Le féminin sacré en nous

Maintenir et cultiver cette connexion
Pour nous qui vivons en pays nordique, les mois d’hiver semblent favoriser l’introspection et l’équilibre entre engagements extérieurs et quête intérieure. Est-il possible de maintenir cet équilibre dans le mouvement accéléré de notre été? Que nous soyons homme ou femme, pouvons-nous garder contact avec le féminin sacré en nous, tout en vivant dans un tourbillon d’activités et de rencontres? Comme cette « essence » fait partie intégrante de notre être, nous le souhaitons. Regardons par quel sentier nous pourrions voyager avec cet espoir.

Déesse-Mère : La Matrice

La sagesse féminine collective des âges passés est un trésor immense que nous pourrions sans doute définir par : accueil, tendresse, naissance, nourriture, guérison, présence, communion à la terre et au ciel. Pour se développer en totalité et pour que cesse la dualité féminin/masculin, chaque être humain a besoin de puiser à ce trésor, de le reconnaître en soi et de s’en nourrir.

L’Accueil, un premier défi

Pour accueillir, il faut avoir de l’espace : dans son cœur, dans sa tête, dans son âme, dans son quotidien. Si notre espace est envahi par la peur qui engendre les préjugés, par le désir d’avoir toujours raison, toujours plus de pouvoir, toujours plus de biens, il n’y a plus tellement de place pour accueillir qui ou quoi que ce soit. Nous serions alors un carrousel tournant sans fin sur lui-même. Concrètement, nos actions seraient alors dirigées vers une fermeture même si nous rencontrions et recevions une grande quantité de gens, contacts, amis, famille avec une apparente cordialité. Les événements et les interactions risqueraient souvent de nous heurter par manque d’espace.

L’accueil chaleureux, heureux est davantage un état intérieur qui laisse l’autre « être », sans porter de jugement, sans rien lui demander, en considérant sa présence comme un cadeau, comme un partage. Pour cela, il en faut beaucoup de l’espace et si nous n’en n’avons pas vraiment créé pour nous-mêmes, comment pourrions-nous devenir accueil? Comment pourrions-nous cultiver une connexion qui n’existe pas?

Ce contact s’établit donc à partir d’une démarche d’élagage intérieur où nous rencontrons également nos forces, nos talents, nos espoirs, nos buts, où nous découvrons notre potentiel. L’accueil et la reconnaissance de ce que nous sommes est la base sur laquelle s’appuie notre ouverture et toute notre contribution.

Présence nourrissante

La Déesse-Mère a souvent été représentée comme une matrice contenant l’univers en devenir. Ce qu’il y a de plus vivant, de plus puissant en nous se révèle comme chaleur aimante et agissante. Le petit enfant vous offre une bouchée de son repas ou une fleur, ou un caillou qu’il trouve beau comme geste d’affection spontané; un adolescent se découvre et apprend le sens du partage dans une équipe de sport; un adulte contacte à chaque jour les milliers de visages que la vie utilise pour lui apprendre à s’ouvrir, à goûter, à participer. Dès que nous reconnaissons notre appartenance au grand cercle de la vie, nous devenons une « présence » consciente de recevoir et heureuse de donner, d’instruire, de bâtir, de nourrir.

Quel que soient nos origines, notre milieu social, notre travail, nous vivons dans l’espace intérieur que nous choisissons et ce choix se révèle dans chaque action posée : repas, rencontres, travail, repos. Partout et toujours, il se peut que nous soyons juste en train de « faire », à la course même, sans trop réfléchir, un peu comme sur commande automatique : c’est le choix le plus difficile parce qu’il nous laisse l’impression de ne rien choisir du tout et c’est assez frustrant. L’autre alternative, c’est une conscience, une connaissance de ce que nous sommes et de tout ce que nous représentons dans l’univers, de ce que nous sommes en mesure d’offrir. C’est un état qui peut devenir permanent, un état d’attention commandé par le cœur; à le cultiver, nous devenons cette « présence nourrissante », aimante et efficace.

Racine d’humanité

Pour maintenir et cultiver en nous la connexion avec le féminin sacré, peut-être faut-il simplement suivre le chemin devant soi en état de conscience et de reconnaissance envers la vie. Que ce soit en faisant une cuisson de repas sur le barbecue, en tondant le gazon, en recevant des amis, qu’on soit en vacances ou au travail, en voyage ou dans son jardin.

Faire des choix conscients, du plus simple au plus important, les porter ces choix, les devenir, à la fois avec rigueur, compassion et tendresse; cela me semble ce qui se rapproche le plus du message de nos racines d’humanité.

Votre maladie, votre douleur, pourrait bien vous sauver la vie

« Doc, j’ai mal, je n’en peux plus, faites quelque chose. » Si nous intervenons que pour vous soulager, nous vous nuirons. Laissez-moi vous expliquer. La nature et la sagesse de votre corps ont choisi ce mal ou cette maladie pour vous orienter vers la vie qui vous devriez mener. Lorsque quelqu’un intervient pour changer ou transformer le message de votre corps, nous vous privons de la possibilité d’améliorer votre vie.

La semaine dernière, après cette conversation avec une d’entre vous, elle me répond : « OK doc, je comprends, mais qu’est-ce que je fais en attendant? ». « En attendant quoi? » fut ma réponse. Elle me répondit : « En attendant que je retourne… » Il y a eu un silence. Elle venait de comprendre.

Elle voulait me dire « en attendant que je retourne à faire les choses qui m’ont rendue comme je suis ». Vous auriez dû voir son visage et son corps en état d’instabilité, ce qui permet une réorganisation à tous les niveaux, c’est-à-dire physique, mental, émotif et même spirituel. Son cerveau ne semblait pas avoir les programmes nécessaires pour intégrer la découverte qu’elle venait de faire. J’assistais à l’installation d’un nouveau programme sur son disque dur. Son cerveau était en train d’établir instantanément les connexions nécessaires à l’implantation de ces nouvelles connaissances. Une réalisation, une découverte qui permet une guérison globale.

Est-ce qu’elle était mieux à ce moment? Est-ce qu’elle souffrait moins? La réponse est non. Rien n’avait changé, cependant à partir de ce moment-là, tout pouvait changer. Elle SAVAIT qu’elle allait guérir. Il ne lui restait plus qu’à faire les changements qu’elle aurait dû faire depuis longtemps.

Les changements qu’elle avait à faire, elle les connaissait intuitivement, inconsciemment tout comme vous et moi. Avec la prise de conscience qu’elle venait de faire, les changements sont passés de l’inconscient au conscient dans une fraction de seconde. Les perceptions diffuses, embrouillées, sans mots se sont cristallisées, verbalisées dans un instant. Elle est passée de l’incertitude émotive à la certitude de l’action. Elle est passée instantanément devant mes yeux du stage 1 d’I.S.R. (souffrance) au stage 4 (reprendre son courage, pouvoir). Sa vie ne sera plus jamais la même.

