Filles d’Ishtar

J’entends ton appel, j’entends ta voix. Tu me parles du Ciel et d’un autre temps.

Tu murmures : « Je suis Ishtar, mère de tous les hommes, déesse millénaire, aux confins du monde. Je suis venue, j’ai vu, mais j’ai été vaincue. »

Je t’écoute, je t’écoute…

Tu es Cybèle et Isis, Mère Nature, fertile et porteuse de vie.

Tu me dis : « Ma voix s’élève de mon tombeau. J’entends les tambours, au cœur du monde, qui m’appellent, me sortant de ma torpeur, et qui me font vibrer aux rythmes chantants des saisons nouvelles d’un monde qui ne me reconnaît plus, mais qui n’a pas vraiment changé. »

Tout comme toi, j’embrasse mes cycles. Je sais qu’il me faudra des cendre aux enfers, dérobée de ma couronne et de mes ornements, et mourir pour mieux renaître… lune après lune, année après année.

Tu es Hécate et Ceridwen, enchanteresse aux mille atouts.

Tu incantes : « Vous qui ignorez qui je suis goûterez de ma magie. Ma conscience est mon armure, et mon verbe est mon pouvoir. Femme je suis, femme aux connaissances immesurables, et mes filles connaîtront mon chant; asservies et soumises, jamais plus elles ne seront. »

Tout comme toi, je suis sage et ferme. J’apprends à reconnaître mes limites et à développer ma voix. Je sais que cette réalité est mienne et qu’elle mérite d’être reconnue par-delà des barrières érigées par les interdits et les tabous.

Tu es Minerve et Athéna, guerrière au front ceint, amazone souveraine, sans peur et sans maître. Tu es Lilith, sauvage et terrifiante.

Tu cries : « Entendez la férocité de mes sœurs, la voracité de leur cœur, la ténacité de leur ventre. Voyez leurs yeux brûlants, leurs mains couvertes de sang, leurs pieds enfouis dans la terre. Ma tribu est sans peur; elle réclame sa part du monde, et rien ne saura plus l’arrêter. »

Tout comme toi, j’ai de la rage. J’ai soif de vengeance. Mes dents serrées et mes poings fermés réclament justice pour mes sœurs et, surtout, justice pour moi-même. Je sais que ce monde est aussi le mien.

Tu es aussi Vénus et Aphrodite, à la fois déesse, amante, vierge et putain.

Tu chantes : « Viens à moi et partage mon sein. Ma danse est enivrante et déroutante. Ma chair est plaisir et canevas de tes désirs. Je suis celle qui te fera voir les étoiles en te faisant l’honneur, tout cela pour ta plus grande joie ou ton plus grand malheur. Seras-tu celui ou celle qui demandera mon cœur? »

Tout comme toi. j’apprivoise mon corps. Je dévoile ma douleur sensuelle et je me vois vulnérable. Je réclame mon apparence et ma jouissance. Je suis mienne avant tout et je m’ouvre librement à l’expérience de l’autre sans jugements, sans attentes.

Tu portes en toi tous ces visages et tous ces masques.

Tout comme toi, je suis multiple, je suis complète.

Tu murmures : « Je suis ta mère et ta sœur, toujours à tes côtés, toujours à ton écoute. Sens ma caresse, entends mon chant. »

Souviens-toi, souviens-toi…

Anonyme

Les filles d’Ishtar est un cercle de femmes regroupées autour de l’aspect spirituel et de la transcendance de la condition féminine. Cette communauté francophone est une invitation à partager un espace divin et sacré pour se permettre les unes les autres de reconnecter avec notre prêtresse/déesse intérieure et de retrouver notre voix, notre essence et notre vérité. Le blogue constitue une tribune ouverte et anonyme pour les femmes de tous horizons désirant s’exprimer et partager. Bienvenue à toutes, sans jugements, sans barrières.
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Ici, maintenant, en moi… le pouvoir du sacré dans chaque moment présent

À chaque instant de notre expérience, nous avons le choix.

Nous avons le pouvoir de choisir d’être totalement et simplement là, en nous, en pleine présence et en pleine conscience. Nous avons également le pouvoir de choisir notre façon de voir les choses, d’ajouter de la compassion et de la gratitude à notre regard, ce qui nous permet d’être plus facilement dans l’accueil.

