La sexualité… de l’insanité à la sanité!

À l’aube d’un été qui s’annonce chaud, plusieurs attendent impatiemment le retour des mini-jupes et des maillots de bain. Pourquoi? Parce qu’à la vue du corps dénudé, ils s’emballent et s’enivrent, et ce, jusqu’à s’en étourdir…  Je travaille comme sexologue et psychothérapeute en bureau privé depuis 2006 auprès de diverses clientèles, mais depuis quelques années, j’observe une augmentation d’une clientèle qui souffre du mal de vivre, du manque d’amour… que certains cherchent à combler au moyen de la sexualité. Voici donc un bref portrait de ce qu’est la dépendance sexuelle, qu’on appelle aussi sexolisme.

Ce qu’on cherche à comprendre au sujet de la dépendance sexuelle, c’est comment il se fait qu’on parle de dépendance alors que la sexualité est un besoin vital. Autrement, nous serions tous dépendants, tout comme il faut s’alimenter et que certains abusent de la nourriture. Le dépendant sexuel est celui qui a perdu le contrôle, qui n’a plus la liberté ni le pouvoir de choisir ou de modifier ses comportements sexuels malgré les conséquences négatives. On parle de sexolisme lorsque la sexualité est utilisée pour briser l’isolement, pour surmonter l’insécurité ou la peur; bref, pour cacher une émotion. On crée un appétit artificiel qui conduit à faire mauvais usage de la sexualité ou à abuser de cet instinct naturel. C’est, en définitive, une sexualisation de ses émotions.

Grâce aux données de Google Double Click Ad Planner, nous savons que les sites pornographiques génèrent 4,4 milliards de pages vues dans le monde entier tous les mois, et ce, sans compter les autres sources de consommation. Peu de recherches sont véhiculées à propos de cette dépendance. Elle est encore peu connue et très difficile à évaluer.

Mis à part la pornographie, il existe d’autres sources de consommation sexuelle (lignes téléphoniques érotiques, sites de rencontres à caractère sexuel, masseuses et danseuses érotiques, sextos, etc.). Quand on parle de dépendance sexuelle, il en résulte que beaucoup plus d’hommes que de femmes en souffrent, mais à vrai dire, cette dépendance se manifeste différemment. Les hommes la vivent de façon solitaire (masturbation jumelée à la pornographie) et les femmes, dans leurs relations (jeux de séduction en cherchant le regard désirant et approbateur des hommes). Le vide intérieur causé par le manque affectif peut expliquer pourquoi être désiré = être aimé.

En conclusion, je peux m’interroger. Si je n’avais jamais été en contact avec des messages ou des images­ hyper-sexualisées, quelle sorte d’individu serais-je devenu sexuellement? J’aurais reçu une programmation positive sur la sexualité : amour, respect, consentement, liberté, choix, tendresse, plaisir, etc. J’aurais une bonne estime de soi : je serais bien avec moi-même, heureux. J’apprécierais mon corps tel qu’il est, avec mes imperfections, et je mettrais en valeur mes atouts. Je ferais des choix éclairés, basés sur mes désirs, mes valeurs et mes besoins. J’aurais développé des habiletés de communication saine pour me sentir à l’aise de parler de sexualité. Je me respecterais, je ferais l’amour seulement quand j’en ai envie.  Je comprendrais et respec­terais les différences des sexes. Je serais en harmonie avec ma féminité/masculinité. J’apprendrais à connaître psychologiquement la personne aimée avant de la découvrir physi­quement. Je me laisserais séduire, je savourerais l’art de la séduction. Je mettrais la lenteur au cœur du processus de la rencontre intime et sexuelle, afin de nourrir la sensualité dans le moment présent. Je serais présent d’esprit, disponible émotionnellement, dans la pleine conscience corporelle. Je chercherais à vivre une expérience de connexion amoureuse, sexuelle et spirituelle sans chercher l’orgasme à tout prix. Enfin, j’aurais une sexualité saine parce que centrée, d’abord et avant tout, sur des valeurs intérieures.

Changer sa vie grâce à la photographie intuitive

La photographie intuitive, c’est la photographie du moment présent, celle qui met l’accent sur le ressenti du photographe­ lors de la prise de vue plutôt que sur le résultat. Sans souci de performance, cette démarche est simple, elle est libre, elle est effectuée en pleine conscience, elle incarne la connexion entre l’environnement, les émotions et l’intuition du photographe.

Un défi
En décembre 2010, alors présidente­ du Club de photographie Polarisé­ de l’Outaouais, je lance un défi aux membres photographes intéres­sés(es) : « En 2011, nous prendrons une photo par jour pendant 365 jours! » Comme j’aimais aussi l’écriture, j’allais joindre un texte à chaque image. Chaque jour, je traînais mon appareil photo partout. Les citrons à l’épicerie, les marches de fin de journée, le bureau, etc. Ce fut une année de recherche quotidienne, stimulante et aussi exigeante. À la fin de l’année 2011, j’ai décidé de poursuivre, j’ai continué le défi en 2012 et en 2013 aussi, oui, de la folie! Après 1 096 jours consécutifs, ces défis avaient changé ma vie. Complètement. J’ai alors surnommé la photographie mon « outil du bonheur »; elle était devenue ma pratique spirituelle dans le quotidien.

