Découvrir l’essentiel de la vie

Il y a des instants incontournables dans la vie, des moments où tout semble basculer. En observant attentivement et avec un recul ces périodes de vide ou de changement, nous réalisons qu’elles furent à l’aube d’une nouvelle page de notre existence. Quand apparaît l’aurore suivie du lever du soleil, le doute fait place à la grâce de la sérénité.

Il n’est pas bon ni mauvais d’être cérébral. On est ainsi fait et on peut en tirer le meilleur parti. L’intellect est un outil fort précieux qui ne doit toutefois pas nous dominer. Une fois l’analyse et l’étude complétées sur un sujet précis, il faut apprendre à se discipliner et recevoir par l’intuition. Tout un art que je ne maîtrise pas encore, mais que je m’applique à pratiquer au mieux de ma connaissance. C’est un long cheminement qui dure toute la vie. N’est-ce pas là le but ultime de notre présence ici-bas?

Le voyage de l’incarnation représente une expérience fabuleuse qui vient avec son lot de joies et d’épreuves. Tôt ou tard, l’être humain se demande pourquoi il est sur terre et vers quoi il se dirige. Chaque personne trouve ses réponses alors que chaque réponse peut engendrer une nouvelle question. Il faut parfois rencontrer la souffrance pour mieux se connaître, mieux se comprendre et mieux s’orienter dans la vie.

Mes trois ponts vitaux vers l’essentiel : les gens, la nature incluant les animaux et quelques objets matériels

La célèbre phrase « L’enfer c’est les Autres » tirée de la pièce Huis Clos (1944) du philosophe français Jean-Paul Sartre est bien connue de tous. Interrogé sur le sens de son propos, Sartre explique : Mais « l’enfer c’est les Autres » a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’étaient toujours des rapports infernaux. Or c’est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut-être que l’enfer. Pourquoi? Parce que les autres sont au fond ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Cette mise au point faite par l’auteur lui-même replace les pendules à l’heure. L’enfer vient souvent de soi et pas des autres.

En octobre 2003, Jacques Salomé, psychosociologue et écrivain, publiait « Heureux qui communique » dans lequel il souligne l’importance de la communication et des relations humaines. L’histoire de la littérature et l’histoire tout court nous permet de comprendre que l’homme est un être essentiellement relationnel qui a besoin des autres pour exister.

Au fil du temps, j’ai saisi que l’essentiel réside à proximité de nous, dans notre quotidien. Comment s’épanouir sans entrer en communication avec les autres? Comment être heureux sans apprendre à donner et à recevoir du bonheur autour de soi? Où trouver cet essentiel si ce n’est au contact de ces personnes qu’on a le privilège de côtoyer, de ces animaux qui nous guident par leur sagesse et de cet environnement que l’on se crée à notre image. Ma vie est tissée de fils d’amour et d’amitié qui ont plus de valeur à mes yeux que tous les biens matériels aussi luxueux soient-ils.

Dans la solitude et le recueillement, l’ermite arrive aussi au nirvana par un autre chemin. Cette approche mystique n’est pas à la portée de tous. Celui qui s’isole n’est pas toujours sur la voie de la sainteté. La fuite de nos pairs, de la saine confrontation et du compromis démontre souvent un mal de vivre qui pousse au retrait. C’est au contraire à la rencontre des autres qu’on croise l’image de Dieu à travers nos échanges constructifs.

Il en faut du temps pour comprendre et encore davantage pour apprendre à apprécier cet essentiel que le Petit Prince disait invisible pour les yeux. Réussir à aimer du plus profond de son cœur, vivre la rencontre des gens et des quadrupèdes sans préjugés ni attentes conduit à savourer l’existence de son vrai moi. On se dépouille alors des soucis anodins pour entrer dans une lumière chaude et réconfortante. On arrête de courir après l’inaccessible étoile pour ouvrir son âme à chaque être vivant, peu importe son rang social, son âge, sa couleur ou son espèce.

Des Êtres, parfois des choses, marquent notre chemin et j’ai éprouvé une joie intense à les revisiter en écrivant ce livre. En portant mon regard sur l’essentiel, j’ai retrouvé ces gens, ces animaux et cet environnement qui m’ont façonnée et qui m’ont inspirée. Sans eux, je ne serais pas devenue celle que je suis, sans eux la vie n’aurait pas la même saveur. Je parle d’eux avec simplicité avec l’espoir de susciter en vous la curiosité de découvrir vos propres trésors de vie, ceux qui peuvent vous aider à comprendre le mystère de l’amour et le privilège de la communication. Je fais enfin le vœu qu’après avoir lu sur eux et vu leur photographie, vous aimiez aussi ces personnes, ces animaux et ces objets que j’ai le bonheur de connaître.

Fleurs de Bach

Les fleurs de Bach (Bach Flowers Remedies) sont des essences fabriquées à partir de fleurs sauvages, de plantes et d’arbres. Elles existent depuis plus d’une soixantaine d’années et constituent un apport important dans le soulagement de la souffrance humaine, grâce aux travaux du Dr Edward Bach, en Angleterre. Voici un bref aperçu de son cheminement.

