Une approche créative pour faire des choix éclairés

Que de fois avons-nous remis une décision à plus tard! On éprouve de la difficulté à se décider parce qu’il nous semble que ce n’est pas le bon moment ou que telle situation se réglera d’elle-même. Par exemple, on déteste son travail mais n’ose le quitter pour de multiples raisons.

Parfois certaines décisions s’imposent d’elles-mêmes. Par contre, il y en a d’autres qui font surgir en nous des pensées et des émotions contradictoires qu’il nous faut décoder. De plus, on peut aussi se sentir tiraillés entre nos valeurs, nos désirs et nos besoins. Comment réussir à se sentir en confiance pour faire des choix lorsqu’on se sent ainsi partagé?

Pour ma part, le processus de prise de décision s’est simplifié lorsque j’ai découvert une approche simple et créative qui m’a permis de regarder un problème, une situation ou un projet sous différents angles. Cette approche repose sur l’idée que nous sommes habité par quatre personnages prêts à nous aider pour faire des choix éclairés.

Je vous présente ces précieux alliés. D’abord l’Explorateur et son esprit inventif, le Juge et son sens de l’analyse, l’Artiste et sa capacité d’être en contact avec ses émotions et le Guerrier qui n’attend qu’un mandat clair pour passer à l’action. Imaginez que ces personnages constituent votre comité de décision et qu’ils sont en mesure de vous éclairer dans vos choix si vous prenez le temps de dialoguer avec chacun d’eux.

Toi l’Explorateur, peux-tu m’aider à regarder cette situation sous des angles différents? Dois-je faire confiance à mes intuitions? Indique-moi de nouvelles pistes d’exploration. De quelle façon ce changement pourrait profiter à mon évolution? Me donnes-tu le droit d’innover?

Toi le Juge, je te demande d’être bienveillant mais de me donner l’heure juste afin de considérer les « pour » et les « contre » de telle situation (ou projet). Quels sont les faits sur lesquels je dois me baser? De quelles ressources matérielles et psychologiques ai-je besoin? Est-ce que j’ai toutes les informations nécessaires? Quelles seront les étapes de réalisation de ce projet? Quel en est l’échéancier?

Si vous entendez des phrases comme « Ça marchera pas! », « Tu rêves en couleur », méfiez-vous! C’est le juge « éteignoir » qui prend la parole. Celui-ci peut bousiller nos plus beaux élans créatifs par une seule phrase assassine.

Et toi l’Artiste, est-ce que ce projet te dynamise ou te laisse indifférent? Raconte-moi ce que tu ressens par rapport à ce projet? Peux-tu identifier les sentiments et émotions qui t’animent? Te donnes-tu le droit de les ressentir? Qu’est-ce que ces émotions ont à te dire?

Et toi le Guerrier, est-ce que tu es motivé pour passer à l’action? Est-ce que l’Explorateur, le Juge et l’Artiste t’on donné suffisamment de bonnes raisons pour aller de l’avant? Sinon, qu’est-ce qui te manque? Est-ce que ton mandat est clair? Est-ce que tu peux visualiser des résultats positifs?

En prenant le temps de dialoguer avec chacun des personnages, on peut ainsi recueillir beaucoup d’informations sur soi, ses intentions, ses motivations et ses ressources. Quelquefois, la réponse s’impose d’elle-même mais à d’autres moments un temps de réflexion est nécessaire. J’ai pu constater que le fait d’écrire permet de clarifier nos idées, nos émotions et aide à préciser nos besoins actuels.

Nous avons tous un personnage dominant et c’est lui qui a tendance à prendre le devant de la scène. Autrement dit, c’est lui qui a l’habitude de prendre les décisions. Parfois c’est correct mais habituellement, on y gagne à prendre le temps d’écouter chacun des personnages nous poser ses questions. Ainsi, nous mettons toutes les chances de notre côté pour faire les choix les plus judicieux.

Puisse votre équipe vous conduire vers le meilleur de vous-même!

L’engagement

L’engagement, un mot qui a du chien, un mot qui mord! Si pour la plupart d’entre nous ce mot fait peur, c’est qu’il nous force à une rencontre avec soi.

Je peux m’engager envers l’autre et je peux m’engager envers moi-même. Quand je m’engage, je prends action, je fais des choix, je fais une différence dans la vie de l’autre et dans ma propre vie.