Être malade est une opportunité. C’est un temps :

  1. D’ARRÊT : La douleur ou la maladie nous invite à l’introspection de notre vie. Qu’est-ce que je vais faire du reste de ma vie? Quelle est la vision de ma vie? Lorsque je serai sur mon lit de mort et que je regarderai ma vie, pourrais-je dire, j’ai accompli ce que j’avais à accomplir? Ou est-ce que ma réflexion sera dans le sens de « j’aurais donc dû », « j’aurais pu », « ah si les choses avaient été différentes »?
  2. DE RECONNEXION : La maladie nous permet de revisiter les parties de notre corps que nous avons oubliées, ignorées, abusées. La reconnexion permet de faire la paix et de prendre un nouveau départ. C’est un peu comme un conflit avec le conjoint. Au début, on est fâché, après on boude, on se calme, mais on ne veut pas abdiquer trop rapidement, on s’entête un peu plus. Puis on se dit qu’on devra en revenir un jour ou l’autre, aussi bien que ce soit aujourd’hui. On se retrouve, on se réconcilie et on fait, vous savez quoi. C’est de cette reconnexion personnelle dont je parle.
  3. D’AMOUR : C’est dans les moments de douleur et de maladie qu’on se sent seul. Pourtant, on ne peut être seul, même lorsque nous sommes seuls physiquement, ce n’est qu’une impression. Même lorsqu’on pense que Dieu nous a abandonnés, on est toujours accompagné. L’amour est toujours disponible. L’amour n’est pas un sentiment, mais une action. Il n’en tient qu’à nous.
  4. DÉCOUVERTE : C’est le temps de redécouvrir les choses simples de la vie. C’est le temps de regarder un coucher de soleil ou encore mieux, un lever de soleil. C’est le temps de sentir la fleur du jardin. Le temps d’aller au parc et de regarder les enfants jouer en espérant que les parents ne soient pas impliqués dans leurs jeux.
  5. DE PRÉPARATION : La maladie et la douleur nous permettent de nous préparer aux changements que nous avons à faire, à planifier et à nous organiser. Il y a deux façons de faire ces changements. Certains changent tout en même temps. C’est possible, mais difficile. D’autres changeront une ou deux choses à la fois. L’important dans un voyage de 1 000 km est le prochain pas.

Oser être soi et pouvoir en rire… est-ce possible?

J’ai fini ma thérapie! Rassurez-vous, ce n’est pas parce qu’on va chez le psychologue que ça veut dire que l’on est fou… Au contraire, je dirais même que, dans certains cas, ça fait du bien d’en voir un plus malade que nous…

Cheminer, ce n’est pas toujours de tout repos et parfois il faut pouvoir en rire! Comment est-ce possible?

Je vous dirai que la première chose à faire est de consommer de l’humour… Il est très important de consommer de l’humour, car ainsi nous éduquons notre esprit à en faire.

Supposons que vous voulez apprendre à parler espagnol. Qu’allez-vous faire?

Vous allez fréquenter des espagnols, vous allez écouter des films en espagnol, vous allez lire en espagnol. Bref vous allez consommer de l’espagnol!

C’est la même chose pour l’humour!

Il faut en consommer pour « éduquer » notre esprit si on veut être quelqu’un de qui on dira : Hé qu’il est donc spirituel!

Il faut ensuite apprécier l’humour et ceux qui en font…

Êtes-vous le genre de personne qui fait la moue (dans le genre hannnnnnnn) lorsque l’on vous raconte une histoire drôle?

Ce n’est pas très fort! Lorsque vous agissez ainsi, vous êtes en train de faire fuir les comiques et ensuite vous vous plaindrez qu’il y a juste du monde ennuyant autour de vous…

Je conviens qu’il y a parfois des histoires qui sont plates! Mais en avez-vous une meilleure?

Hum… Facile de critiquer. N’êtes-vous pas toujours un peu comme ça dans tous les domaines de votre vie?

J’ai observé depuis plusieurs années que les blagues ou les humoristes qui ne nous font pas rire ou que nous avons carrément en aversion viennent toucher une corde sensible à l’intérieur de nous et que l’on pouvait s’en servir pour faire un peu d’introspection. Mais soyons plus précis.

Il y a des jours où les blagues sexistes antifemme me font beaucoup rire et d’autres jours où elles m’agressent! Pourtant ce sont les mêmes blagues! Alors qu’est-ce qui fait que je les reçois différemment?

C’est très simple : lorsque je suis fâchée contre un homme, je ne trouve pas cela drôle et lorsque j’ai réglé le problème et que je suis revenue à de meilleurs sentiments, je suis la première à raconter les histoires en question!

Il y a des blondes qui trouvent les blagues de blondes très drôles parce qu’elles ont une bonne estime d’elle-même et ne se sentent pas concernées par le côté niais associé aux blondes et les autres qui ont une piètre opinion d’elle-même qui se sentent offusquées parce que ça les touche dans le peu de confiance qu’elles ont en elles!

En général, les blagues à caractère sexuel font rire les gens qui sont à l’aise avec la sexualité et « titillent » ceux qui le sont moins!

Si une blague ne vous fait pas rire, au lieu de faire la moue, sautez sur l’occasion pour vous demander ce que ça vient toucher de vulnérable à l’intérieur de vous et concentrez-vous à le régler pour étendre votre réceptivité au rire et à l’humour!

Qui est le véritable enseignant?

Pourquoi ne pas profiter de la rentrée scolaire pour reconnaître les rôles inconscients que jouent nos enfants dans la société? C’est ce que propose cet article. Depuis l’arrivée des colons en Amérique, certaines institutions et personnes croient savoir mieux que quiconque ce que l’on doit enseigner à nos enfants et aux prochaines générations.

Si nous croyons avoir des choses à apprendre aux enfants, ceux-ci sont également porteurs de grands enseignements comme l’art de vivre le moment présent, vivre dans la pleine liberté d’action et de pensées et être connecté à notre vrai moi. Voyons comment cela se manifeste dans notre quotidien et osons nous questionner sur nos habitudes face aux enfants.

