Le bonheur en équilibre

Je travaille avec l’ennéagramme depuis 15 ans déjà et je demeure fasciné par la sagesse et la pertinence de cette théorie de la personnalité. Au-delà de l’identification des neuf types de personnalités dominantes, reposant sur leurs motivations profondes inconscientes, et de toutes les variations possibles en fonction de chaque individu, de ses forces et faiblesses et de son potentiel en tant qu’être humain, c’est la notion de bonheur et d’équilibre qui retient le plus mon attention.

L’ennéagramme part en effet du principe qu’il existe trois types d’intelligence : l’intelligence du cœur (celle des émotions), de la tête (celle de la pensée rationnelle) et du corps (celle de l’action). Et le bonheur passe par l’équilibre entre l’expression de ces trois centres. Un équilibre sans cesse à refaire, car la donne change continuellement.

Et comme chaque individu a un centre d’intelligence dominant, un centre de soutien et un centre réprimé, vivre en équilibre exige une bonne dose de connaissance de soi et de discernement… et un travail personnel constant.

Une personne, par exemple, où domine l’intelligence du cœur, aura tendance à mettre ses idées au service de ses émotions (pour tenter de leur donner un sens). C’est dans ce contexte que le centre dominant (cœur) s’allie son centre de soutien (tête). L’inconvénient, c’est que la tête est souvent bien mal placée pour informer le cœur. La tête devrait plutôt servir à avoir une pensée rationnelle lorsque le cœur est submergé par les émotions. De plus, le troisième centre (celui de l’action), étant réprimé, il est très difficile pour cette personne de poser les gestes appropriés. Pour atteindre l’équilibre, et donc aspirer au bonheur, cette personne doit reconnaître authentiquement ses émotions, parvenir à analyser rationnellement la situation et poser les actions qui s’imposent.

La dynamique des autres types est différente, mais le concept demeure le même. Il faut parvenir à réaliser l’équilibre entre les trois centres pour exprimer toute sa plénitude en tant qu’être humain, c’est-à-dire être à l’écoute de ses véritables émotions et de celles des autres, avoir une pensée rationnelle et objective et poser à chaque instant le geste approprié.

Les croyances

J’y crois, J’y crois pas, les deux sont des croyances!

Une croyance est une cristallisation d’énergie. Imagez l’eau qui devient glace… telles sont nos croyances. Elles ralentissent, stagnent ou emprisonnent notre énergie vitale!

Elles se logent dans notre corps mental. Elles proviennent des expériences de nos vies antérieures, du moment de la conception, de la naissance, des conditionnements religieux, politiques, sociaux, familiaux et personnels. Elles maintiennent des blocages qui empêchent la circulation de la fluidité de notre âme, à se vivre, dans sa manifestation divine à travers les événements, les gens, bref, les expériences que nous avons choisies d’expérimenter. Elles peuvent nous distancer complètement de notre âme en nous déroutant de nos désirs, nos besoins, nos rêves les plus profonds. Ceux-là même qui étaient nécessaires à notre réalisation au quotidien!

Le monde des croyances est un univers en soi. Elles sont une édification de notre mental. Elles ont bâti notre identité. Elles ont créé une partie de notre personnalité. Elles sont directement reliées à l’ego. Le jeu du mental est fort puissant! Nos croyances bonnes ou mauvaises, selon l’évaluation de l’ego, sont limitatives pour nous.

Nos croyances sont des formes-pensées qui, répétées à l’intérieur de nous-mêmes, agissent comme un effet hypnotique et s’inscrivent dans notre cerveau. Nous sommes programmés et c’est cette programmation qui dirige une grande partie de notre vie. Notre ego aime juger selon ses propres systèmes de croyances. Elles amènent automatiquement un jugement sur nous et les autres.

Les croyances ont déclenché des guerres de religion; mon Dieu est le vrai Dieu. Des guerres entre les pays; nous sommes plus avancés que vous, donc nous allons prendre possession de votre pays pour vous éduquer, ou encore, notre race est supérieure à la vôtre. Ici, en Amérique du Nord, un des critères de beauté est la minceur! (croyance) Par contre, dans d’autres pays, si la femme est grasse, elle représente l’abondance. (croyance)

Dans notre inconscient collectif québécois, quand tu es né pour un petit pain, tu n’es pas né pour un gros pain. (croyance) N’allez surtout pas vous acheter un billet à la loterie si vous y croyez!

Dans notre société, celui ou celle qui exprime sa colère est un être méchant. (croyance) Vous allez prendre grand soin de cacher la vôtre! Vous allez juger et quelquefois condamner celui ou celle qui l’exprime.

Sur le plan personnel, comment vous nourrissez-vous? Comment s’exprime votre juge intérieur? Je ne suis pas digne, je ne suis pas à la hauteur, je ne suis pas capable, je ne suis pas important, je ne le mérite pas, je ne suis pas intelligent, etc. (croyance)

Aussitôt que votre forme-pensée arrive, vous remarquerez qu’elle est immédiatement accompagnée d’une émotion. La colère, la tristesse, ou la déception s’ensuit et vous vous repliez sur vous-même. Vous venez de bloquer instantanément l’élan de votre énergie vitale au lieu de vous laisser porter par la fluidité de votre âme dans le désir ou l’action que vous vouliez vous manifester! Vous avez augmenté la charge énergétique qui vous habitait déjà! Prenez conscience que vous vous laissez mener par le bout du nez! Par votre propre intérieur!

Quelles sont les croyances que vous véhiculez à l’intérieur et à l’extérieur de vous sur Dieu, l’amour, le couple, le parent, l’enfant, le professionnel que vous êtes, votre personnalité, votre âme, la vie, les gouvernements, les institutions, l’argent, le pauvre, le riche, la liste est sans fin!

