Rechercher
Close this search box.

Aroma cocooning

En cette période froide de l’année où la nature est endormie, quelle bonne idée de prendre du temps pour ralentir et se permettre des moments doux, de faire du cocooning.

S’offrir du bien-être en toute simplicité dans le confort de son chez-soi… que ce soit en prenant un bain, en buvant un breuvage chaud, en recevant un massage de détente ou en remplissant notre maison d’un arôme inspirant. En plus d’être efficace pour aseptiser l’air, l’aromathérapie est une alliée exceptionnelle pour ces moments doux.

Il y a certaines précautions à prendre lorsqu’on utilise les huiles essentielles (h. e.); c’est pourquoi il faut être bien informé pour utiliser ces petits trésors de la nature si puissants.

Voici quelques précautions de base pour profiter pleinement et en toute sécurité de vos moments cocooning.

Pour un bain aromatisé, il est important de choisir des huiles essentielles qui ne sont pas « dermocaustiques » (irritantes pour la peau). Il faut également diluer les h. e. choisies (5 à 10 gouttes) dans un support, tels que sel de mer, huile végétale, savon doux liquide… et ensuite, laisser couler le mélange sous le jet d’eau pendant que le bain se remplit pour faciliter la dispersion des h. e. Vous pouvez également trouver des mélanges déjà prêts pour le bain.

Pour un breuvage chaud aromatisé, le miel non pasteurisé est sans aucun doute un très bon choix comme support de base. Il saura adoucir votre gorge en cas de toux, en plus de tous ses bienfaits. Les miellats, comme j’aime bien les nommer, sont très appréciés comme breuvages chauds et réconfortants. Que ce soit pour le plaisir, pour favoriser la digestion, le sommeil, la détente, ou même pour prendre soin d’un rhume… plusieurs possibilités s’offrent à vous. Il suffit d’ajouter 1 à 3 gouttes d’h. e. dans une c. à thé de miel et de diluer le tout dans votre tasse d’eau chaude préférée.

Laissez-vous inspirer et créez des synergies aromatiques bienfaisantes dans la pleine conscience et la bienveillance.

*Assurez-vous d’avoir des h. e. de bonne qualité, idéalement biologiques. En cas de doute, référez-vous à un aromathérapeute.

Ce qui m’inspire

Découvrez toutes les belles compagnies québécoises (Zayat Aroma, Aliksir, Divine Essence) qui nous offrent, depuis des années, une variété de produits de qualité. Ces produits sont disponibles en ligne et dans certaines boutiques selon la région. Je vous invite à explorer.

Conseil pratique

Miellat apaisant… à déguster

h. e. d’orange douce (citrus sinensis) : 2 gouttes

h. e. de basilic exotique (ocimum basilicum : 1 goutte

1 c. à thé de miel

Bien mélanger le tout dans une grande tasse d’eau chaude… et savourez.

Saviez-vous que

Les h. e. de lavande vraie, petit grain bigarade, bois de rose, eucalyptus radié et ravintsara ne sont pas irritantes pour la peau? Attention par contre à la menthe poivrée qui peut occasionner une sensation glacée. Elle n’est pas recommandée dans le bain, sinon en très petite quantité (de 1 à 3 gouttes combinées à d’autres h. e.).

Il l’a dit…

« Prends soin de ton corps pour que ton âme ait envie de l’habiter. » Proverbe chinois

Pour en connaître davantage Pour les adeptes de Facebook, vous pouvez échanger conseils et information en vous joignant au groupe : Aromathérapie au Québec. Échanges et partages.

Le plaisir de donner

Maintenant que le temps des Fêtes est à nos portes, les retrouvailles en famille et entre amis se multiplient. Les gens se regroupent et célèbrent une période de l’année propice au cocooning, au partage et au don. Les enfants des uns se mélangent aux enfants des autres, leurs cris et leurs rires se répercutent dans toute la maison pendant que les parents discutent calmement auprès du feu. Dans cette douce cacophonie, alors que la visite reste pour la nuit et qu’on trouve de l’espace pour tout le monde dans la maison, on réalise que le plaisir de se retrouver et de donner est au cœur de ces rencontres. Pourtant, que signifie réellement le don, et quels plaisirs pouvons-nous en retirer?

Donner… les bienfaits pour les autres et pour soi
Dans l’histoire de l’humanité, le concept de don est assez ancien. Il se retrouve dans plusieurs traditions religieuses et humanistes, par exemple par le biais de la charité et de l’obligation morale d’aider son prochain. Le don, qui se traduit par un principe spirituel, pousse les gens à partager avec les autres ce qu’ils aimeraient eux-mêmes recevoir. Donner est un acte qui nous ouvre à l’autre, sans compter que le don et le partage sont des façons de « reconnecter » avec ceux qu’on aime.

