Donner et recevoir, des gestes pleins de sens

Durant le temps des Fêtes, nous donnons et recevons de nombreux cadeaux. Ces échanges de cadeaux témoignent de notre profond besoin humain d’aimer et d’être aimé. Mais comme nos vies filent à vive allure, il est facile de se laisser prendre au jeu de la consommation à outrance. Bien que nous cherchions à nous connecter à l’essentiel, nous finissons par acheter des objets souvent insignifiants que nous donnons avec maladresse. Alors comment retrouver le sens profond de donner et de recevoir?

La plupart d’entre nous sommes devenus des spécialistes dans l’art de donner. Arrêtons-nous un instant pour nous demander : comment est-ce que je donne et depuis quel espace à l’intérieur de moi? Lorsque c’est l’égo qui donne, il fait de son mieux, mais dans le but inconscient de se plaire à lui-même. Il ne peut faire autrement, le pauvre, que de se complaire dans l’image qu’il se fait de l’autre. L’objet donné reflétera alors cette projection et aura peu de chance d’être bien reçu.

Si nous prenions le temps de retrouver une profonde connexion à soi, elle nous mènera vers l’autre. C’est dans l’espace tendre de notre cœur que nous commençons à percevoir l’autre tel qu’il est. De là viendront l’intuition et l’inspiration pour le petit-quelque-chose qui fera énormément plaisir. Il est vrai que les objets peuvent être de vrais messagers d’amour. Les enfants le savent… jusqu’à ce que la société de consommation le leur fasse oublier. Lorsque de surcroît, l’objet est fabri­qué de nos mains, il contient nos deux biens les plus précieux : notre temps et notre attention. C’est ainsi qu’il se remplit d’amour. Ou alors, nous pouvons donner un objet sentimental qui nous appartient et observer ce qui se passe dans l’invisible lors de ce partage d’une part intime de notre être.

Pour plusieurs, recevoir s’avère un acte plus difficile que donner. Or, il importe tout autant pour rétablir l’équilibre de la fonction affective. Notre éducation nous conditionne plus à agir qu’à recevoir, au yang qu’au yin. Souvent, nous sommes même mal à l’aise de recevoir, n’est-ce pas? Il en est ainsi parce que nous portons dans notre inconscient collectif un sentiment commun d’insuffisance. Comme si nous ne le méritions pas. Pourtant, nous sommes tous et chacun infiniment digne d’aimer et d’être aimé. Il nous suffit de retrouver ce doux geste d’ouvrir les bras pour accueillir les innombrables présents du moment.

Quand un enfant nous donne un dessin, c’est simple, tout notre être s’ouvre spontanément. Nous sommes touchés par la pureté de la délicate intention du geste. C’est un moment de grâce dans l’ordinaire du quotidien. C’est en passant par le cœur que donner et recevoir deviennent des gestes plein de sens et remplis d’amour. Donner et rece­voir à partir du cœur, c’est entrer ins­tantanément dans le mouvement de la vie. Et on en vient à ne plus savoir qui donne et qui reçoit, n’est-ce pas merveilleux? Il s’agit d’une seule et même danse. Alors ne doutons plus un seul instant de notre dignité à recevoir et à donner de l’amour, car ce mouvement aimable et aimant est notre nature profonde.

Rappelons-nous que sur le chemin du retour à l’essentiel, le plus grand des présents est notre présence. C’est si simple et si peu dispen­dieux que nous en oublions la valeur. Le don de notre présence pleine et inconditionnelle participe à la grande danse de la vie qui ne demande qu’à être célébrée. Lorsque nous osons notre présence unique et lumineuse, nous sommes un présent inestimable offert au monde entier. Il y a de quoi s’emballer, non?

Se (re)construire consciemment : devenez un archéologue de l’esprit

J’aimerais vous inviter à faire cet hiver un voyage – non pas un voyage dans un pays chaud, mais plutôt un voyage énergétique dans votre profondeur intérieure, dans la partie submergée de l’iceberg de votre psyché. Oui, je sais, il fait bien moins chaud dans ce lieu, mais la pratique spirituelle que je vous propose pour votre cocooning cet hiver a la capa­cité de faire fondre cette glace figée dans la noirceur et de faire rayonner le soleil à l’intérieur de vous.