S’engager, c’est se lier par une promesse, c’est donner sa parole, c’est faire alliance. Oui, l’engagement est un mot qui mord et c’est parce qu’il mord qu’on lui tourne le dos et qu’on s’enfuit. On a peur d’y laisser sa peau, on a peur d’être saigné à blanc.

Le 17 août 2011, j’ai rédigé ma première lettre d’engagement avec moi-même. J’ai recensé 30 actions, grandes et petites, auxquelles pour certaines, j’ai fixé une date butoir.

Puis est venu LE MOMENT, ce moment où j’allais enfin signer ma lettre. Je me suis d’abord positionnée debout devant le miroir, j’ai lu ma lettre à voix haute en me regardant de temps à autre, car c’est à moi que je m’adressais, c’est avec moi que je prenais alliance. Quand est venu le moment de signer, j’ai inspiré profondément, j’ai saisi fièrement ma plume et j’ai signé allègrement en y joignant la date du jour, car c’était un grand jour. J’étais fière de moi. Par cette alliance, je me suis choisie, j’ai posé un geste qui m’a donné de la valeur et de l’importance. Là, c’est moi qui avais du chien, je mordais dans la vie, dans ma vie ! Ma vie, tu es la vie et je te crée à chaque instant par mes paroles et par mes actions.

S’écrire des lettres d’engagement envers soi-même est un acte symbolique. Je relis mes lettres régulièrement pour demeurer connectée à mon énergie, pour entretenir la flamme, pour célébrer mes accomplissements le moment venu et contempler le chemin parcouru pour me rendre au fil d’arrivée. Pour les accomplissements non encore réalisés à la date butoir fixée, je rédige une nouvelle lettre d’engagement pour ceux-là avec une nouvelle date butoir, je lis ma lettre à voix haute, je signe et j’inscris la date du jour.

Par ailleurs, à plus petite échelle, à chaque jour quand je le désire, je déclare haut et fort un ou plusieurs engagements pour le jour même, en prenant à témoin une personne dans mon entourage, car notre puissance grandit dans l’écoute de l’autre. Faites-le, déclarez votre ou vos engagements du jour même devant quelqu’un et honorez votre parole! Cela pourrait être: Je prends l’engagement de marcher aujourd’hui deux kilomètres OU Je prends l’engagement de dire aujourd’hui deux qualités à mon amoureux (se), OU les deux.

Osez! Que chaque occasion soit une grande occasion de faire travailler les muscles de la transformation. Vous verrez, vous y prendrez goût. Votre subconscient sera alors imprégné du pouvoir de l’intention de votre engagement et tout votre être, via vos pensées, vos paroles et vos gestes, y contribuera.

Le soir venu, je me félicite d’avoir tenu mon engagement ou mes engagements pris en début de journée. Je me félicite pour mon intégrité, car mon intégrité, c’est ma parole.

Moi, en terminant de rédiger cet article, j’ai déclaré haut et fort devant témoin: Aujourd’hui et chaque jour de ma vie, je prends l’engagement d’être authentique et transparente.

Et vous, quel engagement prendrez-vous aujourd’hui?

Le courage d’être soi et de réaliser ses rêves

J’ai toujours rêvé d’écrire et à ma retraite, j’ai plongé tête première dans l’écriture d’un roman.

Pourquoi ce saut périlleux dans une mer de mots, alors que je n’avais aucune esquisse de roman sur laquelle poser les pieds entre deux brasses?
L’onde ensorcelante est impitoyable, avec elle vient la peur de buter sur des récifs et d’être submergée par la vague.

Qu’est-ce qui expliquerait mon engouement pour le verbe?

Serait-ce parce que j’admire les écrivains à la pensée fluide?

J’ai senti un appel irrésistible qui m’a charmée au plus profond de moi et guidée par l’astrolabe de la connaissance et de l’intuition, je me suis laissée guider vers l’inconnu.

L’écriture est comme un journal intime sur lequel je revenais avec plaisir. Au fil des mots, des personnages ont pris corps et se sont imposés à moi, ils sont devenus une nouvelle famille.

Alors que je travaillais à peaufiner mes phrases, la magie créatrice s’opérait et mes héros m’entraînaient dans de troublantes aventures.

Il m’a fallu plus de dix ans de recherches et d’écriture pour boucler mon roman Shamseh de Delphes dont la trame se situe au XIe siècle en Méditerranée orientale. Je voulais montrer comment une Grecque chrétienne percevait l’Islam des lumières. J’y ai fait de belles découvertes dont je parle dans mes conférences sur l’Islam au temps des Mille et une Nuits.