Cet homme naquit le 24 septembre 1886 et devint docteur en 1912. « En 1913, ce jeune médecin anglais, déçu par les limites de la médecine trop occupée à considérer le corps du malade comme un laboratoire et une mécanique qu’il faut réparer, décide d’écouter son intuition et part à la découverte de l’être humain. » Après quelques années de pratique générale, il oriente ses recherches en bactériologie et met au point un vaccin composé de bacilles intestinales; cela s’avère très aidant auprès des gens souffrant de maladies chroniques telles que l’arthrite, les rhumatismes, les migraines… Il va ensuite travailler au London Homeopathic Hospital, où il fait connaissance avec l’homéopathie de Hanneman. Il crée alors dans son laboratoire des dilutions constituées de ses vaccins qu’il nomme nosodes. Il obtient des résultats remarquables, mais il est déçu de constater qu’il n’arrive pas à traiter tous les gens et il pousse plus loin ses observations en intensifiant ses recherches sur l’aspect psychique de la maladie. Il avait déjà remarqué que la personnalité de l’individu prenait souvent plus d’importance que les symptômes physiques dans sa maladie; plus ses recherches avancent et plus il est évident pour lui que la maladie origine d’une consolidation d’attitudes qui se répercutent sur le corps et qu’elle survient lorsque la personnalité ne se laisse plus conduire par l’âme, donc, qu’il y a dysharmonie dans l’être. Il regroupe alors les façons d’être et de réagir des gens, les états émotionnels, qu’il rassemble en 7 groupes :

  • Les états de peur
  • Les états d’incertitude
  • Les états d’intérêt insuffisant dans les circonstances présentes
  • Les états de résignation et de désespoir
  • Les états de préoccupation du bien-être des autres
  • Les états d’extrasensibilité aux idées et aux influences
  • Les états de solitude.

Le Dr Bach pressent que c’est dans la nature qu’il doit chercher les remèdes qui ramèneront l’équilibre chez les êtres et c’est là qu’il y trouvera 38 essences ayant des caractéristiques bien précises. On retrouve, par exemple, plusieurs essences dans les états de peur, selon que le ressenti est une peur connue, de l’angoisse ou de la panique; il en est de même pour chaque groupe. Il existe aussi un remède secours (rescue remedy) qui est composé de 5 essences et qui est utilisé pour les états d’urgence (choc, panique, perte de connaissance, nouvelle bouleversante).

La force du système est sa capacité d’éveiller le potentiel de guérison inscrit en chacun, autant chez les adultes que chez les enfants et chez les animaux. Les essences ont une action essentielle sur la nature vibratoire de l’individu. Elles peuvent être comparées à un accordeur de piano face à une âme qui souhaite jouer sa propre symphonie sur le clavier d’un piano désaccordé. L’énergie harmonisée par les essences va attirer les circonstances pour aider la personne à comprendre ce qu’il y a encore à corriger. Cela apporte « une aide considérable sur le chemin de la transformation intérieure ». Les essences apportent une harmonisation des émotions, un équilibre, permettant à la personne de retrouver ses qualités premières, son identité propre.

Chaque état nécessite une essence précise et il est possible d’en mélanger plusieurs, sous formes de gouttes, qui peuvent être combinées aux médicaments allopathiques sans interférer et sans être dérangées par ces dernières. La durée de la prise varie d’une seule fois à plusieurs jours, semaines et même mois, selon qu’il s’agit d’un trouble ponctuel ou chronique. Quant au mode de préparation, il est demeuré le même, dans le respect de la pensée du fondateur qui recherchait avant tout l’efficacité dans la simplicité.

Les essences sont maintenant connues et répandues à travers le monde et sont utilisées chez toutes sortes de discipline (thérapeutes de médecine naturelle, médecins, chiropraticiens, psychiatres, psychologues, sages-femmes, pédiatres, etc.). De nombreux livres ont été écrits sur le sujet, d’abord par le Dr Bach, par ses assistants et aussi par des praticiens qui ont expérimenté les essences et qui ont adopté la même approche.

Voici, en terminant, une citation tirée du psychothérapeute Michel Kuc, dans son livre écrit en 1993, intitulé l’Autosabotage, où il recommande la prise des remèdes floraux du Dr Bach afin de « dénouer certains blocages psychologiques, accélérant ainsi le retour à une stabilité… ». Il ajoute ensuite : « le remède d’urgence (rescue Remedy) semble présenter un effet calmant et stabilisant dans les situations de stress extrême…, c’est un remède naturel et efficace dans les traitements de l’inversion psychologique (autosabotage) ». Voilà une belle conclusion qui confirme l’aide précieuse que nous transmettent ces essences que le Dr Bach appelait « les remèdes aux simples », nous permettant de traverser certains moments difficiles de façon plus harmonieuse.

Chirologie védique : un outil pour trouver le bonheur

Nous souhaitons tous être liés à quelqu’un ou à quelque chose. Nous nous tournons vers notre famille, nos amis, notre collectivité, notre carrière et notre culture pour nous aider à déterminer qui nous sommes. Lorsque nous perdons un être cher, que nous déménageons loin de nos amis ou que nous amorçons une nouvelle carrière, le sentiment de perte que nous éprouvons pourrait nous amener à croire que nous avons laissé derrière nous une partie de nous-mêmes. Pourtant, notre solitude nous offre la chance de prendre conscience de notre nature véritable. Au lieu de chercher à satisfaire notre besoin instinctif de créer des liens avec les autres, nous sommes obligés de nous tourner vers nous-mêmes.