Donner fait du bien : c’est la conclusion de nombreuses études scientifiques. Et non seulement donner fait du bien, mais il a des bienfaits tant pour les autres que pour soi. D’abord, donner fait ressentir des émotions positives supérieures aux émotions vécues lorsqu’on dépense pour des biens personnels. Donner fait aimer sa vie et augmente de façon durable le sentiment de bien-être, tout en procurant une sensation générale d’apaisement. On sait également que donner renforce l’estime de soi, fait diminuer le stress et les risques d’accidents cardio-vasculaires, sans compter que, pour certains, donner les aide à se sentir plus riches. D’ailleurs, peu d’activités humaines simples ont autant d’impact sur le sentiment de bonheur.

Que donner?
Les individus tirent de la satisfaction personnelle dans l’acte de donner, et pendant le temps des Fêtes, plusieurs tentent de trouver le cadeau parfait pour ceux qu’ils aiment. Ce désir de faire plaisir va même les pousser à effectuer le petit détour qui leur permettra de mettre la main sur la trouvaille du siècle. D’autres, par contre, s’inquiètent de ne pas savoir quoi offrir, tandis que certains s’attristent de ne pas avoir les moyens d’acheter un petit quelque chose. Pourtant, donner ne se résume pas aux cadeaux offerts et aux achats de biens matériels. Donner et le plaisir de donner s’inscrivent plutôt dans une rencontre qui nous pousse à aller vers l’autre, et cela, sans qu’il ne soit nécessaire de débourser un sou!

Le partage de la joie de l’autre est l’un des trésors de la vie. Voir un sourire se dessiner sur le visage de l’autre dans le simple fait de vivre ensemble un moment de bonheur surpasse, de fait, tous les biens matériels. Ainsi, donner de son temps et de sa présence reste de loin le plus beau des cadeaux. Rendre visite à nos parents, jouer à l’extérieur avec les enfants, partager un repas entre amis, offrir un massage à l’être aimé, aller marcher en pleine nature avec un voisin, fabriquer de ses propres mains un foulard pour notre collègue, apporter une soupe à des nouveaux parents fatigués, les idées ne manquent pas lorsque vient le temps de donner.

Dans le tourbillon que peut rapidement devenir le temps des Fêtes, gardons à l’esprit que l’acte de donner va bien au-delà de l’achat de cadeaux. Être présents aux autres, les envelopper de notre amour et savoir les écouter restent la meilleure façon de toucher leur cœur et de leur dire que nous sommes là.

Feng Shui hivernal

La saison du cocooning n’est-elle pas idéale pour revisiter notre intérieur? Autant l’hiver nous invite à aller dehors pour nous oxygéner, à faire circuler la vie dans notre corps, autant il nous donne envie de nous retrouver dans un intérieur douillet bien Feng Shui, oxygéné par un bon chi (énergie de vie).

Comment en arriver à créer un tel intérieur? Demandons-nous si ce qu’on voit autour de soi nous fait ressentir une lourdeur intérieure. Si c’est le cas, il est temps d’agir. Un intérieur vivant est énergisant.

Alors, on commence par une tournée des garde-robes et des tiroirs. Pourquoi conserver des vêtements et accessoires au cas où… je maigrirais… je grossirais… je retournerais au travail? Quand je regarde ces vêtements que je ne peux plus porter, je regarde un passé qui n’est plus. C’est une énergie stagnante.

Donner ce qui ne me convient plus m’allège et donne une nouvelle vie aux vêtements qui seront portés. Une fois terminée la tournée des endroits où s’accumulent les choses… vestiaire d’entrée, garde-robe de la chambre des invités où se retrouve parfois le débordement du mien, je respire enfin. En plus, je fais de la place pour du nouveau, car on sait que la vie n’aime pas le vide.

Je continue ma tournée des pièces où se trouvent des objets décoratifs, des tableaux. Ces objets représentent-ils des souvenirs heureux? Est-ce que je les vois encore? Ont-ils vraiment une signification pour moi? S’agit-il de cadeaux dont je me sens coupable de me défaire? Le simple fait de les changer d’endroit peut changer l’atmosphère et renouveler mon énergie. Quand je déplace un objet de façon consciente, je lui donne une nouvelle signification, une nouvelle vie. Les objets qui ne bougent pas créent une énergie stagnante.