Cette pratique est celle de devenir un archéologue de l’esprit et d’entamer un processus d’excavation de vos structures identitaires. Qui sait quel trésor vous pourriez découvrir parmi les roches et la poussière du passé auxquelles vous vous êtes identifiés! Car, derrière votre manière d’être, de penser et d’interagir se trouve tout un univers de croyances à déloger et à faire remonter à la surface du soi.

Pourquoi accomplir un tel travail intérieur? Eh bien, pour vous cons­truire consciemment! Aussi longtemps que ces croyances restent bien enfouies, elles ont une incidence déterminante sur votre expérience­ de la réalité, des autres et de vous-mêmes. Entreprendre ce genre d’excavation, c’est prendre l’une des plus impor­tantes décisions de votre vie, c’est-à-dire prendre en main votre pouvoir de décider qui vous êtes et, au besoin, ériger une nouvelle fondation pour votre demeure intérieure, ce lieu dans et par lequel votre âme s’exprime par le biais de votre person­nalité et de vos valeurs.

Pour revenir à la métaphore du voyage, ne jamais prendre le temps de faire une intériorisation de ce genre est comme laisser un étranger préparer vos valises avant de partir en voyage, sans jamais vérifier le bien-fondé des choix qui ont été faits ni les conséquences potentielles de ces choix.

Comment faire un tel recensement des valeurs? Une chose très importante à réaliser est que certaines des valeurs dont nous avons hérité – de nos familles, de notre société – peuvent non seulement s’opposer les unes aux autres, mais être littéralement contradictoires, donc impossibles à respecter. Prenez quelques secondes pour penser à l’état dans lequel cela peut vous mettre intérieurement… Indice : un état de conflit intérieur qui peut, dans certains cas, être présent en permanence et qui s’exprimera dans vos gestes et votre relation à vous-mêmes et aux autres.

Pour démontrer le bien-fondé des croyances que vous allez vous-mêmes excaver, voici comment procéder. Pour chaque valeur que vous jugez importante, posez-vous les questions suivantes :
• Cette valeur m’appartient-elle vraiment ou fait-elle partie de l’héritage que j’ai reçu?
• Cette valeur offre-t-elle un soutien bénéfique à ma vie et aux objectifs que je me donne?
• Cette valeur est-elle en harmonie avec mes autres valeurs? Dans la négative, quel est le conflit?
• Cette valeur implique-t-elle, pour être honorée, une dépendance envers autrui?

Profitez de l’énergie de l’hiver, si propice à l’intériorisation, pour vous laisser guider dans ce processus d’excavation. Amusez-vous à être l’archéologue de votre esprit, celui qui interprète les découvertes et détermine leurs valeurs nécessaires à la reconstruction de votre être intérieur. Rendu au printemps, il sera temps de (re)construire l’architecture de vos relations et les rôles que vous y jouez à partir d’une nouvelle fondation. Pourquoi? Parce que les rôles ont été influencés par les valeurs qui vous gouvernaient. Et mainte­nant qu’elles ont été examinées, il y aura un petit (ou un grand) ménage du printemps à faire pour paver la voie à l’expression de votre nouvelle configuration.

Douceur et lenteur cocooning pour l’âme

Comme après un long voyage, il est important de nous déposer et de nous reposer pour nous ressourcer et nous recentrer. En tant qu’Êtres divins incarnés, nous pouvons choisir de voir chaque journée comme un voyage.­ Chaque moment présent est une expérience pour notre être sur tous les plans : physique, émotionnel, mental, énergétique et spirituel.

Que l’expérience soit perçue comme bonne ou mauvaise, elle nous fait vivre une vaste gamme de sensations et d’émotions. Pour notre âme, l’expérience est tout simplement et totalement expérience.

La partie de nous qui a besoin de comprendre, de rationnaliser, de contrôler et d’identifier est notre mental. Nous n’avons pas appris à le contrôler ni à choisir les pensées qu’il crée. Il est souvent très critique et peut provoquer des réactions dans notre corps physique. En pleine cons­cience, nous avons la possibilité de reprendre le contrôle de cette partie de notre être à chaque instant, en choisissant d’y ajouter de la douceur.

Choisir d’amener de la douceur dans notre mental en y ajoutant des pensées douces envers nous mêmes et d’en amener aussi dans notre façon de penser, de voir, d’entendre, d’accueillir, de donner, de communiquer, de partager. La douceur fera s’ouvrir notre cœur.

