Le toucher et le massage

Tout humain a un besoin vital de toucher et d’être touché. Le toucher, c’est une expérience, c’est prendre contact. Juste à l’énoncé du mot « toucher », le mot peut être accueilli comme un ami ou comme un ennemi. Il se présente à nous en quelques minutes inoubliables ou peut nous alourdir de quelques secondes pénibles où nous nous sentons envahi, tout cela dépend de notre expérience de vie. Dans le toucher, nous apportons l’ensemble de nos expériences et c’est le reflet de cette mémoire qui nous habite. Plein de secrets sont enfouis dans notre peau qui est messagère de tout un vécu psychologique, émotionnel et spirituel. Elle est le siège des sensibilités.

Le plus important de tous les sens est le toucher, mais il n’est pas nécessairement celui que l’on privilégie. Il est un moyen de sentir, de découvrir et d’apprendre tout au long de notre vie. La signification que l’on donne au toucher dépend du vécu de chacun, de sa culture, de son éducation, de la religion. Il est une forme de langage, un moyen de communication. Il est le premier langage que l’on utilise pour communiquer avec l’enfant, lui exprimer nos sentiments et lui montrer qu’il est aimé. On sait que sans toucher et affection, les enfants se laissent mourir. Nous ne pouvons pas ne pas agir et réagir au toucher parce qu’il nous implique dans la communication avec l’autre.

Sous forme de massage, le toucher aide les gens à prendre conscience de leur corps outre le bien-être corporel qu’il apporte, il peut être un véritable travail sur soi. Il est un moyen d’équilibre et de bonne vitalité du corps au-delà de l’être. Il procure détente et bien-être; soulage les tensions musculaires; améliore la circulation sanguine; stimule le système lymphatique; aide à éliminer les toxines; stimule l’énergie de la personne; contribue à réduire le stress; à apaiser le système nerveux; à prévenir la maladie et à améliorer notre état de santé. Le massage est un excellent complément qui permet d’améliorer notre qualité de vie en créant une harmonie et une paix intérieure tout en favorisant la prise de conscience et l’écoute de soi. Il doit être pratiqué avec écoute et respect de la personne, de ses croyances, de sa pudeur, de son corps. Grâce au massage, le toucher redevient un formidable instrument de connaissance de soi, de dialogue et de bien-être intérieur. Les gestes faits avec respect, attention et chaleur s’inscrivent dans le corps, dans la peau et dans le cœur de chaque être. L’art du toucher est de développer le contact juste, le mouvement juste et l’intention juste. La stimulation par le toucher permet au corps et à l’esprit de se débarrasser de ce qui l’encombre car on dit souvent « ce qui ne s’exprime pas s’imprime ». Détendre le corps, c’est apaiser l’esprit.

Plus qu’une technique, il faut ajouter toute la profondeur du ressenti. Il faut lier la pratique du massage et l’ouverture du cœur et pour aller vers cette ouverture du cœur, il y a de multiples chemins possibles. Faire cet apprentissage par le massage, c’est choisir de renouer avec la vie qui palpite dans nos mains, sans intermédiaire autre que la chaleur de notre présence et la bienveillance de notre toucher. Accueil, chaleur, confiance, respect, don de soi font la qualité du massage offert par le massothérapeute. Peu importe la technique de massage utilisée, le plus important est la qualité du toucher.

Dans la vie d’aujourd’hui où la majorité des gens vivent du stress, il est de plus en plus important de prendre du temps pour soi. Il faut redécouvrir ce sens du toucher qui est un peu oublié.

Consciente de l’importance du toucher dans ma pratique comme thérapeute, je vous dirais que j’écoute avec mes mains et que je touche avec mon cœur. Le massage est un espace de communion et de communication pour apprivoiser le moment présent. Je vous dirais « osez aller vers l’autre, osez recevoir ». Le plaisir d’être touché a déjà une valeur thérapeutique en soi.

Manifester la plus belle version de soi

Au fil du temps et des cultures, beaucoup de personnes ont perdu ou laissé leur pouvoir divin sacré à l’extérieur d’elles-mêmes et souhaitent maintenant se donner le droit de le retrouver. Par le cheminement pour retrouver notre sacré, nous reprenons notre pouvoir pour créer notre vie en conscience, pour purifier, libérer, guérir et ramener l’harmonie par le don de l’amour (PAR le DON), et ainsi manifester la version la plus belle et la plus élevée de soi.

Retrouver son sacré, c’est s’accueillir totalement en être humain-divin, debout, centré et aligné dans le chemin du cœur. C’est retrouver l’essentiel (essence-ciel) de l’être, laisser cette lumière sacrée habiter totalement notre corps, et choisir de rayonner et manifester cet amour-lumière de l’intérieur vers l’extérieur, pour soi et vers les autres, bien enraciné les deux pieds sur terre.

Choisir de retrouver son sacré, c’est un cheminement pour se révéler à soi-même, pour permettre au sacré de redevenir le maître d’œuvre, et choisir de manifester un état véritable d’amour, de paix, de joie, de santé, de gratitude, etc. Lorsque le sacré émerge, nous pouvons enlever les masques et costumes de personnalités que nous avons portés au fil de la vie. Et lorsque nous nous libérons des programmes et secrets humains individuels, générationnels et karmiques que nous portons, nous pouvons devenir trans-parents et nous ouvrir aux secrets de la vie. Ce qui reste est notre essence sacrée.