Une belle façon de dynamiser le chi d’une pièce est l’éclairage. Je mets de l’ambiance dans mes pièces au moyen de touches lumineuses, par exemple en éclairant un tableau ou une plante. Je les appelle mes bouquets de lumière.

Il existe plusieurs outils Feng Shui. Le premier et le plus important est certainement le chi. Une circulation d’énergie ni trop lente, ni trop rapide, ni encombrée signifie un chi fluide, la vie qui circule bien.

D’autres outils Feng Shui, comme votre élément personnel ou votre année de naissance, aident à choisir les matériaux, les couleurs et les formes de vos objets. L’élément personnel se trouve à partir de votre date de naissance.

Comme en acupuncture, les éléments sont : Terre, Métal, Feu, Bois et Eau. Il est facile de trouver son élément personnel chinois en faisant une recherche dans Internet ou en consultant des livres traitant de Feng Shui. Attention, l’année chinoise ne commence pas toujours à la même date; assurez-vous de regarder un calendrier chinois.

Plusieurs personnes me posent la question : où placer mon lit? On peut aborder la question de deux façons : en fonction de la pièce ou selon vos directions personnelles favorables.

La meilleure disposition du lit est la place de pouvoir. Appuyez la tête de lit contre un mur sans porte ni fenêtre, c’est-à-dire un mur plein. De votre place dans le lit, vous voyez la porte d’entrée et la fenêtre. Évitez de placer la tête de lit sous une fenêtre ou d’avoir les pieds dirigés vers la porte.

Pour trouver sa direction personnelle favorable, il faut faire un calcul simple en fonction de sa date de naissance en année chinoise, laquelle ne commence pas toujours le même jour en février ou en janvier. Pour éviter de faire des erreurs dans le calcul, qui diffère selon qu’on est une femme ou un homme, je vous invite à m’envoyer par courriel vos jour, mois et année de naissance. Je me ferai un plaisir de vous donner votre direction personnelle favorable pour la position de votre lit.

Douceur et lenteur cocooning pour l’âme

Comme après un long voyage, il est important de nous déposer et de nous reposer pour nous ressourcer et nous recentrer. En tant qu’Êtres divins incarnés, nous pouvons choisir de voir chaque journée comme un voyage.­ Chaque moment présent est une expérience pour notre être sur tous les plans : physique, émotionnel, mental, énergétique et spirituel.

Que l’expérience soit perçue comme bonne ou mauvaise, elle nous fait vivre une vaste gamme de sensations et d’émotions. Pour notre âme, l’expérience est tout simplement et totalement expérience.

La partie de nous qui a besoin de comprendre, de rationnaliser, de contrôler et d’identifier est notre mental. Nous n’avons pas appris à le contrôler ni à choisir les pensées qu’il crée. Il est souvent très critique et peut provoquer des réactions dans notre corps physique. En pleine cons­cience, nous avons la possibilité de reprendre le contrôle de cette partie de notre être à chaque instant, en choisissant d’y ajouter de la douceur.

Choisir d’amener de la douceur dans notre mental en y ajoutant des pensées douces envers nous mêmes et d’en amener aussi dans notre façon de penser, de voir, d’entendre, d’accueillir, de donner, de communiquer, de partager. La douceur fera s’ouvrir notre cœur.

Au début, notre mental aura peut-être besoin de repères extérieurs :

Par exemple, écrire le mot douceur pour l’avoir sous les yeux à la maison, au travail et dans la voiture ou encore réciter ou chanter le mot douceur comme un doux mantra aura une influence bénéfique sur plusieurs plans.

En centrant notre attention sur la douceur, les autres pensées perdront de leur importance et de leur influence. Au début, cela peut avoir l’air d’une discipline, mais avec un peu de pratique, centrer notre attention sur la douceur deviendra une habitude simple et facile.

Choisir de faire preuve de douceur envers notre corps physique, ce temple sacré de notre âme, sous la forme de l’écoute et du respect de ses limites et besoins. De la douceur pour tous nos sens : les massages, les câlins, le rire, un sourire, de la musique qui nous transporte et nous fait vibrer, le chant des oiseaux, les parfums qui stimulent notre odorat, les aliments à savourer, les activités qui nous font plaisir, le repos dans notre chaise préférée, la contemplation de la beauté qui nous entoure, être en pleine conscience du vent sur notre peau lors d’une marche dans la nature. En fait, tout ce qui peut nous faire plaisir et nous faire vibrer est de la douceur qu’on s’offre à chaque instant.