Il nous suffit de prendre le temps, ne serait-ce que trois minutes, pour être à l’écoute de notre respiration, du son de l’air qui nous berce à chaque inspiration et expiration, de la sensation de l’air qui voyage en nous, qui gonfle nos poumons, détend notre dos et nos épaules… tout en centrant notre pensée sur « ici, mainte­nant, en moi, simplement ».

Plus nous sommes présents à nous-mêmes à chaque instant, à l’écoute de nos sensations, de nos émotions­ et de nos vibrations, plus nous pouvons calmer notre mental qui s’emballe facilement.

Nous n’avons pas appris à penser ni à respirer; ces fonctions se font d’elles-mêmes. Et pourtant, elles ont une grande influence sur notre bien-être global. Des pensées de doute, d’inquiétude ou de peur nous font vivre du stress et de l’anxiété qui, à leur tour, nous occasionnent des tensions musculaires, de la fatigue, de la douleur et la maladie. Voilà où notre mental peut nous mener sans même que nou nous en rendions compte.

Comment est votre respiration?
Quelles pensées occupent votre esprit la majeure partie du temps?

En prenant le temps de les observer un instant, nous prenons conscience de notre pouvoir de les contrôler, ne serait-ce que quelques minutes à la fois, simplement pour nous ramener dans l’ici-maintenant, nous apaiser, nous déposer, nous centrer et nous harmoniser.

Vous avez le pouvoir de maîtriser vos pensées. Choisissez en pleine conscience des pensées qui vous font du bien et qui vous apaisent.

Voilà ce qu’est la méditation.
Méditer est un état d’être, une qualité de présence à soi, ici et maintenant. Il existe autant de façons de méditer qu’il existe de gens sur terre. On peut méditer dans le calme immobile, en mouvement, en chantant, en visuali­sant ou simplement en respirant.

Prendre quelques minutes pour soi plusieurs fois par jour, simplement pour s’observer, s’écouter ou se recentrer rend la qualité de notre présence à nous-mêmes encore plus profonde. S’émerveiller de toutes les beautés qui nous habitent et qui nous entourent rend chaque moment présent sacré et magique.

Il suffit de choisir les moments qui conviennent le mieux à notre horaire, comme après les repas, au lever et au coucher, durant les pauses au travail ou à l’école. Prendre ces trois courtes minutes peut, au début, sembler être une discipline, mais avec le temps et la pratique, cela deviendra vite une bonne habitude de vie.

Vous êtes la personne la plus importante dans votre vie; plus vous prendrez le temps de vous nourrir, de vous remplir et de rayonner pour vous, plus votre lumière et vos vibrations inspireront et nourriront tout ce qui vous entoure. Vous serez ainsi plus disponible pour les autres.

Soyez la fleur qui s’épanouit parce que c’est exactement ce qu’elle doit faire. Et voyez comme elle attire les papillons et les abeilles avec ses couleurs et son parfum. Elle se permet d’être merveilleuse en se centrant sur son propre enracinement. Plus son enracinement sera solide, plus la fleur rayonnera et débordera de vitalité.

Alors, en pleine présence à vous-même, ici maintenant, choisissez de rayonner en toute simplicité, simplement pour rayonner.

De la compulsion à la compassion

Il existe, chez tout être humain, un profond désir de connaître l’Infini et de se reconnaître dans l’Infini. Cette soif naturelle d’expansion, qu’elle soit consciente ou incons­ciente, se cache derrière chacun de nos désirs et se manifeste malgré nous. Il s’agit de la moksha, cette quête de délivrance de notre âme dont il est question dans des textes anciens et sacrés. L’aspiration à la liberté et à la paix est considérée par la plupart des gens comme le but spirituel ultime. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que notre nature fondamentale est libre lorsque nous laissons agir l’esprit. Et, l’esprit est libre tant qu’il est neutre. Apprendre à cultiver une neutralité grandissante, avec compassion, est ce qui permet de garder l’esprit vivant et vibrant.

Sortir de la quête pour se libérer
C’est uniquement l’idée que ce qu’on vit est un problème qui encourage la quête de liberté, car la liberté nous habite. Ce qui entrave l’accès à la véritable liberté, c’est notre tendance à définir ce qui pourrait nous libérer, que ce soit le pouvoir, l’argent, l’amour, le voyage, la santé, la connaissance ou les plaies causées par les dépendances et la consommation compulsive.