Comme bien des auteurs, j’espérais publier mon roman dans une maison d’édition. Quand un manuscrit est prêt à être publié, la gestation est complétée, l’œuvre demande à naître, il faut accoucher. Malheureusement, trop de maisons d’édition ressemblent aux salles d’attente encombrées et anonymes des hôpitaux. J’espérais rencontrer une sage-femme pour accueillir mon bébé, je ne voulais pas que mon projet avorte en phase finale. Alors, un sage homme, mon conjoint, me proposa de créer notre maison d’édition et de publier mon roman.

Nous avons relevé le défi : toutes les étapes du livre ont été complétées à la maison, incluant la première de couverture réalisée avec l’aide d’une de nos filles. Nous sommes fiers de notre réalisation. Le manuscrit a été envoyé à l’imprimerie Gauvin, les corrections d’épreuves se faisant directement, sans intermédiaire, c’était efficace et rapide. Ainsi, trois mois après avoir pris la décision d’autoéditer mon roman, nous avons célébré le lancement de Shamseh de Delphes à la Maison des auteurs de Gatineau en août 2011. Je jubilais.

Mon parcours est la preuve que l’autoédition est accessible aux auteurs qui acceptent d’en assumer les coûts. L’autoédition me semble une intervention qui rappelle le pontage. Elle permet de rétablir la circulation en contournant un obstacle. Quand un auteur essuie un refus, une voie alternative s’ouvre à lui pour permettre à la vie créatrice de reprendre son cours, c’est bon pour la santé, c’est bon pour le moral.

L’autoédition est une expérience gratifiante à tous points de vue, si bien qu’en 2013, deux auteures nous ont demandé de publier leurs manuscrits. Je suis à écrire le tome II de Shamseh de Delphes. Mes personnages ont fui Bagdad et se sont réfugiés à Venise où ils m’attendent… Comme le disait Rumi, un poète perse du XIIIe siècle :

« Laissez-vous être silencieusement attiré par la force de ce que vous aimez vraiment. »

Donner au suivant…

Je commence en vous disant que je suis une maman de deux beaux garçons avec la chance d’avoir un conjoint extraordinaire, un emploi intéressant, un foyer chaleureux et une vie comblée. Je vis cette année en 2014 mes 40 ans de vie et je réalise à quel point j’ai la chance d’avoir une belle et bonne vie en santé.

Avec mon emploi, je me retrouve dans différentes villes au Canada et j’ai remarqué cette quantité de gens qui se retrouvent dans la rue aux abords des hôtels au centre-ville où je reste et également le long des sentiers longeant les cours d’eau là où je vais courir pour prendre un peu d’air. Le visage de ces personnes ne me laisse pas indifférente. Je ne les connais pas et ne je sais rien de ces gens mais je sais par exemple qu’ils ont besoin d’aide.

J’ai remarqué la quantité incroyable de personnes qui marchent à côté d’eux sans même les regarder ni sourire comme s’ils faisaient semblant de ne pas les voir.

Cet été, j’ai commencé à remettre une partie de mes repas à ces gens de la rue et je me suis dis qu’il y a sûrement autre chose à faire. C’est alors que j’ai décidé de créer un calendrier avec des photos portraits de moi-même dans le but de sensibiliser la population du Canada au fait que c’est facile de porter un regard sur l’autre, un jugement sans savoir ni connaître ces gens de la rue, ces sans-abris que nous côtoyons chaque jour.

Ce calendrier au titre de « CoCo 2014 Donner au suivant » relève de mon appréciation de la vie et du désir de donner un petit coup de main aux autres et surtout ce besoin d’aider les gens de la rue. Mon but est également d’offrir aux gens de la rue quelque chose qu’ils pourront vendre pour avoir un peu de sous pour manger. J’offrirai également une quantité de copies à différents centres d’hébergement pour des levées de fonds.

En espérant que mon projet aidera surtout à un des moments difficiles de l’année qu’est la saison des Fêtes.

Seule, je ne pourrai y arriver. J’invite donc la population à se procurer ce calendrier « CoCo 2014 Donner au suivant » qui a été conçu avec amour spécialement pour les sans-abris de chez nous.

Merci à tous pour votre grande générosité!