Une croyance dite positive peut être néfaste également. Ainsi, si vous croyez qu’il faut toujours être gentil pour être aimé, vous vous limitez dans votre expression, n’est-ce pas? Il y a beaucoup d’interdits! Vous accumulez de la colère, du ressentiment, de la haine parfois. Vous avez de la difficulté à accueillir ces émotions, à les reconnaître en vous, car vous les juger mauvaises! Par contre, tout votre non-verbal et votre aura le disent! Cette énergie-là demeure à l’intérieur de vous, elle est votre processus et se sont vos cellules qui l’absorbent!

Il se peut qu’en lisant, votre ego réagisse par peur de perdre. Votre personnalité peut paniquer car elle agit, ressent, touche, parle en fonction des références prises dans vos systèmes de croyances Vous pouvez croire que vous n’existez plus! Illusion!

Vous ne perdez pas votre personnalité! Vous la rendez transparente à votre âme. Vous ne perdez pas votre identité! Vous allez retrouver celle de votre âme. Vous ne perdez pas votre ego! Car vous en avez besoin pour fonctionner. Il fait partie de l’attraction terrestre. Il est divin lui aussi. Il sera au service de votre lumière! Les formes-pensées sont la nourriture de votre esprit! Vous êtes ce que vous pensez!

Attention à l’attachement! En découvrant vos croyances, vous allez constater que nous sommes fort attachés à nos formes-pensées. Nous, les humains, nous aimons beaucoup posséder, retenir.

Une croyance est une sécurité à l’intérieur de nous-mêmes. Si vous choisissez de la laisser aller en la remplaçant par une autre croyance que vous jugez positive, vous créerez une autre charge énergétique. Très souvent, on éprouve de la tristesse, de la colère ou de l’abandon en se séparant d’elles.

Nous sommes divins! Serait-il possible d’être, en toute simplicité! La vie n’est ni difficile ni facile, elle est! Écoutez la voix de votre cœur qui est aussi intelligent que votre tête. Nous pouvons désamorcer ces charges énergétiques, nous avons ce pouvoir, par l’amour et l’essence qui nous habitent.

Méditez-vous? Par la méditation, vous pouvez amener les croyances que vous ne désirez plus à se fondre dans votre feu sacré à l’intérieur de vous-même. Vous pouvez les écrire et en rire, car le rire décristallise, guérit! Devenez le maître de votre existence! Ce que vous recevrez en échange est la sérénité! La fusion de votre personnalité à votre âme! L’augmentation de l’amour inconditionnel en vous! Libérez votre énergie vitale! C’est possible! Le choix vous appartient…

Aujourd’hui pour toujours

Je l’avoue, je suis jaloux. On entend parler que des personnes super intelligentes vivent le Samadhi à longueur de journées.

Eckart Tolle et Jill Bolte Taylor la chirurgienne du cerveau sont les deux qui me viennent en tête. Comme si l’illumination appartenait aux plus doués, que nous, les simples citoyens n’avons pas accès à l’utopie ultime qu’est l’« éveil ». Que devons-nous faire pour parvenir à la béatitude?

Puis, on dirait que ce sont toujours les autres qui sont « heureux »! « Qu’elle a l’air bien dans sa peau. Ça se voit qu’elle est en santé, elle rayonne, elle est présente, elle dégage. Elle a du charisme quoi! » Argh… La science ne sait pas encore comment le bonheur fonctionne chez-nous les homos sapiens. Comme dit le psychologue Jean Garneau : « Nous cherchons tous à être heureux, pourtant nous atteignons rarement le bonheur.». (http://www.redpsy.com/infopsy/bonheur.html)

Certains essaient de comprendre nos états de consciences supérieurs, l’existence de l’âme, le cerveau dit mystique! Je pense ici au docteur Mario Beauregard de l’Université de Montréal. (http://www.iforum.umontreal.ca/Forum/2006-2007/20060828/R_3.html). D’autres nous disent que nous sommes à l’ère du verseau, que l’an 2012 approche à grands pas et que nous vivrons tous la conscience cosmique… bientôt! Chose certaine, l’intérêt de comprendre l’humain dans sa totalité, de cerner la vérité sur qui nous sommes devient une quête de plus en plus ardente. Où se trouve donc la lumière au bout du tunnel? Comment être bien dans sa peau, se libérer des émotions qui nous empêchent d’être authentique et de ne pas vivre ces fichus de résistances corporelles?

On ne peut pas affirmer que si on pratique la méditation, on obtient l’« éveil ». On ne peut pas affirmer que si on se comporte bien avec les autres, qu’on obéit aux lois de la vie et des hommes, qu’on sera récompensé par un bien être auquel nul autre ne peut accéder. Il n’y a rien de garanti dans cette quête. Que faire, ou ne « pas faire »? Nous nous retrouvons devant plusieurs pratiques, plusieurs lignes de pensées, courants de philosophie, méthodes et techniques d’amélioration de la condition humaine qui fait que nous ne pouvons pas affirmer qu’une méthode est meilleure qu’une autre. Pour atteindre la paix intérieure menant à la « clarté » faut-il dénigrer le chemin de notre voisin? Cette idée va à l’encontre du but recherché. Ce serait comme dire que lorsque le Dalaï Lama passera de l’autre côté, son remplaçant sera cherché, voir trouvé au Tibet même! (ses propres paroles dans « Ce qu’il reste de nous ») (http://www.onf.ca/webextension/cequilrestedenous/)

Tous sont d’accord (et moi aussi) que peu importe l’âge, le sexe, la religion ou la couleur de peau, pour être bien, pour vivre l’utopie de l’utopie, nous devons être responsable et attentif à nos pensées. Les neurones du bonheur ne résident pas dans les Kamasutra du sage Vatsyayana (5e siècle av. J.-C.). (http://fr.wikipedia.org/wiki/Vatsyayana)

Et pas besoin de forcer pour atteindre la béatitude. Tout vient instinctivement, normalement, sans forcer.