Au début, notre mental aura peut-être besoin de repères extérieurs :

Par exemple, écrire le mot douceur pour l’avoir sous les yeux à la maison, au travail et dans la voiture ou encore réciter ou chanter le mot douceur comme un doux mantra aura une influence bénéfique sur plusieurs plans.

En centrant notre attention sur la douceur, les autres pensées perdront de leur importance et de leur influence. Au début, cela peut avoir l’air d’une discipline, mais avec un peu de pratique, centrer notre attention sur la douceur deviendra une habitude simple et facile.

Choisir de faire preuve de douceur envers notre corps physique, ce temple sacré de notre âme, sous la forme de l’écoute et du respect de ses limites et besoins. De la douceur pour tous nos sens : les massages, les câlins, le rire, un sourire, de la musique qui nous transporte et nous fait vibrer, le chant des oiseaux, les parfums qui stimulent notre odorat, les aliments à savourer, les activités qui nous font plaisir, le repos dans notre chaise préférée, la contemplation de la beauté qui nous entoure, être en pleine conscience du vent sur notre peau lors d’une marche dans la nature. En fait, tout ce qui peut nous faire plaisir et nous faire vibrer est de la douceur qu’on s’offre à chaque instant.

Et être en pleine conscience ici, maintenant et en soi nous met en contact intime avec tout notre Être jusqu’à notre âme et transforme notre vision de l’expérience; elle devient encore plus complète, intéressante et sacrée.

Inspirer consciemment la douceur de l’air est essentiel pour s’habiter pleinement et est sans doute l’outil de méditation et de maîtrise de soi le plus simple et le plus puissant.

Et ralentir, ne serait-ce que quelques minutes à la fois, nous permet de mieux voir, de mieux entendre, d’être simplement et totalement présent à soi et à ce qui nous entoure. Pour savourer la beauté et la contempler pendant quelques minutes avec conscience et gratitude. En reconnaissant que tout est divin, amour et sacré. Tout. Même nous.

Douceur en votre être.

Il y a en nous un espace qui n’a besoin d’aucune guérison

Il existe dans ce monde de nombreuses façons d’aborder nos maux, blessures et états quotidiens. Entre autres, il y a des pratiques répandues qui nous proposent de les scruter, de les décortiquer, de les analyser, de les transformer et de les transmuter. Par ailleurs, il existe aussi cette suggestion, moins connue peut-être, qu’un espace différent, inaltérable et sain nous est accessible dès maintenant. C’est cette voie que j’explore dans le cadre de mon travail intuitif d’intermédiaire avec nos guides du monde spirituel et que je vous fais partager dans cet article.

Qui est blessé?
D’un point de vue humain, nous avons d’infinies raisons de nous sentir blessés, que ce soit sur le plan physique, émotif ou psychologique. En ce qui a trait à l’âme telle qu’on l’entend, par exemple dans le concept de réincarnation, il nous arrive également de ressentir ou de conce­voir des blessures que l’on porte et qui n’ont aucune origine apparente dans cette vie, mais qui, néanmoins, nous affectent et nous influencent dans notre quotidien.

Dans le cadre de mon travail avec les guides, j’ai été amenée à concevoir la physiologie d’un individu non pas seulement comme un rapport humain-âme, mais également comme des niveaux de conscience appartenant à un même Être, des niveaux s’élevant de la conscience humaine jusqu’à Dieu ou la Source. Plus notre niveau de conscience s’élève, plus on se rapproche de la Source de Vie et plus on vit en harmonie avec cette réalité d’invulnérabilité, de perfection et d’amour.

Vous commencez à comprendre où se trouve cet espace sain, exempt de blessure? Au-delà de notre identité humaine, du petit moi, au-delà même de l’idée d’âme, mais faisant tout de même partie intégrante de notre Être, existent divers aspects de nous qui sont exempts de toute blessure. Entrer en contact avec ces aspects, s’y reconnaître et s’y identifier plus que l’on s’identifie au petit moi, voilà de quoi nous parlent les guides.

Comment accéder à cet espace?
Cet espace nous est accessible en tout temps. Nos nombreuses pensées et croyances sont nos principales limites à habiter cet espace. On se croit indigne de l’habiter lorsqu’on ressent de la colère ou encore lorsqu’on vit une faiblesse du corps. Comme si nous devions être punis d’un quelconque échec ou encore rejetés pour notre impureté.