Dans la vie quotidienne, retrouver son sacré se vit dans l’expérience de l’instant présent, dans l’état de conscience que le divin sacré est l’essence même de chaque cellule, de tous nos pleins et vides, de tout ce qui est et ce qui n’est pas, dans l’état d’accueil et d’amour inconditionnel que nous avons pour nous-mêmes et la vie, et lorsque nous choisissons que l’essence du sacré devient le pilier, la fondation première sur laquelle nous bâtissons le monde de paix où nous voulons vivre. C’est aussi d’utiliser nos connaissances, dons, forces, talents et compétences au service du cœur, en gardant les deux pieds sur terre.

C’est couler avec la vie et prendre le temps de respirer en amenant son attention consciente au niveau du cœur, afin d’installer graduellement un état de cohérence cardiaque et de faciliter la synchronisation des communications neurophysico-biochimiques des circuits cœur-cerveau-corps. Respirer est une clé puissante pour créer un état de calme et de cohérence qui favorise l’unité de notre expérience d’être humain-divin, l’harmonie émotionnelle et l’état de santé global du corps.

Retrouver son sacré, c’est aussi une porte d’éveil qui s’ouvre lorsque de nos multiples expériences de vie, nous osons nous détacher des formes-pensées qui ont modelé notre expérience de la réalité, et nous rappeler que notre identité véritable n’est pas celle d’un nom ou d’un métier/profession, mais plutôt de notre essence spirituelle incarnée sur terre pour vivre une expérience humaine.

Retrouver son sacré, c’est être fidèle et intègre à soi-même, c’est-à-dire en choisissant ce qui éveille le ressenti de la joie en nous, et que nous choisissons d’écouter la voix de notre cœur et de suivre cette voie. C’est aussi apprendre à cesser de nourrir ce qui alimente la disharmonie et nourrir ce qui fait grandir nos forces d’amour, une relation aimante avec notre corps et notre vie, des relations pures en commençant par la relation à soi-même, la reconnaissance, la confiance et l’estime de soi. C’est un choix par lequel, au nom de la lumière que nous sommes, nous choisissons de reprendre totalement et définitivement notre pouvoir d’amour et de le manifester concrètement dans la sagesse et l’unité d’amour-lumière infinie.

C’est aussi apprendre à accueillir les messages de sagesse de notre corps qui nous renseigne de façon physique et symbolique sur ce qui a besoin d’être harmonisé et notre état de santé véritable. La maladie, c’est un langage que le corps peut utiliser lorsque qu’une disharmonie, un blocage ou une résistance est cristallisée dans notre corps, empêchant l’énergie de circuler librement et nos systèmes de bien fonctionner. Qu’elle soit d’origine personnelle, transgénérationnelle, génétique ou karmique, la maladie indique que quelque chose est mal intégré dans notre cheminement d’unité humain-divin. Notre capacité d’accueil de ce que le « mal-a-dit » favorise l’harmonisation de la santé par l’éclairage de la conscience, le choix d’actions cohérentes et la purification des formes-pensées, afin que notre expérience humaine puisse retrouver ses voies de liberté dans notre expérience du divin sacré.

Retrouver son sacré, c’est vibrer un état de gratitude que nous ressentons à l’intérieur et rayonnons à l’extérieur par un sourire, une présence centrée dans le cœur, un état de joie, de compassion, une prière pour remercier la terre des bénédictions qu’elle nous offre en abondance, la conscience d’offrir des soins en traitant chaque personne comme un être divin sacré, une parole ou un geste qui rappelle que notre valeur vient de ce que nous sommes, que nous sommes des êtres d’amour aimés à l’infini et que nous n’avons rien à faire pour être aimés, un silence de sagesse et de respect du chemin de chacun, un accompagnement qui enseigne l’amour par l’exemple, un ressenti du cœur d’être à la bonne place au bon moment et d’y être présent dans un état de profonde sérénité…

Il y aurait mille regards possibles pour éclairer les multiples facettes sous lesquelles nous pouvons retrouver le sacré dans notre vie. Voici simplement quelques outils et pistes de réflexions pour éclairer ce que « Retrouver son sacré » signifie pour vous.

Respiration pour se centrer, favoriser la cohérence cardiaque et l’état d’harmonie

  • Respirez profondément jusque dans le bas du ventre et expirez lentement (3 fois)
  • Respirez normalement et tout doucement, amenez l’attention au niveau du cœur
  • Conservez votre conscience au niveau du cœur, comme si c’était le centre de la respiration et respirez avec les intentions suivantes : Inspirer amour – expirer harmonie (3 fois), inspirer amour – expirer pardon (3 fois), inspirer amour – expirer merci (3 fois), inspirer amour – expirer bénédictions (3 fois).

Méditation dans l’espace sacré du cœur

  • Commencez avec la respiration pour favoriser la cohérence cardiaque et l’état d’harmonie
  • Respirez calmement et laissez doucement l’état d’amour émerger/grandir en vous
  • Par le pouvoir de l’intention et la concentration, amenez votre attention dans l’espace sacré du cœur
  • Respirez calmement et autorisez-vous à y entendre et ressentir la voix et la voie du cœur
  • Ramenez doucement votre conscience à votre cœur physique, puis à tout votre corps et ouvrez vos yeux, ici et maintenant, parfaitement calme et détendu
  • Si vous le désirez, notez la guidance ou l’intuition qui vous a été révélée par votre essence sacrée

Connecter le sacré et les expériences de la vie quotidienne

Affirmation

Je choisis d’être en paix et même si je ne sais pas comment, je commande d’être dans mon cœur au point zéro. Je commande à mon mental de se déposer au point zéro et de se redresser, se centrer et s’aligner au service du cœur divin sacré. Qu’il en soit ainsi. Merci.