Voir autrement
Je remarquais les ombres partout où j’allais. Je portais une attention particulière aux réflexions dans les vitres, les encadrements, les miroirs. Les dimensions s’élargissaient, le présent s’ouvrait. Sans chercher à le faire, je laissais la vie venir à moi. La photographie intuitive, consciente et éveillée est venue forger ma vie intérieure et ma vision du monde en général. C’était génial! J’ai appris à accueillir le quotidien comme un cadeau qui se déroule devant mes yeux.

Fin 2013, je déménage à la campagne et perds tous mes repères sociaux. J’ai alors beaucoup de temps pour de l’introspection et je réalise que je vois la beauté partout autour de moi, mais que j’ai encore du mal à me trouver belle moi-même, physiquement.

J’entrepris donc un autre défi photographique qui s’avéra aussi thérapeutique et personnel : celui de me regarder. Me photographier pour me trouver belle sans le regard des autres. Une photo par semaine, à laquelle j’associais un texte descriptif en lien avec mon ressenti. Ce furent 52 semaines de découvertes, de profondes remises en question, d’acceptation. Je me suis vue sous tous les angles. Mes yeux n’étaient plus seulement tournés vers les beautés autour de moi, mais vers celles qui se trouvaient en moi.

Mes yeux voyaient aussi les autres différemment. Un jour de l’automne 2014, j’ai regardé mon meilleur ami pour la première fois avec mes nouveaux yeux. Je ne l’avais jamais trouvé particulièrement beau physiquement auparavant. C’était lui que j’aimais. Nous sommes devenus un couple, puis au printemps 2015, j’étais enceinte et j’ai donné naissance à notre fille Béatrice Rose à la fin janvier 2016. Quelle magie de la vie!

La transformation
Depuis ces défis, je suis une personne nouvelle. J’apprécie mon extérieur et mon intérieur. J’éprouve de la gratitude plus facilement qu’avant. Je lâche prise et j’apprends à accueillir ce qui se présente à moi, sans attente. J’ai appris à me connaître et à m’aimer d’avantage. Je laisse la vie m’apporter des messages simples pour m’aider à avancer sur mon parcours.

Je n’ai plus besoin d’un appareil photo pour voir la vie autrement. Cet appareil était un outil pour m’apprendre à m’arrêter, à voir, à connecter. Mes yeux, mon cœur, mes sens sont maintenant mes outils de conscience intégrés, et je les traîne en permanence avec moi. Mon message? Trouvez votre « outil du bonheur » du moment, engagez-vous totalement et laissez-vous transporter par sa force et sa douceur. Il vous réservera de bien belles surprises!

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Un jour à la fois en images, pensées et beautés du quotidien, Nathalie Lauzon, Béliveau
Je suis belle, et vous? Le défi de s’aimer une semaine à la fois, Nathalie Lauzon, Béliveau

Est-ce que l’être humain a besoin de câlins?

Dans nos rues, il y a de plus en plus de personnes qui offrent des câlins à qui le veut bien. Ceux-là sont gratuits, mais en France, on peut maintenant payer un spécialiste pour se faire câliner. Imaginez-vous cela : on s’allonge tout habillé avec la professionnelle dans une position que l’on a choisie pour une durée déterminée, et une caméra vidéo nous filme pour notre sécurité. C’est quand même un phénomène étonnant! Nous comprenons alors que notre société dite civilisée souffre probablement d’un grand manque affectif.

Avec la possibilité de se faire d’innombrables « amis » sur Facebook et autres médias sociaux, on se donne l’illusion d’avoir des relations. Pendant que nos échanges réels se raréfient, nous perdons peu à peu les clés du lien humain. Ajoutons à ce fait que la vie va de plus en plus vite et que grandit le nombre de person­nes qui vivent seules. La question se pose alors : nous, les humains, avons-nous un réel besoin d’être tenus dans les bras de l’autre, d’être touchés et même caressés?

Bien sûr que oui! Toutes les recherches sur le sujet le prouvent : une personne qui n’est pas touchée commence à dépérir. Nous avons un besoin essentiel et vital de contact physique, comme tous les mammifères d’ailleurs! Faut-il s’en étonner? Comme les chats, nous aimons être flattés avec affection; comme les chiens, nous aimons nous lover les uns contre les autres. De célèbres expériences sur des bébés singes ont démontré que les petits préfèrent une maman douce et câline à une maman de fer et nourricière. Le bébé humain a besoin lui aussi de chaleureuses caresses. Dans son livre La peau et le toucher, Ashley Montagu explique que nos nouveau-nés naissent à ce point inachevés et vulnérables qu’ils bénéficieraient, selon lui, d’une deuxième période de gestation à l’extérieur de l’utérus pendant toute leur première année de vie. Il croit que nos bébés seraient en fait bien servis par une poche douce et chaude comme celle où grandit un petit kangourou. Cette réflexion nous rappelle la vulnérabilité du nouveau-né et la grande sensibi­lité de la peau à son environnement. Saviez-vous que la peau, cet abri de l’intime unité de l’être nous séparant du monde et nous y reliant tout à la fois porte dans l’étendue de ses pores des secrets inestimables? Dans un diamètre équivalent à celui d’une pièce de 25 cents, on compte 3 millions de cellules et quelques 640 000 récepteurs sensoriels! La peau expose ainsi au monde tout notre système nerveux.

