L’envol du papillon : éloge de l’ermitage

Le papillon monarque nous impressionne par sa beauté. Aérien, il fréquente le soleil et les fleurs. Gracieux, léger, il est pourtant robuste et capable de hauts vols et de longs voyages. Ce papillon qui nous émerveille a pourtant été une chenille. Une chenille qui s’est enfermée dans un cocon de soi(e) pour accomplir cette extraordinaire transformation.

Nous, les humains, sommes aussi appelés à changer au cours de notre vie et nous avons besoin d’un environnement propice pour y parvenir. Un ermitage est un de ces lieux qui offre, tout comme le cocon, un endroit protégé, solitaire et silencieux, favorable au recueillement et à l’introspection. La chenille semble se replier sur elle-même et se cacher, isolée et solitaire. Elle est en fait à s’accomplir, à se reconstruire, à se métamorphoser, à se préparer à voler avec ses congénères. L’ermite fuit momentanément le bruit et la folie du quotidien, du monde et de la ville pour entendre sa parole intérieure, pour toucher le cœur de son être, se régénérer, et être capable de mieux aimer et entrer en relation avec les autres. La chenille a tout ce qu’il faut en elle-même, simplement, malgré la magie qu’elle opère. Notre inconscient et notre corps sont des guides sûrs pour nous indiquer nos ressources; ils nous révèlent les mystères de l’invisible qu’est notre monde intérieur.

Une chanson dit : « Tu trouveras la paix dans ton cœur, et pas ailleurs ». C’est vrai. Si ce que l’on cherche est d’être en harmonie, enraciné, heureux, connecté à soi, aux autres et à son environnement, il n’est pas nécessaire d’escalader la plus haute montagne ou de se perdre dans un désert où il y a des mirages. Se donner un temps sacré, se retirer dans le calme, loin des distractions, est une solution parfaite pour un nouveau souffle. C’est une vacance pour l’âme et le corps.

Contrairement à la chenille et au papillon, les changements pour nous sont plus nombreux et ils peuvent être de nature différente. Quand on décide d’un ermitage, on peut le faire pour diverses raisons. Se reposer, se détendre, afin d’en ressortir rafraîchi, rempli d’énergie. Réfléchir pour pouvoir poser un regard neuf sur sa vie. Traverser un épisode de détresse afin de toucher à l’espérance et à la joie. Panser ses plaies pour guérir d’un problème de santé physique ou psychique. Accepter de ressentir sa souffrance refoulée pour s’en libérer. Oser explorer des zones obscures pour y voir clair.

Il ne faut pas avoir peur de cette expérience qui ramène aux sources, à ses origines, seule manière de prendre contact avec soi, de se sentir cohérent, authentique. Retrouver ses racines signifie aller vers ce qui a un sens réel pour nous, une résonance, et cela doit nous ressembler. Il n’y a pas si longtemps, nos parents ou grands-parents connaissaient bien cette idée d’une retraite occasionnelle et plusieurs la pratiquaient. On allait faire son « examen de conscience », c’est-à-dire réfléchir et éclairer les recoins de son « âme ». Cet héritage, cette tradition de sagesse s’est presque perdue, alors qu’on se cherche éperdument. Si autrefois la retraite se faisait dans un contexte religieux, il existe aujourd’hui quelques rares ermitages laïcs qui ne font la promotion d’aucune spiritualité.

Qu’on ressente de l’insatisfaction face à sa vie, ou un désir de dépassement, ce ne sont souvent pas les quelques jours ou semaines de temps libre qui nous aident vraiment. Au moins une fois dans sa vie, il vaut la peine de s’accorder un temps précieux, de renoncer aux divertissements pour se retirer. Suivre son élan vital, se faire confiance, s’abandonner à son destin. Oser s’entendre, se ressentir, vibrer par tant d’intensité, pour que la chrysalide sorte de l’ombre et prenne son essor dans la lumière.

Et si la chenille avait refusé de s’enfermer dans son cocon?

Le mouvement intime de nos cellules

À notre époque, tout le monde s’accorde pour dire que la vie est mouvement. Au niveau cosmique, les galaxies ne sont pas stables, elles s’éloignent de nous comme de vieilles cousines avec lesquelles nous partageons le carbone de nos origines moléculaires. Dans notre corps, tout s’agite autour de quelques 100 000 réactions chimiques par seconde qui permettent de faire fonctionner nos organes, tout cela dans une synchronisation qui interroge les biologistes et émerveille les rêveurs. Même la mort est reconnue comme active avec la vie microbienne qui se développe dans le cadavre et fait de celui-ci un organisme en pleine mutation. Bref, rien n’échappe au mouvement, l’arrêt n’existe nulle part sauf dans l’éternité dit-on.

L’immobilité n’existe pas

Aussi, du fait de cette aptitude quasi universelle à bouger, on peut se demander pourquoi il est parfois si difficile de passer à l’action, si exigeant de tourner la page, si angoissant de quitter le connu pour aller explorer d’autres avenues. Et pourquoi tout d’un coup, un jour on fait le pas, on se lance et on agit.

Dans notre corps où les morts cellulaires arrivent sans cesse, des millions de cellules doivent se diviser à chaque seconde pour remplacer les cellules décédées. Avant de se couper en deux pour donner deux cellules filles identiques, la cellule se prépare dans une sorte de grossesse pour que la transmission génétique se fasse de manière équitable. Cette période de gestation appelée interphase est beaucoup plus longue que celle de la mitose à proprement dit. Est-ce que nous reproduisons ce schéma au niveau de notre vie, préférant de longs moments de doute, de crainte, de réflexion qui ressemblent à une maturation avant de faire le saut?

Nous fonctionnons comme nos cellules puisque nous sommes nos cellules et il est donc sage de prendre le temps avant de passer à l’acte. Le problème se pose quand l’indécision, la peur ou le manque de confiance aboutissent à l’immobilisme qui, nous l’avons vu, n’existe pas, même au fond de l’univers. À ce moment-là, au niveau moléculaire, un autre mouvement va se mettre en action pour nous sauver en quelque sorte de cette inertie suicidaire : il s’agit du saut quantique. Il va représenter dans l’infiniment petit, le changement radical qui n’a pu être fait dans le monde visible. En physique quantique, cette expression fait référence au fait qu’un électron qui tourne de plus en plus vite autour du noyau va, à un certain moment, faire un saut pour changer de niveau d’énergie et apparaître comme par magie à un autre endroit. Cela est possible parce qu’il reçoit une quantité d’énergie appelée quantum qui provient d’un surplus d’activité. C’est comme si une personne tournait en rond dans sa vie autour d’un travail qui, à l’instar du noyau, l’attire encore pour la sécurité, mais la frustre énormément, au point qu’elle va se mettre à surchauffer et à créer une quantité d’énergie suffisante pour lui faire faire le saut quantique. Lorsque ce mécanisme se fait inconsciemment, dans une sorte de pilotage automatique qui donne la sensation que nous sommes victimes de notre vie, ce changement vibratoire va se manifester par la maladie qui est un saut quantique décidé par le cerveau inconscient. Il faut se rappeler que le cerveau n’est pas intelligent, il est là pour être performant et préfère que cette personne frustrée qui risque de devenir trop stressée et donc de mourir, somatise dans une maladie qui lui permet de gagner du temps pour changer ce qui ne lui convient plus.