Nous cherchons toujours à nous dépasser, à combler nos désirs, à être ailleurs qu’où nous sommes et à surmonter ce que nous percevons comme des obstacles, des barrières. La quête prend son sens lorsque nous nous établissons dans la vague qui nous pousse vers l’infini, puisque celle-ci exprime la force évolutive de la vie. Toutefois, au lieu d’obéir à la pulsion naturelle du mouvement d’expansion de la vie, en agissant de façon responsable et créative, nous cherchons à remédier à un sentiment d’insatisfaction au moyen de réactions compulsives.

La qualité de notre vie est déterminée par notre responsabilité, plus précisément notre capacité d’agir plutôt que de réagir face à diverses situations auxquelles nous devons faire face dans notre vie. Si notre capacité d’agir avec intelligence, créativité et sensibilité est compromise, nous demeurerons sous l’emprise de la situation.

Nous pensons que la liberté est le résultat d’un travail qui devrait faire disparaître toutes les choses et les expériences qui semblent poser des problèmes. Nous réagissons donc compulsivement, en nous basant sur des schèmes de pensées et des émotions qui entretiennent cette perception.

En réalité, la liberté et la paix sont ce qui reste quand plus rien en nous ne prétend qu’il y ait un quelconque problème à régler.

Être pleinement conscient
Être pleinement responsable veut dire être pleinement conscient. Au travers des expériences que nous vivons, la vie tente de nous aider à nous libérer de l’idée que certaines choses sont des problèmes, et ce, que nous le voulions ou non. Quand plus rien n’est considéré comme un problème, aucune recherche de solution, de paix ou de libération n’est nécessaire. La vie nous présente toujours ce qu’il y a de mieux pour nous; lorsque nous parvenons à le voir et à le reconnaître à chaque instant, il ne nous reste alors qu’à accueillir tout ce qui se présente dans la joie, la paix et l’amour.

Reconnaître l’infini par la neutralité
Enfin, pour entrer en contact avec la liberté qui nous habite, nous sommes invités à reconnaître ce qui est illimité et infini en nous. Nous sommes appelés à cultiver une neutralité intérieure face à ce qui surgit dans notre vie. Accepter d’être responsa­ble, c’est transformer la compulsion en compassion envers nous-mêmes, et la réaction en création. La création n’est qu’une manifestation de notre liberté, car nous gagnons le choix d’agir ou non afin de nous réaliser autrement. Nous devons accepter de faire face consciemment au présent et de nous vider la tête de toutes les histoires qui nous éloignent de la liberté de nous recréer. Ainsi, notre monde extérieur deviendra incapable de déterminer qui nous sommes puisque notre monde intérieur se sera mis en résonance avec la liberté de l’infini.

Une âme… dans un corps physique

On nous répète sans cesse que nous sommes des êtres spirituels incarnés pour vivre l’expérience humaine, que nous sommes avant tout une âme. On nous répète également que, pour évoluer et grandir de nos expériences terrestres, qu’elles soient joyeuses ou éprouvantes, nous devons nous connecter à notre être profond, à notre source, afin de découvrir qui nous sommes et la raison de notre incarnation. Ce qu’on oublie malheureusement souvent de nous dire, et qui est pourtant essentiel, c’est que nous sommes des êtres humains empreints de toutes les caractéristiques humaines.

En préparant son incarnation de l’au-delà, l’âme décide du rôle qu’elle jouera sur Terre. Mais avant d’accomplir quoi que ce soit, une fois incarnée, l’âme doit apprivoiser l’être physique qu’elle est devenue. Comment? En acceptant de vibrer beaucoup plus lentement que dans l’au-delà. En possédant un égo qui agit en fonction des expériences vécues, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. En possédant un instinct de survie qui dépasse toutes croyan­ces sur la vie après la mort. En étant limitée par les cinq sens humains et, ultimement, en acceptant d’être un être d’émotions. Apprivoiser l’être physique est d’autant plus difficile pour l’âme avancée qu’elle a déjà vécu l’expérience terrestre à plusieurs reprises.

La société dans laquelle nous évo­luons nous apprend rapidement que nous devons agir avec notre tête, que la réussite sociale est liée à notre compte bancaire, à notre lieu de résidence, à un emploi dit conve­nable, à une famille équilibrée et à notre capacité à en faire état pour générer une pointe d’envie chez les autres. Ce que cette société oublie est que nous sommes des êtres d’émotions et que ces dernières nuisent à notre stabilité et à notre prévisibilité. Pour cadrer dans les normes de la société, nous refoulons nos émotions et devenons des êtres imperturbables.