Que se passe-t-il donc lors d’une étreinte? À prime abord, tout a l’air assez tranquille… mais ce qui se passe tient du miracle. Dès que deux personnes entrent en contact avec affection, tout un système d’adapta­tion se met en branle. Les cœurs vibrent dans une danse mystérieuse. Les personnes sont célébrées dans leur identité. Et lorsque le contact persiste pendant une trentaine de secondes, débute la sécrétion d’ocytocine, cette merveilleuse hormone surnommée l’hormone du bonheur. Comment alors faire la guerre à celui que l’on a tenu contre son cœur?

Maintenant, voici la bonne nouvelle : il n’est jamais trop tard pour créer dans son quotidien des espaces de tendresse et de soin. Notre société se trouve dans l’urgence d’une rééducation affective. L’art du toucher attend notre retour pour nous transporter dans ce merveilleux tissu de vie qu’est la peau et nous redonner notre pleine humanité. Il est là, disponible, juste au bout de nos doigts, tout au creux de nos mains de cœur. Embras­ser quelqu’un, c’est comme lui dire en silence : merci d’exister!

Quel cadeau!

Le retour au Féminin Sacré

…pour participer à l’émergence d’un monde nouveau!

En tant que femme, être dans son Féminin Sacré, c’est cultiver ses qualités féminines, son essence propre. Le faites-vous? Être dans son Féminin Sacré, c’est aimer son corps sans l’approbation des regards extérieurs. Le faites-vous? Être dans son Féminin Sacré, c’est faire rayonner sa beauté intérieure. Le faites-vous? Être dans son Fémi­nin Sacré, c’est écouter ses besoins et ses désirs et y répondre avec amour envers soi. Le faites-vous?

J’entends le tam-tam du tambour sacré amérindien… et vous? Un son sourd… profond, remuant. Que vient-il remuer en vous? Écoutez encore. Est-ce le tambour sacré que vous entendez ou votre féminin sacré qui veut s’exprimer? Maintenant, voyez-vous le cercle de femmes dans lequel vous êtes invitée à entrer pour y honorer ce féminin sacré en vous?

Qu’est-ce que le Féminin Sacré?
Le Féminin Sacré, c’est la recon­naissance de toutes les qualités féminines : la beauté, l’harmonie, la sensibilité, la sensualité, la grâce, la douceur, la finesse, l’empathie, l’accueil, l’éveil de la terre mère… Et surtout, c’est l’énergie créatrice. Les femmes sont les gardiennes du Féminin Sacré.

Le Féminin Sacré, c’est une expression de la créativité, une danse avec les cycles de la vie, de la lune et de la terre. Le pouvoir au féminin, c’est apprendre à se connaître, prendre le temps de s’arrêter et d’observer ce qu’on ressent. Le Féminin Sacré permet à chaque être humain de retrouver tout le potentiel de son pouvoir créateur. Cette énergie unificatrice et créatrice qui nous connecte profondément à notre sensibilité, à la liberté d’exprimer nos rêves les plus fous et de faire confiance à nos intuitions.

Le Féminin Sacré laissé pour compte
Il y a quelques décennies, les femmes ont laissé de côté certains aspects du féminin pour se tailler une place dans la société. Dans un passé encore plus lointain, on considérait la femme comme l’incarnation dans la matière de la grande déesse. Elle représentait le pouvoir créateur de la déesse mère en plus de pouvoir communiquer avec l’invisible et le sacré. La femme antique était donc chamane, guérisseuse, magicienne et prêtresse.

Dans cette perspective historique, nous sommes maintenant prêts à concilier ces pôles afin d’unir ces deux facettes de notre être, le féminin et le masculin. C’est par la réunion de ces deux principes en soi-même que l’on pourra retrouver la paix dans le monde.

Depuis longtemps, l’énergie féminine a été bafouée, reniée et non respectée. Il est temps de nous affranchir du système patriarcal, tant religieux que social ou politique. La femme doit retrouver sa dignité et reprendre sa place. Une façon d’y parvenir, c’est en guérissant le Féminin blessé que nous portons dans notre ventre et en nous libérant des tensions et des charges émotionnelles qui limitent l’expression de notre féminité.

Une invitation
Et si c’était le Féminin Sacré qui allait ramener dans notre société l’équilibre, la paix, la guérison et l’harmonie de notre humanité? Unissons-nous dans le cercle du Féminin Sacré afin de faire briller ce qu’il y a de plus précieux : l’émergence de la femme libre, la gardienne du Féminin Sacré.

À celles qui ressentent l’appel du Féminin Sacré, venez célébrer et honorer votre féminité dans toute sa grandeur, sa beauté et sa puissance dans le cadre d’un atelier significatif. Laissez-le émerger et s’exprimer!

