Accueillons nos deuils – Apprendre à perdre sans se perdre

Nous sommes tous des endeuillés avec nos vécus respectifs. En fait, la vie se charge très tôt de nous placer devant cette réalité incontournable. À la naissance, ne devons-nous pas faire le deuil de notre mère, de notre cocon, de notre sécurité? Déjà, nous vivons inconsciemment l’expérience de la perte, du deuil. Cependant, dans notre société moderne, où tout est axé sur la rapidité et la productivité, le deuil semble plus ou moins bien compris et accepté. Dans un monde où tout va vite, on tolère mal la souffrance. On quantifie tout en fonction du temps. Après un « certain temps », on voudrait que la personne passe à autre chose, tourne la page, arrête d’en parler, croyant à tort que c’est la meilleure chose à faire. On voudrait tellement que la personne ne souffre plus; on a tellement peur que cette souffrance soit contagieuse que l’on tente de la repousser loin de soi. Je ne crois pas que le temps arrange les choses. Il permet d’adoucir la douleur lorsque nous accueillons notre deuil. Par contre, le temps peut aussi être notre pire ennemi si nous tentons d’éviter de vivre cette souffrance, qui nous habite, en nous faisant croire que tout est réglé. Au contraire, tôt ou tard, elle refera surface sous une autre forme : malaises physiques de toutes sortes, dépression, anxiété, ou elle sera amplifiée par une autre perte.

Et si nous choisissions d’accueillir nos deuils, d’en comprendre le sens profond? L’état dépressif qui accompagne le deuil n’est pas une maladie, mais un état souhaitable (difficile à vivre, certes) pour en arriver à nommer et à vivre chaque émotion, sentiment que nous ressentons, et ainsi traverser les étapes nécessaires du deuil. N’oublions pas que nous sommes des Êtres fondamentalement libres. Nous avons l’entière liberté de choisir notre attitude face aux expériences que la vie place sur notre sentier. Dans ces moments difficiles, il est essentiel de s’entourer de la famille, d’ami(e)s, de groupes d’entraide qui sauront nous écouter sans jugement ni conseils. Ainsi, il est possible de vivre nos deuils à notre rythme, à notre façon, avec nos outils, notre vulnérabilité et nos forces. Nous accédons alors peu à peu à un mieux-être intérieur et nous apprenons à perdre sans se perdre. Il est essentiel d’être bien entouré. Au besoin, il est préférable de demander de l’aide professionnelle plutôt que de s’isoler. Il est possible aussi pour différentes raisons, que le deuil soit inhibé (vécu intellectuellement), différé (mis en attente) ou chronique (bloqué, figé). Il est alors souhaitable d’envisager une thérapie du deuil pour en arriver à « perdre sans se perdre ». Si nous reconnaissons et acceptons notre vulnérabilité, nous aurons plus facilement accès à nos forces. C’est une preuve de courage, de respect et d’amour envers nous-mêmes essentielle à notre équilibre.

Bonne route.

La zoothérapie, ça vous dit quelque chose?

C’est l’utilisation stratégique d’un animal pour traiter un problème humain (Roy 92). C’est en 1867 au centre Bethel, centre de traitement pour l’épilepsie, que l’utilisation d’un animal dans un contexte thérapeutique fût découverte.

De nos jours, la zoothérapie est de plus en plus présente. Ce mode d’intervention fait partie du vaste répertoire des thérapies dites complémentaires. C’est-à-dire qu’il est possible d’utiliser les animaux de manière stratégique pour accompagner un traitement d’ordre plus médical. Par exemple, utiliser un animal comme agent de motivation et d’accompagnement pour faire de l’exercice dans des sessions de physiothérapie. De plus, les animaux sont flexibles et peuvent être incorporés dans un processus de travail avec les enfants, les adolescents, les adultes, de même que les aînés. Bref, c’est accessible à tous. Plusieurs spécialistes identifient la simplicité, la commodité et la polyvalence comme des qualités fondamentales et uniques à cette forme d’intervention. Tous ceux qui aiment les animaux peuvent bénéficier des nombreux effets thérapeutiques de la présence de ces petites bêtes. C’est le lien affectif que nous entretenons avec les animaux qui les rend puissants comme outils d’intervention.

Voici brièvement dans un premier temps, la liste des animaux recommandés selon les divers besoins et types de personnalités, et dans un deuxième temps, présentés sous forme abrégée, les impacts positifs reconnus sur la santé physique et psychosociale des personnes impliquées (Bouchard, Delbourg, 1995).

Chats
Pour les personnes plus introverties et réservées. Demande un minimum de temps d’entretien.

  • Diminue le stress
  • Peut-être un substitut à un enfant, à un conjoint ou un ami disparu
  • Facteur d’apaisement et de divertissement
  • Contribue au sens des responsabilités.

Chiens
Les chiens de grande taille conviendront généralement aux personnes extroverties, sociales, qui aiment le grand air. Les chiens de petite taille sont pour leur part idéaux pour les gens vivant dans un milieu plus limité par l’espace et ayant un mode de vie plus sédentaire. Pour toutes les espèces canines, les maîtres doivent accorder au moins 2 à 3 heures par jour à l’entretien général (nourrir, brosser, marcher, jouer, etc.).

  • Diminue la tension artérielle
  • Favorise l’exercice physique
  • Stimule les échanges sociaux
  • Donne un rôle social valable aux gens seuls
  • Stimule la bonne humeur.

Oiseaux
Animal à recommander aux personnalités plus sédentaires ou aux personnes allergiques. Les personnes doivent disposer de 30 minutes par jour au moins à consacrer à leur animal.

  • Stimulation visuelle et auditive
  • Amélioration de l’état psychologique
  • Éveil de l’intérêt et du sens des responsabilités
  • Apprentissage du deuil
  • Dérivatif à l’angoisse
  • Compagne de vie.

Poissons
Pour les personnes qui ont une personnalité anxieuse. À utiliser également dans les endroits générateurs d’anxiété chez les sujets qui sont susceptibles.

  • Le son de l’eau et du filtreur a un effet calmant sur le cerveau
  • L’observation des poissons a un effet hypnotique et, par conséquent, procure la détente
  • Réduit le stress dans les cabinets de médecin, de dentiste, à la cour de la justice, à l’école et aux services des urgences
  • Stimulation de l’ouïe et de la vue
  • Augmente le sens des responsabilités.

Cochon d’Inde (petit mammifère)
Pour les personnes curieuses, qui disposent de 30 minutes par jour.

  • Compagnon de jeux
  • Stimulation tactile, visuelle et auditive
  • Apprentissage du deuil et de la sexualité chez les enfants.