Puis il y a la responsabilité d’être intègre. Car ce qui est le plus important, c’est ce qu’on pense des autres et non ce que les autres pensent de nous. Enfin, l’aspect de la reconnaissance compte beaucoup pour établir un bonheur durable, un bonheur reposant, rafraîchissant et plein de petits instants merveilleux.

Shakespeare n’a pas été le premier à s’interroger sur cette question de l’être. Socrate fut reconnu comme le philosophe des philosophes parce qu’il a admis que la seule chose qu’il savait, c’est qu’il ne savait rien! Hors, avons-nous besoin absolument de comprendre comment l’électricité fonctionne pour utiliser l’éclairage de notre demeure? De savoir qu’on est bien, qu’on est intègre suffit pour « ÊTRE »? Les autres autour de nous comptent pour beaucoup. Soyons reconnaissants et cessons d’être jaloux, ce sera ça d’acquis.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a4/Socrates_Louvre.jpg/450px-Socrates_Louvre.jpg

Les émotions, ces mal-aimées!

« Je suis trop sensible …» « Tu es trop émotif …» Sur quoi se base-t-on pour évaluer que quelqu’un est trop sensible?

D’abord, à quoi servent les émotions? Question relativement simple, mais plusieurs restent perplexes quand on la pose. Les émotions, c’est le chemin que prend mon organisme, mon âme, mon sage intérieur, la partie divine en moi… pour me communiquer un message sur mes limites ou mes besoins psychologiques. Si je suis fière ou contente, cela me parle d’une limite respectée ou d’un besoin comblé, généralement parce que j’ai posé une action en ce sens. Si je suis triste ou en colère, cela me parle d’un besoin en manque, d’une limite dépassée. De plus, l’intensité de l’émotion me parle de l’importance du besoin à ce moment-là.

Alors, est-ce que je suis trop triste? Non! Ma tristesse me parle d’un besoin en manque. Quel est-il? C’est en me permettant de vivre cette tristesse, comme tout autre émotion, dans toute son intensité que la réponse m’apparaîtra. Il est probable que ce soit en lien avec un des trois grands groupes de besoins vitaux : l’affection, l’affirmation et la réalisation de soi? Plus je me permettrai de vivre mes émotions, plus je répondrai aux besoins et respecterai les limites qu’elles m’indiquent, plus je me sentirai vivante.

Et ma colère, est-ce que cela signifie que je dois la crier à l’autre? Bien sûr que non! Vivre complètement mon émotion ne signifie pas la jeter sur l’autre. Il est préférable de se retirer en soi, ou dans un autre lieu pour la sentir complètement, saisir le message, puis poser l’action pour prendre soin de moi, ce qui pourrait être : m’affirmer sainement auprès de la personne concernée.

Qu’est-ce que s’affirmer sainement? Pour que mon affirmation soit saine, je dois m’affirmer de façon personnelle, responsable et respectueuse. Reprenons chacun de ces éléments. M’affirmer signifie oser me montrer et nommer mes émotions, mes goûts, mes opinions, mes valeurs, mes besoins, mes limites et mes aspirations. Lorsque je parle de façon personnelle : je parle de moi au « je », sans me cacher. De façon responsable : en affrontant la réaction de l’autre à ce que je suis, ce que je dis ou fais; sans me sauver ou chercher à éviter les conséquences. Et enfin, de façon respectueuse : en acceptant que l’autre soit ce qu’il est, même s’il est différent de moi, sans le juger ou l’attaquer.

C’est un chemin efficace permettant d’oser être soi socialement.

Ma voix intérieure

Les traditions de tout temps se sont servies de la musique et du chant, pour prier et se relier.

Malheureusement, en Occident, il est de plus en plus rare que l’on se serve de la voix pour prier.

La musique est devenue un outil de vente. Elle est utilisée partout sans même que l’on n’en soit conscient. Films, radio, publicités, propagande, etc. en sont remplis et nous influencent bien souvent à notre insu.

De plus, notre capacité d’écoute est très limitée et il ne nous faut que quelques secondes pour juger de ce que nous recevons avant de changer de canal.

Savons-nous écouter?
En fait, nous n’écoutons vraiment que rarement. Nous ne tendons l’oreille que de temps en temps, lorsque nous le sommes trop, nous nous bouchons les oreilles pour ne pas entendre. Combien de fois ai-je dit ou entendu dire « Tu ne m’écoutes pas! ». Ne pas être entendu est ainsi une de nos grandes blessures.

Et parmi les voix qui crient pour être entendues, il y a celle de notre enfant blessé qui cherche un chemin pour s’exprimer. Dans ce tumulte extérieur et intérieur, comment faire pour retrouver sa route vers une plus grande écoute de soi et de l’autre et une plus grande sérénité?

J’ai hurlé puis chanté pour qu’on m’entende.

Toute jeune déjà, j’ai cherché de toutes mes forces à être écoutée et entendue, vraiment, pour trouver la paix intérieure.

C’est ainsi que je me suis mise à chanter. J’avais une jolie voix et une grande sensibilité et c’était là un outil plus acceptable que de crier pour me faire entendre. Ce qui d’ailleurs était inefficace.

À vingt ans, étudiante en chant dans un conservatoire de musique, j’appris donc à chanter d’abord pour plaire et pour m’exprimer.

Malheureusement, ce que je voulais vraiment dire tels mes anxiétés face à l’avenir, mes besoins, mes appels à l’aide n’étaient toujours pas entendus. Mes émotions se transformaient en gros nœud dans ma gorge. Je ne parvenais plus à chanter et cela augmentait mon anxiété.