Le moment présent
Dès son plus jeune âge, l’enfant est centré sur ses besoins physiques. Il a une sensibilité plus élevée de ce qu’il ressent. Les besoins de base sont ressentis de façon très forte et dans le moment présent, la seule chose qui importe pour lui est la satisfaction de ses besoins. Par exemple, je me souviens de mon aîné, à sa naissance, combien sa faim était intense et le faisait hurler tellement l’état de faim dans lequel il était le rendait inconfortable. Il était impossible pour lui de se concentrer sur autre chose pendant ce moment d’attente, car pour lui ce « moment présent » était un moment d’attente jumelé au besoin non comblé.

C’est en effet étonnant d’observer à quel point cet état d’être dans le moment présent amène l’enfant dans un niveau de concentration qui le fait oublier tous les autres éléments qui l’entourent. C’est la même chose pour le jeune enfant qui découvre un nouveau jeu et qui l’explore. Il oubliera tout ce qui l’entoure. Il ne répondra pas aux invitations à venir dîner, même s’il est midi!!! Il est dans la découverte et l’aventure. On dirait même qu’il ne nous entend pas. Et c’est la beauté de vivre le moment présent. L’attention est portée sur une seule chose : les « présents » de ce moment.

Questionnement
Cet automne, en échange d’un cours de natation ou de gymnastique, pourquoi ne pas offrir un espace-temps à notre famille et créer dans notre routine un moment où l’on nourrit cet état d’être dans le moment présent, sans ressentir les pressions qu’exige un groupe, et profiter de cet enseignement pour peu de frais? Ce temps n’a pas à être planifié. Il peut tout simplement être intitulé « jeux libres » et vivons ce lâcher prise sur la routine et les résultats.

La liberté d’action et de pensée sous toutes ses formes
Cette proposition est en effet un exemple de la liberté de chacun. Il est toujours fascinant de remarquer à quel point les jeunes enfants font leurs choix de façon spontanée et suivent leur intuition, sans trop se questionner. Vous serez surpris des idées et des suggestions qu’ils inventeront pendant ces périodes privilégiées. L’observation de leurs préférences pourrait même vous mener à découvrir des pistes sur leur mission de vie…

En fait, la pensée de ces jeunes gourous, comme les appelle Pierre Morency dans son livre « Demandez et vous recevrez », est spontanée. Elle n’est pas nourrie par la peur du futur ou la crainte de représailles. Ils veulent apprendre! Ils veulent jouer et s’amuser! Ils veulent rire! Ils veulent profiter de la vie et faire des expériences dans des milieux sécuritaires où le droit à l’apprentissage existe. Car il ne s’agit pas du droit à l’erreur puisque l’erreur n’est qu’un jugement que l’on porte sur le résultat d’une action. Il s’agit bien du droit d’expérimenter la vie, de jouer avec elle d’approfondir tous ses rouages. Ce n’est que vers l’âge de 8-9 ans qu’ils se mettront à analyser leurs gestes et les conséquences de leur spontanéité pour ainsi apporter des changements à leurs comportements liés à différentes peurs. Qui sommes-nous pour juger de ce qui est bon ou mal?

Questionnement
Amusons-nous avec eux et réapprenons la joie de la liberté d’action. Pour se faire, la prochaine fois que nous nous questionnerons sur des difficultés reliées aux enfants, avant d’intervenir, ayons la discipline de nous poser les questions suivantes :

  1. Qu’est-ce qui peut m’arriver de désagréable si je laisse l’enfant continuer? Nous y découvrirons les peurs que cet enfant nous invite à libérer.
  2. Le fait d’avoir ces craintes/peurs m’empêche d’être quoi? Et nous y découvrirons les besoins de notre âme.

Être connecté à notre vrai moi
Les interactions que nous avons quotidiennement avec les enfants nous invitent à nous connecter à qui nous sommes vraiment. Dans leur sagesse et la pureté de leur cœur, les enfants nous demandent de leur faire confiance comme nous leur demandons de nous faire confiance. Ils savent tout ce qu’ils doivent savoir à propos de qui ils sont. Introspection et écoute de notre intuition sont les meilleurs outils de formation pour tout « adulte-éducateur ».

Ce sont les discours moralisateurs (qui trop souvent s’adressent à nous-mêmes) et les différents messages communiqués par la télévision et la société qui finissent par séparer les enfants de qui ils sont vraiment. Plus que quiconque, les enfants ne demandent qu’à s’épanouir à travers nous. Et au même titre que notre entourage, les enfants ne font qu’un avec nous. Ils représentent donc notre reflet, le miroir de nos forces et nos faiblesses.

Questionnement
Après être intervenu auprès d’un enfant, prenons du recul pour nous demander si le message communiqué était réellement pour cet enfant ou s’il ne s’agissait pas d’un message qui devait plutôt s’adresser à nous. Un vieux dicton dit bien « on ne parle que de soi ».

En conclusion, les enfants nous offrent de multiples occasions de nous dépasser, de mieux nous connaître et de démystifier les croyances non bénéfiques et les peurs qui bloquent notre plein épanouissement personnel. En tant qu’« adulte-éducateur », notre devoir est, avant tout, de demeuré centré, d’offrir à ces enfants des modèles d’amour (de soi et des autres), de respect et de responsabilité vis-à-vis les gestes que nous posons et les paroles que nous disons.

Notre corps est pensant et cherche à vivre sa propre intégrité

Une maladie que l’on guérit sans introspection, sans recherche, sans changement de mode de vie, n’est pas une guérison, c’est simplement la disparition de symptômes.

Tôt ou tard, ça se développe différemment. Nous sommes réellement un tout et nous devons nous percevoir dans une globalité. Chacune de nos cellules contient la conscience de tout ce que nous avons vécu ainsi que celle de l’univers en entier puisque l’être humain fait partie intégrante du monde naturel qui l’entoure, le façonne et l’influence. Heureusement, de plus en plus de gens maintenant sont en quête du sens de leur vie.

Instinctivement, ils savent qu’ils ont un rôle important, lequel est relié aux autres, à ce qui se passe sur notre planète, dans notre environnement, etc. Le défi est infiniment grand et en même temps infiniment petit. Le processus de découverte n’est pas simple; c’est vrai par ailleurs, on peut y prendre plaisir et en obtenir énormément de satisfaction, se sentant ancré dans notre vie.

Il ne s’agit pas de partir en conquérant, à la recherche de tous les problèmes de notre société. Il s’agit de nettoyer et de transformer notre propre jardin intérieur. C’est-à-dire nos croyances erronées et d’identifier et transformer les masques protecteurs qui se sont installés pour pallier à nos manques et souffrances intérieurs. Reconnaître nos habitudes de vie non aidantes, nos attitudes et comportements non féconds et procéder graduellement aux changements en développant une vision plus globale sans toutefois, rechercher la perfection.

La maladie est une opportunité, un appel à la conscientisation, une communication de notre être, nous permettant de faire une halte afin de vérifier si la destination que l’on poursuit est en lien avec nos valeurs et notre propre quête.

