L’expérience prénatale et la personnalité de nos enfants

Les enfants élevés dans une même famille, issus des mêmes parents, ont souvent de grandes différences de personnalité dès leur sortie du ventre maternel et qui se précisent au fur et à mesure qu’ils grandissent. Au-delà des variations du climat familial qui affectent chaque enfant, la psychologie pré et périnatale offre des pistes pouvant expliquer certaines de ces différences de fond. Nous verrons que les couples qui conçoivent un enfant peuvent faire beaucoup pour favoriser le développement optimal de leur enfant.

Les études récentes démontrent que la santé physique du bébé et de l’adulte qu’il deviendra dépend non seulement des facteurs génétiques présents à sa conception, mais de son environnement utérin. L’alimentation de la mère et son niveau de stress durant la grossesse sont des facteurs importants. Sur le plan de la personnalité, le cheminement du bébé serait comparable à son développement physique. Si on en croit les revécus d’expériences prénatales, dont certaines ont été corroborées par la mère ou les proches, le bébé serait non seulement conscient, mais capable de réagir et d’emmagasiner dans son inconscient toutes les expériences qu’il vit dès sa conception.

Les gènes physiques présents à la conception deviennent le « plan d’architecte » selon lequel le corps du bébé, et de l’adulte, se formera, si le milieu physique, la santé et l’alimentation de la mère le permettent. Sur le plan psychologique, c’est un peu comme si les « gènes de la personnalité » étaient activés au moment de la conception. Ces « gènes de la personnalité » sont formés de l’ensemble énergétique vécu par les parents au moment de la fécondation : ce qu’est chaque parent dans son être profond, ainsi que tous les sentiments, désirs et pensées qui accompagnent l’acte sexuel. Cet ensemble devient le « tableau de fond » de la personnalité de l’enfant à naître.

Les parents peuvent donc aider leur enfant avant même sa conception en se préparant physiquement, psychologiquement et spirituellement à le concevoir. Au-delà de cette préparation, le lâcher prise sur le résultat est ensuite essentiel. Ce « tableau de fond » de la conception peut être différent d’une conception, d’un enfant à l’autre. Dans certains cas, les parents ont consciemment un grand désir d’avoir un enfant et dans d’autres cas, l’enfant peut être conçu dans des conditions moins favorables, du moins en apparence. Cependant, toute conception humaine sans exception se passe à l’intérieur de l’enveloppe de ce qu’on pourrait appeler l’explosion du désir de la force de vie, qui permet qu’une vie humaine débute. Sur le plan spirituel, toute conception est désirée. Même l’enfant conçu dans la colère ou la violence a tout le potentiel pour devenir un être lumineux, tout autant que l’enfant conçu dans l’amour.

Sur le plan psychologique, la dynamique de la personnalité du bébé, ayant déjà sa base dans le « tableau de fond » de la conception, se dessine ensuite selon les couleurs de la vie de sa mère, de ses préoccupations, de ses activités et de ses attitudes de vie. Le père a une influence moins directe, mais très significative. La manière dont la mère, et ensuite le père, gère son désir de l’enfant durant la grossesse continue d’influencer la personnalité émergente du bébé. La base de l’estime de soi de l’enfant se construit : par exemple, « je suis accepté, désiré et désirable », ou bien « je dérange et on préfère que je disparaisse ».

D’ailleurs, si la conception et la grossesse surviennent à un moment problématique, l’amour des parents pour leur bébé durant la grossesse peut transformer le « tableau de fond sombre » en « œuvre d’art ». Le lien d’amour entre les parents et le bébé durant la grossesse permet de dire, d’exprimer ce qui se passe et de transformer les expériences difficiles. Les difficultés affrontées peuvent s’apprivoiser, se comprendre. Parler, rencontrer le bébé avant sa naissance peut faire une grande différence pour les parents et l’enfant.

Les parents qui désirent être soutenus dans leur travail d’éducation prénatale et de sécurisation du bébé, peuvent par exemple suivre la démarche proposée par la préparation affective à la naissance. Cette approche aide les parents à sécuriser leur bébé par le toucher affectif durant la grossesse et au moment de sa naissance. Le père y joue un rôle très actif de soutien de la mère et du bébé lors de l’accouchement.

Aussi, le jour de la naissance est une autre étape très importante pour la personnalité du bébé. La naissance est parfois traumatisante, car elle est souvent une expérience de grand stress et peut être vécue dans une grande solitude si personne n’est conscient de l’expérience physique et affective du bébé. Par contre, une naissance durant laquelle la mère et le bébé sont bien accompagnés et entourés a des conséquences positives, sécurisantes, pour la vie de l’enfant. La mère en retire aussi une plus grande confiance en elle-même comme femme et comme mère.

Évidemment, ce n’est pas tout. La personnalité continue de se construire après la naissance du bébé. Beaucoup de blessures prénatales guérissent lors d’une éducation remplie d’amour et d’expériences positives que la vie offre à l’enfant. Si votre enfant est plus vieux et que vous soupçonnez qu’il lui reste des blessures non guéries qui datent de son expérience prénatale, parlez-lui franchement de ce qui s’est passé. Laissez-le exprimer sa peine, la peur qu’il a vécue. La souffrance exprimée, partagée et reçue par quelqu’un qui nous aime, grandit et enrichit la personne concernée.