Et être en pleine conscience ici, maintenant et en soi nous met en contact intime avec tout notre Être jusqu’à notre âme et transforme notre vision de l’expérience; elle devient encore plus complète, intéressante et sacrée.

Inspirer consciemment la douceur de l’air est essentiel pour s’habiter pleinement et est sans doute l’outil de méditation et de maîtrise de soi le plus simple et le plus puissant.

Et ralentir, ne serait-ce que quelques minutes à la fois, nous permet de mieux voir, de mieux entendre, d’être simplement et totalement présent à soi et à ce qui nous entoure. Pour savourer la beauté et la contempler pendant quelques minutes avec conscience et gratitude. En reconnaissant que tout est divin, amour et sacré. Tout. Même nous.

Douceur en votre être.

Invitation au cocooning

Cette période de l’année est abso­lument extraordinaire! Un coup d’œil derrière nous pour revoir avec gratitude l’année qui vient de passer comme un éclair et, devant nous, une page blanche pour entamer une toute nouvelle année à créer par et pour nous-mêmes. C’est dans cet esprit que nous avons bâti cette édition ayant pour thème principal une période ou saison de « cocooning ». Ou, si vous le préférez, une période de repos et de ressourcement bien mérités pour refaire le plein.

À notre avis, cette étape de transition est la période la plus propice pour refaire le plein provenant de la plénitude de vivre sa vie en pleine conscience. C’est aussi une question de marquer un temps d’arrêt dans un rythme de vie rapide et agité qui nous sollicite sans cesse, pour mieux nous écouter et pour profiter pleinement de la période hivernale afin d’établir une connexion encore plus profonde avec nous-mêmes. Surtout si nous voulons demeurer responsables de notre bien-être, de notre santé et de nos actions pour continuer de contribuer à un monde meilleur.

Pour être en mesure de réaliser notre projet, nous avons lancé à tous nos auteurs une invitation toute spéci­ale. Nous leur avons demandé de nous aider à vous fournir des outils d’introspection, de réflexion et de planification destinés à vous accom­pagner durant cette période de transition annuelle. Nous voulons vous offrir ces pistes et les meilleurs outils pour faciliter un doux retour vers soi, pour à la fois célébrer vos réalisations et créer une nouvelle année encore plus satisfaisante pour vous sur tous les plans. Vous trouverez donc, au centre de la revue, une section spéciale axée sur des suggestions de cocooning, dans laquelle on vous dirigera vers des articles qui vous offriront des pistes et des outils pratiques et créatifs pour faciliter le contact intérieur avec vous-mêmes.

Bien que cette édition soit remplie­ de suggestions inspirantes, sa créa­tion a constitué un défi de taille. Notamment parce qu’il a fallu composer avec le nombre maximal de pages qu’il est possible d’imprimer (à cause des coûts d’impression élevés) vu le grand nombre d’articles que nous avons reçus. Nous aurions bien sûr aimé pouvoir les inclure tous dans la revue, mais cela n’a pas été possible. Nous sommes néanmoins conscients de l’énorme privilège que nous avons de bénéficier de l’appui et de la confiance de nos auteurs. N’empêche que la nécessité de faire un tri et de choisir parmi tant d’informations de grande qualité a posé un dilemme complexe… Ouf!

En fin de compte, nous avons innové, et une solution gagnante pour tout le monde a été mise en œuvre. Nous avons créé un prolongement numérique de la version papier du numéro de Cheminement que vous avez entre les mains. Vous avez dorénavant accès à une toute nouvelle édition numérique de Cheminement conte­nant tous les articles qui n’ont pas pu être publiés intégralement dans la revue. Le sommaire de ces articles se trouve dans la section « Suggestions cocooning », au centre de la revue, ainsi que dans l’encadré qui figure à la page 28.

Le contenu de cette nouvelle édition numérique vous est présenté avec le même souci de qualité à l’égard des textes et de l’élégance du graphisme. De plus, la revue et son prolongement numérique sont accessibles tout à fait gratuitement!

Alors, allez-y, visualisez Cheminement à partir de votre tablette, IPad, IPhone ou autre support numérique, en allant tout simplement sur la page d’accueil de www.cheminement.com. Vous y trouverez de l’information supplémentaire qui viendra compléter ce que contient la version papier.