Cette impression que le « moi » est distinct des « autres » fait partie de notre compréhension de la dualité inhérente de l’univers. Cependant, comme on le retrouve dans l’explication des gunas, la dualité n’est en réalité qu’une illusion. Il existe un point où le moi devient l’autre et où l’autre devient le moi. Il règne dans ce point central une grande paix et une énorme puissance. En trouvant ce centre en nous, nous réalisons que nous ne pouvons jamais être séparés de ceux que nous aimons et que nous n’avons pas besoin d’être seulement une partie d’un tout. Nous sommes aussi ceux que nous aimons et vice-versa; nous pouvons atteindre l’être suprême en nous, et la multitude devient l’unique.

De nos jours, notre souci d’être indépendant et d’affirmer notre individualité a conduit à un sentiment croissant d’aliénation. Nos structures sociales et politiques sont de plus en plus décentralisées. Les cycles de prospérité et de récession économique, ainsi que les luttes visant l’affirmation de l’identité nationale et religieuse forcent une redéfinition géographique mondiale. De nouvelles technologies, conçues pour nous faciliter la vie, réduisent les contacts humains. La plupart des gens changent de carrière de trois à six fois durant leur vie. Même si les idiomes que nous utilisons trahissent notre sentiment d’aliénation. En périodes de crise, on dit que l’on est « hors de soi ». Nous nous sentons perdus, coupés non seulement du monde, mais aussi de notre vraie nature. Nous pouvons avoir besoin de temps pour « nous retrouver », mais où faut-il chercher? Bon nombre d’entre nous se tournent vers les voyages ou les nouvelles amitiés; nous adoptons de nouveaux passe-temps ou de nouveaux intérêts; nous pouvons aussi changer de partenaire ou suivre une thérapie. Nous cherchons à l’extérieur de nous le remède à un problème que nous ressentons intuitivement comme un malaise intérieur.

Pourquoi ces méthodes échouent-elles? Ou, si elles semblent fonctionner pour un certain temps, pourquoi n’engendrent-elles pas des changements durables? Même si nous éprouvons au fond de nous le désir profond de nous unir à quelqu’un, à quelque chose ou à une force inexplicable, notre esprit a accepté l’illusion que nous sommes des êtres uniques et différents. Si nous avons une croyance religieuse, Dieu pourrait nous sembler inaccessible et tout-puissant, totalement différent de nous, pauvres mortels. De nombreuses religions véhiculent la notion d’une vie après notre existence terrestre qui constitue la récompense d’une « bonne vie » et où nous pourrons rencontrer notre Créateur. Pourtant, selon les enseignements védiques, nous pouvons ressentir la béatitude promise par Dieu avant notre mort; nous pouvons découvrir le monde de l’âme dans cette vie.

La chirologie védique

Au fil des siècles, de nombreuses techniques ont été mises au point pour nous aider à trouver l’harmonie. La chirologie est une méthode qui permet d’établir le degré d’intégration entre les forces de sattwa, de rajas et de tamas en chacun, par l’examen des caractéristiques de la main.

En chirologie védique, tous les aspects de la main sont examinés du point de vue de l’équilibre. Les endroits où les deux mains diffèrent constitueront la plus grande cause de friction et la meilleure chance de transformation personnelle. En découvrant où les déséquilibres existent dans nos mains, et en comprenant l’origine du déséquilibre, nous pouvons apprendre à nous débarrasser de nos comportements négatifs et à atteindre un équilibre. Voici un cas illustrant comment les lignes changent.

Laurent, qui avait du succès dans le monde du spectacle grâce à son numéro de clown, décida de se mettre à son compte. Cependant, la pression du trac l’angoissait de plus en plus. Son mode de vie se traduit dans l’empreinte « avant » par un réseau très serré de lignes. L’empreinte « après » montre la même personne, 18 mois plus tard. Pendant cette période, tout en assurant le succès de son entreprise, Laurent a fait du yoga et de la méditation, ce qui lui a permis de changer sa façon de voir la vie. Le réseau de lignes sur sa main montre moins de stress et reflète son nouveau mode de vie. Laurent éprouve donc moins de stress comme l’indique un réseau de lignes moins serré dans l’empreinte « après ».

Le couple comme unique – Le couple comme union

Voir ce qui manque à notre âme dans le regard de l’amoureux qui nous tient dans ses bras est comme un baume au cœur de la solitude.  Trouver celui ou celle qui colle parfaitement à la partie manquante de nous-même est toujours un cadeau merveilleux que la vie offre à tous sans exception.