L’illusion du changement

Le plus souvent, ce qui nécessite une transformation n’est pas la vie extérieure. Changer de travail ou de conjoint est parfois une solution utile, parfois aussi un antidouleur dont l’effet sera bref. Voyager pour chercher dans l’exotisme un remède à l’insipide de notre vie, faire de l’entraînement cardio une nouvelle religion du cœur seront bien souvent des cataplasmes sur les jambes de bois de notre immobilisme. Tout au plus permettront-ils d’alléger le quanta de frustration qui évitera que l’électron à bout de nerfs ne libère son énergie dans une pathologie.

Ce qui permet à notre corps de réaliser cette transformation, c’est notre changement de vision à propos des événements que nous vivons car la science, celle dont le but est de nous rendre lucide, sait que toutes les expériences et phénomènes existants sont influencés par l’observateur. Nous avons donc une possibilité d’agir sur notre propre vie selon le regard que nous lui accordons. Bien sûr, nous savons que ce regard est faussé par toutes les croyances et programmes que nous exécutons comme des robots simplement parce que nous l’avons appris ainsi au détriment de notre vraie nature. Mais à l’heure où l’intelligence artificielle envahit nos demeures, comment pourrions-nous encore jouer les St-Thomas qui ont besoin de voir pour croire. Nous envoyons un message virtuel en un instant à l’autre bout du monde et nous ne nous croyons pas capables de passer à autre chose?

À une période de ma vie où je sentais un mouvement intérieur contradictoire avec ma réalité extérieure, j’ai eu de fortes tensions au niveau des trapèzes. Je pensais à la difficulté de changer et à ce fameux saut quantique nécessaire pour accéder à un autre niveau vibratoire donc à une réalité matérielle; je compris que j’étais tel un trapéziste accroché à sa barre, forçant sur mes muscles pour m’accrocher désespérément en attendant que la barre en face apparaisse pour que je puisse sauter. Je n’osais pas sauter parce que je ne voyais pas le nouveau trapèze alors que seul mon saut quantique l’aurait fait apparaître. Ce fut un déclic pour moi et je pris les décisions nécessaires pour créer cette nouvelle réalité. Mes trapèzes n’avaient plus besoin de s’accrocher. Je pouvais sauter et les douleurs disparurent. Je changeais d’orbite… et de bien belles opportunités apparurent.

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous ne les faisons pas, c’est parce que nous ne les faisons pas qu’elles sont difficiles ». Sénèque sans le savoir parlait déjà de ce qui habite notre infiniment petit et qui permet à notre grandeur de s’exprimer dans l’action. « Il n’y a pas de mauvais choix » disait aussi mon professeur de médecine chinoise qui lui aussi percevait dans sa science millénaire la sagesse de l’action, tout en sachant que le résultat ne sera que le reflet du regard que je porterais sur cet acte. Car le résultat importe peu. Il n’est que la conséquence, mais non l’essence du mouvement.

L’essence du mouvement, c’est l’intention profonde qui me fait avancer et qui crée la réalité en accord avec mon être profond. Alors, le geste initié par le cœur prend toute sa beauté.

La contemplation, une façon de ralentir pour gagner du temps!

Dans un effort pour retrouver « mes esprits », j’ai redécouvert dernièrement la valeur incroyable et la richesse de créativité et de ressources auxquelles j’accède en consacrant 20 à 30 minutes de mon temps à la contemplation tous les jours.

La réalité telle qu’on la connaît cache une Réalité beaucoup plus vaste qui la sous-tend et à laquelle on accède seulement quand on prend le temps de s’arrêter et de prendre contact avec le courant intérieur. On peut alors cesser de se buter sur les mêmes obstacles pour découvrir des réalités et des solutions qui génèrent de réels changements. Einstein disait qu’on ne peut pas régler les problèmes à partir du même mode de pensée avec lequel on les a créés. Un vrai changement nécessite un changement de perspective, de conscience.

La contemplation me permet de m’élever au-delà du flot incessant des exigences, des défis et des préoccupations journalières, où je me perds à l’occasion, pour mieux voir la situation. Un peu comme si perdue en forêt, je montais dans un arbre pour observer d’en haut quels sont les meilleurs chemins à prendre pour atteindre la clairière.

Une occasion également de sortir du courant de la conscience sociale pour prendre contact avec un courant intérieur qui me connecte à la dimension créative d’Âme que je suis. J’y suis guidée vers des lectures, des personnes ressources, un geste d’amour à poser durant la journée, une façon différente d’aborder une situation où un lâcher prise libérateur. Je lisais dans The Art of Spiritual Dreaming (1999) « l’Âme… (page 199) ne peut travailler si vous paniquez. L’anxiété ferme les centres de créativité. Quand vous ne pouvez penser, tout ce que vous tentez de faire se transforme en une série d’erreurs. Si vous ralentissez, le principe spirituel peut commencer à s’exprimer à travers vous de façon à ce que vous puissiez trouver la solution au problème qui vous concerne ». (traduction libre)

Paradoxalement, c’est en ralentissant et en reprenant ma pratique de contemplation journalière que j’avance le plus dans la prise de conscience d’attitudes à changer, que j’arrive à voir derrière l’illusion, à « télécharger » (comme le dit Julia Cameron dans son livre The Artist’s Way, 1992) sous forme d’intuitions et d’inspirations, la guidance inspirée des mondes intérieurs pour m’en servir dans mon quotidien.  Dans cet espace calme et détaché, je découvre des façons de prendre soin de moi, d’améliorer mon existence et celle des autres.