Le clown et le sacré

La méthode Pochinko
Le nez rouge représente notre relation à Dieu, et le chapeau, notre protection. Voilà ce que Sue Morrison explique à son cours « Clown Through Mask ». La méthode a été créée par Richard Pochinko dans les années 80, à Toronto. Il voulait réinventer la formation d’acteurs pour donner plus de vérité au théâtre canadien. Il développa sa pédagogie en utilisant l’univers du clown. Chacun des étu­diants fabriquera six masques qui le représenteront. Ces masques seront associés à six directions : nord, sud, est, ouest, en dessous et au-dessus. L’idée est que, si nous pouvions nous regarder dans toutes les directions, nous ririons du ridicule de nos problèmes.

Le sens du sacré dans la méthode
Pochinko inclura des masques dans ses cours, comme les gens des Premières Nations les utilisent lors de cérémonies rituelles. Ils permettront d’accéder à un espace reliant le réel et l’au-delà, le conscient et l’inconscient, la terre et le ciel. Pour ce faire, les étudiants devront se libérer de leur intellect et de leur ego pour dévoiler leur histoire, le masque facilitant l’entrée dans leur propre mythologie. Ils porteront leur masque lors de plusieurs rituels; ils développeront en ce faisant leur mythologie. Un espace intérieur se créera, donnant accès aux archétypes nous reliant à l’univers. Une grande humilité et gratitude s’ensuivront.

Les bienfaits de cette méthode
Ce cours nous invite au plaisir de jouer. On joue à « Jean dit », à la tague et ainsi de suite. On redevient enfant en riant et en se déplaçant spontanément. La préparation du corps est essentielle; de la perception des différentes partie du corps au sang qui circule, du souffle qui nous habite à la visualisation des couleurs, nous nous habitons, mieux centrés, plus disponibles. Divers exercices nous rendent plus conscients de notre ressenti, de nos pensées. Dans « Present Yourself », un à un, debout devant le groupe, nous nous regardons chacun dans les yeux, en silence : une expérience d’une rare intensité. Rien à faire, simplement être témoin de nos émotions, de celles des autres et partager. C’est une occasion de se montrer tel que nous sommes, sans artifice, une expérience libératrice.

Le clown en nous, le langage du cœur
Le nez rouge est rond. Il est complet. Il contient toute la vie, naissance et mort. Le clown relâche et transforme. Contrairement à l’acteur qui apprend son texte et interprète son rôle, le clown ne sait pas ce qu’il va exprimer. Dans la spontanéité du moment, il se surprendra. Quand le corps est bien préparé, vibrant, détendu, un espace se crée intérieurement, et le cœur s’ouvre. Les clowns sont ensuite invités à choisir des vêtements dans la boîte de costumes. La créativité du clown dans le choix des costumes et des accessoires étonne toujours. Il peut utiliser une sacoche comme chapeau, mettre une cravate à ses pieds, tout est permis. Pendant son improvisation, tous les participants bénéficieront de cette ouverture du cœur, ce partage direct d’émotions créant une connexion rafraîchissante, un relâchement pour lui et pour les autres et une liberté.

Les clowns professionnels, les clowns thérapeutiques et les clowns sociaux interviennent pour amener dans notre société stressée un brin de tendresse, de plaisir, de vérité, exposant vulnérabilité et ouverture du cœur pour rappeler à tous notre humanité. Si vous désirez explorer certains aspects de cet univers dans un contexte de développement personnel, j’offre des cours dans l’Outaouais pour faire partager ce monde merveilleux.
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1Veronica Coburn and Sue Morrison, Clown Through Mask, Bell & Bain Ltd, Glasgow, 2013

Chanter : un outil sacré pour se sentir vivant

Je suis née en Abitibi (1963) et, à l’âge de 23 ans, je suis venue m’établir en France, où je vis depuis. Le chant fait partie intégrante de mon essence et il a été présent tout au long de ma vie sous différentes formes (chants spontanés, chorale, auteure-compositrice-interprète, autoproductrice de deux albums, animations de soirées, accompagnatrice en chant, cours, stages). Au fil de mon expérience, je me suis rendu compte que beaucoup d’entre nous portaient de grandes blessures liées à la voix chantée. J’ai aussi pu constater à quel point un travail de libération de la voix est un réel chemin de réconciliation, de guérison, de résilience qui permet de rétablir une connexion profonde à soi et aux autres et de libérer l’expression, l’émotion, la créati­vité… En prenant ainsi la mesure de l’importance du chant comme outil d’épanouissement existentiel, j’ai eu envie d’écrire un livre  qui soit une source d’inspiration, un encoura­gement, un soutien pour nous aider à restaurer notre pleine capacité naturelle à chanter dans la joie, la liberté et le lien.

Les bienfaits de chanter
L’acte de chanter est composé de deux pôles : la Connexion (la reliance), qui représente la face Yin cachée, et l’Expression, qui représente la face Yang révélée. Chanter est donc une écoute et une expression profonde de soi. Chanter libère la voix, libère la joie, libère l’être. Chanter est un acte créateur  qui nous met en contact avec notre plaisir, avec notre liberté et qui nous permet de nous sentir vivants : nous créons des sons, des vibrations, de la résonance, du bien-être, des sensations, des émotions, de l’expression, de la célébration, du lien, du sens.