Chevaux
Pour les personnes en perte d’autonomie physique ou mentale qui peuvent avoir accès à un cheval.

  • Stimulation fonctionnelle du corps (personnes handicapées physiques)
  • Apprentissage de l’abandon et de la confiance
  • Éveil de l’intérêt
  • Activité de réminiscence pour les aînés (moyen de transport de jadis).

Les stimulations tactiles, visuelles et affectives que procure la présence des animaux sont souvent suffisantes pour améliorer la qualité de vie des personnes. Ce n’est pas sorcier et c’est efficace. Cela démontre qu’un élément de réponse face à des problèmes souvent complexes peut être quelques fois très simple. En conclusion, laissez entrer la tendresse d’un animal. Après tout, ce petit compagnon peut améliorer votre vie.

Quoi de neuf dans l’océan du stress?

Oui, le stress et sa gestion est comme un océan : une vaste étendue d’eau dotée d’un mouvement incessant sous forme de vagues qui ne se lassent jamais de venir balayer des rives tantôt encombrées, tantôt sereines. Un océan parce que, depuis 10 ans, un accroissement mirobolant de l’intérêt envers le phénomène du stress est venu inonder la littérature marquant les progrès des différentes sphères de gestion des milieux de travail… Le résultat de cette recherche effrénée en cette fin de siècle : nombreux sont les intervenants à classer le stress extrême parmi les plus grands dangers pour la santé.

Bien sûr, il y a encore plusieurs mers obscures dans cet océan du stress, mais les effets dévastateurs sur la santé sont de plus en plus clairs et limpides. Le docteur Martin Shain, LL.D., en dit ceci : « Lorsqu’il est vécu comme une surcharge chronique, il peut entraîner de graves problèmes de santé mentale et physique, des accidents, ou une baisse de l’efficacité et de la productivité, dont les répercussions sont néfastes tant pour l’individu, la famille et l’entreprise que pour la société en général ».

Sans vouloir s’attarder sur ces effets polluants, il est important de souligner l’ampleur et la sévérité de l’impact sur la santé des humains de la dernière décennie de ce siècle. En voici quelques exemples : accroissement des risques de maladie cardiovasculaire, diminution de la résistance aux maladies infectieuses, aggravation et/ou apparition d’affections comme l’asthme, la dermatite, la fatigue et/ou la douleur chronique, danger de sombrer dans des assuétudes de toutes sortes, y compris les antidépresseurs, anxiété/dépression/hostilité dégénérant parfois en violence.

Devant ce portrait catastrophique et avant d’arriver à cet océan, essayons de voir quel est le fleuve le plus bénéfique sur lequel il sera possible de naviguer pour apaiser l’ouragan des effets destructeurs du stress toxique et accoster au port d’une saine gestion du stress quotidien, Tout en poursuivant le courant corporatif de l’amélioration organisationnelle des entreprises, le mouvement de l’an 2000 sera celui d’une approche plus individualisée, plus profonde puisqu’il touchera à l’être humain dans toutes ses dimensions, à la santé holistique des individus : la réappropriation de son pouvoir personnel pour l’apprentissage de l’intimité.

Nouveau et plutôt bizarre, me direz-vous? Qu’est-ce que vient faire le pouvoir personnel et plus encore l’intimité dans la gestion du stress?

Puisqu’il semble qu’on a minutieusement examiné et détaillé toutes les composantes du stress, en particulier les causes imputables à l’organisation et à la conception du travail, il serait peut-être temps de s’attarder à la principale constituante : la personne, l’individu et sa perte de pouvoir personnel face à une avalanche de demandes reliées à ses engagements personnels, familiaux, sociaux et professionnels, avec comme résultat une surcharge de sa vie et plus important encore, une perte de son identité propre et par conséquent, du vrai sens à sa vie.

Voilà le cœur de cette approche privilégiée : la perte de sens entraîne une rupture dans l’être, rupture entre moi et l’entourage, entre moi et un être suprême, entre l’ego et le vrai moi, entre la réalité administrative et les réalités socioculturelles. Sur cette rupture, vient se greffer un vide intérieur tellement profond que plus rien ne peut arriver à le combler ou le « geler ». C’est alors que la personne atteinte de ce mal a le sentiment d’être limitée, séparée (seule), mortelle et qu’elle va faire des prouesses pour cacher un état dégénérant en un désespoir sournois. La victime de stress toxique va alors désespérément nier les symptômes qui pourraient ouvrir l’écluse et laisser passer le flot d’une prise de conscience de sa force intérieure. En s’accrochant à une vie superficielle et inauthentique, elle rehaussera encore le niveau de stress à gérer; par exemple, elle passera de stratégie en stratégie pour gérer le stress (toujours à l’extérieur d’elle-même), elle se laissera voler son identité personnelle pour adhérer aux valeurs du monde extérieur. Cette perte d’identité entraîne graduellement la perte de la condition humaine et l’adaptation à une espèce de rôle de « robot », et à ce stade, le sens de sa vie est disparu.

Faire le ménage dans sa vie, c’est d’abord faire la vidange des vieilles charges émotives accumulées au fil des années à cause des pertes dans votre vie et votre entourage : décès d’un être cher, divorce, perte d’un emploi, changement dans la situation financière, etc. Chaque perte doit faire l’objet d’une démarche de deuil, qu’on le veuille ou non, qu’on le nie ou qu’on l’accepte. C’est là la condition par laquelle nous allons pouvoir passer d’une étape à l’autre dans notre vie, rebâtir un niveau d’énergie convenable et retrouver une saine capacité de faire les bons choix.

À tout moment, nous sommes forcés de faire des choix sur la façon de mener notre vie. Idéalement, nos choix reflètent nos valeurs, mais à mesure que nous laissons le stress submerger les différentes sphères de notre vie et que nous perdons le sens de notre vie habituellement guidés par nos valeurs individuelles, notre capacité de faire des bons choix s’effrite également. Retrouver son identité et devenir intime avec soi, c’est devenir conscient de ce qui est enfoui dans son for intérieur : valeurs, croyances, émotions sentiments. C’est clarifier les valeurs individuelles, c’est créer et renforcer la confiance en soi, c’est être à la fois le metteur en scène et l’artiste de sa vie, c’est se réapproprier son pouvoir, c’est devenir plus sensible aux indices, aux nuances pouvant éclairer ses choix, c’est connaître et respecter ses limites ainsi que ses forces.