Au quotidien, l’être humain est confronté aux émotions. Lorsque positives, elles sont souvent sujettes à un certain contrôle, car se permettre d’être trop heureux ou de réagir trop impulsivement peut être mal perçu par nos semblables et perturber l’impression favorable qu’ils ont de nous. La tristesse, qui n’a pas sa place en société, se vit la plupart du temps dans un endroit isolé du jugement humain. Lorsqu’une personne exprime de la colère à l’endroit d’une autre, elle est irrespectueuse et se place alors en situation de contrôle. La colère fait peur et crée des dommages considérables à la personne vers qui elle est dirigée et à ses proches.

Mais pourquoi en est-il ainsi des émotions? Parce que nous refusons de vivre ce qui nous dérange. Nous croyons qu’en ne les assumant pas, elles disparaîtront d’un coup de baguette magique. Malheureusement, la magie n’est qu’un subterfuge, et les émotions non libérées s’installent dans nos corps physique et énergétiques et les squattent jusqu’à prendre la forme de maladies, de dépression ou d’anxiété. Le corps physique a ses limites, et si ces dernières ne sont pas respectées, il perdra inévitablement de sa vigueur et de ses capacités.

Comment pouvons-nous changer notre attitude envers nos émotions? En prenant conscience qu’elles font partie de nous, que l’être humain est un être de raison ET d’émotions et que la seule façon d’être bien dans notre peau est de trouver un équilibre entre les deux, bien que cela s’avère très difficile. Pour y arriver, il faut prendre conscience de l’être humain que nous sommes et nous permettre d’être nous-mêmes. Je vous invite à partir à la découverte de la fabuleuse personne que vous êtes, une âme qui vit une expéri­ence terrestre, avec tout ce que cela comporte…

Des pensées en santé

Nous sommes tous semblables, humains et humaines : nous avons dans la tête un poste de radio qui nous envahit du matin au soir de pensées non sollicitées. On dit que la plupart des gens reçoivent 50 000 pensées par jour. De surcroît, une étude démontre que 98 % de ces pensées ont déjà été diffusées et que 80 % s’avèrent négatives. Quelle confusion cela crée dans notre pauvre tête! On sait bien que ces pensées insidieuses peuvent miner l’estime de soi et biaiser notre façon de percevoir l’autre et le monde. Comme personne n’a encore trouvé le bouton magique pour éteindre ce constant bavardage intérieur, regardons ce que nous pouvons faire pour retrouver la capacité de penser sainement.

Cette métaphore de radio nous rappelle qu’heureusement, nous ne sommes pas nos pensées et qu’avec un peu de patience, nous avons au moins le pouvoir de baisser le volume ou de changer la fréquence. Veillons d’abord à ne pas nourrir notre imaginaire de négativité en faisons attention aux lectures et aux images auxquelles nous nous exposons : livres, articles, média sociaux, journaux, publicités, films, musiques, vidéos, etc. Nous devenons facilement ce que nous consommons. De même, les conversations qui jugent, critiquent et disqualifient nous restent dans la tête et nous éloignent de notre humanité bienveillante, alors qu’il y a tant de lectures et de musiques pour élever notre humeur et réveiller notre joie de vivre.

Une pensée est un nuage qui passe dans le ciel de notre conscience. Si on ne lui accorde pas d’attention, elle passera son chemin sans nous perturber. Mais certaines pensées souvent récurrentes viennent se coller à notre identité. Elles arrivent à adhérer parce qu’elles correspondent à une façon conditionnée de penser le monde que nous avons empruntée à un moment de notre vie afin de survivre et d’assurer notre sécurité.

Que se passe-t-il ensuite? La pensée négative va se joindre à une sensation corporelle pour créer une émotion. Comme le suggère l’étymologie du mot, une émotion est une énergie en mouvement. On peut tout de même admirer ce réseau cohérent du « ressenti » de notre corps qui est là pour nous informer de nos besoins et nous guider dans nos décisions. Ainsi, la sensation de bien-être et de plaisir est simplement le corps qui dit oui, alors que l’inverse est signe que la pensée nous éloigne de notre vérité. Notre mal-être intérieur pro­vient souvent du fait que nous croyons à des pensées qui sont fausses. On peut ainsi commencer à douter des affirmations qui se répètent dans notre tête, à jouer à en démasquer la fausseté et à examiner avec intérêt la conclusion sur la réalité qui les a fait naître.