La contemplation est un exercice simple et puissant qui est pratiqué dans plusieurs cultures et qui consiste à se retirer des activités du quotidien pour s’accorder un temps de solitude et de réflexion. « Nous sommes si agressés par le bruit que nous ne maîtrisons plus l’art de la contemplation. Notre âme subit les conséquences de la diminution de notre capacité d’attention… contemplare, dérive de… templum…, soit « temple », et signifie « observer avec attention ». (Gelb, 1999)

Voici comment je la pratique :

  1. Je prends l’habitude à tous les jours de m’asseoir à heure régulière (matin ou soir) dans un endroit tranquille pour 20 à 30 minutes.
  2. Après quelques bonnes respirations, je mets mon attention sur le troisième œil (œil spirituel ou l’écran mental). Je rentre alors dans un état de relaxation en tournant mon attention graduellement vers l’intérieur (une façon d’apprendre à changer le monde de l’intérieur plutôt que de l’extérieur) où je laisse l’inspiration me guider.
  3. J’utilise ce temps de contemplation pour :
    • Revoir les rêves faits la nuit précédente.
    • Parcourir des extraits de mon cahier de rêve et faire des liens avec des événements de ma vie courante.
    • Réfléchir sur mon journal de réflexion et prendre la distance avec les événements qui me troublent ou revenir sur les éléments dont je n’ai pas encore compris le sens.
    • M’abandonner à la guidance par rapport à une situation particulière en m’arrêtant sur un extrait de livre ouvert au hasard pour trouver une réponse.
    • Écrire une lettre à mon guide par m’aider à résoudre un problème et observer la réponse durant la journée qui suit.
    • Varier mes contemplations à partir d’un livre d’exercices spirituels pour développer ma créativité d’Âme ou tout simplement utiliser mon imagination pour inventer de nouveaux exercices.
  4. J’accompagne cette contemplation d’un chant sacré, le chant du HU, (un ancien nom de Dieu, se chante : you… you…) un mantra qui élève ma conscience et qui m’apporte réconfort et protection.
  5. Je prends note des informations qui me viennent en contemplation pour les utiliser plus tard dans ma journée ou pour améliorer certains aspects de ma vie.

J’approche ce temps de contemplation comme une rencontre privilégiée avec le divin et je respecte ce temps de rencontre avec autant d’engagement que mes rendez-vous quotidiens. Ça donne une toute autre couleur à ma journée, à ma vie.

Cette contemplation, je la poursuis parfois durant ma marche au bureau, en écoutant la musique dans l’auto, en restant attentive aux rêves éveillés et aux paroles de sagesse que les gens me lancent souvent sans s’en rendre compte durant la journée et qui m’apportent des éclaircissements sur des situations demeurées sans réponse. Avec le temps, j’ai fait de la contemplation un exercice continu.

Une façon de ralentir qui me fait gagner beaucoup de temps.

Bonne contemplation!

Références :

Klemp, Harold, The Art of Spiritual Dreaming, ECKANKAR, Minneapolis, 1999

Gelb, J. Michael, Pensez comme Léonard de Vinci, Les Éditions de l’Homme, 1999

Choisir le bonheur

Il y a trois ans, j’ai pris quelques semaines de congé afin de fêter mes trente ans comme thérapeute. J’en ai profité pour faire une réflexion sur ces milliers de personnes que j’avais rencontrées et qui m’avaient conté leurs peines et leurs bonheurs.

Je me suis rendu compte que le bonheur des gens n’a rien à voir avec la réalité de ce qui leur arrive, mais bien plus avec les attitudes que les gens prennent face à ces réalités.

Je me suis amusée à faire une liste des caractéristiques des gens heureux ou qui arrivaient à l’être. L’une de ces caractéristiques est que les gens heureux sont des gens qui savent que le bonheur est un choix. Un choix de chaque instant et non un cadeau du ciel. Un choix qui demande de la volonté et du courage. Les gens heureux sont des gens qui décident consciemment de prendre le chemin du bonheur.

Un exercice que je pratique souvent avec mes clients consiste à se rappeler un moment de bonheur dans notre vie. Puis, nous créons un petit poème en quelques syllabes qui nous sert ensuite d’ancrage ou de rappel lorsque les circonstances se font plus difficiles. L’une de mes clientes, une jeune femme, nous a raconté une anecdote. Le médecin lui a dit croire qu’elle avait une maladie mortelle et peu de mois à vivre. Il l’envoie passer des tests d’urgence à l’hôpital. Dans l’attente des résultats de ces tests, la jeune femme vit des moments de grande angoisse et de douleur physique. Puis, lorsqu’elle se présente chez le médecin, celui-ci lui dit que, vu le résultat des tests, et contrairement à ses attentes, une opération pourrait la guérir. Tout heureuse, elle téléphone à son mari pour lui annoncer la nouvelle et partager sa joie. Celui-ci, préoccupé par son travail, lui répond : « Écoute, je n’ai pas le temps de te parler, je suis occupé, on en reparle ce soir ».

Heurtée par l’insensibilité de son mari face à ce qui, pour elle, était si important, elle prend un taxi pour la maison et se met à pleurer. Et pendant qu’elle se forge des scénarios catastrophiques sur son conjoint, oubliant la réalité globale de sa vie de couple, elle se met à penser à cette phrase : « Le bonheur est un choix ». Et elle décide :  je peux choisir de me gâcher ce moment et de focaliser sur le fait que mon conjoint ne comprend pas ce que je ressens ou je peux choisir de focaliser sur le fait que la vie que je croyais perdue m’est redonnée et de profiter de cet instant pour être heureuse. Ma cliente décida de baptiser cet instant « Taxi pour le bonheur » et de s’en rappeler à chaque fois qu’elle perdrait le fil face au bonheur.

Focaliser sur ce que j’ai et non sur ce qui me manque est un choix très propice au bonheur. Cependant, cette attitude est différente de la position positiviste de « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Il ne s’agit pas de développer une perception à « lunettes roses », de voir tout en couleur, de nier les problèmes. Il s’agit de développer une attitude courageuse et de voir que j’ai des choix même dans la pire des circonstances. Les pissenlits pousseront dans votre jardin que vous le vouliez ou non (ou les vers blancs!). Il ne s’agit pas de nier la réalité, mais de voir que j’ai le choix de l’attitude que je prendrai : faire de la salade aux pissenlits, me lancer dans un combat d’arrache-pissenlits, ignorer les pissenlits, etc. C’est une attitude qui demande un grand degré de conscience et des qualités humaines nombreuses. C’est une habilité qui s’apprend à travers des milliers de petits et grands choix.

Dans ses notes pour son livre « Freedom in jail » Assagioli, emprisonné par les nazis pour ses idées libérales déclare : « J’ai réalisé que j’étais libre, libre de prendre autant d’attitudes face à la situation que je le désirais, libre de lui donner une signification ou une autre et d’utiliser ce temps d’une multitude de façons. Je pouvais me rebeller intérieurement et maudire le sort. Je pouvais me soumettre passivement et végéter ou je pouvais m’accorder le plaisir douteux de la pitié et jouer au martyr…, je pouvais en faire une cure de repos ou une période de réflexion intense ou je pouvais profiter de la situation pour entreprendre un entraînement psychologique ou une retraite spirituelle… ».