Les décisions fondées sur les valeurs individuelles (il s’agit bien du critère ultime de tous nos choix) sont habituellement plus cohérentes que celles fondées sur des facteurs monétaires, politiques ou purement contextuels. De même, le fait de connaître l’importance relative des diverses valeurs individuelles permet de résoudre les conflits et le stress que génèrent la plupart des décisions importantes. La difficulté de baser ses choix sur ses valeurs individuelles, c’est de résister aux pressions culturelles et organisationnelles pour conserver les valeurs propres à chacun. C’est simple, comme le stress toxique est directement relié aux mauvais choix que l’on fait, et que les mauvais choix sont le résultat d’une méconnaissance de soi et/ou d’un non-respect de ce que l’on est, l’accession à l’identité et une plus grande intimité avec cette identité permettra à la personne d’acquérir une saine gestion de son stress.

N’oublions pas que la réappropriation de son pouvoir personnel pour une meilleure gestion du stress doit passer par une plus grande intimité avec soi et que c’est là la condition essentielle pour la redéfinition du sens de sa vie en général et du sens du travail. Ce voyage vers une plus grande intimité avec soi exige de l’honnêteté, de la persévérance et une grande capacité d’accueil de soi (oublions donc le perfectionnisme). Rappelons-nous que les bagages doivent être les plus simples possibles : un pas à la fois, au jour le jour, donc dans le moment présent, l’on fait connaissance avec soi, avec ses milieux de vie (groupes de support), son orientation sociale (ouverture à l’autre), son besoin ressenti et l’on s’engage.

Quel sera votre choix? Acteur ou spectateur?

Vous regardez passer le bateau – Vous embarquez et vous vous laissez conduire – Vous êtes le capitaine de votre navire.

Bon voyage!

Le stress et les émotions

Le stress et les émotions sont des états bien réels et souvent nécessaires et bénéfiques lorsqu’ils sont bien gérés. Je répète, lorsqu’ils sont bien gérés! Ils nous poussent à s’améliorer et à trouver des solutions à nos problèmes. Malheureusement, le stress et les émotions sont souvent gérés de façon inadéquate.

Le rythme de vie accéléré que l’on s’impose pour différentes raisons nous maintient dans un état de stress ou émotif trop constant ou parfois trop aigu. Dans une situation récurrente de stress continu, le système nerveux devient très sollicité et surstimulé, ce qui demande beaucoup d’énergie au corps parce qu’il est toujours en mode de survie et aux aguets. En phase de stress ou suite à un choc émotif, le cerveau capte un signal de danger, ce qui se fait souvent à l’insu de la personne et de façon inconsciente, et il déclenche une réaction appropriée de fuite ou d’attaque.

Ces réactions engendrent souvent des situations difficiles à gérer, car derrière ces émotions se cachent souvent des mémoires de traumatismes ou de blessures vécues dans l’enfance ou dans les générations antérieures qui ont été réactivées par un événement extérieur perçu inconsciemment comme étant menaçant et dangereux. L’impact de ce stress ou de ces émotions est lourd pour le corps. Le cerveau mobilise beaucoup d’énergie pour combattre ce soi-disant danger. La circulation sanguine augmente dans les membres inférieurs et supérieurs et dans la région du cerveau responsable de la motricité pour parer efficacement au danger perçu et ressenti. Les organes vitaux, la concentration, ainsi que les facultés intellectuelles passent en second ordre et sont ralentis. Le système immunitaire est affaibli, ce qui rend le terrain favorable aux infections, aux douleurs et à la MAL À DIT.

De plus, les glandes surrénales fonctionnent en excès pour faciliter l’adaptation au stress, mais comme celui-ci est constant, elles s’épuisent et remplissent moins efficacement leurs fonctions et là s’installe un cercle vicieux, car la personne a de plus en plus de difficultés à gérer son stress ou ses émotions. Dans ces conditions difficiles, l’organisme s’affaiblit et cela fragilise les différents systèmes du corps par des blocages d’énergie cristallisée qui se sont installés dans le corps physique. C’est à ce moment qu’apparaissent différents troubles et malaises tel que douleur lombaire et cervicale, épicondylite, mal de tête, troubles émotifs, anxiété, insomnie, troubles digestifs, etc.

Les défis de la vie demandent beaucoup d’énergie et de courage, souvent un petit changement sur nos habitudes de vie autant au niveau physique qu’au niveau de nos agissements peut avoir un grand effet positif sur notre état et sur celui de nos proches. Nous sommes tous humains avec nos forces et nos vulnérabilités et non des machines, c’est pourquoi il est très important de prendre soin de soi à tous les niveaux et surtout de notre meilleur ami, notre corps!

Le sanskrit : Le langage de l’âme

« La cosmologie contemporaine (l’étude de l’univers considéré comme un tout ordonné) nous parle du moment originel de la création. Je propose qu’on appelle ce mont le « Grand son » (big ring), car l’ancien terme (big bang) est à l’image de la violence et du bruit de notre culture. Le son, la réverbération de cette première note, est la création, dont l’expansion et l’écho n’ont cessé depuis lors, se réverbérant jusqu’à ce jour. » – David Hykes, The Harmonic Choir

Assis en cercle autour d’un feu de camp, près d’une caverne dans les hautes montagnes himalayennes, des anachorètes répétaient des sons, des mantras, créant une atmosphère introspective. Les yeux fermés, il se concentraient sur la source même des pensées et du son pour la réaliser. Ils découvrirent qu’à l’origine de la matière était une vibration, un son : Aum (qu’on épelle aussi : OM). Que tout émanait de cette vibration, si subtile qu’elle ne peut être perçue que par ceux qui possèdent une nature introspective. Ces ascètes découvrirent de cette écoute, de cette extrême concentration une paix intérieure insurpassable, un sens d’universalité, de spiritualité véritable. Ils communiquèrent ceci par des sons plaisants, calmants, riches en sens. La langue sanskrite était née.

L’existence possède des principes éternels, non pas au niveau de la culture, de l’époque, des individus et de leurs particularités, mais plutôt au niveau de la vie, de la nature humaine et de ses mécanismes le plus essentiels. L’essence ne change pas, bien que des milliers d’années sont passées. Et les techniques pour parvenir à la réaliser demeurent identiques. On peut donc dire sans se tromper que le sanskrit s’adapte parfaitement à notre époque.

Étant une langue parfaitement scientifique, le sanskrit possède des sons qui mènent à de profonds états de méditation, de détente et de bien-être. C’est ainsi qu’on peut les utiliser. Ces sons calment le système nerveux et permettent à l’esprit humain de se concentrer. Des études scientifiques ont confirmé ceci. En 1974, par exemple, une étude entreprise par une équipe de chercheurs de l’université de Chicago, The Pritzker School of Medecine, a prouvé que la méditation avec mantras a des effets notables, tels que :

  • Le décroissement de l’hypertension.
  • Le décroissement de l’anxiété.
  • Le décroissement du besoin de tranquillisants et de drogues contre les angines.
  • Le décroissement de l’insomnie.
  • L’amélioration du sommeil.
  • L’amélioration des relations humaines, interpersonnelles ou sociales.