Mettez de côté ce que vous pensez de vous, ce que vous connaissez de vous, ce qu’on peut dire de vous. Revenez à la vie en vous, celle qui anime chacune de vos cellules sans que votre volonté y soit pour quoi que ce soit.

Permettez-vous de ressentir cette vie, cette force intelligente qui vous habite, celle-là même qui fait pousser vos ongles, régénère vos cellules, anime vos organes à chaque instant. Ramenez votre attention sur sa présence dans votre corps et, ce faisant, laissez votre présence s’intensifier. Laissez-la prendre de l’ampleur. Vous en êtes parfaitement dignes.

De cette intense présence n’émane aucune blessure; seulement et simplement la vie. Et plus vous vous reconnaîtrez en elle, plus vous vous identifierez à elle, plus vous serez libre, sain et paisible. Voilà la porte d’accès à cet espace. Et, surtout, prenez plaisir à vous exercer, car le résultat n’est pas le but; c’est le processus qui compte.

L’expérience spirituelle

À la fin de mon premier article, paru en juin dans l’édition d’été de Cheminement, j’annonçais que, dans le numéro suivant, je traiterais de l’expérience spirituelle. Eh bien, voici. Pour moi, l’expérience spirituelle est le processus consistant à entrer en relation avec cette réalité beaucoup plus vaste que l’expérience que je peux en faire, soit la SPIRITUALITÉ. Un chemin intérieur me permet de découvrir l’expérience de mon être et de vivre une expérience spirituelle.

Lorsque je suis connecté à mon intérieur, mon esprit me fait vivre quelque chose qui me dépasse, quelque chose de plus grand que moi. Cela me permet d’apprécier aussi les biens matériels qui me permettent de vivre de façon la plus équilibrée possible. Je contemple les beautés de la Nature et le mystère de son harmonie. Cela a quelque chose de transcendant, d’humain et de divin à la fois. Mon Soi intérieur profond est comblé.

Le souvenir de la naissance de mes trois enfants me rend admiratif et reconnaissant. Ma vie a un sens, celui de donner et de rendre service. Une peinture me transporte. Un coucher ou un lever de soleil, ou encore une pleine lune me fascinent. Mon corps, mon âme, mon esprit, mes aspects social et religieux ne font qu’un et sont des dimensions complémentaires dans tout mon être. Par mes sens, je peux jouir des belles choses de la vie. Mon âme garde mon corps animé. Mon esprit est source de contemplation. Ma relation aux autres et à Dieu me fortifie et me fait me sentir unique, apprécié et aimé.

Les dimensions « bio-psycho-sociale-spirituelle-religieuse » sont à la fois interdépendantes et interreliées. Mon Soi profond contribue à intégrer tous ces aspects en moi. Mon inspiration provient aussi bien de mes sens que de mon esprit, de mon âme et de mes contacts avec les autres et avec le Tout-Autre. Une puissance supérieure et transcendante m’ha­bite. Je prends conscience de mes forces à tous les niveaux et de mes limites aussi. Je suis un et unique. Je mets l’accent sur le spirituel. J’apprivoise le caractère inconscient de ma dimension spirituelle et je cherche à la rendre de plus en plus consciente.

Je chemine pour que mon spirituel inconscient devienne de plus en plus conscient, en faisant appel à la méditation, à l’admiration de la Nature, à l’écoute attentive du plus profond de moi-même, au lâcher-prise, à mes réflexions personnelles, à mes lectu­res et à tout ce qui peut m’élever, tout en demeurant bien enraciné dans la réalité. Mon être global comporte donc plusieurs dimensions, lesquelles s’alimentent les unes les autres afin que je devienne meilleur chaque jour et que je sois heureux dans le moment présent, dans chacun des instants qui me sont donnés si généreusement.

Yvon R. Théroux a fourni la définition suivante de l’expérience spirituelle : « S’ouvrir à cette vie profonde et intime, entrer dans son intériorité et conformer son agir en conséquence, ce qui va conduire à donner un sens unifiant et fondamental à l’existence ». En terminant, je me permets de décrire brièvement quelques-uns des critères d’une expérience spirituelle :
• spontanéité : la surprise nous oblige à être naturelle et vraie;
• unicité : l’expérience ne peut réagir de façon répétée de manière identique;
• apprentissage : suscite une nouvelle croissance;
• intériorité : permet une transformation profonde quand on est branché à son Soi;
• liberté intérieure : procure une énergie nouvelle;
• relation aux autres : poser des gestes gratuits et solidaires;
• relation avec le Transcendant : explorer une dimension plus grande que soi;
• réalité : assumer le réel dans « l’ici et le maintenant »;
• quête de sens : chercher un sens à l’existence.