C’est important de se poser des questions et de laisser la sagesse en nous s’exprimer. Quel temps est-ce que je me donne pour aller à l’intérieur de moi et entrer en contact avec mon être profond? Nous ne sommes pas seulement un corps, nous sommes un esprit et une âme. Quelle place est-ce que je laisse à cette guidance intérieure?

Ai-je un travail ou des intérêts qui me stimulent? Quelle est la perception de mon moi, des gens que je côtoie? Suis-je régulièrement dans le jugement? Quelle est la dernière fois où j’ai donné avec bonté et chaleur à quelqu’un qui me demandait?

Est-ce que, quand je dis oui, c’est un vrai oui empreint d’amour? Ou bien, un oui, par peur de perdre l’amitié de l’autre ou pour inscrire un dû dans mon livre de compte caché?

Est-ce que j’ai la critique facile? Est-ce que je contrôle régulièrement tout ce qui m’entoure? Est-ce que je donne de l’amour autour de moi? Est-ce que je me sens libre de vivre ma vie comme je l’entends et est-ce que je laisse les autres, vivre la leur, librement? Est-ce que j’entretiens de la colère, de l’animosité avec une ancienne relation ou avec mon passé?

Observez-vous, sans jugement. C’est le meilleur moyen que je connaisse pour apprendre à identifier ce qui n’est pas bénéfique. S’il vous plait, donnez-vous le temps. Soyez accueillant et tendre à votre égard. De plus en plus, l’humain a besoin dans cette société hyperactive de considération et de tendresse. Vous pouvez mettre en œuvre ces dons envers vous-même.

Nous sommes semblables et en même temps tellement différents. Il n’y a pas de recettes toutes faites, il y a vos recettes. À vous, de vous découvrir.

Tout cela demande d’être à l’écoute et de combattre nos peurs, notre scepticisme et de s’impliquer sur la voie de notre cœur en collaboration avec la raison naturellement. C’est une nouvelle relation à développer en restant conscient que nous comme cocréateurs de notre santé et de notre vie.

Rappelons-nous les paroles de Louis Pasteur appuyant les travaux de Claude Bernard : « Bernard a raison, le germe n’est rien, le terrain est tout ».

Auteur inconnu

Un vent de changement s’installe

Le monde dans lequel nous vivons est en perpétuel changement depuis le début des temps. Les cultures se font et se défont. Certaines espèces disparaissent alors que de nouvelles font leur apparition. Les mentalités et les valeurs changent de sorte que le visage du monde se modifie. L’humanité va de l’avant, dans une évolution qui se fait de plus en plus rapidement, évoluant non pas vers une catastrophe écologique ou une impasse économique, mais plutôt vers une conscientisation de l’être et une ouverture accrue du cœur.

Chacun de vous avez une influence sur ceux et celles qui évoluent autour de vous. En vous éveillant, vous devenez une étincelle qui embrasera les autres et qui influencera la conscience collective. Les changements individuels précèdent toujours les changements collectifs. Chacun de vous contribue à la beauté de cette transformation mondiale en vous transformant vous-même. Plus vous portez votre attention sur ce qu’il y a de positif, moins vous laissez de place à la négativité. N’oubliez jamais que vous pouvez changer la vie de quelqu’un simplement en lui offrant un sourire ou des paroles réconfortantes au moment où il en a le plus besoin.

Nous sommes actuellement plongés dans une ère de changement et ce changement de mentalité génère parfois beaucoup de résistance. La plus grande résistance que vous rencontrerez sera celle qui vient de votre intérieur, de votre fermeture d’esprit et qui vous garde prisonnier de vos fausses croyances. Ne résistez pas au changement, c’est l’essence même de la vie. Accueillez avec amour les alternatives qui s’offrent à vous dans un processus d’éveil, d’illumination et d’évolution. Utilisez simplement votre discernement en vous centrant sur votre cœur et suivez cette voix. Ne jugez pas ceux qui empruntent une voie différente de la vôtre, car chacun chemine à sa façon et à son rythme.

L’humain actuel n’est pas le dernier maillon de la chaîne évolutive et il sera dépassé. Ce processus est déjà commencé. Ce prochain bond évolutif laissera derrière lui les humains « animaux » alors que les humains conscients seront projetés vers l’avant. Tous les bonds évolutifs se sont vécus de cette façon alors que de nouveaux êtres naissent et certains restent derrière ou disparaissent. Tous les habitants de notre planète doivent se préparer à mourir à leur ancienne réalité et mentalité. Ceux qui en prendront conscience survivront alors que les autres seront emportés par la maladie ou tout autre désastre naturel. L’humanité est à l’aube d’un grand bouleversement et les changements physiques de la terre ne sont rien en comparaison de la refonte des consciences humaines.

Il y a toujours eu depuis le début des temps des emprises qui ont pour but de contrôler l’humanité. L’acquisition du pouvoir et de richesse naturelle est un vice de l’être humain qui l’a conduit à de multiples guerres et massacres désolants. Nous n’avons qu’à penser à l’emprise de l’Église catholique. Cependant, une emprise est toujours vouée à s’écrouler de par la corruption qui s’installe à l’intérieur même de cette emprise. L’emprise pharmaceutique n’y fera pas exception. Nul besoin de se battre contre elle. Elle s’écroulera d’elle-même!

Il y a également toujours eu de la corruption dans chaque système (politique, économique, médical, etc.) et cela ne changera pas, car l’être humain aura toujours le désir du pouvoir et de l’argent. Cependant, c’est chacun d’entre vous qui l’entretenez en vous précipitant chez le médecin dès qu’un bobo survient au lieu de vous arrêter et de faire une introspection de vous-même. Beaucoup de gens se plaignent du système médical, des vaccins, des médicaments et dès qu’ils deviennent malades, ils se précipitent chez le médecin. C’est une aberration totale, mais c’est la nature humaine de rechercher la facilité et de rester passif. Ce n’est qu’une question de choix. Les tibétains et les cultures spirituelles se soignent eux-mêmes et vivent beaucoup plus vieux que nous, Ils ne se plaignent pas du système médical. Au contraire, ils s’en réjouissent, car ils savent qu’il est là lorsqu’ils en auront besoin, mais qu’ils doivent d’abord et avant tout compter sur eux-mêmes. Vous devriez connaître votre corps mieux que n’importe quel professionnel de la santé que vous rencontrerez. Alors, pourquoi ne vous faites-vous pas confiance? Parce que vous n’avez pas de diplôme? Les diplômes ne veulent rien dire, ils sont là seulement pour l’ego de celui qui le possède.