Je tiens à souligner de nouveau l’énorme contribution de nos béné­voles qui continuent de se dévouer aux côtés de l’équipe de Cheminement pour produire ce produit de haute qualité. Et si nous sommes encore là, c’est en raison de notre désir et de notre engagement communs face à l’objectif d’agir concrè­tement pour contribuer au mieux-être de chacun des membres de notre collectivité. Je tiens aussi à rappeler que notre existence fragile continue de reposer sur l’appui financier indispensable de nos annonceurs qui investissent dans nos élans visant à vous offrir tous ces cadeaux dans chaque nouvelle édition. Ne les oublions pas, car c’est réellement en agissant ensemble que nous pouvons faire changer les choses!

Bonne période de cocooning à tous et à toutes!

Cocooning

Se blottir, s’installer confortablement pour se prélasser, se ressourcer, trouver un bien-être chez soi, oser se faire plaisir, prendre soin de soi et s’accorder des petits moments de tranquillité : c’est ça, le cocooning.

Quoi lire?
« Le moine et le philo­sophe », Matthieu Ricard et Jean-François Revel, Éditions Pocket, 1999, 410 pages (ISBN 978-2-266-07990-7)

Matthieu Ricard est un moine bouddhiste d’origine française. Il est l’interprète du 14e dalaï-lama pour le français. Son père, Jean-François Revel, est un philosophe agnostique. Ce livre relate des entretiens qui ont eu lieu au Népal en 1996 entre le père et le fils sur différents sujets.

Ces entretiens abordent des questions très intéressantes. Par exemple, le bouddhisme est-il une religion ou plutôt une philosophie? Je cite Matthieu Ricard : « […] le bouddhisme est une tradition métaphysique dont émane une sagesse applicable à tous les instants de l’existence et dans toutes les circonstances ». Il ajoute que le bouddhisme n’est pas un dogme, car on doit sans cesse exa­miner ses enseignements et les méditer, non pas les accepter simplement.

Une phrase du livre a particulièrement sollicité mon attention : « Le bouddhisme analyse et démonte les mécanismes du bonheur et de la souffrance ». C’est peut-être la raison qui fait que tant de gens s’intéressent aujourd’hui au bouddhisme et à ses enseignements. Quand on pense au bouddhisme, on pense immédiatement à la compassion dont le livre définit le concept comme suit : « La compassion, selon le bouddhisme, est le désir de remédier à toute forme de souffrance et surtout à ses causes — l’ignorance, la haine, la convoitise, etc. ».

En conclusion, les entretiens sont très enrichissants et portent à réfléchir. On y aborde entre autres la peine de mort du point de vue des enseignements bouddhistes et, bien sûr, la non-violence. Une lecture que je recommande fortement.

Quoi regarder?
« La Roue du temps », documentaire réalisé par Werner Herzog (2003), 80 min. (ASIN : B000AQ68Y6)

Le film documente deux initiations au Kalachakra en 2002; « Kalachakra » est un terme de la langue sanskrite qui signifie « roue du temps ». C’est une initiation publique annuelle de moines bouddhistes tibétains présidée par le dalaï-lama. La première initiation dans le documentaire eut lieu en mai 2002, à Bodhgaya, en Inde, et fut interrompue en raison de la maladie du dalaï-lama. La seconde eut lieu la même année à Graz, en Autriche.

Le documentaire débute en Inde, sur le site où Siddharta a atteint l’illumination et est devenu le Bouddha. Ce site est donc l’un des lieux saints du bouddhisme. Une partie de ce premier volet du documentaire est aussi consacrée au pèlerinage au mont Kailash, montagne sacrée du bouddhisme tibétain et de l’hindouisme.

Le documentaire nous fait voir le rituel de la confection du mandala de sable (fait de grains de sable de toutes les couleurs) ainsi que l’organisation de l’événement comme tel (prières, méditations, repas, moyens de se rendre au site).

La deuxième partie du film est consacrée au Kalachakra, à Graz (Autriche), sous la présidence du 14e dalaï-lama.

Le réalisateur inclut un entretien avec le dalaï-lama, ainsi qu’avec l’ancien prisonnier politique tibétain Takna Jigme Sangpo, détenu plusieurs années dans une prison au Tibet pour son soutien au Mouvement d’indépendance tibétain (l’interprète lors de cet entretien était Matthieu Ricard). Un documentaire fascinant.

Quoi écouter?
« Beyond Borders », Levon Minassian, Éditions Long Distance (ASIN: B00004VC7G)

Avant même de savoir ce qu’était un doudouk, j’avais été séduit par le son de cet instrument dans les films  « La dernière tentation du Christ »,  de Martin Scorsese, et « Gladiateur », de Ridley Scott.