Choix de vie

Que ferait mon divin sacré s’il était à ma place? Permettez-vous d’accueillir les réponses sous formes de mot, image, sensation, odeur, goût, intuition, ressenti du cœur. Prenez le temps de dire merci à votre divin sacré de vous avoir éclairé.

État personnel

Dans quel état désirez-vous être? Quel état le divin sacré en vous souhaiterait-il pour votre plus grand bien? Acceptez de vous révéler à vous-mêmes, d’accueillir ce qui est vulnérable et sensible en vous et de les laisser nous montrer le chemin vers la source sacrée intérieure. Laissez-la rayonner de l’intérieur vers l’extérieur.

Le présent

Imaginez une salle remplie de bagages. Par le pouvoir de l’intention, déposez les bagages du passé dans une partie de la salle, ceux du futur dans une autre partie et regarder ce qui reste qui appartient au présent. Si nécessaire et que cela est une action juste de votre cœur divin sacré, déposez ce qui n’est plus nécessaire dans un bac à recyclage, remettez les valises de bagages qui ne vous appartiennent pas au Guide qui est assis dans la section « valises à redonner ». Il les acceptera si vous les lui donnez avec l’intention « pardon, amour inconditionnel, gratitude et bénédictions ». Regardez enfin ce qu’il vous reste pour vivre l’instant présent. Si nécessaire, permettez-vous d’ouvrir la porte à de nouveaux choix pour vivre l’expérience que vous avez choisie, et peut-être pour vivre l’expérience de la paix…

Retrouver son sacré, c’est intégrer la vie spirituelle et humaine. C’est retrouver le pouvoir de l’amour divin sacré et choisir de le manifester ici et maintenant, les deux pieds sur Terre. C’est rentrer à la maison et être soi pour vivre l’expérience de la paix véritable.

Patterns, émotions et mémoires cellulaires

Une émotion est une vague d’énergie. Elle est sentie dans notre corps et nous affecte de toutes sortes de façons. D’abord, nous la ressentons, puis sans trop savoir pourquoi, elle semble diriger nos actions et nos pensées. Puis, afin que l’emprise de l’émotion ne nous affecte pas, nous choisissons souvent de la refouler. Pourtant, une émotion n’est qu’une vague d’énergie qui ne demande pas mieux que de passer à travers nous! Dans notre société, nous nous sommes fait dire de ne pas sentir nos émotions. On nous répétait que tout « et correct ». « Bien voyons, pourquoi tu te sens comme ça? » Nous avons donc « appris » à ne pas sentir nos émotions.

Quand nous laissons la vague d’énergie traverser notre corps, nous sentons tous une première émotion, puis une autre et nous parvenons enfin à un sentiment de vide, de néant, de peur, ou même de terreur… Les gens plus visuels peuvent voir un trou noir ou même un tunnel avec une lumière au bout… Une fois cet endroit traversé, un sentiment de paix intérieure, d’expansion, de liberté et de légèreté est ressenti. J’appelle cet endroit la source ou notre potentiel infini.

Si nous ne laissons pas cette vague d’émotion nous traverser, comme toute énergie, elle reste accumulée dans notre corps et les effets sur nos cellules sont grands. Les émotions pas complètement vécues ferment les récepteurs de certaines cellules, ce qui empêche celles-ci de communiquer normalement avec le reste du corps. À court terme, ce manque de communication des cellules peut créer des comportements involontaires, c’est-à-dire inconscients, aussi appelés mécanismes de défense, conflits ou « patterns ». À long terme, le manque de communication des cellules peut créer des maladies physiques.

Il est possible de libérer cette énergie en ressentant l’émotion enfouie et en la ressentant complètement, même si elle y est accumulée depuis des années. Si nous continuons à la refouler, le « pattern » associé à cette émotion continuera de guider notre vie inconsciemment. Quand elle est vécue pleinement, une émotion ne dure que quelques secondes ou quelques minutes. À tout moment dans notre vie, nous pouvons nous libérer de nos « patterns » et régénérer nos cellules en accueillant complètement nos émotions…

La seule chose qui nous sépare de notre liberté et de notre potentiel infini est la présence des mémoires cellulaires de nos émotions non vécues! Quand nous sommes libres de nos « patterns », nous pouvons vivre notre vie à partir de qui nous sommes aujourd’hui et non à partir de nos douleurs passées, nos ressentiments et des mécanismes de défense que nous avons élaborés, souvent dans notre enfance, pour nous protéger. À un moment de notre vie, ces mécanismes de défense nous ont servi à nous « protéger » afin de ne pas souffrir…

Malheureusement, plus souvent qu’autrement, ces mécanismes de défense qui nous étaient utiles dans notre passé peuvent facilement être devenus nocifs dans notre vie adulte. Ces mécanismes de défense ou ces « patterns » pouvaient nous supporter quand nous étions enfants et maintenant, en tant qu’adulte, ils peuvent nous « saboter » en nous gardant dans les mêmes zones de confort qui ne sont plus adéquates pour nous réaliser entièrement. En prenant quelques minutes pour ressentir les émotions qui sont présentes en nous, il est possible de se libérer de leur emprise et de redécouvrir la personne que nous étions avant que nos « patterns » prennent le contrôle de notre vie! Je vous invite à prendre le temps de vous asseoir et à écouter votre for intérieur pour en ressentir son potentiel infini!

Avance dit le colibri

J’ai marché longtemps dans la ville cherchant le silence qui chante en mon cœur. J’ai fait le tour de ma ville en passant sous terre, à travers les parcs et les rues, à pied en voiture et à vélo. Rentrant épuisé dans mon carré d’appartement sans avoir réussi à taire ces bruits en dedans comme en dehors. Je n’ai trouvé que des mots empoussiérés d’un passé semblable à maintenant.