1Théroux, Yvon R., « Le cheminement spirituel : un processus de maturation? », conférence donnée à Châteauguay en avril 2005 (Google).

Êtes-vous une âme avancée?

Notre principal objectif sur cette terre est d’apprendre à s’aimer soi-même et à accepter qui nous sommes dans notre entièreté pour grandir et nous épanouir en tant qu’individu. Cet objectif est celui de la grande majo­rité des âmes, mais il en existe­ quelques-unes dont l’objectif surpasse ce principal objectif. Ces quelques âmes apprennent non seulement à s’aimer elles-mêmes, mais également à aider leurs semblables à s’épanouir et à comprendre leur objectif de vie.

Qui sont ces âmes dites « avancées »?
À première vue, ce sont des gens tout à fait ordinaires qui s’intègrent facilement à notre société actuelle. Des gens doués d’une capacité d’adaptation sans limite qu’ils utilisent souvent de façon inconsciente. Des gens possédant une grande force intérieure et qui savent ce que vivent les autres, ce dont ils ont besoin et même la raison pour laquelle ils vivent certaines situations au quotidien.

Dans ma pratique, beaucoup de ces âmes se présentent à moi dans un état de tristesse et de découragement. Se sentant différentes des autres, elles ne savent pas qui elles sont et se questionnent sur la raison de leur incarnation. Une grande carac­téristique de ces âmes est qu’elles ont fréquemment­ l’impression de ne pas avoir atteint­ leur objectif de vie. Comme s’il leur manquait toujours quelque chose pour accéder au bonheur. Leur existence ne les comble jamais complètement. Elles sont toujours à la recherche de quelque chose sans savoir pourquoi. Ces âmes sont très émotives, et les événements se produisant autour d’elles les touchent facilement. Elles recher­chent sans cesse un sourire chez les gens qu’elles aiment. Elles sont complètement déstabilisées par la violence ou la colère et cherchent la réconciliation. Elles ont tendance à retenir leurs émotions, car elles les jugent trop intenses et craignent une réaction négative de leur entourage.

Elles ont maintes fois vécu des expé­riences traumatisantes qui les ont fait évoluer et se découvrir. Ignorant qu’elles sont des âmes avancées, elles vivent en marge de la société.

Comment faire pour accepter cette sensibilité dans une société où règnent le pouvoir et l’individualisme?
Si vous vous reconnaissez dans la description des âmes avancées, sachez que vous avez délibérément choisi d’aider les autres et que c’est ce qui fait de vous une personne si spéciale. Votre âme contribue à améliorer la vie des gens. Même si vous n’êtes pas conscients de votre habileté, vous offrez au quotidien un précieux soutien aux gens de votre entourage. Les âmes avancées optent naturellement pour des métiers leur permettant de transmettre leur énergie aux autres dans une optique d’aide, notamment dans les domai­nes de la médecine, de la médium­nité et de la psychologie, d’où l’importance pour elles de prendre conscience de cette habileté et de conserver cette précieuse énergie qui leur est indispensable.

Si ces propos vous interpellent, il y a de fortes chances que vous soyez une âme avancée. Soyez conscients de la personne spéciale que vous êtes! Comme je me plais à dire aux gens que je rencontre : une âme avancée est une rose dans un champ d’orchidées. Vous êtes différents, c’est vrai, mais c’est ce qui fait votre beauté. Soyez fiers de qui vous êtes!

Apprivoiser le silence

Il n’y a pas de doute que le silence est très bénéfique. Nous avons tous besoin de silence; il est aussi indispensable que l’air que nous respirons.

Autrefois, le silence était beaucoup plus présent que le bruit. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Plusieurs d’entre nous ne trouvons nulle part les occasions ni les lieux où nous imprégner de silence tellement il est devenu un luxe dans le tumulte de notre société actuelle. En prenant­ conscience du bruit permanent qui nous entoure, aussi subtil soit-il, nous constatons rapidement à quel point il représente une distraction­ auditive qui nous pousse vers la dispersion et la fragmentation tant intérieure qu’extérieure, nous éloignant ainsi du seul état qui nous soit totalement naturel, spontané et absolument sans effort.