Le doudouk est un instrument d’origine arménienne qui rappelle le hautbois. Beaucoup disent que la musique du doudouk est le son de l’âme de l’Arménie. Mélancolique et triste, cette musique est pleine de sensualité. De plus, elle est propice à la méditation et provoque un sentiment de paix.

Levon Minassian est un maître du doudouk. Quand on l’écoute jouer de cet instrument, on ne peut faire autrement que d’être envoûté. Cette musique est très douce et fait remonter toutes les gammes d’émotions. Je recommande fortement l’écoute de ce disque.

Cocooning

Se blottir, s’installer confortablement pour se prélasser, se ressourcer, trouver un bien-être chez soi, oser se faire plaisir, prendre soin de soi et s’accorder des petits moments de tranquillité : c’est ça, le cocooning. Voici les suggestions de Luc Labelle.

Quoi lire?
« L’enfant cheval : la quête d’un père aux confins du monde pour guérir son fils autiste », Rupert Isaacson, Éditions Albin Michel, 2009, 397 pages

Rowan a environ cinq ans lorsque le verdict tombe : il est autiste. Ses parents s’aperçoivent assez vite que le comportement de leur fils s’améliore au contact des animaux, surtout les chevaux. Le couple a beaucoup voyagé. Le père a contribué à l’écriture de plusieurs guides touristiques. Étant donné l’affinité que Rowan semble avoir avec les chevaux, ils décident de faire un périple en Mongolie, contrée de chevaux et du chamanisme.

L’histoire devient alors une quête initiatique en Mongolie, dans le but non pas de guérir l’autisme de Rowan, mais plutôt de l’apprivoiser et d’apprendre à vivre avec cette réalité. Le livre allie assez bien la réalité parfois dure de l’autisme au plaisir des découvertes faites lors d’un tel voyage hors des sentiers battus. Les cérémonies chamaniques auxquelles participe Rowan à l’égard de ses troubles autistiques permettent aussi maintes réflexions sur cette pratique encore largement méconnue.

Le père de Rowan résume bien l’autisme de son fils : « Si on utilise la force, on perd le lien, si on lui fait peur, il retourne à l’intérieur de lui-même comme un lapin se réfugie dans son terrier. Il faut trouver d’autres moyens pour communiquer, inventer sans cesse. La qualité de la relation s’en ressent. Je dis souvent que Rowan est mon professeur de vie. Il me demande de l’accepter tel qu’il est, il me fait grandir. »

Dans le livre, on explique que l’animal joue auprès de l’autiste un rôle protecteur. Il devient le lien « miraculeux » par lequel le patient reprend contact avec le monde extérieur. L’enfant cheval nous permet de mieux comprendre l’autisme, d’en saisir la complexité et de constater le lien véritable que peuvent entretenir les autistes avec les animaux. On peut également le constater avec l’histoire inspirante de Temple Grandin.

Quoi écouter?
Memorial, Michael Nyman, Bande originale du film « Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant », Éditions Caroline

Le Memorial de Michael Nyman s’inspire d’une marche funèbre d’Henry Purcell (musicien et compositeur anglais du XVIIe siècle) : What Power Art Thou? La pièce de Michael Nyman consiste en une phrase musicale qui est répétée continuellement, avec des instruments qui s’y ajoutent, qui se taisent et qui reprennent. C’est un crescendo envoûtant qui crée une certaine tension, une musique qui appuie avec brio la scène finale du film « Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant ».

Bien que s’adressant à un public averti, ce film est un des chefs-d’œuvre de Peter Greenaway et une grande réussite musicale de Michael Nyman, collaborateur habituel des films de ce cinéaste.

Par moments, Memorial nous rappelle même certaines des meilleures compositions musicales qu’Ennio Morricone a écrites pour les films de Sergio Leone.

Cette marche funèbre de douze minu­tes culmine avec l’ajout d’une voix de soprano presque stridente. Ces lamentations s’ajoutent à une musique déjà empreinte de tension qui captivera l’auditeur jusqu’à la note finale.

Quoi regarder?
« Temple Grandin », film réalisé par Mick Jackson (2010), avec Claire Danes (109 min.)

Histoire vraie de Temple Grandin, professeure universitaire de sciences animales au Colorado et propriétaire d’une entreprise de conseil sur les conditions d’élevage des animaux, dont l’autisme a été diagnostiqué lorsqu’elle était âgée de 4 ans. Grâce à la ténacité de sa mère, qui lui a appris à écrire, à lire, à compter et à parler, elle a pu faire son chemin dans un domaine qui lui a toujours tenu à cœur : les conditions d’élevage des animaux, particulièrement les méthodes d’abattage et de désinfection des bovins.