Tout cela devient de plus en plus facile avec la pratique de la méditation au quotidien. Lorsqu’on médite,­ l’immobilité du corps invite l’im­mobilité du mental. C’est comme prendre un bain de douce présence dans cet espace lumineux de silence qui est ce que nous sommes avant que l’on pense. Des pensées vont bien sûr nous emporter loin du présent; alors, avec amour, on se ramène ici et maintenant. Peu à peu, les pensées vont perdre leur capacité de nous éloigner de nous-mêmes. Peu à peu, le mental hyperactif, reconnaissant ses limites, va commencer à se taire et s’incliner devant la présence silencieuse et sacrée de notre Être. Et alors, nous retrouverons notre légèreté et notre réelle capacité de réfléchir en nous servant de notre magnifique faculté de penser.

L’archéologie de l’esprit : de l’excavation… à la mise en relation!

Je vous ai proposé, pour votre cocooning d’hiver, de devenir un archéologue de l’esprit et d’entamer un processus d’excavation de vos structures identitaires, profondément ancrées dans votre subconscient. Cet exercice avait pour but de diriger la lumière de votre conscience sur les croyances profondes sur lesquelles s’appuient les murs de votre demeure existentielle, les valeurs fondamentales servant d’assise à l’expression de votre être. Le moment est maintenant venu de passer à l’étape suivante, soit celle de décider, en pleine conscience, quelles sont les valeurs (héritées de votre entourage familial et social) que vous voulez préserver ou laisser aller, redéfinir ou actualiser.

Les valeurs sont de puissants outils qui peuvent être au service autant de votre emprisonnement que de votre libération. Il est donc indispensable, dans votre inventaire des valeurs, d’être lucide en ce qui concerne ce que ces valeurs représentent lorsqu’elles sont poussées jusqu’à leur expression ultime. Prenons un scénario hypothétique : si je consi­dère la gentillesse comme une valeur très importante, cela implique que, dans mes interactions avec les autres, je dois être conciliante, même lorsque je suis entourée de gens qui abusent de ma gentillesse. Cela vous semble-t-il une valeur positive qui me permet d’agir librement et de me respecter moi-même? Ou est-ce plutôt une valeur qui m’emprisonne dans un rôle de sacrifice dans lequel mon souci de l’autre passe avant ma propre paix d’esprit et mon propre bien-être?

Se poser ce genre de questions est au cœur du processus de tri, et les réponses vous amèneront inévita­blement à constater l’importance indéniable de définir vous-même vos valeurs, ainsi que leurs contours et leurs limites. Il se peut que vous alliez jusqu’à carrément créer de nouvelles valeurs qui seront plus conformes à votre vision de vous-même, des valeurs correspondant davantage à votre être intérieur et vous fournissant des contours pleins d’amour pour favoriser l’expression authentique de votre soi! Ce travail intérieur, qu’il s’agisse d’une restructuration de vos valeurs existantes ou de l’instauration de valeurs nouvelles (probablement un mélange des deux) permet de faire ensuite LE plus grand ménage du printemps qui soit : la révision complète des rôles que vous jouez et des exigences qui s’y rattachent.

Les valeurs représentent QUI VOUS ÊTES À L’INTÉRIEUR de vous-même, tandis que les rôles ainsi que les exigences à respecter pour jouer ces rôles représentent COMMENT VOUS INTERAGISSEZ AVEC L’EXTÉRIEUR. Les valeurs renseignent sur la façon dont ces rôles sont définis, et la majorité des rôles que nous jouons et des responsabilités que nous accep­tons d’assumer quand nous jouons ces rôles nous ont été impo­sés. Tout comme les valeurs dont nous avons hérité de nos ancêtres et de nos sociétés, la plupart de nos rôles et des exigences qui en découlent nous ont été inculqués. Il va donc de pair avec le recensement des valeurs de prendre le temps de réfléchir aux implications des divers rôles que nous jouons et de nous poser des questions telles que :

• Ce rôle m’appartient-il vraiment ou m’a-t-il été inculqué?
• Apporte-t-il un soutien bénéfique à ma vie et à mes objectifs?
• Ce rôle est-il en harmonie ou en conflit avec mes autres rôles?
• Comment puis-je définir moi-même ce rôle et les exigences qui s’y ratta­chent afin que celui-ci cadre avec mes valeurs?