La peur du silence
Depuis plusieurs années, j’anime des retraites de silence chez moi. Je suis à même de constater que nombreux sont ceux qui s’y intéressent, mais qui reportent tout de même leur participation. Plusieurs m’ont avoué avoir peur du silence et ne pas avoir le courage de plonger dans cet espace perçu comme déstabi­lisant et confrontant. Sommes-nous si aliénés de nous-mêmes que nous refusons de rediriger notre énergie vers l’intérieur?

Le retour au silence spontané
Le retour au silence ne devrait pas être un combat. Il ne suffit pas de construire un silence extérieur dans une absence de bruit, mais bien de contribuer à nourrir le silence intérieur qui nous habite, ce silence spontané qui émerge du cœur.

Il est vrai que le silence extérieur ramène au calme et nous rapproche du silence véritable. Il permet à l’entièreté du système neurosensoriel de se défaire de la tendance obsessive à chercher à se détendre et à se ressourcer. Des études récentes confirment que le silence soulage le stress en réduisant le taux de cortisol et augmente la souplesse de l’hippocampe, la partie du cerveau associée à la mémorisation et à la régulation d’émotions telles que la peur et le doute.

Le silence véritable et profond nous éveille à ce qui est vivant et fertile au centre de soi. Il nous conduit à la simplicité du moment, à la douce présence de l’essence que nous sommes. Il nous permet de nous ouvrir à de nouvelles perspectives et d’atteindre un niveau de conscience supérieur.

Nous pouvons dire que le silence est d’or
Le silence nous lie à tout en n’excluant rien lorsque nous sommes en contact à la fois avec notre profondeur et notre naturelle légè­reté d’être. Lorsque nous prenons la peine de nous livrer au silence, nous apprenons surtout à écouter et à percevoir différemment. Le silence a tout à voir avec notre état de conscience puisqu’il est toujours présent. Béni est celui qui entend le silence au-delà du bruit et du babillage du mental. Le silence véritable devient donc un passage initiatique avec ses qualités d’harmonisation, de force et de souplesse; il est un prérequis à l’Éveil. Un peu comme une page blanche fait ressortir l’encre des mots, le silence nous soutient dans la forme et dans la non-forme, nous offrant ainsi inspiration et clarté. Il permet l’espace nécessaire pour grandir, évoluer et créer.

Guérir son passé et son futur pour mieux vivre son présent

Beaucoup se questionnent sur la pertinence de retourner dans leurs vies antérieures lorsqu’ils font une démarche de guérison. Il n’est toutefois pas toujours nécessaire de faire une incursion dans nos multiples vies passées puisque, souvent, notre vie actuelle comporte suffisamment de défis de guérison. Sauf qu’il arrive que notre souffrance actuelle, qu’elle soit physique, psychologique ou situationnelle, soit la manifestation d’une racine karmique. Une racine karmique est une blessure qui trouve son origine dans nos vies antérieures à la suite de traumatismes encore non résolus à ce jour. Et parce que ces traumatismes sont non résolus, ils créent, dans la vie actuelle de la personne, une répétition des souffrances. Par conséquent, l’influence du karma continuera à se faire sentir de façon négative jusqu’à ce que la personne soit libérée du lien karmique ou qu’elle guérisse à l’intérieur d’elle ladite racine.

Il ne faut pas toujours penser que le karma est une chose négative. Il représente la somme de toutes les vies de l’individu, les apprentissages acquis ou non, ainsi que les effets de ses actions sur lui-même et sur les autres. Si les vies de la personne ont été remplies d’amour et de sagesse, le karma aura une influence positive sur la présente existence. Par contre, si les vies ont plutôt été parsemées de souffrances et que les leçons qui sont habituellement source de sagesse n’ont pas été intégrées, le karma aura malheureusement une incidence négative.

Voici un exemple qui illustre l’incidence du karma. Je me sou­viens d’une cliente qui ne comprenait pas le soupçon d’animosité qu’elle ressentait envers sa fille. Malgré tout l’amour qu’elle avait pour son enfant, son cœur de mère était teinté de sentiments négatifs. Lors d’un soin énergétique, nous avons découvert que sa fille avait joué le rôle de tortionnaire dans une vie précédente, causant même la mort de ma cliente. À l’aide de mes partenaires spirituels, nous avons mis de la lumière dans ce lien karmique et, au fil des semaines, l’amour de ma cliente envers sa fille fut libéré de toute animosité.