Des milliers d’années après avoir été créé, la langue sanskrite demeure toujours efficace.

L’alphabet Dev Naagri qu’ils développèrent jadis est composé de seize voyelles et de trente-six consonnes; donc de cinquante-deux sons, bien distincts. Ces sons s’entremarient harmonieusement, en faisant une langue qui se chante facilement, et qui engendre tout naturellement une atmosphère de méditation et d’ouverture d’esprit. De braves grammairiens, dont Patanjali lui-même (l’auteur du système du « yoga ») ont établi les lois de la grammaire sanskrite. Mais ils ne perdirent pas de vue l’essentiel, la vie elle-même, et firent que chaque mot comprenne un vaste sens, difficilement représenté par les langues contemporaines. Étudier les mots sanskrits, en soi, consiste à remettre en question tous nos concepts acquis et à se mettre à réfléchir. La vérité se perçoit directement, car elle est en nous. Voici une des pensées premières du sanskrit.

Prenons par exemple le mot Yoga (ce mot ne possède comme terminaison qu’un très petit « a ». Il devrait se prononcer un peu comme le mot vogue, il faut donc prononcer : yogue; nous écrirons ici Yog, sans « a », pour plus de précision). Étymologiquement, le terme yog dérive de la racine yuj « lier ensemble », « unir ». Il faut partir du yog « classique » exposé par Patanjali dans son célèbre traité des yog-sûtras pour comprendre la position du yog dans l’histoire de la pensée indienne. On présuppose une rupture avec notre être intérieur, avec lequel nous désirons nous réunir. Le yog a pour but d’unifier l’esprit, d’abolir la dispersion et les automatismes qui caractérisent la conscience profane. Le yog n’est pas seulement caractérisé par son côté pratique, mais aussi par sa structure initiatique.

Le yog se définit par le titre de ce système philosophique : Patanjali Yog Darshan. Il ne s’agit pas d’un système philosophique typique, au sens occidental, car le darshan vient de la racine drsh : voir, contempler. Bien que l’expérience directe, la perception de la réalité est l’objectif de ce système, il possède aussi des groupements coordonnés de notions des plus utiles et inspirantes pour le méditant. Les yog-sûtras de Patanjali consistent en quatre chapitres. Le premier, contient cinquante et un aphorismes (sutras), le Samaadhi Paad, chapitre sur l’extase yogique, sur l’essence du yog. Le deuxième chapitre comprend cinquante-cinq aphorismes et se nomme le Saadham Paad, les techniques du yog. C’est dans ce chapitre que Patanjali soulève les exercices de yoga tant connus, qu’il nomme le Hatha yog. Ce sont des exercices qui ont pour but d’assouplir le corps humain et d’équilibrer les énergies de feu et de froid (Ha : le soleil, Tha : la lune) qui s’y trouvent. Une série d’exercices des plus efficaces furent ainsi développés. Le troisième chapitre, de cinquante-cinq sutras, traite des pouvoirs, voies externes du yog. Enfin, le quatrième et dernier chapitre, le Kaivalya Paad (Kaivalya signifie la réalisation absolue, la vie universelle) possède trente-quatre versets. Il est intéressant de noter que le mot sutra signifie aussi une ficelle, une corde, une courroie sur laquelle nous grimpons métaphoriquement pour rejoindre la source du principe émis.

Le sanskrit signifie « parfait », terme à l’opposé de Prâkrit qui signifie : « peu soigné, transitoire ». Le sanskrit parle le langage de l’âme. Prâkrit se tourne vers le matérialisme, oubliant l’aspect essentiel de notre être qui est permanent, donc parfait, car il ne change jamais. Notre être intérieur demeure stable et paisible, séjournant au-delà des fluctuations de la nature humaine. Rajouter une dimension spirituelle à notre vie quotidienne nous permet de vivre une vie complète.

Je vous invite donc à explorer cette science introspective élaborée par des individus qui méditèrent de longues années dans le silence. Ils saisirent la nature humaine directement, libre des projections conceptuelles de la science humaine. Ce n’est pas une voie privilégiée, mais plutôt quelque chose de naturel, voire d’essentiel à notre existence. Nous avons tous le même potentiel; et méditer, c’est y accéder directement.

Comment espérer vivre pleinement, avec satisfaction, si on ne connaît pas la partie la plus intime de notre existence? Voici donc l’invitation des sages de jadis, ils nous rappellent qu’en nous il y a une conscience dont le potentiel est immense, une conscience de maître en herbe. Le simple chant sanskrit a des effets remarquables et plaisants. Se tourner vers les aphorismes sanskrits des écritures nous mène vers la plus grande des aventures de la conscience. Chaque verset mérite d’être médité, d’être réalisé. Ce cheminement nous dirige vers la maîtrise de soi, vers une vie réelle, calme et bienheureuse, un objectif digne d’intérêt.

À la recherche de soi

Des émotions difficiles à vivre peuvent nous envahir et nous écraser. Ces émotions peuvent avoir une cause apparente. Il peut s’agir par exemple de la perte d’une personne aimée, d’un travail valorisant ou encore d’une trahison amoureuse. Elles peuvent aussi provenir de l’enfance et avoir été causées par exemple par un échec scolaire, de la violence subie, l’impression de déplaire, la séparation des parents ou d’autres événements dont on a perdu la trace consciente. Quoiqu’il en soit, ce qui est important, c’est de prendre conscience de ce malaise et de s’en occuper pour retrouver notre énergie vitale et notre joie de vivre.

Chaque humain rencontre des moments de souffrance qu’il cherche à soulager du mieux qu’il peut. Il est plus facile de fuir que de prendre le temps nécessaire de regarder ce qui se passe. La personne qui accepte de confronter sa souffrance fait preuve d’un grand courage qui l’aidera par la suite à mieux se développer et à ne pas répéter les erreurs du passé. Faire appel aux compétences d’un thérapeute n’est pas une marque de faiblesse, mais bien une stratégie du mieux-être.