C’est pourquoi je parle de Chant Existentiel, c’est-à-dire un chant, ou une qualité de relation avec son chant au-delà de toute performance, qui a une portée d’épanouissement existentielle, c’est-à-dire qui nourrit un sentiment d’exister et une sen­sation d’être intensément vivant : je ressens, je me relie, je m’exprime, je crée, je me déploie, je partage, je me transforme, je célèbre en chantant!

Et tout ce qui nous permet de nous connecter au vivant, d’exprimer le vivant, de devenir plus vivant, est sacré.

En résumé, chanter permet de :

  • entrer en contact avec le sentiment d’exister et de se sentir vivant;
  • exprimer son identité, sa créativité, ses émotions, sa puissance, sa tendresse;
  • se sentir en lien : avec soi, les autres, le grand Tout;
  • développer le sentiment de confiance en soi et de sa valeur;
  • vivre un sentiment de bien-être, de détente, de paix;
  • vivre un sentiment d’ouverture, de libération, de liberté;
  • augmenter sa qualité d’écoute et de présence;
  • ressentir du plaisir et de la joie;
  • stimuler sa vitalité;
  • respirer, se sentir vibrer;
  • savourer le partage, la communion, la célébration, la transcendance;
  • se transformer, guérir…

Pourquoi chantons-nous si peu?
Alors que chanter peut nous nourrir de tant de bienfaits, nous pouvons nous demander : Pourquoi chantons-nous si peu? Pourquoi l’expression chantée est-elle si emprisonnée? Parce que nous n’avons pas été bercés et nourris de chants, parce que nous n’avons pas été encouragés à explorer et à expérimenter librement et créativement avec notre voix chantée, parce que, par des propos rabaissants, nous avons été décou­ragés, réprimés, coupés, handi­capés de notre voix et de notre expression chantante.

Oui, comment pouvons-nous avoir envie de chanter si nous avons grandi dans un environnement familial ou social dans lequel personne ne chantait, dans lequel nous n’avons pas goûté le plaisir et les bienfaits de chanter? Comment pouvons-nous avoir envie de chanter si nous avons peu d’occasions de chanter, libérés de la pression de performance, pour le seul plaisir de chanter? Comment pouvons-nous avoir envie de chanter si le chant a été mis à l’extérieur de nous : d’un côté, les chanteurs sur scène, qui nous divertissent, et de l’autre côté, le public qui regarde et écoute? Comment pouvons-nous avoir envie de chanter si nous n’en avons jamais goûté le plaisir, si nous en avons perdu le goût à cause de commentaires négatifs à propos de notre voix, si nous avons peur de nous sentir vulnérables et de « ne pas savoir faire »? Comment pouvons-nous avoir envie de chanter si nous avons le cœur triste et que nous ne savons pas que chanter peut nous apporter un baume de réconfort et de joie au cœur? Comment pouvons-nous avoir envie de chanter si nous avons cessé de célébrer la Vie?

Dans de telles conditions de non-enchantement et de désenchantement, nous nous pensons incapables de chanter, ou nous avons peur de le faire, car chanter est une source d’angoisse, de souffrance, voire de traumatisme, ou nous y sommes indifférents parce que nous ne voyons pas ce que chanter peut nous apporter. Nous avons donc appris, pour la plupart très tôt, à taire le son de nos voix et de nos chants, et beaucoup de voix en voie d’épanouissement ont ainsi été cassées, handicapées ou rendues muettes.

Nous pouvons nous ré-en-chanter!
La capacité de chanter est en chacun de nous. Si nous pouvons parler, nous pouvons chanter.

Même si nous n’avons plus chanté depuis notre enfance, que nous pensions chanter faux ou ne pas être capables de chanter, nous pouvons faire refleurir notre capacité et notre joie naturelle de chanter et redécouvrir cet endroit en nous qui sait chanter et le remettre en mouvement. À cet endroit, il existe un chant profond, connecté à l’instinct. C’est le Chant de la Vie en nous.

Nous pouvons renouer avec notre instinct de chanter en simpli­fiant notre rapport avec le chant, en vivant moins d’enjeu et plus de jeu, en improvisant, en laissant jaillir de l’instant présent des chants spontanés, libres, intuitifs et en créant des espaces de soutien bienveillant et d’encouragement pour explorer notre voix et notre chant en toute sécurité et liberté…

Soyons des « résilients » du chant. Que chanter rime avec joie, liberté, créativité, reliance, partage et célébration de la Vie! Depuis la nuit des temps, les communautés se sont rassemblées autour d’un feu pour chanter et célébrer ce qui nous unit : la Vie! Mettons nos cœurs en voix, mettons nos cœurs en joie et réintroduisons le chant dans nos vies, nos maisons, nos villages, nos entreprises, nos prisons, nos hôpitaux, nos rues! Par nos Cercles de chant, contribuons au grand Cercle de la paix et au ré-enchantement du monde.