Il n’y a pas que le passé qui influence notre quotidien, mais le futur aussi. Combien d’entre nous appréhendent­ l’avenir et s’en inquiètent? Ma maxime­ préférée est la suivante : pourquoi m’inquiéter pour des choses que je ne peux changer, cela ne me sert pas; et si j’ai la capacité de changer les choses, pourquoi m’en inquiéter?

En plus de nous laisser ronger à l’occasion par l’inquiétude face à l’avenir, nous projetons souvent des pensées empreintes d’émotions douloureuses concernant notre avenir. Je me souviens d’une amie qui, à la suite de plusieurs revers amoureux où elle s’était sentie abandonnée, projetait constamment dans le futur la réalité suivante : quoi qu’il advienne, elle finirait toujours par se faire abandonner. Cela m’a permis de prendre conscience qu’utiliser des verbes conjugués au futur équivaut à enraciner une réalité vers laquelle on aligne notre destinée. Puisque je suis cocréatrice de ma vie, j’essaie de mettre de l’avant des possibilités heureuses et remplies de lumière, sachant pertinemment bien que, si je projette un futur rempli de souffrance, demain, qui sera un jour ou l’autre mon moment présent, sera également rempli de souffrance. Tout en projetant des pensées heureuses, je ne m’accroche pas à celles-ci comme si elles étaient LA vérité. Par conséquent, je les laisse aller dans les mains du grand mystère de la vie et je m’abandonne à recevoir ce qu’elle voudra bien me donner,­ sachant très bien que cela sera exactement ce dont j’ai besoin pour continuer ma route et ma guérison.

L’art de la prière

« Le résultat de la prière est la vie, car elle irrigue le cœur et la terre. » Saint François d’Assise

Avez-vous déjà prié? On se sou­vient peut-être de s’être agenouillé au bord du lit, nos mains d’enfant jointes près du cœur. Ou alors, dans un moment de désespoir, on a fermé les yeux et imploré l’aide de Dieu. J’ai personnellement redécouvert la prière, celle-là même qui insuffle tant de transformations dans mon quotidien que j’ai eu envie de vous faire partager mon enthousiasme.

Depuis l’aube des temps, l’être humain prie. Parfois spontanément, parfois par dévotion. Les religieuses, les prêtres et les moines font de la prière une offrande pour le plus grand bien de tous. La prière en tant qu’art nous invite à entrer dans cette expérience humaine très ancienne et remplie de mystère. Elle porte un savoir de plus de 5 000 ans dont les secrets sont encore cachés aujourd’hui. La mémoire vive de l’art de la prière vibre pourtant encore entre les murs des cloîtres, des égli­ses et des monastères tibétains. Il semble cependant que notre société dite civilisée ne s’y intéresse presque plus. C’est dommage parce que nous sommes en train de perdre les clés de cet art pouvant contribuer au bonheur de vivre. Il n’est pas étonnant qu’en dirigeant notre attention sur l’apparence plutôt que sur l’essence, nous ne trouvons plus de sens aux mots ni aux gestes liés à l’acte de prier.

On peut alors se demander ce que font ceux qui prient à longueur de journée puisqu’on ne voit pas la prière, puisqu’elle fait partie de l’invisible. Tout le cérémonial ne sert qu’à évoquer, dans l’intimité de l’être, un mouvement authentique de l’âme vers Dieu. La prière n’est pas une demande qui provient d’une sensation de manque, accordée ou refusée par un dieu extérieur. Elle est plutôt un mode de communication privilégiée qui nous lie au divin en nous. Une ligne directe sans frais d’interurbains! Prier, c’est reconnaître notre aptitude à communiquer avec Cela — force cosmique, Esprit, Champ de cohérence universelle, Présence, Vie ou simplement… Dieu.