Vos réponses à ces quelques questions vous convaincront du fait qu’un grand ménage du printemps s’impose afin « d’alléger » votre identité.

Se définir soi-même pour être l’artisan de sa vie et établir des limites personnelles pour être bien ancré en soi-même dans ses inter­actions sociales, n’est-ce pas là l’essence même de la santé globale?

Quand la vérité vient à la rescousse de la justice

En tant que praticienne en énergie, j’ai la capacité de voir, d’entendre et de ressentir les énergies bloquées chez mes clients et autour d’eux. Ces énergies souvent refoulées causent beaucoup de souffrance physique ou psychologique, et peu importe la vérité qu’elles cachent, elles doivent souvent être mises au jour pour qu’une guérison s’opère.

Il y a quelques mois, j’ai reçu en consultation un jeune homme dont l’histoire et le dénouement ont inspiré le présent article. Le jeune homme est venu me voir parce qu’il en avait assez de vivre la souffrance qui l’habitait. Son enfance a été parsemée d’échecs scolaires; il est par conséquent sous-scolarisé. Il a eu des démêlés avec la justice et a fait un bref séjour en prison. En outre, il était en attente d’un autre procès. Au fil des rencontres, j’ai pu soigner certaines vies antérieures et réharmoniser ses énergies. Il s’est transformé : il est devenu plus ouvert, il a renforcé sa relation avec ses parents e il a repris confiance en lui. Mais, c’est le dernier évènement qui m’a particulièrement touchée.

Pendant un soin, il m’a avoué que son procès à venir l’inquiétait. J’ai donc demandé à mes guides de me montrer de quelle manière nous pouvions aider ce jeune homme. C’est à ce moment que j’ai entendu une parole de Jésus : « Je suis le chemin de la Vérité ». Cette parole m’a permis de comprendre que mon client devait trouver à l’intérieur de lui les ombres qui l’ont mis dans cette situation. Pendant que je continuais à amener de la lumière, je l’ai invité à tourner le regard vers lui.

Sa première réaction a été de dire ce que l’autre partie avait fait. Mes guides ont repris avec amour leur demande et lui ont fait comprendre que ce n’était pas l’autre qui était ici sur la table, mais bien lui, et que c’était lui qu’ils désiraient aider. Mes guides ont également mis l’accent sur le fait que sa vérité intérieure, quelle qu’elle soit, devait se dévoiler à lui. Mon client a finalement bien suivi les instructions : il a accepté de prendre contact avec son côté « moins gentil », ce qui a permis à mes guides de transmuter ses ombres. Il s’est également engagé à aller jusqu’au bout du processus.

Un mois plus tard, je l’ai revu, et il m’a annoncé fièrement que toutes les accusations contre lui étaient tombées, puisque l’autre partie qui avait l’obligation d’être présente a omis de se présenter au procès. À ce moment, j’ai senti que la lumière de vérité était venue au secours de la justice et j’ai pris conscience que seul Dieu connaît ce qui est juste pour tous. J’ai également entrevu un petit clin d’œil des sphères spirituelles qui désiraient encourager ce jeune homme à continuer son beau processus de guérison.

Pour conclure : n’ayons pas peur de nous voir tel que nous sommes, puisqu’il est vrai que la vérité libère.

Prendre du temps pour soi. Un impératif pour la santé et pour l’épanouissement de l’intuition

Tôt ou tard dans notre vie, vient un moment où, pour une raison ou pour une autre, nos réponses ne semblent plus suffisantes ou appropriées, nos cartes se brouillent… Ces moments sont très souvent l’occasion idéale d’approfondir notre relation à nous-mêmes, de développer davantage notre intuition et de lui faire plus de place.

Pour nous accompagner et nous guider dans ce processus, la méditation est un outil puissant, mais il y a un autre ingrédient essentiel à l’épanouissement de notre intuition. Il s’agit du temps que l’on passe avec soi-même. Pourquoi? Tout simplement parce que notre relation à notre intuition est le résultat de notre rapport à nous-mêmes, à notre essence et à notre lumière. Dans cette optique, le projet de développer son intuition commence par prendre du temps pour soi. Notre rendez-vous avec nous-mêmes se veut notamment un temps pour laisser libre cours à nos pensées, un temps pour être complètement EN soi et un temps pour contempler.