Je me suis servi un grand verre d’eau de ville et m’installai sur mon balcon. Des tonnes de véhicules passent sous moi en inondant l’air d’une invisible sueur nauséabonde. Un colibri s’immobilisa au-dessus de ma platebande de géraniums et tout en cherchant le nectar dans les fleurs, il se mit à me parler en des mots que mon cœur reçoit. J’ai fermé les yeux pour mieux voir son message. Du rouge comme le sang, du jaune comme le soleil, du bleu comme le ciel et du blanc comme les étoiles. Tel était la toile qui se dessinait en mon esprit à la vitesse des ailes de ce gentil esprit. J’ouvris les yeux pour voir mon ami suspendu dans les airs à la hauteur de mon cœur. Mes paupières se refermèrent, éblouies par la vision qu’il projetait en mon être. J’ai laissé la rivière de mon âme couler à flot sur mon visage et là le soleil est entré en moi et j’ai vu…

« Prends ta vie et pars vers l’eau vive là où tout est verdoyant de santé. Respire à pleins poumons et tourne tes yeux vers la lumière en haut de la montagne. Écoute les oiseaux rentrer au nid avant la tombée de la nuit et refais-toi une beauté à l’image de ta mère la nature. »

Mon corps a tressailli de joie inspirée par ce message. Je me suis levé et fait mon baluchon. Je téléphonai à mon corps mental pour lui dire que je prenais des vacances le temps d’apaiser le feu infernal d’avoir tout à faire sans mot dire. La nuit venait de tomber et c’est grand-mère la lune qui me guida vers la campagne de mon enfance là où les odeurs du foin humecté par la rosée du soir avaient toujours su ravir mon âme. J’avançai dans la nuit sous le rythme du tambour de mon cœur qui tel un vaillant guerrier de lumière, entraînait mes pas vers la liberté d’être ce que je suis.

Diable, que tu es fou de t’étourdir ainsi alors que le Soleil et la Lune te convient à découvrir que tout est possible entre le jour et la nuit, entre l’inspire et l’expire et entre toi et moi.

C’est ainsi que j’ai pris des vacances ad vitam aeternam de la vie de là-bas pour enfin avancer dans le temps et créer la vie que j’ai secrètement rêvé en mon cœur depuis toujours.

L’abondance se manifeste à chaque pas m’apportant ce dont j’ai besoin ainsi je partage allégrement. J’ai le « temps » de sourire et de rire avec ceux que j’aime et même avec ceux que je ne connaissais pas il y a une minute à peine. Mon travail de vacancier consiste à créer le Grand Œuvre de la paix et de l’harmonie. C’est irrésistible tellement la beauté, la bonté et la vérité se dévoilent à tout instant. Enfin j’avance!

J’ai cessé de penser à la liberté pour commencer à respirer son parfum jusqu’à en devenir ivre d’amour. La plus belle récompense, c’est l’état de vacuité, la lumière de la liberté, et le courant de vie qui anime tout mon être.

À cet instant, tous mes liens se sont dissous dans l’océan de la Vie!

Trouver le véritable but de sa vie

Dans le contexte élargi de notre existence, se pourrait-il que la recherche essentielle de chacun soit de trouver le véritable but de sa vie? Pour bon nombre de personnes, cette recherche se résume à trouver l’âme sœur, avoir des enfants et une vie professionnelle réussie, vivre pleinement et être heureux. Si ces objectifs sont tout à fait souhaitables, se pourrait-il qu’ils ne soient pas la réponse fondamentale au véritable but de sa vie?

Pour quiconque désire pousser cette recherche un peu plus loin, c’est l’émergence d’une quête, le début d’un long pèlerinage parcouru sur le seul chemin de vie possible. Il s’agit d’un chemin qui s’emprunte seul, loin des sentiers battus, plus sinueux, plus long et plus abrupt que les autres, dont le trajet est aussi important que l’arrivée et dont la destination paraît incertaine.

Chemin faisant, cette quête du véritable but de sa vie mène immanquablement à la plus essentielle des quêtes, celle d’où tout émane, le « Qui suis-je? ». Le jour où cet appel de l’identité se fait trop insistant pour continuer à l’ignorer, ce chemin apparaît devant soi comme la seule issue possible, rendant tout retour en arrière pour le moins difficile. Et si nous étions tous, sans exception, appelés à parcourir ce même chemin, ne nous mènerait-il pas tous à la même destination? À l’image des êtres d’exception de tout temps (les Ghandi et Mère Teresa de ce monde) qui ont emprunté ce même chemin, ne serions-nous pas nous aussi destinés aux plus grandes réalisations?

Et ce chemin, où nous mènerait-il donc? Et si c’était à la révélation que l’immensément Grand est plus près de soi que de son propre souffle, qu’un lien direct existe entre soi, sa divinité intérieure et l’univers? Se pourrait-il que sa divinité existe en soi, en tant que soi?

Aurions-nous tous la même destinée? C’est-à-dire parcourir seul ce chemin de la recherche du véritable but de sa vie. En clair, partir du même endroit, soi, pour arriver à la même destination, soi, et ainsi, réaliser l’impensable, que le soi de chacun est en fait le soi de tous. Se pourrait-il que ce soit si simple?

Que cette vision soit réelle ou non, au-delà de toutes croyances, une certitude demeure. Il faut parcourir le chemin de la croissance personnelle pour devenir le meilleur être possible. Cela signifie travailler à faire émerger et développer en soi les différentes vertus. Donc, viser à être un exemple d’amour, de compassion, de bonté, de compréhension et de partage et ainsi, illuminer la vie des autres pour les aider à voir leur propre chemin. En clair, les vertus sont l’idéal humain dans toute sa splendeur dans sa relation avec l’autre, une émergence de sa spiritualité du plus profond de son être, une sagesse pour tous, depuis toujours et pour toujours.