Mon invitation…
Mettez plus de chant dans votre vie et plus de vie dans votre chant.
Vous pouvez commencer dès maintenant, avec cet exercice qui invite à chanter un chant d’intimité pour soi-même : www.youtube.com/watch?v=SRLyuJDh-Oo (ou voir l’exercice sur la page d’accueil de mon site).
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1Au Cœur du Chant : une voie pour nourrir son chemin existentiel, Éditions Le Souffle d’Or, mai 2015; distribué au Québec par Prologue.
2Cependant, c’est le processus créatif en lui-même, et pas nécessairement le résultat créé, qui nous fait nous sentir vivants.

Vivre sa sensualité grâce au body painting (peinture corporelle)

Seriez-vous prêt à laisser votre corps servir de toile pour un tableau éphémère, à ce que votre corps vive l’expérience de cette transformation? Seriez-vous prêt à rester immobile des heures durant, à laisser les poils d’un pinceau caresser votre corps? Pour le modèle, c’est une expérience inoubliable, tout particulièrement quand le corps entier sert de toile; pour l’artiste, le modèle devient la toile vivante derrière sa création. Tant pour le modèle que pour l’artiste, le body painting est une forme d’art incroyable!

Le contact du pinceau sur son corps et la caresse de la peinture sur sa peau procurent un véritable apaisement! Cet art vivant, intime et inspirant, naît de la passion de l’artiste à toucher une toile qui vit et qui respire et à ressentir l’énergie pour donner forme à ce qu’il souhaite exprimer, à se laisser inspirer par la personnalité du modèle qui se trouve devant lui. Prendre le temps d’échanger avec la personne, de discuter de ses attentes, de ses goûts, de ses intentions, de ses rêves… Tout cela est pris en considération avant la création. La méta­morphose est sans limite! Le but ultime : construire un projet commun et en garder un souvenir impéris­sable grâce à une séance de photos.

D’où vient le body painting?
Le body painting est considéré comme l’une des premières formes d’expression visuelle utilisées depuis l’aube de l’humanité. La peinture corporelle, comme mode de communication ou d’affirmation, comme rituel magique ou guerrier, comme pratique ornementale ou de séduction ou comme rite de passage, est considérée comme l’une des premi­ères formes de communication et d’expression visuelle utilisées depuis l’aube de l’humanité.

La sensualité : laisser notre corps s’exprimer par ses cinq sens
La sensualité, c’est la capacité de goûter les plaisirs des sens, d’être réceptif aux sensations physiques, de vivre pleinement dans son corps et de goûter les plaisirs de son environnement au travers de ses cinq sens : le toucher, l’odorat, le goût, l’ouïe et la vue. La peinture à la gouache avec les doigts, ça vous rappelle quelque chose? Pour ceux et celles qui l’ont vécue, elle est difficile à oublier. Pourquoi? En raison des capteurs sensoriels au bout de nos doigts. Le sens du toucher est partout présent à la surface du corps, mais certaines zones, comme les lèvres, les doigts et les orteils, sont plus sensibles que d’autres. Sur le bout de nos doigts, il y a plus de 2 500 récepteurs sensoriels  par cm2.

Vivre une expérience de body pain­ting, c’est vivre un ressenti profond, lentement et en douceur, une forme éloquente de sensualité étant donné que la sensualité, c’est le bien-être qu’on vit pleinement parce qu’être sensuel, c’est être vivant.

Si le body painting correspond à une ambiance festive, par l’utilisation des doigts, d’éponges, de pinceaux et de peinture pour créer une toile vivante, il peut néanmoins susciter une réaction négative chez ceux et celles qui n’aiment pas leur corps. Et si c’était une façon d’oser sortir de sa zone de confort et de dénouer ses contradictions intérieures?

Si le body painting est un rendez-vous avec la créativité, il est aussi une rencontre avec sa sensualité, une véritable expérience transformatrice, tant de l’intérieur que de l’extérieur. Selon Bertrand Orsal, professeur de photographie et photographe officiel des plus grands évènements mondiaux en body painting : « Même les artistes qui ne dialoguent pas avec leurs modèles opèrent une forme de discours indirect avec les lignes­ de la silhouette et l’expression corporelle. L’aura qu’elles peuvent dégager les rend très inspirantes pour les artistes. »

Quand oserez-vous?

La Biodanza, pour être pleinement soi et vivant

« Je me suis intéressé à créer un système pour stimuler la joie de vivre, pour améliorer l’intégration entre l’esprit et le corps et pour renforcer le lien entre les personnes », Rolando Toro Araneda, créateur de la Biodanza.

Quand j’ai entendu ce nouveau mot, quelque chose en moi a vibré avec intensité, tel un urgent appel à vivre pleinement.

Des mois s’écoulent avant qu’enfin je participe à une soirée de cette mystérieuse Biodanza. J’ai immédia­tement la sensation de me retrouver chez moi, le genre de chez-moi que je cherche depuis longtemps. J’y suis accueillie avec une affection sincère par des gens que je ne connais pas. Il y a dans l’air un profond sentiment d’humanité ; chacun peut être simplement lui-même, en toute liberté. Puis, on se met à danser! Les musiques sont tellement belles que les participants ne peuvent pas s’empêcher de sourire face à une telle joie de vivre! J’ai l’impression de renaître…

Qu’est-ce que la Biodanza?
Son nom vient de Bios qui signifie vie, et de danza, qui signifie mouvement plein de sens. L’union de ces deux mots forme un mot au sens poétique de « danse de la vie ». aux autres approches de développement humain, la Biodanza ne s’intéresse pas à nos problèmes, à nos blessures ni à nos maladies. Au contraire, ce système révolutionnaire vient stimuler la partie saine et lumi­neuse de notre être et nous brancher intensément sur cette pulsion de vie qui nous est naturelle. Il améliore la santé et revitalise la joie de vivre, tout en réduisant stress et anxiété. La Biodanza nous permet de devenir pleinement ce que nous sommes tout en nous reliant de plus en plus intimement à la vie en enrichissant la qualité de nos relations et en nous montrant le chemin de la connexion à soi et à l’autre.