Apprenez à écouter votre corps, à l’étudier, à l’analyser, à le soigner, à le purifier et à le remercier. Il existe tellement de méthodes alternatives pour guérir que les gens n’explorent pas parce que les médias n’en parlent pas ou en parlent en mal. La santé n’est pas un sujet qui suscite beaucoup de cote d’écoute comparativement aux émissions de télé-réalité. Les gens préfèrent s’intégrer dans la vie des autres au lieu de s’ingérer dans la leur.

Ce vent de changement qui est en train de s’installer demande que vous soyez disponible à l’appel de l’amour, disponible aux autres, disponible pour tout reconsidérer, à commencer par la façon dont vous vous comportez chaque jour. Un être humain qui s’aime ne va jamais consommer de drogues, de cigarettes ou de produits toxiques, car il sait pertinemment qu’il se détruit en agissant de la sorte.

Vous êtes tous porteur d’un message important, car c’est à travers chacun de vous qu’il faut guérir l’humanité. Comme dit le proverbe : « Changez-vous vous-même et vous changerez le monde ». C’est à travers la conscience collective et la prise de conscience de chacun d’entre vous que vous guérirez l’infection dont souffre l’humanité.

Sur cette vie terrestre, nous partons tous du même point commun qu’est notre naissance et finissons également au même point qu’est notre mort physique. Le cheminement entre les deux est unique à chacun et se nomme l’expérience. Je vous ai fait part du mien en espérant rendre le vôtre le plus agréable possible.

Comme disait Platon 400 ans avec Jésus Christ : « On ne peut guérir un organe sans guérir le tout. On ne doit pas soigner le corps séparément de l’âme, et, pour que l’esprit et le corps retrouvent la santé, il faut commencer par soigner l’âme. C’est une erreur fondamentale des médecins d’aujourd’hui de séparer dès l’abord, l’âme et le corps ».

Le ménage du printemps

L’écriture est un mode d’expression, parmi d’autres arts comme la musique, la danse, le théâtre et la peinture.

Personnellement, j’ai eu recours, et utilise encore parfois, l’écriture comme outil de thérapie, bien que d’autres techniques m’apparaissent aussi très bénéfiques. Dans mon cas, l’activité physique a d’ailleurs souvent exercé un effet thérapeutique. Une judicieuse combinaison de ces deux activités produit d’excellents résultats, selon ce que j’ai pu observer. Pour ma part, j’essaie de transférer le souffle et la discipline, développés dans l’entraînement de triathlon, à l’écriture de mes romans.

Peu importe ce qu’on couche sur le papier, peu importe l’histoire qu’on raconte, l’acte d’écrire comporte en lui-même, dès sa genèse, un effort de structuration des idées, des thèmes et des faits qu’on désire aborder. C’est un peu comme si nous faisions un ménage du printemps, dans toutes nos idées, qu’en pensez-vous?

J’ai eu l’occasion, à maintes reprises, de le faire, avant même que ce soit en vue d’écrire des romans! Le but poursuivi? Parvenir à mettre en mots mes pensées douloureuses. Voici quelques exemples.

Il y a vingt ans, j’échouais certains cours à l’université, entre autres en raison de difficultés rencontrées avec l’un de mes professeurs. J’aurais aussi bien pu décrocher au secondaire pour des raisons semblables et, avec le recul, je pense que je peux comprendre les jeunes qui le font! Parfois, la motivation pour l’apprentissage se développe à l’aide de liens émotifs qui se tissent entre l’enseignant et ses élèves. Il arrive parfois que ces derniers parviennent à se débrouiller seuls, galvanisés par leur propre curiosité et leur envie d’apprendre. Moi, j’étais simplement trop « sensible », je crois, par rapport à l’ensemble des élèves, et certaines émotions négatives me perturbaient dans mon cheminement académique. J’avais donc consulté un psychologue à ce sujet.

Ce spécialiste m’avait demandé d’identifier certaines situations où je me sentais « comme une merde », à cause de ce professeur. Par exemple, quand je voyais, au tableau, la note (D) qu’il m’avait attribuée : je ressentais de la colère, de la peur, voire un désir de représailles…

J’ai donc dû revenir chez moi et, dans la soirée ou quelques jours plus tard, faire un exercice d’introspection, et de mise en ordre de ces situations, des pensées et sensations s’y trouvant associées. Je jouais un peu au détective avec moi-même. Le critère guidant cet exercice? L’authenticité. Faire l’effort d’identifier la nuance, le caractère unique de ma situation. M’accorder le droit de laisser surgir des sentiments sans me juger ni redouter le jugement des autres. Par la suite, le psychologue m’avait suggéré de reprendre ce genre d’exercice quotidiennement, de repérer des situations où je me sentais ainsi, et de chercher à comprendre pourquoi.

Je devais donc me discipliner à écrire tous les jours, suivant une forme d’engagement, afin de valider ou de préciser ce que j’avais tout d’abord exprimé oralement au psychologue. Je faisais aussi l’inverse : reformuler verbalement ce que j’avais écrit quelques jours plus tôt. À bien y penser, il me semble que ce genre d’aller-retour révélateur se produit aussi en SLAM poésie, une pratique artistique que j’affectionne, et qui constitue à mon avis une thérapie mixte : orale et écrite.

Un tel va-et-vient m’a souvent aidé à découvrir l’origine de sentiments négatifs, et à envisager des solutions aux problèmes qui les généraient.

L’aventure de structuration de mon premier roman

Pour les futurs auteurs qui lisent cette chronique, cette section peut s’avérer utile. Tous connaissent le fameux syndrome de la page blanche, devenu presque un cliché dans les films mettant en vedette des romanciers. Ce mythe suggère que le roman s’écrit sans réaliser aucune structure préalable, spontanément, au gré d’une inspiration aléatoire.

La réalité s’avéra pourtant bien différente pour moi. La première mouture de mon roman a plutôt été bâtie en puisant aux multiples journaux personnels accumulés depuis une vingtaine d’années. Elle représentait une matière brute, un livre qui n’aurait pas nécessairement pu séduire une maison d’édition sous cette forme-là.

N’arrivant pas à terminer mon roman, je me suis contraint à soumettre mes 250 pages au regard aiguisé d’une spécialiste qui aide les auteurs à écrire. Si la première partie de la thérapie – la catharsis – avait eu lieu lors de mon premier jet, la deuxième – la confrontation avec le réel – s’amorçait. Soumis au scalpel d’une spécialiste en écriture, mon texte a été amputé, opéré à cœur ouvert. J’ai dû piler sur mon orgueil, mettre mon ego de côté.

