle satisfaction j’ai vécues! Je suis passée à un cheveu de manquer l’opportunité à cause d’une peur inconsciente de l’enfance. Une aventure qui est devenue un des moments les plus inoubliables de ma vie de couple, qui a mené à la création de mon entreprise et qui est maintenant une source d’inspiration importante de mon enseignement.

La seule façon d’y arriver, un pas à la fois! Au plus fort de l’effort au moment où j’étais prête à tout saboter, j’ai réalisé toute l’énergie que j’avais mise pour contrôler les événements et me garder dans une zone de confort rassurante au lieu de me laisser guider et d’accepter les circonstances. Cet effort avait généré beaucoup de douleurs que j’avais souvent essayé de justifier en blâmant les autres. La capacité d’agir à partir du but et non de la peur est une profonde discipline de vie qui peut mener à de grandes réalisations autant personnelles que professionnelles.

J’ai bien dû admettre à mon retour que ce qui m’avait apporté le plus de satisfaction durant le voyage, c’était ce dont j’avais eu le plus peur. Le reste me paraissait maintenant ennuyant. La réussite qui mène à la satisfaction profonde est faite d’une suite de petits pas. Le cerveau résiste aux grands défis, mais si vous séparez l’objectif en petites étapes, le cerveau présentera moins de résistance et éventuellement vous mènera au but. En vous maintenant dans l’effort en gardant le but en tête, la peur, la colère, le doute et l’incertitude risquent de s’évanouir d’eux-mêmes. L’effort en lui-même vaut la chandelle. Peut-être vous sentirez vous encore déprimé après avoir terminé la tâche, mais au moins vous aurez la satisfaction d’avoir accompli quelque chose de constructif dans votre journée. Je ne connais rien d’aussi efficace que les méthodes de psychologie japonaise pour vous maintenir dans l’action par rapport à un but désiré malgré la peur, le doute, l’incertitude, les malaises, l’attachement et pour vous aider à trancher dans l’illusion des plaisirs des mondes virtuels qui nous occupent, mais nous éloignent des réalisations qui pourraient donner un vrai sens à notre vie. Qui sait où le prochain pas pourrait vous mener? Êtes-vous prêt à prendre le risque de la liberté?