Le cheminement vers soi n’est pas simple, car des défenses se sont mises en place avec le temps pour ne pas donner accès à la souffrance qui s’est accumulée faute d’avoir pu être exprimée. Ce cheminement doit se faire en douceur, dans un contexte sécuritaire et accueillant. À prime abord, l’atelier d’art-thérapie comme lieu pour prendre soin de soi peut paraître surprenant. Les matériaux qui sont à la vue et à la portée donnent plutôt l’impression de se retrouver à la maternelle. Pour plusieurs, cela donne le goût de redevenir un enfant et de s’amuser. C’est une façon toute simple de retrouver l’enfant intérieur et de lui redonner la place qu’il a besoin de prendre. Jouer, créer, faire des essais et des erreurs sans conséquence, trouver des solutions novatrices à des problèmes de formes et de couleurs, avoir du plaisir à découvrir la magie de la transformation des couleurs.

Certains entrent d’emblée dans des souvenirs pénibles qui peuvent tout de suite être explorés, exprimés et reprendre une place moins envahissante dans le présent. D’autres se demandent ce qu’ils viennent faire là, car ils n’ont jamais été attirés par l’art ou pensent que la thérapeute va découvrir des secrets qu’ils ne veulent pas dévoiler. Il est alors important de prendre un temps pour s’apprivoiser, se connaître, pour faire confiance. En fait, la création devient un moyen de communication qui aide à diminuer l’anxiété et les défenses, à aborder la souffrance sans la confronter directement et à prendre conscience de ses forces et de ses acquis. Imaginez juste les découvertes sur vous qui peuvent être faites lors d’un travail avec des photos de votre enfance!

Être heureux au travail, est-ce encore possible?

Que ce soit comme salariés ou en professions libérables, beaucoup d’entre nous se demandent : mais pourquoi est-il si difficile d’être heureux au travail? Pourquoi y a-t-il dans le monde de l’entreprise autant de tensions, de malentendus, de violences cachées ou plus manifestes? Pourquoi les relations entre personnes qui travaillent ensemble sont-elles si conflictuelles, si peu apaisées? Pourquoi tant de mal-être sans qu’il y ait nécessairement du mal faire?

Il y a bien sûr dans les relations professionnelles, tous les ingrédients pour un épanouissement possible, une réalisation de soi-même acceptable, beaucoup de satisfactions peuvent être engrangées au-delà de certains problèmes inévitables ou de difficultés imprévisibles, liées à la nature même du secteur professionnel dans lequel on travaille, aux fluctuations du marché, aux aléas de la productivité.

 Mais ce qui frappe le plus, quelqu’un d’extérieur à une entreprise donnée, c’est la répétition de certains malentendus, la persistance de conflits ouverts ou latents, la présence de malaises ou mal-être qui traversent, polluent le quotidien de l’un ou l’autre des services, ou d’un ensemble humain dans un même espace. Chacune de ces tensions, de ces difficultés, de ces malaises sera plus ou moins facile à gérer ou à résoudre, mais toutes sont « énergétivores » et demandent des réajustements permanents qui décentrent ou déstabilisent les personnes directement ou indirectement concernées.

Aujourd’hui, avec l’inquiétude latente qu’il y a autour de l’avenir (crise économique, et violences environnementales), il y a beaucoup, beaucoup de souffrances dans le monde de l’entreprise. Les médecins du travail en témoignent avec leurs moyens, (même s’ils ne sont pas toujours entendus) et des marqueurs comme la fréquence des passages à l’acte somatique qu’on peut appeler aussi accidents du travail, l’augmentation de l’absentéisme, du burn-out (épuisement), la consommation d’antidépresseurs et d’anxiolytiques, sont de plus en plus repérables.

Disons d’abord que la plupart de nos relations professionnelles ne sont pas choisies, ce sont à de rares exceptions près (comme dans les professions libérales) des relations imposées. Ce qui veut dire que nous devons nous confronter à des attentes, à des demandes ou à des refus qui peuvent blesser notre sensibilité, nos valeurs, heurter nos convictions, nous mettre en danger par rapport à nos croyances.

Ensuite, on peut observer que les relations professionnelles, doivent faire cohabiter quatre registres de communications très interdépendants, qui peuvent se révéler parfois antagonistes.

* Le registre fonctionnel qui concerne le « bien faire ». Bien faire ce pour quoi nous avons été engagés, ce pour quoi nous sommes payés.

* Le registre hiérarchique qui concerne le « se sentir bien » à l’intérieur d’un rapport de forces qui ne nous est pas toujours favorable. Les relations hiérarchiques, (que nous soyons en haut, au milieu ou en bas) renvoient toujours aux relations infantiles avec les personnes en autorité de notre histoire.

* Le registre interpersonnel qui concerne le « se sentir bien avec les autres », avec ses collègues immédiats et son entourage professionnel.

* Le registre intra personnel qui concerne le « se sentir bien avec soi-même ». Ce dernier registre est, la plupart du temps, complètement nié dans les entreprises. On vous le dit clairement et parfois brutalement : « si tu as des problèmes, va te faire soigner ailleurs, nous on est là pour bosser ensemble, pas pour câliner son ego ou se masturber avec son inconscient!… »

À tout cela s’ajoutent les non-dits et la prolifération de la communication indirecte qui se transforme rapidement en commentaires, en étiquettes déposées sur certains, en rumeurs qui vont empoisonner tout un service. Il y a des tensions émotionnelles qui vous envahissent, quand vous apprenez d’un autre (jamais en face à face), ce que un tel ou une telle pense ou à dit de vous.

Comme il y a chez la plupart d’entre nous, une aspiration au bonheur, sinon à un mieux vivre, certains vont donc rechercher des moyens concrets pour accéder à un mieux-être, qui permette d’être plus heureux au travail.

Rappelons que le bonheur n’est pas un état permanent, mais une aspiration vers une harmonie intérieure, un accord entre nos attentes et les réponses de notre environnement.

Un point très important et cependant trop souvent méconnu de la plupart d’entre nous, c’est d’ignorer que nous attendons implicitement de la part de notre entourage professionnel qu’il entende (surtout) et (parfois) réponde à nos besoins relationnels.

Souvenons-nous des sept grands besoins relationnels qui sont à l’origine, quand ils ne sont pas entendus, respectés ou comblés, de la plupart de nos malaises, conflits et frustrations :

* Besoin de se dire : de se dire avec des mots qui sont les nôtres. Et cela dans différents registres (au niveau des idées, des ressentis, des sentiments, du faire, des croyances, des émotions, de nos besoins et désirs).

* Besoin d’être entendu dans l’un ou l’autre des registres que nous privilégions. Ce qui ne veut pas dire que l’autre doit être d’accord, mais nous attendons implicitement de lui, d’être reçu dans ce que nous disons.

* Besoin d’être reconnu, tel que nous sommes et pas seulement pour ce que nous faisons, mais aussi pour ce que nous sommes comme personne.

* Besoin d’être valorisé. Bien sûr à travers un salaire, mais au-delà, par des mots d’encouragement, par des confirmations, par des attentions particulières.