Apprendre qu’on n’a pas le contrôle sur ce qui peut plaire ou non aux autres, apprendre à faire confiance à quelqu’un, se faire rappeler qu’on n’est pas parfait… ça ressemble à une thérapie, non? Pourquoi me soumettre à cette nouvelle épreuve?

Je voulais publier à tout prix! Il me fallait donc prendre les moyens nécessaires pour y parvenir. Oui, il existe sûrement des génies qui créent des chefs-d’œuvre sans l’aide de spécialistes. Mais je ne suis pas de ceux-là. Je connais mes limites. Tiens, j’allais oublier un autre des bénéfices de la thérapie : identifier ces fameuses limites, si personnelles à chacun! Après tout, qui n’a pas de limites? Par ailleurs, nos limites font partie de nous, nous n’avons pas le choix.

J’espère vous avoir donné un avant-goût des bénéfices de l’écriture en tant qu’outil de débroussaillage psychologique; bon ménage du printemps!

Le développement de l’intériorité par la méditation

Toutes les formes de cheminement personnel et spirituel ont pour but de révéler l’homme à lui-même. Lui faire découvrir ses beautés cachées, mais aussi ses peurs et ses nombreux dénis. Ce solennel chemin diffère pour chacun de nous et les outils intensifiant cette intériorité sont plus que nombreux.

La méditation demeure l’ultime moyen pour accentuer notre introspection et découvrir nos trésors enfuis. Les formes de méditation sont nombreuses, mais elles ont tous un but commun; conduire le méditant au cœur de son être afin qu’il y découvre son essence spirituelle, sa raison d’être et sa mission en ce monde. Il n’existe pas d’outil plus puissant pour harmoniser notre vie, nous guérir de nos maux et éclairer notre chemin. Depuis les âges les plus reculés, la méditation est pratiquée afin de répondre à ce besoin essentiel de vivre une existence plus riche de sens et elle a magnifié l’existence des sages et des saints.

Les bienfaits de la méditation ne sont plus à démontrer. La science moderne, avec ses instruments de pointe, est désormais capable de voir les phénomènes neurologiques et biochimiques induits par la pratique. Les résultats des analyses des chercheurs concluent que nous possédons là un outil pouvant mener tous hommes au bien-être, à la santé optimale et à la pleine émancipation. Dans les décennies à venir, nous assisterons à une popularisation croissante de la pratique de la méditation et l’intérêt collectif permettra son enseignement dans les écoles dès le plus jeune âge.

Nous entrons dans une ère de spiritualité vivante où l’humanité entière ressent un besoin croissant de reconnexion avec la nature et les cieux. Cette nouvelle spiritualité unifiée à la science nous est indispensable pour résoudre les problèmes auxquels collectivement nous faisons face. Par ailleurs, c’est par un changement de conscience individuelle que l’humanité retrouvera son équilibre. Chacun de nous doit apprendre à fermer les yeux et tourner son attention sur son cœur et y faire le silence. La solution à un monde en paix ne se trouve ni dans les lois ou les décisions politiques, mais dans l’élévation de la pensée de chacun de nous. Selon l’ancien axiome « le petit est comme le grand », ce qui se produit en chacun affecte l’ensemble. Or, le monde guérira par notre propre guérison. En définitive, le plus grand acte de service qu’un être peut faire pour l’humanité est de trouver son propre centre spirituel et de s’y soumettre par la méditation.

La méditation n’est pas une pratique de détente, mais bien spirituelle. Elle consiste à placer le méditant sous l’égide de son pouvoir inné. Ce centre de paix inaltérable situé au-delà des pensées, des émotions et des tribulations. En effet, il existe en nous un état immaculé ou règne une pureté incorruptible. Nous n’avons ni à l’imaginer, ni à le développer. Il s’agit simplement d’aller à sa rencontre. Notre identification exagérée à la forme extérieure, à nos activités, à nos plaisirs ou nos déplaisirs, nous place dans un état d’engourdissement spirituel. Cette inconscience crée un écran entre l’habitant lumineux en nous et la coquille qu’est notre ego.

La pratique de la méditation devient une nécessité lorsque notre mode de vie actuel arrive à un cul de sac. Lorsque nous réalisons que nous n’avons pas su répondre à toutes nos questions existentielles et que par nos efforts personnels nous n’avons pas réussi à réaliser l’harmonie dans notre vie, la méditation brille de sa pleine puissance nous invitant dans la lumière. Nous nous ouvrons à la méditation parce que nous ressentons un appel vers une vie plus riche de sens et de possibilités supérieures. Si vous désirez profondément réussir votre vie et y percer ses multiples mystères, la méditation se placera sur votre chemin comme le plus sublime instrument de salut.

J’ai découvert la pratique de la méditation à une époque de ma vie où rien ne fonctionnait comme je le souhaitais. J’étais donc dans un état d’ouverture complète. En effet, la suffisance et la satisfaction de soi-même ne sont pas d’heureuses prérogatives pour s’initier à la méditation. Or, à cette époque, j’étais conscient de mon mal-être et je désirais éperdument une renaissance. Lorsque je fis la rencontre d’un sage, son enseignement m’a traversé droit au cœur comme les premiers rayons de soleil après une nuit arctique. Ce fut pour moi la plus grande découverte de mon existence et la méditation m’a littéralement tiré des ténèbres. Par la pratique assidue, j’ai trouvé un état ou l’amour et la paix ne se couchent plus. Depuis maintenant 22 ans, je transmets les secrets de l’art sans âge de l’union spirituelle à mon école de Montréal et maintenant en ligne sur internet.

L’éco-village TerraVie

Cheminer dans la vie de… Nicole Fafard

Entrevue réalisée pour la revue Cheminement par Manon Duguay

Nous savons que tu es naturothérapeute, herboriste et peintre.  Nous savons aussi que tu travailles avec les semences ancestrales.  Et surtout, que TerraVie, ton grand projet d’éco-village, avance à grands pas.  Tu es une femme d’action qui travaille concrètement pour l’environnement.  Tu es aussi la gagnante canadienne 2008 du prix Terre de femmes offert par la Fondation Yves Rocher.

NF : Oui, j’ai cheminé d’une façon très concrète pour vivre dans des projets d’éco-villages et des projets communautaires.  Je me suis consacrée à mettre des semences dans la terre, et à voir passer les cycles de la nature.  C’est beaucoup plus réel de voir ce mouvement vers la nourriture, la santé.

MD : Où a commencé ton cheminement?  Où as-tu commencé à prendre conscience de l’environnement?

NF : J’ai étudié en littérature et en théâtre.  Mais mon cheminement n’était pas l’école, je ne m’y sentais pas bien.  Ce n’était pas ma façon naturelle d’apprendre.  J’avais le goût de voyager, alors je suis partie.  J’ai passé quelques mois dans l’Ouest canadien à apprendre l’anglais.