De toute évidence, c’était un des enseignements de Swami Muktananda, un maître de yoga très connu en Inde, décédé en 1982. À un homme dépressif venu le rencontrer pour lui demander comment il pouvait chasser sa déprime, Swami Muktananda lui demanda « Qu’as-tu fait pour les autres aujourd’hui? ».

Pour le maître de yoga, emprunter ce chemin des vertus et porter son attention et son intention vers le besoin et le bien-être de l’autre est un moyen privilégié de faire émerger son propre potentiel d’amour, de compassion, de bonté, de compréhension et de partage. Donner pour donner un sens profond à sa vie. Cela ne serait-il pas donner pour recevoir au centuple?

Cet enseignement m’est apparu comme une vérité et ce chemin des vertus est devenu le mien. Au plaisir de le parcourir avec vous pour le bien-être de tous.

Journal intime

Cette année 2011 se termine, et cette transition vers l’hiver s’accompagne, bien sûr d’une diminution de l’ensoleillement. Parfois on tente de retrouver son soleil intérieur. Comment faire?

Il suffit alors de prendre un temps d’arrêt, de retraite. Si l’on veut, on pourra s’asseoir et écrire… son journal intime. Ceci dans le but, de faire le point, de dialoguer avec soi-même, peut-être, dans certains cas, de faire un genre de rétrospective de l’année 2011, ou peut être simplement de se donner un compagnon de route, avec qui on peut tout partager. On choisit d’être témoin de soi-même, et aussi témoin de son époque. Peut-être souhaitez-vous exprimer des sentiments que vous n’avez pu livrer à des amis proches ou même au conjoint ou à la conjointe, ou à cette ancienne flamme qui a décidé de couper tout contact avec vous, ou à ce parent qui est décédé? Mais avant tout…

Qu’est-ce qu’un journal intime?

Selon Wikipedia, c’est un écrit qui aborde généralement les sentiments, pensées et aventures intimes de son auteur. Il a la particularité d’être rédigé régulièrement, souvent à un rythme quotidien, et ses entrées sont datées. Il peut ainsi relater des périodes variées de l’existence : maladie, travail, guerre, deuil, amours, problèmes familiaux…

Il est en général destiné à être gardé secret, temporairement ou définitivement. Il peut aussi être transmis à un fonds de conservation, tel que le propose l’Association pour l’Autobiographie. La lecture peut alors en être autorisée ou interdite, selon les souhaits de l’auteur. Pour l’instant, gardons à l’esprit que, d’une façon plus ou moins consciente, nous avons peut-être consigné certaines pensées sur nous, sur notre entourage, sur notre époque, comme bien d’autres l’ont fait avant nous à travers l’histoire de l’humanité. Faisons un mini-tour d’horizon de ce phénomène.

Dans la culture gréco-romaine des 1er et 2e siècles, c’est Épictète qui met en scène l’écriture comme exercice personnel de réflexion. Emmené à Rome, il passe son enfance comme esclave au service d’un maître cruel (il lui aurait cassé la jambe, d’où le surnom donné d’Épictète le boiteux). Il aurait prévenu son maître en disant « la jambe va casser » sans plus de plainte, et une fois le malheur arrivé, aurait conclu par un « je t’avais prévenu ».

Épictète combinait l’écriture du journal intime et la méditation, pour se préparer à affronter le réel, qui n’était pas toujours rose! Il est vrai que ces deux activités s’accompagnent bien.

Plus tard, Jean-Jacques Rousseau, qui a vécu de 1712 à 1778, s’est mis, comme Épictète, au journal intime. Il voulait montrer l’humanité à travers un homme particulier, mais un homme révélé dans son intimité et ses secrets. Lorsqu’il présente ses Confessions, il bouscule toutes les bienséances de l’époque, et se trouve en rupture avec les hommes de lettres parisiens qui le considèrent hors norme et irrévérencieux.

Les confessions de Rousseau constituent une biographie des 53 premières années de sa vie en 12 volumes. Stendhal qualifie même l’écriture autobiographique de complaisance vaniteuse. L’auteur du roman « Le rouge et le noir » écrit à sa sœur en 1805, qu’il trouve un peu dangereux « l’habitude blâmable de parler de soi. »

Plus tard, au cours du 19e siècle, on conseillera plutôt l’écriture du journal intime aux jeunes filles. Avec Jules Renard et Georges Sand, (Amantine Aurore Lucile Dupin, une femme qui écrivait sous le nom d’un homme), le journal intime sera réhabilité. Ce n’est que vers 1910 que le journal intime sera considéré comme un genre littéraire. Peut-être y a-t-il un côté impudique au journal de bord, que nous avons gardé dans l’inconscient collectif…

La période de la deuxième guerre mondiale permettra aussi, plus près de nous, à des jeunes filles d’utiliser le journal intime pour traverser leurs épreuves. Anne Frank, avec son Journal, est la plus connue. Il y a aussi Ruth Maier.

Le Journal d’Anne Frank témoigne de la vie d’une enfant juive pendant la Seconde Guerre mondiale, contrainte de se cacher dans une annexe d’un immeuble à Amsterdam pour échapper à la déportation. Il s’agit d’une œuvre majeure, et le document le plus lu dans le monde après la bible. Pourtant, Anne Franck disait dans son journal en juin 1942 : « Il me semble que, plus tard, ni moi ni personne ne s’intéressera aux confidences d’une écolière de 13 ans ».