Même face à une circonstance aussi douloureuse que la prison, « Assagioli » savait qu’il était libre de choisir d’être heureux ou malheureux. Tout dépend de nous. Victor Frankl, torturé dans les camps de concentration, déclarait : « La liberté ultime, c’est celle de choisir mon attitude intérieure, de savoir que je suis en charge de tout ce que je suis. »

Nous avons le pouvoir de choisir d’être malheureux ou de transformer la moindre situation en attaque contre nous. J’aime beaucoup la blague du mari à qui son épouse souhaite une bonne journée et qui répond en grommelant : « Il faut encore qu’elle me dise quoi faire! ». Cette boutade illustre bien la capacité que nous avons de gâcher quoi que ce soit qui nous arrive.

Nous avons aussi le pouvoir de choisir d’être heureux et de voir dans chaque situation une occasion d’apprentissage, de compassion, d’expérimentation et de croissance. Je me rappelle cet homme dans un avion qui, confronté à une hôtesse impolie et désagréable (c’était quelques jours après le 11 septembre aux États-Unis), la regarda avec gentillesse et compassion et lui dit : « Ça doit être difficile pour vous de travailler dans ces circonstances ». Immédiatement, l’hôtesse s’excusa, le remercia et effectua la suite de son travail avec beaucoup plus de doigté. Au lieu de se rebeller devant un service de piètre qualité, il avait choisi de comprendre, d’aimer, de pardonner l’erreur.

Je me souviens d’avoir eu à paraître en cour.  Les témoins de la partie adverse s’acharnaient à dresser de moi le portrait le plus noir possible afin de protéger leurs intérêts. Je me sentais jugée injustement. Puis, une amie m’a donné ce conseil de sagesse : « Prends cela comme une expérience ». Et le lendemain, je me suis présentée en cour avec cette attitude : « Je suis en train de faire l’expérience de m’aimer inconditionnellement quoi que les gens puissent dire à mon propos, vérité ou fausseté. »

Cette journée se révéla incroyablement plus positive pour moi, non pas que les témoignages aient changé, mais je ne leur accordais plus l’importance que je leur accordais auparavant. J’étais occupée à m’aimer, à me pardonner de ne pas être parfaite et à me rassurer. Je méritais mon amour et celui des autres qui désiraient me le donner.

Choisir d’être heureux ne veut pas dire que nous serons heureux à chaque minute ou devant tout ce qui nous arrive. Une personne dont l’enfant vient de mourir a certainement le droit et le besoin de crier sa douleur. Cependant, même une perte horrible peut amener à une évolution profonde, à des changements personnels, à une sérénité intérieure si on prend le courage, le temps et l’énergie de transformer cette perte en gain. Je le sais d’expérience.

La première étape sur le chemin du bonheur consiste donc à savoir que nous avons le pouvoir de choisir, nous avons le pouvoir de transformer nos attitudes et notre vie. Nous ne sommes pas victimes d’un destin capricieux qui accorde aux uns le bonheur et à d’autres le malheur. Bien sûr, à court terme, nous pouvons être heureux ou malheureux selon les circonstances et les événements de notre vie. Nous avons tous nos malheurs et nos moments de dépression et il est inutile de nous blâmer lorsque la douleur nous accable. Cependant, à long terme, une sérénité profonde et un bonheur durable sont des objectifs qu’il est possible d’atteindre.

Le bonheur n’est pas le résultat de la loto de la vie où nous avons été chanceux ou malchanceux. Le bonheur est la conséquence de la mise en œuvre de certaines attitudes qui non seulement augmenteront notre bonheur quotidien, mais nous aiderons à atteindre une attitude de joie et de sérénité profonde que les circonstances extérieures pourront affecter, mais jamais détruire. Cette attitude demande de faire un premier choix de courage, de transformation personnelle, de conscience et d’amour : « Je choisis d’être heureux et je sais que cela dépend de moi ». Je vous souhaite de faire ce choix et j’essaierai de vous y aider dans la « Chronique du bonheur » qui paraîtra dans les mois qui suivent dans la revue Cheminement et où j’exposerai les différentes attitudes qui, selon mon expérience avec mes étudiants et mes clients, mènent au bonheur. Soyez heureux! C’est le chemin!

Mouvement du cœur – Personne n’est seul dans ce présent voyage sur terre

Pour Marie-Claire Séguin – Auteure, compositeur, québécoise – Femme-Médecine au Cœur de la Terre

Et pourtant c’était une journée comme les autres! Invitée par un ami qui chantait dans la chorale en première partie du spectacle de Marie-Claire Séguin, je suis sorti de ma tanière où je repose mon âme entre mes nombreux voyages, là où l’enseignement des ancêtres se transmet par la voix du Cœur.

Dès les premières mesures de Incantation à la VIE, la salle tout entière s’est élevée à la Vibration Amour, Prière d’amour à la Terre, prière d’amour à l’Homme, prière d’Unité Universelle, un souffle vivifiant, une caresse pour l’âme esseulée.

Le Cœur se donne à rompre les murs du silence. Soudain le ciel vibrait en nous tous. Une offrande sans nom, une offrande passionnément vivante contenant la Lumière dans son élan d’avancer dans le temps. Une pureté du cœur dans un vortex de compassion infini.

Ce soir, j’ai respiré profondément m’unissant en prière avec cette merveilleuse « Femme-Médecine » qui guérit par le son tous ceux qui n’ont plus de nom, plus de son pour créer leur vie. Sa voix vibrait pour tous ceux qui croient par défaut à tout ce qui les effraie. Elle a fait résonner les Tambours Sacrés pour les frères et sœurs qui se sont éloignés de l’Arbre Sacré, ceux qui ont perdu depuis quelques descendances le chemin de la Vie. Pour nous tous, elle a fêté la Terre-Mère déclenchant encore et encore le réveil et la salutation au soleil levant.

Étrange comme le Son de l’Amour peut raccorder les cœurs au battement de la Mère Terre, au rythme de l’Univers. Une magie céleste rassemblant les êtres autour du feu de la Terre, la Matrice Amour, celle qui nous a donné le souffle de Vie.

Nathalie Boileau et Jean François Martel forment une synergie parfaite dans cette prestation guidée par la sagesse ancestrale. L’union fait la force dans ce trio voyageant dans l’espace intime et infiniment grand de ces Mille Traversées. Dans cette trinité de voix et de sons habitée par la présence tangible des dieux tutélaires et cosmiques, l’espace-temps s’est ouvert nous libérant des marées noires. Un envol digne du condor, celui qui jamais ne tue pour se nourrir attendant patiemment qu’un animal s’éteigne pour le transmuter. Je m’envole sans jamais te laisser derrière, tel est le rythme dans lequel ces musiciens nous invitent pour continuer le voyage traversant l’oubli.

Marie-Claire chante « La Nuit est belle ».