Le chant, outil de guérison
J’eus cependant l’intuition que je pouvais me servir du pouvoir vibratoire du chant pour libérer mes émotions. Et c’est ainsi qu’au lieu d’être au service de la musique et de chercher à faire des sons parfaits, j’appris à m’en servir comme outil de guérison. Le son est devenu un baume rempli d’amour m’enveloppant de sa douce chaleur.

J’en découvris les bienfaits, non seulement sur le corps, mais aussi sur l’esprit.

Tendre une oreille tendre pour s’entendre.

Aujourd’hui, je suis persuadée que d’avoir appris à chanter, m’a également appris à écouter.

Le chant me permet dans un premier temps de tendre l’oreille vers moi, de laisser sortir, d’évacuer le trop-plein et tant pis si cela me fait pleurer, je suis assez grande et aimante envers moi pour accueillir ce qui remonte. Quelle libération!

Mais c’est aussi une manière de méditer. Par le chant, je calme mon esprit, je respire, je me laisse habiter par le son comme un temple qui résonne de l’intérieur.

D’une certaine façon, j’occupe mon mental à autre chose que les petits tracas quotidiens et j’entre dans une forme de transe apaisante.

C’est ainsi que tout en chantant, je fais paradoxalement silence et j’ouvre la porte à d’autres voix plus centrées, plus justes.

Écouter le silence
En fait, je crois qu’il existe un son primordial à l’origine de tous les sons. Un son qui contient toute la gamme des émotions, toutes les notes de musique, tous les sons contenus dans le monde audible et inaudible. En faisant silence, je peux l’entendre. Il est subtil et rejoint la vibration de l’essence de l’univers.

C’est ainsi que lorsque je chante, je peux, si je suis attentive, percevoir que chaque son possède un centre énergétique auquel je peux me connecter pour rejoindre l’infini.

Il n’est pas nécessaire pour cela de me mettre absolument en position de lotus et de fermer les yeux. Non pas que ce ne soit pas bon, mais ce n’est pas indispensable.

Ainsi, n’importe quelle chanson qui me rejoint peut faire l’affaire, du moment que je me mets dans une attitude d’écoute sans jugement. J’ouvre mon cœur et mes oreilles et je laisse la musique faire son œuvre en moi et me guider.

Je crois que c’est cette pratique qui m’a permis d’être aujourd’hui une personne qui écoute son intuition et qui sait dialoguer avec sa voix intérieure. Le chant m’apprit à ouvrir mes oreilles et à percevoir les subtilités des informations que mon corps m’envoie sous forme de sensations.

Et si d’aventure le doute s’installe et le brouhaha reprend toute la place, je m’applique à me recentrer, soit en chantant, soit en respirant toujours en recherchant ce lien avec le son primordial pour retrouver le contact avec ma voix intérieure.

Partager avec d’autres cette voie royale vers soi
Enseignant le chant depuis bientôt vingt ans, mon conjoint et moi avons compris à quel point cette approche douce et aimante basée sur la personne a pu permettre à de nombreux élèves d’être plus à l’écoute d’eux-mêmes, de devenir davantage centrés dans leur cœur, de redonner sens à leur vie et de s’épanouir par la musique.

Un rendez-vous avec moi

Comment décrire le journal créatif? C’est tant de choses en même temps, c’est un cahier, un journal dans lequel j’écris tout ce qui me passe par la tête, un journal qui me permet de déverser mes humeurs, mes émotions, mes pensées, mes non-dits ou « non disables », un endroit où je consigne tous ces instants que je ne veux pas oublier, mes petits et grands bonheurs, mes doutes et mes espoirs, mes petites et grandes aventures, mes bons coups et les moins bons.

C’est aussi un rendez-vous avec moi-même pour m’amuser, créer, me retrouver, un rendez-vous avec mon âme d’enfant qui gribouille, joue avec les couleurs, les mots, les images, les matières.

Dans le journal créatif, on peut faire vraiment tout ce qu’on veut. Écrire à ce parent, tant haï ou tant aimé, toutes les choses qu’on ne lui a jamais dites. On peut même écrire sa réponse, on peut aussi dialoguer avec son ange gardien, avec notre petite fille intérieure, dessiner une douleur, un blocage, une colère, en faire un zoom pour mieux le comprendre, décoder un rêve, faire un diagramme en bulles pour chercher un titre de blogue, faire la liste de toutes nos qualités ou de tout autre chose, un mandala pour relaxer, un collage pour matérialiser nos désirs! Et tout ce que notre imagination peut créer!

L’imagination, parlons-en! On peut écrire des poèmes, des haïkus, des histoires drôles ou pas, des contes dans lesquels nous sommes les héros, rois, princesses et où la personne ou l’objet de notre difficulté devient la sorcière ou le dragon que nous combattons et où la fin de l’histoire (heureuse bien entendu) nous apporte des idées, voire des solutions inattendues à nos problèmes.

Écrire quelques pages dans mon journal est devenu pour moi une routine, voire presque une drogue. Eh oui! Je suis accro au journal créatif! Je l’avoue. Il me fait tellement de bien; cela fait maintenant presque 2 ans que je l’utilise quasi quotidiennement.

Pourquoi? Qu’est-ce qu’il m’a apporté?

De la liberté, de la paix, de l’espace… dans ma vie, dans mon esprit, dans mon cœur!

Il m’a ramenée vers moi-même, il m’a permis de me retrouver, de retrouver la liberté d’être qui je suis. Et ce qui est le plus surprenant, c’est qu’il a fait cela presque à mon insu, sans que je m’en aperçoive vraiment, petit à petit, jour après jour.

Bien sûr, cela fait presque 20 ans que je suis en « cheminement » comme l’on dit, que je suis des ateliers, des formations en croissance personnelle et que j’avale des livres comme d’autres des pilules. Et c’est comme si le journal créatif m’avait permis de rassembler tout cela, d’intégrer tout cela.