Et pourtant…

Il faut comprendre que le journal d’Anne Frank, qui est morte en 1945 dans un camp de concentration, aura des vertus thérapeutiques, puisqu’il sera publié et vendu à plus de 100 000 exemplaires au Japon en 1953. Pour le peuple nippon, Anne Frank est une jeune victime qui invitait à espérer dans l’avenir plutôt qu’à s’enfermer dans un sentiment de culpabilité. Elle était attendue!

Quelques participantes à une conférence sur la thérapie par l’écriture, donnée en août 2011, m’ont confié, après ma prestation, ce goût de faire publier un journal intime, et ce goût de répandre cet espoir en l’avenir. Je souhaite que le monde de l’édition soit sensible à leurs prières. Nous avons tous besoin d’histoires inspirantes, d’histoires de transformations qui nous guérissent. Cette histoire, vous la portez peut-être en vous! Comme je l’ai portée en moi, et j’ai pu la partager, par les aventures de Caméléon, depuis septembre 2009.

Merci de votre attention, et bonne quête de votre soleil intérieur par le journal intime!

Évolution des consciences!

Quand les fruits de la planète maturent…

La planète bleue sous l’irradiation nourricière des énergies cosmiques laisse percevoir ses premiers fruits lumineux. Sommes-nous à l’aube de l’homme-lumière?

Toutes les espèces vivantes sont semblables à plusieurs variétés de fruits dans ce jardin qu’est la planète terre. Chaque variété a un temps de maturation différent et un temps de conservation qui lui est propre. Un chien et un humain ne vivent pas aussi longtemps l’un que l’autre et n’atteignent pas le même niveau de maturité mentale… Tout comme pour les légumes du potager, l’espérance de vie et l’usage diffèrent d’une espèce à l’autre.

Dans mon potager, mes premiers légumes furent les radis. Surprenant, il porte la couleur du premier chakra, en lien avec le corps énergétique. Corps responsable de la vitalité corporelle, de l’instinct de survie. Tout comme on peut semer plusieurs fois du radis dans une même saison, dans une vie, on peut se retrouver plus d’une fois dans la survie, aux prises avec les besoins de base.

Pour avoir une belle vie, cela nécessite autant de préparation et d’entretien que pour un beau jardin. Une âme d’expérience connaît l’importance du milieu familial. Il est le terreau. De sa richesse en nutriment dépend la croissance des plantes. Il y a aussi le sarclage. En débarrassant un jardin des mauvaises herbes, nous laissons place aux plantes potagères. C’est l’espèce humaine, c’est en purifiant notre mental de ses pensées négatives que nous laissons place à la culture de nos dons et talents.

Un observateur remarque aisément qu’il y a toujours quelques légumes avant-gardistes. Que dire de ces deux ou trois tomates devenues rouges avant les autres? Elles nous font découvrir les saveurs à venir. Les Bouddhas et le Christ ne seraient-ils pas de ces consciences avant-gardistes nous montrant la voie? Et si 2012 était le début de la maturation des consciences bouddhique-christique qui nous composent!

Le Christ a fait usage de ses pouvoirs de guérison, de ses pouvoirs d’influence sur la matière, de ses pouvoirs sur la mort, de sa suprématie sur les démons et plus encore… Il était homme et Dieu. Il se dit notre frère. Nous sommes donc nous aussi homme et Dieu. Notre nature humaine est tout ce beau feuillage de la plante, toute cette verdure et notre divinité serait comparable aux fruits résultant de la maturation de la plante.

En 2012, sous l’ère du verseau, notre nature divine est plus présente et en processus d’éclosion. Nous sommes semblables à des plants de tomates. Le plan est fort et notre nature humaine est à son apogée. Notre conscience est telle la tomate verte qui est en maturation. Notre support corporel a complété son évolution, c’est maintenant le tour de la conscience. Elle devra dépasser sa nature humaine et s’ouvrir à sa dimension divine.

Les énergies de deux mille douze vont faciliter la maturation et l’évolution des consciences. Bien que ce soit de beaux mots, ils ne sont pas si évidents à vivre… Pensez à cette tomate qui se connaît verte, qui vit dans un environnement où toutes ses sœurs sont vertes. Elle a eu ouï-dire d’une ou deux tomates rouges, mais l’histoire raconte que très vite elles furent arrachées du plan. Et au-delà de la sève nourricière de la tige, c’est l’inconnu!

Que penser des inconforts et de l’insécurité suscités par la sensation de changement intérieur. Elle sent que certaines de ses cellules commencent à afficher une pigmentation rouge en elle. Grâce à sa peau verte, elle le cache bien. Elle se sent de plus en plus rouge et elle est de plus en plus vert foncé. Est-ce possible? Elle se sent en plein paradoxe! Elle se sent fausse! Ne se connaît plus et du coup est incapable d’afficher ses couleurs… Elle est morte de peur face à l’inconnu! Toutes ces périodes de transition font vivre beaucoup d’insécurités.

Bien que deux mille douze et ses engrais cosmiques incitent à l’évolution des consciences, elle apporte avec elle son lot de doutes et de tourments. L’homme a peur de cette Supraconscience qui croît en lui. Il lui faudra apprendre à juste ÊTRE dans l’accueil des transformations qui s’opèrent en lui, à s’abstenir de tous jugements, à devenir l’observateur de son intérieur, le témoin du réceptacle de Lumière qui s’agrandit. C’est ainsi que progressivement, il sentira la Lumière le transformer de l’intérieur… Allègrement, il s’ouvrira à cette conscience lumineuse qu’est la Supraconscience.