Exprimez vos couleurs, votre style

À TRAVERS VOS VÊTEMENTS, GRÂCE À UNE STYLISTE

Une styliste dans votre vie vous apportera bien-être et bonheur, mais tout est dans la manière en créant un environnement propice au changement. Une approche à l’écoute de ce que vous êtes physiquement, mentalement et émotionnellement en respectant votre rythme. Chaque jour apporte un défi en ouvrant sa penderie. Le vêtement nous définit, tout dépend de nos états d’esprits au moment de nos choix d’aujourd’hui.

Peut-être êtes-vous de ceux bien organisés qui sortent leurs vêtements la veille tout inspirés! Quelle surprise de vous retrouver le lendemain pas du tout intéressé de porter vos vêtements si soigneusement préparés. Se vêtir devient un plaisir, il suffit de s’y attarder en reflet à ce que nous sommes en réalité.

Le regard qu’on porte sur soi se reflète à travers nos vêtements. Apprivoisez vos courbes en miroir bonheur. Exprimez ce que vous êtes en corps-à-cœur!

Silhouette tu m’enveloppes, seconde peau tu me réconfortes.
L’art vestimentaire est avant toute chose une connaissance de sa morphologie. C’est mettre en lumière ce que nous aimons de soi. La silhouette parfaite est la nôtre, modelée, ajustée, selon nos formes avec goût pour notre confort et notre aisance.

Le vêtement crée l’harmonie avec la silhouette et non un déguisement. Se sentir enveloppée de matières confortables est bien plus qu’une question de mode, c’est un sentiment de confiance, d’assurance, de bien-être qui se reflète dans toutes les sphères de notre vie.

Vous accordez peut-être beaucoup de temps et d’argent à vos soins corporels, votre coiffure, vos divertissements, mais vous accordez-vous suffisamment du temps pour approfondir la relation que vous entretenez avec votre corps et par le fait même avec votre penderie?

Se vêtir est une célébration de couleurs, de créativité. Ayez du plaisir à choisir vos vêtements chaque jour!

La mode se démode, le style jamais (Coco Chanel)

Le plus grand artiste de l’Univers

  • Regardez le soleil!
  • Ce n’est pas le soleil, c’est la lune. Me répondent-ils.
  • Nous vivons ici depuis plus de 40 ans; depuis quand est-ce que la lune apparaît à l’Ouest en fin de journée? Je vous dis que c’est le soleil!
  • Mais non! C’est impossible. C’est la lune. Répète ma mère.
  • Elle est beaucoup trop haute pour être le soleil. Ajoute mon fils.
  • Avez-vous déjà vu la lune aussi rouge qu’un drapeau japonais? Nous en sommes à la fin juin, le soleil est à son plus haut et les journées sont les plus longues. Je vous dis que c’est le soleil!
  • Je n’ai jamais vu un soleil comme celui-là! Ni une lune à bien y penser. Déclare mon frère d’un ton perplexe.

Une quinzaine de minutes plus tard, l’astre non identifié a suivi la trajectoire que le soleil couchant fait avec aise depuis des millénaires. Je regarde les membres de ma famille que j’adore avec mon air de « j’vous l’avais dit! ».

  • Incroyable! C’est féerique! S’écrie ma mère.
  • Tu avais raison, Nath. C’est mon beau-frère le soleil!

Son beau-frère le soleil? Je suis sa seule sœur … et pourtant, je ne lui ai jamais dit le surnom que j’ai donné à l’homme que j’aime et qui m’a fait vivre le vrai bonheur … Est-ce une prédiction? Mon Dieu! Faites que oui!

Le soleil était d’un rouge écarlate intense, canalisant audace et passion. Cette boule de feu irréel dans un ciel poudreux semblait flotter sur son éphémère lit de plume. Nous étions tous en état de jubilation devant la fenêtre, à l’abri des billions de maringouins et de maringouines, à contempler le chef-d’œuvre miraculeux que peignait le maître artiste sur son grand tableau dans le ciel.

Au bout d’un peu plus d’une heure, le seigneur signa sa toile avec des orangés et des violets, puis il tamisa la lumière doucement avant de l’éteindre complètement. Puis, il laissa place aux 88 constellations. Ces gazillions de veilleuses se mettaient à l’œuvre pour nous protéger contre la nébulosité et sa malveillance.

Bonne nuit  Andromède!

Bonne nuit Compas! Bonne nuit Grande Ourse! Indien! Peintre! Petit Renard! Sculpteur! …  Et bonne nuit à vous tous! Faites de beaux rêves!