* Besoin d’intimité qui donne une sécurité. On le voit dans les bureaux dits paysagers où travaillent ensemble 30 ou 60 personnes, chacun a besoin de recréer avec une photo, une plante, un bibelot un espace plus personnalisé, bien à lui.

* Besoin de créer et d’influencer notre environnement immédiat. D’avoir le sentiment, que nos propositions, nos suggestions pour améliorer tel ou tel aspect de notre travail ne tombent pas aux oubliettes, que nous existons et sommes reconnus comme sujet.

* Besoin de rêver : De rêver que demain sera meilleur qu’aujourd’hui et après après-demain meilleur que demain. Ce dernier besoin est violenté aujourd’hui dans le monde du travail, par l’insécurité autour de l’emploi, par l’inquiétude avec laquelle nous colorons l’avenir.

Nous avons donc plus de chance d’être satisfaits, sinon plus heureux, quand nous avons le sentiment que nos besoins relationnels sont respectés.

Un autre point important, c’est de reconnaître qu’il y a un problème de vases communicants entre le monde du travail et celui de la vie personnelle, conjugale ou familiale.

S’il y a des dérapages, des tensions, des situations conflictuelles dans notre vie professionnelle, cela se répercute sur la vie personnelle et vice versa!

On peut se demander comment faire disparaître, ou atténuer ces éléments perturbateurs. Un des chemins possibles serait, pour les générations à venir, à plus ou moins long terme, d’enseigner la communication relationnelle à l’école comme une matière à part entière!

Mais en attendant cette révolution majeure, chacun d’entre nous pourrait intégrer, au quotidien, deux prises de conscience :

* reconnaître que nous sommes tous des infirmes de la relation et donc de cesser d’accuser les autres, le gouvernement ou le ciel et accepter de prendre ainsi la responsabilité de reconnaître que nous avons un handicap énorme, celui de croire que nous savons mieux que les autres ou que c’est nous qui avons raison!

Essayons d’imaginer aujourd’hui, la circulation automobile où chacun conduirait en fonction de ses propres règles, de ses désirs et de ses peurs! Nous avons là une image réaliste de ce qu’est la communication aujourd’hui! Chacun étant persuadé qu’il sait lui, communiquer! Ainsi à partir de ce constat :

* accepter d’apprendre quelques règles d’hygiène relationnelles communes et prendre l’engagement de les mettre en pratique au quotidien. Elles sont énoncées dans un tout petit livre, que j’ai écrit en son temps pour mes enfants : Heureux qui communique (Pocket). Et même si certains peuvent continuer à les ignorer (comme certains transgressent les règles de la conduite routière), il est toujours possible de les appliquer au jour le jour non seulement dans son cadre professionnel, mais également dans sa vie personnelle.

Il n’y a pas de stratégies à proprement parler et encore moins de recettes simples pour réconcilier travail et épanouissement personnel. Bien sûr, on peut faire « des stages de formation, de sensibilisation, de résolution des conflits, de prise de décision » et cela se fait aujourd’hui dans beaucoup d’entreprises par le biais de la formation continue. On peut aussi s’appuyer sur un coach qui nous accompagnera pour nous permettre de mieux utiliser nos ressources ou d’être confronté à nos limites.

Mais l’enjeu à redéfinir pour chacun est plus complexe, plus profond.

Il y aurait un engagement intime à prendre envers soi-même : celui d’apprendre à mettre en commun autour de 4 points et cela à travers une communication directe (de personne à personne) : oser demander, oser donner, oser recevoir et oser refuser.

En reconnaissant que nous sommes toujours trois dans un échange : l’autre, moi et la relation. Et que si cette relation est importante, elle doit faire l’objet de soins, de respect et de cohérence.

Il ne suffit pas de s’interroger sur les conséquences douloureuses, antiéconomiques, violentes de l’anticommunication galopante qui existe dans la famille, dans le couple, à l’école et dans le monde des loisirs, sur les conflits interpersonnels, les sabotages relationnels ou la mauvaise utilisation des ressources réelles des personnes dans le monde du travail ou la vie civile. Il faudra aussi accepter quelques renoncements et ajustements.

* Comme de renoncer à pratiquer la communication indirecte en prenant le risque de dire directement à la personne ce qui la concerne.

* Comme d’arrêter de parler sur l’autre (de faire des discours sur lui, de porter des jugements de valeurs, de lui dicter ce qu’il devrait faire ou pas faire), mais prendre le risque de parler à l’autre. Et parler à l’autre revient à parler de soi (dire mon point de vue, mon ressenti, mon intention).

* Comme de visualiser que toute relation a deux bouts et que nous sommes chacun responsable de son bout. Donc de renoncer à vouloir gérer le bout de l’autre!

* Comme d’arrêter de penser à la place de l’autre (qu’il ne comprendra pas, qu’il va nous en vouloir, qu’il ne peut pas faire) et donc d’oser échanger en s’affirmant, en se positionnant, en mettant en évidence les points communs comme les différences et en invitant l’autre à faire de même.

* Comme de renoncer au plaisir de l’affrontement (vouloir avoir raison sur l’autre) pour pratiquer la confrontation (passer de l’opposition à l’apposition!).

Quand il y a du  plaisir à aller au travail, à travailler ensemble, en sachant qu’il est possible d’échanger, de partager, bref de mettre en commun autour d’un ensemble de règles d’hygiène relationnelles communes, on n’est plus un simple exécutant, mais on devient un collaborateur engagé, capable d’offrir le meilleur de lui-même et d’avoir ainsi l’opportunité de rencontrer le meilleur de l’autre.

Vos peurs peuvent vous inspirer!

Qui n’a pas déjà ressenti les tourments de la peur? Apparemment personne puisque la peur est un mécanisme de survie nécessaire et utile qui apparaît lorsque le corps est en danger. Ce type de peur est une peur véritable, vraie. Par exemple, si je rencontre un ours en marchant dans la forêt, tous mes sens seront en alerte face à cette menace potentielle. J’ai trois choix possibles : fuir, attaquer ou figer sur place. Tout dépendra de notre personnalité, des croyances qui nous ont été inculquées dans notre enfance et de notre perception d’une menace réelle, probable et éminente. Ce type de peur est présent pour nous maintenir en vie.