Puis, je me suis blessée en ski.  Une longue convalescence.  Je prenais des médicaments pour la douleur.  J’avais le nerf sciatique tellement endommagé que les médecins voulaient m’opérer.  Ils me disaient que je ne pouvais plus faire de sport, et les sports ont été un tremplin important dans ma vie.  Donc, dire que mon corps a besoin d’aide m’a demandé toute une introspection.  J’avais une décision à prendre et cet accident m’a menée vers les médecines alternatives.  Ça m’a ouvert la porte à la spiritualité.  Je considère la découverte des médecines alternatives comme un cadeau du ciel.  Tout ce questionnement m’a conduite en Californie où j’ai appris de plus en plus sur les médecines alternatives.

La vie nous guide.  J’ai fait des rencontres qui m’ont amenée à partir pour l’Australie.  Là-bas, j’ai travaillé comme gérante d’artiste pour le gouvernement australien.  J’adorais travailler avec les groupes d’un peu partout dans le monde.  Et l’aspect autochtone me parlait.  J’étais fascinée par leurs valeurs pures.  Après l’Australie, j’ai encore beaucoup voyagé, puis j’ai voulu connecter avec les peuples autochtones.

Et quand nos désirs sont clairs, la magie agit.  De retour à Vancouver, j’ai rencontré des gens qui s’en allaient visiter les indiens Hopis.  Je suis partie avec eux.  Ça été le début d’un cheminement avec les autochtones.  J’ai passé du temps avec les amérindiens au Nouveau-Mexique, et en Arizona.

Après une escale d’un an au Québec, je suis allée à Mont Shasta, un endroit reconnu pour sa spiritualité, très nature.  J’ai senti que je me reconnectais avec la nature.  Je me suis dit que si un jour je revenais au Québec, ce serait à partir de la nature.

Après le Mont Shasta, j’ai vécu 7 ans à Hawaï.  J’ai vécu dans des structures naturelles, dans la nature, avec une communauté un peu Mauï.  Au début, on était peut-être une quinzaine de personnes.  Il y avait plusieurs petites communautés avoisinantes avec beaucoup d’échanges et de collaboration.

Je sentais que je faisais quelque chose de positif.  Ça été une période magnifique.  J’ai pris le temps de m’asseoir, de regarder les grenouilles, de regarder comment fonctionnent les insectes, de reconnecter avec la nature.  J’ai pris le temps d’observer.  Là-bas, nous vivions à l’énergie solaire avec des structures qu’on construisait nous-mêmes.  Nous faisions des jardins, avec beaucoup de plantations.

J’y ai rencontré deux grands-mères très près des plantes avec lesquelles j’ai appris l’herboristerie.  Elles me disaient que ce sont les plantes qui nous enseignent et qui communiquent avec nous.  Ce n’est pas dans les livres qu’on apprend.  C’est comme ça que j’ai appris le plus au niveau de la naturopathie.

J’ai découvert les esprits de la nature, qu’ils appellent les petites algues de la nature.  J’ai pris le temps d’être là, d’ouvrir mes sens à une communication plus intime avec la nature.  Je me suis impliquée socialement.  J’y ai acquis mon expérience d’éco-village ou d’éco-communauté.  En l’an 2000, j’ai ressenti le besoin de voir ma famille, de revenir ici.  C’était difficile.  Je ne voulais pas partir des tropiques.  Mais toute ma vie j’ai fait confiance à mon intuition, alors je suis revenue.

Je suis allée chercher mes licences en naturopathie et en herboristerie.  Je me suis remise à travailler.  J’ai loué une maison pour essayer de m’habituer à cette vie.  Je n’étais pas capable.  J’étais trop imprégnée par la vie communautaire.  La vie dans la nature me manquait.  Alors graduellement, j’ai regardé ce qui se passait au Québec.  Je cherchais des projets d’éco-village, de communautés écologiques.  Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais.

Plusieurs personnes me disaient rêver d’une telle communauté.  J’ai fait des recherches et TerraVie a commencé à mijoter.  Dans ce temps-là, j’habitais à Val-David.  J’avais loué une grosse maison qui est devenue un genre de maison collective.  Tout de suite, il y a eu beaucoup de musique.  Je parlais de communautés.  Je demandais est-ce qu’on fait un éco-village?  C’était oui.  On a commencé à être plus concrets.  En décidant de revenir au Québec, je savais que je revenais pour accomplir quelque chose.  Je me suis dit que j’allais construire un éco-village.  Je l’ai pris au sérieux.

MD : Bâtir une communauté, c’est beaucoup de travail.

NF : À Hawaï, j’habitais sur des terrains où les gens avaient déjà fait le travail.  Ils étaient dans le quotidien du financement.  Un aspect que je n’ai jamais touché.  La mise en forme de TerraVie a été vraiment progressive.  Nous regardions des terrains en même temps que le processus évoluait.

TerraVie, c’est faire un éco-village.  Construire une petite maison écologique tout en regardant l’aspect collectif.  Quand j’habitais en Californie, et à Hawaï, j’avais assisté à des rencontres sur les fiducies foncières.  J’étais intéressée par leur fonctionnement.  J’ai fait des recherches au Québec sur les communautés basées sur des fiducies foncières habitables, il n’y en avait pas.

Au Québec, les projets étaient souvent privés.  Donc des gens qui achetaient des terrains et qui s’organisaient en communautés.  J’ai rencontré plusieurs anciens du mouvement par l’entremise de TerraVie.  Je partais d’un contexte de vivre dans la nature à Hawaï, vraiment pieds nus dans la nature.  Pour moi c’était ça l’environnement.  Et me voilà à monter une structure légale, organisationnelle et administrative, avec les gouvernements.  Il y a eu une rencontre avec André Boisclair, alors ministre de l’Environnement.  Nous avons parlé de zonage indigo et de fiducies foncières communautaires.  La réunion a été formelle, mais super sympathique.

Mettre TerraVie en place, était un besoin personnel.  Je sentais qu’il fallait être plus local ou autonome par rapport à nos ressources naturelles.  Je voulais faire des jardins, faire des échanges, comme à Hawaï où il y avait énormément de troc.  J’étais bien dans l’aspect communautaire.