Un temps pour laisser libre cours à nos pensées
Dans notre quotidien chargé, nous nous permettons rarement d’observer les pensées qui nous habitent. S’offrir un moment pour laisser vagabonder nos pensées et observer, sans juger ni contrôler quoi que ce soit, nous permet de dissiper peu à peu la pression que nous subissons et que nous nous imposons, en plus de faciliter la reconnaissance et l’acception de soi.

Un temps pour être complètement EN nous DANS le monde
Être présents à nous-mêmes pendant que nous sommes dans le monde, voilà un bel objectif sous-entendu dans une démarche visant à établir un lien plus intime avec notre intuition et à vivre notre essence. L’aisance ne s’installe pas du jour au lendemain. Se permettre de vivre des moments où nous sommes seuls avec nous-mêmes tout en étant dans le monde, mais sans trop de stimulations ou d’interactions, est donc une excellente pratique. C’est aussi un moment propice pour apprivoiser nos sensations tout en étant en action, pour vivre notre connexion avec la vie dans le monde. Transfor­mer une marche en forêt en marche méditative est un excellent choix : se relier à la vie qui nous entoure, comme les arbres, les plantes et leurs racines sous terre, sentir la terre sous nos pieds et notre con­nexion qui s’active à chaque pas, nous connecter à la terre et aux astres et sentir leur lumière circuler en nous, etc.

Un temps pour contempler
C’est l’occasion de décrocher du mode de fonctionnement analytique et rationnel, cette tendance que nous avons à contrôler et à structurer pour nous sécuriser, et de nous mettre plutôt en mode de réceptivité. Notre façon de vivre depuis la tendre enfance­ nous a amenés à développer un rapport très tendu avec la vie, avec la nature, avec le rythme naturel des choses. Apprivoiser le silence autour de nous, nous relier au monde, à la nature, à notre environnement avec un sentiment de sécurité et de confiance nous aide à nous rappeler que la vie est belle, puissante, qu’elle nous soutient. Lorsque s’atténue l’impression de menace environnante, il devient alors beaucoup plus facile d’entendre ce qui se trouve en nous.

Prendre du temps pour soi contribue à créer un espace propice à notre épanouissement intuitif. Pour entrer en contact avec notre intuition, approfondir notre relation à notre essence/lumière, il faut du temps libre, de l’espace intérieur calme, de la confiance en la vie, de l’accueil envers TOUT ce qui est en nous, que nous le jugions beau ou laid.

Développer son intuition et se rapprocher de son essence ne veut pas dire se rapprocher de quelque chose d’extérieur à soi; il s’agit bien de se rapprocher de soi!

S’honorer de sa propre présence

L’hiver, saison par excellence des pantoufles et des feux de foyer, vous invite à ralentir vos activités, à habi­ter votre intérieur et à le réchauffer de votre présence. Vous pouvez pen­ser à votre maison, mais vous pouvez aussi simplement penser à votre corps. Avez vous remarqué combien peu de temps vous passez à être bien avec lui, en lui? Et savez-vous à quel point incorporer cette habitude peut changer votre vie?

Je n’habite pas mon corps
L’expression « être dans son corps » semble simplette. Et si vous êtes d’avis qu’elle est futile, vous serez peut-être d’autant plus surpris d’apprendre que vous passez le plus clair de votre temps ailleurs que dans votre corps. Essayez ceci : dirigez toute votre conscience vers vos pieds et ressentez intensément toutes les sensations qui les habitent comme si vous n’étiez que vos pieds. Faites abstraction de tout le reste autant que possible et respirez par vos pieds. Maintenant, en habitant toujours vos pieds, pensez à ce que vous avez fait hier. Pas facile, hein! Hier, ou demain, ne se trouve pas dans vos pieds. Quand vous êtes dans votre corps, vous êtes aussi, proportionnellement, dans le présent. Donc, tout le temps que vous passez à penser à hier ou à demain, vous le passez généralement à l’extérieur de votre corps (et, avouons-le, nous passons le plus clair de notre temps à penser à hier, à demain ou à une autre machination de l’esprit qui n’a rien à voir avec le présent). Dans le monde de l’énergie, on dit que l’énergie va là où la conscience se trouve. Rappelez-vous des jours où vous étiez préoccupés ou éparpillés; n’étiez-vous pas épuisés avant la fin de la journée?