N.B. Ma caméra était incapable de capter cet instant magique. L’image ne reflétant aucunement la béatitude du moment. Je dois me contenter du souvenir dans ma mémoire.

L’université sans diplôme

Après avoir œuvré pendant 30 ans sur le marché du travail, à mon premier emploi professionnel en formation il y a 15 ans, je me suis heurtée à une cohorte de jeunes étudiants universitaires fraîchement embauchés qui se voyaient offrir — avant même la fin de l’été — des possibilités alléchantes de promotions et de postes sans que je puisse même concurrencer avec eux parce que je n’avais pas de diplôme universitaire.

La souffrance et la déception ressenties en les voyant passer devant moi malgré l’expérience acquise étaient si grandes que cela m’a poussée à passer à l’action. Je ne savais trop comment jusqu’au jour où une consultante en gestion de carrière, que j’avais engagée, s’est arrêtée à mon bureau pour me demander comment j’allais. « Pas très bien » lui dis-je, lui partageant mon sentiment d’impuissance par rapport à la situation. « Mais qu’est-ce que ça te prendrait pour enlever cet obstacle? » « L’Université je pense, mais je ne veux pas me retrouver sur les bancs d’école pendant des années à mon âge. » Du coup elle me dit : « Je connais une personne à l’Université qui peut t’aider. Va la rencontrer, c’est une bonne personne. » Je me suis dit, « on ne sait jamais, au point où j’en suis pourquoi ne pas explorer. »

Je prends rendez-vous. Je ne connais rien de son secteur de responsabilité. Elle commence par répondre à mes questions puis soudainement j’ai l’impression d’être en entrevue :

« Qu’avez-vous étudié depuis que vous avez quitté le collège? Quelle sorte de travail faites-vous? Quelle est votre conception de l’Éducation des adultes? »

Satisfaite de mes réponses, elle me dit : « Je pense que l’Université serait prête à vous accueillir dans des études de deuxième cycle. Nous profiterions de votre expérience et vous du milieu universitaire. » Je bredouille, hum… « Des études de deuxième cycle? Mais qu’est-ce que c’est exactement? Est-ce que ça prend un baccalauréat pour y être admis? » « Oui, madame. » « Mais je n’ai pas de baccalauréat! » « Qu’à cela ne tienne, dit-elle, l’Université serait prête à vous admettre sur la base des expériences professionnelles et des études acquises dans le domaine de l’Éducation des adultes depuis que vous avez laissé le collège. » Je n’en crois pas mes oreilles. Cette personne est en train de m’ouvrir toutes grandes les portes de l’Université.

Je me souviens encore du sentiment d’exaltation qui m’habitait ce soir-là en traversant le jardin de l’Université, à la belle étoile, en me disant : « Qu’est-ce qui vient de se passer? Je suis venue ici en exploration et me voilà admise à des études de deuxième cycle. Ce n’est pas croyable! » La tactique de la consultante avait fonctionné. « Va juste la rencontrer », m’avait-elle dit. En me rendant le choix simple et accessible, elle avait démystifié l’Université et la résistance était tombée.

J’ai terminé avec succès mes études de deuxième cycle, puis j’ai poursuivi à la Maîtrise que j’ai complétée à 60 ans! De quoi rendre mon père fier.

L’idée qu’on se « bâtit » soi-même, sans l’aide des autres, est une illusion. Elle nous empêche d’apprécier la façon dont la Vie nous soutient à chaque instant et de reconnaître que nous sommes aimés, même si ce n’est pas toujours de la façon dont on le souhaiterait, ni par la personne que l’on voudrait.

Sans l’intervention habile et attentionnée de cette consultante pour me guider et m’apprivoiser et l’ouverture d’esprit et la reconnaissance de la responsable à l’Université, j’aurais continué d’agir en fonction de mes limites, blâmant les autres pour mon infortune sans jamais réaliser l’éventail de possibilités qui s’offrent une fois que l’on prend charge. Einstein disait : « Il n’y a vraiment que deux manières de vivre sa vie, comme si rien n’est un miracle ou comme si tout est un miracle. »

J’ai choisi la deuxième. Et vous?