Ce soir, je sens la vie me traverse

Je vois des ponts entre tous ces mondes

De l’arbre, de l’Astre à ma vie

Des ponts, des ponts à l’infini…

Ces paroles nées des nations lovées dans son cœur n’ont aucune frontière, car elles sont des voyageuses éternelles libérant l’illusion, ces rêves sombres qui causent tant de souffrances.

Oui, ce soir la nuit est belle, Marie-Claire a ouvert le sentier oublié. Elle nous a décidé à marcher les yeux et le cœur ouverts sur la terre qui depuis des millénaires nous a portés.

Oui, elle a tout essayé comme tous les chercheurs de paix et d’amour. Son cul-de-sac, elle l’a bien traversé. Elle a fait sauter les résistances et libéré son être, avançant unifiée dans le Temps. Des traces immortelles sur le seul chemin de la Vie, celui de l’Amour. Un son à entendre, à boire, à devenir. En route pour la Vie sur Terre! Voilà son Présent.

Dans « Le ciel est bas », j’ai cru entendre mes propres prières, il y a de ça quelques lunes. Pas un son, pas un mot dans cette prière à la Vie ne m’était étranger, tout était UN. Un fluide de solidarité remplissait mon âme et mon esprit inondait mon être du « Clair Esprit », celui qui nous rassemble sur le chemin. Mon cœur déborde de gratitude pour cette fusion d’amour effaçant les larmes de solitude et de doutes qui trop souvent aveuglaient ma lumière sur le sentier sacré. Je ne suis pas seule, nous ne sommes pas seuls, tu n’es pas seule Marie-Claire Séguin, ta lumière touche les cœurs et l’esprit. Le Temps du grand rassemblement est Ici et Maintenant pour toutes les nations, tous les êtres humains, « homme-dieu » selon le langage des ancêtres.

L’Ami qui m’accompagne, Jean-Yves Simard, est auteur-compositeur. Sa générosité m’a portée jusqu’ici dans cette salle de concert. Silencieusement, il déverse des larmes de grâce tant son âme est nourrie d’espoir. Nos yeux se croisent dans la transparence des diamants qui jaillissent des profondeurs de nos âmes. Troublés de se sentir si vivant, les fréquences d’amour sont si intenses que le corps a du mal à s’ajuster provoquant frissons d’extase. Quelle expansion! Les ancêtres assis aux premières loges dans l’espace-temps chantaient en chœur à travers celle qui se donnait sans compter. Face à tout ce qui EST, dévoilant dans la nuit sa nudité lumineuse, elle nous a réappris à prier le Grand Esprit.

La Terre dans nos cœurs pleurait, sa souffrance était nôtre, cette souffrance en phase terminale qui implore le miracle de la Vie. Transgressant toutes les lois des hommes, Marie-Claire Séguin s’est fait UN avec la Mère pour implorer notre Amour, pour celle que nous avons oubliée.

Dans ce texte révélateur « Qu’est-ce qu’on mange Maman » on entend :  Comment se fait-il qu’on n’ait ni le temps de réfléchir ni le temps de voir venir. Une question vitale qui dépasse le sens de l’impuissance. Nous Québécois, dont les ancêtres se levaient avec fierté dès l’aube pour remplir nos corps de bonnes nourritures, avons-nous oublié?

Ce soir, nous étions nombreux à nous unir au son des Tambours Sacrés, seul langage audible au cœur de l’homme. Avançant un pas de plus vers la libération, la spirale de noirceur a ralenti en cette nuit de concert. NOUS avons tous progressé sur le sentier de l’UNITÉ.

Ce concert n’a ni fin ni commencement. Il voyage dans le Temps labourant, semant dans le champ de conscience du cœur des hommes la lumière éternelle de la Vie. Ce concert vit en moi nourrissant ma vision de solidarité et de fraternité universelle.

Il y a le Show-business et il y a l’Artiste, le créateur, l’observateur de sa vie, celui qui cherche et qui ose franchir les interdits sans compter les dividendes de Mamon, ce dieu honoré par les cartels financiers.

Marie-Claire Séguin ne calcule pas, elle crée sa vie, transmet ses œuvres sans compter. Elle avance sachant que chaque pas contribue à faire grandir la Lumière. Elle est l’artiste de sa vie. Affranchie de l’illusion de la personnalité, sa présence impersonnelle relie tous ceux et celles qui entrent dans la danse de la vie. Elle est la Femme, la mère, l’amante, la déesse, la chaman et embrasse le Tout en NOUS.

Ce soir, une Sœur de Cœur a brillé dans le Cercle de Lumière qui rassemble tous ceux et celles qui depuis des années œuvrent pour la Mère Terre au service de la Vie. Ce soir, Marie-Claire Séguin a nourri de son Amour ceux qui entendent et ceux qui dorment. Cette soirée perdure depuis plus de 40 années, aimons-la encore plus fort pour qu’elle puisse enlever son manteau et dévoiler sa grandeur aux peuples de la Terre, car sa Lumière est la Nôtre.

En signant son CD « Mille Traversées », Marie-Claire répond à mon ami qui me présente : « Nous nous inspirons tous les uns des autres ».

Des paroles d’une grande Sagesse, une signature dans mon cœur.

Personne n’est seul dans ce présent voyage sur Terre.

Allons-nous mourir avec ELLE ou Vivre en ELLE?

Quel est votre rêve?

Levons-nous et marchons le cœur et les yeux ouverts sur TERRE.

Pour ceux qui entendent, pour ceux qui lisent ce message, créons des évènements pour rassembler les frères et sœurs de toutes les nations. Nous avons suffisamment dormi au cœur de nos illusions matérielles. Il est Temps de prendre la route et de marcher ensemble sur le sentier sacré de la Terre. Invitons Marie-Claire Séguin à continuer son concert d’amour et d’humanité.

Mégouish sœur de cœur

Haho! Luma, Femme Médecine de la lignée des Sioux Lakota

La parabole du hibou évangélique : chemin d’intériorité

Dans mes jeunes années de formation, j’ai découvert un livre au titre étrange : « Le Hibou évangélique », écrit par Jean-Luc Hétu. Sur la pochette du livre, on retrouvait l’équivalent du symbole des magasins Couche-Tard : un hibou avec un œil fermé et l’autre œil ouvert. Dans la publicité d’aujourd’hui, le symbole veut nous parler d’un service disponible presque jour et nuit.

Les yeux et les oreilles

Le premier trait intéressant à noter pour le hibou, c’est qu’on le découvre comme une sentinelle solitaire dans sa tour de garde. Il est aux aguets. On dit qu’il possède un champ de vision de 180 degrés, de telle sorte qu’une légère rotation de la tête lui assure une vision complète de 360 degrés, sans même qu’il ait à bouger son corps. On peut déjà retenir que, contrairement aux girouettes qui s’agitent sans cesse pour entrer et rester en contact avec leur environnement, le hibou reste le corps immobile et en même temps l’esprit vif.