Le défi commence dès lors que le couple formé s’oublie dans une illusoire plénitude qui oblige chaque partenaire à ne devenir que la moitié de ce qu’il est réellement.  La fusion est le processus initial de toute rencontre dès l’instant où le spermatozoïde et l’ovule mélangent dans la joie leurs histoires génétiques.  Tendre roucoulement de la vie à deux, sensation vibrante du corps qui s’expanse sous le regard étincelant de la vie recréée.  Prodigue de l’amour qui rend le gris des édifices presque tolérable, la pluie devient une amie qui incite à la paresse au lit, le vent devient charmant en ébouriffant les amants et tout ce qui ne peut être dit se lit mieux dans le sourire des yeux.  Quel prodige d’être amoureux, comme des enfants, ivres du sein de leur mère, ivres de contact et de fous rires.

Quel vertige de devenir l’amour et eux quand la folie s’étiole et que les mots, les corps, les idées s’éloignent, enfermant chaque moitié redevenue seule dans le vide du manque.  Séparation vitale, nécessaire car la fusion ne peut être qu’éphémère.  Au commencement de la vie, les cellules toutes identiques se séparent un jour pour devenir ce qu’elles doivent être.  Comme l’enfant quitte la mère, mari et femme doivent se transformer pour redevenir aimants.  L’amoureux ne peut continuer « à être l’objet du désir de l’autre », car il s’oublie et se noie dans des attentes insensées.  Cette légendaire mais tout à fait physiologique crise de couple survient toujours au bon moment même si elle ressemble à une tempête de mauvais sentiments.  À l’instar des adolescents, certains couples deviennent boutonneux, grincheux, claquant la porte parce qu’ils ne savent plus dire « je t’aime ».

La vie se partage alors en parallèle, chacun sur sa rive tentant de se redéfinir sans dépendance à l’autre, pour être à nouveau un individu entier.  Pour certains, la rive est symbolique, se creusant sous le même toit dans des silences et des évitements qui guérissent grâce au temps.  C’est dans cette période douloureuse que l’on constate que le sentiment amoureux ne se commande pas, qu’il peut disparaître tout simplement même sans colère sans haine et que l’on ne sait plus comment faire pour retrouver le contact.  Mieux vaut alors laisser l’espace faire son œuvre, faire chambre à part, maison ou même vacances à part!  Au terme de cette absence de communication, le couple sait s’il se retrouve sur la même rive ou si la séparation réelle est seule solution d’amour.  Tout cela sera plus facile si chacun accepte d’ouvrir les yeux de son cœur plutôt que de blâmer l’aveuglement de l’autre, au risque de laisser un amoureux adolescent aux prises avec ses tourments qui cherchera à nouveau la moitié idéale dans le jardin des passions.

La roue tournera encore, même pour ceux qui sont restés ensemble, prêts à s’engager de nouveau dans un contrat de mariage qui devient sacré pour permettre d’accéder au véritable couple uni où un plus un égale trois.  C’est une petite histoire d’amour que chacun veut écrire avec un grand A, puisque « amour » en langage des oiseaux donne « a privatif de la mort » (G. Athias).  Voilà pourquoi l’amour permet de guérir.

Le chemin du cœur amoureux n’est pas une ligne aussi droite.  Il y a plein de sentiers buissonniers, de petits détours secrets, de grandes clairières rassurantes et de sous-bois oppressants.  Tout comme nous aspirons à retrouver l’unité en nous, nous cherchons dans ce paysage l’amour unique, celui qui laisse sa marque dans les sillons du cœur, celui qui aspire au partage et à l’échange pour un brin d’éternité.

N’être qu’une moitié ne peut pas nous combler.  Rester séparé risque de nous faire ressembler à « certains couples (qui) font penser à deux fous dont chacun serait persuadé d’être l’infirmier de l’autre » C. Bobin

Être deux réunis est un bien beau défi qui se vit dans l’aventure d’une communication vivante et durable avec l’être aimé et aimant.

Oser être un bon compagnon pour soi – Un beau cadeau

En découvrant que la personne avec laquelle nous passons l’essentiel de notre vie, c’est nous-même!

En se rappelant que la pire des solitudes n’est pas d’être seul, mais de s’ennuyer en sa propre compagnie!

En acceptant d’entendre que la violence la plus subtile que nous pouvons nous infliger est de ne pas se respecter en se laissant définir par les peurs ou les désirs de l’autre!

En prenant le risque de dire un oui qui soit réellement un oui qui nous engage ou un non qui corresponde à notre ressenti et à nos limites. En veillant à rester en accord avec le meilleur de nous.

En accueillant le présent comme un PRÉSENT, et chaque manifestation de la vie en nous et autour de nous comme l’équivalent d’un miracle unique.

En n’oubliant pas que même s’il arrive à des événements, de se présenter sous leurs aspects les plus négatifs, ils contiennent aussi une part de lumière qui peut éclairer nos zones d’ombres.

Notre existence a besoin de tout notre amour pour nous révéler et nous permettre d’accéder au meilleur de nos possibles. Oser être un bon compagnon pour soi-même, c’est un beau cadeau à se faire à soi et à tous ceux que nous aimons.

Les vacances : le bonheur de s’évader

Le mot « vacances » se définit comme « un repos marqué par l’absence des activités habituelles ». Peu importe l’avenue empruntée quant au choix de la destination, l’important c’est de lâcher prise !