Il m’apporte, en plus de la dimension « développement personnel », cette dimension du jeu et de la créativité qui sont, en fait, les deux activités principales de l’enfance. Ceci me fait beaucoup de bien, et je réalise de plus en plus que toutes ces dimensions sont essentielles à un retour vers soi; elles font partie de nous. Trop souvent, pour ne pas dire la plupart du temps, l’adulte a perdu, oublié ou laissé de côté son besoin d’enfant, pour s’enliser dans une vie sérieuse, coincée, où le plaisir a peu à peu perdu sa place.

Et puis, il y a aussi le journal créatif en groupe, avec tout ce que l’énergie d’un groupe apporte en plus. Les partages, le plaisir de voir les créations de chacun, de voir l’imagination en action, la créativité en délire, les fous rires suite à des lectures d’histoires abracadabrantes, les surprises qui se lisent sur les visages devant une découverte inattendue, un pas en avant vers des retrouvailles avec une partie de soi, ou un chef-d’œuvre : « est-ce vraiment moi qui ai fait ça? ».

Eh oui! Le journal créatif, c’est tout ça et sûrement bien plus encore, tout dépendant de la personnalité de chacun, de ses désirs, de son implication, de son imagination et de sa créativité.

Ce qu’il y a de merveilleux, c’est que chacun en fait ce qu’il veut, l’utilise à sa manière et en reçoit ce qu’il est prêt à recevoir. Pour moi, c’est un outil royal pour un retour tout aussi royal vers soi.

Oh, ma chère créativité, pleine de rebondissements, bourdonnante comme un nid d’abeilles, riche, fière, tumultueuse ou paisible. Toujours à la recherche du beau, du nouveau, de la lumière. Oh, ma chère créativité, de jour en jour, tu me ramènes à mon âme, tu me ramènes à moi-même, tu es mon chemin privilégié, celui que j’ai tant cherché, mon retour vers la joie, mon retour vers mon soi!

Les troubles paniques

Angoisse – Agoraphobie – Anxiété – Crise panique

Lorsqu’un trouble panique se présente dans notre vie, nous avons l’impression qu’il est arrivé sans crier gare et nous nous demandons ce qui se passe et d’où cela peut-il bien venir.

En réalité, un trouble panique, c’est un signal, une alarme pour nous faire réaliser que quelque chose ne va pas à l’intérieur de soi. Inconsciemment, nous l’avons préparé de longue date, car tout ce que nous pensons, décidons, croyons, jugeons et tout ce que nous ressentons en émotions et en sentiments vont se déposer dans notre sac. Et celui-ci ne peut contenir que ce que nous avons mis dedans, ni plus ni moins.

Pour vous aider à mieux comprendre, prenons l’exemple suivant : Benoît a trois ans. Il entend sa mère dire à une voisine qu’il est un enfant exemplaire, car il ne demande jamais rien. Donc, Benoît conclut que pour être aimé, on ne doit jamais rien demander. Benoît désire certains jouets et n’ose pas le dire, il a bien trop peur de ne pas être aimé. Au primaire, il a des amis, mais il n’exprime jamais ses préférences, de peur que les autres ne veuillent plus jouer avec lui. À l’école, c’est le même scénario. Lorsque le professeur demande s’il a des questions, Benoît en a, mais a bien trop peur de déranger. Au secondaire, c’est la même histoire. Toutes ces peurs se déposent dans son sac et vont s’additionner les unes aux autres. Benoît est maintenant adulte et les choses se passent de la même façon à son travail et avec sa conjointe.

Une bonne journée, il attend en ligne à la caisse. Tout à coup, il se sent très mal, a de la difficulté à respirer, transpire abondamment. Il n’a aucune idée de ce qui lui arrive, panique et sort en courant. Maintenant, Benoît a associé caisse = panique et commence à fuir cet endroit demandant à sa conjointe d’y aller à sa place. Benoît a l’impression que le ciel lui est tombé sur la tête et n’y comprend rien.

Allons voir ce qui s’est passé. Benoît traîne avec lui son sac comme tout le monde d’ailleurs. Mais la grande question est : qu’a-t-il mis dedans? Depuis sa tendre enfance, il y dépose une multitude de besoins non satisfaits, des peurs comme celles de ne pas être aimé qui allaient s’additionner à ses autres peurs qu’il a probablement ressenties dans d’autres domaines : peur de se tromper, d’échouer un examen, de ce que les autres vont dire ou penser de lui, de blesser les autres, de ne pas être à la hauteur, de décevoir ses parents et j’en passe. On peut également y ajouter des sentiments d’abandon, de rejet, d’injustice, de honte et de culpabilité. Tout ceci crie à l’intérieur de lui pour être entendu, reconnu, contacté. Son trouble panique est un professeur qui lui chuchote à l’oreille : « Benoît, ton âme souffre, prend le temps nécessaire pour soigner ta souffrance. Aime-toi! ».

Donc, comme Benoît, nous avons accumulé tout un bagage au cours de notre vie que nous traînons dans notre sac. Chaque personne a une capacité différente de retenir et, à un moment donné, notre sac est plein.

Mais nous essayons quand même d’y ajouter d’autres peurs, d’autres besoins insatisfaits, d’autres émotions et sentiments souffrants qui viennent de notre perception non bénéfique pour nous, nous poussons, nous forçons pour en mettre encore plus. Mais assez, c’est assez. Notre sac déchire et notre corps nous envoie un message pour nous dire de prendre un temps d’arrêt pour faire le grand ménage intérieur, dans le but de prendre conscience que nous n’avons pas mis assez de joie, de paix, de relaxation, d’acceptation de soi et des autres, de pardon, etc. C’est comme si notre sac portait le nom de mal-être au lieu de bien-être. Le résultat, l’accumulation de tout ceci peut porter le nom de trouble panique pour burnout, ou maladie quelconque. Car notre corps physique nous reflète ce que nous pensons, croyons et ressentons.