Guérir autrement

Depuis quelques années, la passion de la psychothérapie s’est emparée de moi.  Récemment, je découvrais le théâtre authentique, développé par Sarah Serievic.  Selon elle, les maladies ont souvent comme origine la dégradation de la joie.  Le théâtre authentique (un dérivé de l’art-thérapie) est une approche originale et même plaisante pour guérir les blessures subies durant l’enfance et, par conséquent, nous aider à retrouver notre joie intérieure.  Après avoir lu son livre Passage à l’acte de vie, j’ai eu l’irrésistible désir de lui téléphoner (en France).  Voici un extrait de mon entrevue avec elle.

Le théâtre thérapeutique de Sarah Serievic

Jouer la comédie peut-il être thérapeutique?  Oui, répond Sarah Serievic, comédienne et thérapeute, en prenant conscience que tous les personnages, tous les sentiments universels sont en nous.  Découverte d’un travail initiatique.

GP : Comment êtes-vous venue au théâtre puis au théâtre thérapeutique que vous appelez théâtre authentique?

SS : Très tôt dans mon enfance, j’ai eu à vivre des expériences difficiles liées à la violence et à la négation de ma personnalité.  Un jour, je me suis réveillée avec une paralysie faciale.  J’étais monstrueuse, la bouche de travers, l’œil droit nettement plus haut que l’autre, la joue complètement remontée vers le haut.  Ce visage-là était l’expression de tout ce que je n’avais pas exprimé qui s’était imprégné en moi, l’expression de ma propre violence refoulée que j’avais retournée contre moi-même.  Alors que j’avais été jugée irrécupérable par la médecine, la rage de vivre s’est imposée à moi et avec elle une force très puissante qui m’a poussée vers un premier défi : guérir, puis vers un second défi : être reconnue dans le désir que je portais depuis toujours en moi : parler les mots que je n’avais pas pu dire, et monter sur une scène pour être entendue.  Guérie physiquement, je me suis présentée au concours du Conservatoire de Paris, un peu en dilettante, sans vraiment y croire moi-même… j’ai été reçue première sur 800 candidats, et le soir même j’étais engagée pour jouer dans un théâtre parisien.

GP : Le théâtre vous a certes permis de vous ouvrir, mais comment vous a-t-il aidé à mieux vous connaître?

SS : Je parlais les mots des auteurs que j’interprétais, mais toujours pas les miens.  Finalement, plus j’étais sous la lumière des projecteurs, plus j’étais dans l’ombre de moi-même.  Je faisais du théâtre depuis dix ans et j’endossais de fausses identités derrière un vide, car toutes les émotions essentielles de ma vie étaient toujours consciencieusement refoulées.  Il m’a fallu dix ans d’analyse jungienne et de travail corporel pour ramener à la conscience ce qui m’empêchait d’exister : j’étais cachée derrière les personnages que j’incarnais.  La profession d’acteur est périlleuse pour ceux dont la structure personnelle est fragile.  Ce travail jungien a été très important et j’ai senti naître la lumière qui était en moi.  Non plus celle des projecteurs, mais bien la mienne!  Puis, j’ai rencontré et travaillé pendant quatre ans avec le professeur Anne Ancelin Schutzenberger sur le psychodrame.  J’ai appris à me mettre en scène moi-même et à travailler mes émotions par la parole, associées au mouvement du corps.  La boucle se bouclait avec un sens profond : j’allais à mon tour retourner le projecteur sur les autres pour leur renvoyer l’image de leur profondeur.  J’avais trouvé le sens de la vocation qui m’anime aujourd’hui.

GP : Vous avez arrêté le théâtre et vous êtes alors devenue thérapeute.

SS : Je n’ai pas arrêté le théâtre, je l’ai prolongé en commuant mon parcours de vie : on m’a un jour proposé de travailler avec des enfants; je les aidais à enlever les masques et les faux-semblants.  Puis, le père d’un de ces enfants m’a demandé de penser au même travail avec… des conseillers financiers!  J’avais très peur, mais ce nouveau défi m’a vraiment motivée : j’ai accepté ce pari un peu fou.   Voilà plusieurs années que cela dure.

GP : Quel est précisément ce travail que vous proposez, surtout en entreprise ou en groupe et moins fréquemment avec des particuliers?

SS : Par l’éducation, notre milieu social ou à l’école, on nous impose très tôt des masques : dire bonjour à la dame, sourire à ceux qui nous déplaisent, cacher nos souffrances ou nos blessures, ne pas rire trop fort pour ne pas déranger, sourire pour la photo… mourir à notre dynamique intérieure.

Je propose de vivre le contraire.

Plus de masque, de costume, de rôle, et une parole libre dans un espace de liberté.  J’amène à retrouver l’enfant intérieur que nous portons tous en nous et qui, par jeu, dialogue avec papa, maman, l’autorité… pour lui dire tout ce qu’il a sur le cœur.  Quand une petite fille parle à sa poupée et dit : ça, c’est maman, elle vit un acte symbolique qui lui permet ensuite de passer à autre chose.  Ainsi, quand maman sera devant elle, la petite fille pourra dire son sentiment clairement, sans défouler ni refouler.  Mes stages proposent de retrouver l’état d’enfant, l’élan authentique, par la mise en scène de situations de frustration.  Ainsi, on peut démonter l’image, puis la reconstruire et la réinventer avec d’autres comportements, d’autres mots, d’autres gestes…ou, pourquoi pas, les mêmes, mais dans un ordre différent.  Il n’y a pas de lieu dans la vie qui propose cette démarche.