Le Cheminement Autoral en tant que Voie d’Éveil

De nos jours, peut-être comme jamais auparavant, pour beaucoup d’entre nous le besoin de bien-être et de bonheur ne rime non seulement avec la réalisation de Soi et du sentiment de se sentir justement positionné dans le moment présent, mais vibre avec une quête d’infini, là où l’Âme s’apaise, le cœur rentre en résonance, la pleine conscience vit de synchronicités entre collaboration et partenariat.

C’est bien là le besoin de s’ouvrir à cette vie profonde et réussie, à la fois intime et cosmique, à entendre ses appels, qui conduit à chercher un sens unifiant, décisif et fondamental, ainsi que des liens à l’existence. Ce cheminement s’accompagne donc d’une élévation de son niveau de conscience, d’une disponibilité aux exigences intérieures, un radical affranchissement du matérialisme, une orientation de sa vie en fonction d’un absolu qui peut prendre la forme d’une cause sociale ou politique, d’une recherche du beau, du bon, du juste et du vrai, d’un service à l’humain, entre humains en étant partenaires tout en étant fondamentalement Soi.

Cette métamorphose nécessite donc de puiser dans ce spirituel qui dépasse l’ordre des considérations purement utilitaires et immédiates, celles de l’acteur et du système, pour accéder au domaine de l’altruisme et de la réalisation de Soi, de la cohérence et de la liberté intérieure, de la contemplation mais aussi de la croissance et de la confiance. Cette démarche est celle de l’Auteur, Auteur de sa Voie, qui incarne les passages du dépassement de Soi à la reconnaissance du plus grand que Soi. Mais qu’est-ce qu’être Auteur et pourquoi cela est-ce si primordial?

Les linguistes disent que le concept « d’Auteur » vient « d’autorité », et sa racine latine est « Auctor ». Selon eux, un Auteur est une personne qui œuvre, qui crée du nouveau : une relation, un langage, un état d’être, une réalité, un produit, une tonalité. L’autorité vraie, celle de l’auteur, ne découle donc pas d’un statut (simple autorité légale selon le modèle bureaucratique); elle ne provient pas non plus d’une expertise technique (la connaissance du solfège ne suffit pas pour composer une œuvre) ni d’actions dans un système (en référence à Crozier et Friedberg, 1977).

Elle prend sa source dans l’attitude (Habermas, 1986), l’intention et la pleine conscience (Rosenberg, 2007) d’une personne qui rompt avec les prévisions d’un système établi, dans ses facultés à se réaliser dans des expériences optimales, à collaborer et à communiquer avec son environnement, (Csikszentmihalyi, 2004), mais aussi devenir un leader dans un référentiel intégral tel que proposé par Hatala et Hatala (2000).

Or dans le cadre d’un monde en perpétuelle transition, si « prévoir » consiste à voir avant, et si « prévenir » c’est agir avant même de connaître (c’est-à-dire pour chaque personne dans son environnement, sans autre référence à une hiérarchie fonctionnelle ou opérationnelle, ni à un statut socioculturel et professionnel particulier), « l’état d’être » d’Auteur, c’est-à-dire d’exprimer le « Quantum Autoral » (Kauffmann, 2013), c’est puiser dans les caractéristiques du paradigme du leadership Quantique (Erçetin et Kamact, 2008) et générer une ascendance Autorale (Kauffmann, 2007).

Ces dernières sont essentielles en termes d’impacts, car elles permettent à l’Auteur de répondre aux exigences relationnelles, communicationnelles et partenariales au niveau :

  • prévisionnel (simulation de scénarios, avec objectifs, qualifications, contrôles et régulations) pour faire face aux aspects déterministes (notamment ceux de la maladie),
  • computationnel et de réseaux (batterie d’outils et d’exigences socioprofessionnels, d’obligation et de normes, d’activités stratégiques et de produits) pour faire face aux aspects interactionnistes traditionnels (pour répondre aux aspirations de transcendances),
  • du développement de conscience pour aborder les profonds changements dans les relations, avec Soi, mais aussi avec l’Autre, les organisations et la société (Senge, 1994; Senge, Scharmer, Jaworski et Flowers, 2005).

Ainsi être Auteur, c’est aussi et avant tout être responsable, établir des priorités et les communiquer, rechercher l’adéquation des moyens et des fins dans un développement soutenable, durable et équitable de Soi-même en collaboration avec l’Autre. C’est également s’impliquer par rapport aux objectifs personnels, sociaux et environnementaux (Augustin, 2010).