Mais la bonne nouvelle est que nous ne sommes pas obligés de vivre avec un trouble panique toute notre vie. Si nous voulons aller vers un mieux-être, nous devons aller voir ce que nous avons mis dans notre sac et faire le ménage, c’est-à-dire, changer les croyances qui ne nous sont plus bénéfiques, recontacter certaines émotions ou sentiments refoulés parce que nous croyions que ça allait partir tout seul. Nous avons à devenir conscient de nos peurs et à prendre des outils pour réussir à les réduire et peut-être même à les éliminer. Nous avons à découvrir nos besoins et trouver des moyens pour « satisfaire nous-mêmes ces besoins » au lieu d’attendre que les autres le fassent pour nous. Bâtir sa sécurité à l’intérieur de soi est très important. Nous avons à cesser nos jugements envers soi et les autres. Ce vers quoi nous devons tendre est l’amour inconditionnel de soi et des autres.

Nous sommes des créateurs, nous créons continuellement par nos pensées. Nous devons entretenir des pensées créatrices de foi et de paix. Nous pouvons apprendre à mettre dans notre sac des attitudes et des perceptions qui nous conduiront vers le bonheur. Pour ce faire, nous avons à acquérir des outils de différentes façons, soit en prenant des ateliers de cheminement personnel ou par des lectures qui nous aident à apprendre à nous connaître et qui nous énergisent. Certaines personnes auront peut-être besoin de l’aide d’un professionnel. Peu importe le moyen que vous utiliserez, allez-y, passez à l’action, bougez, mais de grâce faites quelque chose, car vous êtes la seule personne capable de vous aider.

Prenez soin de vos pensées, de vos émotions et sentiments, c’est-à-dire, devez conscient de ce que vous mettez dans votre sac, car on récolte ce que l’on sème. Tel est votre pouvoir.

Établir des priorités

« Au cœur de chaque être humain existe le désir de s’améliorer et de se perfectionner… Vous recherchez naturellement votre être originel. Jusqu’à maintenant, vous avez été enfant, jeune ou vieillard, un individu soit pauvre, riche, soucieux ou heureux. Aujourd’hui, libérez-vous du concept que vous êtes ceci ou cela, et retournez à votre source. Mon message est que vous devez méditer. Grâce à cette pratique, votre conscience s’émancipera. » Swami Shyam

La méditation est complémentaire à notre vie quotidienne, elle l’enchérit des merveilleux éléments de calme, de satisfaction et de détachement. Une pratique régulière nous ouvre de nouveaux horizons, car l’esprit clair et reposé nous procure l’énergie nécessaire pour entreprendre ce qui nous tient à cœur.

Si l’on faisait un recensement pour voir si la majorité des gens croyaient que d’établir une liste de priorités serait essentiel à son bien-être et à son évolution, on verrait fort probablement qu’ils y croient. Il deviendrait aussi sans doute évident que d’obtenir une force intérieure, un état général d’équilibre, de bien-être et de compassion devrait se trouver tout en haut de cette liste. Surtout si ces gens réalisaient qu’il est en fait facile d’obtenir ces états de conscience et qu’il en est bien sûr très avantageux pour eux-mêmes, ainsi que pour tous ceux qui les entourent.

Établir une liste de priorités nous permettrait d’éviter toute forme d’atermoiement et ceci nous permettrait d’utiliser le temps qui nous est alloué plus adéquatement pour parvenir à un état de satisfaction, un objectif digne d’attention.

Ne pas se prendre en mains tandis que nous le pouvons peut avoir de sérieuses conséquences. Voici donc pourquoi il faudrait considérer le temps passé au développement de l’équilibre et de la force intérieure une priorité. Une fois cet équilibre acquis, ce développement demeurera avec nous, qu’importe où nous allions.

L’expérience directe me permet d’affirmer que le yoga et la méditation sont des alternatives de choix. Tout d’abord, il est important de saisir que cette science, lorsqu’enseignée par un instructeur qualifié, est une science de vivre qui s’adresse à tous les êtres humains, de toutes les races et religions.

Il y a des milliers d’années, les sages virent que la tendance du mental était de courir après les choses et les idées, tentant ainsi de combler ses espoirs. Divers cheminements spirituels furent fondés sur une réalisation similaire : dans le calme repose la paix, l’ultime santé et la force intérieure, tel que mentionné dans le psaume 26 : « Sois calme et sache que je suis Dieu. » (« Be still and know that I am God. »).

En fait, nous avons peu d’alternatives pour gérer notre existence. J’en décèle deux :

  1. On peut courir continuellement, éviter de réfléchir et espérer pour le mieux. Cependant, il y a la possibilité d’en venir à devoir prendre des remèdes et à accepter leurs effets secondaires ainsi que leur potentiel de dépendance.
  2. On peut prendre le temps d’arrêter, de respirer, ainsi que de vivre une existence fondée sur la force intérieure, sur la connaissance du mécanisme de la conscience humaine. On met ainsi les chances de note côté, dans le but de vivre une vie plus saine et paisible.

Ne cherchons-nous pas à vivre libre de malaises physique et mental?

Carl Jung l’affirme clairement : la réflexion est essentielle, elle nous éveille, nous permet de réaliser l’univers de notre propre conscience et son potentiel. Je le cite : « Votre état de conscience ne deviendra clair que lorsque vous regarderez dans votre cœur et dans votre esprit. Ceux qui regardent vers l’extérieur d’eux, rêvent. Ceux qui regardent en eux, sont éveillés. ».

À cette fin, la méditation est une des plus anciennes techniques connues. Elle est fondée sur trois étapes fondamentales, une science qui demeure toujours efficace, même de nos jours : respirer, réfléchir et méditer avec une profondeur. Une pratique régulière produira les résultats remarquables d’une vie comblée de bonheur et de satisfaction.