Mais la trouvaille de la nature, c’est qu’on voit souvent le hibou, comme dans la publicité de Couche-Tard, un œil fermé pendant que l’autre est ouvert. Branché sur l’extérieur qui ne représente toujours que la moitié de la réalité, l’autre œil, pourrait-on dire, se trouve branché sur les réalités intérieures. Et en langage biblique, on pourrait inventer une nouvelle béatitude : Heureux qui comme le hibou garde un œil ouvert sur chacune de ces réalités.

À cette vigilance intérieure, Jésus et toute la Bible nous convoquent sans cesse : « Vérifie si la lumière qui est au-dedans de toi est ténèbres… » (Luc, 11,35).

Le silence et la parole

Le hibou sait aussi crier. Il n’est pas jacasseur comme la pie. Il n’est pas non plus muet comme la carpe, restant coi lorsqu’il faudrait faire entendre une parole claire. On aime ceux qui savent se taire autant qu’ils savent parler. Cette double capacité rend authentiques et signifiants leurs silences autant que leurs paroles. Le hibou connaît cette sagesse évangélique : Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler » (Qo, 3,7).

Un temps pour la guerre

Le hibou est programmé pour livrer une guerre inlassable aux destructeurs de l’environnement, aux rongeurs de récoltes, à ceux qui s’engraissent aux dépens d’autrui. Il ne peut découvrir un rongeur à l’œuvre, sans le localiser et intervenir au bon moment pour le neutraliser. De par sa nature, on pourrait conclure que le hibou est un défenseur de la vie blessée. Hibou, tu es un grand livre, où on peut apprendre ce que chacun de nous serait appelé à devenir.

La hauteur et le ras du sol

Le hibou se tient le plus souvent sur les plus hautes branches, mais il sait se faire rapidement proche de la vie menacée au sol : œufs de caille ou de perdrix, jeunes pousses de blé ou d’avoine convoitées par le mulot qui approche, poussins menacés par la belette qui s’enhardira tantôt dans le poulailler…

Et dans la même perspective, on peut aussi évoquer cet homme qui s’appelle Jésus, dans les Évangiles, rendu loin dans son cheminement intérieur – lui qui sonde la hauteur et la profondeur du mystère de Dieu – mais qui sait en même temps se faire proche et s’attabler avec les gens broyés par les préjugés et les autres oppressions des rongeurs sociaux (Mc 2, 15-16).

Hibou, mon frère, vienne le jour où je te ressemblerai davantage!

Changer pour plus de sagesse!

Les événements actuels au Québec dénotent, on ne peut plus clairement, le besoin de changement vers plus d’harmonie. Comme disait Jean Rostand : « Nous paierons très cher le privilège d’être des dieux par la puissance, avant d’avoir mérité d’être des hommes par la sagesse. »

Ce grand biologiste, vulgarisateur scientifique et écrivain français du 20e siècle avait de toute évidence saisi la précarité qu’est celle de l’humain ayant acquis prestige et pouvoir par la puissance plutôt que par la sagesse. Lorsque nous observons les événements faisant la une des médias mondiaux, force est de constater que plusieurs tentent encore d’être des dieux par la puissance. Face à cette constatation, que pouvons-nous faire?

Il s’avère important de ne pas sombrer dans le désespoir, ce qui n’engendrait qu’impuissance et indifférence. Or, ces sentiments sont des états tout aussi nocifs que la recherche du pouvoir par les armes ou par le pouvoir économique et religieux fanatique, pour ne mentionner que les formes de domination les plus couramment utilisées.

Un autre atout significatif consiste à connaitre les sept lois spirituelles de la Vie. La compréhension de ces lois permet d’entrer dans son pouvoir sans chercher à l’exercer sur les autres et, par conséquent, d’être respectueux de soi et des autres. Elles nous assagissent en facilitant l’identification des croyances devenues caduques et, par conséquent, s’avèrent des outils fort utiles pour l’élaboration de nouveaux schèmes de pensée ouvrant des horizons de conscience plus vastes. Elles responsabilisent sans culpabiliser ni blâmer.

À l’instar des lois physiques, ces lois s’appliquent à chacun indépendamment de la race, couleur, statut social, nationalité, culture et éducation. Qu’une personne soit riche ou pauvre, reine ou ouvrier n’a aucune incidence sur la manière dont elles fonctionnent. Elles transcendent toutes notions humaines qui pourraient en limiter la portée. De plus, elles ne comportent aucunes exceptions. Il n’existe pas d’occasion où elles ne s’appliquent pas.

Quelles sont ces lois et qu’énoncent-elles?

1. La loi spirituelle de responsabilité dit que chacun est responsable à 100 % de ce qu’il est, de ce qu’il pense et ressent, de ses actions et des intentions les sous-tendant et de ses réactions.

2. La loi spirituelle de causalité (ou loi du retour ou action/réaction) dit que tout ce que nous mettons en mouvement en pensée, en parole et en action nous revient selon l’intention les sous-tendant.

3. La loi spirituelle d’attraction dit que nous nous attirons les personnes et événements qui correspondent à qui nous sommes et à ce que nous pensons. Autrement dit, qui se ressemble s’assemble.

4. La loi spirituelle d’analogie dit que tout ce que nous voyons ou identifions chez l’autre, nous le possédons aussi. La manière dont nous réagissons à ce que nous voyons chez l’autre met en lumière le degré d’acceptation inconditionnelle ou de rejet de nous-mêmes. Dit autrement, c’est la loi du miroir par l’entremise duquel nous sont réfléchis des aspects de nous-mêmes que soit nous acceptons soit nous rejetons.

5. La loi spirituelle de résonance dit que nos énergies sont soit en consonance avec celles de la personne avec qui nous sommes, soit en dissonance. Nous avons des atomes crochus avec l’autre ou nous n’en avons pas. C’est comme chanter juste ou chanter faux.

6. La loi spirituelle de compensation dit que tout ce que nous créons en pensée, en parole et en action qui n’est pas équilibré aura à être rééquilibré, peu importe quand le déséquilibre a eu lieu. L’équilibre est maintenu quand nos créations sont harmonieuses et respectueuses, donc inspirées par l’amour. Un être humain ne peut compenser pour les actions d’un autre, chacun étant responsable à 100 % de ses créations. Envisagée du point de vue spirituel, cette loi constitue la véritable justice, car elle n’est ni assujettie et ni limitée par aucunes lois humaines qui sont imparfaites.

7. La loi spirituelle de réincarnation dit que, lorsqu’à l’intérieur d’une incarnation nous ne parvenons pas à rééquilibrer tous les déséquilibres créés incluant ceux d’une vie antérieure, la possibilité existe de poursuivre notre travail de rééquilibrage lors d’une prochaine incarnation. Cette possibilité demeure tant et aussi longtemps que nous n’avons pas terminé notre parcours nous menant à l’amour universel.