Mais comme le dit John Maynard Keynes pour dépasser la typologie de l’acteur dans son système, « les hommes d’action qui se croient parfaitement affranchis des influences doctrinales, sont d’ordinaire les esclaves de quelques théories passées… et la plus grande difficulté n’est pas pour les individus d’accepter de nouvelles idées, mais d’oublier leurs anciennes… » (Arena, 1993). Dès lors, pour réussir sa vie et être en santé il n’existe pas de meilleure Voie que celle de l’Autorat pour chacun de nous car elle nous recontacte avec ce qu’il y a d’essentiellement véritable en nous. Pour vivre et expérimenter le bonheur, nous avons tous besoin de liberté, de qualité authentique dans notre relation aux autres et au monde, mais aussi d’assumer entièrement le réel au-delà de nos peurs et de nos craintes, de nos insécurités et incertitudes.

L’humain dans son humanité

J’aime l’humain. Je m’intéresse au parcours de vie des femmes et des hommes qui m’entourent. Je suis émue par la vulnérabilité de l’autre. Mais qu’en est-il de la mienne? J’aime ouvrir mon cœur au désarroi de l’autre. Et moi, suis-je capable de laisser voir le mien?

Un pont sert à relier deux rives. À quel niveau se situe le mien? Au niveau de la tête ou du cœur? Quand il se situe au niveau du cœur, je suis dans mon humanité, dans ma vulnérabilité, dans ma beauté. Quand il se situe au niveau de la tête, je suis dans mes peurs, dans mes doutes, dans mes blessures. Ma tête vient refroidir mon cœur. Cela s’appelle la dualité et la dualité est préjudiciable à l’authenticité et à l’humanité.

Passer de la tête au cœur, c’est la transition du faire à l’être. D’ailleurs, Jean Vanier, fondateur de l’Arche, nous invite quotidiennement à aller au-delà des peurs qui nous éloignent les uns des autres et à repenser nos rapports interpersonnels et sociaux.

J’ai pris le temps de réfléchir à ce qui m’émeut au sein de la société : l’entraide après certaines catastrophes; l’organisation Médecins sans frontières; l’œuvre de Jean Vanier; le dévouement inextinguible de Mère Teresa.

Il n’y a pas d’amour, ni d’amitié sans liberté. Cela suppose de nous affranchir, car se transformer soi-même permet de transformer le monde. Ghandi enseignait que la meilleure façon de changer le monde est d’apporter en nous-même les changements que nous souhaitons voir autour de nous. Mais quels pourraient être ces changements, et comment être acteur de changement? Et si c’était par un éveil de notre conscience? Une conscience épanouie, élargie et plus élevée, dans le but d’améliorer les conditions de notre vie collective? La conscience que nous sommes tous interreliés doit être activée. Penser globalement et agir localement.

Nous traînons souvent des croyances limitantes qui nous rendent méfiants vis-à-vis des autres. Ce sont souvent nos expériences passées et nos blessures qui déclenchent ces croyances. Prendre conscience de l’influence qu’elles ont sur notre vie est l’étape indispensable pour les transformer et pour vivre à nouveau dans la confiance, et quand on fait confiance, on est en mesure de demander de l’aide au besoin. Je crois que c’est dans cette ouverture que la solidarité humaine réussit à s’installer.

Quand on est l’acteur de sa vie, on reprend le pouvoir sur soi sans exercer de pouvoir sur les autres. Et ce pouvoir, il disparaît quand notre rencontre se situe au niveau du cœur, au niveau de l’âme. À ce niveau, nous sommes enfin et seulement des êtres humains. Dans ce prisme, il y a nos vraies couleurs, sans énergie guerrière, sans masque.

J’ai compris que le jugement vient en grande partie de nos comparaisons, du standing de vie et du niveau de scolarité. Avoir le privilège de rencontrer une personne sans rien connaître de sa vie, nous dispose dans l’accueil. La valeur de cette personne tient à notre ressenti naturel envers elle plutôt qu’à une grille d’évaluation que nous utilisons pour la définir.

Tenter l’expérience c’est laisser l’humain s’exprimer dans son humanité, sans aucune frontière. Cette action génère une force d’attraction entre nous, dans une opération de métamorphose et de solidarité.

Imaginons que la vie est un pommier. Si nous y greffons la valeur intrinsèque de chaque humain, nous obtiendrons un pommier produisant différentes variétés de pommes. Pour que cet arbre profite, il lui faudra de la lumière (la foi) et une terre fertile (l’amour inconditionnel).