Il est important de prendre le temps d’explorer notre vie et son potentiel. Seulement quinze minutes par jour nous le démontreront. S’y adonner une heure par jour aura des résultats encore plus profonds. S’accorder une journée ou même une fin de semaine de retraite aura un impact revitalisant, profond et durable sur notre existence entière. Expérimenter une période prolongée de méditation nous permet de faire encore plus sérieux, pour équilibrer notre être entier.

En méditation, le mental et les émotions sont séparés de la source de notre être, de l’observateur pur en nous, ou bien de ce que les écritures nomment la vie sous son aspect le plus pur et absolu. Être en contact avec le cœur de notre être éveille stabilité et force.

Si on a la chance d’être déjà en santé, méditer nous donnera la force nécessaire pour maintenir notre santé et bien-être.

Je n’ai plus de doute car ceux que j’ai connus qui ont appliqué ces préceptes dans leur vie ont obtenu des transformations positives remarquables. Un arbre dont les racines ne pénètrent pas profondément dans le sol peut avoir l’air glorieux, donner l’impression d’être en parfaite santé, mais si une tempête s’élevait, il ne la supporterait pas, il craquerait. Par contre, un arbre dont les racines sont enfouies profondément dans un sol de conscience et de stabilité supporterait la tempête avec grâce et flexibilité. Il parvient à faire face aux intempéries aisément. Adopter la pratique de la méditation nous permet de renforcer nos propres racines spirituelles pour obtenir une vie comblée d’aise, de bonheur et de sagesse. On le mérite bien!

J’ose être moi

Étant un vrai dépendant affectif… il fut très difficile pour moi d’oser être, de vivre l’être pleinement. Issu de famille dysfonctionnelle, je n’osais pas souvent… les grands s’astreignaient à me faire taire de façon volontaire. Eux osaient me la faire… fermer. Dépendant à l’alcool, j’ai eu besoin de la substance pour me mettre dans l’ambiance pour oser affronter certains récalcitrants…

Je n’osais pas vivre mes émotions… j’osais plutôt les geler…

Trois situations dans lesquelles la blessure d’injustice s’est déployée dans ma vie, m’ont permis finalement d’oser revendiquer mes droits. La première alors que j’étais en plein « burn out »… la multinationale, après vingt ans de loyaux services, m’a signifié la porte… Ce fut sensiblement un départ volontaire (sic). Je n’ai pas osé… je me suis laissé abattre sans me battre, sans combattre, sans me débattre! Les deux autres fois… j’ai osé reconquérir mes droits, j’ai osé prendre ma place; j’ai osé vivre l’être debout, j’ai osé me choisir dans le cercle des vainqueurs.

Aujourd’hui, je ne crains plus d’oser… dire non ce qui aurait été abominable, impensable il y a une belle décade alors que le « dégrade » était palpable…

Oser dire non pour prendre sa place demande une bonne dose de confiance en soi et surtout d’estime de soi.

Oser dire non pour éviter l’humiliation exige aussi une part d’humilité… reconnaître mon potentiel, héritage en tant que fils divin.

Oser dire non pour anéantir la manipulation, l’autre rêve de me mettre à sa main pour me contrôler subtilement.

Oser dire non pour aplanir l’à plat ventrisme. J’ose me tenir debout. Je ne rampe plus devant personne. La chenille est désormais devenue un magnifique papillon. Je peux alors déployer les ailes de la liberté.

Oser dire non sans justifications, sans explications, sans rationalisation. Écouter ma voix intérieure qui m’indique la voie extérieure… vers la paix intérieure.

J’ose dire oui à l’affirmation, l’autre n’est pas plus ni moins que moi. Ne sommes-nous pas tous égaux devant le Créateur?

J’ose dire oui à l’autonomie en me connaissant davantage chaque jour, en prenant de plus en plus confiance en moi et en « engraissant » mon estime personnelle.

Je me permets et j’ose m’exprimer, c’est la clé de l’authenticité; risquer, c’est un pas vers la liberté, rêver, c’est l’ascension vers la réalisation. Osons réaliser nos rêves les plus insensés, nous oserons être nous!

Le droit de dire « cela suffit »

D’entrée de jeu, je dois préciser quel contexte me permet de m’exprimer sur un sujet si délicat. Le suicide assisté. Le présent texte cite des interrogations et réflexions qui meublent ma conscience depuis plusieurs années.

Depuis plus de dix-neuf ans, je partage ma vie avec une compagne nommée la sclérose en plaques (SEP). Dix-neuf ans de lecture, recherche, essais, erreurs, alimentation végétarienne, suppléments vitaminiques à la fine pointe et un cheminement spirituel vivifiant.

Bien sûr que cette compagne m’a fait voir de mauvaises périodes, et ce, à répétition. Mais, ma gloire de cette prise en charge me permet de regarder d’en haut ces épisodes de moins en moins présents. Plusieurs amis un peu « jaloux » mentionnent que je fais preuve d’une prise en charge et d’un mérite hors du commun.

Y a-t-il vraiment mérite lorsque l’on prend soin de notre enveloppe corporelle?

Faire preuve d’une détermination sans borne, n’est-ce pas l’obligation de chacun?

Aucune réglementation ne m’oblige à sauver ma peau.

Nulle réglementation ne me punit si je traite mon corps tel un égout.

Nulle sentence ne m’est accordée lorsque je laisse une personne fumer sa petite cigarette, tout en sachant qu’elle représente un risque important de devancement de la mort.

Nulle sentence légale ne m’est infligée si je remets à la société les coûts de soins de santé dus au fait que j’ai traité mon corps avec disgrâce.

Nulle disgrâce ne m’est octroyée si par le fait de ma non-prise en charge de cette santé (maladie prévisible), je prends place dans un hôpital déjà en manque d’espace.

Situation se traduisant par le fait qu’un individu aux prises avec une maladie dégénérative doit attendre son tour.