Selon les moyens financiers dont chacun dispose, l’envie de découvrir d’autres horizons tout en pratiquant un sport (vélo, ski, marche, etc.) ou encore l’urgence de se prélasser au chaud ayant comme préoccupations principales le bronzage, le sommeil et l’alimentation – dans l’ordre –, le seul moyen d’apprécier les vacances choisies demeure l’abandon total de l’esprit.

Adieu la culpabilité !

Parmi les nombreux facteurs qui nourrissent le sentiment de culpabilité, le chantage et les punitions occupent une place prédominante. Rares sont ceux qui se penchent sur les causes profondes, présentes dans la vie quotidienne de bon nombre de personnes, d’une sensation tellement intégrée qu’il devient presque impensable de remettre en question cette notion. Et pourtant! Pour être heureux en vacances, il faut décrocher complètement du quotidien afin d’expérimenter des moments inoubliables.

Pour ce faire, il est essentiel de laisser les ennuis, les soucis, les préoccupations dans une boîte au grenier, avec le passé et l’avenir, afin de partir la tête vide. Oui, oui… la tête VIDE. Se libérer de tout tourment pour nettoyer le disque dur du cerveau et faire place à la nouveauté, la beauté, les découvertes pour laisser pénétrer des moments magiques et, surtout, pour expérimenter le plaisir unique de respirer le BONHEUR et la LIBERTÉ.

N’est-ce pas formidable d’être libre de tout conditionnement, de contrainte, d’horaire, de plan, de rendez-vous pour laisser monter une énergie vierge qui nous permet de repartir à neuf, de se recentrer? Une solution à la portée de tous : choisir de se départir de tout stress quant aux tâches accomplies ou celles à venir au retour et… l’affaire est dans le sac. Facile à dire, n’est-ce pas? Et pourtant, pas si compliqué à faire.

Pour y arriver, nous pouvons utiliser le processus de deuil avant chaque départ pour les vacances. En d’autres mots, laisser derrière soi l’année passée sans se sentir coupable de se lancer dans une nouvelle aventure en oubliant les collègues, le patron, la charge de travail au retour, les problèmes financiers et quoi d’autres, pour seulement se concentrer sur soi-même, ses besoins, ses désirs, son bien-être et être à l’affût de découvertes multiples. Même si le voyage s’effectue en famille, ne jamais oublier de réserver des périodes durant la journée pour se ressourcer.

Le simple fait de décrocher de la routine quotidienne, la sensation VACANCES fait son œuvre.

Sans horaire ni rendez-vous

D’aucuns craignent de ressentir la solitude s’ils ne partent pas en voyage sans être accompagnés. Erreur magistrale! Le besoin d’être ENCORE en groupe ne fait que reproduire le quotidien. Incidemment, pour apprécier les vacances dans son sens le plus pur du terme, il est recommandé de désamorcer tout conditionnement quant aux routines déjà établies au cours de l’année.

Ainsi, se fixer des rendez-vous avec des amis pour l’heure des repas n’est pas souhaité. Établir un itinéraire très serré afin de programmer les déplacements risque de stresser davantage. Oui, il est possible de prévoir des destinations à l’avance, mais demeurer ouvert à l’imprévu favorise des vacances de découvertes, donc réussies.

Le bonheur en vacances, c’est également s’ouvrir à l’inattendu, ce qui englobe aussi les déceptions et les incidents. Il faut laisser la vie suivre son cours et l’univers offrir ce dont chacun a besoin. Être ouvert sur le monde veut aussi dire être réceptif à ce qui nous entoure. Savoir accueillir des événements nouveaux contribue à l’évolution de chacun d’entre nous, et les effets bénéfiques ne sont pas nécessairement perceptibles au moment même où l’événement se produit. S’offrir à l’aventure est synonyme de lâcher prise.

Destination bonheur

La meilleure destination est certainement celle qui convient aux besoins immédiats : calme et repos (plage), changement d’air et découvertes (culture), activités et action (sports) ou simplement visites d’amis et farniente (cocooning). Il est important de se sentir en paix avec la décision finale. Le simple fait de décrocher de la routine quotidienne, et la sensation VACANCES fait son œuvre. Ne plus chercher à contrôler, être détendu, écouter le silence, apprécier ce qui se présente ne sont que quelques moyens faciles à utiliser pour être heureux lors des périodes de relâche. Qu’il s’agisse d’un week-end, d’une ou trois semaines de repos, la capacité que nous avons de regarder autour de nous avec un œil différent sera un gage de bonheur.

Si les vacances se passent chez soi, que ce soit par choix ou par obligation, il ne faut pas se sentir misérable. Si, au contraire, la destination plus coûteuse d’une croisière se présente comme un choix judicieux, le calcul de chacune des dépenses ne doit pas faire ombrage à notre plaisir. Tout compte fait, peu importe la destination, le meilleur choix demeure l’attitude sereine et l’ouverture sur le monde extérieur sans culpabilité.

À bien y penser, le simple fait d’être en VACANCES signifie avoir l’esprit VACANT. Aucune attente, sauf celle d’être heureux pour expérimenter la sensation d’être libre… de tout.