Connaître ces lois spirituelles porte grandement à réfléchir. Une personne y pense à deux fois avant de poser un geste malveillant. Elles confèrent un discernement des plus utiles puisqu’elles permettent de jeter un regard neuf sur la vie et de mettre en lumière les leçons de sagesse contenues dans les expériences difficiles que nous traversons tous. Telle une boussole intérieure, elles permettent de retrouver la voie de l’amour peu importe les dédales empruntés.

Comme disait Jean Rostand, quand nous aurons mérité d’être des humains par la sagesse, la paix mondiale sera un état de fait. Celle-ci ne commence-t-elle pas dans le cœur de chacun? D’où l’importance d’éviter de sombrer dans le défaitisme puisque l’action individuelle est le moteur du changement qui permet l’élévation du niveau de conscience collective. Soyons nous-mêmes ce que nous voudrions que les autres soient, disait Gandhi, et observons les changements prenant place autour de nous. Prêchons par l’exemple!

Désirer être des dieux par la puissance ne mène qu’à l’asservissement des uns par les autres. Et toujours comme disait Rostand, nous paierons très cher ce désir puisque qu’il ne peut conduire qu’à des conflits. Mais souvenons-nous que l’asservissement est possible parce qu’une majorité d’entre nous croit que notre sécurité passe par être plus puissant que les autres, et qu’il n’existe pas d’autres alternatives. Notre niveau de conscience ne nous permet pas encore de concevoir la faisabilité de vivre réellement en paix. Tant que nous serons des « dieux » puissants, nous vivrons de façon misérable. Développons et cultivons la sagesse et nous serons des humains heureux.

En guise de conclusion, j’aimerais citer un autre auteur français, Marcel Proust, quant à la définition qu’il donne à la sagesse : « On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même […] car elle est un point de vue sur les choses. »

L’année 2020 : virage et perspectives

ll est toujours délicat d’expliquer l’astrologie mondiale au grand public. On pourrait la comparer à l’univers musical composé de tonalités, de nuances, de silences et de changements de rythme. L’outil astrologique présente l’intérêt de prendre de la hauteur face aux contextes et de livrer une perspective. L’astrologie mondiale se dissocie du calendrier annuel que l’humain a établi. Les cycles astrologiques dépassent le cadre d’une année civile.

L’année 2020 coïncide avec la venue d’un cycle astrologique majeur, celui de Saturne Pluton dont la dernière conjonction en Capricorne remonte à l’année 1518.

Afin de mieux comprendre l’énergie que porte ce cycle, présentons la symbolique de Saturne et de Pluton. Saturne incarne le temps, ce temps qui fait son œuvre, apaise, restaure ou présente une vision différente des choses. Il permet de relativiser et de garder l’essentiel d’une situation passée telle que les leçons enseignées. Saturne Chronos évoque le temps nécessaire pour construire une situation et les étapes essentielles pour y parvenir. Dans les cartes de nativité, sur le plan psychologique, Saturne donne de l’information sur le rapport de l’être humain avec la discipline. L’astre appelle aux concessions et à adopter une sagesse.

Pluton fait référence aux situations anxiogènes, aux crises et propose un processus de transformation. Saturne et Pluton ont en commun un désir d’authenticité. Ensemble, ils demandent de clarifier des situations. Réunis dans le ciel mondial en janvier 2020, leur contact astrologique indique que le temps est venu de faire table rase de situations devenues obsolètes. Ils invitent le monde à ne plus se cacher derrière des évidences. Il s’agit d’une prise de conscience collective des réalités. La conjonction se déroule en Capricorne, l’un des 12 signes du Zodiaque, appartenant à l’élément Terre. Il existe quatre éléments, le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau, répartis parmi les 12 signes du Zodiaque. L’élément Terre est en analogie avec les situations concrètes. Il symbolise une approche pragmatique.

La présence de Saturne en Capricorne propose une prise de conscience collective sur des questions sociétales urgentes à commencer par les nécessités de l’être humain pour vivre. Il est question d’un éveil collectif quant aux choses essentielles. La conjonction Saturne Pluton propose une véritable refonte des structures et de tout un mode de vie. Un monde nouveau s’éveille, avec de nouveaux codes sociaux, incluant le respect de la planète. La civilisation fait face à ses problématiques prioritaires, essentielles à sa survie. Cette sensibilisation, devenue plus grande à l’approche d’Uranus en Taureau en 2017 et depuis son entrée en mai 2018, contribue à installer ce nouveau monde.

La conjonction mondiale Saturne Pluton demande au monde de se débarrasser du superflu, de comportements égotiques et de retrouver l’essentiel. Elle annonce la liquidation d’une ère pour en substituer une nouvelle. Elle est l’emblème d’une restructuration du paysage administratif, adaptée à l’évolution en cours. Elle demande à retrouver des attitudes respectueuses où la discipline revient. Il y est question du retour de l’intégrité et de profondeur entre les êtres. Le monde se prépare à l’apprentissage de la tolérance face aux différences. Apprendre à accepter l’autre malgré ses différences. L’époque qui monte exhorte à changer les mentalités sur la planète et à adopter de nouveaux paradigmes.

On ne doit pas s’attendre à ce que cette conjonction ne fonctionne qu’en 2020. Elle prend naissance en 2020 et progressivement s’amorce une montée de nouvelles mentalités.

Les générations futures pourront comparer la société d’aujourd’hui, particulièrement la période de 2009 à 2016, avec celle à venir. Le cycle Saturne Pluton marquera l’histoire et le temps qui passe.

La planète a rendez-vous avec ce nouveau monde où la précocité des facultés intellectuelles et des hauts potentiels deviendra l’un des débats phares de la société.

L’enfant lumière emprisonné

Voici l’histoire fabuleuse d’un enfant et… ne soyez pas surpris si vous avez le sentiment d’être en terrain connu, car vous en connaissez peut-être un vous aussi!

Un jour naquit un enfant qui portait en lui une telle énergie d’amour que son regard étincelant appelait chez celui qui le croisait un désir irrésistible de le prendre dans ses bras. Bien qu’il n’était encore qu’un nourrisson, l’être qui habitait ce petit corps dégageait un magnétisme très grand, porteur de fréquences d’amour et de bienveillance.

Notre jeune bambin a vécu les premières années de sa vie partagé entre deux relations marquantes : d’un côté, une maman qui lui prodiguait avec amour soins et attentions et de l’autre, un père qui lui procurait certes un environnement de vie, mais qui aussi lui imposait d’une manière assez grossière un cadre autoritaire à travers lequel il percevait surtout des exigences et des reproches.