Alors, comment prier? D’abord, il importe de détourner notre attention de ce qui nous manque, de ce qui nous fait souffrir. Déjà, cela étonne, n’est-ce pas? Ensuite, l’invitation consiste à nous détendre afin d’ouvrir un espace pur de réceptivité. Et finalement, dans un grand acte de foi, nous invoquons l’émotion que nous ressentirions si notre prière était déjà exaucée. La pierre angulaire de la prière est donc de ressentir dans notre âme ce mouvement naissant selon lequel nous sommes déjà ce que nous désirons être. Le miracle s’opère alors au plus profond de l’être. Prier nous transforme et transforme notre relation au monde. C’est notre état émotionnel qui détermine ce que nous allons créer dans notre existence.

Le cœur de notre vraie nature entend et répond à son propre langage, celui de l’amour. En comprenant la prière comme une qualité de sentiment qui s’imprègne dans notre cœur, nous accédons à notre pouvoir divin. Nous pouvons prier pour enrichir notre vie et nos relations de ce que nous souhaitons le plus : la tendresse, la compassion, la gratitude, la présence, la compréhension, la bienveillance, etc.

Serait-il possible que notre grande famille humaine ait besoin de récu­pérer l’art oublié de la prière? La prière pourrait-elle susciter davantage de tendresse et d’affectivité dans les liens qui nous unissent?

Et si les saisons me parlaient!

La terre tourne sur elle-même et autour du soleil, tandis que la lune tourne autour de la terre. Toute une danse cosmique! La terre inscrit un cercle autour de son centre et un plus grand cercle autour du soleil, toujours accompagnée par la lune.

En raison de ces mouvements rotatoires, la terre occupe quatre positions différentes pendant l’année. Se pourrait-il que ces positions soient en fait une invitation à vivre divers états à l’intérieur de nous? Et si cette danse cosmique servait à trouver notre centre afin de l’exprimer dans le grand cycle de la Vie?

Je crois que le macrocosme se reflète dans le microcosme. Je crois également que le cycle des saisons essaie de nous dire quelque chose. Pour bien saisir cette danse cosmique, il faut savoir que chaque saison est reliée à un point cardinal et à l’un des quatre éléments et que les saisons nous invitent à entamer un voyage en notre centre afin de faire briller notre lumière autour de nous. Commençons par le printemps.

Le printemps est lié à l’Est, au soleil levant et à l’élément feu. Le printemps est par conséquent la naissance de notre lumière et il correspond également à l’émergence de notre vérité et de notre individua­lité. C’est au printemps que l’inspiration est à son comble et que la lumière nouvelle illumine notre mission de vie. Au printemps, nous ensemençons nos nouvelles idées qui sont en lien avec notre chemin de vie. Nous sommes appelés à protéger ces nouvelles pousses, puisque les futures éclosions seront le reflet de nos nouvelles prises de conscience.

La roue des saisons continue et nous amène vers l’été, là où le soleil est à son comble. L’été est lié à la direction du Sud et à l’élément eau, et c’est pendant cette saison que nous pouvons constater si les graines ensemencées sont de bonne qualité. L’eau sert à nourrir nos semences et à les faire grandir, permettant à l’être humain de récolter le fruit de ses labeurs. Symboliquement, les semences récoltées correspondent aux talents que tous et chacun ont reçus du Divin lors de leur incarnation. Ces talents sont nécessairement en lien avec la mission de vie de l’individu.

La terre poursuit sa route vers l’automne. L’automne est relié à l’Ouest, à l’élément terre et au soleil couchant. Cette direction nous amène à partager nos semences avec la communauté. Nous pourrions dire les choses autrement : l’automne est le moment où l’individu a atteint assez de maturité pour partager avec les autres ses talents. Cette saison est également le moment d’apprendre à lâcher prise et à se débarrasser de ce qui fait entrave à la manifestation de notre mission. Avec l’affaiblissement graduel de la luminosité, l’automne nous invite finalement à faire un retour sur soi.

Nous poursuivons notre route vers l’hiver qui s’apparente un peu à une mort. Cette mort spirituelle nous invite plutôt à un moment de grande réflexion, où mourir à soi permettra une renaissance. L’hiver est relié au Nord, à la lune et à l’élément vent, puisque c’est par le vent que les Sagesses des Anciens nous sont apportées. Ces sagesses sont semblables à des enseignements nécessaires qui seront soumis à une gestation. Cette gestation fera en définitive naître en nous de nouveaux projets, de nouvelles directions, tout cela aligné sur notre but suprême.

Et ainsi continue le cycle des saisons à travers la roue du temps.

Bon solstice d’été.