Marthe St-Laurent

Conférencière et auteure de « La femme sexuée » et de « Ces femmes qui détruisent les femmes – Les ravages du bitchage », Béliveau éditeur

www.marthestlaurent.com/

Comment faire la différence?

Quand j’entends quelqu’un dire que dans un couple, il y en a toujours un qui souffre ou que l’un domine forcément l’autre, mes cheveux se dressent sur ma tête! Pire encore quand une femme m’explique combien son mari l’humilie ou qu’un homme m’avoue que sa femme le trompe et ni cette femme ni cet homme n’envisage de quitter l’autre parce que, à ce qu’ils disent, ils s’aiment!

Pourquoi rester avec celui ou celle qui ne vous respecte pas et vous fait souffrir? Pas par amour : par attachement, par peur viscérale de la solitude. Comment pouvez-vous associer l’amour à la souffrance?! Êtes-vous frappés du syndrome de Tarzan, prêt à vous empêtrer et vous agripper à n’importe quelle liane, plutôt que tomber dans le vide… affectif?

La dépendance affective, que j’ai affectueusement renommée « Syndrome de Tarzan », est une programmation qui remonte à l’enfance et perdure dans votre vie d’adulte : vous courez après l’affection, la reconnaissance et la protection dont vos parents ne vous ont pas nourris. Et le dernier à être capable de vous en offrir est bien le conjoint que vous choisissez : comme vous, il en a manqué et court après. Seulement il ne traduit pas son penchant pour Tarzan de la même façon que vous : si vous êtes du style Desperado, qui donne tout et se donne à fond dans une relation contre un peu d’affection, vous tombez invariablement sur le Trou noir affectif qui prend tout sans rien rendre, ou si peu, en retour.

Et voici comment les extrêmes s’attirent, mais uniquement chez les personnes affectivement déséquilibrées. Les deux nourrissent réciproquement leur névrose et se servent mutuellement de béquille. Ça fait un couple bancal qui finit par tomber dans la souffrance et se casse la figure, à plus ou moins longue échéance.

Si votre souhait est de gagner la course au Bonheur par équipe de deux, pourquoi prendre quelqu’un qui a une jambe cassée? Peut-être parce que la vôtre n’est pas en meilleur état… Si vous êtes prêt au bonheur, sélectionnez un coéquipier qui l’est aussi. Bref, si vous vous aimez et vous respectez, vous rencontrez une personne qui a la même attitude envers elle et donc envers vous. C’est bien d’estime de soi et de confiance, piliers de votre croissance, dont il s’agit et qui nécessitent parfois quelques ajustements, avant de prétendre à une vie de couple épanouie.

Car enfin, la différence entre l’amour et la dépendance, c’est bien la souffrance! Chez les personnes affectivement équilibrées, aimer c’est donner ET recevoir, mais chez les adeptes de Tarzan, l’attachement névrotique pousse à donner OU recevoir. Parce que l’amour est inconditionnel et parce que la dépendance a ses conditions. Et si deux personnes à la jambe cassée sont heureuses dans leur rôle de « béquille réciproque », deux adeptes de Tarzan ayant trouvé leur stabilité dans le fait de donner ou de recevoir, tant mieux pour eux! Du moment que la souffrance ne se glisse pas dans leur vie.

Aimer, ce n’est pas être dominateur ou dominé, bourreau ou victime, Trou noir affectif ou Desperado. Aimer, c’est être égalitaires, complémentaires et, surtout, heureux à deux!

L’envol du papillon : éloge de l’ermitage

Le papillon monarque nous impressionne par sa beauté. Aérien, il fréquente le soleil et les fleurs. Gracieux, léger, il est pourtant robuste et capable de hauts vols et de longs voyages. Ce papillon qui nous émerveille a pourtant été une chenille. Une chenille qui s’est enfermée dans un cocon de soi(e) pour accomplir cette extraordinaire transformation.

Nous, les humains, sommes aussi appelés à changer au cours de notre vie et nous avons besoin d’un environnement propice pour y parvenir. Un ermitage est un de ces lieux qui offre, tout comme le cocon, un endroit protégé, solitaire et silencieux, favorable au recueillement et à l’introspection. La chenille semble se replier sur elle-même et se cacher, isolée et solitaire. Elle est en fait à s’accomplir, à se reconstruire, à se métamorphoser, à se préparer à voler avec ses congénères. L’ermite fuit momentanément le bruit et la folie du quotidien, du monde et de la ville pour entendre sa parole intérieure, pour toucher le cœur de son être, se régénérer, et être capable de mieux aimer et entrer en relation avec les autres. La chenille a tout ce qu’il faut en elle-même, simplement, malgré la magie qu’elle opère. Notre inconscient et notre corps sont des guides sûrs pour nous indiquer nos ressources; ils nous révèlent les mystères de l’invisible qu’est notre monde intérieur.

Une chanson dit : « Tu trouveras la paix dans ton cœur, et pas ailleurs ». C’est vrai. Si ce que l’on cherche est d’être en harmonie, enraciné, heureux, connecté à soi, aux autres et à son environnement, il n’est pas nécessaire d’escalader la plus haute montagne ou de se perdre dans un désert où il y a des mirages. Se donner un temps sacré, se retirer dans le calme, loin des distractions, est une solution parfaite pour un nouveau souffle. C’est une vacance pour l’âme et le corps.