Cette distanciation permet à chacun de devenir l’avocat de lui-même, de prendre conscience de ses propres réponses, celles qu’il porte en lui, pour sa propre évolution.  Avec une situation bloquée, on peut aller jusqu’à la caricature, faire ressortir un détail qui entrave la communication, puis on peut l’extrapoler jusqu’au rire.  Dans ce cadre-là, la démesure est thérapeutique.

GP : Le théâtre authentique n’est-il pas un peu trop intellectuel?

SS : Non, durant une séance, nous nous adressons à la totalité de ce qui compose l’humain.  L’énergie remuée et dynamisée descend dans la conscience corporelle, le mouvement s’incarne dans toute la personne pour aller vers une fonction de réparation unificatrice.  On ne change pas le passé, mais on peut changer l’incidence qu’il a sur le présent, en passant par la répétition symbolique.  Au cours du processus de ce jeu, apparaît un sens sur ce qui semblait ne pas en avoir : « trouver une réponse nouvelle à une situation ancienne », résumait Moréno, l’instigateur du psychodrame.  De ce point de vue, le théâtre thérapeutique et encore plus le théâtre authentique est la forme suprême de théâtre, c’est un art tout autant qu’une science.  Par cette reconversion du passé, on donne du sens au présent qui, alors, devient sacré.  Pour moi, seul le présent est sacré.  Dans ce domaine, nous sommes tous les apprentis sur un chemin initiatique.  Personne n’est achevé, nous sommes tous perfectibles : j’y vois là la plus haute expression de la liberté humaine.

Quête spirituelle ou psychothérapie?

Commençons d’abord par définir ce qu’est une quête spirituelle.  Bien que chacun ait sa propre définition, pour la plupart elle équivaut à chercher quelque chose d’abstrait.  Je m’explique.  Si on questionne des personnes qui font une telle démarche, on obtient habituellement comme réponse : je cherche Dieu, l’illumination, l’éveil, le Nirvana, la conscience cosmique, la réalisation du soi, etc.  Or, ces réponses ne sont que des mots, des concepts, et n’évoquent rien de vraiment concret.

Maintenant, si on demande aux personnes ce qu’elles attendent d’une psychothérapie, la plupart affirmeront qu’elles veulent se sentir bien dans leur peau, mieux se connaître, vivre des relations plus saines, moins souffrir, etc.  En d’autres mots, elles aspirent à faire l’expérience de plus de bonheur et de paix dans leur vie.

La psychothérapie semble donc être une démarche plus concrète qu’une quête spirituelle.  Après tout, se sentir mieux dans sa peau – tête, corps et cœur -, plus heureux et plus en paix, n’est-ce pas ce que tout le monde recherche vraiment?

Permettez-moi de partager avec vous en quelques mots mon cheminement.  Pendant longtemps, j’ai mené une quête spirituelle, mais en ne sachant pas réellement ce que je cherchais.  Je lisais beaucoup sur le sujet, je rencontrais des sages, je pratiquais la méditation et le yoga, ce qui en soi n’a pas été néfaste.  En fait, ces rencontres et ces lectures m’ont quand même bien servi.  Il m’arrive encore de m’asseoir en méditation, mais ce n’est plus pour les mêmes raisons.  Lorsque par curiosité, j’ai entrepris une psychothérapie, j’ai mis au jour des vérités cachées qui m’habitaient.  J’ai touché des blessures au tréfonds de mon être dont jamais je n’aurais soupçonné l’existence.  Plus j’avançais dans ma démarche psychothérapeutique, plus je découvrais à quel point j’avais appris à survivre.  J’étais devenu un survivant.

Depuis, je n’ai à vrai dire jamais cessé ma quête spirituelle, mais je dois avouer qu’elle est devenue plus concrète, plus globale.  J’apprends de plus en plus à vivre et non à survivre.

J’ai voulu vous parler brièvement de mon histoire, car j’ai connu et je connais encore trop de gens qui croient suivre une quête spirituelle, alors que ce qu’ils font – dans la plupart des cas, mais pas tous – n’est rien d’autre que de fuir.  Ils ne recherchent rien de concret.  En suivant l’enseignement de leurs gourous ou maîtres, ils ont l’impression de pratiquer une quête spirituelle, alors qu’en réalité ils ne savent pas exactement ce qu’ils recherchent.  Souvent, certains espèrent – inconsciemment – retrouver l’amour et la reconnaissance qui leur ont tant manqué dans leur enfance.  Pour d’autres, c’est de combler un vide dont ils ne sont également pas conscients.  Ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre les gourous ou maîtres authentiques.  Plusieurs d’entre eux sont des êtres hors du commun et d’une aide indéniable.  Toutefois, suivre les enseignements d’un maître ne fera pas nécessairement diminuer une névrose, à moins que ce dernier suggère ou préconise un travail d’ordre psychothérapeutique.

À vous donc de choisir.  La quête spirituelle et la psychothérapie sont d’un ordre différent, mais pas nécessairement incompatible.  Au contraire.  La psychothérapie peut venir en aide à une quête spirituelle authentique, laquelle deviendra plus pratique, concrète et complète.

Le cœur des hommes

« D’une mère, un héros attend protection et refuge contre l’âpreté du monde. D’une dame, il reçoit l’inspiration à la vaillance et à l’honneur » – Jacqueline Kelen

Je voudrais tant savoir aimer avec toutes les lettres de mon être, aimer sur tous les registres, tous les chakras, avoir des orgasmes si différents qu’à aucun moment je ne confondrais l’amour charnel avec l’amour maternel ou fraternel. Mais voilà, la langue française est bien pauvre en ce qui concerne les déclinaisons de l’amour. J’aime, je t’aime, toujours le même verbe qu’il faut enrober de qualificatifs subtils pour comprendre ce qu’on ressent pour un enfant ou pour un amant.