Rolando Toro Araneda a créé un système précis, une véritable pédagogie de l’art de vivre, fondé sur la vivencia. Ce concept et outil fondamental de la Biodanza désigne un état particulier de présence à soi, une sensation intense et émouvante d’être vivant dans l’instant. Au gré des vivencias, une alchimie s’opère, nous permettant de dissoudre nos conditionnements et de laisser de côté nos inhibitions mentales. Nous pouvons alors toucher au sacré de la vie.

Une séance de Biodanza est une joyeuse célébration de la vie! Elle se déroule comme un voyage au cœur de soi dans la sécurité d’un groupe, en suivant le fil d’une thématique. Le mental se tait avec révérence devant le plaisir de notre corps, lequel retrouve son mouvement naturel. Le professeur-facilitateur propose des dynamiques de mouvement sur musique que chacun réalise suivant son ressenti.

Par la danse, la musique et les situa­tions de rencontre dans le groupe, la Biodanza permet de stimuler cinq grandes potentialités humaines : vitalité, affectivité, créativité, sexualité et transcendance.

Grâce à ses effets psychologiques, bio­logiques et physiologiques, la Biodanza est reconnue pour avoir un effet puissant sur la santé, le bien-être et la communication.

Pratiquer la Biodanza, c’est prendre la chance de tomber amoureux de la vie! Venez vivre cette expérience accessible à tous! Nul besoin de savoir danser!

Au début des années 1960, le psychologue et anthropologue chilien Rolando Toro Araneda (1924-2010) travaillait dans un hôpital universitaire lorsqu’il a la formidable intuition de faire danser les patients souffrant de troubles psychiatriques. Il était loin de se douter que de cette simple expérience naîtrait la Biodanza, une pratique qui allait se répandre de par le monde et rendre les gens plus heureux de vivre.

Être heureux sexuellement influence-t-il le bonheur global du couple?

Les sexologues cliniciens s’entendent généralement sur le constat sui­vant :­ « Certains couples sont bien ensemble même si la sexualité leur pose des problèmes et d’autres se séparent même si leur sexualité est épanouie. »1 La sexualité constitue un élément fondateur du couple, mais elle n’en est pas la seule base. Il s’agit d’un facteur important et particulièrement précieux, car il est souvent exclusif. La vie sexuelle comporte bien sûr des hauts et des bas. Le plus important consiste à viser un bilan positif entre le plaisir relationnel partagé et les difficultés rencontrées dans la vie de couple.

La conception de ce qu’est une sexualité épanouissante demeure éminemment personnelle. D’où l’importance pour les partenaires de découvrir ensemble ce qui satisfait pleinement leurs besoins relationnels et sexuels. Voici quelques pistes de réflexion que je vous invite à considérer.

Cultiver la sensualité
L’amour ne se réduit pas à la sexualité. Le plaisir du contact physique sans caractère sexuel, comme s’embrasser et se câliner, contribue à l’épanouissement du couple par l’ouverture vers d’autres dimensions. On y apprend à communiquer avec son partenaire, même dans les moments où le sexe n’est pas possible ou souhaitable pour différentes raisons.

Comprendre le langage amoureux de son partenaire
Selon Gary Chapman2, il existe 5 principaux langages de l’amour, dont le toucher physique. Le toucher affectueux est un puissant moyen de communiquer à son partenaire qu’il est aimé et désiré. Il peut revêtir différentes formes, y compris les rapports sexuels. Pour certaines person­nes, le toucher représente le langage qu’elles comprennent le mieux et qui leur permet de s’épanouir sur les plans sexuel et émotionnel. Discuter ouvertement de l’art et de la manière dont chacun souhaite être touché et faire l’amour rendra leurs relations sexuelles encore plus bénéfiques et empêchera les non-dits de s’installer.

Apprivoiser les besoins d’intimité
L’intimité, et particulièrement l’intimité sexuelle, demande que chaque partenaire établisse des frontières entre soi et l’autre : des limites à la fois assez fermes pour ne pas se « perdre » dans l’autre ou se sentir envahi et assez souples pour permettre des rapprochements. Il s’agit d’un équilibre délicat entre le besoin de contrôle et le désir de connexion à l’autre.

Apprendre à relaxer et à jouer
Cet aspect est fondamental. La sexualité est un terrain de jeu et non d’enjeux! Les partenaires bien dans leur peau et dans leur tête n’ont rien à prouver et ne se comparent pas. Ils savent que le désir se nourrit de mystère et d’une certaine distance, le but de la sexualité n’étant pas l’orgasme à tout prix, mais le plaisir.