Heureusement, il pouvait toujours compter sur quelques personnes très chères de son entourage avec qui il lui était possible de partager son vécu et de discuter des défis qui se présentaient sur sa route. Un beau jour, alors qu’il exprimait à une amie de confiance comment il vivait dernièrement des vagues récurrentes de découragement, celle-ci sentit l’opportunité et lui proposa spontanément de l’accompagner à créer une représentation symbolique de ce qui l’habitait à ce moment précis de sa vie, afin d’y voir plus clair.

Ayant accepté cette proposition sans hésiter, il fut profondément ému lorsqu’après quelques minutes à peine, il voyait clairement devant lui ce scénario qui lui polluait la vie depuis si longtemps. Ce doute qui avait pris racine à son insu durant l’enfance et s’était renforcé par la suite, était la source maintenant démasquée du venin dont les injections récurrentes venaient si souvent, et sans prévenir, blesser son estime de lui-même.

Dans les instants qui ont suivi cette prise de conscience merveilleuse, une grande peine vint le surprendre en remontant jusqu’à ses yeux. Il fit alors le choix de l’accueillir et ce simple geste d’amour envers lui-même a permis à cette touchante tristesse si bien enfouie de s’exprimer enfin. C’est ainsi qu’il laissa ses larmes réparatrices couler à leur propre rythme, accompagnées par celles de son amie émue de partager un tel moment d’intimité.

Dans les heures qui ont suivi, une importante fatigue lui réclamait d’accorder à son corps un moment de repos qui permettrait à celui-ci de faire le rééquilibrage rendu possible par une telle prise de conscience. Cet éveil de conscience avait par ailleurs suscité en lui un espoir nouveau envers la VIE, cette VIE qui ne semblait demander qu’à poursuivre son œuvre majestueuse.

Après quelques minutes d’un sommeil survenu presque aussi vite que l’éclair, il s’est remis tout doucement en activité pour constater qu’une énergie renouvelée l’habitait. Une énergie d’une qualité à laquelle il n’avait plus eu accès depuis… si longtemps! On pouvait d’ailleurs déjà entendre dans le son de sa voix ce regain d’énergie nouvelle.

Que ressort-il de cette histoire? Eh bien, j’ai cette conviction profonde qu’il est important, peu importe notre âge et notre expérience de vie, de faire le choix de continuer à cultiver une attitude de curiosité et d’ouverture envers la VIE que nous portons tous à notre arrivée dans ce monde, attitude qui nous permet de poursuivre nos nombreux apprentissages, d’accroître notre sagesse intérieure et surtout peut-être, de devenir le meilleur être humain que nous puissions être. Ce faisant, nous devenons source d’inspiration pour les êtres qui croisent notre chemin de VIE.

Ce choix appartient à chacun et… nul ne peut le faire à votre place!

Je souhaite que vous choisissiez, vous aussi, de voyager vers le meilleur de vous-même. Namasté

Danser sa vie

Saviez-vous que tous les humains sont des danseurs naturellement doués? Nous dansons depuis que nous existons! Toute la nature danse et, en dansant, la vie se célèbre et se reconnaît. Les feuilles des arbres ne peuvent s’empêcher d’onduler gracieusement avec le vent. Pourtant, notre société en se civilisant s’est sédentarisée à un point tel qu’elle s’est coupée du mouvement organique de la vie. Et si notre existence était une danse semblable à celle de l’oiseau qui vole et de la fleur qui s’ouvre? Danser fait sourire et rire toutes les cellules du corps, et nous retrouvons spontanément notre pure joie d’exister. Danser est un langage archaïque, inné en chacun de nous, qui rétablit d’emblée notre intimité avec tout le vivant.

En outre, la danse soigne sans même que nous soyons malade, puisqu’elle nous ramène à un bien-être physique et mental optimal. Depuis l’aube des temps, nos ancêtres utilisent la danse comme outil de guérison du corps et de l’âme. Elle permet à la personne dansante de se guérir en laissant le mouvement réveiller en elle l’intelligence magnifique de la vie. La pulsation de la musique nous ramène immédiatement à l’énergie vitale et à ses pulsions. La danse fait ressusciter d’emblée la mémoire corporelle des origines de notre nature : mémoires de joie, de paix, d’amour, d’appartenance. Elle contribue naturellement à éveiller la sensation intime d’être son corps et d’éprouver une profonde harmonie intérieure. Elle invite à une participation de l’être en entier. En dansant, on se sent tout de suite vivant, et la redécouverte de cet état ne cessera d’émouvoir.

Quand l’humain danse, sa présence se remplit de vie. La danse nous embrasse facilement de plaisir. Lorsque nous consentons à sa méde­cine, la grande sagesse de la vie peut faire son travail. Si la liste des bienfaits s’avère trop exhaustive pour en faire étalage, on peut dire, entre autres, que la danse contribue à l’optimisation du fonctionnement de tous les systèmes. De plus, elle aide à récupérer des parties oubliées de soi et participe à l’intégration des trois centres de notre être dans leur globa­lité : nos pensées, nos émotions­ et notre instinct. Ainsi, ma danse de vie retisse la cohérence entre ce que je sens, ce que pense et ce que je fais.

Danser provoque la transformation de l’être. La partie saine et lumi­neuse de notre être libère alors, avec une étonnante créativité, les nœuds et cuirasses qui entravent le naturel du mouvement dansé de nos vies. Quelque chose à l’intérieur de nous comprend que nous ne sommes pas ce qui nous arrive et permet au passé emmagasiné de finalement nous traverser. Le corps miraculeux peut ainsi récupérer son talent naturel pour intégrer les expériences de vie et entrer en processus de guérison au moyen du mouvement.

Danser est depuis toujours une façon privilégiée de prier et de méditer qui nous permet d’accéder à des états modifiées de conscience. Depuis toujours, la danse nous permet d’exprimer une liberté qui nous transcende et de voyager au-delà des limites de l’ego. En dansant, nous retrouvons notre participation à une dimension qui nous dépasse en nous reliant à quelque chose de plus grand que soi.

En nous ramenant à la conscience primordiale de notre source, la danse réveille une connexion émouvante de vérité et d’amour… à soi, à l’autre et au monde. Ainsi, danser est un chemin d’incarnation et d’expansion de conscience. En dansant, nous faisons l’expérience immédiate de vivre dans l’instant. Peu à peu, notre mouvement se remplit de sens : celui de la vie vivante. Nous commençons à habiter les gestes du quotidien. En montant l’escalier en présence de la sensation d’être mon corps ici et maintenant, une sensation étrange me bouleverse : on dirait qu’il se passe quelque chose de sacré. C’est que la danseuse devient la danse! Au cœur de toute cette belle nature qui bat, tournoie, valse, virevolte… danse ta vie! Danse! Danse!