Tout a été si confondu dans mon cœur.

Pourquoi ne pas dire « je maternaime » quand il s’agit d’un amour maternel? Bien sûr, je « paternaime » aussi (mon père) et « je fraternaime » (mon ami ou mon frère). Je « maritaime » très fort (mon mari) et « j’aimatière » beaucoup le chocolat à l’orange. Pour l’amour érotique, je « sexaime » beaucoup celui qui me fait jouir.

C’est vrai que ces mots sont un peu lourds et que l’amour a besoin de légèreté.

Alors pourquoi ai-je besoin de découper le mot aimer en mille morceaux?

Parce que je me suis souvent trompée, mélangeant aimer et materner, simplement parce que j’ai ce don inné de faire sortir de mon ventre un être dont il faut que je prenne soin. J’ai pris mes partenaires pour des enfants à dorloter, à protéger, à contrôler. Longtemps, je me suis trompée mélangeant aimer et soutenir, et il fallait que, dans tout amour, je sois forte pour ne jamais faiblir. Hommes, je vous ai pris sur mon sein pour vous nourrir de ce que je voulais de bien. Pardonnez-moi cette arrogance qui cache l’impuissance des mères à protéger leurs enfants de la misère.

Jusqu’au jour où j’ai touché le cœur des hommes, un soir d’automne quand la lumière du jour laissait la place à un feu qu’ils avaient allumé pour retrouver leur virilité. J’ai touché le cœur de tous ces hommes sortis du bois avec la joie d’être ce qu’ils sont, sans retenue ni pardon, sans explication ni abus. La délicatesse de leur poignet qui cassait les branches, la fluidité de leur danse pour déposer autour du foyer des pierres de sécurité, la certitude absolue qu’il maîtrisait le feu sans avoir de compte à rendre, tout cela rendait le cœur des hommes si beau que j’ai voulu le toucher.

Voir cette force incarnée dans ce muscle cardiaque qui n’a que faire de la volonté, me donnait envie de poser ma main sur cette partie de leur anatomie. Doucement, sans effraction, une demande tacite pour venir poser ma main droite sur leur poitrine offerte aux dons. Je gardais la main gauche qui reçoit, appuyée sur mon ventre comme pour faire une connexion entre la terre en moi et le ciel en eux. Ils ont tous accepté avec leur propre révérence, cette main inconnue qui se posait sur eux. Et dans mon cœur chantait le même refrain de reconnaissance pour ce qu’ils étaient, tous des inconnus que je connaissais.

Des êtres de Dieu, blessés d’Amour autant que nous les femmes nous le sommes. Des êtres de Dieu aussi sensibles que nous les femmes nous le sommes. Des humains en quête d’un chemin de vérité, si pareils à moi-même dans leur essence que je me demande encore pourquoi il y a une guerre des sexes. J’ai senti les mêmes blessures d’amour, ni plus fortes, ni moins douloureuses, les mêmes envies d’aller vers l’autre à condition de se donner la main pour ne pas s’accuser des erreurs du chemin.

J’ai touché le cœur des hommes un soir d’automne et le ciel qui était mon témoin, a pleuré pendant plusieurs jours, des étoiles filantes de pur amour.

J’ai alors senti qu’ils avaient assez de force eux-mêmes pour se défendre, assez de ressources pour se regrouper en clan quand le besoin se faisait entendre, assez de pudeur pour dire ce qui était dans leur cœur, assez de sueur pour pleurer comme des êtres vulnérables. Assez de conscience pour prendre soin de leurs besoins et ne plus me demander d’être leur mère chaque matin.

Mais pour comprendre tout cela, il a fallu des hommes courageux sortis du bois avec leurs propres lois et des femmes venues de la forêt sans peur de montrer ce qui les effraie.

Quand j’ai touché le cœur des hommes, j’ai senti palpiter sous ma main, la vie qui coule dans des rivières qui sont les mêmes chez tous les humains.

J’ai senti la même vie qui circule en moi, ses hauts et ses bas qui n’ont pas sexe, mais qui cherchent tous la même adresse : celle d’un cœur doux sans amer, un cœur fou sans misère, un cœur qui plonge dans la terre pour voir le ciel à l’envers.

Ce que la vie m’a appris

Je devrais plutôt tenter de dire ce que les rencontres, les séparations, les découvertes, les éblouissements comme les désespérances m’ont appris dans le sens de me découvrir, de me construire, d’influencer le déroulement de mon existence.

J’ai ainsi appris que la vie n’est faite que de rencontres et de séparations et qu’il nous appartient de les vivre en acceptant de nous responsabiliser face à chacune.

J’ai appris encore qu’il y a toujours une part d’imprévisible dans le déroulement des jours et donc qu’il m’appartenait de savoir accueillir les cadeaux inouïs ou les blessures qui peuvent surgir dans l’immensité d’un jour.

J’ai appris bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l’instant, à ne pas rester enfermé dans mon passé ou me laisser envahir par des projections sur un futur trop chimérique.

J’ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la Vie d’être présente en moi et autour de moi, à l’honorer chaque fois que cela m’est possible, à la respecter en toute occasion, à la dynamiser avec mes ressources et mes limites.

J’ai appris difficilement à m’aimer, non d’un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation était grande) mais d’un amour de bienveillance, de respect et de tolérance.

J’ai appris avec beaucoup de tâtonnements à me respecter en osant dire non quand je suis confronté à des demandes qui ne correspondent pas à mes possibles ou à ma sensibilité.