On retrouve également un deuxième type de peur, soit la peur irrationnelle. Il existe une gamme quasi infinie de peurs irrationnelles, telles la peur d’un animal en particulier (souris, couleuvre, chien, etc.), la peur de la mort, la peur de parler en public, la peur de l’avion, la peur de la solitude ou au contraire la peur de se retrouver avec des inconnus, la peur de ne pas dormir, la peur d’engraisser ou la peur de maigrir, la peur de l’engagement, la peur de manquer d’argent, la peur de la maladie, etc. Finalement, on peut avoir peur de tout et de rien et ces peurs sont différentes pour chacun d’entre nous. Malgré qu’elles sont loin de représenter une menace réelle, ces peurs irrationnelles contrôlent notre vie. Jusqu’à maintenant, rien de très inspirant dans ces propos. Toutefois, la bonne nouvelle est que la peur irrationnelle porte en elle un message de dépassement personnel et non de limite. Si un individu ressent ce type de peur face à un événement ou une situation quelconque, cela signifie qu’il y a une limitation. La personne est conviée, parfois ardemment (!) à dépasser cette peur pour évoluer et s’accomplir.

Pour ma part, je ressens les effets de ces peurs irrationnelles depuis un bout de temps. Si vous m’aviez demandé lorsque j’avais 19 ans si j’avais des peurs, je vous aurais ri sarcastiquement au visage en affichant mon plus beau sourire. Aujourd’hui, je fais preuve de plus d’humilité…

Cet été, mon dépassement a été de voyager en moto, avec mon conjoint. Nous sommes partis de Vancouver, avons traversé les Rocheuses canadiennes pour ensuite terminer à Edmonton. Peut-être très banal pour certains d’entre vous, mais pour ceux qui me connaissent, cela représente un très très (ai-je mentionné très?!!) grand défi. J’ai peur de tout déplacement sur la route que ce soit en automobile ou à moto. Alors traverser les Rocheuses en moto pendant deux semaines, je ne vous dis pas l’anxiété que j’ai ressentie… Néanmoins, savez-vous ce qui m’a le plus aidé à profiter grandement de ce voyage? Une théorie apprise pendant mes études et que j’ai voulu valider personnellement. Cette théorie provient de la thérapie cognitive-comportementale (TCC) qui affirme qu’une personne souffrant d’anxiété, suite à ses pensées déformées de la réalité, doit s’exposer aux situations qu’elle évite habituellement. Cette exposition doit être graduelle, répétée régulièrement et d’une durée de 45 minutes minimum. Ce laps de temps est requis afin d’amener une diminution graduelle de l’anxiété. Il est très important lors de l’exercice de ne pas éviter ce qui cause cette anxiété, car cela ne fait que renforcer la peur ou la croyance erronée. Les recherches démontrent que si la personne reste suffisamment longtemps confrontée à la situation redoutée, son anxiété finit toujours par diminuer considérablement. Connaître cette théorie m’a beaucoup servi, car à tous les matins avant de repartir en moto, je ressentais cette fameuse anxiété. Cependant, je savais qu’après avoir été exposée pendant plus de 45 minutes à ce qui m’effrayait, l’anxiété finirait par diminuer. Alors, une prise de conscience se produisait, car ce qui m’effrayait, ne se produisait pas, ainsi je suis parvenue totalement à lâcher prise. J’ai ressenti l’harmonie à chaque journée et j’ai pu profiter pleinement de la beauté de notre magnifique pays.

En dépassant cette fausse peur, j’ai pris conscience que toute limite peut être dorénavant franchie et que je peux réaliser chacun des rêves qui m’inspirent et qui me tiennent à cœur. Oui, la peur sera présente dans tout dépassement, mais elle peut vous guider et vous rendre conscient des limites et des croyances non supportantes que vous vous répétez depuis tellement d’années. Je vous encourage donc à dépasser ces peurs qui vous freinent dans votre vie. Ce peut être banal pour une autre personne, mais pour vous, vous aurez fait un premier pas dans l’actualisation de votre moi profond. Transcender ses peurs est une invitation à vous dépasser, à réaliser ce qui est important dans votre vie. Expérimentez ce que vous n’avez jamais fait auparavant ou depuis très longtemps. Oui, vous ressentirez de la peur, mais seulement parce que vous accomplissez quelque chose de nouveau. Ce n’est pas un signal d’arrêter, mais plutôt de continuer et de vivre pleinement votre vie. Ressentez la peur et faites-le quand même. Prenez aujourd’hui la décision d’effectuer le premier pas vers l’accomplissement de vos rêves!

Avec plaisir!

Avec plaisir, par pur plaisir, pour le plaisir, sur le plaisir, dans le plaisir… Une petite réflexion à propos du plaisir.

La saveur des framboises encore chaudes de soleil; l’odeur délicieuse des fraises des bois qui s’écrasent sous mes petits pieds nus; la sensation voluptueuse des coulées de jus de nectarine sur mes lèvres de gourmande; le parfum enivrant des seringas dans la douceur des nuits de juin; la caresse délicate du vent chaud de l’été; la splendeur des magnolias; la beauté des cieux étoilés, des aurores boréales; l’inoubliable expérience de mon corps immergé dans les eaux limpides d’un lac du nord, d’une mer du sud, d’une froide rivière ou d’un bon bain chaud; l’émouvante grandeur de la musique de Gustave Mahler; le réconfort irremplaçable des bras de l’aimé, la merveille de son toucher, la profondeur de nos jouissances; le rire et la tendresse contagieuse de mon cercle de femmes; le jeu insouciant des enfants; par où commencer pour parler de plaisir

Qu’est-ce que le plaisir?

« Le plaisir est parfait. C’est pourquoi le plaisir perfectionne, embellit, réconforte, gratifie. » – André Moreau

Bien sûr, nous savons ce qu’est le plaisir! Expérience bienheureuse, sensation voluptueuse… Mais si on allait un peu plus loin, histoire de comprendre l’importance du plaisir dans notre réalité d’humain moderne.

Le plaisir est, en fait, une réaction organique, c’est-à-dire une réponse physiologique nous indiquant un état de satisfaction de l’organisme. Selon Antonio R. Damasio, neurologue et chercheur américain, les états de plaisir et de joie « …signifient que la coordination physiologique est optimale et que le cours des opérations glisse. Non seulement ils favorisent la survie, mais aussi la survie dans le bien-être. » Il prétend aussi que ces états de plaisir et de joie nous prédisposent à une plus grande aisance à agir. Le plaisir serait donc non seulement agréable, mais il constituerait une voie royale vers la réalisation de soi. Génial non? La réaction de plaisir, peu importe son déclencheur, demeure une expérience profondément physique et est liée à la production d’opiacées endogènes ou endomorphines. Ce sont ces substances biochimiques qui produisent en nous la sensation de bien-être qui définit l’état de plaisir. Mais, ce qui est vraiment merveilleux, c’est que comme le dit le Dr Gérard Leleu dans son Traité du désir, ces endomorphines « … non contentes de nous offrir l’état de jouissance, nous réservent d’autres bienfaits : elles apaisent l’anxiété, stimulent la bonne humeur, atténuent les effets du stress, calment la douleur et stimulent les facultés intellectuelles ». En plus, il semblerait que ces merveilleuses petites drogues autoproduites favoriseraient la régénération organique et la réparation des tissus. Un bain de jouvence!