Contrairement à la chenille et au papillon, les changements pour nous sont plus nombreux et ils peuvent être de nature différente. Quand on décide d’un ermitage, on peut le faire pour diverses raisons. Se reposer, se détendre, afin d’en ressortir rafraîchi, rempli d’énergie. Réfléchir pour pouvoir poser un regard neuf sur sa vie. Traverser un épisode de détresse afin de toucher à l’espérance et à la joie. Panser ses plaies pour guérir d’un problème de santé physique ou psychique. Accepter de ressentir sa souffrance refoulée pour s’en libérer. Oser explorer des zones obscures pour y voir clair.

Il ne faut pas avoir peur de cette expérience qui ramène aux sources, à ses origines, seule manière de prendre contact avec soi, de se sentir cohérent, authentique. Retrouver ses racines signifie aller vers ce qui a un sens réel pour nous, une résonance, et cela doit nous ressembler. Il n’y a pas si longtemps, nos parents ou grands-parents connaissaient bien cette idée d’une retraite occasionnelle et plusieurs la pratiquaient. On allait faire son « examen de conscience », c’est-à-dire réfléchir et éclairer les recoins de son « âme ». Cet héritage, cette tradition de sagesse s’est presque perdue, alors qu’on se cherche éperdument. Si autrefois la retraite se faisait dans un contexte religieux, il existe aujourd’hui quelques rares ermitages laïcs qui ne font la promotion d’aucune spiritualité.

Qu’on ressente de l’insatisfaction face à sa vie, ou un désir de dépassement, ce ne sont souvent pas les quelques jours ou semaines de temps libre qui nous aident vraiment. Au moins une fois dans sa vie, il vaut la peine de s’accorder un temps précieux, de renoncer aux divertissements pour se retirer. Suivre son élan vital, se faire confiance, s’abandonner à son destin. Oser s’entendre, se ressentir, vibrer par tant d’intensité, pour que la chrysalide sorte de l’ombre et prenne son essor dans la lumière.

Et si la chenille avait refusé de s’enfermer dans son cocon?

La contemplation, une façon de ralentir pour gagner du temps!

Dans un effort pour retrouver « mes esprits », j’ai redécouvert dernièrement la valeur incroyable et la richesse de créativité et de ressources auxquelles j’accède en consacrant 20 à 30 minutes de mon temps à la contemplation tous les jours.

La réalité telle qu’on la connaît cache une Réalité beaucoup plus vaste qui la sous-tend et à laquelle on accède seulement quand on prend le temps de s’arrêter et de prendre contact avec le courant intérieur. On peut alors cesser de se buter sur les mêmes obstacles pour découvrir des réalités et des solutions qui génèrent de réels changements. Einstein disait qu’on ne peut pas régler les problèmes à partir du même mode de pensée avec lequel on les a créés. Un vrai changement nécessite un changement de perspective, de conscience.

La contemplation me permet de m’élever au-delà du flot incessant des exigences, des défis et des préoccupations journalières, où je me perds à l’occasion, pour mieux voir la situation. Un peu comme si perdue en forêt, je montais dans un arbre pour observer d’en haut quels sont les meilleurs chemins à prendre pour atteindre la clairière.

Une occasion également de sortir du courant de la conscience sociale pour prendre contact avec un courant intérieur qui me connecte à la dimension créative d’Âme que je suis. J’y suis guidée vers des lectures, des personnes ressources, un geste d’amour à poser durant la journée, une façon différente d’aborder une situation où un lâcher prise libérateur. Je lisais dans The Art of Spiritual Dreaming (1999) « l’Âme… (page 199) ne peut travailler si vous paniquez. L’anxiété ferme les centres de créativité. Quand vous ne pouvez penser, tout ce que vous tentez de faire se transforme en une série d’erreurs. Si vous ralentissez, le principe spirituel peut commencer à s’exprimer à travers vous de façon à ce que vous puissiez trouver la solution au problème qui vous concerne ». (traduction libre)

Paradoxalement, c’est en ralentissant et en reprenant ma pratique de contemplation journalière que j’avance le plus dans la prise de conscience d’attitudes à changer, que j’arrive à voir derrière l’illusion, à « télécharger » (comme le dit Julia Cameron dans son livre The Artist’s Way, 1992) sous forme d’intuitions et d’inspirations, la guidance inspirée des mondes intérieurs pour m’en servir dans mon quotidien.  Dans cet espace calme et détaché, je découvre des façons de prendre soin de moi, d’améliorer mon existence et celle des autres.