J’ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d’un oiseau, comme dans le geste d’un enfant pour tenter de capter le vol d’un papillon ou encore dans le sourire d’un vieillard qui croise mon chemin.

J’ai appris patiemment que nul ne sait à l’avance la durée de vie d’un amour et que toute relation amoureuse est une relation à risques. Des risques que j’ai pris.

J’ai appris douloureusement que je n’avais pas assez pris de temps pour regarder mes enfants quand ils étaient enfants, que j’aurais dû savoir jouer et rire avec eux, plus souvent et surtout chaque fois qu’ils me sollicitaient, que je n’avais pas su toujours les entendre et les accueillir dans leurs attentes profondes et surtout que j’avais trop souvent confondu mon amour pour eux avec quelques-unes de mes peurs tant je voulais le meilleur pour eux, tant je désirais les protéger des risques (que j’imaginais) de la vie.

J’ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s’accélérait en vieillissant et qu’il était important non pas d’ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années.

J’ai appris malgré moi que je savais beaucoup de choses avec ma tête et peu de choses avec mon cœur.

J’ai appris que je pouvais oser demander si je prenais le risque de la réponse de l’autre aussi frustrante ou décevante qu’elle puisse être, que je pouvais recevoir sans me sentir obligé de rendre, que je pouvais donner sans envahir l’autre et refuser sans le blesser.

J’ai appris sans même le vouloir, que j’avais des besoins et qu’il ne fallait pas les confondre avec des désirs.

J’ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre tout l’inutile dont je me suis encombré pendant des années.

J’ai appris joyeusement à planter des arbres, c’est le cadeau le plus vivant que je peux faire jusqu’à ma mort à cette planète merveilleuse qui a accueilli mes ancêtres et surtout mes géniteurs.

J’ai appris doucement à recevoir le silence et à méditer quelques minutes chaque jour pour laisser aux vibrations de l’univers la possibilité de me rejoindre et de m’apprivoiser encore un peu. Oui, j’ai appris beaucoup et pourtant je cherche encore l’essentiel.

Le cadeau de ma mère

Le travail que l’on fait sur soi, pour essayer de comprendre ce que l’on vit et guérir nos blessures intérieures, finit toujours par porter ses fruits. J’en reçus la preuve au moment du décès de ma mère. Au cours des deux derniers mois de sa vie, j’ai vécu auprès d’elle des moments d’une infinie douceur qui effacèrent les quarante années de conflits que nous avions vécues.

Très jeune, je voyais ma mère comme une personne austère et contrôlante, qui exigeait que je lui obéisse et qui ne m’écoutait jamais. Je ne me souviens pas qu’elle m’ait serré dans ses bras ou qu’elle m’ait dit qu’elle m’aimait. Ce manque de communication me poussa à être incapable de lui parler de mes sentiments réels, j’étais en conflit permanent avec elle.

À vingt-sept ans, mon corps se rebella à son tour, face à toutes ces émotions refoulées. J’entrepris alors une recherche personnelle pour comprendre l’origine de cette maladie.

Pendant des années, mon cheminement évolutif se poursuivit à l’intérieur de plusieurs formations et consultations, dont la psychothérapie et la métamédecine. Je découvrais des pistes intéressantes pouvant expliquer mon conflit face à ma mère, pistes qui remontaient à l’événement le plus traumatisant de ma vie : ma naissance. Mais lorsque je questionnais maman, je n’obtenais jamais de réponses corroborant mes découvertes.

Ma mère me consultait de temps à autre, en tant que chiropraticien. Comme elle ne se sentait pas bien depuis plusieurs mois, mon père me demanda de la voir à mon bureau. En posant mes mains sur elle, je perçus que son corps était très mal en point et lui conseillai de se rendre de toute urgence à l’hôpital pour des examens.

On lui fit une chirurgie abdominale exploratrice le jour même pour découvrir qu’il était trop tard pour intervenir. Le cancer avait rongé ses intestins et s’était propagé aux autres organes. Elle refusa la chimiothérapie et choisit de mourir à la maison, entourée des siens.

Nous étions en état de choc, mon père, mon frère, mes sœurs. Voyant à quel point la famille était ébranlée, je proposai de nous réunir et de partager nos sentiments, afin de nous épauler mutuellement à travers cette épreuve. Tout en nous relayant au chevet de maman, nous avons donc pris le temps de nous asseoir régulièrement ensemble pour échanger sur ce que nous vivions individuellement.

Petit à petit, en parlant ouvertement de la mort, nous sommes arrivés à l’apprivoiser, à libérer nos émotions douloureuses et à diminuer notre sentiment de perte. Ces échanges contribuèrent aussi à resserrer les liens entre nous, à créer un véritable clan familial.

Pour ma part, ces deux mois passés au chevet de maman m’ont permis d’amorcer, pour la première fois de ma vie, un dialogue très intime avec elle. Elle me révéla enfin la vérité au sujet de ma naissance. Elle me raconta que je m’étais présenté plus vite que prévu et que le médecin n’était pas encore à l’hôpital. Voyant cela, les infirmières paniquèrent et lui refermèrent les jambes en lui demandant de me retenir jusqu’à ce que le médecin soit sur place. Maman m’a donc retenu la tête coincée dans son vagin pendant une vingtaine de minutes, avant de sombrer dans l’inconscience à l’arrivée du médecin.