Ma non prise en charge a des conséquences importantes sur la vie d’autrui.

Difficile de comprendre que je peux saboter ma santé, voire même celle d’autrui durant des décennies et que tout cadre dans le vil langage du choix de société.

Parlons-en de cette expression « choix de société »; le seul moment au cours duquel je fais ce choix, c’est le jour d’un scrutin.

Tous les autres choix décidés par les politicologues ou lobbyistes sont la résultante d’un courant.

Je m’interroge sérieusement sur le droit que l’on m’accorde le jour d’un scrutin en tant que citoyen. J’aurais lors de ces journées le droit de participer aux choix de la destinée d’une communauté. Étrangement, cette même journée, mon droit de décider de ma propre destinée ne m’appartient plus. Un paradoxe sur lequel une réflexion doit se faire!

Peut-être serait-il bon, pour bien comprendre mon propos, de voir ou revoir le reportage intitulé « Manon », reportage réalisé par M. Benoit Dutrizac.

Une autre suggestion serait de voir le film intitulé « Mer intérieure », réalisé par Alejandro Amenabar, film qui bouscule grandement nos émotions.

Tous les jours, nous avons le droit de faire des choix de vie ou de mort sur notre petite personne. Tous les jours lorsque je suis une personne en santé, j’ai tous ces droits. Lorsque je prends mon automobile, utilise le métro, traverse un viaduc, marche sur un lac gelé, je décide de vivre ou de mourir. Je décide à ce moment de vivre puisque je trouve un sens à la vie.

Difficile de comprendre que lorsque tous ces plaisirs me sont retirés, voire inaccessibles pour raison de santé, on me retire à ce moment le droit de décider que ma route a assez duré.

Difficile de comprendre que pour donner la vie, aucune règle n’interfère, aucun talent n’est requis, aucun mandat notarié ou évaluation psychologique ne sont requis. Pourtant, c’est selon moi la décision la plus importante d’une vie. Si pour avoir droit à ces allocations familiales, je devais participer à un cours de trente heures pour bien comprendre le rôle de parent. Ne serait-ce pas digne d’une société mature?

Difficile de comprendre que pour conduire une automobile, je dois suivre un cours et réussir un examen. Pour naviguer sur un lac dans une simple chaloupe motorisée, je dois aussi avoir suivi un cours et réussir un examen! Pour prendre place dans ma profession, je dois réussir des examens!

Ne devrait-on pas renforcer le démarrage à la vie et supporter l’apaisement en fin de vie?

Les opposants au suicide assisté ou à l’accompagnement vers une autre étape que tous nous vivrons un jour ou l’autre, font-ils un choix égoïste? Pour ces gens qui considèrent que toute vie est sacrée et que la souffrance est notre laissez-passer à la prochaine étape en première classe, je dis quel droit avez-vous de me retenir? Trouvez-vous plaisir à voir souffrir?

J’interpelle tous les opposants et je leur demande qu’ils me disent s’ils ont participé le 15 février 2002 à la marche (-20 C) contre la guerre en Irak. Je leur demande qu’ils m’expliquent pourquoi cette même journée il y avait foule encore plus importante au défilé de nuit (-25 C) du carnaval de Québec?

J’interpelle tous les opposants et je leur demande jusqu’où sont-ils prêts à aller concrètement pour sauver les centaines de milliers de personnes qui sont aux prises avec la famine. Il serait encore plus louable d’accueillir dans ma maison un ou deux enfants aux prises avec une destinée très peu enviable.

Voici une expérience intéressante à faire et qui ne coûte rien. Déposez un globe terrestre sur le sol, prenez place debout sur une chaise. Vous remarquerez que la terre est très petite et qu’il suffit de bouger légèrement son regard et l’on se retrouve maintenant à observer une zone où la famine est omniprésente. Il suffit d’un trajet de dix heures en avion et nous sommes dans un autre monde, où des gens qui veulent vivre meurent.

Est-il plus facile de faire un petit don monétaire et le tour est joué. Je suis une bonne personne.

Colère je ressens lorsque je vois des reportages qui dénombrent des milliers de décès dus aux infections postopératoires. Décès qui frappent des gens qui veulent vivre. Étrange paradoxe que le fait de subir une intervention nous confronte à des risques évitables. Ne devrait-on pas condamner les centres hospitaliers dont les infections postopératoires dépassent la norme pour une société évoluée? La norme ne devrait-elle pas être 0?

Pourquoi serait-il interdit d’aider une personne à traverser le boulevard de la vie une dernière fois de la façon dont elle l’a exprimée?

À toutes ces personnes qui s’opposent à mon libre choix, je demande : qui vous donne ce droit? Qui vous donne le droit de dire que le formulaire intitulé « Mon mandat en cas d’inaptitude » * que j’ai complété est invalide?

Qui vous donne ce droit d’exiger qu’une personne souffre jusqu’à son dernier battement de cœur?

Un autre paradoxe de notre culture tient au fait que si j’ai un cancer dont la souffrance est inhumaine, alors à ce moment j’aurai droit à des soins qui apaiseront mes douleurs. Soins qui du même coup me mèneront à mon dernier souffle.

L’objectif de cette réflexion est de faire en sorte que les tribunaux cessent de condamner des gens qui tout simplement assistent une personne qui décide que son parcours a assez duré. Parcours qui de toute façon, s’il continuait, ne serait semé que de souffrances.

En partageant ces réflexions, je souhaite que ceux qui décident de la législation fassent l’analyse en pensant à ceux qui souffrent.

Faut-il avoir regardé une personne qui s’éteint après d’importantes souffrances pour comprendre?

Aider une personne à passer à l’autre étape dans un état d’apaisement, n’est-ce pas le plus beau des derniers cadeaux!

* Brochure réalisée par Le Curateur public du Québec et disponible en librairie.