La contemplation est un exercice simple et puissant qui est pratiqué dans plusieurs cultures et qui consiste à se retirer des activités du quotidien pour s’accorder un temps de solitude et de réflexion. « Nous sommes si agressés par le bruit que nous ne maîtrisons plus l’art de la contemplation. Notre âme subit les conséquences de la diminution de notre capacité d’attention… contemplare, dérive de… templum…, soit « temple », et signifie « observer avec attention ». (Gelb, 1999)

Voici comment je la pratique :

  1. Je prends l’habitude à tous les jours de m’asseoir à heure régulière (matin ou soir) dans un endroit tranquille pour 20 à 30 minutes.
  2. Après quelques bonnes respirations, je mets mon attention sur le troisième œil (œil spirituel ou l’écran mental). Je rentre alors dans un état de relaxation en tournant mon attention graduellement vers l’intérieur (une façon d’apprendre à changer le monde de l’intérieur plutôt que de l’extérieur) où je laisse l’inspiration me guider.
  3. J’utilise ce temps de contemplation pour :
    • Revoir les rêves faits la nuit précédente.
    • Parcourir des extraits de mon cahier de rêve et faire des liens avec des événements de ma vie courante.
    • Réfléchir sur mon journal de réflexion et prendre la distance avec les événements qui me troublent ou revenir sur les éléments dont je n’ai pas encore compris le sens.
    • M’abandonner à la guidance par rapport à une situation particulière en m’arrêtant sur un extrait de livre ouvert au hasard pour trouver une réponse.
    • Écrire une lettre à mon guide par m’aider à résoudre un problème et observer la réponse durant la journée qui suit.
    • Varier mes contemplations à partir d’un livre d’exercices spirituels pour développer ma créativité d’Âme ou tout simplement utiliser mon imagination pour inventer de nouveaux exercices.
  4. J’accompagne cette contemplation d’un chant sacré, le chant du HU, (un ancien nom de Dieu, se chante : you… you…) un mantra qui élève ma conscience et qui m’apporte réconfort et protection.
  5. Je prends note des informations qui me viennent en contemplation pour les utiliser plus tard dans ma journée ou pour améliorer certains aspects de ma vie.

J’approche ce temps de contemplation comme une rencontre privilégiée avec le divin et je respecte ce temps de rencontre avec autant d’engagement que mes rendez-vous quotidiens. Ça donne une toute autre couleur à ma journée, à ma vie.

Cette contemplation, je la poursuis parfois durant ma marche au bureau, en écoutant la musique dans l’auto, en restant attentive aux rêves éveillés et aux paroles de sagesse que les gens me lancent souvent sans s’en rendre compte durant la journée et qui m’apportent des éclaircissements sur des situations demeurées sans réponse. Avec le temps, j’ai fait de la contemplation un exercice continu.

Une façon de ralentir qui me fait gagner beaucoup de temps.

Bonne contemplation!

Références :

Klemp, Harold, The Art of Spiritual Dreaming, ECKANKAR, Minneapolis, 1999

Gelb, J. Michael, Pensez comme Léonard de Vinci, Les Éditions de l’Homme, 1999

Renouveler l’alliance avec soi-même

Se redécouvrir

L’autre jour, en faisant le ménage dans nos boîtes de photos, j’ai eu le grand plaisir de me redécouvrir.

C’est une photo de moi à l’âge de quatre ou cinq ans, qui était prise en visite chez ma grand-mère, qui m’a bouleversée.

Je suis une petite fille remplie de confiance, rayonnante comme un soleil. Je ne me reconnais pas.

Je n’ai pas pu m’empêcher de verser des larmes. J’ai analysé la photo de plus près. Mon entourage, mes jouets et mon linge, mais les détails étaient sans importance.

C’était mon goût de vivre, mon bonheur et surtout ma certitude et détermination.

Au fil des ans, petit à petit, sur le chemin de la vie, je me suis perdue, littéralement.

J’ai succombé aux demandes en mettant de côté mes rêves.

J’ai laissé tomber ce qui me tenait à cœur.

J’ai déçu la petite fille de la photo. Elle me fixe à chaque jour. Ma culpabilité d’avoir accepté les règles de la vie. On apprend si vite, en vieillissant, à bloquer la voix en nous, qui sait trop bien ce dont on a véritablement besoin.

La voix sait aussi bien ce qui n’est pas bon pour nous! Les mauvaises habitudes qu’on adopte au fil des ans, fumer, s’isoler, mettre trop d’importance dans des riens, etc.

Les relations abusives qu’on se permet d’endurer et les situations où on se retrouve vulnérable.

En parlant avec une amie proche, nous avons conclu qu’on devait passer à travers ces épreuves car c’est la vie. Les leçons qu’on doit vivre permettent la croissance?

Oui et non, en regardant encore une fois la photo, la petite fille me rappelle clairement comment j’ai renié le ballet après un commentaire sur mon poids.

Elle me répète « pourquoi as-tu lâché la danse? »

« Pourquoi ne travailles-tu pas avec des animaux? »

« Tu es enfermée dans un bureau. » Une cellule de solitude.

Je me remets en question. À quel moment est-ce que j’ai cessé de me sentir belle et appréciée? À quel instant est-ce que les mensonges ont remplacé la vérité?

Je ne dis pas que c’est le regret, la vie a toujours donné le choix.

Il s’agit de prendre le temps, d’y songer.

Les chemins n’ont pas été faciles et les blessures n’ont pas été faciles à guérir.

Je crois qu’il est temps de refaire l’alliance avec son soi-même véritable.

En étant honnête avec la voix qui a disparu ou qu’on refuse simplement d’écouter.

En admirant la photo de qui on est aujourd’hui au lieu de la détester.