Mon cerveau de nouveau-né a interprété ces événements à sa façon : maman me retient parce qu’elle a honte de moi. J’ai donc eu une peur viscérale. Maman me confirma ce jour-là que je ne m’étais pas trompé. Cela me rassura en me prouvant que j’avais suivi le bon chemin et que toutes ces années de recherche intérieure et de thérapies diverses n’avaient pas été inutiles.

La veille de sa mort, j’étais au chevet de maman. Elle reposait sur le côté, me tournant le dos, tandis que j’étais assis près de son lit. Le moment me semblait propice pour lui ouvrir mon cœur, et boucler la boucle avec elle avant qu’il soit trop tard. Je lui dressai le bilan de notre vie passée ensemble, prenant le temps de lui expliquer tout ce qu’elle m’avait offert. Je lui mentionnai les parties d’elle que j’avais aimées et celles que j’avais détestées sur le moment, mais que je percevais différemment aujourd’hui.

Par exemple, en jouant le rôle d’une mère contrôlante, elle m’avait incité à devenir autonome. Son manque de tendresse à mon égard m’avait forcé à aller vers les autres. Son attitude rigide et ses non-dits m’avaient stimulé à développer la communication avec les gens, et ainsi de suite. Je lui étais infiniment reconnaissant, car je réalisais que sans elle, je ne serais pas devenu l’homme que je suis aujourd’hui.

Je lui partageais mes sentiments, sans aucune attente, mais elle m’offrit en retour un cadeau inestimable. Dans un ultime effort, elle tourna la tête vers moi et prononça pour la première fois, ces mots merveilleux que je croyais ne jamais entendre de sa bouche : « Yves, je t’aime! ». Pleurant de gratitude, je la pris alors dans mes bras et la remerciai sincèrement.

Je la bordai tendrement ce soir-là et le lendemain matin, je sus en la voyant, qu’elle ne passerait pas la journée. J’en avisai mon père. Constatant qu’elle respirait difficilement, je la pris dans mes bras et lui soufflai doucement à l’oreille : « Maman, il est temps de partir. ». Elle cessa de respirer à l’instant même. Tout était désormais accompli entre elle et moi. Malgré mon chagrin, je me sentais paisible intérieurement. Je ressentais une immense gratitude face à ma mère qui m’avait offert le privilège de mourir dans mes bras. Je la gardai tout contre moi un moment, la remerciant encore une fois pour tout ce qu’elle m’avait apporté dans cette vie, puis je cédai la place à mon père afin qu’il puisse lui faire ses adieux à son tour.

Les derniers instants de ma mère ainsi que son décès furent la partie la plus apaisante de ma relation avec elle. Quarante années d’incompréhension fit place à une ouverture du cœur incroyable. Cela a permis de rééquilibrer le mouvement naturel mère-enfant, faussé dès le départ par une perception basé sur la survie. Cette expérience fut très enrichissante dans ma vie. Je suis conscient que ce moment de grâce, vécu avec ma mère dans les derniers instants de sa vie, n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe du travail intérieur que j’ai effectué pendant des années.

Renouveler l’alliance avec soi-même

Se redécouvrir

L’autre jour, en faisant le ménage dans nos boîtes de photos, j’ai eu le grand plaisir de me redécouvrir.

C’est une photo de moi à l’âge de quatre ou cinq ans, qui était prise en visite chez ma grand-mère, qui m’a bouleversée.

Je suis une petite fille remplie de confiance, rayonnante comme un soleil. Je ne me reconnais pas.

Je n’ai pas pu m’empêcher de verser des larmes. J’ai analysé la photo de plus près. Mon entourage, mes jouets et mon linge, mais les détails étaient sans importance.

C’était mon goût de vivre, mon bonheur et surtout ma certitude et détermination.

Au fil des ans, petit à petit, sur le chemin de la vie, je me suis perdue, littéralement.

J’ai succombé aux demandes en mettant de côté mes rêves.

J’ai laissé tomber ce qui me tenait à cœur.

J’ai déçu la petite fille de la photo. Elle me fixe à chaque jour. Ma culpabilité d’avoir accepté les règles de la vie. On apprend si vite, en vieillissant, à bloquer la voix en nous, qui sait trop bien ce dont on a véritablement besoin.

La voix sait aussi bien ce qui n’est pas bon pour nous! Les mauvaises habitudes qu’on adopte au fil des ans, fumer, s’isoler, mettre trop d’importance dans des riens, etc.

Les relations abusives qu’on se permet d’endurer et les situations où on se retrouve vulnérable.

En parlant avec une amie proche, nous avons conclu qu’on devait passer à travers ces épreuves car c’est la vie. Les leçons qu’on doit vivre permettent la croissance?

Oui et non, en regardant encore une fois la photo, la petite fille me rappelle clairement comment j’ai renié le ballet après un commentaire sur mon poids.

Elle me répète « pourquoi as-tu lâché la danse? »

« Pourquoi ne travailles-tu pas avec des animaux? »

« Tu es enfermée dans un bureau. » Une cellule de solitude.

Je me remets en question. À quel moment est-ce que j’ai cessé de me sentir belle et appréciée? À quel instant est-ce que les mensonges ont remplacé la vérité?

Je ne dis pas que c’est le regret, la vie a toujours donné le choix.

Il s’agit de prendre le temps, d’y songer.

Les chemins n’ont pas été faciles et les blessures n’ont pas été faciles à guérir.

Je crois qu’il est temps de refaire l’alliance avec son soi-même véritable.

En étant honnête avec la voix qui a disparu ou qu’on refuse simplement d’écouter.

En admirant la photo de qui on est aujourd’hui au lieu de la détester.