Elle a conçu des appareils menant les animaux à l’abattoir ou à la désinfection qui réduisent de façon significative le stress et la peur qu’éprouvent les bêtes lors du processus. Ces appareils sont aujourd’hui utilisés dans plus de 80 % des abattoirs américains.

Le film se regarde aisément et il est sans longueurs, tellement les performances de Claire Danes, dans le rôle-titre, et de Julia Ormond, dans celui de la mère, sont extraordinaires. Tout le long du film, on ne peut qu’être fasciné par le parcours hors du commun de cette personne audacieuse et tenace. Un autre exemple de ce que l’humain est capable malgré les difficultés qu’il doit souvent surmonter.

Cocooning

Merci à Luc Labelle

Se blottir, s’installer confortablement pour se prélasser, se ressourcer, trouver un bien-être chez soi, oser se faire plaisir, prendre soin de soi et s’accorder des petits moments de tranquillité : c’est ça, le cocooning. Pour vous y encourager, voici mes suggestions …

Quoi lire?
Immortelle Randonnée : Compostelle malgré moi,
Jean-Christophe Ruffin, Éditions Guérin, 350 pages

Jean- Christophe Ruffin est ­médecin, pionnier du mouvement humanitaire, a été ambassadeur de France au Sénégal de 2007 à 2010 et est l’auteur de romans, dont « Rouge Brésil », prix Goncourt 2001. Il est également membre de l’Académie française depuis 2008.

L’auteur a parcouru à pied, sur plus de 800 km, le « Chemin du Nord » jus­qu’à Saint-Jacques-de-Compostelle­ (Espagne). Il écrit : « En même temps­ que j’en mesurais l’inconfort et que je pressentais les souffrances [que le Chemin] me ferait endurer, j’éprouvais le bonheur de ce dépouillement. Je comprenais combien il était utile de tout perdre, pour retrouver l’essentiel. »

L’auteur mentionne qu’il y a, pendant la marche, « ces instants de pure extase pendant lesquels l’espace d’un simple chant, d’une rencontre, d’une prière, le corps se tend, tombe en morceaux et libère une âme que l’on croyait avoir perdue ».

À la lecture de ce livre, on peut aisément conclure que, quelle que soit la raison pour laquelle on entreprend ce Chemin, on sort toujours de cette expérience enrichi au contact des marcheurs de tout âge et de tout horizon, ainsi que des moments de solitude. Une lecture pour le moins passionnante.

Quoi écouter?
Requiem, Wolfgang Amadeus Mozart, Herbert Von Karajan, Éditions DG (419 867-2)

Le Requiem de­ Mozart a toujours été l’œuvre musi­cale classique que je préfère. S’il est une musique dont on peut dire qu’elle est d’inspiration divine, c’est bien ce Requiem. Il est vrai que j’aime aussi particulièrement le deuxième mouvement du Concerto pour piano no 23­ de Mozart (ma version préférée est celle du pianiste Rudolf Serkin sous la direction du chef Claudio Abbado de l’Orchestre symphonique de Londres), qui fait remonter des émotions au bord de l’insupportable tellement c’est magnifique. Mais son Requiem remporte la palme pour moi.

La charge émotionnelle de cette œuvre est presque douloureuse, tellement elle est pure et vraie. Je pense surtout aux 7e  (« Confutatis ») et 8e (« Lacrimosa ») mouvements.

Du côté de l’art lyrique, j’aurais pu mentionner certaines arias de Maria­ Callas (La Wally) qui mettent en premier plan cette voix « divine ». Du côté de la musique de films, le Mémorial de Michael Nyman (du film Le Cuisinier, le Voleur, sa Femme et son Amant) ou encore la trame musicale du film Qui a peur de Virginia Woolf? (film de 1966 de Mike Nichols, musique d’Alex North).

Quoi regarder?
The Way, La route ensemble, film réalisé par Emilio Estevez en 2010, avec Martin Sheen (121 min.)

Un jeune américain meurt sur le Chemin de Compostelle. Son père, en allant chercher les cendres de son fils, décide de partir sur le Chemin et de le terminer, au nom de son fils. À diffé­rentes étapes, il sème au vent un peu des cendres de son fils. Il va même jusqu’à inscrire le nom de son fils sur la credencial, document obligatoire pour accéder aux refuges pour pèlerins sur lequel sont apposés les tampons que l’on reçoit à chaque étape du Chemin. Arrivé à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne), il faut présenter ce document dûment tamponné pour obtenir  le certificat de pèlerinage.