Le pouvoir intégrateur du plaisir

Le plaisir est donc un mouvement fondamental de la vie, un instinct, un fantastique mécanisme que la vie elle-même a posé au cœur de nous pour assurer sa propre survie. Malheureusement, des millénaires de civilisation, de judéo-christianisme et de culture dualiste nous invitant à dissocier corps et esprit, ont eu raison de cet instinct de plaisir. Plaisir démonisé ou banalisé, plusieurs d’entre nous en avons perdu soit le respect, soit le chemin.

Recréer ce chemin, retrouver cet accès et ce respect me semble une priorité absolue pour chacun d’entre nous. En fait, retrouver ce droit fondamental au plaisir, c’est récupérer notre discernement, notre capacité à choisir ce qui est bon pour nous. C’est ce qui nous permet de construire notre vie à l’image de nos rêves et de nos désirs. C’est ce qui nous permet de sortir des impératifs sociaux, des modèles imposés ou appris pour enfin suivre les enseignements de la vie elle-même. Retrouver cette pleine permission au plaisir, c’est récupérer un droit de naissance, celui de la liberté.

Le plaisir nous permet d’appréhender la réalité par le biais de l’expérience personnelle. Le plaisir dont je parle ici n’est pas d’ordre intellectuel, ce n’est pas un concept ni une idée, mais une expérience vécue dans l’instant, profonde et unique à chacun. Bien sûr, dans une société où la raison a préséance et la réalité corporelle, le ressenti n’a plus ou peu de valeur, la notion de plaisir s’est pervertie et nous sommes passés du plaisir d’être au plaisir d’avoir ou de savoir…

Et Dieu vit que cela était bon…

Retrouver cette sagesse, celle du dieu créateur de la genèse qui constate la perfection du monde qu’il crée à partir du plaisir qu’il éprouve : l’invitation est lancée! Une invitation à revenir profondément habiter nos corps de chair, de sang et de mystère, à cultiver notre habilité à éprouver du plaisir, à rechercher le plaisir, à le débusquer dans les moindres gestes et événements de notre vie quotidienne. Trouver l’extra dans l’ordinaire et créer l’enchantement à chaque instant! La clef se trouve dans l’instant, dans le plaisir d’être plutôt que dans celui d’avoir. Et ce plaisir d’être vient nous guérir de bien des misères. Il nous permet de nous percevoir de l’intérieur.

De l’expérience du plaisir, de la réhabilitation de ce que j’aime nommer le corps de plaisir, naît l’émouvante sensation de gratitude d’être soi-même. Lorsque je jouis vraiment, je n’ai plus envie d’être quelqu’un d’autre.

La récupération de ce corps de plaisir nourrit l’amour du propre corps. Un corps de jouissance est un corps pour lequel nous éprouverons facilement de la reconnaissance et cette reconnaissance facilite grandement la reconstruction de l’image positive du corps. Et ce corps aimé nous procure plus de plaisir!

En fait, le plaisir nous amène à sortir de la tyrannie de l’image imposée, qu’elle soit culturelle ou sociale, de l’esthétique plastique pour entrer dans la perception de la beauté qui naît de l’expérience, l’esthétique anthropologique.

Retrouver notre sensibilité face à l’existence, nous abreuver de chaque source de plaisir, profiter de la douceur des draps sur notre peau, de l’onctuosité d’une crème de corps, de la chaleur du soleil, de la saveur des aliments, de la tendresse d’un regard, être touché, caressé tous les jours… faire comme le dieu de la genèse et constater que cela est bon… Beau projet de printemps!

Au plaisir!

Bibliographie :

Spinoza avait raison, Antonio R. Damasio, éd. Odile Jacob

Le traité du désir, Gérard Leleu, éd. J’ai lu

Orgasme et être, André Moreau, éd. André Moreau

Quand ma tête a mal au ventre : le lien intestin-cerveau

Depuis quelques années, la per­ception de notre système digestif a changé. Nous savons mainte­nant que notre intestin ne sert pas seulement à digérer des aliments. Cet organe contient des millions de neurones communiquant constamment avec notre cerveau. La santé de notre cerveau commence dans notre intestin, au point où on le surnomme notre second cerveau.

Le lien entre l’intestin et le cerveau est bien réel. Avez-vous déjà eu l’estomac à l’envers en périodes stressantes? Des papillons dans le ventre? Le système digestif est sensible à nos émotions : colère, peur et anxiété peuvent occasionner des problèmes digestifs. Mais le stress est plus qu’une émotion. Manger une alimentation pauvre en nutriments, manger sur le pouce ou encore manger des aliments qui ne nous font pas, c’est aussi stressant pour l’organisme. C’est la raison pour laquelle certains changements d’habitudes de vie et alimentaires peuvent avoir une grande influence sur la digestion et ainsi réduire des symptômes liés au stress comme l’anxiété.

Les aliments affectent directement notre cerveau
Quand on parle du cerveau, les aliments sont nos meilleurs alliés. Toutes nos cellules, hormones et neurotransmetteurs sont faits à partir de ce que l’on mange, en plus d’affecter notre flore intestinale (microbiome). Par exemple, les gras sont les blocs de construction de notre cerveau et contribuent à la production d’hormones, tandis que les protéines aident à la formation des muscles. Ainsi, une alimentation qui nous nourrit, riche en vitamines, en bons gras et en protéines de qualité est souvent l’une des meilleures stratégies lorsque notre humeur a besoin d’un coup de pouce.

Voici les aliments qui seraient les plus susceptibles d’affecter notre humeur en causant de l’inflammation, en modifiant nos hormones et en perturbant notre microbiome : le gluten, les produits laitiers, les organismes génétiquement modifiés, les sucres, les édulcorants et les huiles végétales transformées (soya, canola, maïs) qui sont de plus en plus souvent génétiquement modifiées.

Mais alors qu’est-ce que vous pouvez manger?
Privilégiez les vrais aliments : fruits, légumes, bons gras (huiles d’olive, avocat, noix, poisson), les protéines de qualité (œufs, viandes de pâturage, poissons, volailles). Des aliments anti-inflammatoires qui vous nourrissent nourrissent votre microbiome et redonnent à votre corps ce dont il a besoin. Alors, prêts à vous nourrir pour retrouver le sourire?