Quand êtes-vous?

–  Samuel, cette trahison ne doit pas être facile pour toi. Comment fais-tu pour t’en sortir?

–  Ah! Ce n’est rien. Je dois faire l’épicerie, faire marcher le chien, aller à la banque, ensuite je dois aller chercher ma fille à l’école.

–  Tu évites ma question. Que fais-tu pour guérir, apprendre et grandir suite à cette tromperie?

–  Arrête! J’ai dit que ce n’était rien. Hier, j’ai cordé du bois, j’ai fait un bon feu pour réchauffer la maison, j’ai téléphoné à ma sœur…

–  Yoohoo! Samuel! Je suis ici! Maintenant!

–  Quoi?

–  Je te parle, je suis en face de toi, ici, maintenant. Et toi, tu me parles de plus tard et d’hier. Quand es-tu?

La douleur est inévitable et la souffrance est optionnelle
Chez certaines personnes, la douleur est tellement intense qu’elles fuient le moment présent en énumérant des tâches bénignes qu’elles ont faites ou qu’elles ont à faire. C’est une façon pour elles de ne pas entrer dans le cœur du problème, de ne pas y faire face. Elles croient qu’en l’évitant, elle disparaîtra, mais c’est bien le contraire qui se produit.

Il y a un dicton qui dit : « La douleur est inévitable et la souffrance est optionnelle ». Ces gens qui choisissent de ne pas faire face à leur douleur choisissent la souffrance plutôt que de vivre pleinement leur peine. Ce n’est qu’en allant profondément au cœur de la blessure qu’une personne peut l’éliminer. Ils ne réalisent pas que ce qu’ils choisissent de faire « maintenant » est ce qu’ils créent pour leur futur. Ce même « maintenant » est également la cause de tout leur passé. Assez intense comme idée quand on y pense. Donc, puisque c’est toujours « maintenant », il faut croire que « maintenant » est éternel.

Chaque « maintenant » est inestimable
Lorsque vous réalisez que « maintenant » ne reviendra plus jamais, vous comprenez à quel point ce moment est sacré. C’est à compter de cet instant que tout vous émerveille et vous remplit de gratitude : un arbre, un soleil levant, un enfant qui joue, une tombée de neige, etc. Et si vous saisissez l’immensité de « maintenant », vous comprenez que même une blessure, une critique, un échec ou une trahison peut vous éblouir et vous remplir de reconnaissance, car chaque « maintenant » a quelque chose d’inestimable à vous apprendre. Inutile de dire que ruminer sur ce qui « aurait pu » et « aurait dû » peut causer de sérieux problèmes de santé mentale.

Le moment actuel s’éloigne continuellement, ainsi, si vous tentez de vous y agripper en vous remémorant des moments ou en formant des idées à son sujet – vous n’êtes plus dans le présent. Pour ce faire, vous devez vous détendre, relaxer, et vous ouvrir à ce moment. Ne planifiez pas, ne vous inquiétez pas, ne vous perdez pas dans vos pensées. Il n’y a aucun effort à faire pour vivre le moment présent, vous y êtes déjà! Lâchez prise et soyez attentif à ce qui surgit en matière d’énergie, de perceptions, de pensées, de désirs, etc. Ayez confiance à ce processus, adoptez-le.

Ouvrez-vous aux possibilités qu’offre chaque « maintenant », car chaque « maintenant » a sa raison d’être, qu’il semble heureux ou douloureux. Même dans ce qui semble être le pire moment de votre vie, les récompenses qui suivent sont nombreuses si vous êtes ouverts à les recevoir.

Alors, vous voulez faire comme mon ami Samuel et être hier ou demain? Ou bien vous voulez vivre pleinement chaque « maintenant » et être réceptifs aux avantages qu’il offre : amour, amitié, bonheur, compassion, partage, abondance, etc.?

Personnellement, je ne voudrais pas être ailleurs que « maintenant »!

Des fantômes dans mon placard

Connaissez-vous l’épigénétique? Il s’agit de la discipline de la biologie qui étudie la nature­ des mécanismes modifiant de manière réversible, transmissible et adaptative l’expression des gènes sans en changer la séquence nucléotidique (ADN)1

Plusieurs études menées sur le règne animal démontreraient qu’en présence de facteur de stress, il y aurait modification dans certains­ gènes de l’ADN des gamètes parentaux. Par conséquent, cette modification serait transmissible aux générations futures, telle une mémoire ancestrale que l’on transmet. De plus, la transmission ne serait pas uniquement sur le plan de la génétique, mais également sur celui des comportements. Devant ce facteur de stress, les générations précédentes auraient modifié leurs comportements, transmettant ainsi aux générations futures des attitudes comportementales qui deviennent innées et acquises, même sans la présence du facteur de stress.

Et qu’en est-il de l’être humain? Il y a de cela environ deux ans, je suis tombée par hasard sur une vidéo française dans laquelle on traitait de blessures transgénérationnelles. Ces dernières ont permis à Anne Ancelin Schützenberger de développer une nouvelle pratique clinique appelée la psychogénéalogie « selon laquelle les événements, les traumatismes, les secrets et les conflits vécus par les ascendants d’un individu conditionnent ses faiblesses constitutionnelles, ses troubles psycho­logi­ques, ses maladies, voire ses comportements étranges ou inexplicables. »2

Dans cette vidéo, la chercheuse invitée racontait l’histoire d’une grand-mère ayant subi, dans sa jeunesse, des traumatismes sexuels. Ces traumatismes auraient provo­qué une altération dans le code génétique de cette septuagénaire, modification qui aurait été transmise à la seconde génération. En plus de présenter la même altération du code génétique de sa grand-mère, l’adolescente expérimentait des humeurs dépressives et des comportements de peurs envers les hommes malgré n’avoir jamais subi dans sa vie de violence sexuelle. 