Une des meilleures performances de Martin Sheen, le père du réalisateur Emilio Estevez. Un Martin Sheen qui joue ce rôle de façon très introspective. Le père part sur le Chemin en hommage à son fils, mais fait des rencontres qui le marqueront pour la vie. Au départ, le père est très fuyant, ne voulant pas vraiment parler à qui que ce soit sur le Chemin. Avec le temps, il apprend à « marcher ensemble », si l’on peut dire. C’est aussi l’histoire d’un père qui n’a jamais compris son fils et qui, enfin, apprend à le comprendre à titre posthume. Un beau film.

Cocooning

Se blottir, s’installer confortablement pour se prélasser, se ressourcer, trouver un bien-être chez-soi, oser se faire plaisir, prendre soin de soi et s’accorder des petits moments de tranquillité : c’est ça le cocooning. Pour vous y encourager, voici mes suggestions …
Merci à Karine Maisonneuve

Quoi regarder?
To the Wonder (À la merveille), film réalisé par Terrence Malick, 2012

De la minute où vous visionnerez la bande-annonce sur YouTube, vous serez interpellé par l’histoire de Neil (Ben Affleck), un Américain, déchiré entre Marina (Olga Kurylenko), une Européenne rencontrée à Paris, et Jane (Rachel McAdams), une ancienne flamme ressurgissant du passé. À cette quête universelle se greffe celle du père Quintana (Xavier Bardem) qui remet sa foi en question. Malgré ses écueils, l’amour transcende notre existence et nous invite à renaître : « Vous craignez que votre amour soit mort? Il attend peut-être de devenir quelque chose de plus grand. » Ce film frappe non seulement par la beauté de ses images, mais aussi par le lyrisme de son réalisateur qui a fait ses preuves avec, entre autres, The Thin Red Line (La ligne rouge) et The Tree of Life (L’Arbre de Vie). En dépit d’un rythme lent et d’une intrigue fragmentée, il vous transportera, tel un flashback, dans le vécu de l’auteur qui a marié son amour de jeunesse après avoir vécu une dizaine d’années en France avec sa deuxième épouse. (The secret life of Terrence Malick, Luke Blackall, The Independent, 24 mai 2011, et IMDb)

Quoi lire?
Anna GAVALDA, Ensemble c’est tout, roman, éditions J’ai lu, 573 pages

« Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences [….] » Même si elle date de quelques années, cette œuvre me touche autant qu’à la première lecture et figure parmi mes indétrônables coups de cœur. Je ne suis pas la seule à le penser, compte tenu de son immense succès et de l’adaptation cinématographique de Claude Berri qui ne rendait toutefois pas justice à l’œuvre. Ce livre se déguste comme de la tarte aux pommes. Vous vous attacherez vite à Camille, cette jeune fille fragilisée, qui fait la rencontre de Franck, Philibert et Paulette, tous aussi éclopés qu’elle. Avec eux, vous passerez du rire aux larmes tout en auscultant vos propres failles. Ne vous laissez surtout pas rebuter par le nombre de pages; les dialogues sont savoureux, et la fin… irrésis­tible. Une fois entamé, impossible d’arrêter. Vous serez même triste de les laisser aller. (AlloCiné France)

Quoi écouter?
Max RICHTER – Memoryhouse, CD, Late Junction, 2002 – Réédité par FatCat Records, 2009

J’ai découvert ce compositeur germano-britannique par l’ensorcelante pièce instrumentale November, qui se trouve sur la trame sonore du film To the Wonder (tiens, tiens!). Dès ses débuts, en 2002, ce pianiste formé à la Royal Academy Of Music de Londres et ancien étudiant du chef de file en électroacoustique Luciano Berio se distinguait par son sens de la mélodie et l’univers insolite qu’il créait en fusionnant piano, cordes (principalement le violon) et enre­gistrements ambiants. Sa musique, que certains considèrent comme étant « la face de Dieu en soi » ou « la trame sonore de notre incons­cient », envoûte. Pour en écouter quelques extraits, rendez-vous sur le site de BBC Music (UK). Que ce soit par The Twins ou la crépusculaire Embers, cet album vous hantera comme son créateur, qui, à l’instar d’un « […] collectionneur de papillons […], cherche des sons et les capture. » (Max Richter interview by Eve Klein and Oliver Laing, Cyclic Defrost, 3 mars 2007, et Max Richter Retrospective, Sam Cleeve, Drowned in Sound, 20 juin 2014).