Je me suis promenée dans plusieurs villes de Polynésie.  J’étais attirée vers les festivals autochtones.  Les Polynésiens sont des gens simples aux yeux brillants, toujours le sourire aux lèvres, et ils n’ont pas grand-chose.  Alors je me disais qu’il y a vraiment quelque chose, dans leur façon de vivre, qui est sain.  Le jet set moderne est plate.  J’étais toujours mieux quand je revenais dans le bois, dans la nature près de gens aux valeurs simples.  On ne peut pas retourner à la survie dans la nature où on se déconnecte des technologies.  Mais nous pouvons créer un équilibre… que ce soit un choix, comme le mouvement simplicité volontaire, ou choisir de moins consommer.  Ça veut dire être plus autoproductif au niveau de l’alimentation, encourager des produits et services locaux.

Ici, l’été, nous faisons partie des marchés à Val David.  Ils existent depuis 4 ans.  C’est le premier élan de marchés comme ça que je connais dans les Laurentides.  Les gens adorent aller acheter des produits directement des producteurs, même si ça coûte 50 cents de plus.

MD : Que cultivera TerraVie?

NF : Nous allons cultiver beaucoup de produits.  Nous étudions présentement la possibilité d’acquérir l’ancien magasin général du village.  Ça fait 10 ans qu’il est fermé.  On y ferait un café, un genre de place recyclée.  Pour les produits locaux.  Pas juste de nos projets.  TerraVie est un pont.  On veut encourager les gens locaux.  Ramener un peu cet élan de participation, de manière abordable.

Ici, au Lac des Becs-Scie, il y a beaucoup d’habitations, mais je connais peu de personnes car il n’y a pas d’endroit central pour rencontrer les gens.  Les gens se regroupent à travers les marchés qui commencent à prendre forme au Québec.  On le voit dans différentes régions.  Il y a un élan de retour à des produits sains.

Je reviens toujours à ce qui a motivé TerraVie.  Les bases sont le contact avec la nature.  Terravie est un organisme de conservation qui appartient à tout le monde.

MD : Où en est TerraVie dans son développement?

NF : TerraVie a mis en place l’aire protégée à Montcalm, la 2e aire protégée des Laurentides.  Le terrain est acheté sur les rives du Lac Brochet.  Nous avons 24 conventions vendues, pour 24 maisons pour 24 familles.  La coopérative est en place.  Les infrastructures seront aménagées cette année.  TerraVie commence à bâtir les maisons au printemps 2009, en partie avec des matériaux recyclés.  Celles-ci utiliseront l’énergie solaire.  Les plans sont faits, les critères de développement sont en place.  L’éco-village devient réalité.  TerraVie prévoit déjà l’achat de d’autres terrains.  Un modèle à suivre pour le développement d’une économie sociale durable et la création d’autres éco-villages au Québec.

MD : C’est fantastique.

NF : C’est fantastique.

Merci, Nicole!

Pour tous les détails sur le fonctionnement de TerraVie et leurs projets d’avenir, lisez l’entrevue en entier au www.cheminement.com. TerraVie : www.terravie.org.

L’envol du papillon : éloge de l’ermitage

Le papillon monarque nous impressionne par sa beauté. Aérien, il fréquente le soleil et les fleurs. Gracieux, léger, il est pourtant robuste et capable de hauts vols et de longs voyages. Ce papillon qui nous émerveille a pourtant été une chenille. Une chenille qui s’est enfermée dans un cocon de soi(e) pour accomplir cette extraordinaire transformation.

Nous, les humains, sommes aussi appelés à changer au cours de notre vie et nous avons besoin d’un environnement propice pour y parvenir. Un ermitage est un de ces lieux qui offre, tout comme le cocon, un endroit protégé, solitaire et silencieux, favorable au recueillement et à l’introspection. La chenille semble se replier sur elle-même et se cacher, isolée et solitaire. Elle est en fait à s’accomplir, à se reconstruire, à se métamorphoser, à se préparer à voler avec ses congénères. L’ermite fuit momentanément le bruit et la folie du quotidien, du monde et de la ville pour entendre sa parole intérieure, pour toucher le cœur de son être, se régénérer, et être capable de mieux aimer et entrer en relation avec les autres. La chenille a tout ce qu’il faut en elle-même, simplement, malgré la magie qu’elle opère. Notre inconscient et notre corps sont des guides sûrs pour nous indiquer nos ressources; ils nous révèlent les mystères de l’invisible qu’est notre monde intérieur.

Une chanson dit : « Tu trouveras la paix dans ton cœur, et pas ailleurs ». C’est vrai. Si ce que l’on cherche est d’être en harmonie, enraciné, heureux, connecté à soi, aux autres et à son environnement, il n’est pas nécessaire d’escalader la plus haute montagne ou de se perdre dans un désert où il y a des mirages. Se donner un temps sacré, se retirer dans le calme, loin des distractions, est une solution parfaite pour un nouveau souffle. C’est une vacance pour l’âme et le corps.

Contrairement à la chenille et au papillon, les changements pour nous sont plus nombreux et ils peuvent être de nature différente. Quand on décide d’un ermitage, on peut le faire pour diverses raisons. Se reposer, se détendre, afin d’en ressortir rafraîchi, rempli d’énergie. Réfléchir pour pouvoir poser un regard neuf sur sa vie. Traverser un épisode de détresse afin de toucher à l’espérance et à la joie. Panser ses plaies pour guérir d’un problème de santé physique ou psychique. Accepter de ressentir sa souffrance refoulée pour s’en libérer. Oser explorer des zones obscures pour y voir clair.

Il ne faut pas avoir peur de cette expérience qui ramène aux sources, à ses origines, seule manière de prendre contact avec soi, de se sentir cohérent, authentique. Retrouver ses racines signifie aller vers ce qui a un sens réel pour nous, une résonance, et cela doit nous ressembler. Il n’y a pas si longtemps, nos parents ou grands-parents connaissaient bien cette idée d’une retraite occasionnelle et plusieurs la pratiquaient. On allait faire son « examen de conscience », c’est-à-dire réfléchir et éclairer les recoins de son « âme ». Cet héritage, cette tradition de sagesse s’est presque perdue, alors qu’on se cherche éperdument. Si autrefois la retraite se faisait dans un contexte religieux, il existe aujourd’hui quelques rares ermitages laïcs qui ne font la promotion d’aucune spiritualité.

Qu’on ressente de l’insatisfaction face à sa vie, ou un désir de dépassement, ce ne sont souvent pas les quelques jours ou semaines de temps libre qui nous aident vraiment. Au moins une fois dans sa vie, il vaut la peine de s’accorder un temps précieux, de renoncer aux divertissements pour se retirer. Suivre son élan vital, se faire confiance, s’abandonner à son destin. Oser s’entendre, se ressentir, vibrer par tant d’intensité, pour que la chrysalide sorte de l’ombre et prenne son essor dans la lumière.

Et si la chenille avait refusé de s’enfermer dans son cocon?