Nous ne sommes donc pas seulement les récipiendaires d’attributs physiques de nos aïeux, telle la couleur des cheveux ou des yeux. Nous portons également en nous leurs souffrances passées non traitées et refoulées. Tous ces non-dits, ces secrets de famille bien gardés, car entourés de trop de honte, sont transmis aux générations suivantes. En plus d’arriver sur la planète avec notre bagage karmique, les mémoires souffrantes de nos ancêtres alourdissent nos valises. 

Madame Schützenberger appelle ces mémoires des fantômes qui nous hantent dans un but bien spécifique : guérir. Tel est le désir de ces mémoi­res ancestrales : être contactées afin d’y trouver paix et guérison. Comme si ces fantômes et la tranche de vie qu’ils représentent avaient besoin à travers nous de boucler la boucle. 

Je vous souhaite de vider vos placards de ces vieux fantômes. En mettant un baume sur ces mémoires ancestrales, vous les retournerez vers la lumière, gardant ainsi ce qu’il y a de plus beau de vos aïeux. D’autant plus que ce ménage vous permettra de découvrir votre vraie nature.

Références :

https://fr.wikipedia.org/wiki/
Épigénétique, Psychogénéalogie

La danse divine des énergies féminine et masculine

Notre monde contemporain est à un point tournant très important dans son développement, un point qui implique une transformation radicale de la relation établie entre le féminin et le masculin. Depuis plus de deux millénaires, nous vivons selon un ethos sociétal où « le masculin l’emporte » et « le féminin subit » . Mais cela est loin d’être la relation saine et naturelle entre ces deux énergies. Cet état relationnel de domination / soumission permet de voir à quel point nous nous sommes installés dans la tête et le raisonnement intellectuel au détriment d’être centré dans la poitrine et la résonance du cœur. 

Le choix de raisonner au lieu de résonner, de laisser l’intellect diriger et gérer la vie selon un ethos de domination et de manipulation a permis un développement incroyablement puissant quant à la matière. Ce développement, sans ancrage dans le Cœur Conscient et ayant des conséquences désastreuses pour l’environnement, en est arrivé à un point tournant que la société ne peut plus ignorer. Attendu depuis longtemps, ce moment charnière nous mènera soit vers la destruction, soit vers une nouvelle forme d’expansion au service de la vie. Quoique l’enjeu soit sociétal, le choix de cheminer vers une nouvelle façon d’être et d’agir ensemble se fait en premier lieu à l’intérieur de nous-mêmes. 

La relation présente entre nos énergies féminine et masculine, non seulement sur le plan sociétal, mais aussi sur les plans intrapersonnel et interpersonnel, découle de grandes blessures portées autant par le féminin sacré que le masculin sacré. Lorsque ces grandes blessures reçoivent guérison, la danse divine entre les énergies féminine et masculine peut reprendre sa forme véritable et enfin, tête et cœur, intellect et émotion, pensée et intuition peuvent redevenir des alliés et mutuellement s’épauler. 

La plupart d’entre nous n’avons jamais vu cette danse divine à l’œuvre, étant plutôt en interaction avec les blessures que portent ces deux énergies : la blessure du féminin sacré est reliée à se sentir indigne de prendre sa pleine expansion et celle du masculin sacré, d’être impuissant et en danger d’anéantissement. Ces blessures ont tendance à soit mener à une tentative de rétrécir et subir sa vie, soit, à l’autre extrême, de contrôler et de surdiriger sa vie. Ainsi, le féminin sacré blessé aura tendance à tenter de se soumettre entièrement ou, au contraire, à être une force dominante et contrôlante. Le masculin sacré blessé, lui, tentera de se faire plus petit et soumis ou, au contraire,
cherchera à dominer et à contrôler pour éviter de se sentir faible et impuissant. 

Or, la vraie relation entre ces pola­rités est une danse divine de toute beauté. Le féminin sacré est pure énergie de vie, sans forme, sauvage, ouverte et toujours en processus de prendre plus d’expansion. Le masculin sacré, quant à lui, est l’ordre et la structuration, il crée le contenant permettant à cette énergie féminine d’avoir une base solide pour pleinement s’épanouir. La danse divine entre ces deux polarités du sacré est d’une splendeur et d’une puissance que nous voyons rarement dans nos sociétés actuelles, car cette relation a été inversée : la structure est au service de la matière plutôt que de l’énergie de vie. 

Un masculin sacré guéri n’a plus peur de l’impuissance. Il est en acceptation totale d’être anéanti à chaque fois que le féminin sacré veut s’amplifier car il sait que son rôle est de créer des structures toujours plus aptes à tenir et à épanouir – et non contraindre et écraser – cette énergie sauvage de la vie. Un féminin sacré guéri n’a plus honte de vouloir prendre plus de place, car elle sait que le masculin sacré la soutient et lui donne une structure qu’elle peut remplir de toute son énergie expansive et ainsi donner vie et remplir le masculin.  Il est grand temps de guérir la relation entre ces deux énergies. Or, cette guérison commence en chacun de nous. Prenez le temps de contempler l’état de la relation entre le féminin et le masculin sacrés en vous; guérir leurs blessures et retrouver leur danse divine est l’œuvre la plus importante de notre temps.