Habiter son corps
Être dans votre corps se vit d’abord en prenant le temps de ressentir votre corps. Observez votre respiration, sans chercher à la contrôler. Sentez votre abdomen se gonfler et se dégonfler. Ressentez la chaleur dans vos membres, ainsi que les tensions qui peuvent habiter votre corps. Permettez-vous de vous en approcher; imaginez que vous entrez à l’intérieur de ces zones avec toute votre présence.

S’il est plus facile d’ancrer cette habitude lorsqu’on ne fait rien, l’idéal est éventuellement d’inclure cette perspective, ce ressenti, peu importe votre activité, tout au long de la journée. Ressentir vos mains en lavant la vaisselle, ressentir vos pieds se poser sur le sol lorsque vos marchez, ressentir votre bouche lorsque vous mangez, ressentir vos épaules en conduisant la voiture, etc. En faisant l’exercice régulièrement, vous en viendrez à reconnaître le bien-être que votre présence vous apporte, que ce qui se passe dans votre vie ou dans votre corps soit perçu comme agréable ou désagréable. C’est la magie de la présence.

Pourquoi pratiquer la présence dans le corps?
Au moyen de cette pratique, vous développez une saine relation à vous-même. Vous apprenez à connaître et à reconnaître votre essence. Vous apprenez à observer votre rapport au monde extérieur, vos blessures et les réactions qu’elles suscitent dans votre corps. Vous développez un sentiment de confiance et de sécurité reposant sur votre Être plutôt que sur le monde environnant. Et en pratiquant assidûment, vous vous permettez même de transcender vos acquis, c’est-à-dire d’agir non pas en étant motivé inconsciemment par vos sensations, mais en partant de cet état de présence cultivé et ancré en vous, cette présence qui ne vit en fonction ni du passé, ni du futur.

La présence dans le corps est un outil puissant (et peu coûteux) qui ouvre la voie de la conscience et de la guérison. Ce processus d’amour, d’accompagnement et de reconnais­sance de soi nourrit sans cesse de nombreux enseignements qu’il permet.

La mort : changement de décor sur l’éternel chemin de la vie

La mort nous interpelle et nous bouleverse. Plusieurs questions nous assaillent, et diverses émotions nous envahissent quand nous voyons mourir nos proches ou quand nous envisageons notre propre mort. Mais quelle que soit notre réaction, la mort est inévitable. Aussi bien l’apprivoiser.

C’est ce qu’ont fait Socrate, Platon, Épicure, Cicéron, Plotin, Montaigne et plusieurs autres philosophes qui en sont venus à penser que philosopher, c’est apprendre à mourir. Le sens de la mort découle de celui que l’on donne à la vie. Si nous pensons que l’existence humaine trouve son accomplissement ultime dans l’expérience sensorielle ou la performance intellectuelle, la destruction du corps marque évidemment la fin de tout et suscite un effroi bien légitime. À l’opposé, si nous pensons que l’univers répond à une finalité spirituelle et que l’âme est immortelle, la peur de la mort s’estompe. Elle apparaît alors comme une transition vers une autre forme de vie, un simple changement de décor sur l’éternel chemin de la vie.

Deux penseurs québécois, décédés au tournant des années 2000, ont exprimé par écrit les sentiments que leur inspirait la venue prochaine de leur propre mort. « On n’est pas athée par courage. J’admets que la mort paraît souvent plus facile à apprivoiser pour ceux qui croient profondément à une survie de la personne ou de l’âme […]. Pour l’athée, la mort sera une fin absolue et sans appel. Une petite fin du monde. »

Laurent-Michel Vacher, l’auteur de ce témoignage est décédé en 2005. Ses dernières réflexions donnent l’impression que ses convictions athéistes avaient faibli. « Vivre jusqu’à la fin le moins mal possible, goûter la joie de l’instant présent […], communier avec l’énigme de l’univers, se percevoir comme partie prenante du grand tout qui nous porte et nous emporte. »1

L’autre penseur québécois dont les propos sur la mort donnent à réfléchir est Doris Lussier, le célèbre « Père Gédéon » : « Il me semble impensable que la vie, une fois commencée, se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière, et que l’âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clartés, de si riches espérances et de si douces affections. »

Je soumets la profondeur de ces témoignages à la réflexion du lecteur. Que l’on soit athée ou croyant, on ne peut pas esquiver la méditation sur la mort.

1 Laurent-Michel Vacher, Une petite fin du monde, Carnet devant la mort, Montréal, Liber, 2005.