Le meilleur de nous-même

Avec la froidure de la saison, il est primordial de sentir plus que jamais votre chaleur… humaine. Elle se reflète dans vos yeux, dans votre voix, dans vos gestes… et dans vos vêtements. Vous arrive-t-il certains jours de vous sentir très « coordonné » dans vos mouvements? Que vos gestes sont comme une danse? C’est donc que vous êtes alors bien connecté avec vous-même. Observez comment vous êtes habillé cette journée-là. Il est fort probable que vous portez un vêtement avec qui vous vous entendez bien! Ils font partie de votre expression.

Votre corps est unique, il mérite qu’on l’enveloppe avec dignité. Il communique aux autres un message de respect, ou de non-respect, envers vous-même. Un vêtement trop serré voudra dire qu’on désire être plus mince; vous êtes donc en train de montrer exactement ce que vous vouliez cacher! Un vêtement trop grand cherche à masquer vos formes; vous envoyez un message d’inconfort avec vous-même : ne me regardez pas, je me cache de vous et de moi! Les porter à sa taille, c’est accepter ce que l’on est, c’est révéler sa vraie nature. Oui, bien sûr, il se peut que vous ayez à perdre du poids, mais en attendant, si vous portez des vêtements à votre taille, vous vous sentirez et démontrerez que vous êtes finalement vous-même, avec plus ou moins de volume, en processus, ou non, d’amaigrissement. La dignité envers vous-même exige naturellement que ce vêtement respecte vos formes. Vous pourrez désormais vivre la synergie du contenu et du contenant. Votre habillement vous « soutiendra », il reflètera votre force intérieure, votre vraie nature, votre équilibre personnel.

L’hiver est long, les mêmes vêtements sont portés pendant plusieurs mois. Il est donc primordial de savoir les choisir avec perspicacité, Lorsque l’on est en « accord » avec sa garde-robe, il n’y a plus à s’en soucier. L’habillement se fait de façon naturelle. Après tout, c’est bien l’objectif que l’on recherche : faire ressortir le meilleur de nous-même, la personne avant tout!

Bon hiver!

Le mouvement et l’être

Que dire à un poisson nageant au fond de l’eau, s’il me dit qu’il a soif?

Il baigne dans l’eau, il la respire. Qu’est-ce qui permettrait au poisson de percevoir l’eau, de s’en désaltérer?

De même, que dire à un être humain nageant au fond d’une conscience en mouvement, s’il me dit qu’il a soif de Dieu, soif de l’être? Il baigne dans cette conscience mouvante et émouvante, elle l’anime de l’intérieur.

Qu’est-ce qui lui permettrait de percevoir cette conscience, de s’en imprégner?

La perception directe de l’être
Les humains possèdent d’innombrables idées sur Dieu et sur l’être. Ils ont des croyances, des religions, des textes spirituels anciens et nouveaux.

Qui, parmi vous qui me lisez en ce moment, a vécu, perçu, expérimenté en direct la réalité de l’être dans son corps? Qui peut reproduire cette expérience à volonté? Qui a éveillé sa matière sensible de façon à percevoir le mouvement et la présence de l’univers en soi? Qui a l’habitude d’utiliser son rapport cognitif à cette conscience en mouvement dans son propre corps pour se laisser instruire, se laisser transformer par cette intelligence aimante?

Sixième et septième sens
Nous ne possédons pas seulement cinq sens, la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe et le toucher. Nous en possédons deux de plus.

Le sixième sens est appelé proprioception. Le système nerveux proprioceptif nous informe constamment de notre posture et de nos mouvements, toutefois la majorité des informations sensorielles captées par les propriocepteurs restent inconscientes.

Le simple fait d’éveiller nos perceptions proprioceptives déjà nous met en contact avec nous-mêmes de façon exceptionnelle. La méthode Feldenkrais, la technique Alexander, l’antigymnastique, le yoga et bien d’autres approches corporelles basées sur l’intériorité en mouvement font un travail remarquable en ce sens.

Le septième sens, nous l’appelons le sensible
Selon Danis Bois, « L’expérience du sensible m’enseigne qu’il y a une matière première, qu’elle est mouvement, un mouvement agissant partant d’un point pour s’étendre progressivement à tous les espaces puis à tout l’univers. Le Big Bang donne naissance à la fois à l’espace, au temps et au cadre même de l’existence de l’univers; l’univers naît de lui-même, partout à la fois, dans le mouvement de sa propre expansion.

Et ce mouvement est le fondement premier sur lequel repose la loi du sensible. Je l’appelle mouvement substantiel. Pourquoi substantiel? Tout d’abord parce qu’il apparaît réellement à la perception comme une substance en mouvement. Et également parce que, lorsqu’il se détermine dans la matière de l’homme, il donne naissance à l’être, un être à part entière, qui existe par lui-même et en lui-même. »

Les étapes de la conquête de l’être
La première étape, c’est ma volonté d’aller vers l’être. Par les exercices du mouvement sensoriel et par la fasciathérapie, je travaille mon enrichissement perceptif jusqu’à ce que le mouvement me tombe dessus quand je m’y attends le moins. La nuit parfois, il me réveille de sa caresse somptueuse, apaisante, qui me fait encore mieux dormir après. Quand je parle avec un ami, il me caresse soudain le cœur. Quand je m’assois pour écrire, il me masse la tête, guide ma pensée et ma main. Si je suis tendue, il se glisse dans le muscle, dans l’os et parfois me malaxe, parfois me soulage. Je reconnais en moi cette double volonté, ma volonté de bouger, et la sienne qui me meut et m’émeut, me nettoie la matière, me guérit et me fait sentir aimée.