Gérer les conflits importants sans utiliser le sexe
Ce qu’on appelle communément « l’art de se réconcilier en faisant l’amour » (en anglais « make-up sex ») apaise certaines tensions physiques immédiates. La dispute crée une distance émotionnelle. Les partenaires peuvent alors ressentir un malaise qui les pousse à se rapprocher au moyen du sexe. Cependant, la sexualité ne règle pas les conflits de couple à long terme. Il appartient aux partenaires de trouver d’autres moyens de com­munication afin de gérer les situations conflictuelles.

Des partenaires qui cultivent une curiosité l’un envers l’autre, qui sont prêts à dialoguer librement et à explorer leurs besoins relationnels, pavent le chemin vers l’épanouissement de leur couple, là où la sexualité peut occuper une place de choix.

1 Dre Catherine Solano, médecin sexologue, dans Qui sont ces couples heureux? Surmonter les crises et les conflits du couple, Yvon Dallaire, 2006, Éditions Option Santé.
2 Gary Chapman, Les 5 langages de l’amour, 2008, Éditions Quotidien Malin.

Étude de la femme tatouée 

En 2015, il est difficile de nier la popularité explosive du tatouage. Pourtant, il y a moins d’un siècle, un tel phénomène était impensable, spécialement chez la femme.

Contexte historique
La femme tatouée est un phénomène récent. Vers la fin du XIXe siècle, elle fait son apparition suivant la pre­­mi­è­re vague de féminisme en Amérique,­ principalement sous forme de phéno­mène de cirque. Ces femmes, étant extrêmement bien payées, n’avaient pas besoin d’un homme pour les faire vivre, situation rarissime pour cette époque.

Dans les années 30 à 60, le fémi­nisme continue sur sa lancée, et les femmes élargissent leur accès  à l’éducation et solidifient leur identité. Le tatouage est popularisé chez les Américains, et plusieurs femmes arborent de petits tatouages discrets, souvent sur les zones intimes.

Les années 70 marquent un tournant majeur avec l’adoption de la Charte des droits et libertés qui octroie  aux femmes le droit à leur corps, notamment avec la légalisation  de l’avortement.

Le féminisme des années 90, axé sur la diversité culturelle et sexuelle, vient à bout des vieux stigmates et donne naissance à la génération de femmes tatouées d’aujourd’hui. On parle finalement de recherche d’individualité et d’identité propre.

La femme : objet de désir
Il va sans dire que la femme tatouée choque. Celle-ci fut dès le début accusée de mœurs légères, ou de vulgarité. Qu’est-ce qui peut conditionner un tel jugement? Il faut d’abord comprendre que l’image féminine valorisée par la société n’a souvent pour but que le désir de l’œil masculin. Les notions de pureté et de perfection lisse suggèrent métaphoriquement la poupée de porcelaine. En tant qu’objet inanimé et générique, elle permet la projection du désir de l’homme, comme un film sur un écran vierge. C’est pourquoi les interventions corporelles visant à l’uniformité, telles que la chirurgie plastique ou le maquillage permanent, sont plus facilement acceptées, voire encouragées. Le tatouage redonne au corps sa volonté propre et le différencie. C’est ce qui en rend la pratique si menaçante aux yeux de certains.

« Le tatouage féminin n’est pas une question de décoration ou de transformation, mais bien une offense à la pureté symbolique si importante pour l’économie du désir masculin. » (Tattoos – Philosophy for Everyone)

Motivations
Si nous ne sommes pas tous perver­tis ou des criminels latents, alors pourquoi nous faisons-nous tatouer? L’évolution du tatouage comme forme artistique dans les années  90 nous permet maintenant d’étudier le phénomène d’un point de vue théorique.

L’approche formaliste stipule que la qualité d’un travail artistique donné repose purement sur sa forme, la qualité de sa réalisation et son  aspect visuel. Comme de fait,  plusieurs tatouages sont réalisés pour leur valeur esthétique. Les gens les portent comme ornements, à la manière d’un vêtement ou d’un bijou.

L’approche expressionniste a comme souci plutôt l’émotion et la réaction­ que ce sujet provoque chez une personne. Incidemment, plusieurs personnes vont choisir leur tatouage pour sa valeur émotionnelle et ce qu’il représente pour eux (sans bien sûr en négliger la valeur esthétique pour autant).

À notre époque, les tatouages sont le résultat d’un acte intentionnel et délibéré. Il s’agit d’un puissant acte communiquant par lequel nous nous approprions notre corps. Se faire tatouer est un engagement envers soi-même à s’auto-créer dans notre propre contexte indépendant. Il s’agit à la fois d’un acte d’expression et de formation de soi. Se rendre visible dans cette affirmation de soi-même, c’est devenir vulnérable et exposé à la critique de notre identité profonde. C’est une grande épreuve de détermination du caractère.

Dans la connaissance et l’acceptation de soi et de notre pleine individu­­a­lité,­ on finit forcément par accepter les autres. On se libère des rôles préétablis, définis par le sexe, la race, l’âge ou la classe sociale. L’indivi­du­a­­lité explorée, loin de nous margina­liser, nous rapproche au final de  la collectivité.