Deuxième étape : sans nier l’existence de cette double volonté, je réalise que ce n’est pas quelqu’un d’autre que moi. Le plus grand qui est moi. Je fais la différence quand c’est moi qui pousse dans ma vie et quand je suis animée de cette autre volonté, si sage, qui change mes relations, mon travail, ma vie. Ça prend du courage et de la confiance pour m’accorder totalement à elle.

Et puis le sensible, c’est tellement savoureux, c’est tout bleu, comme un goût de l’amour incarné.

Une porte vers un espace sacré

« Les barreaux sont à l’intérieur de moi », ai-je entendu dire dans les ateliers d’art-thérapie que j’offre à des femmes incarcérées.

Le fait que 80 % ont été marquées par l’abus, la perte ou l’abandon donne du relief à cette constatation. Plusieurs sources confirment que parmi les effets à long terme de ces traumatismes figure un sentiment d’impuissance. On peut comprendre que ce sentiment soit exacerbé par un régime de vie impliquant une surveillance constante et des restrictions imposées sur les activités, les déplacements, les fréquentations ainsi que sur l’expression des opinions et des sentiments. Malgré que bien des femmes en détention perçoivent la prison comme un lieu hostile et stérile, certaines profitent de leur séjour pour chercher à reprendre le contrôle de leur vie.

Dans ma propre vie, les expériences qui m’ont d’abord semblées pénibles sont devenues le moteur d’une transformation positive. Au cœur de ce processus se trouve la capacité d’accéder à ce que j’appelle un espace sacré. J’accède à cet espace par des actes qui engagent tout mon être, comme la contemplation, la méditation et la création dont la pratique m’expose à mes désirs les plus profonds. Dans cet espace intérieur, j’ai pris conscience de ma valeur intrinsèque et trouvé le pouvoir d’influencer le cours des choses. Ainsi, pour mon travail auprès des femmes incarcérées, je suis partie de l’idée que l’art-thérapie pourrait les mener vers un espace sacré apte à révéler leur potentiel et à les mettre en contact avec un sentiment de maîtrise. Cela peut sembler paradoxal. Comment un espace voué à l’emprisonnement pourrait-il s’ouvrir sur un espace sacré? Et comment les femmes incarcérées pourraient-elles développer un sentiment de pouvoir personnel à même un lieu où elles sont assujetties à l’autorité?

Pour répondre à ces questions, il faut savoir que les ateliers d’art-thérapie permettent une grande liberté d’action. Il ne faut pas penser que cela se traduit par un « free for all »! Au contraire, j’installe des paramètres clairs basés sur les notions de respect et de confidentialité, mais ce cadre est tempéré par l’opportunité de se livrer sans avoir peur d’être jugée. Le côté ludique des arts favorise cette suspension du jugement et permet de renouer avec l’enthousiasme et la passion, des sensations parfois difficiles à contacter quand on est en détention. L’éventail de couleurs, de textures, d’odeurs et le joyeux désordre qui se déploie durant l’atelier contribuent à stimuler cette énergie créatrice et à pallier à la stérilité d’un lieu institutionnel. Au-delà du sentiment de liberté favorisé par les rapports égalitaires et l’occasion de prendre des initiatives, il existe cet espace imaginaire illimité auquel les participantes peuvent accéder par le biais de la création. L’art permet un contact intime avec des dimensions qui échappent normalement à notre conscience, qu’il s’agisse d’un monde de rêves ou de fantasmes, de l’inconscient ou de la sphère mystique. L’historien d’art René Huygue (1980) explique que l’artiste enfreint les limites où « le temps et l’espace l’enferment » pour trouver un débouché vers « une expansion qui fasse éclater sa condition d’individu, restreinte et éphémère ». Bien sûr, la profondeur de l’expérience vécue par l’artiste dépend du degré de son engagement et de son investissement. D’après mes observations, les femmes incarcérées découvrent généralement que l’expression artistique peut servir d’exutoire pour des émotions troublantes; dissiper l’anxiété et induire un sentiment de paix; rehausser l’estime de soi et susciter un sentiment de fierté.

Un extrait d’une séance d’art-thérapie avec Maryse (un pseudonyme) illustre le pouvoir transformateur de la création. Dans sa première mouture, une peinture de sa silhouette lui inspire de l’aversion. Il faut dire que l’application d’un pastel noir a créé un effet non voulu de barreaux de prison. « J’t’en prison » dit-elle, une constatation qui l’amène à travailler avec vigueur pour couvrir le fond de couleurs chaudes. Alors que les barreaux lui faisaient penser à « un monde un peu violent », le résultat final lui semble « moelleux, confortable ». Le losange en filigrane est « un espace par en dedans (…) qui vient me réconforter », explique-t-elle. Elle semble fière d’avoir bravé sa peur du rejet. « J’ai arrêté de me juger, précise-t-elle. Je m’suis dit, ben c’est comme ça que j’suis et si c’est laid, ben, si c’est pas correct, j’fais la même chose pareil et c’est pour ça là que j’ai de l’énergie, j’suis calme. »

En résumé, l’art-thérapie permet d’accéder à un espace de non-jugement au sein duquel on peut jongler – dans un esprit de jeu – avec ce qui intrigue, émerveille ou dérange et ainsi développer un sentiment de pouvoir personnel. J’y plonge et replonge dans le cadre de ma propre pratique artistique et aussi par le biais du rituel et de la méditation, mais quel privilège d’y pénétrer en plus dans le cadre de mon travail auprès des femmes qui sont incarcérées!

Réf. : Huyghe, R. (1960). L’Art et l’âme. Paris: Flammarion.